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ÉTUDES JUIVES 



VERSAILLES — IMPK1MKHIKS GERf, b9, HUK ULPLKSSIS 



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DES 



ÉTUDES JUIVES 



PUBLICATION TBIMESTBIEELE 
DE I,A SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



TOMK QUARANTE-ET-UN1ÈME 



PARIS 

A LA LIBRAIRIE A. DURLACHER 

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83 b, % RUE I.AFAYETTE /W~S fc> ^ ^ 



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Digitized by the Internet Archive 

in 2012 with funding from 

Algoma University, Trent University, Lakehead University, Laurentian University, Nipissing University, Ryerson University and University of Toronto Libraries 



IOI 
H.U.5 



>://archive.org/details/revuedestudesjui41soci 



DAVID KAUFMANN 

7 JUIN 1852 — 6 JUILLET 1899 



C'est l'affliction dans l'âme que je me dispose à parler de David 
Kaufmann, qu'une mort prématurée a enlevé à la science. Je ne 
puis pourtant que rappeler quelques souvenirs, car pour tracer un 
portrait digne de lui, il me faudrait le charme de son style, ses 
connaissances variées et sa profonde érudition. 

Le nom de David Kaufmann est un des plus connus dans la 
science juive; nous l'avons vu figurer dans tous les recueils sa- 
vants. Ce qui surprend, c'est le nombre des travaux qui ont illustré 
une carrière si courte, et l'on est profondément attristé quand on 
songe à tout ce qu'il aurait pu produire encore, s'il lui avait été 
donné de ne pas mourir dans la force de l'âge. Mais si les œuvres 
qu'il nous a laissées ne nous montrent que trop combien sa perte 
est déplorable, elles sont aussi notre unique consolation. 

Les connaissances de Kaufmann étaient universelles, et il avait 
les plus nobles aspirations dont l'homme soit capable : le beau, 
l'idéal étaient pour lui une source de jouissances. Les études juives 
surtout étaient pour lui comme un jardin de délices où il savait 
découvrir des beautés qui échappaient à tout œil moins exercé 
que le sien. Ce jardin, il le cultivait avec une pieuse sollicitude, et 
il a su lui faire produire, grâce à ses remarquables qualités, des 
fruits exquis. 

A côté des trésors que nous découvrons dans ses œuvres, il s'y 
trouve des germes précieux pour l'avenir. Ses idées, ses espé- 
rances, ses efforts, lui survivront ; ils sont le patrimoine des cen- 
taines de disciples qu'il a formés et qui sont trop vivement pénétrés 
de ses savantes leçons pour les jamais oublier. Personnellement, 
j'ai été pendant dix ans son auditeur enthousiaste, et pendant six 
autres années j'ai pu me réchauffer aux rayons de sa gloire. C'est 
ce qui me donne le courage d'entreprendre sa biographie. 

T. XLI, n° 81. 1 



KKYUE DES ETUDES JUIVES 



I. 



David Kaufmann est né le 7 juin 1852 à Kojetein (Moravie) ; son 
père, Léopold Kaufmann 1 , était cultivateur. Il avait gardé de la 
maison paternelle et de la rue des Juifs des impressions très 
fortes. La rue des Juifs de Kojetein * était un vrai ghetto, exclusi- 
vement habité par des Juifs, et où le temple et l'école formaient 
le foyer de la communauté. Les parents de David Kaufmann, 
comme la plupart des habitants de ce ghetto, étaient fidèles à l'an- 
cienne orthodoxie ; les études profanes restaient accessoires, et 
l'on se consacrait principalement à l'ancienne littérature hé- 
braïque. Du reste, la Moravie était, au siècle dernier, le siège d'é- 
coles célèbres, dont les traditions se sont conservées en partie 
jusqu'au milieu du xix e siècle, époque à laquelle Kaufmann com- 
mença ses études. Son application trouva aussi un stimulant dans 
les souvenirs de la maison paternelle. Sa famille avait compté, en 
effet, parmi ses membres plusieurs talmudistes distingués. On se 
racontait autour du foj 7 er avec quelle ardeur les aïeux s'étaient 
appliqués à l'étude de la loi. R. Isaac, son grand-père paternel, 
avait fréquenté la Yeschiba de Posen ; c'est lui qui a commencé à 
constituer la bibliothèque qui se trouve encore aujourd'hui dans 
la famille Kaufmann ; elle renferme des ouvrages précieux et 
même quelques exemplaires absolument uniques. Son grand-père 
maternel, R. David, n'était pas moins connu pour sa science et sa 
piété. Un frère de ce R. David, par conséquent un grand-oncle de 
David Kaufmann, le D r Jaegerdorf 3 , était un médecin connu, 
auteur d'ouvrages de médecine remarquables ; s'était fixé à Paris, 
où il mourut. Tout en exerçant son art, il avait poussé très loin 
les études hébraïques. Tous ces hommes occupaient des positions 
honorifiques dans leurs communautés respectives. Le bisaïeul de 
David Kaufmann, qui habitait Wagestadt, avait môme obtenu le 
titre de WIB ©an de la Silésie autrichienne. 

Fière de tous ces souvenirs de famille, la mère de David fut heu- 
reuse de constater chez son fils d'excellentes dispositions pour les 

1 David Kaufmann donne une ingénieuse interprétation de son nom (Kaufmann = 
Kolïmann), dans la Revue, XXXV, 303. 

* Sur la communauté de Kojetein, cf. Nehemias Brûll , dans Ben Chananja, 
V, 318. 

• Jaegerdorf est une villle de la Silésie autrichienne. On sait que les Juifs, alors 
qu'ils n'avaient pas encore d'état civil, adoptaient le nom de leur lieu de naissance 
ou de l'endroit qu'ils habitaient. 



DAVID KAUFMANN 3 

études sacrées, et elle l'y encouragea avec tendresse. L'enfant s'y 
appliqua de tout cœur, sans toutefois négliger les études profanes. 
Sa vive intelligence, sa prodigieuse mémoire, la curiosité de son 
esprit avide de savoir faisaient l'étonnement de sa petite ville, 
tandis que sa modestie, sa simplicité, sa tenue toujours irrépro- 
chable lui gagnaient l'affection de tous. M. Ignatz Kaufmann l , le 
frère de David, à qui nous devons tous les renseignements relatifs 
à ses premières années, nous a assuré que son frère avait déjà les 
idées tellement nettes, que du premier jet ses compositions avaient 
quelque chosededefinitif.il conserva plus tard cette précieuse qua- 
lité, et ainsi s'explique sa grande fécondité. Un trait qui annonçait 
le futur historien : il s'intéressait vivement aux liens de parenté, 
aux relations des hommes entre eux ; le ghetto n'avait pas de se- 
crets pour lui ; il connaissait l'histoire de chaque famille, de chaque 
maison. Une longue absence n'avait rien pu lui faire oublier, et 
lorsque bien plus tard il revint au pays natal, il étonnait ses com- 
patriotes par les renseignements détaillés qu'il leur fournissait sur 
leurs propres familles. 

Comme, en 1860, il était encore trop jeune pour être admis au 
gymnase, il se fit inscrire à l'école supérieure de Kremsier. Mais 
il resta à Kojetein pour continuer ses études hébraïques, et il se 
borna à aller passer à Kremsier les examens semestriels, où d'ail- 
leurs il brilla. Il continua à étudier la Bible, avec ses commenta- 
teurs, et aborda le Talmud sous la direction du rabbin Jacob 
Brùll -. Pendant les vacances, le fils aîné du rabbin de Kojetein, 
Nehemias Brûll, alors étudiant du gymnase de Kremsier, lui 
donnait des leçons de latin. Les deux jeunes gens ne prévoyaient 
sans doute pas alors qu'ils deviendraient un jour d'illustres cham- 
pions de la science juive. 

De 1861 à 1867, David suivit les cours du gymnase de Kremsier, 
mais d'une façon très irrégulière, se contentant de se rendre une 
fois par semaine au gymnase, afin de se mettre au courant des 
travaux de la classe. Mais par son travail personnel il s'assimilait 
si bien à Kojetein les leçons qu'il avait entendues à Kremsier, 
qu'il se maintint toujours au premier rang ; il aimait surtout 
l'histoire naturelle ; il collectionnait des plantes avec passion et 

* Ce frère de David Kaufmann est cultivateur comme son père, mais il n'en est 
pas moins versé dans les études juives, et il a publié plusieurs articles dans YOester- 
reichiscke Wockenschrift du D r Bloch à Vienne. Voir aussi Jiid. Litteratiirblatt de 
Rahmer, XV, 66, 71 ; XXIII, 150, 154, 157 ; il donna, en outre, une traduction alle- 
mande de l'ouvrage de S. Schechter, Bàhbi Elia Wilna Gaon, Vienne, 1891. Nous le 
retrouverons dans le cours de cet article. 

* Kaufmann le cite comme un de ses professeurs, dans la Monatsschrift, XXXVII, 
379, et dans Vertreibung, p. 86 et 181. 



4 REVUE DES ETUDES JUIVES 

se composa un riche herbier ; il collectionnait aussi des insectes 
et des papillons. Ce goût des choses de la nature se retrouvera 
plus tard dans les belles images qui émaillent ses œuvres litté- 
raires. Les monnaies anciennes et modernes l'intéressaient éga- 
lement et cet intérêt faisait pressentir le futur archéologue et le 
critique d'art. 

Parmi ses professeurs, deux surtout ont exercé une grande in- 
fluence sur son développement : Loserth, historien distingué, qui 
fut plus tard recteur de l'université Czernowitz, et Barthélémy 
Thorsch, professeur d'allemand. Il manifesta une prédilection 
spéciale pour l'étude du grec et se préparait ainsi, à son insu, à 
enseigner plus tard la langue d'Homère aux élèves du séminaire 
rabbinique de Budapest. 

Dès son jeune âge, il avait des façons distinguées, une conver- 
sation spirituelle, et ces qualités ne firent que se développer avec 
les années ; il montrait du tact, de la tenue et de l'assurance. 
Aussi était-il l'objet, dans sa famille, d'une préférence marquée ; 
il en était l'espoir et la joie, et tous les siens rendaient hommage 
à sa supériorité. 

En 1866, son père, gravement malade, exprima le désir que son 
fils David, alors âgé de quatorze ans, continuât son exploitation 
agricole et prit soin de sa mère et de ses frères et sœurs. Mais 
son père se rétablit et sa mère persista dans sa volonté de vouer 
son fils aux études. En 1867, après avoir fréquenté pendant 
six ans le gymnase de Kremsier, il fut reçu au séminaire israé- 
lite de Breslau, grâce à la protection du rabbin Brùll. Cet évé- 
nement fut décisif dans la vie de D. Kaufmann. Il allait enfin 
s'adonner à la science judaïque. Son séjour à Breslau fut pour 
lui d'une double utilité : au séminaire il allait achever ses études 
hébraïques, et, d'autre part, il continuait ses études profanes 
en fréquentant de nouveau le gymnase. Grâce aux nombreuses 
connaissances qu'il possédait déjà, il fut accueilli comme le fut 
rarement un élève de son âge : il n'avait que quinze ans. Le 
directeur, Zacharias Frankel ', fit grand cas de ce jeune homme, 
d'une moralité austère et d'une piété profonde. David Rosin, 
son professeur de littérature profane, eut bien vite deviné la 
nature d'élite de son nouvel élève : la première composition que 
Kaufmann lui remit : « Ma vie », fut une révélation pour le pro- 
fesseur. Ce travail dénotait une maturité d'esprit et de caractère, 
un style d'une pureté et d'une élégance qu'on n'attendait guère de 
la part d'un enfant sorti d'un ghetto de Moravie. Bien qu'il y eût 

1 Kaut'uaann a plus tard rendu hommage à sa mémoire, dans Monatsschri/'t, 
XXV, 12. 



DAVID KAUFMANN 5 

des différences très sensibles entre les programmes des gymnases 
de Prusse et ceux d'Autriche, il réussit, après trois semestres, à 
passer avec succès l'examen de fin d'études au gymnase évangé- 
lique de Teschen. Ce certificat de fin d'études lui était indispen- 
sable pour l'exempter du service militaire, exemption dont ne 
jouissaient pas encore tous les élèves du séminaire de Breslau. Ce 
fut David Kaufmann qui, à son retour à Breslau, rédigea à ce sujet, 
au nom des auditeurs autrichiens du séminaire, une pétition qu'il 
adressa au ministre de la guerre et qui fut accueillie favorable- 
ment ; il en profita lui-même dès 1872. 

Il était encore au séminaire lorsqu'il fit ses premiers essais dans 
la carrière littéraire. Il avait dix-huit ans quand il entreprit un 
travail de critique historique sur un point de l'Ancien Testament. 
Ce travail devait lui servir de thèse de doctorat à l'université 
d'Erlangen. Mais plus tard il composa dans ce but une autre dis- 
sertation : « La philosophie religieuse de Saadia », publiée dans 
son Attribut enlehre.W avait, en effet, renoncé à l'histoire biblique, 
où il ne se sentait pas sur un terrain bien solide, pour se consa- 
crer à la philosophie du judaïsme. Il n'avait pas dix-neuf ans 
quand son mémoire Die Théologie des Baclija ibn Pakuda fut 
couronné par le séminaire de Breslau. Ce travail fut publié en 
1874 par l'Académie impériale de Vienne. C'est vers cette même 
époque qu'il compléta la partie de son Attribut enlehre relative à 
Saadia ; ce fut, comme nous l'avons déjà dit, la thèse qu'il soutint 
à Leipzig en 1874 pour obtenir le titre de docteur, qui lui fut con- 
féré avec éloge. 

Il continua pourtant à séjourner à Breslau. C'est que de 1871 à 
1876 il dirigea les études profanes et sacrées de son frère cadet 
Ignatz, qui fréquentait le gymnase de cette ville. En outre, il en- 
tretint une correspondance très active avec ses sœurs, composant 
pour elles de véritables cours, leur indiquant les lectures à faire, 
des sujets à traiter en français et en allemand. 

Pour diminuer les charges de ses parents, il donnait des leçons 
d'hébreu aux fils de MM. Rosin et Moïse Lévy. Dès son entrée à 
l'Université, il était devenu collaborateur de plusieurs revues et 
journaux : il écrivit dans la Schlesische Presse de Breslau, dans 
le Ungarischer Grenzbote de Presbourg, dans la Nene freie 
Presse et la Deutsche Zeitung de Vienne, dans le Magazin fur 
die Literatur des Auslandes, journal très important rédigé par 
Lehmann. Cette collaboration lui permit en partie de subvenir à 
ses besoins et à ceux de son frère, et, de plus, donna une grande 
notoriété à son nom. 

Au séminaire, Kaufmann était le membre le plus actif des deux 



6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sociétés que les jeunes étudiants y avaient fondées : la société 
homilétiqueet la société Livyat-Hcn. Les sermons qu'il prononçait 
aux réunions de la première de ces sociétés étaient toujours très 
remarqués. Il acquit de la notoriété dans la société de Breslau 
grâce à ses sermons de l'oratoire du Séminaire et à ses confé- 
rences scientifiques à la société « Austria », société ouverte aux 
hommes de toutes les professions et où il traita des sujets d'intérêt 
général : lectures sur Grillparzer, sur Adalbert Stister, sur 
d'autres questions populaires en Autriche. Beaucoup de ces con- 
férences et de ces sermons, qui sont restés inédits, méritent 
d'être accueillis dans l'édition complète des œuvres de Kaufmann 
que doit publier la fondation Zunz à Berlin : alors seulement on 
pourra les apprécier convenablement *. 



II. 



David Kaufmann était arrivé à l'âge ou il fallait choisir une 
carrière. Il était encore au séminaire lorsque la communauté de 
Leipzig lui offrit de subvenir à tous les frais de son instruction 
s'il voulait s'engager à devenir le secrétaire de la communauté ; il 
refusa. En 1876, il postula le rabbinat de Berlin, mais son conser- 
vatisme intraitable le fit échouer. Il nous reste un monument litté- 
raire de cette candidature : Sieben Predigten in den Berliner 
Gemeindesynagogen (Berlin, 1877). Ces sermons témoignent à la 
fois de l'ardeur avec laquelle il recherchait ce poste et de son re- 
marquable talent oratoire ; le style en est brillant. On y retrouve, 
non la rhétorique de la chaire, mais le langage entraînant de la 
véritable éloquence. D'ailleurs, les traits qui caractérisent les ser- 
mons de Kaufmann, on les retrouvait dans sa conversation, dans 
son enseignement, dans ses travaux scientifiques : c'était partout 
la même verve, le même langage imagé, le même enthousiasme, le 
même feu, et surtout le même attachement au judaïsme. On ignore 
peut-être qu'avant d'être appelé à Budapest, D. Kaufmann avait 
refusé une chaire à l'école de théologie juive à Cincinnati, en 
Amérique, qui lui avait été offerte par le rabbin I. Wise. Il 
professait depuis longtemps à Budapest, quand des propositions 
lui parvinrent de Mannheim, Berlin, Breslau et Munich, pour un 
poste de rabbin. 

1 Je dois à M. I^natz Kaufmann de Kojettin tous les renseignements qui pré- 
cèdent; il m r a aussi fourni des informations importantes sur la période suivante de la 
vie de son frère, et je l'en remercie vivement. J'ai les mêmes obligations envers la 
sœur et le beau-frère de D. Kaufmann, M. et M mc Kônig, de Budapest. 



DAVID KAUFMANN 7 

L'école rabbinique nationale de Budapest avait été fondée grâce 
aux efforts du parti progressiste, et malgré la vive résistance du 
parti orthodoxe hongrois. Établie sur le modèle du séminaire de 
Breslau, elle avait été créée sur l'initiative du gouvernement et 
placée sous sa surveillance immédiate ; c'est en cela qu'elle diffé- 
rait des établissements similaires de la Prusse. Cette école devait 
non seulement former des rabbins animés de l'esprit moderne, 
mais contribuer aussi à relever le niveau moral des Juifs de Hon- 
grie et à répandre parmi eux la civilisation nationale. C'est dans 
cet établissement, dont on espérait tant, que fut appelé, en 1877, 
le jeune Kaufmann. Son ami Pinkus Frankl, de regrettée mémoire, 
alors secrétaire de Y Alliance Israélite à Vienne, avait été son 
rival heureux à Berlin^ù il avait été nommé rabbin. Ne voulant 
pas accepter le nouveau poste de Budapest, il recommanda le 
jeune Kaufmann, dont il connaissait la haute capacité. Zunz et 
Rosin recommandèrent également Kaufmann, et comme sa répu- 
tation l'avait devancé, le choix fut approuvé sans difficulté par le 
gouvernement. Ce choix compléta dignement le corps enseignant 
de l'établissement nouvellement fondé, qui devint célèbre dans tout 
le judaïsme moderne. 

Kaufmann n'y avait pas encore inauguré sa chaire, lorsque 
l'administration l'envoya à Padoue pour y acheter la bibliothèque 
du professeur Lelio délia Torre 1 . Depuis ce moment jusqu'à sa 
mort, Kaufmann fut bibliothécaire de l'école, et la bibliothèque 
qui, grâce à l'acquisition qu'on venait de faire, comptait alors un 
nombre respectable d'ouvrages de valeur 2 , devint, par les soins 
experts de Kaufmann, l'une des plus riches bibliothèques spéciales 
du judaïsme. 

A Técole rabbinique, Kaufmann enseignait le grec et le latin 
dans la division inférieure, l'histoire des Juifs, la philosophie de 
la religion et Thomilétique dans la division supérieure. Sous la 
pression de l'opinion publique, l'enseignement devait en grande 
partie être donné en hongrois, langue dont les étrangers ne se 
rendent maîtres que très difficilement. Cela n'effraya point le jeune 
professeur, qui, sans interrompre ses travaux littéraires, entre- 
prit avec passion l'étude du hongrois. Grâce à sa vive intelli- 

1 Kaufmann mentionne son séjour à Padoue et la copie qu'il y fit d'un manuscrit, 
dans Letzte Vertreibung, p. 91, note 3. — Lelio délia Torre avait été professeur au 
collège rabbinique de Padoue; il a laissé une bibliothèque particulièrement riche en 
manuscrits rares et en incunables. 

s Eu cette même année 1877, le séminaire fit aussi l'acquisition de la bibliothèque 
du D r David Oppenheim (1816-1876), rabbin à Becskerek (Hongrie), de sorte que la 
bibliothèque du séminaire comptait 5000 volumes dès la première année. Cf. le pre- 
mier rapport annuel du séminaire national de Budapest, 1878, p. 3. 



8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

gence, il triompha rapidement de toutes les difficultés; il parla, il 
enseigna, il écrivit dans la langue du pays qui allait devenir son 
pays adoptif, pour le reste de ses jours. 

Pour se faire une idée même imparfaite de ce qu'était Kaufmann 
comme professeur, il faut, comme moi, avoir été son élève pen- 
dant dix ans. Il serait injuste de supposer que Kaufmann, dont la 
science était universelle, ignorait les principes de la pédagogie, 
mais ce n'est pas en les appliquant qu'il exerça sur ses élèves cette 
profonde influence : il émanait de lui un vrai charme. On dit de 
certains talmudistes que le souffle qui sortait de leur bouche était 
comme un feu dévorant, que leurs paroles étaient des étincelles. 
De Kaufmann on peut dire qu'il mettait dans ses paroles une 
ardeur persuasive, une chaleur vivifiante; son langage simple 
était expressif et clair ; il éveillait en nous les plus nobles aspi- 
rations. Son éloquence entraînait ses auditeurs; il leur ouvrait 
des perspectives nouvelles, et leur communiquait une parcelle 
de son grand esprit. Soit qu'il expliquât les beautés de l'hel- 
lénisme, soit qu'il exposât la profondeur de vue des classiques 
allemands, ses développements étaient toujours d'une origi- 
nalité et d'une richesse incomparables. C'est surtout dans la 
division supérieure, dans l'enseignement de la théologie que 
Kaufmann était hors de pair. Sa maîtrise absolue dans ce do- 
maine, ses parallèles avec d'autres sciences, son exposition claire 
et lumineuse, sa langue vive et élégante donnaient un véri- 
table attrait à ses cours. Personne n'a réussi à mieux nous dé- 
peindre la grandeur passée d'Israël, personne n'a ressenti plus 
vivement, n'a raconté avec plus d'émotion les douleurs du ju- 
daïsme, personne n'eut plus que lui confiance dans son brillant 
avenir. Malgré sa tendance à généraliser, il ne négligeait pas, à 
l'occasion, les moindres détails ; de môme dans la philosophie de la 
religion, il savait, sitb specie œlernitatis, examiner et analyser 
les pensées philosophiques qui se présentaient. 

11 était alors peut-être le seul professeur qui s'occupât d'épi- 
graphie et de diplomatique hébraïques, et il faisait passer sous les 
yeux de ses élèves toute sorte de manuscrits, les clichés de quantité 
d'épitaphes, tous les documents nouveaux qui lui arrivaient de 
toutes parts, et il les préparait ainsi à devenir, non seulement de 
bons pasteurs, mais aussi des pionniers de l'érudition juive. Mais 
c'est surtout en nous préparant à la prédication que Kaufmann 
développait magistralement les idées éternelles du judaïsme : 
il savait tirer le plus beau sermon d'un texte mal choisi par 
un élève inhabile. Bien qu'il fût un excellent prédicateur, il 
n'a laissé que de faibles témoignages de son talent oratoire, 



1 * 



DAVID KAUFMANN. 



i" REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

parce qu'il n'a pas eu souvent l'occasion de monter en chaire 1 . 

La situation que Kaufmann avait conquise à l'école rabbinique et 
la subvention que l'Etat avait consenti à lui accorder l'engagèrent 
à se créer une famille, et le 10 avril 1881 il épousa M llc Irma Gom- 
perz, femme de grande distinction. Ce mariage l'attacha définiti- 
vement à la Hongrie et à Budapest. La famille Gomperz était, en 
effet, une des plus considérées de Budapest; la piété s'y alliait à 
une parfaite éducation mondaine. L'entrée de Kaufmann dans 
cette belle famille ouvrit de nouveaux horizons à son activité in- 
tellectuelle. Les ancêtres de sa femme, tout en étant des hommes 
d'affaires, avaient su acquérir de belles situations dans la science 
et dans la société. Kaufmann vit aussitôt quel exemple instructif 
serait pour la postérité la vie de tels hommes ; il refit leur biographie 
et en réunit les portraits dans l'ouvrage qu'il a publié sous le titre 
général : Zur Geschiclite cler jùdischen Familien. Il s'attacha 
d'autant plus au passé de sa famille que l'avenir lui offrait moins 
d'espérances : il n'avait pas d'enfants. Kaufmann fit de sa demeure 
un refuge, un lieu de pèlerinage pour les pauvres. Plus d'un 
écrivain russe ou polonais vint chercher chez lui un conseil et 
des secours, et plus d'une œuvre littéraire publiée dans l'extrême 
Orient slave n'a vu le jour que grâce à son concours. Il ne se 
contentait pas d'être un savant éminent ; il fut aussi une sorte 
de Mécène, à l'exemple de ce Samson Wertheimer et d'autres 
aïeux de sa femme qu'il nous a dépeints avec tant d'amour. 
Kaufmann ne se bornait pas à fournir des secours en argent; 
il mettait sa science et son immense érudition au service d'autrui, 
et par complaisance il se faisait le collaborateur des auteurs qui 
le consultaient 2 . Le futur bibliographe des œuvres de Kaufmann 
aura fort à faire s'il veut noter tous les ouvrages auxquels il a 
collaboré. 

Kaufmann, à son tour, était soutenu par tout ce qui a un nom 



1 Outre les Btrliner Predigtcn, ont été publiés : le sermon pour l'inauguration 
de la synagogue, à l'écoie rabbinique de Budapest, le 6 octobre 1877 (Budapest, 
1878); un sermon de Hanoucca [Die Lichter am Abend), Budapest 1880; un sermon 
très remarquable, dans une brochure publiée à l'occasion du 80° anniversaire du 
Rabbin Moses Bloch, professeur à l'école rabbinique de Budapest, Budapest, 1895. 

2 Nous mentionnerons ici: Commenlar tum Sepher Jezïra de R. Jehuda b. Barzilaï, 
édité par S. J. Halberstam, Berlin, 1885, p. 334-354. — Kaufmann était très lié avec 
Halberstam, mort depuis. — Des travaux dans le EpDKÏI, de N. Sokolov, de II, Var- 
sovie, 1885, Tvpttl lb*Yn» UTWa fOYDÏî?! *p-)3 % p. 293-299; ifttf., m, 
1886, p. 209-220, J^'ECH fÛTO DlblB VSFBP m-nn m:pn. Dans l'annuaire 
de M. Luncz : Jérusalem, II (Jérusalem, 1887), p. 141-147, p"3 "piatt© '"1 tTHMI 
172V ~ 3731Û hWB- — Tout de suite après sa mort parurent ses additions 
a L'ouvrage de Salomou Baruch Nisseubaum, ^53153 CHirPH nvnp5 "IDO 
(Lublin, 1900), p. 152-159. 



DAVID KAUFMANN 11 

dans l'érudition ou la littérature juive. Des éditions rares, de pré- 
cieux manuscrits sont dispersés aux quatre coins du monde, et qui 
veut pouvoir s'en servir doit avoir, pour ainsi dire, des agents 
dans les villes où il y a de riches collections ; ces agents sont 
les savants des différents pays qui se rendent mutuellement 
des services. Kaufmann ne s'arrêtait pas volontiers dans les 
sentiers battus ; les terrains en friche le tentaient particuliè- 
rement. Aussi devait-il, avant toute chose, s'assurer le concours 
d'auxiliaires sûrs, et les procédés qu'il employa pour se procurer 
des documents originaux nous causent autant de surprise que sa 
vaste érudition. Il avait comme une véritable agence de rensei- 
gnements ; les nouvelles et les faits lui arrivaient des pays les 
plus éloignés. Si je voulais citer tous les correspondants de 
Kaufmann, j'aurais à citer, à quelques exceptions près, tous 
ceux qui depuis cinquante ans se sont occupés avec le plus d'ar- 
deur et le plus de compétence des études juives. Kaufmann entre- 
tenait avec les uns des relations personnelles très cordiales, il 
était lié à d'autres par une amitié sincère, désintéressée, que la 
mort seule a pu interrompre. Les lettres en nombre considérable 
que Kaufmann a laissées ne tarderont pas à être publiées et 
jetteront une vive lumière sur ce point. 

Sa situation de fortune lui permettait, cas très rare chez les 
savants juifs, de véritables prodigalités. Il dépensait largement 
pour acquérir des manuscrits et des livres rares et il se forma 
ainsi une bibliothèque personnelle très riche. Son cabinet de 
travail contenait un véritable trésor de documents, que l'Ancien 
et le Nouveau Monde avaient contribué à former. 

Quand il s'occupa de l'histoire de l'art juif, ce fut dans ses 
propres manuscrits qu'il puisa le plus abondamment ; ses Rituels, 
ses Mahzorim, ses Haggadot, ses Meguillot étaient magnifi- 
quement illustrés ; il avait, en outre, une belle collection d'auto- 
graphes. Autant de témoins éloquents d'un passé auquel Kaufmann 
voulait arracher ses secrets; ils lui parlaient du goût d'Israël pour 
l'art malgré sa situation précaire, au milieu des tristesses de Top- 
pression. Il y trouvait des preuves matérielles des rapports de la 
science juive avec la science générale, de la contribution que le 
judaïsme avait apportée au développement général de la civi- 
lisation. Ce sont là des vérités que Kaufmann répéta à profusion 
dans de nombreux articles de Revues et dans ses livres \ 

Kaufmann ne vivait que pour la science : les voyages qu'il entre- 

1 J'ai fait un relevé des manuscrits que Kaufmann possédait, d'après ses propres 
indications, et j'en ai compté plus de cinquante. 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

prenait n'avaient point d'autre but. Outre son voyage en Italie 
(18*77) que nous avons déjà mentionné, nous devons parler de sa 
visite à l'Exposition de Paris en 1878, dont il profita pour butiner 
dans les manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Ses voyages de 
vacances n'étaient pas davantage de simples distractions; il en 
profitait pour fouiller les archives des communautés, les papiers 
de famille, pour déchiffrer des épitaphes. Il s'y rencontrait avec 
les sommités scientifiques du judaïsme, et il y avait entre eux 
('change d'idées sur les questions juives. En dehors de ses amis, il 
avait une légion d'agents, largement rétribués, qui, sur ses indica- 
tions, faisaient dans les grandes bibliothèques les recherches qui 
lui étaient nécessaires. C'est là la clef de l'activité prodigieuse de 
Kaufmann et des heureux résultats de son travail. Sa bienveil- 
lance, le charme qui émanait de sa personne, lui facilitaient sin- 
gulièrement toutes choses; il était, d'ailleurs, à même de rendre 
service pour service. 

Partout où il s'agissait d'encourager quelque œuvre juive, on 
pouvait compter sur le concours de Kaufmann. Je ne puis citer 
qu'un petit nombre d'exemples de sa générosité, car il répugnait 
à sa grande âme d'en faire étalage. A peine M. A. Berliner, de 
Berlin, avait-il émis l'idée de reconstituer la société Mekize 
isirdamim, dont le but est d'éditer d'anciens ouvrages juifs, que 
Kaufmannyfutgagne.il publia un appel aussi pressant qu'en- 
thousiaste, daté du 10 août 1884, 90° anniversaire de la naissance 
de L. Zunz. Cet appel fut entendu ; la société fut reconstituée et 
Kaufmann fit partie jusqu'à sa mort du comité de direction. 
Ouelques éditions faites par cette société portent son nom ; d'autres 
ont été augmentées par lui ' . Il tenait surtout à ce que la société 
publiât chaque année un recueil de petits écrits V Parmi les livres 
qu'il a édités dans la collection de cette société, je citerai Minhal 
Ke>iaol de Yehiel ben Samuel de Pise (Berlin, 18?8). 

Pour honorer la mémoire de son maître et protecteur David 
Bosin, il fit un legs de 4,000 couronnes au séminaire de Breslau, 
dont la rente devait constituer des prix à décerner à des ouvrages 
scientifiques 3 . Il fit aussi de grandes largesses à toutes les insti- 
tutions de Kojetein, sa ville natale, et à l'occasion du 10° anniver- 
saire de la naissance de son père, il fit don à la synagogue de 
superbes ornements pour la Tora. Et cet homme que préoccupait 

1 Additions dans y^p, I, II, VI Cpptt p ^n m^N), VII Cm733 V"? 3p*2), 
dans 2"m3 nbstt, édit. E. Baumgarten, Berlin, 1895. 

1 D'après M. Berliner. 

3 Programme du séminaire de Breslau en 1895, au commencement. Kaufmann a 
consacré un article à Hosin dans le Jiidisches Litteraturblatt de Hahmer, XXII, p. 87. 



DAVID KAUFMANN 13 

la prospérité de communautés entières, de tout le judaïsme, trou- 
vait encore moyen de s'intéresser à chacun de ses élèves. Ils 
s'étonnaient de le voir si bien renseigné sur leur situation parti- 
culière. S'il remarquait chez l'un d'eux le goût du travail per- 
sonnel, un esprit ouvert, il ne négligeait rien pour encourager et 
développer ces heureuses dispositions. Sa maison était recherchée 
par ses élèves, qui aimaient à se grouper autour de leur illustre 
maître ; on y causait familièrement, et le souvenir de ces doctes 
entretiens ne s'effacera jamais de la mémoire de ceux qui ont eu 
le bonheur d'y prendre part. 

C'est à Budapest que Kaufmann passa les années les plus belles 
et les plus heureuses de sa vie, aimé et adoré de sa double fa- 
mille, de ses nombreux disciples, entouré de nombreux amis qui 
l'honoraient et l'aimaient, possesseur d'une belle fortune, occu- 
pant une position élevée dans la société, jouissant de la juste 
réputation d'un savant et d'un homme de bien. Les plus grandes 
communautés auraient voulu l'avoir pour rabbin, les plus impor- 
tantes écoles lui offraient une chaire, et il s'en est fallu de peu 
qu'il n'acceptât en 1893 la direction de l'école de théologie juive 
qui venait de se fonder à Vienne. Le chevalier W. von Guttmann, 
à qui il avait dédié, sous forme d'une réplique, sa brochure Wie 
heben wir den religlosen Sinn unserer Mcidchen und Frauen, 
(Trêves, 1893), avait également essayé de l'attirer à Vienne. Malgré 
tout son amour pour sa patrie adoptive, il avait conservé un pro- 
fond attachement pour sa première patrie, et il n'aurait peut-être 
pas résisté aux brillantes offres qui lui venaient de tous côtés, si 
les liens qui l'unissaient à la famille Gomperz avaient été moins 
puissants. Ils l'ont retenu à Budapest jusqu'à sa mort. 



111. 



Les travaux de Kaufmann sont si nombreux et si variés que 
dans le cadre de cette biographie, nous pourrons à peine en donner 
un aperçu superficiel, sans songer à en faire un examen appro- 
fondi. Outre l'antiquité biblique 1 ,le Talmud, le Midrasch 2 et l'hel- 

1 Outre la dissertation non imprimée que nous avons déjà mentionnée, on peut ci- 
ter de lui une étude sur le mot Reèm (DNH) dans la Bible, dans le Jîld. Litteratur- 
blatt, de Rahmer, VI, 7 ; sur le Cantique des Cantiques, ibid., VI, 67, 71 ; sur 
l'expression nbo Tn72 de Deutérouome, xxiii, 19, dans la Revue hongroise If. Zs. 
Szemle, III, 107, à propos des dissertations de J. Derenbourg dans Revue, II, 126, de 
J. Halévy, ibid., 111, 200, et de S. Reinach, dans Revue archéologique, 1884, p. 129. 

' Mentionnons particulièrement ses comptes rendus de Bousset, Der Antichrist in 



14 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lénisme juif ! , il a explore dans toutes ses parties le vaste domaine 
de la littérature juive et Ta enrichi d'œuvres durables. Ses écrits 
montrent l'étendue de ses connaissances : la philosophie d'un 
Philon, par exemple, cette première forme de la philosophie reli- 
gieuse juive, n'avait pas de secret pour lui, et ses dernières 
œuvres, ses études sur Ibn Gabirol sont tout imprégnées de la 
philosophie classique des Grecs. 

Deux des travaux les plus importants de Kaufmann remontent 
au temps où il était encore étudiant à Breslau : Die Théologie des 
Bachia Ibn Pahuda, publiée par l'académie de Vienne, a paru en 
1874, mais n'a été composée qu'après Die Geschichte der Attri- 
butenlehre in der jûdischen Religionsphilosophie des Mittelal- 
ters von Saadja bis Maimûni, qui n'a paru qu'en 1877 à Gotha. 
Ce dernier travail est le plus considérable des ouvrages de Kauf- 
mann par son étendue et par son objet ; il lui a valu sa nomination 
de professeur à Budapest. Une voix plus autorisée que la mienne* 
range ce livre parmi les plus importants de la littérature juive 
moderne. Le jeune auteur eut le bonheur d'y présenter sous un 
jour tout nouveau les rapports de la philosophie religieuse juive 
avec celle des Arabes 3 . D'après son titre, l'ouvrage ne doit 
traiter que des attributs divins ; autrement dit, il doit faire con- 
naître les vues des philosophes juifs de l'époque arabe sur les 
qualités qu'on attribue à la divinité, mais, en réalité, il contient 
toute la philosophie juive de Saadia à Maïmonide. C'est peut-être 
la seule critique qu'on puisse faire de l'ouvrage : il contient plus 
qu'il ne devrait, il est plus étendu que ne le réclame le sujet. 
Kaufmann est resté, à côté de Joël et de Schmiedl, le plus impor- 
tant représentant moderne de la philosophie religieuse juive, et 
il y est toujours revenu comme à son étude de prédilection. 
Outre différentes dissertations qu'il a publiées sur ce sujet dans 
diverses Revues 1 , nous lui devons : 1° Die ' S pur en Al-Batlajusïs 

der Ueberlieferung des Judenthums, dans Monatssehrift, XL, 134; 0. Bardenhewer, 
Jiiblische Studien, ibid., 188; Katzenelson, Die normale und pathologtsche Anatomie 
des Talmuds, ib., XLI, 378. 

1 Jun Ueèersetzungsfehler bei den Sgnoptikern, dans Monatssehrift, 1893, XXXVII, 
303 ; compte rendu de Bibelstndicn, I, de Deismann, dans Monatssehrift, XL, 41 ; 
de Die Quellen des Josephus Flavius de H. Bloch, dans Jûd. Lttteraturblatt, IX, 56; 
de Gesammelte Abhandlungen de Bernays, dans RÉJ., XI, 311. — Une belle dis- 
sertation sur le culte de lâne dont on accusait les Juifs, dans M. Zs. Szemle, III, 327. 

* M. I. Goldziher, professeur à Budapest. 

3 Cf. Juda Ilalewi, p. 26 : » Nous retrouvons chez lui la pensée de Abou Hamid 
Al-Gazzali, ce flambeau de la théologie mahométane. » Kaufmann démontre com- 
ment Juda Ilalévi dépend de Gazzali, dans Attrihutenlehre, p. 119-140. 

4 Sur Saadia Alfavyoumi, voir Z. D. M. G., XXXVII, 1883, p. 230 ; une consul- 
tation du (îaon R. liai" sur la prescience divine, ibid., XLIX, 1895, p. 73 ; — Le 
prétendu commentaire d'isaac Israéli sur le livre Yecira, dans RÊJ., VIII, 126 ; — 



DAVID KAUFMANN 15 

in der jûdischen Religionsphilosophie nebsl einer Ausgabe 
der hebrdischen Uebersetzangen seiner Mldlichen Kreîse 1 , 
1880 ; 2° Die Sinne, Beitrdge zur Geschichte der Physiologie 
and Psychologie im Mittelalter aus hebraïschen und arabi- 
schen Quellen, 1884. Ces deux ouvrages ont été écrits lorsqu'il 
était déjà professeur à Budapest, et comme ils ont paru dans les 
comptes rendus annuels de l'école rabbinique, ils ont aussi été 
publiés en hongrois. Le titre, Die Sinne, ne saurait donner une 
idée de toutes les connaissances physiologiques et psychologiques 
que l'ouvrage révèle, des nombreuses lectures qu'il suppose sur 
les littératures juive et arabe du moyen âge. C'est chez les maîtres 
delà philosophie et de la religion, chez ces savants juifs qu'il con- 
naissait à fond, que Kaufmann avait appris que, tout en s'occupant 
de philosophie théorique, d'études abstraites, il ne fallait pas né- 
gliger les phénomènes naturels, et encore moins la psychologie 
humaine ; qu'il fallait s'appuyer sur les sciences physiques pour 
avancer d'un pas sûr dans le domaine de la théorie 2 . Dans la der- 
nière année de sa vie, Kaufmann travaillait à son ouvrage : Studien 
ûber Salomon Ibn Gabirol, 1899, qui devait aussi être publié dans 
le compte rendu de l'école rabbinique de Budapest. Ce livre mérite 
de prendre place à côté de Bachja Ibn Pahada, et de Atlribulen- 
lehre 3 . Naguère, l'illustre savant Salomon Munk, de Paris, avait 
montré que le Fons Vilœ a pour auteur Salomon Ibn Gabirol. 
Kaufmann, à son tour, ramena la « Source de la Vie » à son ori- 
gine en montrant que Gabirol en avait emprunté le fond au philo- 
sophe connu sous le nom de Pseudo-Empédocle. Il publia en même 
temps les fragments que les Juifs du moyen âge avaient conservés 
de cet auteur, et donna ainsi une nouvelle preuve des rapports qui 
existaient entre la littérature juive et la littérature générale 4 . 

Jehuda ha-Levi on the dogmas of judaïsm, dans Jewish Quart. Review, 1,441. — 
Vers la fin de sa vie, il publia pour le grand public : Der Fûhrer Maimunis in der 
Weltlitteratur (ouvrage extrait de YArchiv fur Geschichte der Philosophie, XI, n° 3), 
Berlin, 1898; cf. J. Weill, dans RÉJ., XXXIX, 155. 

1 Les cercles intellectuels de Batahjousi, dans RÉJ,, VIII, 131, et la critique de 
son ami P. Frankl, mentionnée plus haut. 

* Cf. Propaedeutik fur Aerzte von lsaak Israeli, dans le Jûd. Litteraturblatt, de 
Rahmer, XI, 97. — L'original arabe de b5115?3 172N?2 de Maïmonide, ibid., XV, 170; 
— Un siècle de l'existence d'une famille de médecins juifs de Vienne et de Posen, dans 
RÉJ., XX, 275. 

3 Cf. Une citation de Salomon Ibn Gabirol dans Joseph Kimhi, dans RE) ',, XVII, 
306. Recension de H. Brody, Weltliche Gedichte des Ibn Gabirol, dans Z. D. M. G., 
LU, 290. 

4 Kaufmann avait pris connaissance du texte de Yesod Olam de Elhanan b. Ab- 
raham dans un manuscrit que lui avait copié son ami Senior Sachs, de Paris [Stu- 
dien ûber Salomon Ibn Gabirol, p. 116). Il est regrettable que ce travail, par suite 
de la mort de l'auteur, soit resté incomplet sur plusieurs pointa. 



16 REVUE LES ETUDES JUIVES 

Toute sa vie, en effet, Kaut'mann a soutenu que la science juive 
ne doit pas être une science de ghetto, quelle doit trouver accès 
dans les Académies et les Universités, qu'elle le mérite incontes- 
tablement et par sa valeur propre et par ses rapports avec la 
science générale. Si ses paroles avaient trouvé un écho, les Uni- 
versités auraient depuis longtemps créé des chaires pour la science 
juive, elle ne serait plus considérée comme une plante exotique 
qu'on tolère rà et là comme un pur objet de curiosité 1 . Dans la 
biographie magistrale qu'il a donnée de Zunz % à l'occasion de 
son 90 e anniversaire, il considère comme un des plus grands mé- 
rites du vieux maître d'avoir demandé que la science juive tût 
mise sur le pied d égalité avec les autres sciences. Mais plus que 
Zunz, Kaufmann se fit le champion de cette idée, et en fit du 
moins adopter le principe. Disons à ce propos qu'il reçut de nom- 
breuses marques d'amitié du patriarche de la science juive ; d'ail- 
leurs, nous serons complètement édifiés sur les excellents rapports 
que les deux savants entretenaient entre eux, quand on publiera 
les nombreuses lettres que Zunz a écrites à Kaufmann. Outre la bio- 
graphie imprégnée d'amitié qu'il consacra à Zunz, il apporta aussi 
son concours à la Jiibelschrift, publiée à l'occasion de son 90 e an- 
niversaire, ainsi qu'à l'administration de la «fondation Zunz» éta- 
blie dix ans auparavant. De même qu'il paya son tribut d'admi- 
ration à Zunz, il ajouta aussi un court résumé allemand aux 
lettres hébraïques de S.-D. Luzzatto 3 et apporta son concours à 
l'occasion de la célébration du centenaire de Rappoport*. Ainsi 
il sut rendre hommage aux trois grands fondateurs de la science 
juive moderne et prouver une fois de plus le culte qu'il leur 
vouait au fond de l'âme. Nous comprendrons ainsi l'ardeur avec 
laquelle il réfuta les attaques dont Zunz fut l'objet de la part de 
Paul de Lagarde, le célèbre professeur de Gottingue. En 1884, 
il était arrivé, en effet, que, sur l'avis de Lagarde, l'Université 
avait accepté comme thèse de doctorat un travail intitulé : Zwei 
Goltinger Machzorhandschriflen. Cet écrit trahissait la plus 
piteuse ignorance de la littérature juive et de la liturgie synagogale 

1 Kaufmann expose daus Monatsschrift, XXXIX, 145, quelle petite place la 
science juive occupe dans les Lniversilés. 

1 Leopold Zunz, extrait du Jewish Chronicité 1884, 12 pages; cf. Die Familic Zunz, 
dans Monatsschrift, XXXVIII, 481 ; B. Lôb Zunz, ib., p. 500. Tout ce numéro de 
la Monatsschrift est consacré à Zunz. Voir aussi Alexander Zunz, dans Monatsschrift, 
1899, XLIII,191. 

3 b"T<U mir<N- D. Luzzaltds hebraisrhe B>'iefc, Przemyzl, 1882, et Cracovie, 
1891. Cf. Kaufmann, dans Jûdisch. Litteraturbl. de Rahmer. VIII, 77,81. 

4 Beila<jc zu D' Bloch's Oesterrexchische Wochcnschrift, 189U. Kaufmann a encore 
parlé des travaux de Happoport dans Jiidisch. Litteraturblatt de Rahmer, XIX, 
93, 101. 



DAVID KAUFMANN 17 

et on se permettait cependant d'y condamner les travaux de Zunz, 
de Landshuth et de Luzzatto. Kaufmann fit une critique incisive, 
dans Oesterreichische Monatsschrift fur den Orient (n os du 
15 avril et 15 mai 1885), de la malencontreuse dissertation. Il s'y 
éleva vivement contre l'exclusivisme des savants chrétiens : « Cette 
ignorance, dit-il, provient de ce que les Botocudos et les Tzi- 
ganes ont des représentants dans les chaires des Universités 
allemandes, tandis que la littérature juive, mêlée à l'histoire et à 
la littérature des peuples anciens les plus civilisés, en est exclue ! » 
Et il ajoutait : « Une telle négligence n'est possible que lorsqu'on 
n'a aucun contrôle à redouter... Le dédain du silence ne suffit 
pas; des intrus, auteurs de tels fatras, doivent être chassés du 
temple. » Lagarde, qui n'était nullement visé dans cette critique, 
se crut atteint et écrivit, sur le ton cassant qui lui était familier, 
un fort méchant pamphlet, où il invectivait Zunz, mort dans l'in- 
tervalle 1 . Mais Kaufmann riposta. A côté de M. Berliner 2 et de 
B. Ziemlich, de Nuremberg 3 , il combattit énergiquement les 
prétentions de Paul de 'Lagarde dans sa brochure : Paul de 
Lagarde' s jûdische Gelehrsamkeit (Leipzig, 1887), où il montrait 
sans aucun ménagement que Lagarde lui-même ne possédait pas 
la littérature juive, et que toutes les accusations portées contre 
Zunz étaient mal fondées. Aussi bien Kaufmann était-il plus auto- 
risé que tout autre à prononcer le mot décisif dans une discussion 
sur la poésie synagogale. Au moment où il quitta le séminaire de 
Breslau, le 28 janvier 1877, il avait déjà parlé avec une haute 
compétence de JudaHallévi, le plus grand poète juif au moyen 
âge; cette étude fut imprimée la même année, avec des notes 
savantes 4 . Il avait également fourni des matériaux intéressants 
pour le Diwân d'Abraham Ibn Ezra 5 que M. Jacob Egers édita 
à Berlin en 1886. Son argumentation contre Lagarde fut, en 
effet, écrasante. Il est seulement regrettable que les coups de 
Kaufmann atteignirent un homme dont les divers travaux ont 

1 Lipman Zunz und seine Verehrer, dans Mittheilungen de Lagarde, II (Gôt- 
tingue, 1887), p. 108-162. Kaufmann avait été auparavant lié avec Lagarde; il avait 
publié plusieurs comptes rendus dans les Gôttingische gelehrte Anzeigen. Je men- 
tionnerai ici son important travail sur Erziehungswesen de Gùdemann dans les An- 
zeigen de 1886, p. 70-94. Kaufmann a publié une autre recension du grand ouvrage 
de Gùdemann dans la Monatsschrift, XXIII, 85, 138. La période hispano-arabe de 
l'ouvrage avait alors seule paru. 

* Berliner, Professor Paul de Lagarde nach seiner Natur gezeichnet, Berlin, 1887* 
J Ziemlich, Einer der nicht Liturgiker sein will, Leipzig, 1887. 

4 Jekuda Halewi, Versuch einer Characteristik, Breslau, 1877. 

5 Diioan des Abraham lbn Ezra, éd. par Jacob Egers, Berlin, 1886, p. xv-xx, 150- 
152; cf. sur une énigme d'Abraham ben Ezra, Magazin fur die Wissensch. des Ju- 
denthums,XVlll, 54. 

T. XLI, n° 81. 2 



1- REVUE DES ETUDES JUIVES 

rendu service à la science juive. Membre de la Société des études 
juives, il s'en retira \ irrité des attaques de Kaufraann. 11 est éga- 
lement à regretter que Kaufmann ait montré de l'hostilité envers 
le professeur M. L. Strack, de Berlin ; ce savant avait bien mérité 
du judaïsme en combattant vaillamment le préjugé du meurtre 
rituel. Mais, plus tard, les relations entre Kaufmann et M. Strack 
reprirent leur cours normal, et peu de temps avant sa mort, 
Kaufmann était tout disposé à lui léguer un précieux manuscrit 
du Talmud 5 . Cette polémique se termina à l'avantage de la littéra- 
ture juive. En effet, sur la proposition de Kaufmann, on établit un 
index systématique des poésies synagogales étudiées par Zunz et 
que la « fondation Zunz » se chargea de publier '. 

Kaufmann ne voulait nullement faire des études juives un mo- 
nopole des Juifs, il voyait avec plaisir les Chrétiens s'en occuper, 
il ne cherchait à en écarter que les intrus non qualifiés. On 
peut condamner la passion que Kaufmann apportait dans ses polé- 
miques 4 ; il avait pour excuse son culte de la vérité. Cela ne 
l'empêchait pas d'entretenir des relayons des plus amicales avec 
des savants chrétiens, comme le montrent la plupart de ses écrits, 
et il y avait souvent entre eux échange de services. En 1897, il a 
môme travaillé avec le fameux théologien chrétien Alfred Resch 
au prétendu texte hébreu des Logia Jesn*. L'enthousiasme avec 
lequel Kaufmann accueillit le roman de Georges Eliot écrit à 
la gloire du judaïsme fait honneur à ses sentiments et témoigne 
de l'intérêt qu'il portait aux belles-lettres . Il a aussi parlé en 
termes chaleureux du professeur Franz Delitzsch, savant hébraï- 
sant et ami des Juifs 7 . Mais il ne supportait pas l'injustice. Il lui 
semblait indigne du judaïsme de s'incliner sans protestation de- 
vant ses adversaires ; aussi écrivit-il une brochure fulminante 
contre le père de l'antisémitisme allemand, le prédicateur de la 
cour Stocker 8 . Quand en 1884, au parlement hongrois, on avança 

1 Lagarde, Mittheilungen^ II, 155. 

* D'après une communication de M. Strack lui-même. 

* A. Gestetner, Û^ÙTBÏI rtDD/J, Berlin, 1889. Cet ouvrage était d'ailleurs en 
préparation en 1882, ainsi que nous l'apprend Kaufmann (Paul de hagarde, p. 24). 

4 Ainsi il fit une critique très vive de l'ouvrage de Merx, Documents de paléogra- 
phie hébraïque et arabe (Leyde, 1894) dans la Monatsschrift, 1895, XXXIX, 145- 
107, et il eut la satisfaction d'être approuvé par M. Strack, quand ii demaudait que 
les savants chrétiens s'initient davantage a la littérature juive ; cf. Thcologisches Lit- 
teraturblatt, 18%, XVII, 315. 

5 A. Resch, Die Logia Jcsu, Leipzig, 1898; cf. Revue, XXXVII, 155. 

" George Eliot und dus Judenthum, dans Monatsschrift, 1876, XXVI, 172, 
214, 2 
7 Jexoish Quarterly Review, II, 1)80. 
H Bin'Wort m Vertrauen an Berrn Bofprediget Stocker, Berlin, 1880. 



DAVID KAUFiMANN 19 

que le judaïsme avait une doctrine secrète, qu'il n'avait pas même 
de catéchisme, Kaufmann lança de nouveau, dans une brochure, 
une énergique protestation contre cette assertion aussi malveil- 
lante que mensongère *. 

Kaufmann ne se bornait pas à être un savant, il était aussi un 
polémiste de premier ordre. Il ne cherchait pas la lutte, mais une 
fois qu'il y était engagé, rien ne l'arrêtait plus. Sa campagne 
contre Lagarde lui a laissé une impression profonde, puisque dix 
ans après, quand il publia les « Véritables mélodies de Heller 2 », 
il en parla encore avec émotion. Du reste, il ne craignait pas de 
s'adresser au grand public. C'est ainsi qu'il envoya plus d'un 
article remarquable aux principaux organes de la presse quo- 
tidienne : au Pester Lloyd, de Budapest, à la Neue Freie Presse, 
de Vienne, et au supplément de YAllgemeine Zeitung, de 
Munich. Partout il s'appliquait à faire connaître le judaïsme, à 
le faire aimer, à répondre aux attaques et à détruire les préjugés 
dont sa religion avait à souffrir. Mais il est temps d'arriver aux 
travaux importants de Kaufmann, dont nous n'avons pas encore 
parlé. 



IV. 



Si Kaufmann s'est distingué dans ses études de philosophie re- 
ligieuse et dans ses polémiques, il a surtout brillé comme histo- 
rien. La longue série de ses travaux historiques nous jette dans 
l'étonnement. Que de volumes à consulter, que d'inscriptions à 
déchiffrer, que de manuscrits à découvrir et à lire pour percer les 
ténèbres qui enveloppent le passé 1 Mais son grand amour du ju- 
daïsme lui faisait surmonter tous les obstacles. 

Un très petit nombre de ses travaux historiques ont été publiés 
séparément* La plupart sont disséminés dans les recueils pério- 
diques de la littérature juive contemporaine ; il n'y a peut-être pas 
une de ces Revues que Kaufmann n'ait enrichie de ses travaux. La 
Revue des Études juives, entre autres, perd en lui un de ses plus 
actifs collaborateurs ; chaque numéro contenait au moins un 
article de lui. Il a également collaboré au Magazin fur die 
Wissenschafl des Judenthums tout le temps qu'a duré cette 

1 Vom jûdischen KatecMsnius, Budapest, 1884, paru aussi en hongrois dans 
M. Zs. Szemle, I, 119-127 ; le même journal donne ensuite une liste de cent cin- 
quante-six catéchismes juii's. 

8 Die echien hebraïschen Melodlen*, traduction de S. Heller (Trêves, 1893)$ pré- 
l'ace, p. xvt. 



20 REVUE DES ÉTUDES JUIVKS 

Revue il écrivait aussi dans Monalsschrlfl fur die Wissen- 
scHafl des Judenlhums, et quelques années après la disparition 
de celte Revue, Kaufmann, aidé de son ami M. Brann, la fit re- 
vivre en 1892, et en lit son principal organe. Le Israelitische 
I etlerbode d'Amsterdam, dirigé par M. Roest, la Zeltschrlfl der 
deutschBn morgenlàndlschen Gesellschaft et la Jewish Quar- 
to** lieview de Londres ont publié de ses travaux. Nous avons 
déjà mentionné d'autres Revues où il écrivait, et nous en aurons 
encore à citer. Mais ses préférences allaient aux Revues rédigées 
en hébreu ; il écrivait cette langue avec facilité et élégance, malgré 
l'éducation toute moderne qu'il avait reçue. Mentionnons ici 
comme modèle de style et de composition un article sur la Oue- 
ntea de Fostat (TOAri 11»)'. Ses articles en hébreu le faisaient 
connaître jusqu'en Orient', dans les pays où les habitants s inté- 
ressent plus qu'on ne le croit généralement à la science juive, 
pourvu qu'elle leur soit présentée en hébreu, seule langue qu Us 

comprennent. 

Kaufmann a publié dansles différentes Revues, sans compter ses 
travaux de vulgarisation \ environ trois cents articles ", dont nous 
ne pourrons citer ici qu'un très petit nombre, choisis parmi les plus 
importants ; mais tous sont dignes d'être conservés. 

J'ai sous les yeux le remarquable travail de Kaufmann : Aus 
Heinrich Heines Ahnensaal, Breslau, 1896. L'auteur y groupe 
ses ouvrages historiques de la manière suivante. Pour servir a 
l'histoire des familles juives : Samson Werllieimer, premier inten- 
dant de la cour de Vienne et grand-rabbin (1658-1124) , et ses en- 
fants (Trêves, 1888). -R.JairCkajjimliacharach (1640-1/02) et 
ses ancêtres (Trêves, 1894) ». - Die lelzle VeHremmgderJuden 
aus Wien und Niederôsierreich, ses prodromes (1625-16TO) et ses 
victimes (Vienne, 1888)». - Urkundlich.es aus dem Leben Samson 

ISlïfflbn nna. Fri.dm.Bn-Weissd.oe ^rjWgjto. 
„ BSnn , 1886, dans OTTO rp«» de Hark.vy, etc. Cf. auss. pjn (13erd.Uct.ew, 
1898), 1 er fascicule. , . . , Uar 

a 11 publi. plusieurs articles dans VAUgtmei- Zeit a n, des '*«]!£>*££, 
lin. da'ns OeslndchUch, Wochoschnft, de Vienne So. tr.v.U sur I léd t ou 
Bltaq.11 «publié dans ce dernier journal .été tredu. eu ..g ta».! »•*£££ 
célèbre Binologue P. G. Môllendorf. Il écm.it ..... dans le JcrnA hnmtcu, 

J T£*7ZÛ Schwab KfrttiH du arùcks r*WI « l'hoir, m « fa U» 
nl ,ï Zs e n^u >m, uecite, a .a vérité, que deux cent ei-t™»™* »" 
Lf m.i. plusfeur. articles ont été oubliés et pl.sieur. autres ont paru depms. 

. Sur Bacharach, cf. *Md Q»,rUrly JΫ«»,IU, Ml. «5. Peur les enlauu de 
J. Cl.. 13acl.ar.cli, voir MoMtuehrift, 1899, XI. 111, .n. 

« Dans le compte rendu du séminaire Israélite de Budapest; ce trava.l a auss. été 
publié en hongrois. 



DAVID KAUFMANN 21 

Wertlieimers (Vienne, 1892) *. — Die Erstùrmung Ofens undihre 
Vorgeschichte (1650-1732). Megillath Ofen (Trêves, 1895) 2 . — 
D v Israël Conegliano and seine Verdienste uni die RepuUih Ve- 
nedig bis nach dem Frieden von Carloioitz (Vienne, 1895) 3 . Son 
travail sur Henri Heine, qui appartient à ce groupe, était destiné 
au grand public ; Kaufmann lui a donné une forme plus at- 
trayante. Le connaisseur voit immédiatement l'étroite connexité 
qui existe entre ces sept ouvrages ; ils dépeignent à peu près 
la même époque, les différents personnages sont plus ou moins 
mêlés aux mêmes événements et, par suite, ont de fréquents 
rapports entre eux. Autrement on ne comprendrait pas que huit 
années aient suffi pour composer ces sept gros livres qui de- 
mandaient tant de lectures et de recherches. Kaufmann étudiait 
son sujet à fond, il le considérait sous toates ses faces, et était 
convaincu que l'histoire, pour être utile, doit donner une idée fidèle 
et vivante du passé. Il travaillait en artiste et ne quittait un 
ouvrage que lorsqu'il lui avait donné une forme achevée. 

Nous avons déjà fait remarquer que c'est l'entrée de Kaufmann 
dans la famille Gomperz, si avantageusement connue depuis long- 
temps, qui lui inspira l'idée d'étudier le passé de quelques familles 
juives. Il en fournit lui-même la preuve. En effet, en 1887, un an 
avant qu'il entreprît cette série de travaux, il publia, avec Joseph 
Weise, rabbin à Waag-Neustadtl, en Hongrie, des novelles 
(û^ann) sur une partie de la Bible et le Rituel laissées par le grand- 
père de sa femme, Lôw Gomperz. Dans la préface de cet ouvrage, 
il dresse l'arbre généalogique de la famille Gomperz depuis la fin 
du xvi e siècle avec ses alliances avec d'autres familles distin- 
guées, entre autres celle de Samson Wertheimer. « Ces hommes, 
dit-il, méritent que je ne ménage ni mon temps ni ma peine, que 
je fouille toutes les archives, toutes les bibliothèques des lieux 
qu'ils ont habités, afin de pouvoir raconter aux Israélites l'histoire 
édifiante de ces familles distinguées, dont plus d'un membre a su 
relever le courage de son peuple; leur vie a été un modèle de 
piété et ils ont maintenu les bonnes traditions de génération en 
génération 4 , » 

Qui aurait jamais songé à se placer à ce point de vue pour écrire 
l'histoire des familles juives? Les Juifs étaient-ils donc autre 
chose qu'un ramassis d'usuriers, vivant dans une profonde humi- 

1 Dans le compte rendu du Séminaire. 

* Se trouve aussi dans l'Annuaire de la société littéraire judéc-hongroive, I, 63. 

3 Compte rendu du Séminaire israélite de Budapest. 

'* nh "nab 3b "O'WJ, Vienn?,'1887. Le titre fait allusion au nom de l'auteur 

(:rb) Lôw. 



, , REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

liation, dégradés par la barbarie de ces tristes temps ! C'est parmi 
eux qu'on trouve des familles où régnent, de père en fils, le 
bien-être, un luxe quasi-princier, les bonnes façons et la haute 
culture, des hommes qui ont accès à la cour des princes et qui 
semblent être là pour protéger leurs frères malheureux ! L'histoire 
de ces familles amena Kaufmann à l'histoire des communautés, et 
c'est ainsi que tous ces travaux se tiennent, forment une espèce 
de cycle dont s'écarte, en partie, l'histoire de Conegliano, écrite 
d'après des documents diplomatiques, mais auquel se rattache 
l'histoire du rôle diplomatique de Barthold Dave Burmania, am- 
bassadeur hollandais à Vienne. 

Il va de soi que de tels travaux supposent des recherches préli- 
minaires qui fournissent les matériaux de travaux accessoires. 
C'est ainsi que Kaufmann a étudié le Memorbuch de l'Oratoire de 
Zacharia Lévy, de Vienne 1 , l'histoire des exilés de Vienne en 
1670% des inscriptions tombales de Wiener-Neustadt 3 ; toutes ces 
recherches se rapportaient à son ouvrage : Die Vertreibnng aus 
Wien. Le faux Messie Sabbataï Cebi, qui joue un grand rôle dans 
la biographie de Jaïr Chajjim Bacharach, devint l'objet de re- 
cherches particulières pour Kaufmann, qui publia un document 
diplomatique le concernant 4 . 

Avant de fixer la généalogie de H. Heine, Kaufmann, à propos 
d'un descendant d'Eléazar Fleckeles, avait déjà essayé d'établir 
que les qualités étaient héréditaires dans les familles 5 . Nous 
pourrions mentionner d'autres ouvrages de Kaufmann appartenant 
à cette série s'il nous était possible de faire connaître ici tous les 
produits de son inépuisable activité; mais son œuvre est trop consi- 
dérable pour que la chose soit facile. Pour ma part, j'ai groupé ses 
travaux historiques d'après les pays auxquels ils se rapportent, et 
ce classement pourra avoir son intérêt le jour où ces travaux pren- 
dront place dans l'histoire générale du judaïsme.Une grande partie 
d'entre eux, une trentaine environ, se rapportent naturellement à 
l'Allemagne ; beaucoup d'autres sont consacrés à l'Italie, probable- 
ment parce que Kaufmann tenait de ce pays la plupart de ses ma- 
nuscrits 6 et que ceux-ci traitaient généralement de faits locaux. 
A peine M.Neubauer avait-il publié la chronique d'Açhimaad'Oria, 

' Monatîichrift, XVII, 289. 

» Ibid., XVII, 302. 

3 Revue, XXX, 300. 

* Revue, XXXIV, 305 ; cf. ibid., XXXVI, 256. 

s Der Stammbau des R. Eleatar Fleckeles, eine Ahnenprobe Montz Hartmann», 
dans Monatsschrift, XXXVII, 378; Kaufmann a aussi publié ce travail séparément. 

« Les travaux sur l'Italie, quarante environ, ont pour la plupart été publiés dans 
cette Revue, où ont paru également presque tous les manuscrits de Kaufmann. 



DAVID KAUFMANN 23 

qui a jeté tant de lumière sur l'état de l'Italie au moyen âge, qu'il 
en fit l'objet d'une étude approfondie (1896) ' et s'appliqua à rendre 
les résultats obtenus accessibles aux savants étrangers à ce genre 
d'études 2 . Mentionnons encore ses Contributions à l'histoire des 
Juifs en Italie 3 . Quelques-uns de ses travaux se rapportent à la 
France; le plus important est l'article : Une Haggada de la 
France septentrionale A . Kaufmann considéra comme un devoir 
d'étudier l'histoire de la Hongrie, sa seconde patrie, dont l'étranger 
s'est si peu occupé; il lui consacra onze de ses travaux historiques, 
sans compter que toutes les études historiques que nous avions 
mentionnées, sauf celle qui concerne Conegliano, ont trait à la 
Hongrie 5 . La Pologne et la Russie sont aussi l'objet de quelques- 
uns de ses travaux. Il consacra dix articles à l'Espagne. Juda Hal- 
lévi, une des plus grandes figures de l'Espagne juive à l'époque la 
plus brillante de son histoire, l'intéressait particulièrement et, dans 
le portrait qu'il en a tracé, l'impératrice-reine Elisabeth, la grande 
admiratrice de Heine, a bien voulu reconnaître un précurseur de 
son auteur favori, ce qui fut une grande satisfaction pour Kauf- 
mann, qui travailla sans relâche à faire assigner au mérite de Juda 
Hallévi, de Salomon ibn Gabirol et de Maïmonide le rang qui leur 
est dû. Sur la proposition du savant espagnol Fidel Fita, l'Aca- 
démie des sciences d'Espagne élut Kaufmann comme membre en 
1888, en même temps que le D r Kayserling et Isidore Loeb. 

La joie de Kaufmann fut grande quand on découvrit la Gueniza 
du Caire, découverte qui fait connaître une série de documents 
concernant l'histoire de l'Egypte. Personne n'était mieux préparé 
que lui pour déchiffrer et lire ces parchemins jaunis et déchirés, et 
il s'en acquitta avec un tel bonheur °, que tout le monde pressentait 
en lui le futur historien du judaïsme égyptien. Qui sait s'il ne se 
serait pas décidé à écrire l'histoire générale du judaïsme si la mort 
ne nous l'avait pas enlevé si vite? 

Indépendamment de plusieurs petits travaux sur les Juifs d'An- 

1 Monatsschrift, XL, 462-473, 496-509, 529-554. Ces articles ont été réunis en un 
volume. 

2 Byzantinische Zeitschrift, 1897, IV, 100-105; un autre article sur une lettre de 
la Guenim, ib., 1878, VII, 83-90. 

3 Bévue, XX, 34. 

4 Ibid., XXV, 65. K. publia aussi un article sur la famille du capitaine Dreyfus, 
dans Monatsschrift, 1898, XLI, 424. 

5 Très important est l'article : Die Verheericng von Ungarisch-Brod durci den Kurm- 
zen-TJeberfall vom ià Juli 1685, dans le Jahresbericht des Privat-Gymnasiums zu Ung.- 
Brod (1894). Ce même article se trouve dans Monatsschrift, 1893, XXXVII, p. 270. 

6 Cf. sa dissertation sur le mot tnbnn dans le Ben Sira hébreu, dans Monats- 
schrift, 1897, XLI, 237. Ibid., XLI, 503, il rectiiie une erreur de M. Neubauer au 
sujet du prétendu Naguid Mordechaï. Toutes les autres dissertations relatives à ce 
même sujet ont paru dans la Jewish Quarterly Revicrv. 



24 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

gleterre, Kaufmann découvrit que les Juifs de ce pays suivaient 
un rite particulier avant l'expulsion; il établit aussi que Jacob b. 
Juda de Londres fut le plus grand llalachiste de l'Angleterre 1 . 
Kaufmann était, membre de la Société d'histoire juive de l'Angle- 
terre et collaborait à ses publications. 

Il nous reste encore à parler de deux œuvres qu'il édita et qui 
lui font le plus grand honneur : en 1892, il tira des papiers laissés 
par Simon Hock les épitaphes de l'ancien cimetière juif de 
Prague 2 . Kaufmann y ajouta une préface où sont exprimés des 
sentiments admirables en un langage exquis qui n'a son équiva- 
lent, dans les œuvres de Kaufmann, que dans la préface qu'il écri- 
vit aux Mélodies de Heller. En 1890, il publia un ouvrage qui est 
très important pour l'histoire intérieure des Juifs d'Allemagne : 
Memoiren der GluCkelevon Hameln (1645-1719), Francfort-sur- 
le-Mein, 1896. 

Si Kaufmann a pu produire tant de travaux historiques, c'est 
qu'il connaissait parfaitement la bibliographie allemande; il savait 
môme puiser des renseignements précieux dans les approbations 
imprimées en tête des livres hébreux. Il ne nous a pas laissé d'ou- 
vrage complet sur la bibliographie, mais différents articles té- 
moignent suffisamment de sa compétence 3 , qui fut telle qu'un 
savant, comme M. Steinschneider, ne dédaignait pas de le con- 
sulter. Ajoutons encore qu'il était un des fondateurs de la « Biblio- 
graphie hébraïque », dont l'existence fut trop éphémère 4 , mais qui 
a reparu après sa mort. 



V. 



Si Kaufmann se distinguait par sa rare érudition, il n'était pas 
moins remarquable pour son style et son langage châtié. C'est 

1 The FAz Chajjim of Jacob B. Jehudah of London, and the history of his manus- 
cript, dans Jevnsh Quarterlg Review, V, 3o3-37<i. 

2 ïlfinS p"T> mfiDlBtti ■#*« Familien Prags, nach den Fpitaphien des alten jii- 
disrhen Fricdhofs in Prag, Presbourg, 1892. 

» II consacra un article substantiel, dans Monatsschrift, 1803, XL1I, 94, au cata- 
logue que dressa M. Steinschueider des manuscrits de Municb (2° édition). Dix ans 
auparavant avait paru Y Inventaire des livres formant la bibliothèque de Benedict 
Spinoza, publié d'après un document inédit par A. J. Servaas von Rovijen. Notes 
de la main de M. le D' David Kaufmann, professeur à Budapest, La Haye, 1888. 

» Zeitschrift fur hebraUche Bibliographie, àe H. Brody, Berlin, 1896-1899. 
Kaufmann est cité comme le collaborateur le plus éminent lasc. 1, p. 2). Dans 
le 1" fascicule, p. 22, Kaufmann a écrit ses Echo-Gedichtc ; cette expression, créée 
par lui, désigne des poésies dans lesquelles le dernier mot de chaque vers est comme 
l'écho renvoyé par l'avant-dernier. 



DAVID KAUFMANN 25 

sous ce rapport surtout qu'il était un nvn Tm, une exception 
dans le judaïsme. Rien de plus commun que le Juif érudit et 
laborieux, mais l'art ne florissait guère chez nos coreligionnaires ; 
l'oppression séculaire qui pesait sur eux était plutôt de nature à 
leur gâter le goût. Kaufmann, Juif de cœur, avait le sentiment du 
beau d'un Grec. Il y a dix ans, il aurait paru absurde de parler 
d'un art juif. C'est le mérite particulier de Kaufmann d'avoir décou- 
vert cet art. Il n'avait pas seulement à démontrer que cet art 
existait, mais encore qu'il pouvait exister. Il démontra, en effet, 
que l'interdiction des images n'avait pas été un obstacle au déve- 
loppement de l'art, parce que le dessin n'avait été défendu que 
lorsqu'il s'appliquait au culte des idoles. D'après lui, le judaïsme 
eut même cette supériorité sur tous les autres cultes d'avoir tenu 
en honneur l'art de la calligraphie, même après l'invention de l'im- 
primerie, puisqu'il continue à l'appliquer dans la confection des 
rouleaux de la Loi et des phylactères. L'illustration s'introduisit 
nécessairement dans les ouvrages, et Kaufmann le prouvait maté- 
riellement parles manuscrits illustrés qu'il possédait. 

Il s'occupa également d'archéologie. Les tombes juives que 
Garucci et de Rossi avaient trouvées à Rome lui faisaient espérer 
qu'il y aurait enfin une archéologie juive, et lorsque son ami 
Ascoli de Milan étudia les catacombes de Venosa, il fut comblé 
de joie. Ses études se dirigèrent aussitôt de ce côté. Le 17 février 
1873, des soldats français ayant découvert près de Tunis les restes 
de la synagogue de Hammam-Lif, il étudia la mosaïque mise au 
jour par eux avec une incomparable compétence l . Bientôt après, 
il écrivit le travail si important : Sens et origine des symboles 
htmulaires de V ancien Testament dans l'art chrétien primitif 
{Revue, XIV, 33, 217). C'est à peu près vers le même temps qu'il 
donna dans la revue hongroise Archaeologiai Ertesitô (Indi- 
cateur archéologique), 1886, VI, 318, un article résumant ses 
recherches sur les catacombes juives en Italie, et il continua de 
collaborer à cette revue, circonstance qui n'est probablement 
connue que d'un petit nombre de personnes 2 . Je ne dirai rien de 

1 Etudes d'archéologie juive, dans Revue, XIII, 45. M. Emile Schûrer, qui a édité 
les épitaphes de Rome, a appuyé de son autorité les travaux de Kaufmann; cf. 
Geschichte des jûd. Volkes im Zeitalter J. Christi, 3° édit. II, 438. Kaufmann a encore 
écrit sur cette découverte dans M. Zs. Szemle, II, 629. 

2 Outre les articles mentionnés déjà dans le texte et ceux que nous allons encore 
citer, il a rendu compte dans cette Revue des ouvrages suivants : J. Strzygowski, 
Iconographie der Taufe Christi, Munich, 1885 (VI, 62); E. M. le Blant, Les sarco- 
phages chrétiens de la Gaule, Paris, 1886 (VU, 366) ; V. Schultze, Avchaeologie der 
altchrist. Kunst, Munich, 1895 (XVI, 160); E. Hennecke, Altchristliche Malerei 
und altchristliche Litteratur, Leipzig, 1896 (XVII, 263). 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nombro d'autres articles relatifs au môme sujet, mais je rappel- 
lerai que Kaufmann a reconnu un Juif dans le peintre vénitien 
connu Mosé dal Castellazzo [Revue, XXII, 200); bien mieux, toute 
mille de ce peintre semble s f être adonnée à la peinture iUd., 
XXIII, 139 • 11 écrivit aussi un article remarquable sur les carac- 
tères principaux de l'art dans la synagogue {Art in the Syna- 
gogue, dans Jewish Quarterly Review, IX, '254). 

Kaufmann fut heureux de voir prospérer deux institutions qui 
répondaient absolument à son idéal et qu'il avait puissamment 
contribué à créer. Le musée des antiquités juives à Vienne est en 
partie son œuvre. En 1891 déjà, il fit à son intention une conférence 
publique : « Contribution à l'histoire de l'art dans la synagogue », 
qui fut publiée dans l'Annuaire de la société 1 . Il fut aussi un 
membre actif de la société juive de folklore fondée à Hambourg en 
1898, qui publia dans ses Rapports un article de lui sur les noms 
juifs (I, 116), ainsi que des documents très importants pour l'his- 
toire des mœurs et de la civilisation juives (IV, 94-101). Ce der- 
nier travail fournit à Kaufmann l'occasion de revenir sur la fa- 
mille VTertheimer. Kaufmann ne devait pas nous quitter sans 
nous laisser un monument de son amour de l'art. Un an avant sa 
mort, il publia en une édition de luxe, unique dans la littérature 
juive', un travail sur l'histoire de l'illustration des manuscrits 
juifs/qui est une véritable esquisse de l'histoire de l'art juif 8 . Il 
nous montre successivement tous les objets que la peinture juive 
embellissait. Voici d'abord la Masora ornée de figurines, puis les 
Bibles illustrées et surtout les Meguillot (rouleaux d'Esther) dont 
il possédait un magnifique exemplaire d'origine italienne; il 
décrit aussi le luxe d'illustrations d'un Mahzov italien de 1484 
qu'il avait dans sa bibliothèque. Mais on n'illustrait pas seulement 
les livres de prières des jours de fête, le Rituel ordinaire l'était 
également. L'art se prodiguait surtout dans les Haggadot des- 
tinées aux soirées de Pâque, ainsi que le prouve la Ilaggada de 
Sarajevo. Dans l'édition de luxe dont il a été question, Kaufmann 
a reproduit les gravures de deux Haggadot remarquables qui 
étaient sa propriété. Puis viennent les livres liturgiques et les 
Rituels illustrés. Enfin il donne la description d'une Keloula 
illustrée {Revue, XXIX, 142) ; il en possédait deux, l'une datée 
de Mantoue, 1664, l'autre de 1780. Grâce aux efforts de Kauf- 
mann, on connaît aussi des copies illustrées des œuvres de Maï- 

« Brster Jahresierieht <hr Wiener GeeelUthafl fur Denhmâler des Judenthum, 1897. 

« Die llaqqadah ton Sarajevo, <ic 1). II. Mûller et Julius von Schlosser, Vienne I 
Cf. Kaufmann, dans Bévue, XXXVIII, 74-102 : Les cycles d'image du type allemand 
dans l'illustrai ion ancienne de la Uagyada. 



DAVID KAUFMANN 27 

monide 1 (Kaufmann en possédait une du plus haut gothique de 
1310), de Moïse de Coucy, de Mordechaï ben Hillel — le musée 
national de Budapest en a un superbe exemplaire — , d'Ascher ben 
Yehiel, dlsaïe di Trani, etc. D'autres œuvres encore, de caractère 
varié, avaient été illustrées. Kaufmann nous les fait connaître 
toutes en nous affirmant que ces illustrations sont l'œuvre d'artistes 
juifs. Aussi Kaufmann était-il convaincu que les Juifs possédaient 
tous les matériaux nécessaires pour créer une archéologie juive. 
Voici une citation textuelle tirée d'un article de Kaufmann qui n'a 
été publié qu'après sa mort : « Bien qu'un grand nombre de docu- 
ments relatifs à l'histoire de nos mœurs et de notre civilisation se 
soient perdus, bien que beaucoup aient été la proie des éléments, ou 
aient été détruits par l'ignorance ou l'indifférence, plus perni- 
cieuses que les éléments mêmes, bien que cette destruction se con- 
tinue sous nos yeux, en pleine civilisation, il ne faut cependant pas 
tout à fait désespérer de pouvoir rassembler des matériaux ca- 
pables d'éclairer cette partie de notre histoire 2 .» L'homme qui était 
si convaincu de l'existence de trésors cachés, quelle joie n'a-t-il 
pas dû ressentir lorsque, après trois cents ans, il a trouvé dans 
une famille juive la coupe de Kiddousch du « grand » R. Lôw de 
Prague 3 . De telles antiquités existent probablement encore en 
grand nombre dans les familles juives. Un autre genre d'anti- 
quités, les cimetières et les tombes, ont été l'objet des recherches 
de Kaufmann. Une heureuse découverte le mit en état de déter- 
miner remplacement du plus ancien cimetière juif de la Hongrie 4 . 
C'est dans la ville même où il a trouvé ce cimetière qu'il dort 
de son dernier sommeil. 



VI. 



Kaufmann, d'une complexion en apparence vigoureuse, ne jouis- 
sait pas d'une belle santé; depuis dix ans, il souffrait du diabète. 
Dans ses dernières années, il se rendait, dès le commencement des 



* Il les a décrites dans la Revue, XXXVI, 65-74 : TJn manuscrit du Mischné-Thora. 
Cf. Zur Geschichte der Kethnba, dans Monatsschrift, 1897, XLI, 213. Dans toute la 
littérature juive on trouverait difficilement un seul article traitant de la Ketouba au 
point de vue archéologique. 

2 Mittheilungen der Gesellschaft fur j . Volksknnde, fasc. IV, p. 95. 

3 Monatsschrift, 1899, XLIII, p. 41. 

4 Y oit Monatsschrift, 1895, XXXIX, 305. L'article qu'il a publié sur ce même 
sujet dans YArchaeologiai JErtesitô, 1895, XV, 219, est plus complet et renferme de 
superbes illustrations. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vacances, à Carlsbad, en Bohême, d'où il revenait reposé et sou- 
lagé. Il fit encore ce voyage en juin 1899. Il était parti gai et dis- 
pos, emportant du travail et la tête pleine de projets pour l'avenir; 
la mort le surprit corrigeant des épreuves. C'est un accident qui 
amena sa fin : il s'était cassé une clavicule en faisant une chute, et 
il se produisit une hémorrhagie interne; une fluxion de poitrine 
s'ensuivit qui trancha en quelques jours cette belle vie. Le rabbin 
de Carlsbad, le D r Ignatz Ziegler, son ami et élève, le quitta le 
jeudi 6 juillet 1899, sur le conseil du médecin, et, à neuf heures du 
soir, il avait cessé de vivre. 

La triste nouvelle parvint à Budapest le vendredi matin. A Carls- 
bad même, sa mort causa une grande consternation, et un service 
funèbre y fut célébré le 9 juillet, en présence d'une assistance nom- 
breuse et émue. Le rabbin Ziegler et M. Kayserling, rabbin de 
Budapest, également à Carlsbad alors, prononcèrent son oraison 
funèbre; sa dépouille mortelle fut transportée à Budapest, où elle 
arriva le 10 juillet. A la gare se trouvaient réunis, outre les 
membres de la famille, les représentants de la communauté de 
Pest, de la Hebi^a Kaddischa et de l'école rabbinique, beaucoup 
d'élèves et d'amis, qui accompagnèrent son corps au cimetière 
israélite, où il fut enterré le lendemain. Onze discours furent 
prononcés devant la foule attristée de ses amis, de ses élèves 
et de ses collègues, accourus de toutes parts pour rendre ce der- 
nier hommage au savant vénéré. M. Samuel Kohn, rabbin de 
Budapest, un vieil ami du défunt, fit le premier discours; puis 
vint le tour de M. Rosenthal, rabbin de Breslau, beau-frère de 
Kaufmann, qui parla au nom de la famille 1 ; le professeur 
Bâcher, collègue de Kaufmann et son ancien camarade d'études, 
prit la parole au nom du séminaire israélite; puis on entendit 
successivement M. Brann, au nom du séminaire de Breslau; 
D.-H, Mûllôr, au nom du séminaire de Vienne 2 ; M. Steinhardt, en 
sa qualité de rabbin de Kojetein, lieu de naissance du défunt; 
M. Klein, rabbin de Nagy-Becskerek, au nom de la commission 
administrative du Séminaire ; M. A. Bùchler, rabbin à Keszthely, 
au nom de ses anciens élèves. Le conseiller des bâtiments Stiasny 
parla au nom de la communauté de Vienne, dont l'histoire a été 
l'objet de tant de travaux de Kaufmann, et au nom de la Société du 
Musée de Vienne. Enfin, M. Ignace Goldziher, son ami intime 
et M. Oppenheim, autre beau-frère du défunt, de Brùnn, fermèrent 

1 Ce discours et celui de Brann ont été publiés dans le calendrier juif de 
Brann, 1899. 

* 1). II. Muller a depuis consacré un petit travail à la mémoire do K. : Jahrbuch 
des Vereins furjûd. Gesch. u. Litteratur, Berlin, 1900. 



DAVID KAUFMANN 29 

la série des discours. Tous pleurèrent en lui le grand savant, 
l'israélite convaincu, l'ami et le maître dévoué. 

Les condoléances arrivaient au Séminaire de tous les pays. Dans 
toute la presse juive, on déplora sa perte; les Revues, les Alma- 
nachs et les Annuaires rendirent des hommages émus à sa mé- 
moire. 

Le séminaire de Budapest célébra en son honneur un service 
commémoratif le 16 octobre 1899, et ses élèves organisèrent un 
service funèbre le 31 décembre. La douleur de sa perte fut partout 
vivement ressentie. 

11 nous reste à dire un mot des œuvres posthumes de Kaufmann 
dont quelques-unes ont déjà été mentionnées. Le fascicule de juillet 
de la Jewish Quarterly Review publia, quelques semaines après la 
mort de Kaufmann, trois articles de lui : le premier sur un fragment 
d'une Meguilla du Caire, le second sur la légende qui veut que 
Samuel Çarça ait été brûlé (il trouve une explication ingénieuse 
de la légende dans le nom môme de Çarça), le troisième sur Yedidia 
Rimini. Le n° 76 de la Revue des Études juives (XXXVIII) conte- 
nait de lui une intéressante étude sur les synagogues de Tolède, 
sur les inscriptions des tombeaux de Mardochée et d'Esther, sur 
l'autodafé des quarante-cinq martyrs de Séville en 1501, sur une 
nouvelle élégie sur R. Azriel Dayiéna et sur la défense de lire le 
Meor Enayim d'Azaria dei Rossi. Le n° 77 avait aussi trois articles 
de lui La Monatsschrift aussi a publié de lui plusieurs articles 
après sa mort (numéros de juillet, septembre et octobre 1899). Les 
papiers qu'il a laissés seront probablement édités à leur tour, et 
nous avons l'espoir de voir encore produire au jour bien des ou- 
vrages sortis de sa plume. Si la mort l'a arrêté impitoyablement 
dans ses travaux, nous devons au moins sauver de l'oubli tout ce 
qu'il nous a laissé. 

Pour le premier anniversaire de sa mort, un livre commémoratif 
sera publié sous la direction de MM. Brann et Rosenthal; le grand 
nombre de savants, d'amis et d'élèves qui contribueront à cette 
œuvre prouvera combien Kaufmann était estimé et combien le 
monde des lettres tout entier a vivement ressenti sa perte. La Société 
de Mehize Nirdamim a l'intention de réunir en un volume ses ar- 
ticles écrits en hébreu. La fondation Zunz fera probablement 
imprimer une partie de sa correspondance. Son frère Ignatz 
Kaufmann a déjà entrepris le triage de ses lettres de jeunesse; 
d'autres proches parents classeront les autres. On ne sait pas en- 
core ce que deviendront sa précieuse bibliothèque et sa riche 
collection de manuscrits, mais j'ai la certitude que les dispositions 
prises à cet égard ne feront que rehausser la gloire de Kaufmann 



30 REVUE DES ETUDES JUIVES 

aux yeux de la postérité. Une magnifique pierre tumulaire lui était 
élevée le 24 juin 1900 en présence de sa veuve, de ses sœurs et de 
son frère et d'une foule de ses amis et élèves. Cette fois aussi son 
beau-frère, M. F. Kosenthal, le rabbin de Breslau, consacra un 
éloge à sa mémoire. Nous ne pouvons mieux finir cette biographie 
qu'en mettant ici son épitaphe, tirée d'un poème de Juda Hallévi, 
son poète favori : 

Tnn» ïittsn bdb &np tm 

iùji "PB trnDa *jn ttfittfc»i 

innb iîri3ai»n ifim d^s 

rûïb Bpd 15ns Tb*s 

10V1 ^12173 "OSE ibpi 



Budapest. 



Samuel Krauss. 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 



Akabia ben Mahalalel a été une des personnalités marquantes 
de sa génération, et cependant on ne sait rien de sa jeunesse et 
nulle part ne sont cités les noms de ses maîtres. Ce qui nous a été 
conservé de son enseignement et de ses maximes est relativement 
peu de chose, mais ce peu suffit pour le faire reconnaître comme 
un homme de haute gravité, d'une conscience inflexible et d'un 
esprit de suite rigoureux. En lisant la Mischna l entre les lignes, 
nous découvrons facilement le portrait d'un homme qui maintient 
ses opinions, quand elles sont fondées sur l'autorité de la tradition, 
même lorsque des opinions différentes, s'appuyant sur des tra- 
ditions divergentes, sont soutenues par des majorités faisant loi. 
Vainement la majorité lui demande de renoncer à son opinion : il 
refuse. La majorité lui fait entendre que, s'il montre de la condes- 

1 Edouyot, v, 6-7. Comme nous aurons, dans le cours de cette étude, souvent 
l'occasion de citer cette Mischna, pour permettre au lecteur de l'avoir sous les yeux 
dans sa forme originale pendant qu'il suit notre analyse, nous la reproduisons ici, 
en laissant de côté toutefois ce qui ne se rapporte pas a notre sujet : p SOapa* 

i-wmôa *p mm r*r«ap3> ib in en jnm i-wa-iN wn Sabbrra 
î**npnb ^b ivvi inb nwa* b&wb Vas ^vm nfciN n^nia û*n:n 
■nm Nbffl fcaanpaii ^sb yvi nnx na>ta mœ*b t^bi w ba ttûw 
ma «b vp^ V N 't^in ^^ ***i?i ♦•^ a "> Tn îrriffl brauja a'ntt-.K 
ib -i-i»n ^pta ta^-maia d^aam nnnmiBttn s-maia abi nmnarj 
ma^œ mptam d^bia-ima s-nrnniB nnnr:a nnouj s-raanaa nus?» 
Ya' ibpDi *mm:a nwn immai mpian Nwam taïib maN fpbaa&n 
i— r-iT3> "para maria N->apa>ia dibizn on nnn 1 '-1 n»a larw na 
p arap?a r>rjn rwman ï-naana bania^a sans ba ^aa nb^aa 
hanoa ...a-m mmaa papsia man p manba ima ^73 r-ian babbma 
6Mb mabn b"a im» wma dnai 'ia *p mm naab -ien inm» 
a^aima- ^D73 ia>73ia dm û^mman ^12 vum ^a;s ib -173 a p r-nm 
titti ">D73 nyniz) nna baN ■jnanioiaa yi»* am vunMM imny iaN 
m73N "pznnTan "naia nn«bi i^n "nan rranb nraiTa a^a*™:-; isTan 
ss'an* N73Ï5 ïb maa mpaîa ^a-w *ib H73N "j-pan ">b? mpa r«<3N ïb 

mpnm 'pÛtffcl ^Jianp"» ^piDJM n«b ïb m73N "Q mtf£73. Dans nos édi- 
tions, il y a quelques variantes, mais elles ne modifient pas le sens du texte reçu (cf. 
Habbiuowicz, Dikduke Soferim, ad loc.) 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cendance, il sera promu au rang de vice-président du Sanhédrin : 
il rejette cette proposition. Il déclare: «J'aime mieux être traité 
de sot toute ma vie, plutôt que de pécher contre Dieu un seul 
instant en troquant mes opinions contre une fonction honorifique.» 

Dans le cours de sa discussion sur la halacha concernant les 
«eaux amères» (cf. Nombres, v, 11-31), Akabia dit que, si la 
femme soumise à cette épreuve n'est pas une juive libre d'origine, 
l'eau n'est pas administrée, tandis que la majorité de ses collègues 
soutenait que, même sous ce rapport, une affranchie doit être traitée 
comme une fille d'Israël née libre. A l'appui de leur opinion, ils 
citent un cas de ce genre où les anciens co-présidents Schemaya et 
Abtalion ordonnèrent l'épreuve précisément à une de ces femmes 
dont Akabia avait dit dédaigneusement : mpttfi fcosvn « ils ont 
fait boire qui leur ressemble ». Telle est sans doute la signification 
de cette parole; elle peut être interprétée comme une allusion à 
une antique légende qui courait sur les deux présidents, suivant 
laquelle eux-mêmes n'avaient pas uniquement des Juifs purs 
parmi leurs ascendants, Gitlin, 57fr; ou encore : « ils lui don- 
nèrent à boire un semblant de boisson amère », ce qui indiquerait 
qu'ils avaient tourné en dérision des institutions rituelles '. 

Cette allusion injurieuse à la mémoire de Schemaya et d'Abta- 
lion, s'ajoulant à l'opposition persistante d'Akabia contre l'opi- 
nion généralement reçue au sujet des quatre points en discussion, 
mit le comble à l'impatience de la majorité et provoqua la sentence 
d'excommunication, le Niddouy, qui fut prononcée contre lui. 

Il supporta avec courage cette sentence jusqu'à la fin de sa vie, 
plutôt que de modifier son opinion, et ainsi il devint un martyr 
volontaire de ses convictions. Cependant avant sa mort, il exhorta 
son fils à se rallier à l'opinion de la majorité, précisément pour 
ces cas de jurisprudence où lui-même avait manifesté une opposi- 
tion si formelle. Comme son fils lui exprimait sa surprise, le doc- 
teur mourant lui répondit : « Moi, j'ai reçu cette tradition légale 
d'un groupe '"pm-itt == de plusieurs), tandis que les autres ont reçu 
la leur d'un autre groupe. J'ai dû me conformer aux traditions 
que j'avais reçues, comme eux furent obligés de se conformer aux 
leurs. Mais toi, tu as entendu cette tradition de moi seul et tu as 
entendu la tradition de mes adversaires — c'est-à-dire d'une mi- 

1 Ainsi Rabad, ad loc. : lit") TÏ1 tPia dïlUJ ^Dtt ÎÏTTH MniYl *Wlb3 

r-np'wm ipn?:i ï-ib îana t^abja «b« ï-rb ipmai naio nbaa 
■pna £-<rw mi»*b bm» nt»n ^ ïrn:i rmnttJ n~npn-b -na 

'"Cl. ('-es 53"i concordent avec la leçon du Yerousclialun Moei A'aton, m, 1, 81 d) : 

s-rmw rr.z- in» mpi»n *-i»si yrzr 1»n. 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 33 

norité et d'une majorité : il vaut mieux rejeter l'opinion d'une 
minorité et se conformer à celle de la majorité. » 

Cette dernière parole d'Akabia : « il vaut mieux, il convient 
davantage, aaitt, de rejeter les vues de la minorité et d'adopter 
celles de la majorité », semble en contradiction avec l'attitude qu'il 
s'était imposée et avec l'importance qu'il attribuait au mérite per- 
sonnel, quand il refusa de recommander son propre fils aux doc- 
teurs, en lui faisant cette remarque : « Ou bien tes propres œuvres 
t'introduiront dans le milieu désiré, ou elles t'en éloigneront. » 
Cette parole ne s'accorde guère avec sa devise essentielle : « Sou- 
viens-toi d'où tu es venu, où tu vas et devant qui tu auras à 
rendre tes comptes 1 .» Un homme qui se laisse diriger dans la vie 
par l'esprit de cette devise ne saurait être un opportuniste allant 
d'une opinion à l'autre; il ne s'inclinera jamaisdevant les conve- 
nances ; d'ailleurs, la suite prouvera qu'Akabia n'a jamais trahi sa 
conscience. Sur ce point nous nous en tenons à cette remarque 
qu'Akabia appréciait pleinement la portée de la devise choisie par 
lui et qu'il l'a mise en pratique, comme l'atteste hautement et 
emphatiquement un personnage non moindre que R. Juda, en 
s'écriant : ïnarû &rap*iB tnbun on ! « Il est impossible qu'Akabia 
ait été mis en Niddouy, car même quand le parvis du temple était 
rempli par la foule, au point qu'il fallait fermer les portes aux 
nouveaux arrivants, il ne contenait aucun homme aussi grand par 
sa sagesse et craignant autant le péché qu'Akabia ben Mahalalel 1 » 

Pour ce qui concerne l'époque où a fleuri Akabia, les savants 
sont divisés d'opinion 2 . Les uns la font remonter au temps de 
Hillel I et d'autres plus haut encore ; d'autres la placent plus 
bas, à la première génération des Tannaïm (10-80) ; certains 
supposent qu'Akabia a vécu sous le patriarcat de Rabban Gam- 
liel II (80-117). Nous nous rangeons à l'opinion de ces derniers 
parce que nous croyons que les circonstances et les incidents 
qui se passèrent dans les écoles de la seconde génération des 
Tannaïm rendaient l'excommunication d'Akabia très opportune et 
très probable. Mais, avant d'expliquer en détail les motifs de notre 

1 Abot, m, i : iffy 5^3 rina pan tanai 'aa binon nwiN ?:"n"2 
p*j imb w»* fins i» ■rç'sbi "jbin nnN "jabi rnsn pso-j an ma* 

'"Û"l *pa\ZJm. Celte devise a dû sans doute provoquer le refus opposé par Akabia 
à l'oflre d'une dignité et lui inspirer cette déclaration : f!u2"l^ JSipïlb "O a^ltà 
'"DT « Il vaut mieux me l'aire traiter de fou. .. » 

8 Pour éviter la nécessité de citer fréquemment les travaux particuliers qui nous 
ont donné l'idée de cette étude, nous en donnons ici la liste : Brull, Mèbo Hamischna, 
I, 49 ; Frankel, Darkè Hamischna, 56; Gans, Cémah David, s. v. Schemaya ; Graetz, 
Gesckichte, IV, 2» éd., 39 ; Heilprin, Séder Haddorot, s. v. ; Jost, Sekten, II, 34; 
Weiss, Dor Dor Vedorschav, I, 176; Zacuto, Youhasin (éd. Filipovsky), 17, 75. 

T. XLI, n° 81. 3 



:;.', REVUE DES ETUDES JUIVES 

opinion, il nous semble nécessaire de passer rapidement en revue 
les arguments principaux qu'on y oppose et, comme Frankel les 
a réunis et en tire cette conclusion que l'épisode dont nous par- 
lons eut lieu longtemps avant l'année 70, nous nous proposons de 
le suivre pas à pas. 

1. Notre Mischna raconte qu'on dit à Akabia : û n *m 'la *p mm 
nttiN rwiiD a Renonce à tes quatre opinions » ; or, après la chute du 
temple, les opinions se multiplièrent et nul n'était inquiété pour 
qu'il renonçât à ses idées; c'est pourquoi Akabia doit avoir vécu 
avant que les discussions des partis devinssent si ardentes et qu'au- 
cune individualité isolée eût encore émis une halacha. — Mais 
ceux qui sont au courant de la littérature rabbinique savent bien 
que les controverses de casuistique ont précédé la destruction du 
Temple, quoiqu'elles ne lussent pas encore ardentes à cette époque; 
on sait, par exemple, que Schammaï défendait ce que d'autres doc- 
teurs permettaient et qu'il se vit obligé par ses adversaires de se 
conformer à leur décision : ïrsn abc: Jptïi "Watt b? vby vwk 
■m» Tuaa b-oanb vby ■nwi hn« rr»a b^vtnb (ffoniiin, 101 b). 
Est-ce que la discussion n'était pas la raison d'être de toutes 
les assemblées savantes en général et du Sanhédrin en particu- 
lier ? En outre, c'est précisément à l'époque de R. Gamliel II que 
fut édictée la règle •pavtiffi "nais riabn ab"#b « La règle est l'opi- 
nion de la majorité » (Edouyot, i, 5 ; Tosefta, ibid., i, 4), et il 
semble, par conséquent, que c'est seulement après que cette règle 
fut instituée, que la majorité a pu dire à la minorité *]a nin « Re- 
nonce à tes opinions. » Nous trouvons, en effet, cette même 
expression encore en usage à la fin du iv° siècle 'nb ^aa 'n] b"K 
antyn Jpî ^jb* avo aa** p aV-j "ja mntn [ana^a (j. Gittin, vin, 7, 49 c). 
Et quand Samuel dit à Rab : jpT ^b? avû aoa p abi [pian m] bas 
anfctt (j. Sabb., i, 7, 3d) « Agis contrairement à ton opinion, sinon 
je te déclarerai rebelle », pouvait-il penser à autre chose qu'à la 
locution *ja Tnn « Renonce à ton opinion » ? Ou lorsque Rabban 
Gamliel répliqua en disant : *pa yntm D"*»» ttna vi» *& aaip* 
npibnttn (Berach., 37 a) «Akiba, jusqu'à quand introduiras-tu ta 
tête dans les discussions? » n'est-ce pas à cela qu'il pensait? Il faut 
noter encore qu'Akabia n'a pas émis ses propres opinions. La 
Mischna dit expressément -p^tt »"a"^, ce qui signifie qu'il a dé- 
claré avoir assisté lui-même à des faits de ce genre ou qu'il pos- 
sédait une tradition sur ces différents cas. Akabia ne pouvant 
avoir été témoin de cas semblables, puisqu'il dit Wtttt "OH «j'ai 
appris », ses déclarations se rapportaient donc à des décisions 
traditionnelles, et ces décisions n'avaient pas pour auteurs des 
individualités isolées, car il dit : "panon n D72 -w^ia ^a» « je 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 35 

l'ai appris de la bouche de ceux qui formaient la majorité ». 

2. « Akabia est nommé sans aucun titre honorifique, comme 
tous les autres prédécesseurs de R. Yohanan b. Zaccaï ; or, 
le titre de im étant devenu d'usage courant parmi les doc- 
teurs de la période de la Mischna , après la destruction du 
Temple % il y a lieu d'en conclure qu'un docteur aussi distingué 
que Tétait Akabia, qu'on avait jugé digne d'occuper les fonctions 
de vice-président du Sanhédrin, n'ayant pas même été gratifié 
du titre de Rabbi, doit avoir vécu avant que ce titre ne fût mis en 
usage, c'est-à-dire avant la chute de Jérusalem. » — Mais Akabia 
n'a-t-il pas pu avoir été privé du titre de Rabbi en vertu de la sen- 
tence d'excommunication sous le poids de laquelle il vécut et mou- 
rut 2 ? N'y eut-il pas, d'ailleurs, des docteurs éminents qui vé- 
curent postérieurement et qui ne portèrent pas le titre, alors usité, 
de Rabbi? Dans ce même traité où l'on rapporte l'incident que 
nous étudions, la Mischna cite plusieurs docteurs ayant une auto- 
rité reconnue en matière de loi traditionnelle, sans leur attribuer 
aucun titre {Edouyot, vu, 8; vin, 5) ; de même, plusieurs docteurs 
de l'époque de Rabban Gamliel sont mentionnés sans aucun titre. 
Parmi ceux-ci, il faut nommer Nahum de Gimzo, connu comme 
ayant été un des maîtres d'Akiba. 

3. « D'ailleurs, on cite une autre Mischna (Negaïm, v, 3) prou- 
vant que la contestation d'Akabia était vraiment ancienne. Nous y 
lisons : ma rrntt ampy n"a ptida tr^m wnvn ri'l'y ïrnpa w 
ïwip» Çfta las *ynri *p &rap* nai na nVaaiD ûiw ib nfcK... Akiba 
disant son opinion sur la discussion d'Akabia avec les docteurs, 
il en résulte que cette discussion précéda de beaucoup la déclara- 
tion approbative de R. Akiba. » — Mais, dirons-nous, comment 
cela prouverait-il que la discussion d'Akabia fût antérieure et non 
contemporaine? Il nous semble que, si cette Mischna prouve quelque 
chose, c'est que l'approbation par Akiba de la déclaration d'Aka- 

1 Cf. Arouch, s. »., iina ; m ÎH3?12 TimNtt trblttO» binnfi 131 r|M 

■jbnbT i*oï in larm pn iTabn» nmn aizm — sifrè (Nombres, §7), 

Tosefta Edouyot, u, 9, Maïmonide (Com. sur Edouyot, v, 6) donnent à Akabia le 
titre de *0,% Comme le passage de Tos. Ed. se retrouve ailleurs [Tos. Bechor,, n, 
19 et Babli, ibid., 26 b) et ne lui attribue pas ce titre, il est évident que la présence 
de ce titre dans celte Tosefta est le résultat d'une faute de copiste. On peut dire la 
même chose des deux autres citations, puisque nulle part ailleurs Akabia n'est 
nommé "O*"). 

2 II existe un principe rabbinique que le chef d'académie ne peut pas, s'il a été 
frappé, revenir à son poste : nnfi 131N1 iniN Tpbïï im^tt "ON"! 
*D1 innittîb (Maïmon., H. Sanh., xvn, 9. Cf.j. Sanà, n, 1, 19 d). — Dans le 
cas qui nous occupe, quoique Akabia n'ait pas encouru la peine de la flagellation, 
la Mischna dit expressément : "î^l^lN DK 1"3 ibpDI VV133 M731 « H mourut 
en état d'interdit » ; par conséquent, il ne lut jamais réhabilité. 



3G REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

bia était contemporaine de la discussion d'Akabia. Cette discussion 
était encore fraîche dans la mémoire des docteurs, et quand Akiba 
avoue qu'il approuve la déclaration d'Akabia, on l'avertit que son 
vote ne changera rien au résultat : « Gomme la majorité a vaincu 
Akabia, ainsi ton opinion ne l'emportera pas sur l'opinion opposée 
de la majorité, w II semble, en outre, que, si la discussion d'Aka- 
bia avait eu lieu depuis longtemps et que si la question avait été 
réglée, R. Akiba n'aurait pas dit « je l'approuve en ceci », car il 
aurait su que cette question avait précisément contribué à l'ex- 
communication d'Akabia. C'est pourquoi nous croyons que cette 
discussion était encore ouverte, que le cas de ïmpB n^ia, qui est le 
premier des quatre cas énumérés dans notre Mischna de Edouyot, 
venait précisément d'être discuté et décidé contre Akabia et que 
c'est à ce sujet que R. Akiba déclara qu'il l'approuvait, ce à quoi 
on lui répondit : « De même qu'on a repoussé l'opinion d'Akabia, 
on repoussera la tienne. » S'il en était autrement, si Akabia avait 
déjà été excommunié, on aurait donné à Akiba un avertissement 
tout différent : on lui eût dit : « On t'excommuniera comme on a 
excommunié Akabia. » 

4. L'argument le plus fort à l'appui de l'ancienneté de la dis- 
cussion est tiré de notre Mischna de Edouyot elle-même. Frankel 
observe à ce sujet : R. Juda dit, dans cette Mischna de Edouyot, 
qu'il est impossible qu'Akabia ait été excommunié, car le parvis 
(du temple) ne se fermait devant aucun Israélite aussi savant et 
considéré que Akabia. Or, ce R. Juda ne peut être que R. Juda b. 
Betèra, plus ancien qu' Akiba. Pour prouver que le R. Juda de 
notre Mischna est R. Juda ben Betèra, on cite le passage suivant 
du Sifrè (Nombres, § 105) : n» "jrvb yw "-ftna NTnn p t tv t v 'n 

*ù2ixv i» V^t i-ia fmb Tnn "pria wsna "wk© ^ bs Yamm 

!T73na I2"i"y « R. Juda ben Betèra dit : celui-là devra rendre compte 
de ses paroles qui prétend qu'Aron a été frappé de la lèpre . . .et 
qu'Akabia a été excommunié. » Nous avouons que cet argument a 
beaucoup de force, mais il n'est pas décisif. Il n'est pas prouvé 
d'une manière incontestable que R. Juda ben Belèra soit l'auteur 
de cette expression « le parvis ne se fermait, etc. » Qu'il en doit 
être ainsi parce que le Sifrè cite son nom et, parce que ce passage 
du Sifrè est confirmé par un passage parallèle du Talmud (Sabb., 
97a), cela ne supporte pas un examen approfondi, car : 1° si le 
Sifrè est corroboré par un passage parallèle, notre Mischna l'est 
par deux (Ber., 19 a, et Pes., 64 b) ; 2° quelques manuscrits et 
quelques éditions anciennes du Talmud portent R. Yosé au lieu 
de R. Juda (cf. Rabbinowicz, Uktl. Sof. % in Ber., ibid.)\ 3" la re- 
marque du Sifrè relative à Akabia n'est pas dans le passage parai- 



AKABJA ET SA GÉNÉRATION 37 

lèle du Talmud 1 . Même en admettant l'identité proposée, on ne 
peut découvrir la nécessité de croire que c'était R. Juda ben Be- 
tèra de la première génération des Tannaïm. Rabbi Juda ben 
Betèra que l'on trouve ailleurs en conversation avec R. Akiba 
était sans doute celui qui nous apparaît comme le contemporain 
plus jeune de R. Eliézer [Negairn, ix, 3 ; ib. t xi, 7) et comme l'aîné 
de R. Josia, comme le disciple de R. Ismaël (Sîfrè, Nombres, § 123 ; 
Deut., §218). Il ne serait pas sérieux d'objecter que, si Akabia 
n'a pas vécu avant la destruction du Temple, l'expression « le 
parvis » formerait un anachronisme, car de pareils anachro- 
nismes, comme le savent tous les lecteurs du Talmud, ne sont pas 
rares, telle, par exemple, la réponse de R. Yohanan : « l'heure 
convenable pour l'office de clôture du Jour des Expiations, c'est 
le moment de la fermeture des portes du Temple » ïib^a arn tv^s 
teti ■nsna nlr^n (j. Ber., iv, 7 c, en haut). 

5. « C'est vraisemblablement à la fin de la vie de Hillel et après 
la mort de Schammaï qu'Akabia a refusé de devenir vice-pré- 
sident, car il y avait alors vacance de cet emploi et on voulait y 
mettre Akabia. » — Mais il y a eu également des vice-présidents 
aux époques postérieures, comme R. Eléazar ben Azaria, sous le 
patriarcat de Rabban Gamliel II 2 , et R. Nathan sous celui de Rab- 
ban Simon ben Gamliel (j. Ber., IV, 1 d ; b. Horayot, 13&). En 
outre, l'exemple cité par les adversaires d'Akabia, rrwi^a iwyn 
trbunTa ttrpîitû s-mmuyn ^insu) « Il arriva à Karkemit qu'une 
esclave affranchie qui était à Jérusalem », prouve que la dis- 
cussion d'Akabia n'a pas eu lieu sous le patriarcat de Hillel, car 
Hillel vivait à Jérusalem et une controverse aussi grave que celle 
qui concernait un vice-président éventuel du Sanhédrin lui au- 
rait été sans aucun doute soumise. L'indication du nom de l'en- 
droit où ce cas se serait passé, à Jérusalem, eût été, par consé- 
quent, superflue. 

De la négative, nous allons maintenant passer à l'examen de 
l'affirmative, aux raisons pour lesquelles, d'après nous, Akabia ap- 
partiendrait à la seconde génération des Tannaïm, contemporaine 
du patriarcat de Rabban Gamliel II. 

1. Gomme tout effet naturel doit être précédé d'une cause 
naturelle, ainsi chaque phénomène historique doit avoir été 

1 Brùll rejette aussi l'identification du R. Juda de notre Mischna avecR. Juda 
ben Betèra et donne de nombreux motifs à son opinion. Cf. aussi Bâcher, Agada d. 
Tannait en, I, 383, note 3. 

2 Quoiqu'il ait été d'abord un adhérent de la théorie de l'ancienneté de cette con- 
testation, Brùll [Mèbo Ram., I, 271) a admis plus tard qu'il est néanmoins po:?sitne 
qu'Akabia ait vécu à l'époque d'Eléazar ben Azaria. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

précédé de quelques incidents qui ont préparé la scène pour ce 
phénomène. Or, si on examine avec soin l'histoire de l'époque de 
la Mischna, depuis l'époque de Schemaia et Abtalion jusqu'à colle 
qui suivit immédiatement la chute de Jérusalem, on ne trouve 
aucun moment où les circonstances aient pu nécessiter une scène 
comme celle qui est décrite dans notre Mischna, où les guides 
spirituels transformèrent le Sanhédrin de Jamnia en cour d'arbi- 
trage et entreprirent la composition d'un code fondé sur des 
témoignages authentiques. 

Les discussions entre les disciples des deux grandes écoles 
de II i 11 e 1 et de Schammaï, qui avaient été interrompues pendant 
quelque temps par les malheurs de la guerre et par les conséquences 
politiques et économiques qui la suivirent immédiatement, recom- 
mencèrent avec plus de force et produisirent de telles divergences 
dans la doctrine et dans la vie pratique qu'il devint proverbial de 
dire : « La Loi unique s'est changée en deux Lois » : ïTmn to*: 
rrmn viiûS (Sota, 47 & ; j . Sanh., i, 7, 19e). En effet, il y avait 
des indices évidents d'un prochain avenir où Ton chercherait 
vainement des décisions claires, puisqu'une autorité contredit 
l'autre : nna ûip*n ïrrro r^rai ïTTTO i-obrt m)F aVa (Sabb., 
1286). Pour empêcher des éventualités si fâcheuses, le Sanhédrin 
de Jamnia ! proposa de reviser tous les pointa discutés, en enten- 
dant le témoignage de ceux qui avaient assisté personnellement à 
la célébration des cérémonies à l'époque où l'accord existait pour 
les choses rituelles, ou qui possédaient des traditions dignes de foi 
au sujet de ces cérémonies ou des lois en général ; il proposa de 
faire peser ces témoignages et de faire déterminer dans quelle 
mesure ils devaient s'appliquer pratiquement dans le présent et à 
l'avenir, par un vote de la majorité : la décision prise devait être 
définitive et irrévocable, et devenir obligatoire pour toutes les 
parties, pour tous les lieux et pour toutes les époques. 

Cette proposition ayant reçu l'approbation générale, le Sanhé- 
drin procéda à l'audition de3 témoignages (Edouyot). Tout sem- 
blait devoir bien marcher ; la réalisation de l'entente et de l'union 
paraissait devoir se faire aisément, lorsqu'un élément de dis- 
corde apparut en scène : Akabia refusait de renoncer à certaines 
traditions ! D'autres aussi avaient des traditions divergentes, mais 
dans l'intérêt de la cause, ils se soumirent à la décision de la ma- 
jorité. Akabia seul refusait avec fermeté. Dans l'intérêt du but 

• topa» SHN l-nif» ïfrn* -n?:N !-t:to b-ûb trfcsn 10335©» 

iKttiiiai bbïua burina i-je» Yvanb ï-wn rmn "nana W nït t^b'o 

"D"l. Tos. Edouyot, i, 1. Cf. Talmud, Sabb., ibid^ 



AKABIA ET SA GÉNÉRATION 39 

important qu'on poursuivait, on le supplie, on lui fait des offres 
séduisantes pour le décider; on lui oppose des décisions contraires 
émanant de Schemaya et d'Abtalion : tout est inutile. Il refuse 
avec dignité les offres et il se moque des précédents qu'on lui cite. 
Le Sanhédrin de Jamnia alors prononce contre lui l'excommuni- 
cation l . 

2. Cette époque, celle de la seconde génération des Tannaïm, 
n'est pas seulement celle qui convient à la scène qu'on connaît, mais 
Rabban Gamliel II est aussi le personnage le mieux choisi pour 
être acteur dans ce drame. N'a-t-il pas excommunié Eliézer ben 
Hanoch pour avoir plaisanté au sujet d'une loi cérémonielle, pîtpzw 
tPT S-niiE» (Edoayot, v, 6)? Il excommunie aussi Yosé ben Tad- 
daï à cause d'attaques facétieuses qu'il s'était permises au sujet de 
l'application du raisonnement a fortiori-. Il excommunie même 
son propre beau-frère, R. Eliézer le grand, à cause de son opposi- 
tion contre la majorité (Baba Meçia, 59&) ; il menace R. Akiba 
d'un traitement semblable (j. R. Hascliana, i, 6, 57 &), et, à deux 
reprises, il humilie publiquement son collègue R. Josué ben Hana- 
nia (Berachot, 27&). La raison qui le poussait à ces mesures 
radicales était son ardent désir d'établir l'accord et de le main- 
tenir. Il s'excuse en disant respectueusement : awi "nba ^'ro'ni 
ah® "p-ûDb aba ^rrw aaa knra TO3b sbi vtw ^tsA abtt '■psb 
bîoura r-ipibnio iin-i" 1 (B. M., ïbid.) « Tu sais que je n'ai pas agi 
dans l'intérêt de ma considération ni pour celle de ma famille, 
mais pour la tienne (Dieu), afin que ne se multiplient pas les dis- 
cussions en Israël ». Il n'y avait que lui pour oser excommunier 

1 Ce fut sans doute vers cette époque, aussitôt après l'excommunication d'Akabia, que 
R. Josué b. Hanania refusa d'émettre une opinion sur une question de droit matri- 
monial. Comme on lui demandait l'opinion de qui devait prévaloir, il répondit ^jtl2 

mnbïtt mpnbrra "pn D^biis tD-nrr 'a "pn ^sn fcpo^Stt nna rm 

inbib'JI im-p i>t*]U5 158 N^in« J-I"n *pm ^"3 pa « Pourquoi vou- 
lez-vous me faire entrer la tête entre deux montagnes, dans le conflit qui règne 
entre l'école de Sehammaï et celle d'Hillel ; je crains qu'on ne me brise ie crâne » 
[Yebam., 15 b). — Dans d'autres occasions, nous le voyons donner des réponses di- 
rectes sur des questions rituéliques, même là où il sait que ses réponses ne sont pas 
d'accord avec celles du Nassi (cf. Ber., 27 b), et ici il se montre si réservé et si ti- 
moré! La raison de ce changement d'attitude est sans doute le fait qu'il avait été té- 
moin de la perturbation créée par l'obstination d'Akabia, persistant dans ses opinions 
opposées à celles du Nassi, qui était le représentant de la majorité au pouvoir, et 
qu'il avait assisté à son excommunication ; de là sa réserve et sa circonspection. Au 
souvenir de l'excommunication infligée à ce docteur, il s ; écrie : • Je crains qu'on ne 
me brise le crâne », paroles qui traduisent un sentiment d'amertume contre la majo- 
rité et les mesures qu'elle a prises. 

2 TittîN n£ bîobm p*i hN wn p iûv '-i baia rtbm "u 
pi i3iN i-n Tioa ^aiD una k-\iï>« nnna *ïidn *a« m nrna rjwa 

'3 '"1 1ÏTT31 ... onm ""HON ÏTTIKUJ. Derech Ereç, i. Cf. Yalkout, sur Lév., xxi, 
14 (§ 631). 



40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

un homme tel qu'Akabia. Environ deux siècles plus tard, R. Josué 
ben Lévi trouvait dans l'histoire de toute la période talmudique, 
depuis l'époque des Macchabées jusqu'à son temps, vingt-quatre 
cas où l'on avait prononcé l'excommunication ou simplement me- 
nacé de la prononcer, à cause d'offenses du genre de celle d'Aka- 
bia l . Un nombre considérable de ces cas, comme nous venons de 
le voir, datent du patriarcat de Rabban Gamliel II. Il n'y a donc 
pas à douter que c'est Rabban Gamliel, plutôt que tout autre prési- 
dent de Sanhédrin, qui a osé prendre des mesures aussi rigoureuses, 
et il est certain pour nous que lui seul a pu excommunier Akabia. 
3. Notre Mischna porte encore : R. Juda dit : « Ce n'est pas Aka- 
bia qui a été excommunié, mais Eliézer b. Hanoch. » Que R. Juda 
dise vrai ou qu'il se trompe en contestant l'excommunication d'Aka- 
bia — la Mischna dit explicitement à ce sujet qu'il mourut encore 
dans son état d'excommunication — ce n'est pas une raison pour 
douter de son assertion positive et indiscutée au sujet de l'excom- 
munication d'Eliézer ben Hanoch. De plus, il est évident que R. 
Juda veut parier du même Sanhédrin qui a excommunié Akabia 2 , 
sans quoi la mention de l'excommunication de R. Eliézer dans ce 
passage n'aurait pas de raison d'être. Ceci posé, il suffit de 
jeter un regard sur l'époque de l'établissement des règles concer- 
nant û->T rhiiû, pour déterminer l'époque la plus reculée où aurait 
pu exister le Sanhédrin qui a prononcé les excommunications, 
c'est-à-dire l'époque où l'on ne pouvait encore avoir encouru de 
châtiment pour avoir plaisanté au sujet de cette loi. Cette loi est 
une excroissance des c< dix-huit mesures » ; elle fut établie au 
temps où « après comptage, l'école de Schammaï l'emporta sur 
celle de Hillel » ii"n h$ E M a nnTi "littn vipTi £tfiû (Sabb., i, 4 ; To- 
sefla, ibid.y i, 16); si nous consultons le ïalmud sur l'époque du 
trr 1 mrra (Sabb., 14&), nous trouvons que l'établissement définitif 
de cette règle est postérieur à Hillel et Schammaï nVi Tin W&TTW 
tT^tt ibripi vrn W'rabn Tn«l W^lo "ibnp. Or, puisque le San- 
hédrin qui excommunia Eliézer ben Hanoch trr rffltaa pzyw est 
identique à celui qui excommunia, ou n'excommunia pas, selon 
R. Juda 3 , notre Akabia, la discussion d'Akabia ne peut être 

1 nsroiBtta irra tob-oi mn Tins by "p-ra T'a m Bip Ta n"M 

(Ber., 19 a). C'est ainsi que Margoliouth, Com. sur Schéeltot (90, note 2), interprète 
justement ces mots. 

• Brull, tout en acceptant la théorie du Meïri, qui fait d'Akabia un contemporain 
plus jeune de Schemaya et d'Abtalion, admet néaumoins l'identité du Sanhédrin qui 
a excommunié Akabia avec celui qui a excommunié Eliézer b. Hanoch. L'adoption 
de cette opinion l'oblige aussi à admettre qu'il est improbable que la scène d'Akabia 
se soit passée du temps de Hillel. 

3 La Mischna, dans le cours de ce passage, rapporte certaines conversations entre 



AKABIA ET SA GENERATION 41 

placée avant l'établissement des « 18 règles » c'est-à-dire à 
l'époque de la première génération des Tannaïm. Mais la première 
génération des Tannaïm n'est pas celle avec laquelle cette scène 
puisse cadrer. L'excommunication était une mesure trop douce 
pour cette époque et contraire à la politique des Schammaïtes, 
qui usaient d'une violence extrême, comme on le sait (nin n^a 
1 ""DT «ati btf tf^vm Daw D235M vïek imitttt *tm). Assurément dans 
de pareilles circonstances, une proposition comme celle qui fut 
faite à Akabia était impossible. D'autre part, dans la seconde gé- 
nération des Tannaïm, lors de la réunion des Edouyot, une propo- 
sition de ce genre est aisément admissible et se trouve parfaite- 
ment conforme à la tentative faite pour établir une entente. 

4. Non seulement toutes les circonstances militent en faveur de 
l'hypothèse qui fait vivre Akabia dans la seconde génération des 
Tannaïm, mais une preuve directe établit qu'un contemporain 
plus jeune de Rabban Gamliel II était parmi les adversaires 
d'Akabia. C'est le passage suivant : 3"n&o la^tt ©Vino diïï hii ^voa 
ïma w '-) nttt* m'p-ionix traam n*™ babbma p amps n» 
«bm Ntttaaiï) hy npbro na ba> ,„ima \$ïïrw îtd Knsbti nsn 
•pioia b^^m *vnn babbïitt p an^panu ntt 5"n&n nattr* (Tos. 
Edouyot, ii, 9 ; Tos. Bekh., n, fin; Belïh., 26&). Cette discussion 
est une de celles qui déterminèrent une rupture entre Akabia et 

Akabia et son fils, sans citer toutefois le nom du fils. Ce nom, quel était-il? J'ose 
émettre l'hypothèse que ce nom était Hanania, et que celui-ci était lui-même un con- 
temporain de notre R. Juda qui défend si ardemment la mémoire d'Akabia. Une 
baraïta (Moed Kat., 21 a) dit : "wb^N n3 ÏTlW '") bU3 las ÏHttl ÏTS5?tt 

rrasa sot e-^ap* p maan '—1 oa:aai i2m:arj r-pnb oaaai 
p:mnb t^np* p r-naan 'm t^np? p fc-naan 'ib r>nn ranbn 

Û^Slb a^ft^ïl *païmn!-n « A. la mort de son fils, R. Juda b. liai alla à 
l'Ecole en même temps que Hanania, fils d'Akabia, qui s'assit près de lui. R. Juda 
parla bas à Hanania, fils dAkabia, qui répéta ses paroles au Tourgueman, lequel les fit 
entendre au public. » Le même R. Hanania b. Akabia est en discussion avec le même 
R. Juda au sujet de l'expression exacte d'une déclaration faite par Rabban Gamliel 
[Ketoub., vin, 1). Or, comme dans toute la liste des Tannaïm, nous ne trouvons d'autre 
Akabia qu'Akatra ben Mahalalel, il semblerait probable que R. Hanania b. Akabia fût 
le fils de cet Akabia. La parenté de R. Hanania avec cet Akabia expliquerait le vif 
intérêt avec lequel R. Juda défend la mémoire d'Akabia. R. Hanania et R. Juda — 
comme il résulte clairement de notre baraïta — étaient des amis intimes et, en pré- 
sence de l'opinion alors généralement admise d'après laquelle il était mort en état 
d'interdit, la protestation emphatique de R. Juda contre une pareille possibilité 
peut s'expliquer par son amilié pour le fils d'Akabia. Si l'on admet cette parenté 
entre Akabia et R. Hanania b. Akabia — et il n'y a aucun motif pour la repousser 
— il en résulte évidemment qu'Akabia ne peut avoir vécu avant la seconde généra- 
tion des Tannaïm (80-117), puisque son fils était contemporain de R. Juda de la 
quatrième génération (139-165). 
1 Sabb., lia.— Le Yerouschalmi [ib., i, 7, 3c) dit : s-OiaiN 3>Ui"llTP '"1 t^îan 

•jï-îtt rata ^an n"a ^nabna ■pamn vî-n !rj?abtt "pb -n»? u>"3 vpnbn 
ûTraïai rma-ina ïiiï? iwam "iba>. 



/j2 revue des études juives 

ses collègues; or d'après R. Yosé, son propre père, R. Ilalafta, 
prit part" à la discussion, Akabia était donc son contemporain 1 . 
On sait que ce R. Ilalafta acquit de l'autorité dans la troisième 
génération des Tannaïm, après la mort de Rabban Gamliel II. 

En réunissant tous ces arguments, nous nous croyons complè- 
tement en droit de nous rallier à l'opinion de ceux qui placent 
Akabia à l'époque de Rabban Gamliel II, à la seconde génération 
des Tannaïm. Cette .conclusion nous fournira un indice pour dé- 
terminer l'identité des maîtres d'Akabia, et réciproquement 
l'école qu'il fréquenta indiquera l'époque de son activité. Le fait 
qu'il a eu des maîtres ou qu'il a fréquenté quelque école est hors 
de doute : n'est-ce pas ce qu'il faut entendre par son expression : 
« Je l'ai appris de la bouche de ceux qui formaient un groupe » 
Yynvn ^n wtt» ^k. Ces -pn-n» doivent désigner une école pour 
ce cas 2 , comme ils le désignent pour ses adversaires. Mais quelle 
était cette école ? Il faut chercher la réponse dans la constitution 
du Sanhédrin qui l'excommunia. 

Une tradition rapportée au nom de Samuel établit que, Bet- 
Schammaï et Bet-IIillel ayant discuté sur certains points pen- 
dant trois ans, et chaque parti prétendant avoir raison dans son 
interprétation de la Loi, enfin un Bat-Kol vint proclamer que 
l'opinion de chacune des deux écoles provenait d'une inspi- 
ration divine et que néanmoins la vérité était avec Bet- 
IIillel. Ce Bat-Kol se fit entendre à Jamnia 3 , où le Sanhé- 
drin, présidé par Rabban Gamliel II, essayait de supprimer la 
scission entre les deux grandes écoles. Ce Bat-Kol, c'était la 
voix de la majorité des Hillélites que dominait la minorité des 
Schammaïtes, et Akabia, appartenant évidemment à la minorité, 

i En parlant de R.Halafta et en se référant à cette baraïta, Weiss [ibid., II, 122) 
remarque qu'au témoignage de R. Yosé, son père était parmi les adversaires d Aka- 
bia ce qui fournit un indice pour l'époque d'Akabia. 

» Evidemment Weiss prend le terme tPir™ dans le même sens que lorsque, son- 
geant à cet expression, il dit qu'au temps d'Akabia il y eut une discussion entre 
groupes différents sur ces points. ^ . 

s Le Babli [Eroub., 13 b) ne nomme pas exactement le lieu. Il dit : Q^O ET^D 

robn a-naiN ibbm wro» i-obrt tn-im» ibb* rrm «5"a v^™ 

ri ^- n „ 1 ..-. Qvin ^-?k -nm nbfin nba m»«i p"s ï-rnati lam^a 

Ifas! Mais le Yerouschalmi [Ber., i, 7,3 6) parle à ce propos de Jamnia : Wl 

ï-i"a=i r»bn ba« tr-n mù* *m îVwi ib^K nwn p w a ™*' 1 
p-n r-aer» mara pim n tznaa -mx wa *n p"^ n«2F p*. 

Graetz (»$»<*., 424), dont l'analyse de ces passages m'a aidé matériellement pour ar- 
river à la conclusion exposée dans ce chapitre, remarque avec justesse que 1 excla- 
mation de r. Josué, bip naa waran r» ' on ,,e lient P a8C0m P l « du bl1 " 

Kol . s'applique au même Bat-Kol qui s'est tait entendre a Jamnia et reuierrae une 
protestation générale contre la rè^le d'après laquelle les opinions de Bet-HUlel 
font loi. 



AKAB1A ET SA GÉNÉRATION 43 

était, par conséquent, un disciple de Bet-Schammaï. — Par contre, 
les écoles de Schammaï et de Hillel étaient les successeurs des 
maîtres illustres dont elles portaient respectivement le nom. Ces 
écoles continuèrent leurs ardentes discussions pendant l'époque 
de la première génération des Tannaïm et même encore quelques 
années après, jusqu'au jour où le Bat-Kol se prononça en faveur 
des vues des Hillélites ; et comme le témoignage d'Akabia fut pro- 
duit dans le cours des efforts faits à Jamnia pour provoquer ce 
Bat-Kol et amener une réconciliation, tout cela sous la présidence 
de Rabban Gamliel II, Akabia doit avoir été contemporain du 
même Rabban Gamliel. 

C'est seulement en admettant cette hypothèse concernant à la 
fois l'époque et l'école d'Akabia, qu'on peut expliquer d'une ma- 
nière satisfaisante l'exhortation d'Akabia mourant : « Il vaut mieux 
rejeter l'opinion de la minorité et adopter celle de la majorité. » 
En apparence, ces paroles sont une concession aux convenances, 
mais un homme aussi conservateur et aussi scrupuleux que celui 
qui refusait la vice-présidence du Sanhédrin pour obéir à sa 
conscience et qui déclarait préférer être taxé de folie que de se 
parjurer devant Dieu, ne renoncera pas sur son lit de mort aux 
principes soutenus durant sa vie entière pour s'incliner devant 
les convenances. Une étude des règlements en usage dans le 
Sanhédrin de Jamnia prouvera qu'Akabia, en conseillant à son 
fils de se rallier à la majorité, n'a pas fait le sacrifice de sa 
conscience. 

Le Sanhédrin de Jamnia mit en pratique la règle que la loi doit 
toujours être interprétée conformément à la majorité [Edouyot, 
i, 4), ou bien, selon la version plus usuelle : ndbl-i dwi TW 
&sro « quand une minorité et une majorité sont en désaccord, 
l'opinion de la majorité prévaut * ». Sous la présidence de Rabban 
Gamliel et dans l'état de choses qui existait alors, cette règle vou- 
lait dire que l'opinion des Hillélites était souveraine. En effet, on en 
vint bientôt à dire : nwa !ir>tf n"i ùipttn i»"n : « là où Bet-Scham- 
maï est contredit par Bet-Hillel, l'opinion de Bet-Schammaï ne doit 
pas être considérée comme faisant partie de la Mischna » et, par 
conséquent n'est pas obligatoire (Ber., 36&). Naturellement une 
telle loi répugnait à la minorité composée de vétérans Scham- 

1 Cette maxime, qui est souvent citée dans les discussions rabbiniques (Ber., 9 a ; 
Sabb., 60b, 130 5), était enseignée par Rabban Gamliel lui-même; c'est ainsi que le 
Talmud rapporte (Ber., 37 a) : ^b^ ^HttlwN 5"*) tWaïl ftfruDtt N1HÏÏ b2 

t-nizn V'i inai ...î-nD*7ai tfibra yyn nna !"D*o N"am f-vû-na 
iy *<:np* V-i b"a mbia •pjE mriN nmn y"i "pm y»Dp '3>'nb 
T>m la^ai •wmttb ,..b"K mp-ibnttn *pa -j^Nn o^d» î-infc vi» 
tzprrp ï-Dbn ûwi. 



\\ REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

maïtes et leur semblait excessivement humiliante. Ils se trouvaient 
simplement mis ainsi hors la loi et ils estimaient qu'en réalité, 
une soumission aisément acceptée leur vaudrait d'être considérés 
comme des lâches. Elle leur imprimerait le caractère d'anciens 
dissidents, en même temps qu'elle ferait rejaillir du déshonneur 
sur leurs vénérés maîtres et prédécesseurs. C'est pourquoi la 
conduite d'Akahia provoqua tant de bruit. C'est pourquoi aussi 
il aima mieux accepter l'excommunication, en restant fidèle à ses 
traditions et aux opinions conséquentes à celles-ci, que de recevoir 
le poste de vice-président du Sanhédrin comme récompense de 
son désistement. Car, à vrai dire, Akabia n'avait pas avancé sim- 
plement des opinions individuelles ou des opinions d'une minorité, 
il avait rapporté des décisions traditionnelles. Dans le cas pré- 
sent, « renonce à ton opinion » signifie, non pas simplement « re- 
nonce à une opinion », mais « renie tes traditions », et cela, sa 
conscience ne le lui permettait pas. Dans la suite, cette loi néfaste 
fut modifiée en ce sens que, tandis qu'on accordait la validité ex- 
clusivement aux opinions de Bet-Hillel , on laissait encore au 
choix individuel de suivre la doctrine de Bet-Hillel ou celle de Bet- 
Schammaï 1 . Cette modification satisfaisait les Schammaïtes; les 
deux écoles ayant accepté la convention que, dans la pratique, les 
doctrines de chacune pouvaient être préférées, Akabia pouvait, en 
toute conscience, s'incliner devant la loi de la majorité. Durant 
ces débats Akabia était devenu probablement trop âgé pour chan- 
ger d'opinion ; quoi qu'il en soit, la Mischna rapporte l'incident, 
en observant qu'il prononça ces paroles à ses derniers moments. 
Il n'en est pas de même de son fils. Celui-ci était encore un jeune 
homme. En ce qui concerne les quatre questions qui avaient pro- 
voqué l'excommunication d'Akabia , il avait jusqu'alors adhéré 
aux opinions de son père et sans doute il aurait aimé continuer à y 
être fidèle, même après la mort de son père. En mourant, celui-ci 
lui donne le conseil de se ranger à Topinion de la majorité. 

S. Mendelsohn. 

Wilmington. 

• mon* *waia ma iwb nwb «mm ^"n -nana rûbrt fcaVofc 

, w mv y^ n , 3 nra [Erub., 6ft; cf. 77». Yebam., i, fin; Tos. IBdouyot, 
ii, 3). Graeiz reconnaît dans cette modification un compromis consenti par les lhlle- 
listes pour apaiser la vive résistance des Schammaïtes. 



TANHOUM YEROUSCHÀLMI 

ET 

SON COMMENTAIRE SUR LE LIVRE DE JONAS 

(suite et fin *) 
APPENDICE 

TANHOUM YEROUSCHALMI ET MOÏSE IBN CHIQUITILLA. 

J'ai déjà parlé, dans mon travail sur Ibn Chiquitilla, des rap- 
ports entre cet auteur et Tanhoum - ; je me propose d'apporter ici 
quelques renseignements complémentaires et quelques corrections 
à mon étude d'après divers manuscrits. Tout d'abord il est à re- 
marquer que Tanhoum cite Ibn Chiquitilla, non à propos de Koh., 
vin, \, et x, 17, mais sur ix ; 12, et x, 17. Dans le second passage, 
il s'agit bien, comme je le supposais, des formes comme imia» 
(Prov., xxix, 19), etc. ; dans le premier il est question des formes 
b3N, nj>b, etc. Je donne ici les deux passages in extenso, d'après 
le ms. d'Oxford ; le premier est ainsi conçu : 

ia« bapi Htse iin raipi ns73 Sii» 1-0107353 pp-im» ta^pm 
rtaw» *jn i^bba qnn aana an«£ à-nna tjTiyttbN t^m r^naT 
ï-raom bi^D 0<]rw«*?3i b^is ni ib* n&ù t^np/abat ->d âNsbN 
mpb n*h ^ n «?2 rtpnb im« i-Knn tDao Snaa n-n Saia im^n 
laa *ïan ta^uîip^ t-i5«^7a trwpv taro nivs t-p num S:m 
ï-tdn bap ib'na -i*ab ma^ r-773 tn inpnfiô rittba serras» nNiï 
Sia Tfcnsi n> r^rrbN ^ ^ap nawi Sni73id 'n r^aan mb^n nn 1 

1 Voir Revue, t. XL, p. 129. 

1 Jï/ostf ô. Samuel Hakkohen ibn Chiquitilla (Leipzig, 1895), p. 62. 



l6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ûoba ■'iaa b?D ihd Sfinnto »^pnn r-ibbinri w?i Snw t^s 
pi n?n-s t-in: k \ b«p ribapà p Sn»n 'n f^to Snpnow 
1^2 ^bi -o* annal PWifc r<n:?3 àia» **»5K1 nbvn Kinbttâ 
Skjdk nbvn npnbi ^aïKi trttpv t^*n "vot ^*d jtww 
Sria nbnn rrpn ï»a-i ûbnn Si a rnrw ^ pn«b« \m ^ 

,r-,Tw"p t^ïi ï-nainai 

« tnttpv signifie : « être enserré dans des liens », comme ttlp^ 
(Ps., xci, 3); c'est un adjectif Suivant 'Aboû Xakarya Yahya, 
connu sous le nom de Ilayyoûdj, auteur du Kitâb houroûf al-lîn, il 
y a dans la Bible quatre mots qui sont construits sur le paradigme 
fuirai, mais qui ont le sens de fa'oûl, ce sont : b5K (Ex., m, 2), qui 
a le sens de bw«, njpb (II Rois, n, 10), qui a le sens de wpb, 
nW» ^Prov., xxv, 10), qui a le sens de ïlW», et û^çp 1 (Koh., ix, 
\i), qui a le sens de D^Wip^ A ces quatre mots, lbn Djanâh eu a 
ajouté un cinquième : *l)vft (Juges, xm, 8), qui a le sens de 
"nb s n. R. Samuel ha-Naguîd soutient que le n, dans ce mot, est à la 
place de nua, comme dans rîbbnn (Ez., xxvi, 17) et •Q^l'prrt (I Chr., 
xxvi, 28), qu'il a la forme du parfait, mais le sens de l'imparfait. 
Enfin, R. Moïse ibn Gliiquililla pense qu'il n'y a, en réalité, que 
quatre mots de cette nature et que ihvrt en fait partie, mais que 
nwà en doit être exclu. Il prétend que rwi» est intransitif, tan- 
dis que d^ttpVi bas, npb et ibv sont transitifs. Dans tWlft, le 
srhoureq est à la place du holem, et il faudrait un holem. Le mot se- 
rait donc analogue à naiD"P (Jos., n, 15) l . » 

Voici le deuxième passage : 

ûaba rosa ïhdnsn t« rû»a tiE rtâabba sriri .y^N "ptts ^ 
Sn5a ifcriBNbfiOi banizr T«-iU5N Tntts "^a ntanm ^n» -pnanb« 

i Derenbourg [Opuscules et traité* d'Aboulwalîd, p. xl, note 1) a publié les mots 
S^v-Dï in» b.NPT jusqu'à bapnOtt'BSba. La glose signalée (le Schemtob 
ibn Mayor sur Ex., m, 2 (voir mon livre, p. 07) est ainsi conçue (je cite d après 
le ms. d'Oxford, cat. Neub. 228) : S"l*B VZD -iKinïl Ûlû 2aS rD7al 

•umaa ^ (anïi niw =] n"a ^p«m npb inw nmn as iïtimi 
rarbiys ûi-n ta^bane bpiDTa ba> tarno [t^-ip^rs] baa enan nmn 
.^-p- -.. :? ^i û-i^iTap tabb "o îbans arc s^np: t**bio "r 23 '- 2 
Srm rwn i« inNTa npnb \-nis s-r«nn ex S:is w»n imoïn 
t<n ^a b"T v;:n S&nttia 'n '»wi tan»ri ^:n cropv ana nwt 
ûnpwa nar ba>s Nim (i. nbbi-- inbVffi ^na ni»« aa^p?::i wn 
V- i-noon e-^b^Np^ p inan mon 'n toanm (i. nw] ^-i? 
ïiattrn p inar» rvun» nbw ^wx inv S^d B^-.ritt 'a«n vjzn 
n-ir-:- ù^satT^n B^bysrta nbT»rn npibi bm«i nwpv rrm -na^a 
1 — c?- br rn-'î-tb -nan n^m fcabin aipaa pmon ^ B^ai^rtw 
ta-nsir t=^i<np: nb« bp-;: br ta^am na»r ^->n inainai 
nT: in n vti' '22 tp 1 ^- -ncNr ibans D«3 e^npa B*abu3 pa». 

Pour le tond, voir mou travail, p. 191. 



TANHOUM YEROUSCHALMI 47 

Sapa J-rb"jp p înta» 'n r<?2«i imo» i-mn 1731UJ bnfci t^t'in 
trmaa iïtt ï-i^na •;&* bapi sotat 2733 irmaa s-ron n73"uin •}« 
■nba »■*» wi "^ ^2 na3 (i. "o] rtsn yaba bips binoai iïtw 
■^ wi ^a nbbsnna 'ip3 'fb'i twi ï-jbn» iïtwi 2?3à in 
^bn t^a&TD rt-ron f-nîj» p ûna« r**73&n man^N ïin3j>?3 "jn 
inn *7*ai -pim Sn s"i "p* î-wî Sritt iïtw }k [^bip^n 
tarrttt "mai Sa p 3>s^n nm îia i^rn "^bwn "irr^-i *P3 Snn 
^-inNbN ™pn2K ri tar;373 nn&n ba *iNpny« i«b îirftn ^b? 
x3n 'ip T&na imïïs !« b*>bib*o rrnin ■£* ï-ïjnd^ âNnrpD 

.•pat ^niaN 

« "ipiBN (Koh., x, 17). Dès que le mot n'est pas à l'état construit, 
il peut s'employer aussi bien au pluriel, comme par exemple, thtDK 
(Prov., xvi, 20), ^nttîN (Deut., xxxm, 29), qu'au singulier, comme 
dans notre verset et dans "îmiDN (Prov., xxix, 18). Suivant R. Moïse 
ibn Chiquitilla, cette dernière forme est, elle aussi, un pluriel, et de 
même WP (Hab., m, 10), lïrmna (Nah., 11, 4), liTO 1 * (Job, xxiv, 23). 
En preuve, il cite Prov., v, 21 , où "W [exprime la même pensée et] est 
au pluriel; autre preuve, "iiui (Job, xlti, 10), qui signifie « compa- 
gnons ». Abrabam ibn Ezra et d'autres rejettent cette opinion et 
disent qu'il faut comparer "irra^* à "p* (Ps., xxxm, 10), et irwn a la 
même forme dans Gen., xxxviii, 20 [et est donc au singulier]. On veut 
dire [dans Job] qu'il a prié pour chacun de ses amis en particulier, 
car chacun avait une croyance différente; il fallait donc prier pour 
chacun à part. Une autre preuve que imïîN est au singulier, c'est 
notre verset même, où il y a ynN "pttîa, « salut à toi, ô terre ! l » 

Tels sont les seuls passages connus jusqu'ici où Ibn Chiquitilla 
est cité par Tanhoum ; mais ces citations ne lèvent pas le doute 
émis par moi si Tanhoum a eu ou non sous les yeux les écrits 
d'ibn Chiquitilla. Le premier passage, Tanhoum pouvait l'em- 
prunter à Ibn Ezra, et l'autre n'est que la traduction des paroles 
d'ibn Ezra dans le commentaire de ce mot. Sans doute les 
écrits d'ibn Chiquitilla existaient encore en Orient au xm e siècle 2 , 

1 Cf. mon ouvrage, p. 187, et les passages qui y sont cités. 

3 Voirie., p. 197. L'écrit d'ibn Chiquitilla sur le masculin et le féminin (3JtfrD 
rP3Nnbfin ^paînbN) semble avoir été encore sous les yeux de Schemtob ibn Mayor. 
Dans ses gloses au commentaire d'ibn Ezra sur Gen., xlii, 25, où celui-ci cite une 
opinion d'ibn Chiquitilla de l'écrit susnommé (voir mon travail, p. 185-186], il est dit : 

'nai .bnai (i. menai) taaun ann tpa i^d nanm ab p"nba m 73 ta W 
«b "inN nnn ann 131733 in» ba r-nanfcttiD 'naya ^"3 pan s-noa 'i 
133N 173a ù^ia^b ym pbnm pan tD^w ym nnn ■pa -ns-i 
in** ^"ia ûbba** tsîbttî arrb ta-wim "p 3 ">3aa mpa ""338 taron 
■pian rnnn yy pi cannes a"} tamcwai nab p« do s*<bN 
bna ma rua ^73 ba tzi373N ïtt 173a ru y$ pa a^an tariaiN 
t**b ins -m t^in 13^733 in» ba ann rpa imsm bsia nom 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 
et Ton pourrait admettre a priori que Tanhoum a préféré puiser 
à la première source ; toutefois cette supposition manque de tout 
fondement positif. Or M. llarkavy a édité plusieurs passages d'un 
commentaire arabe sur les Ilaftarot dont il tient Tanhoum pour 
auteur 1 . Dans le nombre, il y en a deux (sur Isaïe, xi, 1, et 
lxvi, 6) qui ont des explications d'Ibn Chiquitilla littéralement 
reproduites, ce qui résulte de la comparaison avec le commen- 
taire d Ibn Ezra, où ces deux explications se retrouvent égale- 
ment, mais sous une forme abrégée et modifiée. Mais il est plus 
que douteux que Tanhoum soit l'auteur de ce commentaire, pour 
la raison que les trois passages sur Jonas, publiés par M. Harkavy, 
ne concordent pas avec le commentaire que nous avons analysé*. 
A Oxford aussi (Gat. Neub., n° 178), il y a une traduction attribuée 
à Tanhoum (avec commentaire?) sur lesHaftarot, qui diffère éga- 
lement de la traduction habituelle de Tanhoum sur les chapitres 
des prophètes en question'. Par conséquent, ces deux citations 
ne sauraient être des preuves. Néanmoins on peut répondre affir- 
mativement à la question que j'ai soulevée. M. Israelsohn a, en 

©■»« d"*ki *im b^a ba-i *im aïiï bai ^na rpa b3 *o Tiff* 
pi ant irtttn tpa nosrt t=bb3 in» m* î-tï» arj i-n t=na 
ted s-rb233fi iimab rtm« viw r-na-nonb narrai TO&Oi nNian 
nns nx by d« ^a ter»o "«bi -nao ant r-ira* bna bbp r-narra 
nos a^a^n i^a vm pabn ***b« a^-n-irra r<~)p73a diïNStt f<b 
by biiDB t**imii ■'sb ^b^ia ba rn^oxi -ibmb ï-jbi nrit mœ* 
p.?b c^in -nann tamBoa nvm» ns rusa p\ bKW» v*h 
B^npna ûi3kse ^b p b* nTrnatb nsn taïrcoa ib«n hwtta 
rr* umpn '-m marna reiDTaai mn tznpwn as ^a tr-imrm 
b* fca*WB nwûîan nar I3fi«t73 tt^pn Tirab nmantt b* rm-na 
1 raran noa 'i rwei»ïi nn» i7aa vm T«)ba ï^np^rr ^-n 
t^in 'roi paîn rw>» n -nan a"? ^na *b v Sjoa 'ai tps 
rwttfin pics b-j ît:tj)i nsab îiamaa (3>"aÊnïi b"n) b"7 abpn 
i-raja 'n ^an T^ria ba ï-î^oki T^ TD3 tp-isan Tv?3> 
Bnn pab 535 nnpîaa iN3t73^ t<b marra ^^73 i-wnwn n 3 pan 
s"3» ^Tib^na ba rrraNi nsT tassas r-n-rns dn rora mm 

Celte longue dissertation d'Ibn Chiquitilla, qui ne manque pas d'intérêt par ailleurs 
et quTbn M'ayor a peut-être traduit directement de l'arabe, diffère essentiellement 
des passages seuls connus jusqu'ici de cette monographie, dont une petite partie 
nous a été conservée (cf. Revue, XXXI, 288). 

» taigiDi as tzpc-n, x, 25-29. 

« Voir mes objections, ih. y p. 50 (où au lieu de ÛO ^33 ffW '^31, ll faut ; 
Cw ^"33 TOll^m, car le commentaire de Tanboum sur Isaie ne m a pas ete 
accessible a Oxford), qui ont également ébranlé l'idée de l'authenticité dans l'esprit 
de M. Harkavy ("n"l3b b31K ItCN "î" p^CD na^H rP3« rNT 303). Par 
suite, je n'ai tenu aucun compte de ce commentaire des Haftarot dans mon élude. 

3 Voir l'observation de Neubauer,/. c. 11 faudrait rechercher si les mss. de l'é- 
tersbourg et d'Oxford ne sont pas identiques a celui du Brit. Mus., or. 2583- 
(Cal Margoliouth, n« 247-Ï48). Ce dernier a été rédigé eu Egypte [-|aM33 BOW)î 
il pourrait alors nous fixer sur la question de savoir si Tanhoum en est 1 auteur ou non. 



TANHOUM YEROUSCHALMI 49 

effet, trouvé dans le ms. de Saint-Pétersbourg du commentaire de 
Tanhoum sur les Psaumes cinq citations d'Ibn Chiquitiila, dont 
quatre renferment des opinions jusqu'ici inconnues de cet exégète ; 
la cinquième est signalée aussi parlbn Ezra. Cependant une com- 
paraison même rapide montre que celui-ci n'a pas servi, dans 
l'espèce, de source à Tanhoum. M. Israelsohn a eu l'extrême obli- 
geance de me communiquer les cinq passages ; je lui en exprime 
ici mes vifs remerciements. Voici ces passages ! : 

1. Sur vu, 14 : 

bntt t-on ta^pbiT "jn rtbapâ pa bapi .[b*^ fcppb-nb ratn] 
■nm nsii "O îttn::j>ïï t*ni-n tmiabs -nna pb^ra "nn» npbi "O 
bap^ t^sbi i-wnban tjsin î^b taanobôo trniBbs -nna Ep-i» 
mbnba *<bK t^îï-r^Tû lien 0">b ^n i^bs Km ïnabas fabs tosno 
.12 t<bi SisnbN s^rw» ùtV* c<b î-rovnîwi ^abnban rraoaban 

« Suivant Ibn Chiquitiila, il faut comprendre Qipbn comme npbl 
(Gren.,xxxi, 36) et pbntt (I Sam., xvn, 53), qui ont le même sens que 
nsTi et t|*n» (c'est-à-dire poursuivre, pourchasser). Mais les flèches 
n'ont pas pour caractère de poursuivre et l'on ne dit pas : les flèches 
de X poursuivent Y 2 . [On fait partir les flèches] en vue d'atteindre, 
de blesser et de tuer [l'ennemi] ; mais on peut poursuivre, sans que 
pour cela on atteigne nécessairement 3 . » 

2. Sur lxxiv, 14 : 

Sapa inbupâ p ï-iwn 'n Ktt*n [...ta^b a?b Saatt nïann] 
snbbs }wx rtafcpb» hwD maan r^b -pin M^n ytà fcp^ ^ 
■^ba ^«aoaba TDpnD nb rmba îmana -inaba 173 "jKaoKbK inâ-> 
bip "nttJb Nim aa&nttbN "{bn ->d inba D&wba r^ïrbaNns aaanaba 

.kw epjfc ■pyi 

« Suivant R. Moïse ibn Chiquitiila, il faut regarder û""lt comme le 
pluriel de ^ (Is., xxxni, 21), [donc bateaux]. Il faut expliquer le ver- 
set comme suit : Dieu fera monter les poissons [des profondeurs] de 
la mer, en mettant les vagues en mouvement par le vent. Les pois- 
sons sauteront dans les bateaux, et les hommes qui y sont les 
mangeront. Mais, par ma vie I c'est là une opinion qui n'a pas de 
sens et qui est très faible \ » 

1 M. Israelsohn a ajouté aux citations les indications des sources que nous utili- 
sons plus loin. 

* Sur J-nbiïO, dans le sens où il est pris ici, cf. Ousoûl, 668, note 86. 

» Cette explication est citée d'une façon anonyme par Ibn Ezra : Û'HfalN 125" , 1 

■ttTiïib hj-nna trpb-nb -nna nsii -nna npbn i»a tppbvrb. 

Cf. aussi Rascbi et Kimhi in loc, et le Dictionnaire de ce dernier, s. v. pVl- 
4 Cette explication est mentionnée aussi par Ibn Ezra in loc. et par Kimhi dans 
T. XLI, n° 81. 4 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

3. Sur lxxxviii, 19 : 

ï-r^wXn^Nn wanàN p *3riB» >"tt8 "W "P 3 ^ "pn û^itt: t=i bn?3 
hn» 'pnjaba 1« ^Kp.i ro *Êra *"ro ^©b« p b«pi rtD-j«y»i 

„,^tt5b«a Njamns 

a Suivant R. Moïse ibn Ghiquitilla, ysm a ici le sens de « éviter, 
empêcher)), de même que dans yiïn (Ps., xix, 14), lui [le psalmiste] 
est empêché de se rencontrer avec ses amis et compagnons. Le schin, 
dit-il, est à la place du sln. Il y a deux mots dont l'un a un schin... ' » 

4. Sur cvi, 25 : 

me*» p ï-ïb-jpi» ps Sapi ,(i. fcaï-pbttaa] ta3*btt»a wm 
t^TilDbN bar "O w«i FiiNbaba iKïiâfcn SriKanbai rnasanbN 
DManbnjas fana i^iai ^bn5i bwba w ma» ^dS-h ï-râ«oa« ■• 
Kb*»b niDbaa f-ïb riD-i^a ^b p ï-n p" 1 nnn Hnafiôrr* ï-ra« ■*» 
mta ^biDn ii^ s^a abaab i-jmaoa bttns ïinbaKpîab iJno^ 
**nîab:?ri nb taaaao Tiri ton^N^m DnnaKân toa^bïiKa wim 
i*ro«b« p ûDia&a k»i a^toba V 2 WJfc *-ïbb« wat t^w y&ia 

,*T3l ma tanbp ba 

« WW. Selon Ibn Ghiquitilla, [ce verbe] signifie avoir l'intention 
d'agir avec malice et ruse, et en même temps feindre l'indifférence 
et l'inintelligence, pour qu'ainsi il s'offre au méchant une occasion 
à l'exécution de son [mauvais] dessein et que ses intentions de- 
meurent cachées aux hommes. C'est dans le même sens qu'il faut 
entendre p"i3 (Prov., xvm, 8), c'est-à-dire « il dissimule », pour qu'on 
croie qu'il est ignorant de toute malice. [Mais il agit ainsi] afin qu'on 
ne soit pas préparé à lui opposer de la résistance et afin qu'il puisse 
faire le plus de mal possible. Le sens est le même pour îMim (Deut., 
i, 27) : « Vous avez affecté d'être aveugles et de ne rien voir de tous 
les miracles que l'Éternel vous a prodigués, et comme il vous a sau- 
vés des ennemis, mais vous dites ceci et cela '. » 

5. Sur cxxxix, 3 : 

p ï-hde '-i b«pi t**irb* nrbûNi t^rtnab» .i-ïrûaon ■o-n bai 

son Dictionnaire, s. v. ijj, au nom d'ibn Ghiquitilla, mais sous une forme très brève 
(voir mon travail, p. 111, 170), en sorte qu'ici également Tanhoum a puisé à la pre- 
mière source. 

1 La lin manque malheureusement dans le ms. Probablement l'on y disait que, 
d'autre part, il arrive dans la Bible qu'un sin est employé à la place d'un schin, 
comme par exemple dans Ez , xxx, 18, où *jbn = yzn ; voir Louma\ 296, 27 
'cf., par contre, Kimhi, Dictionn., s. v. TOn). voir Kaschi in loc. 

* Gf. Kimhi, Dict.,s,e. JJn» 



TANHOUM YEROUSCHALMI 51 

tar»N n« pîa Toba bana^a t-^N i-na*i*b 03«à» FfâH Snbtapà 

ûm*Kto Sipa b^noan ï-rnnb* waaa ^îaba niaî V^V 

r<i3aî t<73 bn» tam»« p *-i»t 
nom b« î-tt 1 * ï-iDoa bn?a b^an nk^m •«aK'wbK ^d V^b^i robso 

« ïinsaofi signifie : tu as reconnu [mes voies] et tu les a percées. 
Suivant R. Moïse ibn Chiquitilia ce mot est apparenté à l'arabe, et un 
sin (c'est-à-dire un samedi) a remplacé un zaïn. Les Arabes disent : 
•nabis nsaî dans le sens de : je connais la chose. Gomme exemple il 
cite ce vers d'un de leurs poètes : Je sais (roaT) de leur affaire au- 
tant qu'ils en savent (ki»ï) eux-mêmes. En hébreu, sin et zaïn per- 
mutent quelquefois, par exemple dans fOE (Prov., ix, 2) et attt 
(Gant., vu, 3) 1 . » 

Ces citations, qui, pour le dire en passant, sont des spécimens 
nouveaux et intéressants de l'exégèse d'Ibn Chiquitilia, dé- 
montrent que Tanhoum a beaucoup utilisé ses commentaires et 
qu'il a puisé à la première source. Maintenant, s'il ne le nomme 
pas plus souvent, cela n'a rien d'étonnant après ce que nous 
avons dit plus haut. Mais s'il est établi que Tanhoum avait les 
écrits d'Ibn Chiquitilia sous les yeux, il est plus que probable 
qu'il lui a emprunté une bonne partie de ses explications. Par 
malheur, l'original des commentaires d'Ibn Chiquitilia est perdu, 
sauf une petite portion que M. Harkavy a eu la bonne fortune de 
découvrir (après la publication de mon ouvrage)* ; ceux de Tan- 
houm, pour autant qu'ils nous sont parvenus, dorment encore pour 
la plupart dans les bibliothèques, si bien que pour le moment il 
est impossible de préciser les rapports qui existaient entre ces 
deux auteurs. 

Mais je veux saisir l'occasion de publier plusieurs passages des 

1 Cette explication se retrouve mot pour mot chez Ibn Baroûn s. v.(éà. Kokowzow, 
p. 72), mais sans indication de source : bNp tni^by i« rûlDÎ nsaoïl "O-H bai 

r^tt ùrwa r\nhy ■»« t^iaaT "Hba bnw &m»N p n2DT i*NtabN 

^373 t^l?222 (la source de la poésie, ib. partie russe, p. 149). Dans le Dict. do 
Kimhi 5. v. po (cf. aussi son commentaire ad loc), cette explication est citée d'une 
manière anonyme ; cf. Monatsschrift^ XLI, 277. [Dans le comm. d'Ibn Ezra in loc. 
peut-être les mots *■}£&< paît ÎTH570 "Wl se rapportent-ils à la suite, savoir : nbttl 

'nai nb;nrj ied ta*am Tiaaon ponn r-nn» t^stv b*D nsaoïi]. 

Sur la permutation du zaïn et du samech et les exemples cités ici, voir Louma', 91, 9. 
* Par une carte du 27 mai 1897, mon savant ami m'apprenait qu'il avait découvert 
plus de quatre-vingts feuillets du commentaire d'Ibn Chiquitilia sur Isaïe, et qu'il en 
ressort que les commentaires d'Ibn Bal'àm et d'Ibn Ezra sur ce livre ne sont presque 
entièrement qu'un extrait de ce commentaire. Le 12 déc. de la même année, il me 
faisait connaître la découverte de la plus grande partie du commentaire d'Ibn Chi- 
quitilia sur les Psaumes, où celui-ci cite, entre autres, sa monographie grammaticale. 



52 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

commentaires de Tanhoum que j'ai pu consulter à Oxford, et qui 
peut-être sont empruntés directement à Ibn Chiquitilla, ou, en 
tous cas, ont une affinité avec ses explications. 

1. II Sam., xxn, 5 : 

ba rrmra D^bi i-ïbmart ba bri?a y-N-paN banba *bna *jn b">pi ••• 
taïib«irtKi bwab» to ï-iNay» n«D3tbfin y.sabK s-rin anjtf 
*-o*d ^abriban au?bN it: s-rb DmsNpTa epm tawnaa nNONp?ai 
rtpnDbM ^y r-iîONa*NbN ^d i^n&tfnoai ïnaN-ja âsba *|bi \a 
npD ion» ik î-1373 dêjn in n»: ^b b^nttnb» ^d ftwobsi 
■ni ï-»n nbipa [? t^in bn?aa] t^nawb» nb« yârwa ^d a^nabN an» 
•lai nrun 173 na (i. tarrb?) oa^b* nby» (1. ma) 

«... ■'bna, d'après certains, signifie « être malade » et serait dé- 
rivé deîibnttr: ba (Ex., xv, 26). Cette opinion est erronée; il résulte 
du contexte et des épithètes qu'il s'agit ici de la ruine des ennemis, 
de leur terreur, de la mesure de leurs tromperies et de leurs efforts 
pour l'anéantir (David). C'est ce qu'il donne à entendre en se ser- 
vant d'une expression hyperbolique, ainsi que la Bible a accoutumé 
de comparer une chose avec une plus grande ou une plus belle. C'est 
ainsi que l'Écriture, en un autre endroit, se sert pour les ennemis 
[d'une métaphore analogue?], voir Is., vin, 7. » 

L'interprétation de ^bna appartient à Ibn Chiquitilla ; Tanhoum 
la lui a donc probablement empruntée. Cependant il est possible 
qu'il l'ait connue parle commentaire dlbn Bal'âm inloc; voir 
mon livre, p. 134-135 f . 

2. II Rois, xiv, 14 : 

S^p "jMdi mÔbAki t|&ns>NbN ^a .ma-ronrt ^a nan 
r-nai* naiNTaobN mao t^s^rr i»i Nraian m m tamnbN 
b^p t^ii^N iay»bN t^nn va"i t^nnysm t^rmp tradan Knnbabàb 
r^?aa ï-unaan a>it7:b!s ^bî **&« *|babab wiat D^ama>rr fian "jx 

•i-rarna "«B ro^a 

« mananîmaa signifie les fils des grands et des nobles; c'est ainsi 
que le Targoum traduit. De là vient que le ciel, eu égard à sa ma- 
jesté, à son étendue et à son altitude immense, s'appelle mana\ Il 
faut entendre de même D^a-na» (I Rois, xvn, 4) : les grands et les 
notables de la localité ; voir notre explication sur ce passage. » 

L'explication de mai* par « ciel » est d'Ibn Chiquitilla, voir ib. t 

1 CI', aussi le commentaire d'Isaac b. Samuel in loc. (publié par Margolioulh, 
J. Q. fl.,X, 3*J9). 



TANHOUM YEROUSCHALMI 53 

p. 110, 167 ; toutefois ici Tanhoura paraît avoir consulté Aboulwa- 
lîd (OusoîU,U1, 9-19). 

3. Jér., xux,20 : 

t02Nl ÏHïZîmb&n d&ndb» Ï-ÏN53>53 .bîT»15 ÎSÏTb* d"^ t**b dN 

înbsrN V^ IN ni Tpi Si&rti \n bnpnd?a Ss>d i!td ï-rs^ttn 
taian «b SToiaîn ^ }Nb rib» b3>DbN N3 s-ps dJHattbfin touî^ 
Va tr»^ î-rpm v^ ^ 1W 1 N ^ l 1 - fcD" 1 ^^) dM^ t<b npm 

« d^ signifie : « ruine et désolation ». Par sa forme le verbe est à 
l'imparfait du hiphil. La racine est ou bien dtfîN, et alors la première 
radicale serait tombée comme dans dtiîn (Gen., xlvii, 19) où elle est 
imperceptible, et la forme pleine serait û^ao ; mais ce mot peut 
appartenir aussi aux verbes à sons redoublés, en sorte que la forme 
régulière serait d'VdttJ'* et qu'il faudrait le comparer à ttEfctû (Is., i, 7) 
et à Itttfîfi (Jér., x, 25). » 

Ibn Chiquitilla prétend lui aussi que d"^ dérive de dm; il 
ajoute que la première radicale qui est tombée est compensée par 
le daguesch du schin (voir mon ouvrage, p. 102; cf., tbid., p. 97, 
sur Nombres, xxi, 30, puis p. 119 et 188), et il n'est pas impossible 
que tout le passage soit tiré de son commentaire in loc. 

4. Ezécb., vu, 7 : 

■;« awî TbibN ma TNnoNbN Sap .irnrt nn t^bi siwna 
yb r-itt ni *>by irib^bàbN-i amba im mdb» Tirt Va d^-irt Tii 
tsnsbdn t^b dï-rtN *•« b-*ïwwi baâbôï b^bâ i-TNaa»» lin Nttaïnrwi 
^n bttnm f<b bipb&n t^ïiiaibsh «mban t^rtnb^bàn dîib»aâ 
N«bi hnn d&ôdbN ira om r^a SnWîd mpi in t^ba -pdsnbN 
i-ib abâs 5t taa>ba p i-mïr 'n t^?a&o ^bh inai b^ar* in bw 
a^ao*' ■»%« r-nsba *w t^nssbb tDON na» isti r^nà t^aon *wn 
tabdrn t^tt iaa> t*wo t*b tombât t^ii-ib» ài»n 3np *jtt baiâbN «pn 
lia i«d tobdntîbN a»»d^ ^nn Tiam ntfcb» Nttanp^d Kira iN05Nb« 
ana>bai î-ïb rip^pn r*<b mas iîti s-maln in rtttsbdd ïtowf 
baàbs 173 mttfcbN -"ba oaa*^ mit naa i-inp^pm brùba nan i-nron 
î-jprnBNi risND^bN inbpitb^ toNDàKba ^d rtmb» oda>an r<a bntt 
ï-ia«b iriN£3>bN na ■païKirp t-nax t^tara ir? -nb» TPrt Tnrt 173 
*&i ï-pyizp *iso ■'D M^a t<?3d ï-ib tïp^pn t^b laa^a ^ba» b*r 
D^bn ïnp^pn ^n tddni:« ^ibN n^nbN t^ir» •;« bap£ ^i^N ï-r»a*vi 

.nb rip^pn Ntb ^b« ^^irbNd 

a Le maître Aboulwalîd ( Dieu Tait en sa pitié ! ) compare 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Vn à Wlj qui signifie : <x éclat et sublimité i ; [il soutient que 
ce mot] est constitué d'après la forme n», yb, etc., et qu'il faut ex- 
pliquer [D^nn TH] comme signifiant la plus haute et la plus puissante 
montagne, c'est-à-dire que leurs montagnes ne se sauveront pas [de 
l'ennemi], malgré leur grandeur, leur altitude et leur résistance. 
Mais les paroles [du prophète] ne souffrent pas une pareille expli- 
cation, à moins que l'on ajoute quelque chose de déterminé pour 
mieux définir l'expression, comme par exemple : et « il ne servira 
de rien » ou « ne sera d'aucun secours » [l'altitude des montagnes] 
ou mots semblables. Par contre, R. Juda ibn Bal f âm a une explica- 
tion excellente ; selon lui, Tri désigne l'écho, c'est-à-dire le son qu'on 
perçoit entre les montagnes par suite des ondulations de l'air. Prin- 
cipalement, quand des individus parlent dans la montagne, la voix 
s'y répercute et revient, et la personne qui parle l'entend, comme si 
quelqu'un lui parlait avec ses propres paroles ou lui répondait ; en 
réalité, ce n'est pas une voix, et les Arabes l'appellent « fille de la 
montagne ». En fait, ce sont les sons qui retentissent par suite de 
la montagne, tout comme une image se reproduit à la surface de 
corps polis et transparents. Ce mot doit être rapproché de TTtt (Jér., 
xlviii, 33), qui indique également les accents par lesquels les vendan- 
geurs se répondent et qui également indique une chose qui n'a rien 
de réel, ainsi que nous l'avons montré dans notre commentaire sur 
Isaïe et Jérémie. Le prophète dit donc que la menace que je vous 
annonce a un fondement réel et qu'elle n'est pas comme l'écho, le- 
quel n'a pas d'existence véritable. » 

L'explication d'Aboulwalîd se trouve dans son Dictionnaire 
[Ousoul, 171, 27) ; quant à celle d'Ibn BaPàm, un contemporain 
plus jeune de Tanhoum, Joseph b. David de Grèce, la cite comme 
étant due à Ibn Ghiquitilla (voir mon ouvrage, p. 102). Mais comme 
ici il y a certains détails qui manquent chez Joseph b. David (par 
exemple le rapprochement de TPtt), ce dernier ou bien n'a pas 
reproduit exactement les paroles de son modèle, ou bien, ce qui 
est plus vraisemblable, Ibn Barâm, ainsi qu'il lui arrive souvent, 
s'est approprié et a élargi l'opinion de son contemporain plus 
ancien qu'il a si violemment combattu. Dans ce cas, Tanhoum 
aurait puisé dans Ibn Barâm et n'aurait pas tenu compte d'Ibn 
Chiquitilla 1 . 

5. Amos, i, 13 : 

^?::n i-ï*ttâ -irDN j&n rP3«nbfi« lîi *»* rnbKâ .n*btti rrm 
ishia hi"W w ïto b-pi ta^ïrnart b*nîirt Srra winbua ^na 

1 Par suite, l'explication de Kirahi ad loc. (voir mon livre, p. 151) serait emprun- 
tée à Ibn Bal'àm plutôt qu'à Ibn Chiquitilla, car chez lui aussi il y a le rapproche- 
ment avec TPÏ1. Cf. encore le Dict. de Kimhi, s. v. TTn. 



TANHOUM YEROUSCHALMI 55 

'•ipb •jNSttba p iys stoi upai iwifti *t tanpn >i^s ibNsnbN 

« Mlft signifie c les montagnes » (du Guilead), c'est le pluriel de nîr, 
montagne, avec la terminaison féminine, quoique ce mot ait le plus sou- 
ventau pluriel une terminaison masculine, par exemple Gen., vu, 19. 
Suivant certains, hVltt désignerait des femmes enceintes, comme nous 
l'avons dit [pour l'expression analogue] : et ses femmes grosses seront 
déchirées (Os., xiv, \ ). Mais ici le contexte ne comporte pas cette explica- 
tion. Ainsi il est dit [tout de suite après] : pour élargir ses frontières. » 

De même, Ibn Chiquitilla regarde nTTh comme un pluriel de 
d'm (à côté de beaucoup d'autres exégètes; voir mon ouvrage, 
p, 152-153), et lui s'en rapporte également au contexte. L'obser- 
vation sur la forme pluriel de in laisse supposer que Tanhoum 
a tiré cette observation d'Ibn Chiquitilla, non du commentaire ad 
/oc, mais de l'ouvrage sur le masculin et le féminin (^ainbs* sans 
rv^Nnbtn.) Rien que pour cette raison l'on ne saurait admettre que 
Tanhoum ait utilisé une autre source '. 

6. Nah.,11,4: 

•pDfcba ■'bx tn:? «irmsaii ■* *p»stba /ai tais» wroa "p» 

1 II est possible que Joseph b. David lui aussi n'ait pas puisé au commentaire 
d'Ibn Chiquitilla ad loc., mais plutôt à la monographie susnommée. Car il a connu 
cette monographie, comme je l'ai admis dans mon livre, p. 65, et comme j'ai pu 
m'en assurer depuis. En revenant sur le lexique intitulé TINfaïl rHlD73, je trouvai 
encore, s. v. "JTN, ce qui suit : ^pîtf b* *p fT^n im ("ÎMN T^ =) ^"^ 

rtnapj 12 iron rno-a 'n nyn S]na ■sjn'; n"y ïtôj 1:7273 nés* 
s-ram *-idoi3 *pTN t-ibtta qb^n rrnnb prvn ^-dt lT©b t^in^ 

^î 1*3 30 173NUJ DWnîl -]?3N73b. Et, de même, il y a dans l'original d'Ibn 
Chiquitilla, d'après une communication de M. Harkavy, que je reproduis entièrement 
ci-après : S-TJJftttJn *pîN1 .Î-WH V^l rOTIŒ 1TN .nilfc ^i^bN )m 

bnp "psta br ^b i-pï"ïn wn nâN wa â£>bb« s^in -w .nai 
*ip tob j^73 mwn rtnbfin sjnai "pr bnâ p ç«] ïHDN^NbN 

•'b* nm:nm &3ï8a bsaba î^irr yn *jfcn ...don s-*ù*i rtrnaNri 
■nà«b« 1^ ï**»ïrmN3 p. iwnnb»] ïïmba fc^ t*^b i«Bna ï**»i-«N 

faTBttîl D^npb73 bipbN ^131 TIS" 1 t^bô. Remarquons, en passant, qu'Ibn 
Chiquitilla est cité par Joseph b. David, en dehors des passages signalés dans mon 
travail, dans l'introduction grammaticale, I, 4 (fol. 13 a: 'jrDïl ï"îU373 "O") *173N^1 
'131 n"bl nnon nbb mn nbtt p ^3 b"T ; voir mon ouvrage, p. 98, 133) 

et s. v. inK : S^D S^IH Û^l ÎBI^ 133 S^D 3"S Ï1T np3>2 ^1 

ï"v ttsana ^3 it-Dïi n^73 'n ^-îafin rrtma -nizn nsa t^ts-n 
ma t-ibaa fwi i-faii *p:rti pbnrr pittïi 12 *bannb S^dm 

bpïl ^33Ï153 t"*îin\I3 ; puis s. v. Ï"î33l et rp2n (ce sont les mêmes explications 
qu'Ibn Ezra donne surPs., cxiii, 5 et lxxvi, 11, au nom d'Ibn Chiquitilla). Obser- 
vons encore que dans l'unique ms. d'Oxford du "11X7371 rH1273> qui s'arrête au mi- 
lieu, 5. v. 3U:n, le feuillet 216 contient une partie de la lettre yod (de ja*yi à tt)*V). 
Donc le ms. à l'origine était plus complet et peut-être même tout à fait complet. 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

bn:3 *fc$ WïiM )tt 'P'tobbK yyn S«pl -O'ibN fa^p^bN 
lerie irw» *in ï-t-i^t 3-pn ■'d in:n iyi ïbbBnrra ^bîsi vmas 
IT«B b«p^ k»5 Hrïmnbaa inanbN *Pfefcb rrs îanbm r*<nbN ï«i 
rn Ss i? rtwy» ï«b 1rt ^ ' 172 r<73Ni liTfWï m» lirai (l. vd) 
•s t^nx-s ins 1*0 wnaa "ps^ r*rin sbji ïTranMaa taroa j-n 
pabo» ^r trafcrwb» Httkjs ï-TnaaibN Eps m nanttbKB ÔBbba 
n«*ittb«i nens iai3 in t^»s wnsabwi ci»3S«bN ■'b* p»5»«ba t^733N 

•OÉnnba ana ri3 

c Le suffixe de i^liDS se rapporte à y">373 (v. 2), qui précède. Un 
grammairien prétend que WTiaa est au pluriel et répond à vnna, 
comme in;n dans Job, xlii, 4 0. Un autre, au contraire, estime que ce 
mot est au singulier et que les suffixes hé et waw sont attachés à un 
singulier et désignent un être singulier. C'est ainsi qu'on lit Y*B et 
MVti vrwet 1ï"Prttt. D'après cela, lïrn signifie [que Job a prié] pour 
chacun de ses amis ; et dès lors lîWOi, quoique au singulier, dé- 
signe toute la classe des « héros ». Il est d'usage chez les Hébreux 
d'employer des mots singuliers pour des classes et des espèces. 
Ainsi 1373 « bouclier » est ici au singulier, mais il désigne l'espèce 
« bouclier ». 

Par le premier grammairien cité ici il faut entendre Ibn Ghi- 
quitilla, qui professe cette opinion (voir mon travail, p. 104; cf. 
aussi p. 118 et 187) *. Il se peut aussi que Tanhoum l'ait connue 
par Ibn Ezra ad loc. (qui probablement est désigné ici par rrp3). 

7. Sophonie, n, 1. 

■nnn \s rnnn s-ro nos .tpsa ***b "latt i^ipi ii»tt)ipn?i 
^ttaw caiDp S"t 'ip im ib* dwa Sn:?3n rrm &h &3b«*B» 
c-wipb i?3 -iKJnofc Mwanteb» ï-îKa*» i^ S^pn t3*nns cattp D w n&n 
'npn t^in iba srri 'rnnba i«m npiâi ipiân ^ iH3>»â in viba 
'ip 173 r5 "nbnba "un ïtb riâ ipn mpnKi irai i»»n« ït*b 
mrroT fc-pttp vûidi vopt 'jnm hw»»p T^bb b"T ^wiNba 
-jus t^ba ino ttom ittJipi in *by Nim ïfciiBm nbpjn lainoban 

-pi^l ITOE Ï13« b"T t*m3)ï 13N î-pfi btfp ^ViSl fbfl» TÎ 

*-oi y&h 1*0-173 Tbiba isn pb"i harowo rà'M jna ï-tttt*rôi 
■pbn» *î jw in ï-pb ■jb'îb i-rw* tNâs ^22373 mai t**»3« H3n 
n:? in ■» , ib« ^33 ■pDinsn ^nîa t**BKB5nON iiaïa itronbM "pm 

bn*73 tvii\X JW INI "inwST batN 173 ^3^wS -<3,N iStttJi ^blN Sn73 

W» 173 r<ir; 33H3 ii3^i r<i3 , Nkn73 c^ifN M3M itOttlpnîn 1^'bwS 

1 Cf. le passage cité par moi, p. 154, du commentaire de Tanhoum sur Ilab., n, 
15 (éd. Munk, p. 37), où est mentionnée l'explication de notre passage f d'ipn *7p1 

t3TN73 nïTTiaa 1373 'ip ^d &iri3 -ido ^d ^n bn73 n^i t^ab. 



TANHOUM YEROUSCHALM1 57 

imapK ^ai wn fa "p3>ba bn^a irr *îb« 'pranpi '■urca n^iTabi 
jwi mtëwm toipbN irb* •pays 1 ' ?«e*a ta&tbba* bn^ab^ nab n» 
ïcnt*b« ^d lab ^ -q^nï ■nji&n tsnri ib? nuîipi iiûiznpntt Tosn 
na* Nîm wnnb» b^nD ^b^ tanb nas im shjnba ^ îabîfcrn 
F**b aiun 'ai pn mb d^itaa ï-raa 'ipb ifcoaba j**rim p^b T«a 
b^D"« s^a ib* an riDN Vr t*nrj }nd ^i sj« inn û^b* t**m 
rua j^ . ûb j^pnNua "a^abK t^fiji •;« ib*i J-ims bap rip^pn 
ttîiap im frrifin] b^a iraip-i •NBiaipnï-n •ps*' ips t^m^a "NBipi "ps 
^wnN Tps t^tara ™p 'ws ^ ttip MbitN rft» îi^p* 1 "wa ^ 

.^r-pro ribnaN ^b^ ■ja iwbsba ^ 

« n\ï5lpT iWipnïf, suivant une explication, signifie « corriger », 
c'est-à-dire corrigez d'abord vos actes, puis ceux des autres, confor- 
mément à la parole de nos sages : « D'abord orne-toi, puis orne les 
autres [Sanh., 18«). » Suivant d'autres, ce mot signifie » réunion » 
et doit être regardé comme étant le sens figuré de iZJUJipb (Ex., v, 42), 
qui désigne l'action de rassembler [de la paille] ; donc « rassemblez- 
vous et rassemblez les autres ». Cette explication est celle du Tar- 
goum, car il traduit : rassemblez-vous et venez et approcbez-vous. 
Aboulwalîd rapproche notre mot du talmudique Ntf^p « âgé » ; de 
même, le Targoum traduit les mots : « Je suis devenu vieux et gri- 
sonnant^ Sam., xii, 2) » par nwoi mtap. Il faudrait donc expliquer 
notre verset comme suit : « Soyez sages et intelligents. » Gomme 
1U5ipn a un daguesch, il appartient sans doute aux verbes redoublés ; 
d'après AbouZakarya [Hayyoûdj] ce mot a un daguesch, nous l'avons 
de même trouvé daguesché; mais Aboulwalîd Merwân [ibn Djanâh] 
dit qu'il n'a pas de daguesch. Néanmoins, le mot peut appartenir aux 
verbes redoublés; en ce cas, le daguesch est omis pour la facilité [de 
la prononciation], comme dans *]'jna&n (Gen., xxvir, 21), quoiqu'il 
appartienne à la même racine que ^VW (ib., v. 12) [c'est-à-dire à UJOT]. 
Mais le mot ltiîip peut être aussi un verbe avec waw médial et de 
même Ittîtiîïpnn, et alors [la dernière radicale] serait redoublée. Dans 
ce cas, il faudrait rapprocher notre verset d'Isaïe, xxix, 21 ; là *jTHDip^ 
est également un verbe avec waw médial, mais d'après le sens, il 
faudrait le comparer à nUïpN (Ex., vu, 3), qui est un verbe à der- 
nière radicale faible, et expliquer : les gens lui prépareront [au pré- 
dicateur] des difficultés et disputeront avec lui. Notre verset devrait 
être expliqué ainsi : « Endurcissez-vous et préparez-vous des diffi- 
cultés, c'est-à-dire, méprisez l'obéissance [envers Dieu] et rendez- 
vous difficile le retour [à lui] ! » Il faudrait considérer ces mots comme 
une menace. Mais cette explication ne va pas ici, à mon avis. Car les 
paroles [du prophète] qui suivent immédiatement : « Avant que la 
résolution soit née, etc., avant que la colère de Dieu vienne sur 
vous », ces paroles montrent qu'ici on indique (?) ce qu'il faut faire, 
avant qu'il ne soit trop tard. Si les deux mots exigent un même sens, 
il est fort admissible que W\pi doit avoir un daguesch et que les 



58 REVUE DES ETUDES JUIVES 

deux mots viennent d'une même racine, savoir ©\Dp. D'après le sens, 
ce mot peut être apparenté aussi bien à *pwip\ qui vient de ©np, 
qu'à rrop. Dans notre introduction générale nous avons cité plu- 
sieurs de ces exemples. » 

La deuxième explication est celle d'Ibn Chiquitilla, qui se 
trouve déjà chez Aboulwalîd (voir mon ouvrage, p. 156). Probable- 
ment, Tanhoum l'a empruntée à ce grammairien, qu'il cite ici au 
long et qu'il répète. Insister sur toutes les explications de détail 
qui sont données ici nous conduirait trop loin ; je renvoie aux au- 
teurs cités par moi, /. c, et p. 144. 

8. Ibid.,m 9 19 : 

T»"Vn DTlbfcO VlbN NtDîl TOI* ^yft ."p*î3 bs nN !-rOi? ^33Ï1 
Bpsa "in "nba *\*ri ans» miB*a ]n "-laynon irn 3i*pybN m 
tamoïi napjbN ^e ^d b«p t^73D iïr»bina m w* ûwi ■rçjia 173 
Wi* nwpn 1^ b">pn r-7373 anp iîid *nâK bi:N "jw fai dvttn 

.nnpn Ta i» "^^bao ûipa biKbKi rtba 

îriîîtà a ici le sens de « frotter », et cela signifie métaphoriquement 
c punir ». Il vient de mtB*a (Ez., xxm, 21), qui est un Kal de VU? 
\ib., v. 3) et qui a le même seus. On se sert encore dans le sens de 
punir d'une expression analogue, quoique dérivée d'une racine diffé- 
rente, à savoir dmori (Mal., m, 21). Suivant certains, S"Ttt)n* équivau- 
drait ici à Tib'D ïruiy « anéantir». Mais la première explication est 
évidemment plus juste. » 

Cette première explication est celle d'Ibn Chiquitilla, qui fait 
aussi le rapprochement avec Ez., xxm, 3 (voir mon ouvrage, 
p. 104). Toutefois observons qu'elle se trouve aussi dans Menahem, 
llayyoûdj, Abouhv'alîd, Moïse ibn Ezra et Kimhi (voir ib. % p. 157). 
Donc ces derniers ont pu également être la source de Tanhoum. 
La deuxième explication est celle du Targoum et se retrouve chez 
Ibn Ezra. 

9. lbid.,m, 20 : 

rn?3 bn73 û3nN yapN t^nr? nsm ■rçjfcba .ûana-^ap n;*m 
Y^y^ ■rçanbK ^ bwny bi«b» B-rrffi ^d fcaanN fcraa N^nn 

« fcSnN T£3p h*ai doit se traduire : et en ce temps-là, je vous ras- 
semblerai, semblable là la première moitié du verset) : eu ce temps-là 
je vous réunirai, en sorte que le B^ÏÏtt se rapporte aussi à cette moi- 
tié. Par conséqueut, l'infinitif remplace ici un temps fini. » 



TANHOUM YEROUSCHALMI 59 

Cette opinion se trouve déjà dans le Targoum ; cependant c'est 
Ibn Chiquitilla le premier qui dit expressément que ariin doit être 
sous-entendu dans la deuxième moitié du verset (voir mon ou- 
vrage, p. 105), mais il estime en même temps que ^£ap est à la 
place de •'ttapa (et non de yapa). 

10. Hagg.,n, 9: 

rwitt bvjb ^ \$ v<firt ^d :np /ai tttft mart tea srm bm 

•w mai •po -iiiten ïTK»*anN r^-i^N* DNpN iiidn^ ma *jNb i-ia* 

snswabKa mav.tDn Kiih i«a naa b">pn irwo vn^n frwa^an» 

.'ai ïufciûn jn»ra un ït»îti ïî$ Sr-DT bxp r^raa 

« L'honneur de cette maison sera plus grand, etc. » Certains rap- 
portent ces mots « plus grand » au nombre des années ; le premier 
temple dura 410 ans, le second 420. Suivant d'autres, l'accomplisse- 
ment de cette promesse était subordonné à l'obéissance [d'Israël], 
comme Zacharie a dit : « Si vous êtes obéissants, etc. (Zach., vi, 45) ». 

La première explication est celle du Talmud (Baba Balra, 3 a, 
voir mon travail, p. 157) ; l'autre correspond mot pour mot à celle 
d'Ibn Chiquitilla (voir ïb., p. 105), en sorte qu'il est peut-être la 
source de Tanhoum, bien qu'il ne soit pas impossible que celui-ci 
l'ait prise dans Ibn Ezra. 

11. Zach., i, 8 : 

?a î-rbis&fcbN V owînbN jn w* ûb *-»« b^p-i mi-rbiSttaa -non 
1» pfcï ï^b mdn iby n&ùttNba Ntibin r^mrrti i-rana iïti s^nbin 

.^bSa t^nan •pa-* 

« Suivant une opinion, le prophète ne veut pas dire que les myrtes 
étaient dans la vallée, mais autour de lui, aux bords d'un étang ou 
d'une autre pièce d'eau, où il pousse généralement des arbres, car, 
dans le premier cas, il n'aurait pu les apercevoir. » 

L'opinion citée ici est celle d'Ibn Chiquitilla ; c'est de lui que 
parle probablement notre auteur. Sans doute Ibn Ezra la cite éga- 
lement, mais d'une façon très brève (voir mon ouvrage, p. 105); 
c'est pourquoi Tanhoum a sûrement puisé ici directement. 

12. /&., vin, 10 : 

yri73 rtsr» 'ipi m.î-otk ï-rtti-îan *ûun î-pirra t^b d^n^ nara 
bhtt î-waïian jrmfitâîab ^na r-^^Ni "ûiabN ^ba tw rrr^bn isa^N 
rrrùtob vnn bapc rr^Ta» ynn :ia w -^ba na na "ja wn ïb tn 



HO REVUE DES ETUDES JUIVES 

h*r»N !w»« ^ inTp'n i-narwba \y î-ïb*a> ^noDab» yy^ ib 
tanbtt v^ *<dbi t-**3tT*b , i b«p N?:r t»WKb« nr-is nr 173 ï-ttaWE 

c haï^N est ici à la place de HTC, puisqu'il se rapporte à 15tt ; ce 
changement s'est produit par suite de la juxtaposition du [féminin] 
rtXJÏIdï'T. Il est dit de même [pour Jephté : « Il n'avait en dehors 
d'elle [15toE] ni fils ni fille (Juges, xi, 34; » ; ici c'est en dehors 
« d'elle », et il y a 127373 à cause de "ib qui précède. Un exégète prétend 
rapporter rtM^M à !Tam et l'expliquer dans le sens de ttS^HH ^d, c'est- 
à-dire le bétail s'en est allé par suite des pillages de l'ennemi; c'est 
ainsi qu'il est dit peu après : « Celui qui sort et celui qui entre n'a 
pas de repos devant l'ennemi. » La première explication est plus 
vraisemblable et plus admissible. » 

La première opinion est d'Aboulwalîd (Lourna\ 306, 9), qui fait 
aussi le rapprochement de Juges, xi, 34 * ; la seconde est d'Ibn 
Cliiquitilla, qui est cité ici d'une façon anonyme. Ibn Ezra n'a 
pas été utilisé, attendu qu'il ne rapporte pas le mot à la suite du 
verset (voir mon travail, p. 105). 

13. /&., ix, 9 : 

rrta "îNttfàbN ^bttbN fa ibx rtib» -b? biam 17a •jVfe'i ... 

*ip ï-i:a» -n»n by 3^m ^y "ip naun "jn-i t^nttnnrj rrana lîi 
Ta 'ips oio *id , in db na asn ^:n [t^n] rnamn o« ^d ïiods i* in 
^b73 antt« 173 t?3N bn ^b» im db rp?ana "jn Nïia» rnàib û"»pno)a 
Ta* TTpba -;aa ïissb did nb o^b «rpa id" 1 db fia« wrwi onsb» 
r-.y anta» nso ^s "pan s^>3d nb ^b« ftipaoba im) ip«ob«i narras 
■jb» v^ ***£ , wi tir' bd te rty«ttâ trba» bdan aN73d r-rb i«d ^tpi 

•■jbs Hîmpk ■'B "p^ db tp 

« ... Un autre se rallie à l'opinion que par « roi » il faut entendre 
ici Néhémie. Cette opinion est corroborée (?) par les mots suivants : 
« pauvre et monté sur un une », car [Néhémie] dit de lui-même « [il 
n'y avait pas de bètes avec moi] en dehors de celle sur laquelle j'étais 
monté (Néh., ir, M) ». Il ne mentionne donc pas de cheval [car il était 
trop pauvre pour en avoir]. Mais cette opinion est inadmissible pour 
plusieurs raisons. Premièrement, Néhémie n'était pas roi, mais gou-4 
verneur du roi de Perse ; deuxièmement, il n'était pas pauvre au point 
de ne pas pouvoir posséder de cheval, car il jouissait d'une grande 
considération auprès de celui qu'il servait et était son échanson(?), 
ainsi qu'il ressort du livre d'Ezra. Il tenait aussi une table à laquelle 

1 Tanhoum reproduit littéralement cette explication, sans indiquer non plus de 
source, dans le comm. sur Juges, xi, 34 (éd. Schnurrer, p. 14) et dans l'introduc- 
tion à son Mourschid (chez Goldziher, p. 55). 



TANHOUM YEROUSCHALMI 61 

sa suite mangeait chaque jour. Enfin un roi de Grèce [mentionné ici] 
n'existait pas de son temps, etc. » 

C'est Ibn Ghiquitilla qui rapporte ^btt à Néhémie (voir mon 
ouvrage, p. 105, 157). Sans doute, les remarques de Tanhoum 
offrent beaucoup de ressemblance avec celles d'Ibn Ezra in loc. ; 
mais il y a chez le premier beaucoup de détails qui manquent 
chez le second, en sorte qu'il faut admettre que là aussi Tan- 
houm a utilisé directement son modèle 1 . 

Nous avons donc suffisamment établi que Tanhoum s'est servi 
à différentes reprises du commentaire d'Ibn Ezra pour les exégètes 
anciens, mais que dans sa bibliothèque ceux-ci avaient personnel- 
lement place, et parmi eux les écrits d'Ibn Ghiquitilla, qui après lui 
tombèrent presque totalement dans l'oubli. Rien que pour cette 
raison, il serait à désirer que tout ce qui nous est resté du com- 
mentaire biblique de Tanhoum fût bientôt publié, surtout pour 
nous donner les commentaires de F « Ibn Ezra de l'Orient » de 
ceux des livres bibliques sur lesquels il n'existe pas d'Ibn Ezra 
de l'Occident. 

Samuel Poznanski. 



i Le commentaire d'Ibn Ezra est tronqué en cet endroit ; on peut le corriger ainsi 
à l'aide de Tanhoum : ^ntJWU VZ5] Tl»n b* 33m TDJ *!»&* p b*«- 

^bnE oio tstïi t^bi [m aan ^n — hbn] rraï-nn ta» "O h»s*a 

î>ï*)rT W "O nbD"\ Cf. Bévue, XXXI, 314. 



DOCUMENTS 



RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 



Les documents que Ton trouvera publiés ici ont été réunis pour 
la plupart vers 1876 par M. Isidore Loeb et nous en devons la 
communication à la bienveillance de M. Israël Lévi. Nous avons 
d'ailleurs pu les collationner presque tous d'après le ms. 225 de 

la bibliothèque d'Arles, com- 
pilation d'actes divers et sur- 
tout d'extraits de registres de 
notaires rassemblés au xvin 6 
siècle par un érudit local, 
l'abbé Bonemant 1 . C'est le 
texte de ce ms. que nous don- 
nons ici. Le « Cartularium 
Provincie 2 » nous a, en outre, 
fourni quelques pièces , en 
particulier l'acte de vente pu- 
blié sous le n° I, et le ms. la- 
tin 4768 A de la Bibliothèque 
nationale, la figure de Juif 
portant la rouelle que nous 
reproduisons ici. Ce ms. du 
xiv e siècle est une assez mau- 
vaise copie des statuts mu- 
nicipaux d'Arles, rédigés à la 
fin du xn e siècle et au début 
du xin e siècle, qu'a publiés 
Ch. Giraud dans son Essai sur Vhistoire du droit français au 

» Voir sur ce . savant ecclésiastique .,P. Meyer, Les manuscrits de Bertran Boyt- 
tet, dans Romania, 18 ( J2, p. 558 et s.iiv. 

* Bibl. Nationale ,nouvelles acquisit. latin., 1367-1369. 




DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 63 

moyen âge 1 . Dans la marge du ms., en face de certains articles 
et comme pour en signaler l'objet, se trouvent quelques dessins 
à la plume, d'une main plutôt inhabile. C'est ainsi que cette ca- 
ricature illustre le dernier paragraphe comprenant le terrible 
serment qu'étaient tenus de prêter les Juifs plaidant contre un 
Chrétien. 

Ces documents apportent, croyons-nous, quelques renseigne- 
ments nouveaux sur l'organisation intérieure de cette commu- 
nauté, dont l'histoire et l'activité littéraire ont fourni à M. Gross 
l'objet de si intéressantes recherches 2 . Mais ils sont malheureu- 
sement en nombre insuffisant pour permettre d'en reconstituer en 
toute sûreté le fonctionnement administratif, et l'on doit se borner 
à noter les indications fragmentaires qu'ils peuvent fournir. 

La communauté est, suivant la coutume générale, administrée 
par des bayions. La pièce n° II n'en nomme que deux, mais les 
autres pièces en indiquent généralement quatre, et encore se 
peut-il que tous ne figurent pas à l'acte. Un même baylon peut 
voir son mandat plusieurs fois renouvelé 3 . En 1435, ils prennent 
possession de leur charge au mois de juillet ; mais cette époque est 
peut-être exceptionnelle. Le jour de leur entrée en fonctions, ils 
prêtent serment sur la tora de bien remplir leur mission et de 
respecter les statuts de la communauté 4 . Comme moyen de sanc- 
tion, ils ont le herem 5 . Ils doivent tenir registre des affaires qu'ils 
traitent. Ils restent soumis au contrôle de la communauté 6 et ne 
peuvent prendre certaines décisions graves sans son assentiment. 
Dans une requête adressée au viguier le 13 novembre 1349, les 
bayions s'engagent à ne faire un nouveau règlement que si la 
majorité des membres y consent, et nous voyons en 1407 les chefs 
de famille, hommes et femmes, se réunir pour accepter une dona- 
tion 7 . Cette requête des bayions de 1349 permet de se rendre 

» T. II, p. 244-245. 

' Zur Greschichte der Juden in Arles, dans Monatsschrift fur Qeschichte und Wis- 
senschaft des Judenthums, années 1878, 1880 et 1882. 

3 Par ex., Vital Calhi, N<>* II, III, IV. 

4 Fonds Véran, mélanges de titres, armoire 34. Procès-verbal d'entrée en fonc- 
tions des bayions (17 juillet 1435) : « Et ibidem inconlinenti bayloni supradicti. . . 
scilicet Nathan de Borriano et Vitalis... juraverunt, amplexando rotulum, vocatum 
hebrayce cefer, de bene et legaliter se habere in dicto ofûcio et ipsum legaliter 
exercere, servareque capitula ad que servanda juramento sunt adstricti per capitula 
eorum. » 

* N° IV. — Sur le herem, cf. M. Aron, Histoire de V excommunication juive, p. 65 
etsuiv. et p. 107 etsuiv. 

6 Cf. I. Loeb, Règlement des Juifs de la Castille en U32, dans Revue, XIII, 
p. 213. 

T N* V. 



6i REVUE DES KÏUDES JUIVES 

compte de quelques-unes de leurs attributions 1 : ils demandent, 
en effet, au viguier l'autorisation d'établir un règlement somp- 
tuaire contre le luxe et le jeu 2 , d'augmenter la taxe qui se per- 
cevait sur chaque bête tuée au marché juif et qui servait notam- 
ment à l'entretien de T« aumône», de séparer de la communauté les 
Juifs de Thnquetailles, qui refusent de prendre leur part des 
charges communes, et surtout d'imposer les tailles nécessaires à 
l'entretien du budget. 

C'est, en effet, cette administration financière qui les préoccupe. 
Il leur faut subvenir aux impositions royales, aux charges de la 
ville, aux redevances épiscopales. Une déclaration faite par les 
bayions de 1427 3 , à l'exemple de leurs prédécesseurs de 1380, 
donne le détail des cens payés à l'archevêque : quatre lamproies, 
vingt livres et un demi « ferrât » de poivre, vingt livres de chan- 
delles de cire ; enfin une somme d'un florin, en rachat de la perte 
qu'éprouve l'archevêque du fait que le terrain occupé par le cime- 
tière de Crau n'est pas exploité comme vignoble. Les autres 
redevances sont perçues à raison du droit de garde de l'archevêque 
sur la synagogue 4 . Les bayions devaient porter eux-mêmes ces 
redevances au palais archiépiscopal, la veille des Rameaux 5 . Ils 
préféraient d'ordinaire s'acquitter en argent : en 1442, le demi- 
ferrat de poivre était remplacé par un cens de deux deniers co- 
ronats sur un banc de boucher c , et la communauté payait cinq 

» Eu 1435-1436, nous trouvons un « Bonjues Carcassoni, baylonus scole Judeorum ». 
Bibl. Nation. ; nouv. acquis, lat., 1309, p. 493. 

* On connaît ces promesses par lesquelles on s'engageait devant notaire à ne plus 
jouer. Cf. Gross, Monatsschrift, 1880, p. 414. Ajoutons une promesse de ce genre 
faite à Arles le 17 juin 1426 par Abraham de Nîmes (Bibliothèque d'Arles, ms. 
225, p. 276). Comparez L. Blaucard, Invent aire -sommaire des archives des Bouches- 
du-Rhône, série B, t. II, 145: défense publique de jouer aux cartes à Arles (vers 
1466). 

* N« VI. 

* Une partie de ces redevances se trouve à certains moments aux mains de tiers, 
ainsi l'une de ces lamproies était perçue au xin° siècle par la famille de Porcellet 
(Archiv. de l'archevêché, livre d'or, fol. 333; livre vert, fol. 55 et 276) et en 1399 ce 
droit appartenait à l'évêque de Marseille : le procureur fiscal ayant réclamé deux 
lamproies, l'évêque reconnaît qu'il n'a droit qu'à une seule (67 allia christ iana novis- 
sima, par feu le chanoine J.— II. Albanès, complété par le chanoine U. Chevalier. 
[Valence, 1899, in-4-', p. 391, n" 039). 

s Bibl. Nationale, nouv. acquis, lat. 1309, p. 493. Quittance par le vicaire desdites 
redevances [S avril 1435-1436). Les bayions ayant apporté ces redevances le ven- 
dredi, sans doute pour respecter la solennité du sabbat, le vicaire ne les accepte à ce 
jour que sous réserve. 

8 Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 203-204. Extraits du registre des droits de l'arche- 
vêque : . Item dicta synagoga... débet pariter diclo domino archiepiscopo médium 
ferra lu m piperis ultra premissa : tamen non curavi rccipere, quia luerat campsum 
cum duobus deuariis coronalarum censualibus super quadaua domo et banca macelli, 
et plus valebat dictus census. » 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 60 

s. par lamproie : le clavaire Moret Boyssard exigea le paiement 
en nature *. 

D'autre part, les Juifs sont tenus de contribuer aux charges de 
la ville. Un mandement du lieutenant du sénéchal de Provence 
adressé à la municipalité d'Arles 2 lui rappelle qu'ils sont exempts 
de « cappage » ; mais s'ils sont dispensés d'impôt personnel, ils 
doivent une contribution sur leurs immeubles ; et de plus on 
voit à plusieurs reprises la communauté faire aux syndics de 
la ville, durant ia campagne des Baux, des prêts plus ou moins 
forcés 3 . On sait, en outre, qu'aux 111 e siècle elle acquittait certains 
droits pour part contributive à la construction ou à l'entretien du 
pont de Crau 4 . 

Mais ce sont les tailles royales qui pesaient le plus lourdement 
sur les Juifs. Le roi percevait, en effet, outre les tailles ordinaires 5 , 
des impôts extraordinaires, et les communautés de Provence étaient 
parfois obligées de voter à leur prince un don gratuit 6 . Dans ce 
cas, les impôts étaient dus solidairement par l'ensemble des « jui- 
veries » du comté, et on sait qu'elles nommaient des commissaires 
généraux pour l'administration de ce budget commun \ C'est ainsi 
que le 19 mars 1419-1420, dix -neuf délégués, dont sept de Mar- 
seille, quatre d'Arles, trois d'Aix, deux d'Apt, un de Salon, un de 
Tarascon et un de Draguignan, se réunissaient à Arles chez Isac 
Nathan pour y procéder à la répartition d'une nouvelle charge s . 

1 Ibid. : «... Et nota quod ego dictus Moretus Boyssardi, qui jam fui undecim 
annis clavarius, ... vidi plura debata et habui cura baylonis... in solutione dicta- 
rum lampredarum, quia volebant dare quinque solidos pro una lampreda, ego pe- 
tebam lampredas vivas et bonas, et fmaliter solvebant, ita quod qualibet costabat eis 
ultra unum florenum ; etiam ceram et piper semper bene... » 

5 Archives d'Arles, correspondance 1310-1730. AA.. 20, armoire 1 (25 no- 
vembre 1464). 

3 J. D. Véran, Annales de la ville d'Arles, dans Musée, revue arlésienne, 1873- 
1874, pp. 142 (18 juin 1393), 150 (21 décembre 1396), 158 (19 octobre 1397), 163 
(6 juin 1398). 

4 Ibid., p. 102. — L. Blancard, Documents inédits sur le commerce de Marseille au 
moyen âge, I t 240. — Cf. Schwab, Inscriptions hébraïques d'Arles, Bévue, XL, p. 60. 

5 La communauté d'Arles payait au comte, en dehors des impôts généraux, une re- 
devance annuelle de 60 1. de poivre pour garde de la synagogue {Deux conventions 
entre Charles I et Lcvys II, anciens contes de Provence et les citoyens de la ville d'Arles 
[Lyon, 1617, in-4°] f° 44. — Blancard, Inventaire-sommaire des archives des Bouches- 
dn-Bhône, série B, t. II, p. 139-140). En 1323-1324, cet impôt est payé en trois 
termes (Blancard, ibid,, p. 10). En 1469-1470, ce droit était concédé par le roi à An- 
toine de Pontevès (Blancard, ibid., p. 145). 

6 Blancard, ibid., p. 310. Don gratuit de 18 fl. par feu (1474) continué par la suite. 

7 Arnaud, Essai sur la condition des Juifs de Provence au moyen âge, p. 22. 

8 Arch. d'Arles, fonds Véran, armoire 34, mélanges. Répartition d'une contribu- 
tion imposée à la communauté générale des Juifs de Provence (19 mars 1419-1420), 
d'ap. le registre d'Ant. Olivari, 1419, f° 45 : 

« Noverint universi quod, in mei publici notarii et testium inferius nominatorum 
ad hec specialiter vocatorum et rogatorum presentia, existentes et personaliter consti- 
T. XLI, N° 81. S 



6C REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

La communauté dos Juifs rie Provence ne pouvait subvenir à ces 
impôts extraordinaires que par des empruuts : le remboursement 
devait s'en (aire à partir de 14-21, au moyen de versement, annuels 
fournis par une taxe prélevée dans chaque communauté, et les 
délégués avaient précisément pour mission «l'établir la part de 
chaque ville : c'est ainsi qu'Arles se trouva taxée pour 000 florins, 
alors que Marseille ne l'était que pour 400, Aix pour 275, Salon 
pour 50 et les autres communautés ensemble pour 415 florins . 

La répartition se faisait entre les membres de chaque commu- 
nauté suivant la fortune de chacun, et l'on sait de quelle façon 

l.lt marier Bendiz de Borri.no, Abr.m de Carcasso.a, phisici, Bo.senhor de 
SoST Ae"r» Die.losal, b.ylo.t u.iversitat.s j.dayce arelate.s.s, \s.c N - 
Oan Crescas Or-erii, marier Durantus Av.cdor, phisicos, Bo.etus M cdor, Ma- 
lus d B lusi labiU.ores civiLti. Areta.is praedicle ; item Léo V.das de La- 
s Garde us ^bran» de Biturrlf, receptores comput.ru,. , bab.tatores crvrlafs 
ma'ssm U, -ut d.eeba.t, item ma'-ister M.rdocheo, de Carc..son., £. <**«<£ 
Crescas de MoutiUis, cembailo.us, bab.tatores cml.U. .que.... .^ . . «- «-nu 
Vidas, combailonus bal.tatorque loci Th.r.scoms... un. Jacob , Jo ei h b at« 

pt. s%; m™HsTer°Leo Mardochei, sirur^ius ville Dr.guini.oi,,. cum om.e, 

.ecessariis, i. babe.da quada,. maxn.a pecan..ram •""»»•'. P™^ * 1 "^ ~ , 2 

ne-otiis occure.tibus et tangeotibus drclas universités, occas.one et r^peelu au 
,ô m "m nocher i.npositoru.n ad utilitatem et corooduo, s.c.aru™ Ma esU- 

nialem hujus modi summam, de que supra habetur, solutions quehbet et pro anno 
quoUbe summam duorum milium centum et quadraginta Qor. aun non excédant 

vcrsitas jud.vca dicte civilat.s arelale.sis pro quotta sua sive particule de d ■"■ S"T°» 
p cu.ie J an.uali et pro .... quolibet vidolict soxcoutos floren» , tomun. «m» 
[u dal ca cv.tatis inassU.e.s.s p» OUoU. a» stvo portion ^ ^^'^ 
similiter î>ro anno quolibet, videlicet UUU^ llorenos, iwui j - 

2Z?. uens,s pro\uotla sua s,ve particula soient s, ■*£ P^ , »£ 
videlicet CCLXXV llorenos; item universités judaica oc ^ ' j ™ , ^„ os . 

quadrin-entos et quindecim llorenos aun.. . - 

i On remarquera que le total de ces chiiïres ne donne ni 2140 il. ni "M**™™ 
denx derniers chiffrée sont successivement indiqués, par une erreur de notre copie, 
comme montant total des versements à eiïectuer chaque année. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 67 

— par les manifestes — il était procédé à l'évaluation de cette 
fortune. On retrouve à Arles le système généralement usité 1 , 
système d'ailleurs officiellement reconnu en Provence 2 : la décla- 
ration publique sous la foi du serment. Le 23 novembre 1415 3 , 
l'official donne pour un an aux bayions, M es Bonsenhor Asday, 
médecin, Bellant Bellanti, chirurgien 4 , Salomon Avigdor et Bon- 
dias de Saint-Paul, l'autorisation 5 de prononcer le herem à l'oc- 
casion des « manifestes ». Vers 1435 cependant il semble que l'es- 
timation des hardes et outils ait été confiée à quatre prudhommes 
spécialement désignés G . 

Il est intéressant de noter comment, dans le dernier quart du 
xiv 9 siècle, les Juifs d'Arles cessèrent un moment de faire partie 
de ce « syndicat » des communautés provençales. On sait qu'en 
1382 la mort de la reine Jeanne laissait en présence deux compé- 

1 I. Loeb, Rèqlement des Juifs de Castille en 1452, Revue, XIII, 207. 

2 Ordonnance du roi René (Marseille, 28 janvier 1437-1438) prescrivant aux Juifs 
du comté de faire remettre au trésorier royal une déclaration de leurs biens, qui ser- 
vira de base soit à la taille annuelle du vingt-quatre juin, soit aux impôts extra- 
ordinaires, déclaration qui devra être faite « sub pena anathematis et maledictionis 
Judeorum quam herem appellant » (Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 97, d'après Yétendu de 
G. Rairaundi, notaire, 1438, l« r cahier). 

3 No IV. 

* On remarquera en parcourant ces quelques textes combien, malgré les efforts de 
l'autorité ecclésiastique (G allia christiana novissima, par le chanoine H. Albanès et 
le chan. U. Chevalier. — Arles, col. 862), les médecins juifs ont été nombreux à 
Arles. Le ms. 225 renferme deux actes intéressants sur ces médecins : 1° la « li- 
centia practicandi » obtenue, le 15 mai 1402, par un étudiant juif, Salomonet Aviczor. 
Cette licence est accordée par un représentant du viguier royal, après soutenance 
publique d'une thèse par le candidat, en présence de quatre médecins, dont un Chré- 
tien, maître du jeune Aviczor, et trois Juifs : Heliot d'Arles, Salves de Bourrian et 
Crescas Salamias. Aviczor présente sa thèse : «...palam et alta et intelligibili voce... 
existons pedes, cum omni reverentia... proposito suo exordio sive proemio et ornate, 
unicam posuit questionem ad modum dispute, proponens titulum sub forma in simili 
usitata, paratus illam sustinere et deffendere cuicumque arguenti, quantum ejus 
sensus, scientia et discretio poterit subvenire, dicens rationes quam plures et allegans 
textus et glosas... librorum, institutionum, canonum perilissimorum doctorum... » 
Les médecins, sous la foi du serment, prêté pour Pun « ad sancta Dei evangelia », 
pour les autres « ad legetn Moysi, scripturis hebraycis manibus suis tactis », déclarent 
le candidat digne d'être reçu. Colui-ci prête à son tour serment « de practicando et 
exercendo dictam artem médecine, bene et legaliter sine exceptione sive differentia 
personnarum. . . » et il est alors déclaré reçu (ms. 225, p. 278). — 2° un certificat 
de visite d'un lépreux (18 mars 1427-1428) signé de deux médecins Chrétiens et 
de Bendich de Bourrian (ms. 225, p. 68). 

5 Elle est, d'ailleurs, donnée sous une double réserve : 1° l'official doit être préa- 
lablement prévenu; — 2° pour la levée de l'excommunication il faut en référera lui. 

6 Procès-verbal d'entrée en fonction des bayions (17 juillet 1435 ; fonds Véran, 
mélanges de titres, armoire 34) : « ... Dicti Durantonus Dieulosal et Aron de Ne- 
mauso, nomine ipsorum et adherentium iu bac parte, requisiverunt quod articulus 
ultimus et noviter factus, continens quod quilibet Judeus vel Judea debeat vestes 
suas et alia utensilia domus ac alia in dicto articulo comprehensa extimare, quod 
eligantur per cousitium quatuor, qui, eorum mediis juramentis more solito prestandis 
super rotulum, habeant illa extimare juxta eorum conscientias. .. » 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tueurs : Louis d'Anjou, frère de Charles V, roi de France qu'elle 
avait adopté en juin 1380-, et Charles de Duras, neveu du vieux 
roi de Hongrie. Deux partis se forment alors en Provence, e 
Louis doit venir faire une campagne de menace autour d Arles et 
de Tarascon', avant de partir pour l'Italie, oh il va trouver la 
mort (1384). Son fils et successeur, Louis II, n'était encore qu un 
enfant. Très habilement, pour lui ramener les sympathies, la r«- 
aente Marie entreprend un voyage diplomatique en Provence 
C'est ainsi qu'à la fin de 1385 la reine et le jeune roi se trouvent 
à Vrles et que le 10 décembre, après avoir solennellement juré de 
respecter les privilèges de la ville, ils reçoivent le sermen de (.dé- 
lité des syndics. Les Juifs n'avaient pas été oublies dans la « con- 
vention ». Louis II leur confirme la possession de leur synagogue, 
de leurs rues et de leur cimetière, et maintient les prmlègesqui 
leur avaient été accordés par ses prédécesseurs. Mais une clause 
est particulièrement intéressante : le roi établit sur les Juifc 
d'Arles une taille de 200 florins, et par là la « commune . se 
trouve formellement exemptée des charges imposées aux autres 
Juifs du comté, « cum ipsa urbs arelatensis et ejus cives proprns 
,, moribus, pactis, convention^. . . vivant et utantur, prorsus 
» separati ab aliis tribus statibus et singularibus person.s dicto- 
» rum comitatuum 3 . . . » , . 

La communauté d'Arles se trouvait donc brusquement séparée 
des autres communautés ; cette séparation entraînait une liqui- 
dation financière : il fallait déterminer la part qui lui revenai dans 
le passif de 1' « union » des communautés. C'est la fin de cette li- 
quidation que nous montre une pièce datée de 1402, pub hée iici 
sous le n» 111. D'un acte dressé le 14 tamouz 5541 = juillet 1381, 
il résultait que l'union devait environ 800 florins d'or, montant 
d'avances faites par des coreligionnaires riches*, sans le secours 
desquels les tailles n'auraient sans doute pas pu être payées à 
temps. On y pourvut par une nouvelle taxe. Deux trésoriers 
furent nommés pour faire rentrer cette contribution et rembourser 
les créanciers. En même temps, les communautés déléguaient, 

I Lecoy de la Marche, Le Roi René, l. I.pjl 

« J F de Gaufridi, Bittom de Province (Pane, 1 123), t. 1, p. M». 

> 6L concernions entre Charles 1- et Lnyt il cl les atoyens de h r.«. d Arles, 

t# Ml Wl.it même parfois s'adresse,- on dehors du comté. Voir ^Mio. nalionale. 
nouv. acquis, lat. 1368, p. 218-219 (eitr.it du protocole de Pous lWe h, notaire )^ 
reçu donné par le représentant ,1c Bondinelli Rossilhon. de Lucques, b njlnn kO» 
cou Arou Cassiu, d'Arles, Salcnou de Marseille, de larascon et Boue. Or ..r 
d'Anes, représentants des communautés de Provence, .1 une ^J^g^g 
Florence eu solde d'une obligation ,1e 2,00011. a lut souscrite le 23 décembre W0Ô pa 
les . syndici majores . de l'union (Arles, 23 lévrier 1356-1387). 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 69 

avec l'autorisation du sénéchal de Provence, cinq commissaires : 
M es Salomon Orgier, Salomon Cohen, Boniac Vital, Crescas Na- 
than et Astruc Rosse), chargés de répartir entre elles cette dette 
de 800 florins. La contribution d'Arles fut fixée à 142 florins d'or, 
6 s. et 3 d. Les bayions d'Arles versèrent directement cette somme 
à deux créanciers ou plutôt à leurs ayants droit. Le reste de la 
pièce comprend précisément la double quittance donnée aux bay- 
ions et par l'un des trésoriers généraux et par les créanciers *. 

Cet isolement de la communauté arlésienne ne dut d'ailleurs 
pas durer : la mère de Louis II, dont l'habileté fut, du reste, mer- 
veilleusement servie par l'assassinat de Charles de Duras, sut pa- 
cifier le pays, et le 1 er novembre 1389 2 elle faisait couronner le 
jeune prince à Avignon 3 . 

On le voit, les textes publiés ici peuvent surtout servir à l'étude 
de l'organisation administrative et financière de la communauté. 
Cependant, deux de ces pièces apportent quelque lumière sur 
deux institutions particulièrement intéressantes : une œuvre cha- 
ritable et une fondation scolaire. 

Le 22 avril 1401 \ les deux bayions, maître Crescas Salamias et 
Vital Calhi, se présentaient, accompagnés de trois autres notables, 
devant le juge d'Arles et lui exposaient leur intention de recons- 
tituer une confrérie charitable d'après les principes de Yholim 5 
qui avait existé autrefois : ils demandaient donc l'autorisation de 
se réunir pour établir un règlement et organiser le fonctionne- 
ment de cette œuvre. L'autorisation fut accordée le jour même 
pour une période de vingt ans. Cinq membres de la communauté 

1 Cette partie de l'acte est intéressante en ce qu'elle nous renseigne sur une fa- 
mille connue de cette époque. L'un des créanciers semble avoir été le célèbre Ben- 
dtg Aym qui fut médecin de la reine Jeanne (Blancard, Inventaire sommaire des ar- 
chives des Bouches-du-Rhône, série B, t. I, p. 3. — Gross, Grallia judaica, p. 85). 
Marié à Estes, il avait eu quatre filles : 1° Creguda, mariée en Savoie à Léon Jacar ; 
2° Englesia, femme de maître Tauros Bondias et mère de Dulcieta et d'Astrugeta; 
3° Reine, veuve d'Abraham Avigor, médecin comme son beau-père, que la pièce 
n° V nomme plus complètement Abraham Bonet Avicdor et que par suite on pour- 
rait, malgré le scrupule de M. Gross [G allia judaica, p. 334), identifier avec le méde- 
cin de Montpellier du même nom ; d'autre part, il semble bien que c'est le fils de 
Reine et d'Abraham Bonet qui fut solennellement baptisé, à Arles le 5 mai 1409, 
sous le nom de Louis Ramon et eut pour parrain le roi Louis (voir la Chronique de 
Bertrand Boysset, dans Archiv fur Litteratur uni Kirchengeschichte des Mittel- 
alters, t. VII (1893), p. 385) ; 4° Bonafilia, femme de Bonsenlior Brunel, également 
médecin. 

' Lecoy de la Marche, Le Roi René, p. 23. 

3 On a vu qu'en 1419, Arles faisait certainement partie de l'union des commu- 
nautés. Voir ci-dessus, p. 65, n.8. 

* N° II. 

5 Sans doute bikkour holim « visite des malades », ou simplement leholim « pour 
les malades ». 



70 REVUE DES ETUDES JUIVES 

furent désignés par leurs coreligionnaires avec commission de 
préparer un règlement, et, dès le 2 mai, la confrérie soumettait 
ses statuts à l'homologation du juge, en môme temps qu'elle lui 
demandait de l'autoriser à se défaire d'un certain matériel ayant 
appartenu à l'ancienne aumône et devenu inutile et encombrant. 

Cette confrérie était à la fois une association de secours mu- 
tuels et un groupement charitable étendant ses bienfaits en dehors 
même de ses membres. Elle avait pour but, disaient les organisa- 
teurs , l'aumône, la visite des malades, l'ensevelissement des 
morts. L'œuvre, qui au moment de sa constitution comprenait 
dix-huit adhérents, est dirigée par deux administrateurs nommés 
chaque année et rendant leurs comptes devant deux membres de 
la confrérie. Elle est entretenue par une cotisation annuelle de 
3 gros, payée par chaque sociétaire. Ces cotisations sont utilisées 
en secours : chaque pauvre doit recevoir, qu'il appartienne ou non 
à la confrérie, 2 gros d'argent par semaine; à l'issue de Pâque, 
les administrateurs distribuent du pain à toutes les familles beso- 
gneuses. Les confrères s'engagent, en outre, à veiller tout membre 
de la communauté, faisant ou non partie de Vholim, qui tombe- 
rait gravement malade. Les administrateurs doivent désigner, sans 
doute à tour de rôle, ceux des membres chargés de ce soin pieux ; 
les membres désignés peuvent cependant se faire remplacer à 
leurs frais par un autre veilleur. Enfin, les confrères doivent 
accompagner jusqu'au cimetière tous les enterrements et entourer 
de leurs consolations les amis du défunt l . 

D'autre part, un acte du 28 décembre 1407 - nous renseigne sur 
l'organisation ou plutôt la réorganisation d'une école publique. 
Vers la fin du xiv° siècle, deux maîtres étaient chargés d'instruire 
gratuitement les enfants pauvres de la communauté. Mais en 1407, 
cette école était fermée, sans doute faute d'argent. Un médecin, 
Arlésien d'origine, mais établi à Valence, maître Ilélias, entreprit 
de donner à ses compatriotes les moyens de la rouvrir. Le 23 dé- 
cembre, Abraham de Villeneuve et Vital Calhi convoquent la com- 
munauté à la synagogue, où deux représentants de maître Hélias, 
Crescas Salamias et Durand Avicdor, présentent, rédigées en un 
double texte hébreu et provençal, les règles et conditions suivant 

1 D'après la première requête adressée au juge par les organisateurs, il sem- 
blerait que la confrérie annonce linteution de veiller, en outre, a la sépulture des 
morts, mais cette indicaliou ne se retrouve pas dans les statuts et rien ne dit que 
les conlrères soient chargés des soins qui reviennent ailleurs aux « neleiadors 
des mors » (cf. R. de Mauide, Les Juifs dans les Etats français du Saint-Siège 
au moyen âge, p. 142; P. Vidal, Les Juifs de Routsillon et de Cerdagne, Revue, 
XV, p. 41). 

» iV V. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 71 

lesquelles devra être organisée cette fondation. Le donateur s'en- 
gage à faire à la communauté une donation de 1,000 florins, dont 
le revenu sera employé à l'entretien de deux maîtres. Cet ensei- 
gnement est public, mais particulièrement réservé aux enfants 
pauvres. L'un des maîtres est chargé de l'étude du Pentateuque 
et des livres des Prophètes, l'autre du Talmud. Il y a ainsi deux 
degrés d'enseignement et cette différence se manifeste par une 
différence de traitement : le professeur de Talmud est payé 30 flo- 
rins par an, le professeur de Pentateuque 20 florins seulement. 
Par exception, et pendant quatre ans à partir de 140*7, la somme 
de 50 florins sera également partagée entre les deux maîtres. L'ad- 
ministration de l'école est confiée à des gouverneurs choisis par 
le fondateur dans sa famille et parmi ses amis, et dont les fonc- 
tions devront se transmettre de père en fils l . Le donateur indique 
quelques-unes de leurs obligations : ils devront maintenir cette 
fondation sans y rien changer, résider à moins de 50 lieues 
d'Arles, et, en revanche, ne pourront pas être dépossédés de leur 
charge par la communauté. — En reconnaissance de cette libé- 
ralité, maître Hélias demande qu'une prière soit dite à perpétuité 
pour lui et ses enfants, par l'officiant, le jour de Simhat Tora. 

Cette donation n'est cependant pas tout à fait irrévocable. Une 
clause réserve, pendant quatre ans, à maître Hélias la possibilité 
de demander la restitution de 500 florins, à raison de 125 florins 
par an, pour le cas où la nécessité l'obligerait à faire cette récla- 
mation. Dans ce cas, la « commune » pourrait diminuer le traite- 
ment des deux maîtres proportionnellement aux sommes restituées 
et même supprimer le cours de Talmud ; cependant si, après cette 
suppression, la somme disponible chaque année se trouvait supé- 
rieure au traitement du professeur de Pentateuque, on laisserait 
ces excédents s'accumuler jusqu'au moment où ils constitueraient 
un fonds suffisant à l'entretien du deuxième maître. Ces réserves 
assez compliquées devaient d'ailleurs tomber au bout de quatre ans. 
Remarquons, enfin, que la donation de maître Hélias consiste 
— comme beaucoup d'actes de libéralité au moyen âge — à la fois 
en un versement effectif et en une remise de dette. D'une part, il 
donne quittance à la communauté d'une somme de 850 florins, 
reste d'une obligation de 2,400 florins et, d'autre part, il s'engage 
à verser 150 florins dans un délai de deux mois. 

La communauté d'Arles, réunie le 23 décembre, accepta cette 
« aumône » ; cependant elle crut devoir compléter sur quelques 
points les règles posées par le fondateur. Ainsi, elle décida, par 

1 Les premiers gouverneurs désignés sont, outre les petits-fils du donateur, maître 
Bonsenhor Asday, Grescas Salamias et Reine, veuve d'Abraham Bonet Avigdor. 



72 REVUE DES ETUDES JUIVES 

une mesure des plus curieuses, que, si pour une raison quelconque 
cet enseignement venait à être interrompu, les bayions de la com- 
munauté à' Avignon pourraient être désignés par les héritiers du 
donateur pour intervenir, obliger les Arlésiens à fournir l'argent 
nécessaire et rétablir l'école, sans pouvoir naturellement la trans- 
porter ailleurs qu'à Arles même l . D'autre part, en vertu de la do- 
nation, la nomination des deux maîtres appartenait exclusivement 
aux gouverneurs de l'école. Dès le 23 décembre, ceux-ci consen- 
tirent à partager cette prérogative avec la communauté, sous la 
double réserve que les maîtres choisis seraient Arlésiens et n'ap- 
partiendraient pas à la famille des gouverneurs *. 

Il est regrettable que nous ne puissions pas suivre l'histoire de 
cette fondation, qui a dû survivre. Le premier maître de Talmud, 
nommé par l'acte de fondation même, avait été Rabbi Joseph, fils 
de Rabbi Matassiès. On connaît, d'autre part 3 , l'engagement de 
Tonian, fils de Durand Dieulosal, de Beaucaire, comme maître d'é- 
cole aux appointements de 20 florins pour dix mois (30 décembre 
1447), et le 10 novembre 1451 un certain Guillaume Pernelli, qui 
porte le titre de recteur des écoles juives, délivre quittance à la 
communauté d'Arles des 4 florins qu'elle donne chaque année les 
jours de sainte Catherine et saint Nicolas *. 

Il nous reste à dire quelques mots de la fin de cette communauté. 
On sait quels troubles en marquent l'histoire dans le dernier quart 
du xv° siècle. En droit, les Juifs étaient considérés comme ci- 
toyens 5 . En fait, on ne leur ménageait pas les vexations. La pé- 
riode de Pâques ramenait fréquemment ces excès. En 1433 6 , le jour 
du mardi-gras, V « abbé de la jeunesse 7 » et ses compagnons con- 

1 Registres de M e Antoine Olivari, notaire, extensum de 1 407, f° 54. 
1 Ibid., fol. 55. 

3 Musée, revue artésienne, 1878-1870, p. 40. 

4 Nous trouvons dans le ms. de Bonemant copie de deux ventes de livres que nous 
pouvons noter ici : 1° 18 novembre 1420 : Vente par Salomou Bendich, de Tarascon, 
à Meyr Vital, d'Arles, d'une Bible en hébreu, au prix de 3G florins d'or -ms. 225, 
p # 179). 2° 1 3 mars 1430-31 : Vente par Samuel de Largentière, d'Arles, à son beau- 
père, lsac Parât, au prix de 25 11., d'un livre ainsi décrit : « librum sive bibliam in 
perg'ameno, desèriptam ebrayee, nominatam in ebrayco Magdcssia, et cum tribus 
columbellis in quolibet folio sive carta, quic incipit in secuudo quaterno Et semo et 
finit in penultimo quaterno Ilanania, quaî quidera biblia scripta esl in liltera ebrayea 
quadrata » (ms. 225, p. 356). Cf. P. Vidal, Les Juifs de Rousstllon et de Cer- 
dagne, Revue, XVI, p. 178, le legs d'un livre appelé Macdassia . in quo est tota 
Biblia .. 

» Deux conventions entre Charles I et Lovys II et les citoyens d'Arles, f° 42 v» 
.... Cum Judaei habitantes in predicta urbe... et qui pro tempore habitabunt sint 
et esse intelligautur cives ipsius urbis. . . » 

6 Voir pour cette date, pièce n° VII, note 1. 

7 Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 08 : « Eodem anno Judei gajati fuerant per Pelrum 
de Ponte, abbatem sociorum gajantium, nec non per nobiles Jobannonum Porcelletti. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 73 

traignirent les Juifs à leur payer la « pelotte l ». Déjà, l'année 
précédente, les Juifs avaient dû donner des gages ; cette fois en- 
core ils s'exécutèrent. Mais ils s'adressèrent aussitôt au gouver- 
neur de Provence et, trois jours après (28 février), son lieutenant, 
Bertrand de Beauvau, leur faisait faire restitution de ces gages et 
prescrivait au viguier d'Arles d'empêcher le renouvellement de ces 
griefs 2 . 

Mais ce n'était là qu'une mauvaise plaisanterie de jeunes gens. 
Les mouvements populaires qui éclataient contre les Juifs étaient 
autrement graves. En 143G 3 , en 1480 4 , on peut deviner des vio- 
lences contre eux. En 1484, le 8 5 ou 10 G mai, une bande de mois- 
sonneurs étrangers, probablement sans travail, envahissent la jui- 
verie 7 , massacrent deux femmes, obligent les hommes à se con- 
vertir s et mettent tout au pillage 9 . La carrière était devenue 
inhabitable : il fallait aviser à en loger les habitants ; le 18 mai, le 
Conseil de ville nomme quatre commissaires pour étudier la ques- 
tion avec le sénéchal 10 . Nous ne savons quelle solution fut adoptée. 
— Après l'attentat, les moissonneurs avaient pu se retirer et s'é- 

fîliura Alziasissii, Stephanum Romeum, filium Johannis, et Bertrandum de Montero- 
tundo. . . », elc. 

1 Ce sont en principe des «étrennes» données aux « abbés de la jeunesse » ou 
« princes d'amour » par les jeunes mariés. Ce droit lut disputé en 1489 eutre les jeunes 
nobles et les bourgeois. Cf. Musée, Revue historique et littéraire, \<* année, n° 1 
(janvier 1868), p. 22. — Voir pour les rapports des Juifs d'Avignon, de Bédarrides, 
de Carpentras avec le « capitaine » ou 1' « abbé de la jeunesse », Achard et Duhamel, 
Inventaire- sommaire des archives départementales antérieures à 1190. Vaucluse. 
Archives civiles, série B, t. I, pp. 367-308, et P. Char penne, Histoire des réunions 
temporaires d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France, t. il, 457. 

* Au xu-xin e siècie, les Juifs du bourg d'Arles étaient soumis à une redevance 
vexatoire que font connaître deux actes de 1162 et 1234. Les pêcheurs d'Arles étaient 
tenus de porter aux religieux de Monlmajour le premier esturgeon œuvé péché 
chaque année. En échange les pêcheurs qui avaient apporté le poisson pouvaient 
exiger 20 (ou 25) deniers du premier Juif qu'ils rencontraient en rentrant [Mutât, 
1874-1875, p. 65). 

1 Gross, Monatsschrift, 1878, p. 96. 

* De Noble-Lalauzière, Abrégé chronologique de l'histoire d'Arles, p. 301. 

5 Steinscbneider, Cat. mss. hébr. de Hambourg, dans I. Loeb, Les Juifs de Car- 
pentras, Revue, XII, p. 180. 

6 Mémoires d'Honoré Valbelle, dans P. Louvet, Additions et illustrations sur 
les deux tomes de l'Histoire des troubles de Provence (Aix, 16S0j, t. I, p. 59. 

7 Voir sur l'emplacement de la juiverie, une requête des Dominicains d'Arles au 
Saint-Siège (26 juia 1376), publiée par le P. Deuiile, Arnaud de Cervole, dans Mé- 
langes de littérature et d^histoire religieuse publiés à l'occasion du jubilé épiscopal de 
Monseigneur de Cabrières, t. I, p. 476. 

8 Gross, Monatsschrift, 1878, p. 200. 

9 11 s'est gardé aux archives de la ville un fragment de Pentateuque, débris re- 
trouvé par un des consuls, Johan Bastou, après le sac de la carrière. Il y a ajouté 
une note qui montre l'état de la juiverie à ce moment : « . . . fuit destructa. . . • dit- 
il {Musée, 1868, p. 21). 

10 BB, 5. Livre des conseils, 29 septembre 1484. 



74 REVUE DES KTUDES JUIVES 

taient dirigés vers Tarascon 1 ; mais il semble qu'un assez grand 
nombre d'Artésiens avaient profité do sac de la juiverie pour taire 
main basse sur certains objets : ils furent arrêtés et punis. Il est 
vrai que quelques mois plus tard (29 septembre), le Conseil, crai- 
gnant que les condamnés ne quittassent la ville pour échapper à 
l'amende*, intervint auprès du sénéchal pour lui demander de 
réduire cette peine. Le sénéchal refusa sans doute, car, le 21 no- 
vembre, le conseil renouvela sa démarche en demandant une sus- 
pension de la peine 3 . — La ville s'inquiétait moins, semble-t-il, 
de conserver ses Juifs. Quelques familles avaient quitté Arles pour 
se réfugier à Avignon 4 ou à Tarascon •>. Cependant le plus grand 
nombre avait dû rester. 

Au printemps, le conseil prit quelques précautions : deux loges 
furent élevées, à la carrière et près la porte de la Cavalerie, pour 
mettre les provisions à l'abri 6 . Ces mesures étaient justifiées : 
au mois de juin, les Juifs furent de nouveau attaqués et des vio- 
lences furent même dirigées contre la police municipale qui, sans 
doute, voulait intervenir 7 ; quelques Chrétiens furent peut-être 
tués dans la bagarre s . Les malfaiteurs purent encore s'échapper 
et se réfugièrent dans la direction de Montmajour : le 12 juin, le 
Conseil envoyait six hommes à leur poursuite 9 . L'année suivante, 
l'approche de la moisson fut marquée par les mêmes précautions : 
le 4 juin, les Juifs sont autorisés à s'entendre avec le capitaine 
pour se faire garder à leurs frais 10 ; ils font renouveler 11 la sauve- 
garde qui leur avait été donnée à la fin de 1481 12 , et il semble 
que cette fois les mesures furent suffisantes. 

Mais à Arles on commençait à trouver gênants ces « citoyens » 
dont la présence entraînait chaque année des désordres dans la 
ville ; les émeutiers lancés contre les Juifs pouvaient se tourner 
vers les maisons chrétiennes. Aux mouvements populaires suc- 
cèdent des prohibitions légales. En 1488, reprenant les ordon- 

1 S. Kahn, Les Juifs de Tarascon aie moyen âge, Revue, XXXIX, p. 110. 
s BB, 5. Livre des conseils, 29 septembre 1484. Celte crainte même indique que 
les coupables devaient être assez nombreux. 
» Ibid., 21 novembre 1484. 

« Bardinet, Les Juifs du Comtal Venaissin, dans Rev. historique, t. XIV, p. 2. 
5 S. Kabn, loc. cit., Revue. XXXIX, p. 110. 
BB, 5. Livre des conseils, 19 avril 148!j. 
7 S. Kabn, loc. cit., Revue, XXXIX, p. 111. 
* V IX, p. 97. 
» BB, 5. Livre des conseils, 12 juin 1485. 

10 Ibid., 4 juin 1486. 

11 Lettres royaux datées de Troyes, 1 mai 14SG, citées dans la délibération du Con- 
seil du 11 juin 1480 [ibid., 11 juin). 

11 lbid., 16 décembre 1481. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 75 

nances qui interdisaient certaines fonctions aux Juifs *, le Conseil 
décide qu'ils ne peuvent plus être courtiers, mesureurs, ni rem- 
plir aucun office public*. En 1493, ils sont entièrement expulsés 
de la ville. Déjà en 1484, suivant un mémoire rédigé à Marseille 
en 1682 3 , la Provence avait. envoyé des députés demander à 
Charles VIII l'expulsion des Juifs. En 1493, le Conseil d'Arles 
chargea Gaucher de Quiqueran, baron de Beaujeu, de négocier 
cette affaire auprès de la Cour. Il serait intéressant de savoir 
comment les conseillers de Charles VIII admirent les griefs des 
Arlésiens 4 . Toujours est-il que Gaucher de Quiqueran obtenait 
en juillet des lettres d'expulsion 5 . L'annaliste de Noble-Lalau- 
zière se contente de raconter 6 , suivant une tradition générale, 
que l'archevêque Nicolas Cibo fit chasser les Juifs, sur l'ordre 
du roi, pour raison d'usure 7 . Les lettres de Charles VIII jus- 
tifient cette mesure par des raisons d'ordre : le roi veut rétablir 
l'ordre, que trouble la population juive, et par les émeutes — 
dont elle est victime, et par les multiples tentatives de conversion 
qu'elle essaie auprès de la population chrétienne (au xv e siècle), 
et par le spectacle affligeant des erreurs qu'elle entretient. Le 
roi laisse trois mois aux Juifs pour quitter la ville ou recevoir 
le baptême; mais l'ordonnance ne fut pas appliquée avec toute 
cette rigueur. La synagogue, déjà atteinte sans doute en 1484, 

1 Par exemple l'ordonnance de Charles II en 1308 : cette ordonnance a dû s'appli- 
quer à tout le comté. M. Kahn en publie une expédition (Bévue, XXXIX, p. 274). 
11 s'en trouve une autre aux archives d'Arles, registre de police, t. I, n° 6, daiée 
du 8 mars 1308-1309. 

8 De Noble-Lalauzière, Abrégé chronologique de l'histoire d'Arles, p. 309 (H mai 
1488). 

3 Publié par J. Weyl, Bévue, XVII, 102. 

*• Cf. les lettres d'expulsion des Juifs de Tarascon (1496) : «... en toutes les 
villes... de nostre Royaume... fors oudit conté de Provence, n'y a aucuns infidèles 
ne mescreans... » (Bevite, XXXIX, p. 294). 

s N° IX. 

6 Loc. cit., p. 312. 

7 Voir P. Ehrle, Die Chronik des Garoscus de Ulmoisca vcteri und Bertrand Boys- 
set, dans Archiv fur Litteratur und Kirche.ngeschichte des Mittelalters, t. Vil (1893), 
p. 416, n. 8: Laurent André menace Boysset de le réduire à la misère et de l'obliger 
à avoir affaire à Gardet, usurier juif. — Il est intéressant de noter en face de cette 
assertion cette opinion de Bonemant sur les Juifs. • En horreur au peuple, exposé 
sans cesse à des avanies, jouet de l'avarice des comtes de Provence, qui ne les tolé- 
roient que moïennant de grosses sommes, accablé d'impôts à Arles lorsque les arche- 
vêques y avoient la principale autorité, tel a été le sort de ce peuple infortuné en 
Provence jusqu'en ce qu'ils en furent absolument et entièrement bannis » (ms. 225, 
p. 97). — D'ailleurs, remarquez qu'en 1456-1457 le Conseil de ville intervient auprès 
de la reine afin d'obtenir — vu la pauvreté des Juifs — un délai pour le paiement 
de leurs dettes (Arch. d'Arles, BB, 4. Livre des conseils, 12 janvier 1456, v. st.) — 
et qu'en 1461 les dettes de la communauté s'élevaient à 24472 florins (Blancard, 
Inventaire sommaire des archives des Bouches- du- Bhône, série B, t. I, p. 439). — Voir 
la thèse d'I. Loeb, sur la fortune des Juifs au moyen âge, Bévue, XIV, p. 65. 



76 REVUE DES KTUDES JUIVES 

fut, suivant les chroniqueurs locaux', démolie dès 1493. Ce- 
pendant, au commencement de 1494 il y avait encore des Juifs 
à Arles. Ils s'étaient même adressés au sénéchal de Provence et 
celui-ci était intervenu par deux fois * auprès du Conseil pour faire 
suspendre l'exécution. Ce n'est qu'en septembre 1494 que le vi- 
guier de Stainville, à la tête de quelques soldats, « mit hors » les 
derniers membres de la communauté 8 . Les comptes du clavaire 
constatent qu'il n'y avait plus de Juifs à l'intérieur d'Arles en 
1495*, et en mars 1496, quelques-uns des exilés ayant essayé de 
rentrer dans la ville, pour régler quelques dernières affaires, 
furent aussitôt expulsés ;i . 

Quelques-uns avaient préféré la conversion à l'exil. Déjà au 
cours du xv c siècle, sous l'appât de certains avantages, des défec- 
tions s'étaient produites c . Cette persécution en augmenta le 
nombre, et l'état dressé en 1512 pour la répartition de l'impôt levé 
par Louis XII sur les néophytes, comprend 17 Arlésiens ', qui 
avaient ainsi suivi — sans le savoir — les conseils qu'auraient pu 
leur donner les Juifs de Constantinople s . 

Mais le plus grand nombre refusèrent le baptême, fuyant à 
Tarascon' 1 , à Avignon, en Italie, dans un exil où M. Gross a su 

1 Cf. Schwab. Revue, XL, p. 76. — De Noble-Lalauzière, loc. cit., p. 312. 

* BB. 6. Livre des conseils, .'i janvier 1493-1494 et 18 lévrier 1493-1494 : . ... lo 
présent conseil a entendut cornent los Jusious que habitavon en la présent cieutat 
ont obtengut alcunas lettras de Monsenhor lo grant seneschal contenansque sien réin- 
tégras... en la présent cieutat contra la ténor del privilège a la dicha cieutat consentit 
per lo Rey, nostre soveran senhor... » 

* De Noble-Lalauzière, l. c, p. 314. 

* L. Blancard, Inventaire- sommaire des archives des Bouches -du- Rhône, série B, 
t. II, p. 146. 

5 De Noble-Lalauzière, /. c, p. 314. 

6 N° VIII : Jacques Melhellin, Juif converti, qui avait déjà demandé celte exemption 
en 1463 (BB, 4. Livre des conseils, 4 mai 1463) est dispensé, ainsi que son frère, de 
contribuer aux tailles des Juifs. — Cf. le baptême de Louis Kamon, voir ci-des- 
sus, p. 69, n. 1. 

7 II est vrai que, parmi ces nouveaux Chrétiens, quelques-uns avaient pu venir 
s'établir à Arles après 1493. 

8 Aux éditions connues de cette lettre fameuse [Revue, I, p. 119 et 301; XV, 
p. 263) ou peut joindre celle de Barcilon de Mauvans, dans sa Critique du nobilaire 
de Provence (extrait publié dans Annales des Alpes, ann. 1897-98. p. 223). — Voir 
aussi II. Graetz, But réel de la correspondance échangée vers la fin du XV e siècle entre 
les Juifs ecpatjnols et provençaux et les Juifs de Constantinople, dans Revue, XIX, 
106-114. A la rectification laite par M. Schwab {Revue, XX, 160) on peut ajouter que 
Bouis ne s'est pas trompé en datant de 1493 l'expulsion des Juifs d'Arles; l'allé- 
gation que les Chrétiens de la ville menacèrent de jeter les Juifs dans le Rbône con- 
corderait avec le récit de Véran (d'après quelle source?) où il s'agit de Juifs déjà 
expulsés et qui tentent de rentrer en ville. Ainsi 1' «adaptation • laite par Bouis est 
peut-être moins maladroite que ne semble le dire M. G. et concorderait mieux avec 
les événements qu'il ne l'indique. 

9 S. Kahn, fans Revue, XXXIX, p. 294. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 77 

en suivre et en retrouver quelques-uns *. Ils (levaient d'ailleurs 
quitter Tarascon en 1496 et, le 3L juillet 1501 2 , Louis XII les 
proscrivait de toute la Provence 3 . Cette expulsion générale fut 
renouvelée en 1660 4 , et le 11 septembre 1775 3 un arrêt du Parle- 
ment de Provence enjoignit aux Juifs qui s'étaient rétablis à Arles, 
Tarascon, Saint-Rémy, d'en sortir dans un délai de huit jours. 

P. HlLDENFINGER. 



PIÈCES 



I. 

Arles, 23 décembre 1355. — Vente par Gardeta, Abramet et Bonnizas 
de Marseille, veuve, fils et geidre de maître Vital de Bourrian, à 
Cresse Ferrier de Zunel, Juif de Sa\nt-R j ,my, habitant d'Arles, de 
deux places sises à la synagogue, l'une à l'Est, près de /'Aron et Vautre 
près du mur Nord. 

(Bibl. nationale, Nouv. acquisit. latin. 1368, p. 221.) 

Anno Domini MGCCLV et die xxiij decembris, Gardeta, uxor 
magistri Vitalis [de] Borriano 6 , quondam Judei, et Abrametus filius 
dicti quondam magistri Vitalis, et Bonnizas de Massilia, gêner dicti 
quondam magistri Vitalis, omnes très simul vendideruot Cresse Fer- 
rarii de Lunello, Judeo, de Sancto Remigio, civi et habitatori arela- 
tensi, presenti et recipienti, duas sedes scilas in scola seu synagoga 
Judeorum Arelatis, francas., quarum una confrontatur cum sede 
Gresce de Iotantibus et cum sede Taurossii de Borriano, Judei, et 
cum pariete in quo slant rotuli, qui locus dicti parietis vocatur 
laron 1 et dictus paries vocatur miczeral*\ item quamdam aliam 

1 Monatsschrift, 1880, p. 525. 

1 H. Bouche, Histoire chronologique de Provence, t. I (A.ix, 1654, f°),p. 508. 

8 Voir cependant les lettres adressées par Joseph Haccohen et les Juifs de Salo- 
nique, en 1546 et 1550, aux communautés provençales (I, Loeb, La correspondance des 
Juifs d'Espagne avec ceux de Constantinople, p. 17). 

* Véran, Annales, dans Musée, 1876-1877, p. 40. 

5 Reboul, La Provence historique, dans Bulletin du bibliophile et dx bibliothécaire, 
1890, p. 505. 

6 Ces noms répondant pour la plupart à des formes connues, nous renvoyons d'une 
façon générale aux listes pub iées par I. Loeb (Revue, XII, 190 ; XIV, 66 ; XVI, 74), 
S. Katin (ibid., XXXIX, 265), A. Blanc [Le livre de comptes de Jacme Olivier, t. II, 
1>" parlie, p. 545) et l'excellente table de G. Saige (Les Juifs de Langttedoc), sans 
oublier la Gallia de Gross. 

7 Aron, }■)-)$. 

8 Muer ah, Est. 



78 REVUE DES ETUDES JUIVES 

sedem, que est medietas unius cathedre, scitam ibidem, illam vide- 
licet que est in capite et versus parietem dicium de saffon ■ et con- 
frontatur ab alia parle cum sede Salomoiiis Nasti et cum alia medie- 
tate dicte cathedre que est Gresse Orgerii a parte iuieriori, pretio et 
nomine pretii vigiuti ilorenorurn auri de Fioreutia, quos confitentur 
babuisse, etc. Actum in hoperatofto mei notarii, testibus presen- 
tibus, etc. 



II. 

Arles, 22 avril-2 mai 140 1 . — La Cour royale d'Arles autorise la réor- 
ganisation d'une confrérie charitable et ed ratifie les statuts. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, pp. 335-336 et 337-338.) 

In nomine Domiui amen. Anno incarnationis ejusdem millesimo 
cccc primo, die xxij mensis aprilis, domino nostro domino Ludovico, 
Dei gratia etc. Noverint universi quod, existentes et personnaliter 
coustituti in regia curia arelatensi et coram viro nobili domino Ray- 
mondo Garnerii, jurisperito, judice ipsius curie, majorum more 
ibidem in eadem curia pro tribunali suo sedente, magister Grescas 
Salamias et Vitalis Calhi, Judei, bayloni universitatis judaice arela- 
tensis, nec non Creyssenlus Garacause, Vitalis Habram de Borriano, 
et Salomonetus Roberii ! Tj, Judei de Arelate, verbo exposuerunt ei- 
dem domino judici quod ipsi et diversi alii Judei, moti devotionne, 
conceperunt in se, ex caritate sincera et pro operibus pietatis adim- 
pleudis, quamdam elemosinam sive coufratriam, ebrayee dictam 
holim, ad saturan(ium egenos, sanos et infirmos, induendum nudos 
et sepeliendum defunctos pauperes Judeos, amore Dei altissimi, ad 
salutem suarum animarum ; que alias ad certum tempus et diu est 
finitum ordinata fuerat, et vaccavit, sicuti vaccat de presenti;sed 
non potestipse conceplus tractatus eflectum sortiri,nisi dicti domini 
judicis obtineatur licentia quod impune omnes Judei, qui in ipsa 
elemosina interesse voluerint et manus suas porrigere adjutrices, 
possint alterutrum monere et sese precari et requirere, ac tractare 
etiam, et se congregare et convenire in unum, eamdemque elemo- 
sinam ordinare et firmare ad tempus et pro tempore duntaxat viginti 
aunorum continuorum et completorum, quoties boc facere voluerint 
confratres ; ac priores seu rectore eligere et creare annuatim duos 
vel plures elemosine prefate, sicut conlïalribus Judeis videbitur ex- 
pedire ; et, ut manu teneant ipsam elemosinam premisso tempore et 
servetur, ordinationes quaslibet, licitas tamen, facere, statuere et 
redigere ad memoriam iu scriptis-, ac indicere talliam vel questam 
inter eosdem confratres, non alios, et inde exigere et levare, ac lar- 
giri egenis et nudis verecundisque et infirmis, ac converlere in se- 

1 Nord. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 79 

pulturam defunctorum ; et a prioribus computum reddi facere, finito 
tempore eorum regiminis, et audire, ac computorura auditores eli- 
gere pariter et creare cum potestatis plenitudine audieadi computa 
singulorum priorum, recipiendi arreyragia quomodolibet spectaatia 
dicte elemosine, et quitandi in forma, et alia demum facere, dicere, 
gerere, tractare et ordinare que circa manutentionem dicte elemo- 
sine et observantiam negociorumejus et bonorum ordinationem fien- 
dam, adeo quod ipsa elemosina Arma sit ac teneat dictorum viginti 
annorum tempore, necessaria fnerint et pariter oportuna. 

Et dictus dominus judex sedens, ut supra, more majorum, pro 
tribunali suo in eadem curia. auditis expositione et requisitione 
verbalibus supra factis, ipsam requisitionem admittens, ratione sui 
processus et devotionis concepte, attendens quod opus pium et salu- 

tiferum continet ad omnia,concessit ■ licentiam postulatam 

ad spatium viginti annorum continuorum et completorum, initia- 
torum hoc die presenti, sicut et prout fuerint per antedictos bay- 

lonos et Judeos requisita De quibus omnibus supra dictis 

predicti bayloni et Judei, nominibus eorum et aliorum quorum in- 
teresse poterit, sibi petierunt, et concessit dictus dominus judex 
fieri et plura publica instrumenta per me notarium infra scriptum. 
Actum fuit hoc Arelate, in dicta regia curia, testibus presentibus 
circumspecto viro domino Bernardo Teysserii, jurisperito, magistris 
Hugone de Auxonis, Trophimo Grasseti, notariis, et pluribus aliis 
de Arelate vocatis ad premissa, et me Anthonio Olivarii publico et 
dicte curie notario infra scripto, etc. 

Postque anno quo supra et die secundo mensis maii, noverint uni- 
versi quod, existentes et personaliter coustituti in regia curia supra 
dicta et coram domino judice predicto, more majorum, in eadem 
curia, pro tribunali suo sedente, Beuediehetus de Ganeto ', syrur- 
gicus, et Salomonetus de Mayranieis *, Judei de Arelate, electi seu 
ordinatipriores sive rectores elemosine nove ordinate predicte et con- 
cesse, ebraice dicte holim, ut cavelur superius, exposuerunt eidem 
domino judici quod, virtute concesse dicte licentie, bayloni et certi 
alii Judei ab eis deputati se congregarunt et diversas ordinationnes 
fecerunt ut incipiatur dicta elemosina et incepta teneatur, guber- 
netur et servetur pro tempore superius ordinato ; quas et nomina 
confratrum ac priorum et auditorun computorum primorum des- 
cripserunt in quadam cedula, quam dicto domino judici realiter exi- 
buerunt, obedientes ordinationi supra facte per dominum judicem 
predictum; ulterius, quia, ut superius expositum fuit prefato do- 
mino judici, dudum ordinata et incepta dicta elemosina per alios 
Judeos fuerat ordinata, quamvis vaccasset per maximum tempus, et, 
eo tempore quo fruebatur et fiebat ipsa elemosina, confratres et 

1 Ainsi dans le ms. de Bonemant. Voir le dernier aliéna de cette pièce. 
» Plusieurs localités portent ce nom dans la région, dont deux dans le département 
des Bouches-du-Uhône. 

3 Meyrargues, Bouches-du-Rhône, cant. de Peyrolles, arr. d'Aix. 



80 RK VUE DES ETUDES JUlVfcS 

priores qui tune erant ejusdem elemosine certas res acquisiverunt, 
tune necessarias dicte elemosine, nunc vero inutiles et sine fructu, 
requisiverunt igitur dicti novi priores seu rectores ejusdem elemo- 
sine prenominatum doniinum judicem cum omui reverentia et 
honore quatiuus dignetur, pro evidenti comodo ipsius elemosiue, eis 
concedere et licentiam dare vendendi omnes et singulas res dicte 
veteris elemosine minime necessarias nove elemosine predicte, et 
earuin pretium habendi et recipiendi ac expendendi et convertendi 
exinde in utilitatem et comodum elemosine nove predicte, et, in hoc 
quod expedieril, erogandi pauperibus et egenis personis judaicis 
verecundis, sanis et infirmïs, ac nudis cooperiendis et in aliis piis 
causis, ad quas ordinata est, ut premititur, elemosina prelibata. 

Et dictus dominus judex, sedens, ut supra, pro tribunali suo, re- 
cepta et visa dicta exhibita cedula ac perlecta, admissis omnibus et 
singulis ordinationibus descriptis in eadem, tanquam procedentibus 
ex ralione, pro futura memoria ordinavit et voluit eamdem cedulam 
de verbo ad verbum inseri, regestrari et describi per me supra et 
infra scriptum notarium in hoc presenti et publico instrumento ; 
nichilomiuus voluit et licentiam tribuit dictis novis prioribus seu 
rectoribus, pariter et concessit vendendi omnes et singulas res dicte 
veteris elemosine, nunc inutiles et sine fructu nove elemosine pre- 
fate, ad in quantum vel sive in quanta, prout melius fieri poterit,ad 
utilitatem elemosine prémisse, ordinans illarum pretium dicti prio- 
res habeant et recipiant, ac convertant et expendant in piis causis 
et aliis beneficiis tangentibus elemosinam predictam. Ténor dicte 
exhibite cedule sequitur in haec verba 1 : 

« Isti sunt electi pro universitate Judeorum arelatensium et 
maxime per confratres helemosine nominate holim ad eligendum et 
ordinandum quid agendum fuerit super facto dicte helemosine : 

» Et primo Creychent Garacausa, Gardonct de Gavalhon', Maistre 
Bendich Bon Senhor, Samuel del Barri, Salamonet de Mayrarguas. 

» Et isti ordinaverunt quod anno quolibet eligantur duo homines 
Judei rectores et duo alii ad audiendum computum. 

» Et primo fuerunt electi rectores presentis anni : Magister Ben- 
dich Bon Senhor et Salomonetus de Mayranieis. Item et auditores 
compotorum Garson de la Voûta 3 et Isac Josse Ravan (?). 

s Item ordinaverunt supradicli quinque Judei prius electi quod 
quisque Judeus de dicta confratria solvat anno quolibet très grossos, 
tempore ordinato per dictos rectores. 

» Item ordinaverunt quod, si quisque Judeus pauper, qui non sit 

1 Nous publions ces statuts d'après un exemplaire original heureusement conservé 
par les soins de Bonemant. Il semble mC'ine que cet exemplaire soit celui qui a servi 
à la rédaction primitive : il comporte du moins une série de renvois et ratures inté- 
ressantes. Ainsi il avait été un moment question de faire veiller les malades par les 
confrères le jour comme la nuit ; puis on avait supprimé : dieque. 

' Cavaillon, Vaucluse, arr. d'Avignon. 

* La Voulte, Ardèche. arr. de Privas. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 81 

de confratria, aut quicumque de dicta confratria infirmetur, incon- 
tinent], transhactis tribus diebus, dicti rectores teneantur eligere 
duos homines de confratria ad visitandum Jadeos predictos, qui 
teneantur visitare dictum infirmum seu dictos infirmos de nocte 
tantum ; et, si dicti duo electi per dictos rectores se excusare vellent 
et nollent ire ad visitandum et vigilandum predictum infirmum, 
quod dicti duo rectores possint et debeant habere alios duo Judeos 
qui vigilent dictum infirmum sumptibus dictorum electorum per 
predictos rectores. 

» Item ordinaverunt dicti primo electi quod dicti duo rectores te- 
neantur et debeant dare cuilibet Judeo infirmo indigenti, an sit de 
confratria predicta an ne, de pecuniis pênes eos de dicta confratria 
existentibus qualibet septimana duos grossos argenti. 

» Item ordinaverunt quod dicti duo rectores teneantur anno quo- 
libet et in exitu festi Pasce Judeorum dare, tradere et deliberare 
cuilibet Judeo indigenti, an sit de dicta confratria an ne, et cuilibet 
de domo sua duos panes precio cujuslibet panis duorum denariorum 
monete arelatensis de emolumentis dicte confratrie. 

» Item ordinaverunt quod, si quis de dicta confratria, cujus- 
cumque conditionis sive status sit, decedat, quisque de dicta con- 
fratria teneatur funus illius deffuncti associare usque ad sepulturam 
et de sepultura amicos dicti deffuncti associare usque ad domum. 

» Sequuntur nomina confratrum predictorum de dicta helemo- 
sina sive confratria : Et primo Creychent Garacausa, maistre Ben- 
dich Bon Senhor, Baron Grescas, Gart de Gavalbon, Fosseri de la 
Voûta, Salomon Boniat, Guerson Bonafos de la Voûta, Samuel del 
Barri, Vidal Habram de Borriano, Salamon de Mayrarguas, Ysac 
Salvat, Astruc de Glarmont, Astruc Porfath, Ysac Jossef, Massip 
Grescas, Habram Bonafos, Bon Juas Galli, Grescas Avicdor. » 

De quibus omnibus supra dictis, predicti priores sive rectores pe- 
tierunt, et dictus dominus judex concessit sibi fieri unum et plura 
publica instrumenta per me notarium infra scriptum. Actum fuit 
hoc Arelate, in dicta regia curia, ad tribunaJe ipsius domini judicis, 
testibus presentibus circunspecto domino Bernardo Teisserii, juris- 
perito, nobili Alsiacio de Monteolivo, magistro Johanne de Lericio, 
notario de Arelate, et pluribus aliis ad premissa vocatis, et me supra 
dicto Anthonio Olivario, publico et dicte curie notario. 

Goppié prout jacet, mais en quelques endroits ici marqués par 
des points, en abrégé sur l'original et l'étendu dud. notaire de lad» 
année 1401, fol. 2 v°. 



T. XLI, n° 81, 



82 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



III. 

Arles, 12 avril U02. — Quittance de 142 florins d'or, G s. 5 d. donnée 
aux bayions d'Arles : 1° par les héritiers de maître Bendig Aym, mé- 
decin d f Arles, et d' Estes Dulcina d'Aix, créanciers de la communauté 
générait des Juifs de Provence; 2° par Boniac Vital, receveur de la 
communauté générale. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 140.) 

Anno ab incarnatione Domini millesimo quadringentesimo secundo, 
die xij aprilis. Cum dudum, et scilicet antequam esset divisio in 
patria Provincie super domino ligio eiigendo, post mortem scilicet 
felicis recordationis illustrissime domine noslre domine Johaune 1 , 
regine Jherasalem et Sicilie, [Provincie et Forchalquierii comitisse, 
communitates Judeorum] comitatuum predictorum Provincie et For- 
chalquierii essent unité, ut dicitur, et simul onera pro taliis ac aliis 
pentionibus exsolvendis subirent, in quarum numéro erat univer- 
sitas judayca arelatensis, et propter dictas res, sive occasione divi- 
sionis et guerre subsequte et assumptionis domini ligii, scilicet 
illustrissimi domini nostri Ludovici', régis et comitis dictorum re- 
gnorum et comitatuum, jam dicta universitas judayca arelatensis 
desierit nec ultra fuerit in unione predicta, quia imo manente 
eademunione starent aliqua crédita coram omnibus universitatibus 
judaycis predictis, de quibus apparebat unum pendent judaycuin, ut 
dicitur, scriptum litteris hebraycis per manus Leonis Cresque, Pas- 
saqui Aym et Cresque Bondie Cohen de Lunello, Judeorum, sub 
millesimo judayco currente tune, ut dicitur, quinque milia ce n lu m 
quadraginta uno a creatione mundi computato, et die quarta décima 
mensis tamuts, que quidem crédita in universo assendebant circa 
octingentos florenos auri, inclusis omnibus interesse et expensis 
usque dictam dicm, de quibus seu solutione eorurndem certa pars 
sive râla tangebat universitas judayca arelatensis supra dicta {sic), et 
cum manente dicta unione, syndici sive bayloni générales fueriut 
omnium universitatum judayearum dictorum comitatuum, ut dici- 
tur, Crescas Bondias, Cohen de Urgone, magister Salves de Borriano 
de Arelate 3 , magister Salomon Cohen de Regio * et Boniacus Vitalis 
de Aquis 8 , quique, ut asseritur, tempore ol'ficii syndicatus, hujus- 
modi diversas pecuniarum summas a uonnullis personis, pro sup- 
porlaudiset solvendis necessitalibus et oneribus incumbentibus in 
communi universitatibus supra dictorum comitatuum pro taliis 

» Jeanne I'« (1327-1382)- 

" Louis 1 1382-1384 . 

3 Peut-être le médecin cité par Gross, Gallia judaica, p. 97. 

* Kiez, Basses-Alpes, arr. de Digne. 

; Aix, Bouches-du-KLône. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 83 

regiis et aliis de causis, muLua habueriiit et receperint, pro quibus 
pênes creditores tam nomine syndicario quam propriis nominibus 
se obligaverunt, ufc extare dicuntur instrumenta publica latina, et 
aliis scriptis hebraycis; 

Gumque , ut asseritur, nuper ad levandum dictas pecunias, et 
contentos faciendos creditores, dictus Boniacus Vitalis, et Ferrus- 
solus Jacob de Narbona, Judei, deputati fuerint et super hoc obtente 
fuerint littere a magniffico bone memorie domino Georgio de Martio, 
senescallo Provincie, tune in humanis agente, quod deputarentur 
quidam Judei ad dividendum et taxandum omnes universitates ju- 
dayeas pro dictis creditis exsolvendis, et hujus rei taxatores, in exe- 
cutionem dictarum litterarum, extiterint constituti per eundem 
dominum senescallum magistri Salomon Orgier 1 , Salomon Cohen, 
Boniacus Vitalis, Crescas Nathan et Astrugus Rosselli, Judei, habi- 
tatores comitatuum predictorum; et prosequente dictum negocium 
prefato Boniaco Vitalis, scilicet cum dicto Ferrussolo Jacob deputato 
ab universitate judayea aquensi, coram prenominatis magistris Sala- 
mone Orgerii,habitatore Massilie, et Salamone Cohen de Regio, taxa- 
toribus deputatis, ut premittitur, in civitate Massilie tune existen- 
tibus, ipsi taxatores diviserunt dicta crédita ad octingentos florenos 
vel circa assendentia, et de illis pro rata tangente universitatem 
judaicam arelatensem statuerint et ordinaverint ipsam universi- 
tatem solvere debere centum quadraginta duos florenos auri, sex 
solidos et très denarios, et concesserint illas expediri, tradi et delli- 
berari dictis olim syndicis generalibus universitatum judayearum 
dictorum comitatuum Provincie et Forcalqueri, qui, nomine syndi- 
cario et etiam propriis nominibus, erant pro dictis creditis obligatij 
aut alias creditoribus, prout magis sibi videretur expedire, prout 
premissa habentur laciùs et dicuntur esse expressa in quodam ins- 
trument publico scripto in notam per magistrum Franciscum Bor- 
rilhi, publicum notarium, sub anno domini M ecc lxxxx octavo, die 
xxj mensis augusti ; 

Et quia, ut exprimitur in eodem instrumento, debiti erant de 
dictis creditis centum floreni auri magistro Bendig Aym, phisico* 
Judeo quondam de Arelate, et certa alia summa pecunie declarata 
in predicto instrumento débita esset Estes Dulcine, quondam Judée 
de Aquis, elegerintque, de consensu dicti Boniaci Vitalis, Judei, 
ibidem presentis, deputati collectons dictorum creditorum, ut asse- 
rint constare litteris dicti quondam domini senescalli, Samuel Calhi, 
magister Crescas Salamias, phisicus, Bendig de Boriano et Vitalis 
Calhi, Judei, bayloni universitatis judayee arelatensis exsolvere 
ratam eis statutam et ordinatam, ut premittitur, assendentem ad 
cxlij florenos, vj solidos et iij denarios, per hune modum, scilicet 
heredibus dicti quondam magistri Bendig, concreditoris, centum 
florenos in solutumetsatisfactionem sui crediti antedicti, etMossone 

1 Sans doute le médecin de Marseille cité par Gross, G-allia judaica, p. 29. 



REVUE DES ETUDES JUIVES 
alius Rosse de Aquis, heredi universali, ut asserifur, dicte quondam 
Estes Dulcine, seu magistro Mardokais Salomonis, Judeo,ejus hlio et 
noinine ipsius, in diminutiouem creditorum debitorum dicte quou- 
dam Estes, videlicet restantes de dicta rata quadraginta duos flore- 
nos, sex solidos et iij denarios; 

Hiuc igitur fuit et est quod, iu presentia et de concensu dicti 
Bouiaci, collectons, présentis, ac mei notarii, et testium subscnpto- 
rum, Estes, relicta dicti magistri Bendig, procuratrix et procura- 
torio nomme Cregude, uxoris Leonis Jaear, Judei, in Sabaudia habi- 
tantis, filie sibi et dicto qaondam magistro Bendig communis, et 
heredis pro quarta parte ejusdem magistri Bendig patris sui, habens 
potestatem subscripta faciendi, ut dixit constare instrumento pu- 
blico in notam sumpto per magistrum Guillelmum Agrene notanum, 
pro uua quarta parte; nec non ipsa Estes, avia et tutnx Dulciete, 
filie Estes, alias Englesie, quondam uxoris magistri Taurossn Bondie 
quondam, Judei, filie et heredis pro alia quarta parte dicti quondam 
magistri Bendig, et nomine Astrugete etiam filie dicte quondam 
Estes, alias Englesie, heredum universalium ejusdem quondam 
Estes, alias Englesie, per quam Astruguetam promisit infra scnpta 
rattificari facere, pro alia quarta parte; etiam RegiDa, fiha et hères 
pro alia quarta parte dicti quondam magistri Bendig, relicta magistri 
Abrae Avigor\ phisici, Judei quondam de Arelate, nomine propno 
pro alia quarta parte; et Bonafilia,uxor magistri Bonsenhor Brunelli, 
phisici, Judei, habitatoris Arelatis, filia et hères pro alia quarta 
parte dicti quondam magistri Bendig, cum auctoritate tamen dicti 
magistri Bonsenhor, ejus mariti, sibi prestita ad hec peragenda (ut 
ila asseruit esse verum) pro alia quarta parte, omnes simul, sponte 
et scienter, per se et suas etc., in presencia mei notam et lestium 
subscriptorum, confesse fuerunt dictis baylonis arelatensibus pre- 
sentibus se ab eis habuisse de bonis universitatis judaice arelatensis 
solventibas et récépissé in satisfactionem dicti crediti paterni, de- 
biti, ut prefertur, per generalem universitatem judaycam comita- 
tuum predictorum, videlicet dictos centum florenos aun. 

Item supra nominatus magister Mardokais, nomine et vice dicte 
Mossone alias Rosse, matris sue, heredis, ut asseruit, universalis 
dicte quondam Estes Dulcine, per quam infra scripta promisit tacere 
rattificare, etc. sua bona fide, per se et suos confessus fuit et reco- 
gnovit in presencia et de consensu dicti Boniaci Vitalis receptons, 
ut premittitur, in diminutionem creditorum debitorum per dictanv 
generalem universitatem communitatum predictarum jam dicte 
quondam Estes, habuisse et récépissé a dictis baylonis solventibus, 
de dicta rata statuta, videlicet residuos quadraginta duo florenos, 
sex solidos, et très denarios. 

De quibus quidem centum florenis predicte Estes mat[er], Regma 
et Bonafilia, filie, nominibus quibus supra, ac de xlii ilorems, vi soli- 



* Voir ci-dessus, p. 69, n° 1. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 85 

dis, m denariis supra nominatis magisler Mardokais, nomine pre- 
misso et ex causis premissis, a dictis baylonis arelatensibus se 
reputaverunt contentos, etc. omni exceplioni non habitorum renun- 
ciando, elc. Quitaverunt dictis nominibus predictos bailonos et uni- 
versitatem etc., nec non dictos principales obligatos, générales sin- 
dicos omnium universitatum judaycarum comitatuum Provincie et 
Forcalqueri, et uoiversitates easdem et ceteros quorum interest et 
taugere potest causa presens, cassantes instrumenta, si extarent, et 
appodixas judaycas ac alias scriptas usque quantitatem, pro here- 
dibus magistri Bendig, centum florenorum, et pro herede Estes 
Dulcine xlii florenorum vi solidorum in denariorum, promittentes 
illa et illas restituere, et conscesserunt illas scidi, quod firmitatem 
non obtineant de cetero pacta, etc., obligantes, dicta Estes procura- 
ratrix Gregude, bona ejusdem Gregude, et tulrix Dulciete ac nomine 
dicte Astruguete, bona earumdem, et etiam sua propria ; et dicte 
Regina et Bonafilia bona sua propria pro earum partibus, et dictus 
Mardokais bona sua propria, etc. renuntiantes, etc. Et juraverunt 
omnes super legem Moysi, etc. 

Dictus vero Boniacus Vitalis, collector deputatus, ut asseruit et 
supramittitur, etiam habens dictas solutiones gratas et firmas, quit- 
tavit dictos baylonos présentes et per eos universitatem judaycam 
arelatensem de predictis cxlii florenis, vi solidis, in denariis statutis 
et taxatis, ut prefertur, pro rata dictorum creditorum spectante ad 
universitatem supra dictam, et de omni eo quod quavis de causa 
posset peti ab eadem universitate virtute generalis communitatis 
universitatum judaycarum comitatuum Provincie et Forcalquerii, de 
toto preterito tempore usque in diem declaratam in pendenti ju- 
dayco superius designato, per communitatem generalem predictam, 
pacta, etc. Sub obligatione bonorum suorum propriorum, etc. re- 
nuotiavit etc. et juravit super legem Moysi. De quibus etc. 

Actum Arelate, in hospitio dicti magistri Bonseobor Brunelli, tes- 
tibus presentibus Bermundo Boxi, Guillelmo Perachoni, serviente 
curie régie arelatensis, ad hec vocatis, et me Anthooio Olivarii, 
notario, etc 

(Suit la ratification de cette quittance par les intéressés.) 

Coppié prout jacet sur l'original dans le protocole dud. notaire 
de lad. année 1 402, fol. x v° et seqq. 



IV. 

Arles, 23 novembre 1405. — Le vicaire de l'archevêque d'Arles donne 
pour un an pouvoir aux bayions de la communauté juive de pronon- 
cer les excommunications. 

(Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 97.) 

Raymundus de Ayraco, in decretis baccalarius, in spiritualibus et 



86 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

temporalibus vicarius geaeralis et olïicialis arelateusis pro reveren- 
dissimo in Ghristo patre et domino Domino A., miseratione divina 
sancte arelateusis ecclesie archiepiscopo 1 et principe, universis et 
Bingulis présentes litteras iuspecturis salutem in Domino sempiter- 
nain. Nuper pro parte magistrorum Bonsenhor Asday, phisici, Bal- 
lant Belianti syrurgici, Salamonis Avigdor, Bondia de Sancto Paulo, 
Judeorumet baylonorum universitatis Ebreorum civilatis arelateu- 
sis, nobis fuit humiliter supplicatum ut, universitate predicta semel 
vel' pluries in solidum vel in parte congregata in scola Judeorum 
predietorum, excommunicationes quascumque semel vel pluries 
secundum ritum, morem et consuetudinem Ebreorum inter eos fieri 
solitas, super vera et légitima manifestatione per quemlibet Judeum 
et quamlibet Judeam dictis baylonis facienda de pecuniis et bonis 
suis quibuscumque que habent et de valoribus eorumdem, proferre 
et promulgare possent,licentiam bénigne concederedignaremur : Nos 
igitur, vicarius et ofticialis prefatus, ipsorum baylonorum Judeorum 
supplicationibus inclinati, volumus et licentiam eis concedimus per 
présentes quatenus, in dicta scola dictorum Judeorum, universitate 
ipsorum in solidum vel in parte congregata, semel vel pluries ex- 
communicationes et maledictiones quascumque secundum ritum, 
stilum et consuetudinem Ebreorum dudum proferri et promulgari 
consuetas, super vera et légitima manifestatione per quemlibet Ju- 
deum et quamlibet Judeam de peccuniis et bonis suis mobilibus et 
immobilibus quibuscumque que habent et possident et de valoribus 
eorumdem fienda, dicti bayloni proferre et promulgare valeant ; 
plenam tenore presentium concedimus licentiam et liberam potes- 
tatem, concedentes nichilominus virtute potestatis nostre, de spe- 
ciali gracia, baylonis ipsis ut quemcumque Judeum vel Judeam 
dicte universitatis, qui vel que contra legem Moysi aut alias dicto- 
rum Judeorum ordinationes vel serimonias in eorum lege factas 
contravenerit, dicti bayloni aut eorum alter taies possint in dicta 
synagoga excommunicatos juxta ritum legis Moysi denuntiare, dicta 
excommunicatione prius nobis aut curie nostre intimata et denun- 
tiata, quorum absolutiones nobis aut per nos deputando tantum 
modo referramus, presentibus post annum unum a die date presen- 
tium in anthea computandum nunc valituris. In quorum premis- 
sorum fidem et testimonium, présentes nostras litteras eisdem 
Judeis fieri fecimus sigillo autentico nostre curie roboratas. DaCum 
Arelate, die xxiij mensis novembris, anno Domini millesimo qua- 
dringentesimo quinto. 

Coppié prout jacet sur l'original dans les écritures de Pierre Ber- 
trandi, notaire aud. Arles, à l'étendu des années 1403-1406, foi. 62. 

i Artaud de Mebclle (+ 1410). 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 87 



Arles, 8 novembre- 23 décembre 4407. — Dotation de 4,000 florins 
d'or faite par maître Hé lias, médecin, à la communauté juive d'Arles 
pour la réorganisation d'une école gratuite. 

(Bibl. d'Arles, ras. 225, pp. 338-341.) 

Anno Domini millésime- cccc° septimo, die xxiij mensis decembris, 
congregatis Judeis Arelatis infra scriptis, more solito, de licentia do- 
mini nostri régis, in sinagoga sive scola judaica, in qua quidem 
congregatione présentes fuerunt scilicet Abram de Villanova et Vi- 
talis Galhi, Judei, bayloni universitatis prelibate, nec non magistri 
Bonsenbor, Asday Salomon, Abram Avicdor, physici, Bondias de 
Sancto Paulo, magister Bendic de Borriano, physicus, Macipus de 
Pertusio, Asser Gardi, magister Crescas Salamias, physicus, Grescas 
Orgerii, Boretus Avicdor, Astrugus de Bellicadro, magister Durantus 
Avicdor, physicus , Boninas de Lunello , Bonafossius de Scola \ 
Grescas Avicdor, Jacob Salomonis alias Lo Ros, Macipetus Abram, 
Gardetus de Cavallione, Samuel de Barrio, Samuel Mosse , Meir 
Profag, Jossef de Nemauso, Izaquetus de Maruejolis, Ysac Parati, 
Aronetus Cohen, magister Bendig de Caneto, syrurgicus * Aronetus 
de Nemauso, Astruguetus Béton, Macipus de Carcassonna. Astrugus 
Dieulosal, Grescas Bonfilh, Bonus filius Bondia, Jossef Samuelis, 
Salonus Profag, Baronus Grescas, Davidenetus de Rodesio, Mosse de 
Villenova, Estes de Gailario, et Regina, relicta magistri Abram Boneti 
Avicdor, quondam physici, Judei de Arelate prenominati., magistri 
Crescas Salamias et Durantus Avicdor dictis congregatis Judeis expo- 
suerunt qualiter olim dicta universitas judaica civitatis arelatensis 
ordinavit erigere quasdam scolas pro erudiendis pauperibus Judeis 
civitatis anledicte, pro quibus scolis regendis duo haberentur ma- 
gistri, qui haberent annuatim quinquagenta florenos auri causa sti- 
pendiorum suorum ; qua quidem elemosina deducta ad aures magistri 
Heliee de Arelate, Judei, phisici civitatis valentinensis, ipse magister 
Helias concessit, pro manutentione dicte elemosine, dare universitati 
judaice ante dicte mille florenos auri semel tantum, secundum for- 
mam descriptam in quadam carta ebraica, quam dicti Crescas Sala- 
mias et Durantus Avicdor, vice prefati magistri Helie, exhibuerunt 
dictis Judeis congregatis, cum quadam alia carta continente eadem, 
in ydiomate sive vulgari lingu[a] occitan[a], que leguntur in carta 
ebrayea; cujus quidem carte in lingua occitana ténor de verbo ad 
verbum per omnia sequitur perhunc modum : 

« Aysso son los pâli, losquals vol et demanda lo discret maislre 

1 Peut-être Scala. 

' Un des trois médecins juifs qui soignèrent Louis II (Blancard, Inventaire som- 
maire des archives des Bouches- du- Rhône, série B, I, p. 87). 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

Helias a la universitat dels Jusieus d'Arles, per alcune almorna de 
mil llorins, laquai vol far et donar en honor et reverencia de Dieu. 
Permeriamens vol et perten lo sobredig maistre Helias que davant 
que el fassa aquesta almorua que per tôt lo mes apelat teveth propda- 
nameut venent, si dejan congregar tôt cap d'ostal de la universitat 
dels Jusieus d'Arle, o la major partida de nombre et de poder, bornes 
et donas, cascum vers la graza, al luoc ou es degut ni acostumat de 
congregar, et tots si dejon obligar an instrumen fag per man de no- 
tari public, en tôt la fort maniera laquai si pot far ni es acostumat, 
ni sabrien et poyrien devisar sanis doctors crestians, el segon lur 
decbat... 1 obligan cors et bens, mouables et non mouables, presens et 
esdevenidors, per sy et per lurs beretiers, per tostemps mais, a 
affermar et attenir et mantenir et adesser rat et ferm tots los palis 
losquals declararay si segon sus lo fag d'aquesta almorna : 

Permieramens que sien tengus los Jusieus de la dicha universitat 
de donar cascun an L. florins bons et de bon pes, de la moneda de 
XVI solis lo florin que corre al jourduey en Arle, losquals L. florins 
si dejan donar a dos maistres, losquals ensenhon tola persona laquai 
veulba apenre, et especialamens per los enfans et per los parens de 
diverses paures Jusieus losquals non aurien poder de logar maistre. 

Et lo un dels dos maistres sie désignât per ensenbar los V libres 
de Moyses et de los prophetas, loqual maistre gazauhe cascun 
an XX florins, o de près; et l'autre maistre sie désignât per ensenbar 
la maniera et la scientia del Thalmut appellat en bebrayc; et aquest 
maistre gazanbe cascun an XXX florins. 

Empero vole que quatre ans continuans après esser facba la dicha 
almorna, si dejan donar dels L. florins sobredigs XXV florins al 
sany et discret maistre Rabbi Jossef, filh de Rabbi Matassies, ad el o 
ad aquel que demandar o poyrrie per el razonablament; et aquestos 
XXV florins dejan esser pagats cascun an, per l'espasi de quatre ans, 
al sobredig Rabbi Jossef al cap de l'an, comensant a contar l'an del 
jorn que sera facba la dicha almorna; et los XXV florins autres ré- 
manents si dejan pagar et donar al maistre, loqual es désignât a 
ensenhar los V libros de Moyses. 

Item vol que passât los premiers quatre ans, los L florins de i'al- 
morna sobredicha si dejan donar al dos maistres sus maniera et 
sus la forma que permieramens era dessus escrig et desinaat. 

Item vol que prometan et seu obligon lo dich comun de non acam- 
biar aquesta almorna en altra almorna, et de non avendre la, ni 
engajar, ni mudar d'aquesta cieutat en autra, ni far causa per laquai 
diminuis o si altères la verlut o la forma en tôt o en partida de l'al- 
morna sobredicha. 

Item prometa et obligue si la dicha universilat que, coras que 
maistre Helias dedins l'espazi de quatre ans, a commença d'aras, 
demandes V e florins dais mil losquals dona a l'almorna, que la dicha 



Mot 



passe. 



DOCUMENTS HELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 89 

universitat li déjà restituir V e florins, pagados CXXV florins per an, 
entro lo compliment de V e florins; et an aquest pati principalament 
fa maistre Helias l'almorna sobredicha, que al cas que el agues 
grant nécessitât et degues et pogues demandar et recobrar entro la 
somma de V e florins, per las pagas desus declayradas. 

Item al cas que maistre Helias recobres de l'almorna la somme 
sobredicha, o partida d'aquella, non sie adonos tengut lo dig comun 
de donar L florins als dos maistres; an vol ben que dais L florins 
que pagarian cascun an, si dejan rebatre V florins per cascun cen- 
tenal, que recobrarie deldig comun, et so que remanrie dais L flo- 
rins, s'en déjà logar un mestre loqual es desinhat ad ensenhar los 
V libres de Moyses, et si non suffisie a pagar tôt los dos maistres ; et 
si de la dieba almorna sobrava argent otra la paga de un maitre, vol 
que las sobras si conservon et si congregon en la man de un pro- 
dome, entro tant que ny aja prou per logar l'autre segon maistre. 

Item al cas que maistre Helias non agues demanda aquestos V e flo- 
rins dedin l'espazi de quatre ans, es de pati que ei non lis déjà pueys 
demandar; et al cas que el los demandes, la universitat non sie len- 
guda de pagar. 

Vers es que en nostra presencia a proumes et jurât lo discret 
maistre Helias am bona et matura délibération, sen fraut ne dol, per 
lo fort jurament que si pot far entre Jusieus, que pueis que aquesta 
almorna sera fâcha et encartada, de non ademandar, ni diminuir la 
somma dels mil florins, losquals dona per far l'almorna, si non al cas 
(dalqual Dieu lo deffenda) que el agues o vengues en grand nécessitât 
manifesta et publica; et d'autrament non entent ni vol que o pogues 
demandar. 

Item en la presencia de nos sots escrits, maistre Helias a elegit 
gouvernadors delà dicha almorna, so es assaber sos felenos, losquals 
son filhs de ses filhs et lurs enfants, per succession a lotstemps 
mays; item a elegit maistre Bonsenhor Asday et sos enfants per suc- 
cession a lotstemps mays; item a elegit maistre Grescas Salamias; 
item Regina et sos filhs et los enfans d'aquellos per succession, a 
lotstemps mays; et vol que els ajan poder en gouvernacion et en 
administration de la dicha almorna, en qualque luoc en que sien, 
mas que sie près d'Arle L legas et vol que lo poder dels digs elegits 
sie a far mantenir, sostenir, fortifîcar ladicha almorna et que per els 
o per lurs enfans si déjà totjorn sostenir; et que dejan triar et elegir 
los dos maistres sobredigs, con a lur bon avisament apparra. . . 

Item vol que de lo offici et la administration dels sobre nominats 
per el elegits, lo comun si obligue a tenir o rat et ferm en la maniera 
dessus dicha. 

Item vol que lo jorn de la solemnitat appellat en hebraye Simha- 
tora, aquel que dira l'uflce per lo comun en nostra scola déjà dire 
per el certa oration et preguera per elet per sos enfans, tostemps per 
succession, et aysso cascun an, et lo jorn sobredig. 

Item vol maistre Helias que lo dig comun fassa escreure en he- 



RE VIE DES ETUDES JUIVES 

brayc tots los patis de l'almorna, et sien enfixat en los statuts de la 
universitat, et que lo jorn que lo comun aus la malédiction, adoncs 
et... de niantenir perpetuablamen uquesta amorna an los patis dé- 
claras. 

Item vol maistre Ilelias que lo comun fassa far un vidimus del 
instrumen obligatori, en loqual sien clarameu tots los patis; et 
aquels vidimus gardon per memoria los governado[r]s de l'almorna 
habitans en Arle; et Instrument principal mandon a maistre Ilelias 
d'ayssi al mes appellat en bebrayc Adar propdanameut venent. 

Item demanda maistre Ilelias que lion et fassa far una quitansa 
per man de notari public, et devisada per man de sani ad el et a tôt 
autre que per el agues culbit argent del deute de XXIII e florins, 
per calque cas ni per calque manière que on lur pogues alcuna causa 
demandar; et aquesta quitansa déjà mandar a maistre Helias an 
Instrument obligatori per tôt lo mes apellat Adar propdanament 
venent. 

Et en la presencia de nos sots escritgs vent maistre Helias et nos 
preguet que nos testificassen et senbassen de nostra man aquesta 
opodixa et fos mandada als administrados de l'almorna losquals son 
habitans en Arle; et dis eneyssius : 

« Jeu Helias veulh et concorde en vestra presencia que vistos las 
presens, (que) lo comun de Arle sus los patis et la maniera dessus 
declayrada, (et) si concordaran et obligaran de mantenir et sostenir 
tots los patis dessus declarats universalamen, et un cascun dels 
patis particularament. 

» Jeu dons aras vode ni done, en honor et reverencia de Dieu, a 
fondar l'almorna sobredicha, permieramens los viii'l florins, losquals 
mi deu lo comun dels Jusieus d'Arle del reste del deute de xxini 
florins. 

» Item done et vode los c florins que mi deu may lo dig comun, los- 
quals c. florins son tenguts de mi pagar, quar los ac nostre senhor lo 
rey, alqual don Dieu bona vida, per razon d'aquest deute sobredig. 

» Et per so quar vuelh que mon vot et ma donation sie entro lo 
soma de mil florins, otra los viii^l florins que jeu ai vodat et dessus 
declairat, jeu d'autre part mi obligue cors et bens et promete de 
pagar al comun dels Jusieus d'Arle, so es assaber CL florins d'aur, 
et aysso a pagar enfra dos meses, contant après lo jorn que jeu aurai 
receuput l'estrumeût, en loqual si contenga que lo dig comun aja 
authresa et confirmât tots los patis per mi demandats et declayrats; 
et de pagar aquestos CL florins, veulh que sie obligat mon cors et 
mes bens mouables et non mouables, présents et esdevenidors, a 
pa^ar al terme sobredig. Et yeu non agues sinon la rauba que porte 
al dors, et aysso pagaray, perso que mon vot sie complit et que l'al- 
morna aja la somma complida de mil florins; et aquestos mil florins 
sobredigs obligats que sie lo dig comun et per els 1 venrre et consentir 

1 Mots passés. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 91 

en los patis subredigs, jeu los vode a l'almorna en la maniera so- 
bredig, vot fort et irrévocable; et dons aras los lur done et los en- 
veste. 

» Empero si lo dig comun non si obligava de tenir rat et ferm tots 
los patis dessus declayrats, et aysso per tôt lo mes de teveth, die et 
veulh que mas paraulas sien nullos et vanas et que non aian valor, 
ni mon vot non sie vot; ne vuelh que so que ay dig prejudique in 
nenguna maniera a la forsa ni a la vertut de mon instrument, en 
loqal mi son obligats lo dig comun; ni vuelb et entende que sie exis- 
tent et permanent en sa vertut. » 

Enfins cornera davans(?) en nostra presencia a jura maistre Helias 
per mais de fermeza et de cautela deldig comun, que el non a tractât 
ni dig ni fag, ni fara per los devenent nenguna causa per laquai el 
pogues venir en contra a las causas per el promessas et dessus de- 
claradas. 

« Aquest acte es stat tractât et complit en nostra presencia dimars, 
lo vij jorn del mes de quisselev l'an V m G. LVIII, contant a la créa- 
tion del mond. Helia, filh de Ysac, Josep filh de Samson, los sots 
escrigts de leur man propria. » 

Lectis dictis capitulis, memorati Judei Arelatis congregati, ut dic- 
tum est, omnes unanimiter et concorditer laudaverunt et accepta- 
verunt sponte donationem factam de dictis mille florenis auri semel 
tantum solvendis, pro dotatione elemosine ante dicte, per se et suos 
heredes; post que, anno et die quibus supra, Johannes Palhade, in 
legibus licenciatus, locum tenens domini Anthonii Arnaudi, juris 
periti, judicis curie régie arelatensis, erectionem dicte elemosine, et 
pacta indesecuta, auctoritate dicti judicis, cujus vices gerit, appro- 
bavit, notario Anthonio Olivarii. 

Goppié dans Y étendu dud. M e Antoine Olivari de lad. année UOI. 
J'ai coppié en entier et exactement, ce qui est en langage vulgaire, 
mais j'ai abrégé le reste de l'acte qui est fort long en latin et ne dit 
rien d'essentiel. 



VI. 

Arles, 5 mars 1426-1427. — Déclaration par les bayions d'Arles des 
redevances dues à V archevêque par la communauté. 

(Bibl. d'Arles, ms. 235, p. 296.) 

In nomine Domini amen. Anno nativitatis ejusdem m cccc xx° 
sexto, quarte indictionis, die vero Martis intitulata quinta mensis 
Martis, pontifîcatus sanctissimi in Christo patris et domini Mar- 
tini ' divina providentia pape quinti anno nono, noverint uni- 
versi quod, in mei publici notarii et testium inferius nominatorum 

1 Martin V, pape (1417-1431). 



92 RBVUE DKS ÉTUDES JUIVES 

prcsentia existentea et personaliter constitua, Bondias de Sancto 
Paulo, Bonsenhor de Montiliis l , Vitalis Galhi et Samiel Mosse, Judei, 
bayloni universitatis Judeorum civitatis arelatensis, requisiti a 
dominis Falcone de Chova, in decretis licenciato, canonico carpento- 
ratensi, ofnciale arelatensi, et Petro Baconis, sacrista vasionensi, 
clavario domus archiepiscopalis arelatensis, pro reverendissimo in 
Ghristo pâtre et domino Ludovico', miseratione divina sancte arela- 
tensis ecclesie archiepiscopo, ut recognoscerent pensioues piperis, 
candelarum cere et lampredarum, ad quas annuatim prestandas, 
terminis cousuetis, pro et ex causa gardie scole judaice dicte civita- 
tis, ipsa universitas Judeorum ejusdem civitatis tenetur et obligata 
existit ante dicto domino archiepiscopo et sue ecclesie, et hoc in op- 
portuna, débita et consueta forma, sicut alias, de anno tune currente 
m ccc° lxxx et die xvr 1 mensis novembris, tempore quo presidebat 
in ecclesia arelatensi ut archiepiscopus reverendissimus in Christo 
pater dominusPetrus de Croso 3 , bone memorie, permagistrum Beu- 
dig Ayn, phisicum, et Samielem Galhi, Judeos de Arelate, baylonos 
tune dicte universitatis j udaice, eorum nominibus propriis et ejusdem 
universitatis factum et recognitum exlitit, constante nota sumpta per 
magistrum Guilhelmum Inerii, notarium publicum, de qua quidem 
nota factafides occulata extitit baylonis Judeis modernis ante dictis 
ad informationem eorumdem), ipsi, inquam, Bondias de Sancto Paulo, 
Bonsenhor de Montiliis, Vitalis Galhi et Samiel Mosse, bayloni mo- 
dérai universitatis Judeorum dicte universitatis arelatensis, tam 
nominibus eorum propriis quam dicte judaice universitatis, reco- 
guoverunt supra nomiuatis dominis officiali et clavario, ibidem 
presentibus, et mini notario infra scriplo, ut commun! persone, sti- 
pulantes solempniter et recipientibus pro supra nominato do- 
mino archiepiscopo et sua pretacta ecclesia arelatensi, se nomine 
dicte universitatis judaice et per eos dictam universitatem Judeo- 
rum teneri prestare eidem domino archiepiscopo et suis successo- 
ribus futuris, annis singulis et perpetuo in festo Ramis palmarum, 
pro et ex causa gardie dicte synagoge sive scole judaice, vingintp] 
libras piperis et viginti libras candelarum cere, et très lampredas, 
appreciatas pro qualibet lampreda quinque solidos. 

Item recognoverunt ipsam Judeorum universitatem teneri pres- 
tare et solvere jam dicto domino archiepiscopo et suis successori- 
bus, annis singulis, et perpetuo, in festo Sancti Michaelis, pro cimi- 
terio olim accaptato in Gravo per Judeos, pro jure quod spectasset 
eidem domino archiepiscopo si fuissent plantate vinee in dicto 
cimiterio, videlicet unum ûorenum. 

Item confessi fuerunt eamdem universitatem pro excambio facto 
cum Petro de Pennis, tune vivente, anno quolibet et perpetuo in 



» Monteux (cf. Gross, Gallia judaica, p. 320). 

* Louis d'AUeman, archevêque d'Arles (1423-1450). 

» Pierre de Cros (1374-1388). 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 93 

festo Natalis Domini, teneri solvere ipsi domino archiepiscopo, pro 
gardia dicte synagoge, scilicet médium ferratum piperis quod perci- 
pere solebat Bertrandus Cayssii condam. 

Item confessi fuerunt ipsam universitatem teneri prestare ante 
dicto domino archiepiscopo annuatim, perpetuo, in festo Ramis pal- 
marum, pro et ex causa gardie dicte scole sive synagoge, unam 
lampredam appreciatam quinque solidos, quam lampredam perci- 
pere solebat Raynaudus Porcelleti condam. . . 

Quas quidem pensiones supra recognitas dicti bayloni judei pro- 
miserunt solvere annis singulis jam dicto domino archiepiscopo et 
suis successoribus. Acta fueruot omnia premissa Arelate, in palatio 
archiepiscopoli et in magno piano ante cameram sive domum cïa- 
varie, presentibus Guillelmo de Maistra, clerico lemovicensis dio- 
cecis, magistro Johanne Androse, notario et scriba in curia archie- 
piscopali arelatensi, Michaele Grimaudi, clerico arelatensi, Johanne 
Rogerii, agricultore de Arelate, et pluribus aliis testibus, et me 
Anthonio Olivarii, notario. 

Goppié en abrégé mais sans changer les termes sur l'original dans 
Yétendu dud. maître Antoine Olivari, notaire d'Arles des années 
1425 et 1426, fol. 27 v°. 



VIL 

Arles, 9 mars 1432-1433. — Vidimus d'un mandement de Bertrand de 
Beauvau, lieutenant du sénéchal de Provence, en date du 28 février 
1453 ' faisant défense à V « abbé de la jeunesse » et à ses compagnons 
de demander le droit de « pelote » aux Juifs d'Arles. 

(Fonds Véran, Armoire 34, Mélanges de titres.) 

In nomine Domini, amen. Anno incarnationis ejusdem m cccc 
xxx° ii°, die lune intitulata nona Marcii, hora terciarum , domino 
Ludovico tertio régnante etc. Noverint universi quod, existentes in 
curia regia Arelatis, Vitalis Asturgi, Judeus, combailonus univer- 

1 La date de ce mandement est donnée pour le quantième par le texte même : 28 ou 
29 février, mais la date d'année doit être restituée. On y parviendra en remarquant 
que cette lettre est transcrite ici d'après un registre du notaire Olivari allant de 1430 
à 1432 (v. st.) et qu'elle doit être datée de celle de ces années où le mardi gras 
(= carême prenant), jour ou s'est produite la vexation en question, tombe avant le 
dernier jour de février. Or le mardi-gras est, en 1430, le 28 février; en 1431, le 
13 février; en 1432, le 4 mars. L'abbé Bonemant avait donc cru pouvoir dater le 
mandement de 1431 (ms. 225, p. 98), mais il faut remarquer que les Juifs auraient 
ainsi attendu jusqu'en mars 1433 (n. st.), c'est-à-dire deux ans, pour présenter ce 
mandement au viguier et en faire usage. C'est que Bonemant semble n'avoir pas 
tenu compte de ce que l'année 1432 du registre d'Olivari correspond à une partie de 
1433 (n. st.). Or en 1433 également le mardi-gras tombe avant la fin de février, soit 
le 24. Il faudrait donc dater ce mandement de 1433. Ainsi la vexation se produit 
le 24; et dès le dimanche, la communauté obtient le mandement qu'elle fait vidimer la 
semaine suivante. 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

sitatis judaice dicte civitatis, et Ysaacus Nathani, etiam Judeus, 
consocius siius, presentaverunt nobili viro Hermenterio, vicario 
curie régie predicte, quasdam patentes litteras ex parte magnifici et 
egregii domini Bertrandi de Bellavalle, Locumtenentis spectabilis, 
magnifici et potentis domini Pétri de Bellavalle », militis, guberua- 
toris et vice gerentis regii in comitatibus Provinciœ et Forealquerii 
et terris adjacentibus, cujus ténor est talis in parte exteriori : 

« A mon cher et graut amy le Viguier d'Arles ou son lieutenant 
royal en Provence Bertrand de Beauveau, etc. » 

Et iu parte interiori - : 

« Très chier et grand amy, nous avons entendu que aucuns de la 
dicte ville, sobs colour de caresme entrant, ont a cest caresme pren-- 
nant fait beaucoup de griefs aux Juifs de cette v lie et les vuelent 
constraindre a payer la pelote et autres droits qu'ils prétendent 
leur estre deuz au dict jour pour les dicts Juifs, et, a cause de ce, 
les ont gagiés, et firent semblablement l'année passée ; de laquele 
chose sommes fort merveilliez, car c'est une novité, qui jamais ne lut 
veue, et est de très maie conséquence, et fort desplaisant à nous, ne 
est point notre intencion de le sufrir ; car nous sommes certains que 
la volonté du Roy n'est pas que les dicts Juifs soient ainsi traictiés. 
Et pour ce voulons et vous demandons et commandons expressément 
que incontinent ces lettres veues, vous deffendés à grosses paynes 
que nul ne soit si hardit d'icy en avant dans demander auxdicts Juifs, 
a cause de la ditte pelotte, ne des autres droits qu'ils prétendent 
estre deuz par les dicts Juifs au dict jour de caresme entrant, car 
ce ne sont pas droits, mais novitez et abusions ; et neantmoins que 
faciès rendre et restituer aux dicts Juifs les gages que leur ont été 
prins à cause de ce, tant a cest dict carême entrant derreuier 
comme a l'autre de l'année passée ; et les deffences que par vous sur 
ce seront faittes, faicles les mettre par escripts en la cort, afin qu'il 
en apparoisse ou temps avenir et gardés qu'il n'y ait point de faute. 
Dieu soit garde de vous. Escript à Aix, le derrenier jour de février. 
Le vostreB. de Beauveau. » 

De quibus omuibus premissis dicti Judei petierunt mini nolario, 
ut eis concédèrent actum l'actum in regia curia, testibus presenlibus 
etc. et me Anthonio Olivary, publiée nolario infra scripto etc. 

Copié sur le registre dudit notaire de l'anuée 1432 f° 00. 

1 Pierre de Beauvuu, grand sénéchal. Révoqué en 1 127, il reprit ses fonctions vers 
1429, jusqu'en 1443. Presque toujours en Italie auprès du roi 'If 1430-1438, il était 
remplacé pur un lieutenant qui lut d'abord Louis «le Bouliers, puis son propre hère 
lie: trand de Beauvau. 

1 Le texte de cette lettre se Iruiive également dans : Bibl. nationale, nouv. ac<jui- 
sit. latine, 1369, p. 295, et Bibl. d'Arles, ms. 225, p. 98. 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 95 



VIII. 

Arles, 8 avril U66. — Délibération du Conseil d'Arles demandant au 
sénéchal de Provence de faire exempter deux Juifs convertis des contri- 
butions payées par les Juifs. 

(Arch. d'Arles, BB, 4. Livre des conseils, 8 avril 1466.) 

Die vin aprilis. Item audita querela facta in presenti consilio per 
Jacobum Methellini, olim Judeum et reductum ad fidem catholicam 
sanctam, querelando se de Benedicto de Pesio, mercatore, habitatore 
de Arelate, exactore pecuniarum commuoitatis Judeorum de Arelate, 
qui ipsum Jacobum Methelini conatus fuit et conatur exhiguere ab 
eodem Jacobo Methelini, vigore cujusdam appodixe que est in 
manibus magistri Anthonii Vilasse quam petiit arrestari, et sibi pro- 
videri de remedio, cum eminens regium consilium * deliberaverit 
ipsum necalios Judeos redductos ad fidem catholicam debere contri- 
buere in debitis dicte communitatis Judeorum, quia egregius et 
nobilis vir Anthonius dePonteves, dominus loci de Cabannis 2 , presens 
in hoc concilio, ibidem dixit quod de ista materia fuit locutum in 
eminenti regio consilio et quod per dictum totum consilium fuit de- 
liberatum Judeos reductos ad sanctam fidem catholicam non debere 
contribuere in debitis ejusdem communitatis Judeorum, cum fueriut 
facti novi homines et causante redductione per eos facta ; audita 
expositione facta per dictum dominum de Cabannis, fuit ordinatum 
quod ex parte presentis consilii scribatur domino comiti Troye 3 , 
régis locumtenenti, quatinus dignetur eidem Jacobo Methelini et suo 
fratri, etiam redducto ad christianitatem sanctam, de remedio oppor- 
tuno providere et providendo mandare.. . dicto Benedicto de Pesio 
et aliis collectoribus ceterisque creditoribus, ne eosdem nec ipsorum 
quemlibet vexare habeat, occasionne alicujus debiti sive exactionis 
communitatis Judeorum tangentis, seu debiti, attento quod ipsi sunt 
contenti contribuere juxta debitam taxam per dictum dominum de 
Cabannis in contributione redductionis debitorum Judeorum fiendam, 
cum esse non debeant pejoris conditionis quam ipsi Judei, quibus 
immunitas talis conceditur. 

1 Le conseil éminent est à la fois un tribunal et un conseil d'administration établi 
en 1424 par Louis III, il siégea d'abord à Aix. Mais après une révolte de la ville a la 
suite d'un jugement qu'elle trouvait insut'tisant contre un Juif, il avait été transporté 
à Marseille. (Cf. F.-L. de Villeneuve-Bargemont, Histoire de René (V Anjou, pp. 250 
et 436). 

* Cabannes, Bouches-du-Rhône, arr. d'Arles, cant. d'Orgon. 

3 Jean Cossa, comte de Troya, grand sénéchal de Provence (-j- 1476). 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



IX 



Saint-Germain-des-Près, juillet h m. — lettres patentes de Charles VIII 

portant expulsion des Juifs de la tille d'Arles. 

(Arch. d'Arles, titres de police, t. I.) 

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, conte do Provence, de 
Forcalquier et terres adjacentes, savoir faisons a tous présents et 
advenir, Nous avons reçeue humble supplication de nos chers et bien 
amez les gens d'église", nobles, bourgeois, manants et habitants de 
notre ville et cité d'Arles audit pays de Provence contenant que la 
dicte ville est principallement fondée et entretenue en labouraiges et 
nourriture de bestail plus que en autres choses, tellement que pour 
labourer et cultiver les vignes et champs, recueillir, ramasser et 
mettre en seureté leurs blez, vins, four[ai jge et autres biens et gou- 
verner leur bétail, il leur est chose nécessaire avoir a leur aide grand 
nombre de gens de bras de plusieurs pais et nations estranges, et 
se treuveut mesmement au temps de moissons souventeffois 
jusques au nombre de sept à huit ou neuf mil personnes d'estrange 
pais pour illec gaigner leurs vies, et à ceste cause est besoing aux 
dits suppliants tenir et faire mettre en armes certain nombre de gens 
durant ledit temps des moissons pour garder que lesdits estrangers 
ne courent sus a certain nombre de Juifs qui sont demourans et 
résidants en notre dicte ville et cité d'Arles, ainsi que nagueres ont 
fait les dicts estrangers qui les ont pillés et destenus pour la hayne 
et malveillance conceue contre eulx par le peuple chrétien, a l'occasion 
des sedicions et maux innumerables qui s'efforcent de jour en jour 
faire aux Chrétiens tendant les tromper, descevoir, desvoyer de la foi 
catholique, ainsi qu'il est apparu et appert évidemment de jour en 
jour, pour la fréquentation et communication qu'ils ont les uns avec 
les autres-, et doublent les dits suppliants que quant les dicts 
estrangiers se trouveront en si grant nombre a la dicte ville, sous 
couleur de faire commotion contre les dits Juifs, se pourront faci- 
lement par convoitise de biens semblablement eulx esmouvoir contre 
les dicts habitants et piller la dicte ville, eulx et leurs biens, qui 
serait leur totale destruction et en notre grand préjudice et dimi- 
nution de notre domaine; a ceste cause iceulx supplians nous ont 
humblement fait remonstrer par notre amé et féal conseiller et cham- 
bellan, Gaucher de Quiqueran, seigneur et baron de Beaujeu en 
notre dict pays de Provence, les choses dessus dites, en nous hum- 
blement requérant que, attendu ce que dit est et que la dicte ville et 
cité d'Arles est hune des principalles villes de notre dit pays de Pro- 
vence et que si les dits Juifs y fout encore leurs demeures pourraient 
être cause de semer plusieurs erreurs et hérésies contre notre dicte 
foyi ainsi qu'ils ont fait en plusieurs lieux, dont ils ont pour ceste 
cause été degectez et dechassez; et aussi que pour les garder et que 



DOCUMENTS RELATIFS AUX JUIFS D'ARLES 07 

Ton ne leur courut sus, plusieurs Chrétiens ont été tuez et occis et 
plusieurs autres inconvénients ensuiz, il nous plaise ordonner que 
les dits Juifs ne facent doresenavant aucune demeure en la dicte 
ville et cité d'Arles ne au territoire d'icelle et de ce en exempter par 
privilège exprès les dits suppliants et leur impartir sur ce nos grâce 
et libéralité. Pource est-il que nous, ces choses considérées, voulant 
nos bons et loyaulx subgects estre préférez en leurs besongnes et 
affaires et les garder et préserver en notre pouvoir pour l'advenir 
d'oppressions et inconvénients, pour ces causes et en faveur de la 
bonne et vraye subjection et obéissance en quoi les dicts suppliants 
se sont maintenus envers nous, et par advis et délibération des 
princes et seigneurs de notre sang et lignaige, et autres considérations 
a ce nous mouvant, aux dits suppliants avons par privilège exprès 
donné et octroyé et par la teneur de ces présentes de notre certaine 
science, grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, donnons 
et octroyons que dedans troys mois après la publication de ces pré- 
sentes aucuns de la nation des dicts Juifs, qui ne seront régénérez 
sur les saints fons de baptesme et ne tiendront la foy chrétienne , 
ne feront leur demeure et habitation dedans notre ville et cité d'Arles 
ne en tout le district et territoire d'icelle, sinon seullement pour 
passer leur chemin, en allant et venant à leurs affaires, et il )eur est 
par nous permis, sans autrement y habiter ne demeurer en manière 
que soit; et de ce en avons exempté et exemptons a tousjours 
mais perpétuellement les dicts ville, cité et territoire et les manans et 
habitants en icelle. Si donnons en mandement par ces mesmes pré- 
sentes a nos amez et féaux le graut seneschal de notre dict pais et 
conté de Provence ou son lieutenant et gens de notre conseil résidant 
a Aix et a tous nos autres justiciers et officiers au dict pais et a leurs 
lieutenants, et a chascun d'eulx, si comme a luy appartiendra, que 
en faisant a nous a appliquer ' et se mestier est a son de trompe et cry 
public, par tous les lieux ou il appartiendra, a tous les dicts Juifs 
que, dedans le dict temps de troys mois après la dicte publication, 
lisaient a eulx désister et deppartir eulx, leurs biens et famille de 
la dicte ville et territoire d'Arles, sans plus, après les dits trois mois 
passés, y faire aucune habitacion et demeurence en quelque manière 
que ce soit, en les contraignant a ce faire et soufrir reaument et de 
fait, par toutes voyes et manières deues et raisonnables, car ainsi 
nous plaise et voulons estre fait. Et afin que ce soit chose seure et 
stable a tousjours, nous avons fait mectre notre scel a ces dictes 
présentes, sauf en autres choses notre droit et l'aultruy en toutes. 
Donné à Saint Germain des Prez lez Paris, au moys de juillet l'an de 
grâce mil quatre cent quatre-vings et treize et de notre règne le 
dixiesme *. 



1 Mots passés dans la copie. 

1 Copie de M. Raybaud, ancien archiviste. 

T. XLI, N° 81. 



U COMMUNAUTE JUIVE DE SALONIQUE 

AU xvr SIÈCLE 

(suite 1 ) 



Voici quelques notices biographiques sur les rabbins qui ont 
signé les pièces hébraïques que nous publions plus loin. 

Adbibi (Isaac), fils de Samuel. Signataire des pièces 1 3 5 8 
13 16 et 20. Auteur des Consultations mari *l» et des Sermons 
rim ".Si, prononcés au temple trife Elève de Joseph Taytasak 
e collègu de Samuel de Médina, il est mentionné à deux repries 
dans les Consultations de ce dernier p*n, I, An n- 182, et s» 
ÏÎJ n» 31). Dans ce dernier passage, il est cité comme s,gnata,re 
dïn' témoignage daté du lundi 15 Hesvan 5327. ?"*"««« 
dans toOT (Venise, 1599, n° 35) par Samuel, fils de Moïse 
Kal ,1 fleurit entre 1554 (pièce n- 13) et 1568 (n- 16). Cependant 
on le trouve discutant avec Samuel di Médina vers 1 an 1580 h» 
ma-n, n« 329). 

Albuher (Samuel), qui signe la pièce 23, est contemporain de 
Joseph Taytasak (Conforte, 34 6). 

Alias (Moïse), dont la signature se trouve, P^^^^f™^; 
dans le n- 15, signe aussi un acte daté du mardi 2o Al o318 _(loHJ 
dans ma^ -nai, n« 82. On connaît de la même fam lie 1 Joseph 
Alias, tué (û»™i sur -Mi P«, Salon.que, 1594 n 165, 2 Ben a 
min Àlias rabbin (Consultations de Salomon Cohen, III, n» 71,;» 
ïïiîï Samuel Hayon, Sa.onique, 1618,.». 34) ; 3» Méïr Ahas, 
collègue de Conforte (f° 50 6). 

Aihanati (Semtob), qui a revisé la pièce 12 et signé le n» 19, a 
autsi stgné (avant 1534) une consultation (n» 169 de snv M* par 
Tamb. David ibn Yahia). 

i Voir Bévue, t. XL, p. 206. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI* SIÈCLE 99 

Almosnino (Baruch), signataire de la pièce 12, qui doit être anté- 
rieure à 1545, puisque Joseph b. Leb, qui la signe aussi, n'était 
plus cette année-là à Salonique, ayant déjà émigré à Constanti- 
nople à la suite de l'incendie ci-dessus mentionné (Conforte, 37 b). 
Est-il identique avec un certain Baruch promoteur des luttes in- 
testines dans la même communauté et vers la même époque, 
comme il ressort des lettres de Moïse Amon, éditées pour la pre- 
mière fois dans n*T &p"P (n° 11, p. 162)? 

Almosnino (Moïse) a signé les pièces 1, 3,4, 5, 8, 13, 14 et 15, 
ainsi qu'une consultation datée du mercredi 18 Sivan 1559 ("nm 
mai% n° 106), et copié nos n 03 4, 12 et 16. Prédicateur et érudit, 
versé dans les connaissances profanes comme dans les études sa- 
crées, auteur de plusieurs ouvrages connus (ïiiBtt *t? jwnb ïibsn 
ro yftatt, Extremos y grandezas de Conslantinopoli, etc.), ce 
collègue de Samuel de Médina est cité par ce dernier (û"nim, I, 
n° 94, sur wtï pà, n° 34, et sur -jSTBtt -pan, n° 401) ainsi que par 
bNiJara ■•aBtDa (n us 35 et 60). Il fleurit entre 1552 (d'après notre n° 15) 
et 1566 (n° 1). Voir pourtant Steinschneider, Catalogue de la Bod- 
léienne, col. 1770, et Mosé (Antologia Israelitica), Corfou, 1878, 
n° 10, p. 378, note 1. — Ajoutons que la ressemblance frappante 
que Ton constate entre les exordes des sermons (ro "paNto) de cet 
auteur et le style de certaines de nos pièces (n os 6, 7, 15, etc.) nous 
autorise à lui en attribuer la paternité. 

Almosnino (Samuel), qui a signé le n° 12, sans doute avant 
1545 (voir plus haut, s. v. Almosnino Baruch), est sûrement le 
même que laVw&ba b&rittttî mentionné par Conforte, 34 a, et baim: 
la^unfcbK qui a signé avant 1534 (û'rn^ nttin, n° 169). Il est aussi 
cité dans û"Ttfn (sur nwi pa, n° 127), hmnv tod©» (n os 79 et 100) 
et 3NT l»^a (n°s 7 et 8) de Benjamin b. Matatia. 

Altoun (Isaac), signataire du n° 12, sûrement avant 1545 (voir 
l'article précédent), s'occupe, en 1512, des affaires du temple 
Lisbonne (rmi^ n»nn, n°205). On connaît de la même famille, Salo- 
mon Altoun, membre du conseil rabbinique (D'^un sur nT3>n pa, 
n° 85). 

Barki (Samuel), signataire du n° 12, sans doute avant 1545 (voir 
l'article précédent). Nous connaissons de la même famille : 1° Jo- 
seph Barki, qui a signé avec ses deux collègues, Samuel de Mé- 
dina et Moïse Almosnino, le 23 Nissan 1570 (fia" É nm sur -iî?n pa, 
n° 38) ; 2° Isaac, fils du rabbin Elie Barki (vers le commencement 
du xvn e siècle), mentionné par Aron Lapapa dans fnrra na 
(Smyrne, 1674, n os 44 et 45) et signataire d'une consultation de 
Hayyim Sabbataï (û^n mm, III, n° 29). 



1< m REVUE DES ÉTUDES JUIVKS 

Caro (Joseph), signataire de la pièce 19, et dont la célébrité 
nous dispense de faire la biographie. 

Cavallero (TnV«a»p, dans Conforte, 33a, et TTVwiMp, ibid., 
34 a) Salomon, signataire du n° 23 et mentionné dans les con- 
sultations d'Elie Mizrahi (n° 2) et dans celles de Tarn ibn Yahia 
(n» 1). 

Cohen (Daniel), fils du rabbin et médecin Perahia et frère (pro- 
bablement aîné) de Samuel et Joseph Cohen. Auteur d'un supplé- 
ment à l'ouvrage tpv nn«a, qui traite du calendrier, il a signé 
non seulement les n 03 1, 3, 5, 8, 13, 14 et 16, mais aussi un acte de 
témoignage daté du mercredi 18 Sivan 1559 (rm-n "nm, n° 106). 
Il fleurit entre 1554 (n° 13) et 156S (n° 16). 

Cohen (Joseph), fils du rabbin Perahia et probablement frère 
du précédent, est signataire du n° 18. 

Cohen (Salomon) b. Abraham. Originaire de Sérès et élève de 
Joseph Firmon (f w ©n!"i, III, n° 46), il a signé à Salonique notre 
n° 18; à cette époque il était souffrant et malheureux (nran n»), 
probablement à cause de sa vieillesse, puisque deux ans après (en 
1586), dans la préface de ses consultations, il se dit très âgé et à 
la vrille de mourir. Auteur lui-même de consultations en trois 
volumes, il est non seulement mentionné (après 1569?) par b*TO1 
(sur wn "pK, n° 84), mais aussi par l'élève de ce dernier (comme 
il ressort de an ûnb, n° 71), Abraham b. Moïse de Boton, auteur du 
M31D53 ûnb (n-i ûnb, n 01 3, 67, 70 et 135), ainsi que dans ban»© -«3a 
(n° 7) et j-ien rmn (n° 6) d'Aron Schoschan. 

Cohen (Samuel), fils de Perahia et signataire de notre n° 21. 
Voir, sur son âge, plus haut Cohen Daniel. 

Don- Don (c'est la leçon qui me paraît la meilleure, comme on 
va voir bientôt, à la place de celle de "p yn ou yo jn que je crois 
lire dans mon ms. et qui me semble décidément erronée) Moïse, 
signataire du n° 12. Il est probablement le père d'Isaac, fils de 
Moïse Don-Don, plusieurs fois mentionné dans rmur» i-win (n° s 146, 
208, 210, 211 et 212). 

Firmon (Jacob), fils de Samuel. Signataire de notre n° 1 et 
d'une consultation (ba-i^o i£3DttH3, n° 23) dans laquelle, contrai- 
rement à Samuel de Médina et à Mardochée Matalon, il déclare 
les Juifs originaires de Patras et nouvellement établis à Lépante 
exempts de la participation aux impôts de leur communauté adop- 
tive. Le bsotto p apr* qui a signé le n° 12 avant 1545 (voir plus 
haut s. v. Baruch Almosnino) me semble identique avec notre 
rabbin plutôt qu'avec Jacob fils de Samuel Taytasak, qui parait 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIECLE 101 

plus jeune que le nôtre (voir plus loin s. v.). — Voir plus de dé- 
tails s. v. Samout Jacob. 

Garson (Moïse), fils de Juda, signataire de notre n° 16. Juda 
Garson CpôifcW) qui a signé un acte de témoignage , daté du 
lundi 8 Eloul 1558 (i-nrrn i^m, n°82), semble être le père de 
notre rabbin et le fils d'un autre Moïse fnmÈtt qui a signé une 
pièce en 1531 (tm^ httvi, n° 1), et est contemporain de Tarn ibn 
Yahia (Conforte, 34a, qui écrit ïWtt). Si notre hypothèse est 
vraie, nous avons donc trois générations de Garson : Moïse I, 
Juda et Moïse II. 

Haber (Isaac), signataire de notre n° 4, était, d'après Abraham 
de Boton (m ûnb, n° Tfl), un greffier excessivement scrupuleux 
dans l'accomplissement de son métier (Tara ïit nrû arou) idioî-j !it 
•HW» û^id*» rwa nms éwto n^n ania nm i'w -an pnr> n"ro). 
On connaît de la même famille un contemporain à Safed (1569), 
Hayyim Haber (Consultations de Moïse Alscheik, Venise, 1605, 
n° 2*7). Voir s. v. Içhaki Abraham. 

Hazan (Abraham), signataire des n 03 19, 22 et 23, et d'une con- 
sultation (avant 1534) dans û"n^ S-ttnn ^n° 169). Mentionné par 
3KT ïtt^n (n° 425) et dans les Consultations de Salomon Lévi (n° 4), 
il est en correspondance avec Baruch, fils de Salomon Kala'ï, de 
Smyrne, où il a fait sa connaissance lorsqu'il y est venu marier 
S3n frère (^lia Tiptt, Smyrne, 1659, n° 26, p. 38). Voir aussi DU) 
trbvtftt d'Azoulaï (Varsovie, Goldmann, 1876), p. 8, Y'tt. 

Hazan (Salomon), probablement fils du précédent, est signa- 
taire des n os 1, 8, 12, 13, 15 et 16, et d'une consultation, en compa- 
gnie de Samuel de Médina et de Moïse Almosnino et à la date du 
lundi 17 Schebat 1570 (D"nun sur mv^rt "pK, n° 38). Il est aussi men- 
tionné à la date du 12 Nissan 1542 (ou 1547 ? -i"p3n) dans les Con- 
sultations de Moïse b. Joseph Mitrani (a"-att, I, Venise, 1629, n° 65) 
et par Isaac Adribi (ma^ •nai, n° 14) le dimanche 13 Tébet 1562. 
Il fleurit donc vers 1542-1570. 

Ibn-Billa (Salomon), fils de Jacob, signataire de notre n° 4, est 
connu pour la part qu'il prit dans la lutte commerciale entre- 
prise par Dofia Gracia Mendezia et Joseph Nassi contre le pape 
Paul IV (Graetz, IX, 364). 

Içhaki (Abraham), mentionné avec les titres pompeux de •nsion 
tabun ûsnn Y^nm Vnsn, dans notre n° 17, et de hs rcan arra naio 
Vm "93 û'nsiOïi par Conforte (40&), exerça à Salonique ses fonc- 
tions de greffier communal vers le milieu du xvi e siècle; Isaac 
Haber, ci-iessus mentionné, n'était probablement pas un notaire 



108 REVUE DES ETUDES JUIVES 

attitré. Mentionné dans n^N rrnn (n° 1) et par Salomon Lévi (n°21) 
et Salomon Cohen (III, n° 1), il a un frère (Azoulaï, p. 72, î' s o) et 
un lils (ci-après) portant le même nom (Isaac). 

Tçhaki (Isaac), mentionné dans notre n° 17, fut aussi greffier 
communal, comme son père Abraham. 

Iaiiiaou Ibn-Iahia (Tam), fils de David et petit-fils de Salomon 
et signataire de notre n° 4, cumulait à Gonstantinople, d'après 
Conforte (34 a), les fonctions de rabbin et de médecin du sultan 
Soliman II, et avait de si vastes connaissances dans la jurispru- 
dence musulmane que les Cadis ottomans avaient recours à ses 
lumières pour les cas difficiles à résoudre. Des nombreux ou- 
vrages dont il est l'auteur et qu'un incendie a dévorés, il ne 
nous reste que ton *6ïlft, annexé à la collection qui porte 
le nom de û^UT' fittin. On le trouve aussi mentionné dans les 
Consultations d'-Elie Mizrahi (n os 1, 15 et 64) et dans 3nt flraa 
(n° 305). 

Iaisch (Moïse), signataire de nos pièces 13, 15 et 19. Nous lui con- 
naissons un homonyme, au xvii siècle (Conforte, 51 a), qui est 
peut-être son descendant. Peut-on supposer qu'il est le fils d'Abra- 
ham Iaïsch, mentionné (vers 1520) par Elie Mizrahi (Consultations, 
n° 15) et dans tm'ir 1 rntt"in (n° 39) et qui, avec son petit-fils du 
môme nom, mort peu après lui, a été l'objet d'un sermon fu- 
nèbre de Joseph b. Leb, qui leur applique ce verset : imxtin na 
ïiûpSl *™«3ïT t-isi ...bn^n (Conforte, 33 a)? Je n'ai pas de preuves 
à l'appui. 

Jérusalmi (Abraham), qui a signé le n°4, est mentionné dans 
tync r-ittin (n° 116), nw l^m (n° 406), o^as 1 (n° 180), û"T;zn sur 
*)iyn pa (n°53) et sur as^a» \m (n° 224) ainsi que par Azoulaï 
(p. 50l, s. v. Citais Jioirp). Serait-il le même que celui dont j'ai 
trouvé la signature dans une lettre inédite, datée de 1591 et 
adressée par le rabbinat de Jérusalem à celui de Monastir ? 

Kéfassi (Joseph), signataire de la pièce 12, qui est antérieure à 
1545 (voy. plus haut, s. v. Almosnino Baruch). Est-il de la môme 
famille que Hayyim Kéfussi (partout orthographié ^Disa), mentionné 
0ar Conforte (41), par Azoulaï (pp. 41, M"b, 82, 'a, s. v. ^paia 
flpana, et II, 70, Y'o, s. v. û^n "nsa) et par Joseph Sambari (Anec- 
dota Oxonitnsia, I, partie iv, pp. 160-161), qui fixe sa mort à l'an 
1631 et qui lui attribue des commentaires sur le anoD et le "nsD 
ainsi que fépitaphe de Joseph "lab^aa ? 

Leb (Joseph bem, dont la signature ne se trouve que dans le 
n° 12 (voir s. v. Almosnino Baruch), auteur de nombreuses consul- 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE 103 

tations et célèbre par ses luttes à Salonique et son émigration à 
Constantinople (Conforte 37&), est souvent mentionné par ses 
contemporains, Joseph Caro (rpT ira sur Tour iw mv, n° 10, et 
rOTE tpa sur inptrrt T, Règles de ^rcvrtt, ch. xni), Samuel de Mé- 
dina (sur nttfi p«, n 08 37, 138 et 178, et sur bôib» l^n, n° 224), 
Isaac Adribi (man nai, n° 196) et Samuel Kala'ï (baraia ^asiûtt, 
n° 31). Azoulaï (p. 56, ïi"»p) dit qu'il est mort après 1575. 

Lévi (Benjamin), fils de Méïr Askenazi, signataire des n os 3, 5, 
12, 13 et 15, est cité par "j'ïrti (III, n° 46), ban npaa, n° 77 (après 
1550), û^irn I, n° 75, et sur -im p», n os 43, 138 et 187, et ^siatt 
bswo (n° 100). Il a édité un Rituel askenazi (Oçar de Jacob b. Ja- 
cob, n° 916) et a joué un rôle prépondérant à Salonique, car non 
seulement Moïse Amon correspond de préférence avec lui (tpv 
nrr, n° 10, p. 147), mais aussi il est chargé de pleins pouvoirs de 
sa communauté, dont il va arranger les affaires à Constantinople 
(û"lT25l sur iw ïTVP, n° 55, cf. plus haut le ch. Attributions). Pro- 
bablement il s'éteignit vers 1570 (voir ci-après), date à laquelle 
(d'après notre n° 24) son fils Menahem fut nommé rabbin à sa 
place. Ce dernier signa à Constantinople , en 1586 , une lettre 
inédite du corps rabbinique de la capitale concernant le ghetto de 
Safed. Je ne sais pas s'il faut lui rattacher, comme fils ou parent, 
le rabbin Elie Lévi, signataire d'une consultation (ban npaK, 
n° 109), mais il est certain que, en dehors de Menahem, il a eu un 
autre fils qui, sous le nom de 

Lévi (David), fils de Benjamin Askenazi, a signé notre n* 8, où 
il a accompagné le nom de son père du mot n"nbï, d'où il faut dé- 
duire que ce dernier était déjà décédé en 1562, date de notre 
pièce. 

Lévi (Salomon I), fils d'Isaac I, signataire de notre n° 21 et 
auteur de plusieurs ouvrages (iittbuî p;an sur Isaïe, ma» ab, com- 
mentaire du traité Abot, fiftbtë na4, sermons, consultations et 
novelles talmudiques) édités et inédits (Conforte, 38 b ; cf. Anec- 
dota Oxoniensia, l. c, p. 155); il est mentionné dans les con- 
sultations de ses plus célèbres contemporains, tels que Sa- 
muel de Médina (a"-nzn sur ittii pa, n° 238, où il l'appelle nan ; 
sur ûbid» lian, n° 244), Isaac Adribi (man "nai, n° 326, vers 1580), 
Aron Schoschan (tn»a min, n° 1), Salomon Cohen (yttiïi, III, 
n° 1, vers 1594) et enfin Baruch Kala'ï [yro. *nptt, n° 10, p. 12) ; il 
ressort de ce passage que ce dernier est plus jeune que Salomon 
Lévi I, qui semble avoir fleuri vers 1550-1590. 

Lévi (Salomon II), fils d'Isaac II, petit-fils du précédent, auteur 
lui-même de nombreuses consultations, nous a conservé la copie 



lOt REVUE DES ETUDES JUIVES 

(n° 20) d'une décision inédite d'Isaac Adribi et de Samuel de Médina. 
11 est cité après 1625 dans les consultations de son professeur 
Hayyim Sabbataï (Salonique 1713, I, n° 34, et III, n°70), mort plus 
que nonagénaire en 1637 (Conforte, f° 44 fr) après son élève dont 
il est question et qui s'est éteint en 1635, âgé de 52 ans (ib., 46 ô, 
où sont relatées les recommandations qu'il fit avant de mou- 
rir et qui s'expliquent par sa modestie et par ses idées cabba- 
listiques). 

Matalon (Mardochée), signataire des n 08 1, 8 et 12, fut élève de 
Joseph Taytasak (D"ntm sur wn pa, n° 12*7). 11 semble avoir été 
plus jeune que son condisciple (Conforte, 38a) Isaac Adribi, qui 
lui adresse, ainsi qu'à Samuel de Médina, des paroles sévères (nba-n 
fca^DitDSîa bipb û!t3ïk r-ntaïib am^ bana, dans rwi ^ai, n° 218). 
Il est mentionné encore deux fois dans ce dernier ouvrage (n os 217 
et 326, vers 1580), ainsi que par û"Y.zn (I, n° 158 ; sur ^tjîi pN, 
n 08 50 et 85, après 1579; sur aDtttt "jon, n° 40), par ^urn (I, n 08 1 
et 22) et dans biottii) ^BDttMa (n° 23). Il a donc fleuri vers 1545 
— 1580 (d'après n° 12). 

Médina (Samuel del Campo), dont la signature est plus fréquente 
que toutes les autres dans nos pièces, puisque nous le trouvons 
sous les n os 1, 3, 8, 13, 15, 16, 18, 20 et 21, et qui est l'auteur de 
nombreuses consultations et de trente sermons sous le nom de p 
bNittia, était l'élève de Joseph Taytasak et de Lévi b. Habib, 
d'après Conforte (38 a), qui nous tait connaître, en dehors d'un 
vers de son épitaphe (sans doute), une particularité intéressante 
de sa verte vieillesse. Cité par ses contemporains, tels que Y^^ 
(I, n 08 1 et 156; II, n° 12), baras) ■»£»«» (n 09 23, 60 et 100), r-mn 
n»K (n° 142), an ûnb (n os 67 et 135) et, enfin, Beçalel Askenazi (n os 8 
et 25), il est l'objet de réprimandes (voir s. v. Mardochée Matalon), 
non seulement d'Isaac Adribi, qui était (vers 1580) en lutte avec 
lui (mm nm, n°329), mais aussi de Joseph Mitrani (a^a», I, 
n°292), qui le traite de bavard (-paroi vm3*a b-aïrï-n). On peut 
donc fixer le temps de son activité entre 1552 (d'après n° 15) et 
1581 (n° 21). 

Mor-Hayyim (famille dont il existe des membres à Constanti- 
nople) (Isaac), signataire du n° 15, ne paraît pas avoir joué un 
grand rôle, puisque je n'en ai pas trouvé de trace ailleurs. 

Nahmias (ibn David), signataire des n 0i 18 et 21, a été (d'après la 
pièce 10) exempté d'une partie des impôts communaux en 1571 
(cf. le chapitre : Impôts). Mentionné par tfTDI (sur bsee y^n, 
n° 161, où son nom est orthographié fflfiTîDïrc, et n° 244, où il est 
écrit tûsrwa), fttTïl (1, n° 51 ; III, n° 18), n»» min (n° 147), Tipr 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE SALONiQUE AU XVI» SIECLE 105 

^na (n° 10, p. 13) et Azoulaï (p. 32, Y'b), malgré la cécité dont 
il fut frappé, il continua à exercer ses fonctions rabbiniques (mm 
û^n, III, n° 93) jusqu'à sa mort, qui n'arriva qu'après 1585 (sui- 
vant n° 21). 

Nahmias (ibn Jacob), mort ou probablement tué avant 1571 
(n° 10; cf. le paragraphe : Attributions), était frère du précédent et 
est mentionné dans les Consultations de Joseph Garo (sur 'piDYFp 'n, 
n°8, vers 1557) et de baottiû "^sra (n° 60). Il faut le distinguer de 
son homonyme, que Conforte (47 a) nomme mai b*m fpt, et dont 
il fait un contemporain de Salomon Lévi II (1583-1635). 

Obadia (Hayyim), fils de Jacob, qui a signé le n° 12, avant 1545 
(voir s. v. Almosnino Baruch) et auquel on attribue les ouvrages 
tWi tn» "tttt et û^n û^fc Tipiï et des consultations inédites (Con- 
forte, 39a), eut maille à partir avec les membres du temple Ca- 
talogne (voir au ch. Organisation et Administration). Moïse Mi- 
trani, qui le cite (ra'^att, I, n°218), lui prodigue des éloges en 
approuvant ses décisions, à l'inverse de Samuel de Médina (voir 
s. v.), qui s'est attiré ses reproches. Il est également cité dans 
tirhàfi nain (n 05 55, 56, 161 et 169), &"nun (sur nwr "pa, n os 2 et 
127, et sur dduî» Iran, n° 226), tmyn ■na'i (n° 130) et ban^ra ^UDUitt 
(n° 100). 

Obadia (Elie), fils de Hayyim (probablement le précédent), qui a 
signé notre n° 16„ n'est mentionné que par Azoulaï (p. 17, n"3>p). 

Poria(?) (Jacob ibn), signataire du n° 12, résiste à toutes mes 
tentatives d'identification. Je ne connais pas même sa famille. 
Faut-il lire mis p, famille dont un membre (Salomon) est l'au- 
teur d'une série de lettres inédites en ma possession et qui est 
contemporain de notre Jacob ? 

Saba' (Jacob), fils d'Abraham, signataire du n° 19, dont le père 
pourrait être identique avec le rabbin Abraham Saba' d'Andri- 
nople qui est mentionné par Elie Mizrahi (consultation n° 52). 
Nous connaissons de la même famille Samuel Saba de Constanti- 
nople, cité dans tr-rc) 1 * nttin (n' 8 132 et 134), fils d'Isaac Saba' et 
beau-père de Joseph Caro (tpv n^a sur Tour Orah Hayyim, 
ch. 425). Dans mon ms. dont il a été question ci-haut, un ano- 
nyme rapporte ce qui suit : Y"i!TO ^»p fittJbpa in txnv aman n»K 
nwtm ma« "»Tia nsap ttorisn Na:\a p-o* mm ras S&nttia 
Na«y»ba "jtw nw ^bai r^r^ba nn isra nn ana-ttb ^nss&n 
M.ma« ^sban 

Samout (Jacob), fils de Samuel, signataire des n os 3, 5 et 13, est 
cité par tZ3"*n2n (I, n° 75) et dans les Consultations de Joseph Caro 



106 REVUE DES ETUDES JUIVES 

(sur ri"btt Dw Wj n° 2, vers 1551), et, comme Hayyira Obadia, 
il eut des démêlés avec ses ouailles du temple Kiana. Conforte 
(36??) veut l'identifier avec Firmon Jacob (voir s. v.) qui aurait 
signé aiED, abréviation de la maxime « arj niz»n y*m ma », hypo- 
thèse qui semble être confirmée par les deux points dont ce mot 
est surmonté au bas de notre n° 3. Si cette assertion est vraie, on 
doit dire que c'est par inadvertance que ce prénom est mal ortho- 
graphié (araio, au lieu de aitta) dans les Consultations de Joseph 
Caro (surrir^bm dit 1 W, n° G). 

Sanchb (Israël ibn), dont il est question dans le n° 9, serait-il 
le frère de Méïr ibn Sanche, rabbin à Constantinople, si connu au 
xvi e siècle ? Peut-être est-il parent d'Eliézer ibn Sanche dont parle 
Azoulaï (p. 103, f "», s. v. fwVnri û^M). 

Sarfati (Jacob), qui a signé les n 08 19 et 23, serait-il le fils 
d'Abraham Sarfati mentionné dans les Consultations d'Elie Miz- 
rahi (n 09 45, 59 et 74) ? On est plus certain qu'il est le père de Juda 
b. Jacob Sarfati, signataire d'une décision (û"T»m sur nT3>rj pN, 
n° 39) et auquel Samuel de Médina (sur usia» *nan, n° 73) écrit, 
sur un ton de familiarité : trm ^b-TOa nbsn ïWin nmtt "rçnrrn 
■p'tfa ttTO\ Nous connaissons deux contemporains de la même 
famille : l°Matatia Sarfati (fca'"rcn, I, n° 148) ; 2° Salomon Sarfati 
{ibid., sur "ïïjïi p^, n° 15) et, enfin, 3° (du commencement du 
xvii* siècle) Joseph Sarfati, élève de Salomon Lévi II (Con- 
forte, 46&). 

Siméoni (Eliézer), mort en 1530, d'après Conforte, 32a, a signé 
les n os 22 et 23. Il prodigue des éloges (rraan n:pia jpn aw bv) à 
Lévi b. Habib (rfabiïi, n° 1) et est cité par ta"fin (n°2) et praa 
aw (n 03 7 et 8). On sait que l'assertion de Conforte (l. c), qui fait 
de notre héros un descendant de Siméon, l'auteur du Yalhout, 
est contestée par Azoulaï (p. 125, o"p, s. v. ">T3a;DN ïi*»ib). 

Siralvo (Abraham), signataire des n 03 1, 3, 5, 8, 13 et 15, et 
d'une décision datée du mercredi 18 Sivan 1559 (man ■nai, n° 106), 
est souvent cité par Samuel de Médina, qui écrit son nom de 
différentes manières, TibariKO (û"*nm, I, n° 44), "nbana (ibid.), 
•nbfirria [ibid. sur nt^n \i\&, n° 187), et enfin "nban^o {ibid. sur flon 
BBW73, n° 226). Le mê;ne auteur (ibid., I, n° 170) rapporte un acte 
de Joseph Pinto, daté du vendredi 2 Yyyar 1536, par lequel cet 
homme généreux lègue la somme de 10,000 asprès qu'il avait 
déposée entre bs mains des administrateurs du temple Evora 
et dont les intérêts devaient servir à l'entretien des élèves fré- 
quentant l'école du rabbin dont nous parlons : mTBFB rpv *tl 
npDOïib vît anra nTY«ttTD "Ha D^aab ta^eb» mw m&Sifz cnpn 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE 107 

tosnai i5i iô vb&rpo fcaî-mN 'nrt tabton ûsm s-n^ ^^robri 
i5ï «"■* l-rra** p"p "■aniTJîai ^oriD T3. Son activité s'exerça donc 
vers 1536-1566 (date du n° 1). 

Tamar (Matatia), de Constantinople, a signé le n° 4, ainsi 
qu'une décision dans û-mp rftnn (n° 148). On connaît de la même 
famille, au xv e siècle (vers 1446-1500), Menahem Tamar, com- 
mentateur et poète (Graetz, VIII, 275). Est-il permis d'y rattacher 
aussi Joseph "n^ntr, mentionné dans nrm i*m (n° 191) ? 

Taytasak (Jacob) (voir Graetz, VIII, 432), fils de Samuel, si- 
gnataire des n os 1, 8, 14, 16 et 18, est mentionné, vers 1580, dans 
rm'n *iTi (n° 326). Il a ajouté à son nom, en 1562 (n° 8), les mots 
main n» (que nous rencontrons aussi au n° 18, à côté de la signa- 
ture de Salomon Cohen), qui font croire qu'il fut éprouvé alors 
d'un malheur, tel que la mort de son fils ou de son père Samuel 
(cf. ci-bas, s. v.). Il fleurit entre 1562 (suivant le n° 8) et 1584 
(n° 18). Pour Jacob, fils de Samuel, qui a signé le n° 12, voir plus 
haut, s. v. Firmon Jacob. 

Taytasak (Joseph), fils de Salomon, dont Conforte (32 a) a vu 
la signature à côté de celles de Jacob b. Habib et d'Eliézer Siméoni 
(voir s. v.) dans une convention (rason) datée de 1514, et qui est 
citée par Elie Mizrahi (Consultations, n° 52). Quant au fils (Joseph), 
signataire des n oS 19, 22 et 23, on connaît ses relations avec l'illu- 
miné Salomon Molcho. Auteur de nombreuses consultations et 
du commentaire tpv rmo sur l'Ecclésiaste, Esther, etc., il est cité 
par Joseph Caro (tpv n^n sur Tour Yorè Déa, n os 65 et 201, ainsi 
que sur Tour Eben ha-Ezer, n° 17, et dans ses consultations sur ce 
dernier Tour, n° 17, et bsvinpnK, n° 50) et par plusieurs de ses 
contemporains, tels que Tarn ibn Yahia (û-nu^ nttin, n° 1, en 1531, 
n os 37, 115 et 162, enfin n° 169, avant 1534), Moïse Mitrani (a w -<ntt, 
I, n° 180, et II, n° 117), Benjamin b. Matatia (a«T pi», n 01 3 et 4), 
Samuel de Médina (sur tfDUîtt 'juîn, n° 224), David b. Hayyim Cohen 
(Y'YI, Salonique, 1803, FV3, n° 21) et enfin Azoulaï (p. 55, Y'bp). 
Contrairement à Graetz (VIII, note 7, p. 432), qui veut reconnaître 
trois homonymes (avec concordance des noms de leurs pères) por- 
tant ce nom, je crois devoir en éliminer au moins un, en m'appuyant 
sur une consultation supplémentaire de Salomon Cohen (II, n° 9) 
où il est dit que Joseph Taytasak de Salonique alla s'établir à 
Constantinople [«v^aNaoïpb ï&ob fbri maa -in« î5n bvnn mn). 

Taytasak (Samuel), auteur de ïTTïït rvnauî et signataire des 
n ot 3, 5, 12 et 15, ainsi que de deux témoignages rapportés par 
Isaac Adribi, l'un du mardi 25 Ab 1558 (rrn'n "nm, n° 82) et l'autre 
du mercredi 18 Sivan 1559 (ibid., n° 106), paraît identique avec 



108 HEVUE DES ETUDES JUIVES 

celui qui s'est expatrié de Salonique pour aller occuper le siège rab- 
binique de Magnésie (^"ïînn, I, n°29;2&zd., n° 12). D'après Samuel 
de Médina (sur BfcWîa )vri, n°203), qui, à la date du lundi 12 Tischri 
1562, l'appelle déjà un vieillard caduc (vw o"nnn dn ^pnb lîaVrt 
ptetû-wû bsraiD ^ftttBD û^as mon), celui-ci avait deux fils, dont 
l'un Jacob (ci-dessus mentionné) avait pour gendre un Samuel, fils 
de Salomon Taytasak, et le second, nommé Joseph, dont le fils 
aussi s'appelle Samuel Taytasak. Nous constatons donc trois 
homonymes portant ce dernier nom. 

Uziel (Joseph), signataire du n° 15, est mentionné par Salomon 
Cohen (II, n° 144) et semble être le fils de Samuel Uziel, dont il va 
être bientôt question. 

Uziel (Juda), fils de Joseph (ci-devant mentionné?), signataire 
du n° 21 et d'un témoignage daté de 1595 ("fttnrt, III, n° 103; tô M 
II, n° 195, il est appelé phai&n WBTfi), est l'auteur de l'ouvrage ma 
"■bfirron (1604; voir Azoulaï, II, p. 13, a"*, s. v.). 

Uziel (Samuel), qui signe les n 05 12, 19 et 22, et les décisions rap- 
portées dans tmur 1 rwin (n°l, en 1531 ; n° 169, avant 1534) et qui est 
aussi mentionné dans Y'i2rt-7(II, n° 135), est sans doute identique 
avec Samuel, fils de Joseph Uziel, que Samuel de Médina (sur "p» 
wn, n° 105) nomme (comme son petit- fils ci-devant mentionné) 
pftawi KDTBi. Il est probablement le père de Joseph Uziel ci-des- 
sus mentionné (voir s. v.). 

Abr. Danon. 



PIÈGES JUSTIFICATIVES 



N° 1 

iwN raconte Trayon baiû tarabran a^nann n^aon pn^n 
.ï-rboa arn r<"^ a^ttbiart ta^ann n»aom t-\rcn *nba imatt 
taraoïib d^o^sntti tarsapnE yisn we Q^m ir^n r»n v 
rn"n r-nana ans &waflai ian»aom ïamiDi viba fnfcaoïi 
Vihmtû o"na mwai nmam r\-ô-p mnxnna rmp maimai 
r**b tcn d'nnnbi nvrab tatttn a^o":r7:i ataca nw ^aa Ybbym 
fins mnsb nan ^a Namn irra p^aai «aia Nnb» ND^m ma 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIECLE 109 

ia*i?3a, p ba» .iiaa Tapî iaai 'î-j ^aa baaœm >oi nana ab Spïib 
ba snp tamTaa anjaœrïbi a>Tinb niaTab taitovinïi lanaa iaaa nan 
Saaa nain* ïiabna ma^iatTa ma^ba» mm» ï— rb^ laTnniK ^n 
riTamm nains in73aon baia ï-maafïi ban irrnnfi bar i-niEUii 
rnbnpa itp ton tmn wm» ainTa mainn mttn t<b ^nia^ 
•nn tanTaaom amtzna i-im« irna^ s^bi mm nn ban mianp 
nnana s-rma inia^ Ta ^57373 la f^a -nnai naïaan unna t^rj 
tabiara nnN aip7a baai m aimai a^piiaa rnniN ima** ^a n"n 
nwaona fcaTaary ^asa bnpi Snp bnn miaararï mfcDOWi ribir 
nan nn« ba b^ nibbian mfcaoïin na ."nsi ma bnpr? •oia 
■nbn lan d«i nnanpn mbnpn "htp "«r b^ hwwa t«îtid 
mi?3in San aniN imai on E|n nvaœ min tsranîa s-iTaaon 
pn ,nnœatt tanna maiiam ittazar» mbaa anm lar^ obiarara 
D^mn» 11253^531 msnar?a isnas nan ,n73Nn ban ynn Sa» ,"13 >*bi 
fW fm«» niTaa. bicaa taabia» Ta^i ï-ina»» }niK "pbûaaTai (!) îirrtK 
Earra bar mni73Nn mnTamn ba;a lanan &*b-ra ia*o .ni73&o niTaan 
ï-inarTa nn nvr ban vît nu)N Mabian a^ann nttaoln Tiba 
.laiTao"^ ï-i?a ba» tarsb ^ni taa^anna>n ïtwm matt ban ûbiar 'ran 
ta^nribi la^ar nn\N7a ma rmn Su: ttnTaab n7aa V 1 ^ Trj T^*" 1 " 1 
•wa ba lann ima^ .-nTa lanb m»b *-int ia^a> ia?ay anpTa biiaaTa 
S2 nmarn Sm ,ian?ananai tan^aaann muî nni "p** ^a tabiar 
rronTa d^na -"maa imE niTainn n7aa anaa niTaiu;-) niTaaonrt 
an-p ,rrha rafia laaia^ an-,Tai tan7aaana main nia» n^a^nu: nnin 
taibtt? riT ïrm Ijs rn^aia» tanpnazi amN 'nai^rj naa rmai" 1 ein 
tnava T»bDa rn^b ûi" 1 ib r - tai^ tni^n îa^maTanNa i-nbia îa^a^a 
Sam ^p^aib^a ïid rrpiaz ib !-i"n^n^i T^a7a" , oi rr-i^az^b iabn 

.taa-i^pi T'nœ 

Isapn naa»rî l i^bamo ama» 1"^ ta^ann rraaoïra ^3N û">ao7a 
I rss'nn t bNiwio I ^hn bNiTa^a nâa pnai^ | ia^au:i7abN nu:» 

watfi l liTaTâ aTa SNiTao làa apy^ ppri | "jm mab ï-f?abu5 
I ï-i"nbî pNSNa^Na SaiTau: b n"-irr7aan npa»^ | iibNusa ■O'nïa 

.n"nbT inarr n^ms n"nnaa b^ai 

N° 2 1 

maian ^-1 taaa» -«^Nn gjDNnna mb*na maa>in iman nia»,., 
...tann^na birabi imbnptta mb'aa7a a^b mbpn in mapn ïpnb 
miasa Tiiazb tamTaaon nTaai 12732 taamiosaa û^sann mbn 
taa^am *im mana rtpTnbi riTa^pb nN^nn r-nin dnti *tan , '73"ina 

1 DaDs les notes suivantes j'enregistre les leçons erronées du ms. et indique les 
sources de quelques passages. 

* Ms. an73ana. 



Un REVUE DES ETUDES JUIVES 

■«moieb fcyrtBni ntratDa ' ï-ipina tt*tti Saa r-wnpb d^tit 
(^Bn*vtiB ûmaN) Saon riT-i ...tmon ma«a nan»n toi 'r^a^i 
3 w rx bbp-n m:pn- f<-rpb td nns^n 03*33 ûïdd natnb ï-iban 
i-îb« «nai n« toJMtta aibrn ITOîim 4 t:rrt ba 117:7 nnncm 
m» riEfip Y*na b« w\\ ûrr»3Di r-mnn icab-» pîm "pin bipm 
natma ï-rb» bs "»a i**r wbi fmaMtt nnym ï-iban D^pim 
.winn &rnen wDono fnspnn osia "ini ,'nnix»i f^nn 
arpBittb îm Dm tarpmatt birwa D*no"Pttn ta^piw osvj ï-m 
*a U) EpiE tps '•' wNicb t33»N i^: r*ô "c\x s ma mima 7 inbiDi 
ta*Ha:M -Tw^ ï-rbwi .Tin »bi nn n:nan Nbi ûban i?t »>*b 
t^b "w\ni orr<aM ^pn ma» ai itt'nrp 'ïl " naNbtt batû " waarr 
bnpa — ,77:tû t»*abi 13 ott-)72 «an imp nn TO^aon n? -itt^ 
l6 0»n n* cip* 1 ^ai "o»nnn n«i ï-rarnn na '* y-run r-iN Tniibi 
tom npaa in:n ss> fma œ^K r-ma^ "«ai owrt i» -noe ï-TOtt 
ïtt-Oi b-^y ca 13 "H* mm 18 Nb n«n ne ni»» Sai 17 o»ai tDattîn 
S— in S-itrsj "p-n bai b*w na a^abN b^an ^bm baffl waan Tun 
np-in 19 1^m impoli \sasb ^-n ïmio np*> ipa b? nmïïi yin 
■fîmBan 20 ï-ntt*n D"nn r-,D2£7:n *poïi in r-T'o ^msn aaian bai 
l^npia baiû waon to .s-n^an rrpwtb lawittai nan7:n "«ripa 
"ira ï-rb^ba oaaaio aaa bai m yw Va mm "jnp r-ra-i " onoîa 
ta-ppo waan m* -pas b? irno» wurn toc in 3 " 1 TO"pa M«KM 
rib ya taNi "b;^ fims ^nn^a pmïi ïpîmo b^ab nban N3nfi 
^ny tzptti *i*\9 ^idc^ t^bn nbsNttïn r-rbarr iianyb *jn^tt5 a^i 

I Ms. ïipTina. 

1 Schabbat, 23 J. 

3 Job, m, 1. 

4 Néhémie, vin, ;». 
8 Ezéchiel, xxvi, 5. 

6 Ms. 1!-pT. 

7 Ms. inba-r. 

8 Baba Bat, -a, Hb. 

9 Ms. -piûb. 

10 Jérémie, vi, 29. Ci', jér. Mei/uilla, ni, 2. 

II Ms. rwaian. 
'- Ms. roba. 

13 Daniel, vin, 13. 

14 Sanhédrin, Ma. 

' ' i)eutér., xiv, 15 et 17 

10 lb., xix, 16. 

17 Exode, xvi, 21. 

18 Ms. lb. 

19 Ms. p. 

80 Ezéchiel, xxi,31. 
*» Ps., niv, 32. 

81 Daniel, vm, 5. 

M Cf. Ketôubot, [''il. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI» SIÈCLE 111 

ï-rbEtan nnn s-rtaTaa in^a a* ina ©'w axww ^12 ba© waan 
ï^n "iira-i» rrmrw *vn!ib b*a!-t Ta rnizn ïtvp abia »înt3ib 
ï-ib^72 ttba^ t^im a ©^ t^b i^ptttt nua -in^np bira "pbb -nnan 
aawia ^73 ba© waon ti? *tntaïa ftsaja tt a-ib^n ba»am nb^» 
ta-na^rr •Hb"» ma-iiib mmi t-maa pia:r> t^bi • mmn dn 
6 tanins r-ima Y'p tien intaaa tan-wan fca^aïi "ja imp© 1 *© 
b*art ns 'psia ï-rjv* baiam 8 nriNa ïtw 7 nanaia î-rtoN bai 
oaan j^b© waûni i^ "ntan nnn ù^iyia "imb^a^i 9 i-ranab 
nba oaan t^bian 13 yro rr-rpra -nna "ta^ un ia ymab ïti»k 
iï-piû woon n» 15 i-iapa rrmn nnm u iroai ■pTasN a* "O ns-inb 
ta'niaa i7a"ip-> tavanrtn -n^bn taraiat ^a as *a ouatai© nbab 
jnm a-naso 17 imai ttrrn a** ■o innïi nmroa -îbafco abran 16 û^»m 
tarai* ta* ••a'vian ï-ropm ibib 18 fcaipTaau) na^aon n* jrpaïi i-ia^a 
t-inm p7a t-inm a^ap bia t-ibxnwa naNi&n© û"wbam i-nxbrram 
■na> £]nïi l9, nnb nab*» ï]«n "wai myasam p© rrruma :wnu 
-i©&n ba> a»aia s^w ©sn -nbaa manma *fyvD ^73 ba© waosi 
-na* ©Ni "nam baa "jb-n ia«-n naa>b na>aip ttniB^ia mm r-pan 
abab -îma ia->bia->ia ,0 ab"ia> ^pan aba>a ab nrsu ©"w baia waort 
"naa a©na i-nïma aur sb ta^b aianTaai t^iuîb ynw t^bia -«Ta bai 
i-tmî-n rjD^ rrw bau) waon vij> aiann-» ^b tavnaai aia-in 
rpaa ï-psaai ï-tdn ba> taTa maan fnaa maiabn r-KBaibn 
bnn t^bi "ttîaia bnp ri3>7a^ Nbn 22 msna ma»iaazm (?) u ma»iaatn 
!-TiNnn m^ap ma>am tta na ma>a t^bn ^nrj mi ïTa^ab 

1 I Sam., xxi, 9. 
1 Isaïe, lviii, 6, 
3 26., xli, 7. 
* Deut., xxviii, 43. 
» Yebamot, 63 b. 
« Abot, I, 5. 

T Ms. inauj. 

« Nédarim, 90*. 

9 Cf. Consult. p^ ^3»©, III, n» 140. 

10 Ms. -nbaN-n. 

11 Sanhédrin, 81 b. 

12 Ms. l'omet. 

13 Yebamot, 65 a. 
u Isaïe, xix, 15. 

15 lb., m, 24. 

16 73., xxvii, 9. 

17 Esther, n, 21. 

18 Ms. aipata. 

19 Ms. «nnab. 

*° Schabbat,$Sb. 

» Ms. mjaiatn. 

22 Ps., lxviii, 14. 
83 Job, m, 18. 



112 REVUE DES ETUDES JUIVES 

i-TEinb Shah î-nbvoa ïttd» &nm ïr>a»aîa ttea ba n'yasm j-impvi 
imoab mttn rrwa rtb^Dn to^bbn dwi îa-san nt< m** p*n 
rtmm 3 !-i^^n ïTPai 'J-iwm ©abfi f ra>:n rraaam rrsnnb &ai 
S-robt iNirn hd-i? rrapn n? taNi 4 ncin niaa b* ^n l-ibiawab 
«yn 7 ï-tdd nwX îxstpi 6 î-idw b"i7:73 rtttîn n« ipbai 5 nom^l 
•îapn ^-ndm D^^m ta^pnnn rtbwi aa^'b m 8 i-isnnb "nm 
taa::aa mvtbi ie *«na fnbib* bbvnnb "ta^ïroîn a^s^citTûrr 
»ip \snptj nosaïi maa tem« iK-ip"* vanna nnn ^ai " ta^ob 

,"ttnn tafnpbn nx Sa*r pb 

N° 3 

niaiT ananb «bro ip^ibie rra nniaja iibk rwviptt !roao!"ffi oevj 

s-iraaKattip '«ttbffl *^an ba woom l8 a"i»*a nva-ina ï^bi 

.i-taTia na^ri nwa ma nnoa nn 

(!) ww?i trai-on a"©r nao nau la^nb fca*w nytDn *i tara 
nva n«M nwnpn mbripa rrnn ixiaia a^»boïi ca^ann. -larapna 
^laaan h^aa Y'3fci mbnpmB nbiaa ^wp cancan "»p"»3ibt3 r-Nin 
û-iif iuîn û'htp tavaaN w n a tanb mn tcn S* ■)":;■> **aibnai(p 
»pab tairas naa &^jqib nN:^ ■'baa mnrrn Dnarrnatt m«»b taaap'n 
maman ■OTja pi .^«wn nra ma e^*b n«« rnbnai fntDVT 1 
naa waan pb .hnioam tnvirhwn naa nuwrom t-neoinm 
taavpb mapn ïpnbi lama mab taanb nmnaft rravrpn rmnïi 
ton b* «b ïtbk in ©to 'Sanis^ -i3 ta va toûi irm «btt r-nn 
r^bai ma t*<b *kb« nbna t^bi morn a^onb canna n Sr »bi 
tanna n ^a» an an b* «b nwa^ ■rçafc nn k x ûiœ ïtcit 1 
Inwïi id by «bs N^a-na «bi nsoir t<b nmna i« ïtcti^ a?ianb 
yiD yins"» tcn Sai ,na û^ainan ta'wann ^san rmTsnb ^d ba»i 
t*<in "nn mmna in ï-rbna ik rwjTV» tma «b -ii»n taa^-iann cpab 
Sy iT»an niDN tan^n pi .nrnabi ta^aœb rmsm Bim» 
tanna a^b^aa arr taa mmb ^asb ma Nb m^JN îân to^nann 

1 Ms. na^n. 

» II Sam., xxi, 11. 

I Isaïe, vi, 6. 

* lb., iv, 5. 

5 Ruth, i, 4. 

• Lé vit., i, 15. 

7 Deutér., xxv, 12. 
» II Rois, iv, 27. 
9 Isaïe, vm, 19. 
'• Ps., cxli, k. 

II Isaïe, I, 22. 
» Osée, v, 7. 

11 o-n* ba muai*. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE H3 

mvrb ■'lai .armanan btxiw "noi» Sbaa d^ainî-n tam fitt 
i-nïimi wsoïi u^a Sa ppnb r-naïai rmaia r-iNtn ïTaaorirj 
"i»a ^p->2ibu:3 im s-i-noaa Tia Saa pim w haia baa hnsî 
&^"> riNTn ïi»aDîin n»a>n irwbi a"noi»"i traiiaban» tnnn 

"«"ibîrt n^Na YiiTttDa i^aa | nbamo tamaa 1 pNSNù^Na b&n»io 

1"D3 3p3>"« | 15^»1ttbN Ï1tt572 | !-13^l72 ^1 bfcO»U3 | ^aidN i-T"nbî 

^"-iffioaa barai | imia ban»u5 n"aa pn^ I iï'vio y"a b*o»ia 

,n"nbï pan hirns 

N o 4 

.a"a^ ïi3i*nt3tt>ïpfc iimbian rraaaîiii ocra noa îin 

caatt» ^am» a>£a "Wiffi ïh»n -ton i7ûi23 ^aia-inb-i 'ïn ■wpb 
to^^o a^ian ma -mia y-isa ira^b d'maa ,pia ba ^ra ,piati 
^-ntoanbi "nz^iib ,î-nNsn bpn diib ,rmaa d? an-iT tanb ,rmnb 
fca'nnbi tib^o»rs bpob f îTVDan acia» ûnb / ï-tto3' 1 d?n ns 
ob"ia>72 ntûN lavmaan- d-maan n»îi bNiuji m *pn72 i-rbttjatffi 
ta'niNart d^sno btdi ta^»an btt ma* nuyn ^a&o taon ^dn 
fcarpjnttam orraam un n"}" 1 ^aibizn ncs lûipn rnbïip uîipa 
mmcat mp* 1 nmti dibio n« iiaa>-> 'n a"- 1 ûtrwm tarroa-is-i 

.}»« i^n oa-na>a ft*rm aanba>72 mewn 
iaanbna nnbatïi r-n»nïi i*a '-ibiati •pis» 'ibiûn niapa nna 
r-iitp ma nrn ta->a-i nni iao>»;a "pN taaanaab armnb naaa 
d"naa ^ib^ai '-ibian ban l32U)ȕi ban pin bo> taa^pbnn "i^ N d*nd38 
maan* -aab tanças» rirnb -ip^a d"nsrai bban "j» o^im np^ao"* 
nbrom niûimn ba yaïait) n»a ta^maarai Dïm'mmBn naia anbu: 
xb naaiaa 1372» na>i iiNbca ïisïn .inianipïi lanmn ùD\z:»a sbé 
s-nttb© nroiarr 1^ i^uîd ï*<b rrt ïi» bin ï-it n» n^ib bais 
b» ïim73tt3ttb rm»w»T ma 'i^bi rsîn nana rnsm oanby» 
!-j73adnr: tnvn rrnîaaïi ri^^im ^nnN .ddnbua nby;j ari37:a rmn 
•pa^an nnm "iidn pa^a bDcan ^nbab b&ma"' matisn ban ri72"iip 
ï-ia-nnm 'nai d^nit la-n^a «b ^a taïi^b^bD -^asb mbnarn niuî-in^rt 
UD^»n dip»i ïiaib7an Noan b^n^^a d«i m* >^!i iu:n nstn 
pi vmft-iiryn a^nbi bsca^b bNiuî"« na D*na ïT»nr t*^b© ia^y i^aa^n 
iwrçs «b d« n^N Nbi ^^ t^b drr»m«bn^ ^aab rmaibn ta^ïib «b© 
nu:N i?tn t-nbnpïi U5"a nnm iion na psiz) nain '^D&n rmn pia 
n^in iaTiN nr\y-\ .drn73Dtt3i ib^ csia-iaya ma miD*b iiam ^^n 
Mbnnaa t]DUJ7an pia pmb îmttîyb ri» rma ïTxy litian ildnm 
ta\n»u57:"i dwirra -wn pisn daa^i rr^a n»ao!iaT rîb^a s^^aoaNb 
tanbuî msanya TOTrn r-rbna ran^u: ï-iuîni uî^n ba nN ta^ia»i 
aa-ii^Tar; c-»iyïi 'Tart uj"nart Sbaai 'n©^i r-iïJ72 ma f^b nujN 

T. XLI, K° 81. 8 



114 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

teïia r;r\x îttoh in »•»« *am?i Ta tzpp-'Tman 'T:n ttanann Sa> 
*-nDp^ mua ©"««m .aia ra-ia wn îrmm 'n "am« ^an ,îtwd 
nana 13TN na"» r^tb Ynababi nia ^anpb ana© ttaïc ^bi icna* 
ipnb ta^TDin ybrc wiaan «in innan ht Min va tataa ia*ba 
ïid wattb É pojr» uni. ontDîi r-inn iT3*nbi i-ia-in ia> rnnN 
»■« i3Da *man «b tan en .bna b\a r-nbiabida itnanb irb^ 
fwiïn .ton Ofabab caewan ■© taaaab mm r»*bi nsnrn tvîbn 
■ûwpi i-»w&naa «moto aw laaii Ti«b sratr n^N "p-n 
iJBlbv naio ^ba» ta-ncn t— iboi^rr m na-io a^p-n tibnnaa 
t^nan «mp tta^aKOttftp ï-id û^mnn taa^rtN ^m rra *iy .pN 
.b^no-» maa-iN m»waa aibia ï-iï rrm r^"a" 

ppn fcDmnb pna I rt"rtbî t^^m "j Tri Trroaa en aaa^T 
Dp*"» ^Ynïia p ttabrc ^watti fcaa*Taa» l robipiT ta?naK 

.*n73n rrnna watti dDnai b^ Tim nn na3 i a^Va "; 

ïrrmavin a? navo twn mx: m» îpnann ibbïi krnoaonii 

•H733" pTab t-iTDNrj m&nbi "nana mianNan n»"npa mna i-io&B!ia 
I-IMJ 'a tin MJnn vibta '5 tara na naanm tansana d">an aw 

.taTipi ^piaibtaa ïrwb aa'cn 

nan pnari laïaunaba î-iid73 

N° 5 
•tarpTian im ba» d^abien tzpTaann waoï-na nToddn 

S"m iTrai iTann n-naim fcawoi a-ma î-raa ^an rrnïib 
y-iNn da» rma» d^an p irmawa ïinan maTrawri np^nan "paya 
tenaamn bta ï^bipaa tnrrob tarabtri it mar»a d^atnsnai tarabin 
1 S«m 

•pab ira taabna>a rrana p3 eaiia tanntûb ^kw» na mm tzaiia 
^bn ûiaa ToaTO t**bi iaxa»b &nm Taan mm aa nbiT 1731:^ 
r-obb b^Tci na ma ïtwtv t*<ba 1731b natnaiû H73T ïtotib 
^roab nnandie \2Y d-«ni:i3T d^aïain bttî ta^^nasaa rn^aa caimob 
d^ïîa» *73d in 'a in 'a isapirna rr»rr d« Sa^N pbn Mrs ta©» 
cann û^a^b ^n tn t^^-n n73nan taïna^a pnbnbi cairnob nabb 
nb-irn bba .n^T "i3n73aon nnby j-<b ïit Sa» ^a du:wNi «an taiu: 
yin aimob nabb S>wN-t^^ na diu: SdT> «bo r-iNT i3n73aort73 
Sar f<b p i73di '.nanbNob yin îa^m nab© û^naoart r-i^a73 
nbiT înarrbNon ^jin pnabi camœb 'nw na eai© nonv Mbi 
tanbin ^aibca xn i*ap p"pti ^73an ain n^73 anna:n taa^p-nan 

1 Lacune dans le ms. d'environ sept lignes ou quatre-vingts mots, 
1 — Boucherie en turc. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE 115 

taairaa n»at3> rranbaon ^în '^sn tnrob 'nra^ "in dt© bDv r^b 
fâbia mm Y'ar p"pnra 1»t ba pv r;T ban fcaabiyara isn&n ts 
bnp nrara jan na> ba Sas 'Tan !-ranb»on "paya nna miawa 
•pn ma a mofcbi man îrsnnb t^ao* 1 ^aibraa -iibn far p"-prvn 
aimera p*nan tn -Tari p"pn r-ïïttana «na-n Swi nanbaonE 
far a^an î-nobtû *w man ^ab Tiaa nw kiwi Snpb prra-n 
«b as 'Tan nanbaon ^in ainra">ra tn^ta *j&n k"i p"pa snw ^aran» 
«-©n» WW îiziaa^i nn*73 'Tan batt na^i anus ba> nawn .ffra lira'* 
■nao maoi *pa p la^i -ma na irai 'nua-» m? bnp>a S^a-pai 
r-ra-ib-i nizmpara "nan airab r-rmiraa» pattb fipaar S&o pttoip 
aara îznnb naw 'n 'a a-p ùvn na îavrraip ia»nn 'Tan Sa maîbi 

.tD^pn ^aibra na n-narb Varan nara 

'-p&oa n" nnsaa jxpaa | «nbarpo tannria | paarNa^a San»» 
I -la^ara-ittba nra7a I î-ia^tt ^n S&oTara | "naaras* ï-i"nbT "nbn 
b^rai ! ww ba^ara n"aa pna£"> | a"n»o a>"a ba-uara n"aa apyi 

,n"nbT par: mms n"n?aaa 



N° 6 

rwm aibra ï-rariNi nana rvna n-nab mbnp ^nra y a naaon 

ba a^raaan a">raaa man nnp^ naa -i-pso "^n ba> -naa 1 s-ra 
a*ia nraa7: ûnbmi -pao ^aiatt aibra a>i73ra72 nraa7a nraaiï ^ban 'n 
ba-n a^brai-pa î-naa mnan nana i!-nDoa-> banra aia fcnnra n7aa 
naab ba "priai ia-*n riT na .-maian ba tara-^b a-n rniNn m«a 
r-nnai nana r-pna miab î-i2Tara">b p"pa nraa *jNa:n ^-pa»ar ianaa 
na mïîa»b abia> Tr na^aabn lab Vat^ "jn rr»ib p"p uy mrn Diaiza 
bab a->i?aaza tzi^n^b ia^m ^^b m7anr mina ï-rnnîi ^"îaT ba 
■»a bfin»^ mbîin t-nbnp nn^a pTatrn nTaNn n^nn nttTipaio na^r 
nnu: -»r?a arasa ^pranb arac^-i b^ ubw nn?ara aa^i taaa^a»7a ba na^-i 
n-i^nn tnn^mNTan û^ia» m-n û^-i -onde nnbraw r-insn ina 
imsT]! nT"iD7û aa» ûnrïi ,, 7û^ ba Saï-^ba» Nnnb nwainnh nittspm 
.rtTn avn ^a» ars^by iNa nraxa rrvampn mbnpn (I)^td r a 
rrtiaa n^ira^ n^iatn taana-iai an-iTa mao DnmaN ba piarn m^nai 
araaT T3>aT naia^ lan^aan napra ï-rna "pn m raip ^anN ^aiN b? 
Tna» Ta>7:a p-»Tnnb"i taaa^73^a i*iaa ^i^nb nannNan m? mwn 
ta^aarr bara nao^Dnai la^ar^nai .tan-nannm anbnp Snitnarym 
aa7aa:y ^aaa bnp î-ï"t ^ban opaaa nanaa TN73 iNa ainp7a a^ra-in 
taa-iao7aa an?ar vDnm labrtp ^pnja iNai"> MTn avn taaar^ ir 
Br^Bçspi bBcntamoa abia> na^n nna>^a nm^n« û^sàn ^ai .^Dra7aa 

1 Sur le siyle ea mosaïque des écrits analogues à celui-ci, voir plus haut Intro- 
duction s. v. Moïse Almosuino et Bévue, t. XXXVII, p. 110. 



116 REVUE DES ET U DES J Ul V ES 

W iab îtît s^bi n^Nn ban "pin b* anb tari o^ina ta^aina 
ï-nbtt isrra taibtt nr ïtïti tabi* -ian l-ina>» îibnai pbn tam 
.a^pi ipQibma ^"-cn natt ï-nacn th6 'n 'a dr b"ph OTiWwa 

No 7 

dïrosMB Trp» p'prra h p?rï irwitt noia 

tairmat naa>7att 'iba p"pn nbnn nbnp npa« npys npaa bip 
tnwnpn mbnpn baa a^a-i^an tarcsnjïi paa pa> b* ' N^maD 
tawi taaip ^73 tai"nb* aispn ^-un mao ■pbar t**b ■»«« 
rj^^nn i^^i^nau: fc-rwiat aswan lOfvpwi Dîna ra t-n'wtnp 
nopiam ananbn watt -Haaai a-wn a-nb a^a ^am a^aaarï 
ix.12 p ïTaiaKai n53«a ïiaïaa ana^a na^sa rra^naa nawn p rwnas 
pTa ta-rçab vme î~raa arpoaaa Yi-vnD wr -ion a^m i-raa 
"-nais BTiarra p m"i p"?n apaaa ininiBi baa rsa-ra s-W'Wi 
aia -«a ia-i^a ian»8 .ian -o mn arn n* ^n^n nia?3 tn» nna 
*p Vsr -p"pn *pa>a ine** t^bo an«i a^nbN ^as lyva nca^ no*n 
s-nanbi nwnpn mbnpn baa ©nn ^p? î-iïï?^ n? ï-ranab *p *p 
.a^pi rrwb b"tan nao 'iba bt B*pn anm anaa n^a 

N° 8 

•BWJtt •p* by waotttB riaaoîiîi odvj 

Vanyn "paa p^a ^-larob nraritt nab naîab D^innn lanas 
■pana>a n-nn ■qpana ba aa tïtib tnwnprt mbnpn TO^aorna 
n-nnrj biîbt ïiT7a ^fflaaia a^nai nToNa -ut p"pn ittp ^rra 
ttobt *rm a» TOan C|B8nm p"pn wpn *3wa "»a naia «F 'n b-ibm 
fca^ma p"pïno rt»b -ma tarais lana^W "iw«b o.sn i^^a^ r-iaoa 
naba la^aan p ba> r<^n nan ^a i^a-nn nvxa p^aai "lanra a^awr; 
■■ma ba ïtdttS! mbx n-iw» rnnvn na^mbrip aoai nra-i laira im 
■»ac»aian i^r:^ ax i^a'iy w^^d *7i: aiiaa a-»aaa t^tbo laba n^nb 
binwnb ia^ i^bapi ab-^a "jaiN an»a ^anw p"paD min 
ba na: n«T (!) wnpson n^^ïib lavnbnp nnan hiwa t^ baa 
laiNi ns aixa mvi ^at^anjan iany r**bœ loixa ï-nmob a^Tapn 
.a^pi îT» , qrib a"acr; nataa nnor maa^r 'n av avn nt !-nrn 

"T'aa prof l ïîn n-«ab rr;jbc i la^awinb» rw I ■nbMT'o anna^ 
paatNB'wa bNi?2u: n"nnaa apy naNan -i?a i ^a-n» bjnwo 
b«*»a*i i naaiDN n'Tjbt "nbri ï»^a ^"nnaa mi i rr"nbT 
n aTi73 I ra+tn ^ b^si^o | rt M nbt pan n^nna ^"nnTaaa 

,1ib«Dtt 

' Kiddouschin % 44. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE 117 



N° 9 

b&niz^ 'ni-! rwart "p* by antamb nvaw p"p aiaa viTro© rnaaart 

pab ibnp *pj>a r**bi mbnpn "p^a aaa^ s^bra '■uarc "; 

.«"a^ ibnp to» rima lia*© Y'na vrtN abran aartïi 

ntDK bania^ f-nbftn mbrsp i&wa "o^aa in" 1 a? ^*n tpnNm 
anaatta trapïai vn*aa nabïip ïjnjrtb naan» anpa t^i ■'p^anbfittaa 
b&nïzr 'nna ï-jbyan w -ra^ii nan* rima nn amarra iaaiaaa 
tanna a-na-n nna naia a^ttita vm aba w Y'^ '■uaia "j 
aann aiaa nm ba ifcab naïasn î-iaian td ^a™ by tsnona 
t^np" 1 Y'na Tn« r-nn nn?an nriN» t-rnaia b* apnrj naan abian 
Y»rp» t|N nvaianatt ba» p-nn p rrm ï-rb"bn imN î^nan «b 
ib w un qa a^a^rs ba»i anb aïrn rpa nnariK ibasa fcrmsB 
r^*b> 1UJN a^asn û^xiati nbrci a n aa î-ïioana a^a a*abs qb« *-na>w 
ta^aaniûTa na^aai -ca "pn* a*wa a^aia qb« na-^n ib-w irai 
a^an aba tarait ba ifctaa *pab ta^nab ta^rn n-na^b ib nvïib 
man "Hne baai itasa Saa naja? a^urt nizïN aican ba S? 
immawrn na> baa vba naînp baa a^caîib mat» srntaa vr 
î-itt isnai înabia nrmaœia "flm ib^D 'n abiûi "inaan r-nTanbari 
iama> b-p pas:-: n^x lanato /îawi^b* na ibna -ib btm abiab 
rrabi» anbia>a la'wi p ïwftn anaia nam faa>ca ma na^w^a niaao 
ia»np»an natta* titub pî baia i-ittinm naina rraaom ™aarr 
tabia>a a» *p» a-ua 1373 naaa ?<b 'Tan '^aia "; banian 'nn n^aart 
a^n^ imn p"i "paian py ta^attTnTa VaT ûiuja t^nbiabia qaa qxi 
n"-ia n^nN na'"'?* ^air n-ip^ nwi b3> t-n«bi nDi?3b t-iNT la^n^a 
la^Nn by abi^ hnrïïa a^nauj la^n ™y bnan n^îN 12b nntay 
-nab 't 'i ara aab aitm nn7ûu:a annai anaa n^-ibn .ïrn latasai 
.taa^pn ^p^aibN^a p"sb im a^iau:b ^npb nau) 

(^4 suivre.) 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 



SUITE ET FIN ') 



2° Rabbins alsaciens. 

Abiezri Selig b. R. Cevi Hirsch (Boux.) Auerbach, rabbin à 
Bouxwiller; son père était rabbin à Worms (v. plus haut). 
Selig Hirsch Auerbach fut un des rabbins qui adressèrent une 
pétition au Conseil souverain d'Alsace concernant l'exécution 
des sentences des rabbins, et à laquelle il fut fait droit le 
8 mars 1765 (Boug, l. c, II, 694). Sa femme était la sœur de 
David Sinzheim (LOwenstein, Kurpfalz, p. 310). Sa filie 
Keilah était mariée à Leiser Oppenheim de Worms (Memor- 
buch, p. 56). Son fils Abraham, qui a écrit la seconde intro- 
duction au m T» de David Sinzheim, demeurait à Strasbourg 
en 1794, rue de la Loi, où il était l'associé de Séligmann 
Alexandre (Rod. Reuss., Séligmann Alexandre, Strasbourg, 
1880, p. 33). Plus tard, il occupa le siège du rabbinat de Bonn 
(Lowenstein, L c). En 1784, il demeurait à Bischheim. 

Abraham Wittersheim , rabbin à Marmoutier (Balbr.), ou Abra- 
ham Dreyfus, rabbin à Rixheim (Rix.), né à Sierentz et 
mort à Marmoutier, le 8 juin 1819, (Communication de M. le 
rabbin I. Lévy de Marmoutier). Le Memorbuch de Rixheim 
dit de lui qu'il fut l'auteur de nombreux règlements et que 
c'est lui qui fit acquérir un terrain pour le cimetière. Un 
Abraham Dreyfus, fils de Salomon, est mentionné dans le 
Dénombr. de 1784, s. v. Sierentz, n° 19. 

Ahron b. Moïse (Rib.) de Lebub (Boux., Is., Rix.), rabbin dans le 
comté de Hanau (Is.), appelé aussi Yehezkel Moïse Ahron b. 
Moïse (Westh.). C'est l'ancien livre de la communauté de 
Metz qui nous fournit des détails sur la vie de ce rabbin ; 

1 Voir Bévue, t. XL, p. 231. 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 119 

S£t ntttt mina ia bapîtr» wa j-ma tvmî» b*mh a*iïi air» 

mina p-tnm bîriRrt ^-ina 1257a t*b vn-u^iy maya aiaba rrri 

tttrnb iimns nmh in^ai nanin cai'pabn r»?m nb^bn ûet 'ni 

*jom Hp^ a^nona ^ anb fnai smn i^aib ta^aa>b ^nvan 

t-m©" 1 mssa> ûnb ^n^b naïab ûi-pba* ûid labn wan nnona 

■ma ppa imaan ynaîii tîb "nrnaa bab a*>:a?ai aia ppîti 

û-nu5a>b anp ta^aiaom ma^as-n "painaiûam ppai î-OTam 

aibui Sjtm aibus aiiiN *-ia» baa asnaai ripis nm*\ î-jaio 

S-nî-n û^pnbi tan^^b û^d wûa t^bi wa«b r-i73N "pi pi 

ta^xoin na»tDn "jiaa a-nan a-'ttp a-mo^a t^a-nai rian^a 

ta^ma vaa toan ■piïi vb* p**iskti s-raïiNa tabapn 

,fâ maa»a npias 

nasai umpii ï*niiaa iman a^nnnnn irea ta'wba» 

ia>ri "prorna tzmna nba>D iot âî pib S^b âiîa 

: dits* na"naa ïaiïiaiûama nnnab napai pab 

Que Dieu se souvienne de l'âme de réminent rabbin, R. Ahron 
Moïse Yehezkel, fils de R. Moïse, originaire de Lebub. Dès sa jeu- 
nesse, il ne quitta pas la tente (de la Tora), se consacrant à la loi 
divine jour et nuit et formant beaucoup d'élèves. Sa maison était lar- 
gement ouverte, surtout aux pauvres étudiants, auxquels il donnait 
tout ce qui leur manquait; il se montrait pour eux bon et charitable 
en secret. Il leur donnait de bons conseils. Il fut bienveillant et 
généreux envers tous ceux qui le recherchaient. Il exerça les 
fonctions rabbiniques à Trêves et dans le pays environnant, à 
Westhofen et dans les environs près de vingt ans. Il fut juste et 
équitable en tout temps, aimant la paix, la recherchant; il jugeait 
selon la vérité, n'ayant d'égards ni pour les riches ni pour les puis- 
sants. Il fut tourmenté et accablé par des douleurs atroces pendant 
neuf mois; il les accueilli avec amour, acceptant comme juste la sen- 
tence divine. Ses enfants distribuèrent des aumônes en sa faveur. 
En récompense de ceci, etc. 

Les supérieurs vainquirent les inférieurs et s'emparèrent du saint 
Ahron, et il décéda avec une bonne renommée le samedi soir 27 
du mois de marheschwan 473 (1712). Il fut enterré le lendemain à 
Westhofen, en Alsace. 

Je suppose qu'il faut lire dans le Memorbuch de Bischheim, 
fol. 4&, ™a Tmaa y«K 'n ati wsd, et qu'il s'agit éga- 
lement de notre rabbin. 
Ahron Worms (Boux., Is., Rix.), rabbin de la Haute et de la 
Basse-Alsace. Les lettres patentes de sa nomination sont du 
21 mai 1681 et ont été publiées par M. de Boug dans Ordon- 
nances d'Alsace, Golmar, 1775, I, 102. Il ressort de ces 



120 RBVUK DES ETUDES JUIVES 

lettres qu'Ahron Worms était originaire de Metz. Son lieu 
de résidence devait être la ville neuve Saint-Louis-les-Brisac 
(Neuf-Brisac), où il avait « à faire les exercices de la Religion 
des Juifs » dans une maison désignée par deux membres du 
Conseil souverain, en présence du Procureur général. Cette 
maison se trouvait naturellementdans le quartier juif. A. Worms 
occupa ce siège jusqu'en 1684 (Revue, VIII, 267). C'est pour 
cette raison que Bacharach l'appelle aussi *jrw*»» jfW "nrroa 
(Kaufmann, Jair Chajim Bacharach, p. 128). Plus tard, il 
fut rabbin à Mannheim, à Metz et à Bingen, où il mourut le 
12 Ab 1722. (Voir aussi Revue, XIX, 117 ss.). D'après Lowen- 
stein (Kurpfalz, p. 99), son père s'appelait Joseph Israël b. 
Abraham de Worms, et était parent de R.-J.-Ch. Bicharach. 
Voici, en outre, ce que dit de notre rabbin l'ancien livre de 
la communauté de Metz : 

ïitv my swia ,t^uittn am tijïi brn jpTn atr 

wto b* n^-nn r^aa by inawa ,ï**«f ipTm û-uap i^ir 

■virn» ûWN u^n *rann "jiN^rt ain ,c^aa UDiaTaïi \on 

bit banra* spv wh» Ton?! ann p ymtt priaf 

r-nrittn mV'ïTp ïittaa î-rnn "pa-intt -na*a iWWw&rm 

fï-wnpi mntaa wbi ^ab naia tma^arra nn-p 

,ï-nDp nai Sa , p&oa-> î^ba tar a-p ï-mri *nb*i Sa> npia 

,s**i»3a ^aa annaai r^u^pa ■p-iru* e**m ira an osas 

r-pa 'n lana fnna ma ,t**U3sa rp">a taioviaM rma^na 

nnpnx tzibi^b -nap VN-pb pa tpa ta^aanb iyn 

friMM b* ^m ta^fimati 'wai ,?ittJ5>»i niai? ï-nrra 

Inbsn mttab ttmpn b« iNiaa ibip ywtoa'i mTab 

S? mm puia .ïWrtpi mnoa pooin 

# tpn Sa as ionn73 "ion vrmtt £5> "j-hi-in pr 

'■no mN nuen rran »b ,c<;a^apn anwb cz^r.rbc 

,ï<ttîa5ai Nfc^aa vnSTa ^attb ririb *poi ^0 'Tib 

a^nba -ma bfiflD^ "itDKa inryb trr.D -pb* borna Sn 

r-rnn a**!i3»i oana ^la-nai Namn tiwn ai»"* i^nn r)Ni 

a-ns -roi mapn pn # N*»yn fcabrtï» D^7a via» Sjo paa 

,ïWHp?i yiNb ia-iaT^7û *p s-tpk «"noti aa # moin tomw 

'isi fa ma* i-ip*i£ lana vaa Iaa 

■jviriN Si"n imrrab napai ai* a* piDÊ Biôa naaa 

: 'b aon péb D^r&M bs 

Que Dieu se souvienne de l'âme du vieillard de grande valeur et de 
haute autorité, qui fit paitre les saintes brebis et les porta dans son 
sein comme un pasteur porte son troupeau, lorsqu'il occupa le siège 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 121 

rabbinique et qui porta sur ses épaules le pectoral du jugement, du 
rabbin, du gaon, du pieux, de l'homme de Dieu, R. Isaac Ahron, fils 
de R. Joseph Israël (la mémoire du juste est bénie) Worms. Il pro- 
pagea la ïora dans plusieurs communautés et provinces pendant 
plus de cinquante ans, il étudia et enseigna en pureté et en sainteté; 
il veilla aux portes de la Tora; chaque jour on lui soumettait toute 
chose difficile. Il était le premier et le dernier, été comme hiver, à la 
synagogue; par des jeûnes et des purifications il purifia son âme. 
Dans la maison d'Ahron, on loua l'Eternel; ce fut une maison de 
réunion pour les savants; de la nourriture il donna à ceux qui crai- 
gnaient (Dieu). Le Seigneur se souviendra éternellement de sa cha- 
rité, car il la pratiqua et la fit pratiquer. Les jours de pénitence, c'est 
à Ahron qu'il incombait d'officier, et sa voix était entendue lorsqu'il 
se présentait au sanctuaire pour terminer la prière de Moussaf en 
pureté et en sainteté. Gomme l'huile précieuse qui découle sur la 
barbe d'Aron et sur le bord de ses vêtements, il se montrait bienveil- 
lant envers ceux qui cherchaient la paix, jeunes et vieux ; il ne posa 
pas sa tête sur l'oreiller, afin d'offrir soutien et appui au savant, pour 
faire ressortir son mérite dans la forme et le fond; il était comme une 
colline vers laquelle tous se tournent pour son conseil. Lorsqu'on le 
consultait pour une chose religieuse, il donnait sa réponse avec 
interprétation et explication. Gomme président et administrateur, 
comme pasteur fidèle, il les conduisait et les portait comme vers des 
sources d'eau; il fit des règlements, érigea des haies et courut à leur 
aide, il désigna aussi une certaine somme de sa succession pour la 
Terre sainte, et ses enfants aussi donnèrent l'aumône pour lui. En 
récompense de ceci, etc. 

Il mourut avec une bonne renommée le samedi soir 12 Ab et fut 
enterré le lendemain. Et Aron monta vers Dieu, 482 (1722). 

Il ressort, en outre, de ce même livre que sa fille Zerlin est 
morte le premier jour de Schabouot 1723. Son fils Isaïe 
mourut le 9 Heschwan 1750, et son fils Abraham Aberlé le 
8 Nisan 1755. Sa fille Merle était mariée à Josias Heschel de 
Schwabach (voir plus haut), et mourut le 4 octobre 1772 
(Lowenstein, Kurpfalz, p. 100). Son père mourut en 1684 et 
fut enterré à Bingen (Nécrol. de Metz.). 
Anschel Schoplich ha-Lévi « fut pieux, modeste, sagace et sa- 
vant dans tous les lieux de la Tora et forma beaucoup 
d'élèves dans la ville de Rosheim » (Nid.). D'après Ghirondi 
et iNepi, Tholedot guedolè Israël, Trieste, 1853, p. 9, il 
exerça ses fonctions vers le commencement du xix e siècle ; il 
possédait beaucoup de manuscrits. D'après le dénombrement 
des Juifs de l'Alsace en 1784, un Barach Schoplich se trouva 
alors chez Hirsch David à Rosheim. La femme du rabbin de 
cet endroit, Marx Gahn, s'appelait Reichélé Schoplich, et son 



122 REVUE DES ETUDES JUIVES 

beau-frère, Scholem Schoplich ; Madel Schoplich était la 
femme de l'instituteur Samuel Moyse, et enfin nous trouvons 
une veuve Zirlé Schoplich. 

Âzrielben Joseph Moïse (\\'\b.) ou Azrxel Sêligmann Bloch, rabbin 
au pays du «Ritterstand » (Directoire de la Noblesse) (Ni.,Is., 
Bisch., Rix.). Prédécesseur de Samuel SanvilWeil et nommé 
en 1698 (Bibl. comra. de Colmar, X, 4834.). 

Benjamin b. Joseph Isaac (Rib.) appelé aussi Benjamin Wolfb. 
Joseph Isaac (Is., Bischh., Rix.), rabbin de la Landvogtei. 
Il s'agit de Wolf Hohenfelden ou Ilochfelden, successeur de 
R. Meïr Trêves et prédécesseur d'Elie Schwab; il exerça ses 
fonctions jusqu'en 1720 (v. Scheid , Juifs de Haguenau, 
p. 80, et Boug, II, 196-7). Sa fille Sorla mourut à Metz le 
11 Ab 1712, d'après le registre des décès de cette commu- 
nauté. Il était le disciple de R. Gerson Aschkenazi de Metz 
(1670-1693) (Kaufmann, Letzte Vertreibung, 225, note 1). 

Benjamin, fils du savant R. Joseph, rabbin à Nidernai (Boux.j. 
Benjamin Scherwiller, rabbin à Nidernai et dans le Directoire 
de la noblesse (Ni. et Rix.), fut longtemps gardé en prison à 
Strasbourg (Balbr.). Il était originaire de Biesheim et corres- 
pondit avec Issachar Behr, rabbin de Soultz (Haute-Alsace), 
grand-père de Garmoly et auteur du ^m^CP (Metz, 1769), 
qui l'appelle (ib., 31b) : H-iirns rmm abDittn ^atpm tpb«n ââ 
'■raa *p»\a. D'après Garmoly (Revue orientale, p. 345), il fut 
un élève de l'école rabbinique de Ribeauvillé. Selon le dé- 
nombrement des Juifs d'Alsace, s. v. Niderenheim, il s'appelait 
Benjamin Hemmendinger, sa femme, Bluemelé, et ses deux 
filles Sara et Fromete. C'est ce rabbin qui fut chargé, en 1783, 
de lire dans la synagogue de Bischheim l'arrêt du tribunal 
rabbinique de Francfort contre Gerfbeer et Sinzheim, sur les 
instances de R. Isaac Lehmann, rabbin de Bischheim (Voir 
Hlaelter fur jud. Gesch. u. LULeratur, année 1900, p. 12.). 
C'est probablement pendant la terreur qu'il fut mis en prison 
à Strasbourg. Selon Nepi (l. c), son fils Uri Schraga fut éga- 
lement rabbin. Cet auteur prétend avoir vu un triavn "isd du 
père et du fils, mais il ne peut pas dire quelles sont les pièces 
qui proviennent du père ou du fils. Ce dernier quitta plus 
tard Nidernai pour aller à Paris, où il mourut. Des descen- 
dants de cette famille vivent encore maintenant à Fribourg- 
en-Brisgau. 

David (Rix.) avec Samuel Ilalberstndt, etc. Est-ce David Sin- 
zheim? 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 123 

Eisik Limtschûtz, rabbin en Alsace et plus tard à Endingen en 
Suisse (Balbr.), disciple de R. Wolf Reichshoffen de Boux- 
willer, auteur du "W mb^a 'n&D et d'autres livres manuscrits 
('n'a 'Dtt bv ptte» b^is b>a *isa ; mana mabïi bs> pra^ naia idd). 
Il demeura à Westhofen, où il dirigea une école talmudique, 
et mourut en Suisse, à Lengnau, en 1819 (Westh.). (Voir sur 
lui Monalsschrift, XVII, 150, et Graetz, XI, 611, note 3.) 

Eisik Werd, rabbin de la Haute et de la Basse-Alsace (Nid., Hag. 
a.)- Je crois que ce rabbin est identique avec R. Isaac b. Jacob 
Juda auquel le scribe des nécrologes de la communauté de 
Metz a consacré les lignes suivantes : 

mb? na^wa Êni 'iaN ît»ïhd m as» a tk n?3Uî3 ta* 
r-iri93"i» bi*n» ï-nsm y»» pp ris ï-ttmïi ïrrto î-pm aa 

no^aîi mab airm taïa^rt rmaaa mi» ïianîm 

naibr ©SD3 i-iaitfjnrs m»a ttianïn mTnna 

b->auj7: mm ^r-iapn r*wrp anana i-ri-i tas 

/îrowai in^arn bm ,taw*5* bam r-i^an baa 

,D"n*ttJa yi*ù ieu; ,wx*b ca^wo m bam 

tos fû-niûi»» tartan rarm 8-mn 'pmm 

fâ Mpisb t-n^!Q ima? isna ram in^a 

ï-ibi^n aiû au:a ,aa"ni-t w na^a bapro 

ï-ron nrnan" \wn aa à dï» ^nna b? 

.pib iyh 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître, du rabbin R. Isaac 
b. Jacob Juda (sa mémoire soit bénie), avec l'âme d'Abraham, d'Isaac 
et de Jacob, qui fut président du tribunal et de l'école talmudique 
en Alsace. Il exerça aussi les fonctions de rabbin ici, à Metz, et 
fut un Mohel adroit et (posséda) des qualités éminentes; il allait 
matin et soir au temple continuellement, faisant pénitence avec une 
âme contrite. Il fut également membre de la confrérie des fossoyeurs 
et fut habile en toute science et en toutes choses, grand par son 
savoir et son intelligence. Tous suivaient ses conseils ; son nom avait 
de la notoriété; il enseigna la Tora et forma des élèves capables. Sa 
femme et ses enfants donnèrent pour lui des aumônes. En récom- 
pense, etc. 

Il fut admis au séjour du Créateur des montagnes avec une bonne 
renommée, qui vaut plus que toutes les couronnes, le second jour 
(lundi) 29 Heschwan, 436 (1675). 

J'ai trouvé, en outre, dans ce môme manuscrit, les nécrologes 
suivants se rapportant à des enfants de notre rabbin : 



124 REVUK DES ETUDES JUIVES 

bit anam pmr *nn*n7û p apan inh winîi tpbaîn aer 1° 

r-ib"«bi D72V 'n rvnna poara iw i-i-ic i\s nnioa taa> 

ûtoith ï-nb^w Cpoifi nactt mo ïittJtta ancai 

•tb p^doïi t^V >\ ï-ianam nam rwaaana ï"»a» ^ &an 

r-ij^byn na^a ©pana *a oicin rrob t^anb v- T " 

.'î-naatn intttca 
psb mari ï*pd ttmnb t!»r ara d©a nus: 

Que Dieu se souvienne de l'âme du savant R. Jacob b. Isaac Wert 
(la mémoire du ju^te est bénie) avec l'âme d'Abraham, etc., parce 
qu'il s'occupa de la loi de l'Eternel ;our et nuit et particulièrement 
des six traités de la Mischua. Il y ajouta de son propre fonds beau- 
coup de novelles, remarquables par la sagesse, l'intelligence et la 
profondeur. Mais il n'eut pas le temps de les faire imprimer, ayant été 
appelé dans les régions supérieures. Que son âme soit liée, etc. 

Il mourut avec une bonne renommée le 41 du mois de Siwan, U8 
(1688). 



— mrroa ma^rr na vai-icio mtt ï-npn r-Hsan ;n"> 2° 
rùbirt !t»i bais maa>a i-ntb tn '3 uy Tiam pr\N pnir 1 
ta an diws ba uy finaa r-imn i-mam narm Dîna 
ï-Tpnsb "jn: siba>a aan nbna fianiDa ï-htm nnb^Bn 

.in mnaa> 
— hn ni TnriNbta î^ taira mapai pô b*»b f-ncasa 
'b b^n I^N-i 

Que Dieu se souvienne de l'âme de la noble dame Sprinz, fille 
du défunt R. Isaac Eisik Werd, parce qu'elle marcha toute sa vie 
dans la voie de la droiture et de l'honnêteté; elle parlait doucement 
avec tout le monde et priait avec beaucoup de ferveur. Son mari 
donna des aumônes pour elle; en récompense, etc. 

Elle mourut le samedi soir et fut enterrée le lendemain, à la néo- 
ménie d'Adar I er , 472 (1712). 

mn wna nn !-iab m» naittanft in^Nn bar 3° 

nn^'j Tn^a rnui *pn iy St wn pv^ priât' '-i 

fniVn n^îy ûa> non nb73ia nn^n Tarn mari mpa> 

mBTP ûa !"WTDa rinbcn nn^n twi Da ^ipna 

ï-manb ca-i snpnb rmwa i-tp^s r-r:na 

,îâ f>bin mp^a 

■îta 'n ûv i-raita rwraa nap:i 'a b*»b '—îçaca 

pcb t<Dn btba 

Que Dieu se souvienne de l'âme de la femme considérée Léa, fille 
de notre maître, du rabbin R. Isaac Eisik Werd (sa mémoire soit 
bénie). Elle n'eut pas d'enfants et toujours fut charitable avec les 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 125 

pauvres et les accouchées à l'Hôpital ; elle priait toujours avec 
ferveur. Son héritière donna des aumônes pour elle à l'Hospice et à 
la société Biqour Holim. En récompense, etc. 

Morte le soir de mardi et enterrée dans un âge avancé mercredi 
45 Elloul 481 (1721). 

Elièzer Lipmann b. Zekel Meyer, rabbin à Ribeau ville. Il fut le 
successeur de Samuel b. Aron Blum et exerça ses fonctions 
de 1820 à 1849. Le Memorbuch de Rib. contient sur lui le 
nécrologe suivant : 

\hsfo 'n rmajûn wba ^-riit-rcâ mn irma ifiô' 

ta^rtëa r<"p nwn tan u^n rpn« *-na? iii *-!*■«» bp^ï na 

twï-j d-non r-nb^ai aia b?D û">bna aiai vaan Ton 

nmbrrp ">:a ns rm7a«a rwn piisa rrrraî î-ianrs d^abn 

t^brm ana^a rn^i nsia û^Di7au5i ricana irm rrcia d^iDbio 

pôb êriri Ta à à ût b"na Tiaaa napai p-»a rn ptt 

py pa d^p^an ta-n^on ba d? itasa aa^nn ni 

: nbo rtstt rravaa 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître, R. Eliézer, dit 
Lipmann, b. R. Zekel Meyer (que la mémoire du juste soit bénie), 
parce qu'il fut un homme juste et droit, craignant Dieu, pieux et 
modeste, étudiant la Loi, faisant le bien, pratiquant la charité; il 
forma beaucoup d'élèves, enseigna selon la justice et fut un pasteur 
consciencieux de notre communauté pendant trente ans. 

Il vécut 84 ans et mourut le samedi de la néoménie de Nisan; il fut 
enterré avec de grands honneurs le lundi 3 du mois, 609 (1849). En 
récompense, que son âme se délecte avec tous les pieux et les justes 
dans le Paradis en une douceur éternelle. 

Zekel ou Isaac Meyer est mentionné dans le « Dénom- 
brement des Juifs d'Alsace en 1784 », s. v. Ribeauvillé. 
Sa femme Hanna Weyl était la fille de l'ancien rabbin de 
la Haute-Alsace, Samuel Sanvil Weyl. 
Rirsch Kalzenellenbogen, rabbin à Wintzenheim et président du 
consistoire du Haut-Rhin (Balbr., Westh., Rix.). Voir sur lui 
Rev. or., II, 339 ss. ; Scheid, Juifs de Haguenau, p. 82; 
Lowenstein, Kurpfalz, p. 203, note 3, et Ghirondi et Nepi, 
Toledoth guedolè Israël, p. 275, qui cite aussi des ouvrages 
inédits de lui. Un volume manuscrit contenant des sermons 
et des décisions rituelles de notre rabbin se trouve mainte- 
nant à la Bibliothèque de Strasbourg, après avoir appartenu 
à M. M. H. Gunzburger de Hegenheim, qui l'avait reçu de la 



Î26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

famille «Je Pinehas Katzenellenbogen, ancien rabbin de cette 
communauté (1821-1828). 

Isaac llzig Shiz/ieim, rabbin dans le pays du Directoire de la 
Noblesse (Nid.). 11 fut un des rabbins qui signèrent la péti- 
tion au Conseil Souverain d'Alsace concernant l'exécution 
des sentences des rabbins (Boug, II, 694). Il occupa éga- 
lement le siège rabbinique de Trêves, car une approbation 
qu'il a écrite pour le livre û^pT ns^DN (Metz, 1764) est signée : 

jâ t-nmni Tnta pnn ta^îrwwn ibia» '-nh rtàtVa prof "pn 

Son père Abraham était originaire de Vienne. Sa fille était 
mariée à Selig Auerbacb, rabbin de Bouxwiller (Lowenstein, 
Kurpfalz, 214, 216, et addition, n° 13a.). 

Son fils, David, directeur de l'école talmudique de Bisch- 
heim, rabbin de Strasbourg, président du Grand Sanhédrin 
et Grand-Rabbin de France, épousa Esther, sœur de Cerfbeer 
(voir sur lui Rev. or., II, 146 et 345; Dénombrement des 
Juifs d'Alsace, s. v. Strasbourg; Tn T, Offenbach H94 ; 
Kirchheim, Catal. Garmoly, 63/188 ; Ghirondi et Nepi, Tole- 
doth guedolè Israël, p. 137) . 

Israël, rabbin et Mohel à Moutzig (Balbr.) I. Tergheim (û^ïTrua), 
demeurant à Moutzig, gendre de R. Simon (Westh.). Ce R. 
Simon est Simon Horcheim mort en 1805-6. 

Issachar Baerb. Yehiel Wiener, rabbin dans le comté de Hanau 
(Is., Boux., Rix.). Il était aussi rabbin de TÉvêché de Stras- 
bourg et résidait à Westhofen. A la suite des protestations de 
Meyer Lévi, de Saverne, et de Hirtz Reinau, de Soultz (Haut- 
Rhin), contre les empiétements d Élie Schwab de Haguenau, 
c'est lui qui avait été nommé rabbin de l'Évêché, le 12 sep- 
tembre 1^22. (Weiss, Geschichle und rechtliche Stellung der 
Jaden im Disthum Strassburg, p. 48.) 

Issachar Baermann ha-Cohen (Rib.), b. David (Balbr.), était 
d'après ce dernier Memorbuch, professeur à l'école talmu- 
dique de Moutzig. Le Memorbuch de Rib. le fait mourir le jeudi 
soir; il fut enterré le lendemain vendredi 20 Nisan 501 
(1747). Le même Memorbuch mentionne également sa femme 
Breinle, fille du rabbin Samuel Sanvil Weil. 

Ilziq, rabbin à Uffholtz (Balbr.) ou Jtziq Pfalzburg (Rix.). Le 
ms. 56 de la Bibliothèque de Strasbourg contient une oraison 
funèbre sur lui. D'après une note de ce ms., il est mort la 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 127- 

même année que Tiah Weil, de Carlsruhe, et Simon Hor- 
cheim, de Moutzig (Landauer, Catalog der hebr. Hand- 
schriften, exemplaire de la Bibliothèque, note manuscrite). 
Voici l'inscription de sa pierre tombale, que j'ai copiée au 
cimetière de Jungholtz : 

as 
brr tw: ia pmf h -nnri ûo-nDttrn bran xm?\ a*in 
pcb îopn ii ti ara aSi *Vai ybanais ppa »îi ■ia» ' as» 

Ci-gît 

le rabbin éminent et renommé R. Isaac b. Méir (que la mémoire du 
juste soit bénie), de Phalsbourg, juge et rabbin dans la sainte com- 
munauté d'Uffholtz et dans le Haut-Rhin. Mort et enterré le jeudi, 
jeûne de Guedalia, 566 (4805). 

Jacob b. Benjamin n'est mentionné que dans le Memorbuch de 
Nidernai (ancienne partie), où il est dit : 

bai v^n Ton n^nia naj p^a -m na ap?"< '-i ain wie sJo 
Twm û^D^b nmns nmn imai ù^ron mb^ai nmna po? "p» 1 * 

ja nain t^T^bn 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître, R. Jacob b. 
R. Benjamin, parce qu'il fut pieux et modeste et qu'il s'occupa toute 
sa vie de la Tora et de la charité. Sa maison était ouverte aux 
pauvres et il forma beaucoup d'élèves. En récompense, etc. 

Il est sans doute le même que R. Jacob b. R. Abraham Ben- 
jamin (Hag. a., Mu., Bischh., Rib.), et a probablement vécu 
vers 1700. 
Jacob Jeqil Guggenheim, rabbin à Nidernai et à Haguenau 
(Nid.), fils du savant Benjamin Wolf. G. rabbin à Haguenau 
(Boux.) et à Rixheim (Rix.). Le Memorbuch de Nidernai dit 
de lui naio ûvana» *v\v ù*n na asum d*w p-^ir srnia « qu'il 
fut juste et intègre et qu'il jugea le peuple pendant plus de 
quarante ans ». Jacob Guggenheim était le gendre du rabbin 
Samuel Sanvil Weyl de Ribeauvillé, dont il avait épousé la 
fille Sara. Après la mort de son beau-père en 1753, il brigua 
sa place, mais échoua ; il devint alors rabbin de Rixheim, où 
il resta jusqu'en 1771. A cette époque, le rabbinat de Hague- 
nau devint vacant par suite de la mort de Lazare Moïse Kat- 
zenellenbogen, et c'est lui qui fut élu comme son successeur. 
Pans le « Dénombrement des Juifs d'Alsace en 1784 », la fa- 
mille de G. figure en premier lieu. Il avait alors avec lui un 



128 KKVUK DES KTUDKS JUIVES 

(ils et deux filles célibataires et une fille veuve avec un fils et 
deux fi Iles. En 1780, son fils Abraham adressa une pétition 
au Conseil municipal pour être reçu comme citoyen. Dans 
cette pétition, il dit que son père avait élevé neuf enfants, 
dont sept étaient établis. G. vivait encore en 1800. (Scheid. 
Juifs de Haguenaiiy 76 ss., XXXIX et LVIII ; Historique de 
la société Guemilas Hasodim à Ilaguenau, Mulhouse, 1882 ; 
Rev. or., II, 345, et III, 307.) 

Jacob ha-Cohen, rabbin à Ribeauvillé (Is., Boux.), ou R. Jacob b. 
R. Isaac ha-Cohen (Rib.) (v. aussi Rix.). Je suppose qu'il a 
vécu vers la fin du xvn e siècle. 

Jacob ha-Lévi, rabbin à Bouxwiller et à Metz, (•pps naâ ïPlmB 
•p» ppa r-iann SWEbr TO;'m n'b^ioiD (Houx.)- Il fut 
membre du grand Sanhédrin (Rev. or., II, 145). 

Jacob b. Moi se (irunn mû» ¥nrra ©Yipïi "ja apy 'i mn irmr 
pn iD^ci mat»m fïnna po*iD nas "nbn Bior ttwtb na fimatt 
(DTP3*nni d^Di^Da daxy (Rib. et Bischh.) p apy 'n y*i 
poan trrwna ras* dn bijpoi -ron irn ion wi ne» nhnîâ ompri 
nann ÈWttbn TWm tP'W! 02 msn mb^aa (Nid. et Ha?, a.). 
Le Memorbuch de Ribeauvillé le nomme comme premier 
rabbin alsacien. Après lui vient R. Jacob b. Abraham Benja- 
min, ensuite Jacob b. Isaac ha-Cohen, Azriel b. Joseph Moïse, 
Benjamin ben Joseph Isaac, et Aron ben Moïse (mort en 
1*713). 

Jeqel Meyer, rabbin à Rixheim (Rix.). D'après S. Landauer, Ca- 
tal. der htbr. Handschriften, pag. 2, il y a à l'intérieur du ma- 
nuscrit n ( - 4, intitulé QT^n WP (abrégé du calendrier juif), une 
note disant que l'auteur était ï"*i (rabbin adjoint) à Rixheim. 
Lui-même signe à la fin de l'introduction : bp^ ftSTMl apr^ 
.bïiÉKraKïTPpa ns viw yyb n-'i^Dn?^ p^i» bp*t pnar Tin ia 
Il a composé ce livre vers 1762, car à la 2 e feuille, il choisit 
cette année comme exemple. Nous pouvons donc en conclure 
qu'à cette époque il demeurait à Niederhagenthal, près de 
Bâle. Son père, Isaac Zeqel Moutziq, avait épousé Guelché, 
fille du rabbin Samuel Sanvil Weyl (Rib.). Jeqel M. proposa 
au gouvernement de confirmer la nomination d'un préposé 
élu par la communauté israélite de Guebwiller en 1773 ; ce 
qui fut fait (Arch. du Haut-Rhin, no 15691). Pendant la pé- 
riode révolutionnaire de 1790 à 1794, il fut obligé, comme 
les ministres des autres cultes, de prêter le serment civique 
(Gustave Gide, Notice historique sur la commandite de 
l'ordre Teutoniquek Rixheim, 1897, p. 75). Après la Terreur, 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 129 

il devint rabbin de Nidernai et plus tard grand-rabbin de 
Strasbourg (A. Glaser, Geschichte der J. in Strasburg, 
p. 58). 

Judaha-Cohen, rabbin dans le comté de Hanau(Nid., Is., Hag. a., 
Mu., Boux.) pendant de longues années (Mu. et Hag. a.). 
Gomme la commémoration de son nom est suivie, dans le 
Memorbuch de Nid., Hag. a., et Mu., de celle de R. Méïr 
Trêves (Dreyfus) qui, d'après Scheid [Juifs de Haguenau, 
p. 78), avait été le premier rabbin de Haguenau en 1660/61, 
je suppose qu'il fut son prédécesseur. 

On trouve le nom d'un Juda b. Aron ha-Cohen à b^ïioiD 
(Bouxwiller) à l'intérieur de la couverture et sur le 288 e 
feuillet du ms. n° 3 de la Bibliothèque de Strasbourg (Lan- 
dauer, L c, p. 1). 

Le Memorbuch de Ribeauvillé contient une prière pour un 
nommé pon banM -n ntp Tîîn» mr: dont il est dit : po*ib 
•wi Ton !rm ÏTWQ. Mais, comme cette prière se trouve après 
celle pour Jacob, fils du rabbin Samuel Sanvil Weil, il s'agit 
sans doute d'un contemporain qui n'était que rabbin titulaire 
et qui demeurait à Ribeauvillé. 

Jirmiya &. Juda n'est mentionné que par le Memorbuch de Ni- 
dernai, qui dit de lui : mm \vby b'fpyy "pr'nn {?pn in» mima 
i-mm TEnm yw Ton : « Il fut rabbin à Brisac et dans le 
Haut-Rhin, il fut pieux, modeste et s'occupa toujours de la 
Tora. » Cette prière se trouve entre celle pour Eisiq Wert 
(mort en 1676) et celle pour Jacob, fils du martyr R. Moïse ; 
il fut donc probablement leur contemporain. 

Joseph b. Juda de Romansweiler, rabbin à Marmoutier (Boux.). 
Son nom de famille est Kuppenheim. J'ai trouvé le document 
de sa nomination dans les Arch. dép. à Golmar, à l'Enregis- 
trement du Conseil Souverain (l re série, XIX e vol., fol, 22). 
En voici le texte : 

Provisions de Rabin des juifs de la seigneurie de Marmoutier en 
faveur de Joseph Kuppenheim. 

Nous, abbé prieur religieux de l'abbaye de Marmoutier, seigneur 
de la Marck dudit Marmoutier, Saint-Quirin, Schnersheim et Al- 
tenheim, savoir faisons que l'office de rabin des jui r s domiciliés dans 
les terres de notre ditte seigneurie de Marmoutier étant devenu 
vacant par le décès du nommé Samuel Halberstadt qui en étoit 
cydevant pourveu et Sa Majesté nous ayant maintenu dans le droit 
d'y nommer ainsi qu'il appert par les lettres patentes du 22 juin 1734 
en sus la requête à nous présentée par le nommé Joseph Kuppenheim, 
juif demeurant à Romansviller, substitué rabin des juifs du direc- 
T. XLI, n° 81. 



130 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

toire de la noblesse d'Alsace à ce qu'il nous plût luy accorder des 
provisions pour faire les fonctions de rabin dans l'étendue de notre 
jurisdiction de la Marck de Marmoutier, nous avons permis audit 
Joseph Kuppenheim de faire les fonctions de rabin des juifs dans les 
terres de notre seigneurie de Marmoutier ainsy et de même que 
Samuel Ilalberstadt les a exercé cydevant, ordonnons aux juifs domi- 
ciliés dans notre ditte seigneurie de le reconnaître pour leur rabin à 
peine de nullité des présentes que nous nous réservons de révoquer 
toutes fois et quantes il nous plaira; en foy de quoy nous avons signé 
les présentes et y avons fait mettre nos sceaux abbatial et conven- 
tuel. Donné en notre abbaye de Marmoutier ce 10^ novembre 1755. 
Signé Placide abbé avec son cachet empreint sur cire d'Espagne 
rouge. P. Blasius Vogelweid prior et conventuel avec un cachet 
empreint sur cire d'Espagne rouge. 
Registre suivant l'arrêt du 18 février 1756. 

Joseph Reichshofen, rabbin à Westhofen (Balbr.). D'après le 
Memorbuch de Westh., il avait été d'abord professeur à 
l'école talmudique d'Ettendorf. (V. Dag. Fischer, Coup d'œil 
historique sur V ancienne école rabbinique d'FAtendorf, 
Strasbourg, 1868, p. 4.). Joseph R. était sans doute le petit- 
fils de Wolf Jacob Reichshoffer, rabbin à Bouxwiller (Dé- 
nombrement, s. v.). 

Joseph Steinhart, rabbin à Furth (Boux.), auteur du livre Vin^T 
tpïi (Balbr.), rabbin à Rixheim (Rix.). Après la mort de 
Samuel Weyl en 1*753, il fut nommé rabbin de l'Évêché de 
Strasbourg et résida à Nidernai (Weiss , Geschichte und 
rechlliche Stellnng, etc., p. 53, et les Lettres patentes de sa 
nomination, il)., XXIII ; elles datent du 24 juillet 1753.) Il 
occupa le rabbinat de Furth de 1762 à 1770 (Henle S., Ge- 
schichte der Juden im ehemaligen Furstenthum Ansbach, 
1867,170.). 

Mélr Trêves (rama) , rabbin de Haguenau et du Bas-Rhin (Hag. a. 
et Nid.) mm sifli nbi^ msjntt yn^y ns ta-nsi T»on mn ^en 
m^n û-mïïbn T7a:?m pnnnrî V^rn aoirafiffia nâs « qui fut 
pieux et se tint à l'écart des jouissances de ce monde, fut 
rabbin à Haguenau et dans le Bas-Rhin et forma beaucoup 
de disciples » (Nid.). C'est lui qui, d'après Scheid, Juifs de 
Haguenau, p. 78, fut le premier rabbin à Haguenau, en 
1(>60-61. Pendant son ministère, la synagogue, brûlée en 1676, 
fut reconstruite, en 1083 (Scheid, i&.,80). 

La consultation n° 43, dans 'SWttn TOWl, 8&, de Gerson 
Aschkenasi, rabbin de Metz (1670-1693), est adressée à R. 
Méïr, rabbin de Haguenau. (Kaufmann Letzte Vertreibung 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 131 

der Juden aus Wien, 225, n.; voir aussi Brùll, Jahrbûcher , 
I, 107-19). 

Menahem Mendié Bloch, rabbin à Nidernai (Nid.) 1^5 ■îâ» ïtîto 
nmu rtmEa n*n "p^sn TorOTîm yi, « qui fut rabbin ici, à 
Nidernai, était pieux et modeste et mourut à un âge avancé ». 
D'après une communication de M. le rabbin A. Bloch, d'Ober- 
nai, il était le beau-frère de feu R. Yohanan, rabbin d'Ober- 
nai. Le même Memorbuch contient aussi une prière pour 
son fils : tin ^aba ibis*» SSiïitt p ^ass: baini *ort!n "in-nnîi 
« le jeune et savant Nethanel Gevi, fils de R. Mendié Bloch 
de Nidernai ». Il est dit de lui : pDD âb vûtok nm-j irmn 
I^Dîn n»i winam ri3\i572n pio^b mV^bs tara* û^io* iiTabb» ït^id 
trsiB ï-nnm pim *rabro irûNbfcs iras n» fioin û^ii) "iâb istp 
« Sa Tora fut son métier, il ne cessa d'étudier; jour et nuit 
il s'occupa de la Mischna et de la Guemara. Il mourut âgé 
d'un peu plus de vingt- quatre ans, intègre dans sa conduite 
comme un parfait savant âgé de beaucoup d'années. » 

Meschoullam Sassel b. R. Moïse Abraham Enosch, rabbin de 
la Haute-Alsace résidant à Ribeauvillé (Rib. et Balbr.). 
D'après Rib., il exerça ses fonctions à peu près trente-quatre 
ans ïibvr; îTD^m nntt&a « consciencieusement et avec une 
grande modestie ». Garmoly dit (Rev. or., II, 345 ss.) que le 
banquier Isaac Meyer de Ribeauvillé le fit venir de Francfort- 
sur-Mein pour enseigner le Talmud à l'école rabbinique de 
Ribeauvillé et lui donna plus tard sa fille, ce qui est faux 
comme on verra plus loin. D'après Weiss, Geschichte und 
rechtliche Stellung, p. 47, il était originairb de Greuznach et 
vint briguer la succession de Samuel Sanvil Weyl avec Jacob 
Wolf Guggenheim ; c'est lui qui fut élu. Sa nomination se 
trouve à l'Enregistrement du Conseil souverain d'Alsace 
(l re série, vol. XVIII, fol. 270), mais ce volume n'existe plus 
dans les archives de Colmar. Sur sa requête, le Conseil rendit, 
le 12 juillet 1*754, un arrêt conçu dans les mêmes termes que 
celui du 15 mars 1749, disant que « tous les serments devaient 
être prêtés entre les mains du suppléant (Enosch), et, en cas 
d'infirmités ou autres empêchements légitimes de sa part, 
entre celles des Rabins des lieux qui seront par lui ap- 
prouvés ». (Boug, II, 329.) M. S. Enosch fut également un 
des rabbins qui signèrent la pétition au Conseil souverain 
d'Alsace concernant l'exécution des sentences des rabbins. 
(Boug, II, 694.) 

Mordechaï ha-Cohen^ rabbin à Rosheim (Balbr.). Dans le dénom* 



132 REVUE DES ETUDES JUIVES 

brement de 1784, s. v. Rosheim, n° 28, il est nommé Marx 
Cahn ; sa femme s'appelle Reichelé Schoplich, son fils 
Alexandre, ses filles Relia et Sara, et son beau-frère Scho- 
lem Schoplich. 

Mordechaï ha-Cohen, rabbin à Westhofen. Le Memorbuch de 
Westhofen le mentionne en ces termes : 

pari rm?a mm wn» bip" 

rrnna poi* ït»îi kiîti inosai ttbaa rmha bnwi ta^m 

nnis î-nrt Nim nann trvtibn raym i-rbibi det^ î-raob 

ppn î-rfimïi nos b* aET* rrn Nim vo*i&a trbna-73 

anpa ^DCNnaTsm ppa ^aca nas3i r-i^an ^pi b* 
ïnnDtt njï): ump nau: ara in^ias fl)nban ri3ia (!)mN»b 

.psb abnri n3ia m» Ta 

Que Dieu se souvienne de l'âme de notre maître et rabbin Morde- 
chaï ha-Gohen, très familiarisé avec la Tora et la Kabbale. Il s'occupa 
de la Tora pour elle-même jour et nuit et forma beaucoup d'élèves; 
il fut un des grands de son pays et occupa le siège du rabbinat à 
Westhoffen plus de 50 ans, dirigeant ses contemporains dans le 
chemin de la vérité. Il mourut ici à Westhoffen âgé de près de cent 
ans, et son âme monta le samedi après-midi 27 Adar 632 (1872) (V. 
aussi Kiefer, l. c. t page 308) . 

Moïse ha-Lêvi, de Galhausen (?) (Boux., Is., Rix.). C'est sans 
doute lui qui présida le tribunal institué pour juger le procès 
intervenu entre David Reuss et Élie Schwab, rabbin de Ha- 
guenau en 1729, procès mentionné par Weiss, Geschichte, 
p. 47, d'après les archives israélites de Moutzig. Weiss le 
nomme « Alt-Rabbiner Moyse Lévi Thalhâuser » . Le texte 
des mémoriaux prouve également qu'il n'exerça pas les fonc- 
tions de rabbin. Il demeura probablement à Moutzig et mourut 
après 1753, puisque la prière qui le concerne figure après celle 
de R. Samuel Weyl dans le Memorbuch de Bouxwiller. 

Nephtali b. R. Yischai, rabbin à Ribeauvillé (Rib.) : 

tatsiroa M2?.y zin (su) ibjoi iib^bi û"p mxwai i-rnna pasna 
ta niay ripis i3n3 twt> D3 vsjn Torn p"H£ ïtïti (ne) ornsynai 

/1D1 

."ps? 'îi»pn 10^3 à i ara biba napsi iljds 
11 s'occupa de la Tora et des commandements jour et nuit et sm- 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 133 

fligea des macérations et des jeûnes; il fut juste, pieux et modeste, 
et ses héritiers donnèrent des aumônes pour lui. En récompense, 
etc. Il mourut et fut enterré avec une bonne renommée le mercredi 
9 Nisan 577 (4 817). 

Nethanel b. Isaac, rabbin dans le comté de Hanau (Boux. et Is.). 
Il avait succédé à Issachar Baer Wiener et mourut, selon Is., 
après Samuel Halberstadt, c'est-à-dire après 1753. Carmoly et 
Tsarphati l'ont confondu avec Samuel Wittersheira, grand- 
rabbin de Metz. 

Raphaël Endingen, rabbin en Suisse (Balbr.), appelé aussi Ra- 
phaël Ris, élève de l'école talmudique de Ribeauvillé, (Rev. 
or., II, 345). Il demeura à Hagenthal probablement jusqu'en 
1793 et fut nommé plus tard rabbin d'Endingen-Lengnau. Il 
est mentionné dans le Dénombrement, s. v. Niederhagenthal, 
n° 44, comme maître d'école. Des commentaires inédits de 
lui sur le Talmud se trouvent dans la Bibl. de Strasbourg 
(Catal. 5 a). M. H. Katzenellenbogen, grand-rabbin du Haut- 
Rhin, prononça une oraison funèbre en son honneur le di- 
manche avant dtod 'd 1813, où il loue sa grande science et dit 
qu'il avait, à sa mort, plus de quatre-vingt-cinq ans (Ms. 
Gùnzburger à Strasbourg). D'après une communication de 
M. Gùnzburger, de Hegenheim, des descendants de lui vivent 
encore à Zurich. 

Salomon Wolf Klein, grand-rabbin du Haut-Rhin (Rib.), mort à 
Colmar. 

Samuel b. Aron Blum, rabbin à Ribeauvillé (Rib.), mort le ven- 
dredi 23 Sivan 580 = 1820. 

Samuel Halberstadt, rabbin à Haguenau (Is., Rix.). Expulsé de 
Prague, il vint à Haguenau en 1745. L'administration muni- 
cipale l'autorisa à rester à Haguenau pendant une année sans 
payer le droit de protection ; elle lui renouvela cette per- 
mission pour l'année suivante. Après la mort d'Élie Schwab, 
il fut élu rabbin. 

Il est mentionné dans un arrêt du Conseil souverain du 
4 août 1749 concernant la iLanière de prêter serment (Boug, 
II, 210), et le 8 juin 1753 il fut autorisé par le même Conseil 
souverain, attendu ses infirmités et son grand âge, à se faire 
suppléer par le nommé Moyse * , pour faire prêter les serments 
judiciaires imposés aux Juifs de son district en la manière 
accoutumée et exercer les fonctions de rabbin en ses lieu 



1 C'est Moyse Wormser (Scheid, Juifs de Hag., p. 69) 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

et place en cas d'absence, maladie ou légitime empêchement. 
(Bou"" II, 329.) Il mourut la même année. 

Il avait un fils, Beçalel, et trois filles (Voir Scheid, Juifs de 
Ilaguenau, 61, 68, 15, 82, XXXV, LVII). 
Samuel Sanvil WeijU rabbin à Ribeauvillé(Rib., Nid., Is., Boux., 
Rix.) demi à 1153. 
Je publierai ultérieurement la biographie de ce rabbin. 
Simon Blum, rabbin à Brisach et dans le Haut-Rhin (Nid. avant 
Eisik Wert ; Hag. a. après lui). Michaël {Or hah., n° <06) 
cite un David Blum b. R. Moïse, de Soulzburg en Brisgau, 
auteur de rvnw Vipn (ms. à Hambourg) et contemporain de 
Salomon Louria. Des û^DTJiip de lui sont cités dans le 
16* volume des manuscrits de R. J. Ch. Bacharach (Kauf- 
mann, J. Ch. Bacharach, p. 99, note 1). 
Simon (Horcheim), rabbin à Moutzig (Balbr.) ; il est mort en 1805 
ou 1806 (v. plus haut s. v. Itziq Phalzburg). Le Memorbuch de 
Baibronn contient une prière en mémoire de R. Simon Mou- 
tzig dont il est dit « qu'il fut un homme pieux, modeste, émi- 
nent, patient dans l'exil, constant dans sa piété jusqu'au jour 
de sa mort, et ayant formé beaucoup d'élèves ». Je sup- 
pose qu'il s'agit également de Simon Horcheim, cette prière 
étant placée après celle qui a été composée en mémoire de 
Cerfbeer. 
Totros Rothenburg, rabbin à Bouxwiller et dans le comte de 
Hanau (Boux.). D'après ce Memorbuch, il fut le premier rab- 
bin de Bouxwiller. C'est sans doute lui aussi dont le nom se 
trouve mentionné dans le manuscrit du pp Wtt de Samuel 
Schlettstadt (cat. Neub., n° 613) et où il est dit que Todros, 
fils de Mordechaï Rothenburg, était le douzième descendant 
de R Méïr Rothenburg. Son fils David vivait vers 1654, et le 
fils de celui-ci, Nephtali, ajouta à son nom, en 1681, celui de 
»fr*nm (Bouxwiller) l , de sorte que nous pouvons dire que 
notre rabbin vivait au commencement du xvn e siècle. Plus 
tard nous trouvons de nouveau un Todros R., dont le fils, 
Mordechaï, signe un document le 9 Nisan 1140. Un de ses pa- 
rents Abraham b. R. David R., se trouve à Eguisheim en 
1116 (416). Encore en 1180 il y avait une famille juive a Egui- 
sheim (Weiss, Gesch. und rechtl. Siellung, p. 28). 
Wolf Buhl, docteur de la loi (m mm) à Obernai (Balbr.). Ce 
Memorbuch dit de lui que, par suite de sa grande piété et de 

i D'après le catalogue de M. Neubauer, c'est en 1716 que Nephtali b. David fut 
à Bouxwiller, 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 135 

sa modestie, il ne voulut pas accepter la dignité de rabbin 
(martas). H fut l'ami et le correspondant de R. Issachar Behr, 
rabbin à Soultz, Haute-Alsace (1769-1781; voir Yam Issa- 
char, p. 50 ô). Garmoly prétend avoir vu une oraison funèbre 
composée en son honneur par Tiah Weil chez les parents de 
ce dernier à Carlsruhe (Rev. or., III, 307). Il fut élève de 
l'école talmudique de Ribeauvillé (Rev. or., II, 345). 
Wolf b. Jacob Reichshofen, rabbin à Bouxwiller (Balbr., Rix.), 
disciple de R. Jonathan Eybeschùtz (Westh.). Il est l'auteur 
de commentaires sur le Talmud copiés par Lâmlein Loeb Win- 
zenheim et Raphaël (Ris.) de Niederhagenthal et conservés 
dans la Bibliothèque de l'Université de Strasbourg (Landauer, 
Cat.5a,n° 55). Il a institué une école talmudique à Bouxwiller 
{Fischer, Coup d'oeil, p. 4.) Il est mort en 1813, car c'est dans 
cette année, le dimanche avant oriDD 's, que N. Hirsch Katze- 
nellenbogen prononça une oraison funèbre en son honneur à 
Winzenheim. lMs. Gùntz.) 

Un Jacques Reichshoffer, juif de Bouxwiller, eut un procès 
en 1752 contre Hoffmann, pour arrérages de rentes en cé- 
réales, etc. (Spach, Gâtai, des archives du Bas-Rhin, E. 3028.) 
C'est sans doute le père de notre rabbin. 

Il faut remarquer ici que l'ordre dans lequel se suivent les 
prières composées à la mémoire de divers rabbins diffère sensi- 
blement dans les documents que nous avons consultés, et comme 
il n'y a ordinairement pas de date, il est très difficile déclasser ces 
rabbins par ordre chronologique. Je vais pourtant l'essayer en 
commençant par la Haute- Alsace. C'est Aron Worms qui, le pre- 
mier, fut nommé par le gouvernement, en 1681, rabbin de la 
Haute et Basse-Alsace, avec résidence à Brisac. Il ne faut pas 
s'étonner de l'étendue de ce rabbinat, car en 1689 il y avait dans 
toute l'Alsace 522 familles (Revue d'Alsace, 1885, 564). Pourtant 
il est certain que déjà avant Aron Worms il y eut un ou plu- 
sieurs rabbins, qui, il est vrai, n'avaient pas été nommés par le 
gouvernement. Après Aron Worms, vient, dans nos mémoriaux, 
Samuel Sanvil Weyl, de Ribeauvillé, nommé en 1711. Mais, en 
réalité, en 1695 le rabbinat de Brisac était occupé par Arié Juda 
Loeb Theomim, fils d'Aron Theomim, auteur de yins ïTJto et de 
•pï-jtf Tûa et rabbin de Prague (1659-1670), de Worms (1670-1689) 
et de Cracovie (1689-1690). Car, à cette époque il rendit compte 
à Hegenheim de la gestion des affaires du cimetière (Communi- 
cation de M. Gùnzburger). Nous trouvons aussi sa signature 
dans un ms. d'Oxford (Cat. Neub., 1858), d'où il ressort éga- 



13 6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

leraent qu'il demeura à Brisac (Voir encore Kaufmann, /. Ch. 
Bacharach, 62; Samson Wcrlheimer, 60, note 2; Horovitz, 
Frankfurter Rabbiner, II, 73; Lowenstein, Rurpfalz, 140, note, 
et Magazin, XIII, 61). Son successeur fut Samuel Lévy, nommé 
par rassemblée des délégués juifs tenue à Colmar le 16 novembre 
n00 (Archives du Haut-Rhin, E. 162*7). Il résida à Ribeauvillé 
(ib.). Nous avons donc comme rabbins de la Haute-Alsace : 

lo Simon Blum (avant E. \V. ?) ; 2° Eisik Werd (mort en 16*75); 
3° Jirmiyab. Juda ; 4° Aron Worms (1681-1684); 5« (Lob Theo- 
mim) l , tous à Brisac ; 6° (Samuel Lévy) ; 7° Samuel Sanvil Weyl 
(1*711-1753); 8° Sùssel Moyse Enos (1753-1787); 9° Nephtali b. 
Ischaï (1787-1817); 10° Samuel Blum (1817-1820); 11° Eliézer 
Lipmann Meyer (1820-1849). Tous ces rabbins eurent leur rési- 
dence à Ribeauvillé. 

Avec l'augmentation de la population israélite en Alsace, on 
augmenta le nombre des rabbins. C'est ainsi qu'on nomma un 
substitut ou vice-rabbin à Rixheim, probablement déjà sous le 
rabbinat de Samuel Weyl. Je suppose que c'est Joseph Steinhart 
qui en fut le premier titulaire. Ses successeurs furent Yeqel Gug- 
genheim (1753-1771) ; Yeqel Meyer (1771-1794), Abraham Dreyfus 
(H94-?). A Uffholtz il y avajt déjà en 1739 un rabbin (Boug, II, 
208) et peut-être même avant (Weiss, l. c. 56 ss.). 

En 1784/5, il y avait, en outre, un rabbin à Blotzheim (Marc 
Hemmendinger), à Bollwiller (Élie Blum), à Niederhagenthal 
(Hirsch Low), à Oberhagenthal (Seeligmam Ris), à Sierentz (Jo- 
seph Meyer 2 ), où se trouvait aussi une école rabbinique sous la 
direction de Meyer Breger et de Simon Bickart, à Turkheim 
(Hirsch Lévy), à Uffholtz (Moïse Wurmser) et à Wintzenheim 
(Auscher Moïse Bloch) (V. Dénombrement). 

A Hegenheim, qui avait été donné en fief aux seigneurs de Bâ- 
renfels par l'Évêque de Bâle (Tschamber, Geschichle der Stadt 
und ehemal. Fesiung Hiïnvigen, 1894, p. 34), nous trouvons le 
rabbin David Gùnzburger (1772-1824), membre de l'Assemblée des 
Notables et du Sanhédrin (Rev. or., I, 333), Pinehas Hirsch Kat- 
zenellenbogen (1821-1828), A. Aron (1830-1834), Moïse Nordmann 
(1834-1884) (Communication de M. Gùnzburger, de Hegenheim, 
ancien instituteur et petit-fils du rabbin David Gùnzburger). 

En 1806/7, lors de l'Assemblée des Notables et du Grand-San- 
bédrin, il y avait encore un rabbin à Biesheim, J. Calraann (Rev. 
or., I, 332), peut-être le même que Caïman Rachmiel, maître 

i Les noms mis entre parenthèses ne sont pas mentionnés dans les mémoriaux. 
» Rev. or., III, 213. 



LES MEMORIAUX ALSACIENS 137 

d'école en 1*784 (Dén., 48); à Durmenach, nous trouvons Selig- 
mann Lévy [Rev., II, 146); à Hattstatt, Judas Bloch (Rev. or., I, 
332); à Mulhouse, Aaron Moïse (il).). 

Après la mort de Meschoullam SùsselEnos, rabbin à Ribeauvillé, 
en 1787, ce n'est pas son successeur, mais le rabbin d'Uffholtz, 
Itziq Pfalzbourg, qui porta le titre de rabbin de la Haute-Alsace, 
et après lui N. Hirsch Katzenellenbogen, qui fut en même temps 
président du consistoire de la Haute-Alsace. 

Dans rÉvêché de Strasbourg, c'était d'abord Séligmann Bloch, 
rabbin des terres du directoire de la Noblesse, et ensuite Samuel 
Sanvil Weyl et Sùssel Enos qui exercèrent les fonctions de rabbin. 
Ils eurent des substituts à Soultz (Haute-Alsace) pour l'Obermun- 
dat (Hirtz Reinau), son fils Jessel (?) et Issachar Behr (1769-1781) 
(Weiss, Gesch. u. recîitl. Stellang., p. 185); à Saverne, où exer- 
cèrent successivement R. Jacob ha-Cohen et son fils Samuel 
(Dén., n° II); ces derniers étaient parents de l'auteur du nrrttt iso 
1TD (Fùrth 1731). Le 28 octobre 1760, un Juif de Moutzig eut éga- 
lement la permission d'admettre dans sa maison un rabbin avec 
quatre à six élèves (Weiss, l. c., p. 53); ce fut probablement 
Isaac Mayer (Dén., n° 13). Après lui vinrent Simon Horcheim et 
son gendre, Israël Tergheim. A Rosheim, on trouve à la fin du 
xvm e siècle : Marx Cahn et Anschel Schoplich, qui n'étaient sans 
doute que rabbins titulaires. 

La Seigneurie de Marmoutier fit primitivement partie du rab- 
binat de Haguenau, mais après la mort de Samuel Halbersdadt, le 
Prieur fit usage de son droit de nommer un rabbin ; il conféra 
cette dignité, en 1756, à Joseph Kuppenheim, de Rosenweiller. En 
1784, la place était occupée par Mennié Wormbser (Dén., n° 15) et 
plus tard nous y trouvons Abraham Dreyfus (Wittersheim), de 
Sierentz. 

Haguenau était le siège d'un rabbin probablement déjà au com- 
mencement du xvii e siècle. Garmoly {Rev. or., II, 236) parle 
d'un nommé Eliakim Phœbus, rabbin de Haguenau, qui vivait 
encore en 1633, mais comme il n'indique pas la source de ce ren- 
seignement, il n'y a pas moyen de le contrôler. 

M.Scheid (Juifs de Haguenau, p. 23, 31,34) mentionne Hayyim, 
médecin et rabbin, originaire de Landau, qui vint se fixer défini- 
tivement à Haguenau en 1633 ; c'est sans doute lui que Garmoly 
nomme Ghajim Rheinveld {Rev. or., I. c). Les autres rabbins 
qui ont exercé leurs fonctions à Haguenau jusqu'à la fin du 
xviii 6 siècle sont : Meïr Trêves, Wolf Hohenfelden, Elie Schwab, 
qui n'est pas nommé dans les mémoriaux mais dont je pu- 
blierai également la biographie, Samuel Halberstadt, Lazarus 



138 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Moïse Katzenellenbogen (non plus dans les mémoriaux) de 1755 
à mi (voir Scheid, Juifs de Haguenau, 68, 82, XXXI, etc.; 
Lôwenstein, Kurpfalz, 201, 240, etc. ; Gâtai. Neub., 1537). Ce 
dernier signe ainsi son approbation à d"Opï ns^Da (Metz, 1704) : 
ppn 'inn pi:ttbwxp r-inSi ï-wn ■tWth \vam p t^-i^T w»ba 
'•Ûfci tt3*Wl K*lttfi&i. Il fut également de ceux qui signèrent la péti- 
tion au Conseil Souverain en 1765 (Boug, II, 694). Enfin il est 
cité dans un arrêt du 9 septembre 1707 (Boug, II, 766), où il porte 
le titre de Rabbin des Juifs de la Basse-Alsace. Son successeur fut 
Yeqel Guggenheim. Lôwenstein (Kurpfalz, p. 138) mentionne un 
R. Nathan Neta b. Juda Loeb Hacbenburg, rabbin de Haguenau, 
qui semble avoir vécu dans la première moitié du xviii siècle. 
Brùll (Jahrbucher, I, 228) le nomme Nathan b. Juda Loeb Mann- 
heim. Je suppose qu'il fut originaire de Haguenau, mais qu'il n'a 
pas été rabbin dans cette ville. 

Le comté de Ilanau-Lichtenberg, avec Bouxwiller, comme capi- 
tale, eut un rabbin probablement tout de suite après la guerre de 
Trente ans. C'est Totros Rothenburg, descendant du fameux Méir 
de Rothenburg qui fut le premier rabbin de ce comté. Les autres se 
sont succédé probablement dans l'ordre indiqué par le Memorbuch 
de Bouxwiller : 1° Juda ha-Cohen; 2° Aron de Lebub; 3° Issachar 
Ber b. Yehiel Wiener ; 4° Nethanel b. Isaac ; 5° Abiezri Selig b. 
Cevi Hirsch Auerbach ; 6° Aron Benjamin (Wolf b. Jacob Reichs- 
hofer) ; 7° Jacob ha-Lévi. 

A Westhofen, qui faisait également partie du comté de Hanau- 
Lichtenberg, il y eut trois rabbins depuis la fin du xviii siècle 
jusqu'en 1872: Eisiq Luntschùtz, Joseph Reichshofer et Morde- 
chaï ha-Cohen. 

Pour les terres du Directoire de la Noblesse, c'est Nidernai qui 
fut le siège du rabbinat. Nous y trouvons Azriel Seligmann Bloch, 
Isaac Sintzheim, Joseph Steinhart, Benjamin Scherwiller, Yeqel 
Meyer. 

En 1784, on trouve encore des rabbins à Balbronn (Zachiel 
Lévy),à Bischheim (David Zinnsheimer, Mathieu Cahen, Abraham 
Auerbach, Raphaël Samuel), à Fegersheim (Samuel Ilemmen- 
dinger), à Scharrachbergheim (Moïse Meyer), à Wintzenheim (Jo- 
seph Abraham). 

3° Particuliers alsaciens. 

Ahraham b. Mêïr Moïse, président de la communauté (Rib.), 
mort le 18 Heschwan 514 (1753) et enterré à Westhofen, 



LES MÉiMORIAUX ALSACIENS 139 

Abrahamb. Moïse Sofer (Rib.), mort à l'âge de soixante-sept ans, 
le 3 Tébet 572 (1811). 

Aron b. Isaac ha-Lévi, de Balbronn (Balbr.), commerçant pieux 
et charitable. 

Aron Juda Loebl b. Salomon, de Balbronn (Balbr.), idem. 

Ascher b. Samuel, de Balbronn (Balbr.), idem (Dén., n° 15). 

Baruch b. Yirmiya Elièzer offrit un lustre à la synagogue 
(Rib.); mort avant 1753. 

Baruch b. Samuel ha-Lévi, de Balbronn (Balbr.) (Dén., n° 4). 

Eisiq, ministre-officiant à Odratzheim (Balbr.). Peut-être le même 
que Isaac Lévy du Dén., n° 39. 

Elièzer b. Eliakim, de Balbronn, homme modeste et pieux (Bal- 
br.) ; cf. Dén., n° 28. 

Elièzer Laza b. R. Meïr, « qui étudia la Tora et jeûna un jour 
par semaine pendant vingt ans ». 11 atteignit l'âge de quatre- 
vingt-huit ans. C'est un ancêtre de Garmoly (Voir Dénom- 
brement, n° 18). 

Elièzer Ephraïm b. Moïse, de Bergheim, syndic (iVimo) du pays. 
Mortlel8AdarII516(1756). 

Elièzer Leizer b. R. Moïse Trebitsch, ministre-officiant à Bal- 
bronn (Balbr.). 

Elièzer Leizer b. Sanvil Lèvi, de Balbronn, commerçant pieux 
et charitable (Balbr.). 

Hayyim b. Mèïr, président de la communauté pendant vingt-cinq 
ans, mort le Rosch Hodésch Siwan 574 (1814) (Rib.). 

Hènoch (yb) Schiff. Le Memorbuch de Balbronn, qui a été écrit 
par son fils Abraham (et non par lui-même comme le prétend 
Kiefer, Geschichle der Gemeinde Balbronn, 1894, p. 331), lui 
a consacré la notice suivante : 

Que l'Éternel se souvienne de notre maître R. Hénoch yS Schiff, 
chef religieux de la communauté de Balbronn pendant plusieurs 
années. Depuis le jour où son intelligence s'éveilla, il ne cessa plus 
d'étudier; toute sa vie, il s'occupa du culte et de la charité. Pendant 
plusieurs années, il remplit gratuitement les fonctions d'officiant, il 
s'occupa de la Tora nuit et jour. Très modeste, il forma de grands 
savants qui sont des docteurs de la loi, et il supporta avec résigna- 
tion le joug de l'exil et le poids de la pauvreté, ce que le public ne 
savait pas par suite de sa modestie. Il connaissait l'interprétation 
ordinaire et mystérieuse (de la Tora). Il s'affaiblit par les pri- 
vations qu'il s'imposa pour la sanctification du nom divin. En ré- 
compense, etc, 



140 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Isaac b. Méïr, président de la communauté et syndic (Rib.), mort 
avant 1*787. Il était le gendre de R. Samuel Sanvil Weyl 
(Dén., 2; voir aussi Scheid, Juifs d'Alsace, 264). 

Isaac Itzig b. Josua ha-Lévi, de Balbronn, commerçant pieux 
et charitable (Balbr.). 

Issachar Baer y de Balbronn (Balbr.). C'est Bâlir Seligmann du 
Dén., n°21. 

Jacob b. Menahem ha-Lévi, de Balbronn, commerçant scrupu- 
leux (Balbr.). 

Jachet, fille de Josua Moïse Ruben ha-Lévi, d'Odratzheim, dé- 
cédée à Bischheim et enterrée à Romansweiler le 10 Iyyar 
1745 (Bisch.). 

Jacob b. Samuel Weil et sa femme Sara, fille de Moïse. Il fut pré- 
sident de la communauté et syndic. Ils sont morts avant 1753. 
Le Memorbuch de Ribeauvillé mentionne encore plusieurs 
autres membres de cette famille, entre autres Moïse Eliézer, 
fils de Jacob Weil, également président de la communauté ; 
Nephtali b. Samuel Weil (sans doute le frère de Jacob), Moïse 
Méïr b. Jacob Weil (alias Méïr) qui a fait construire la syna- 
gogue. 

Joseph b. Elhanan (yS), de Ribeauvillé, homme intègre qui s'oc- 
cupa d'études religieuses et de charité, mort le 8 Kislev 549 
(1788). 

Joseph b. Isaac ha-Lévi, de Balbronn, commerçant intègre et 
charitable (Balbr.). 

Joseph Trebach [Trimbach?], de Strasbourg, aumônier (Balbr.). 
Je suppose qu'il s'agit du rabbin Joseph qui était chez Cerf 
Béer et qui est mentionné dans le Dénombrement, s. v. Stras 
bourg, n° 1. R. Joël b. Joseph bïo de Strasbourg, enterré à 
Hegenheim le 3Elloul 587 (1827), était peut-être son fils (Voir 
aussi Rev. or., I, 333). 

Juda Lob de Pologne, à Balbronn, pauvre (Balbr.; cf. Dén., n° 20). 

Koschel Moïse b. R. Michaël ha-Lévi, de Balbronn, commerçant 
intègre et charitable (Balbr.) ; il fut forcé le 15 brumaire an IV 
d'accepter le mandat de percepteur (Kiefer, Gcschichte der 
Gemeinde Balbronn, p. 128). 

Lob Burgbrepach, commerçant intègre et charitable, fondateur 
d'une société de charité à Balbronn (Balbr.). 

Lob b. Yohanan, de Balbronn, pauvre (Balbr. ; cf. Dén., n° 11). 

Méïr b. Isaac ha-Lévi, de Balbronn, commerçant intègre et cha- 
ritable (Balbr.). 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 141 

Méïr b. Jacob, ministre-officiant et Sofer à Ribeauvillé. C'est lui 
qui a écrit le Memorbuch. Mort le 9 Ab 505 = 1745 (Rib.). 
(V. Scheid, Juifs d'Alsace, 260 ss., et Catal. de Strasbourg, 
no 37). 

Menahem Mendié b . Baruch ha-Lévi, de Balbronn, homme cha- 
ritable (Balbr.; cf.Dén., n° 7.). 

Menahem Mendié b. Raphaël, de Balbronn, commerçant intègre 
et charitable (Balbr.). 

Michaël b. Samuel Sanvil ha-Lévi, de Balbronn, homme chari- 
table et vertueux (Balbr. et Westh.). Il donna au commen- 
cement du xix e siècle à la communauté une salle pour l'ensei- 
gnement de la jeunesse, et sa bibliothèque existe encore à 
Balbronn (Kiefer, l. c, p. 219; cf. Dén., n° 2). 

Mordechaï Sussmann b. Nephtali, de Ribeauvillé, mort le 25 Adar I 
521 (1761) (Rib.). Il avait un fils nommé Samuel, qui est sans 
doute identique avec Samuel Hirtz (Dén., n° 31). 

Moïse Bloch, homme intègre et juste ; il fréquenta les savants 
et mourut dans un âge avancé (Nid.), probablement au 
commencement du xix e siècle. 

Moïse, fils du martyr Abraham, président de la communauté de 
Bergheim et membre de l'administration du cimetière de 
Schlettstadt. Mort le 25 Nisan 513 (1753) (Rib.). 

Moïse b. Aron Juda, de Balbronn, commerçant pieux et chari- 
table (Balbr.). 

Moïse b. Méïr, de Balbronn (Balbr. ; cf. Dén., n' 8). 

Moïse b. Salomon, de Balbronn, maître d'école et commerçant 
(Balbr.); cf. Kiefer, p. 184, a. 1722). 

Mundel, fille de Salomon ha-Cohen, épouse du président R. Méïr 
(Rib.). Dans le Memorbuch de Bischh., on lit : R. Méïr Weil, 
ce qui me paraît une erreur, puisqu'il s'agit probablement de 
Mayer, père d'Isaac Mayer, banquier de Ribeauvillé. 

Nahoum b. Joseph, de Balbronn, commerçant intègre (Balbr.). 

Rachel Brentel, fille de Nela de Scherwiller, épouse de Baruch 
55b de Ribeauvillé, décédée le 16 Sivan 560 (1800). 

Raphaël b. Joseph ha-Lévi, qui s'occupa des intérêts des commu- 
nautés, fit lever des bans et distribuer des aumônes aux 
pauvres (Balbr.). Il vécut probablement au moyen âge et 
n'était peut-être pas Alsacien. 

Raphaël b. Menahem ha-Lévi, de Balbronn, commerçant intègre 
et charitable (Balbr. ; cf. Dén., n° 7). 



1<î2 REVUK DES ÉTUDES JUIVES 

Raphaël b. Moïse, maître d'école à Balbronn (Balbr.); cf. Kiefer, 
L c, p. 92 et 331, n° 11.) 

Reiz Hawah, fille de Méïr Bensheim, de Mannheim, décédée à 
Bischheim et enterrée à Ettendorf le 21 Ab 1741 (Bisch.). 

R. Salman, docteur de la loi à Bischheim (Balbr.; cf. Dén., n°46 : 
Salomon Isaac). 

Salomon, fils du martyr Fliézer, de Romansweiler, homme très 
modeste et adonné à l'étude de la Tora (Balbr.; cf. Dén., 
n° 20 : Schlumen Lippmann}. 

Samuel Sanvil b. Raphaël ha-Lévi, de Balbronn, lit construire la 
synagogue à ses frais (Balbr.) 

Sanel (Nethanel) Hirsch, d'Uffholtz, homme charitable et modeste 
(Balbr.). 

Sara, fille de Juda (Rib. et Bischh.). 

Seelig, ministre-officiant de Balbronn (Balbr. ; cf. Dén., n° 31). 

Todros b. Moïse, de Balbronn, commerçant intègre et charitable 
(Balbr.). 

Todros Breisich (Brisac) et son fils, le jeune Nephtali Hirz, qui 
furent pieux et bienveillants pour les pauvres et les riches 
et sauvèrent beaucoup d'âmes en Israël (Nid. et Mu.). Hirtz 
Bischheim, « homme droit et consciencieux et grand Schta- 
dlan en France » (Balbr.); c'est Gerfbeer et son père. Un des 
fils de Gerfbeer portait également le nom de Todros (oitjvj ; 
voir Dén., s. v. Strasbourg : Théodore). Il demeura plus tard 
à Paris et donna une subvention pour la publication du m T 
de David Sinzheim (v. l'introduction). Gerfbeer ou Nephtali 
Hirtz Medelsheim fonda une école talmudique à Bischheim en 
1778 (Yad David, introduction). 

R. Yeqil b. Hirtz Reinau et sa femme Schottel, fille de R. 
Ephraïm Moïse Spira et son frère Elhanan, présidents et syn- 
dics (Nid., Ilag. a. et Mu.). C'est sûrement Hirtz Reinau de 
Soultz (Haute-Alsace; voir sur lui Weiss, l. c, p. 54 et 58 ; 
Boug, I, 555). Au cimetière de Yungholtz se trouve encore la 
pierre tombale d'Abraham Juda, fils d'Elhanan, mort en 1715, 
qui est sans doute un membre de cette famille. 

Yischaï b. Yohanan de Balbronn (Balbr.). C'est l'aubergiste 
juif qui payait en 1749 20 fl. (Kiefer, Steuern, etc., 1891, 
p. 27). 

Yohanan b. Joseph, de Balbronn, commerçant (Balbr.). 



LES MÉMORIAUX ALSACIENS 143 

ronab. Moïse, de Balbronn (Balbr.) peut-être le père de Moïse 
Jonas. (Dén., n° 10). 

Zeeb Wolf, fils de R. Samuel de Danzig, auteur de ynt rrans, mi- 
nistre-officiant à Balbronn (Balbr.). 

J3 ne me dissimule pas que cet essai historique a besoin d'être 
complété sous bien des rapports, surtout pour ce qui concerne 
l'histoire des rabbins alsaciens. Mais comme rien n'a encore été 
publié sur ce sujet, j'ai pensé devoir faire connaître le résultat 
de mes recherches, laissant le soin à de plus érudits de traiter 
cette matière si intéressante d'une manière plus approfondie. 

Soultz (Haute-Alsace), mai 1900. 

M. GlNSBURGER. 



NOTES ET MÉLANGES 



LES INTERDICTIONS ALIMENTAIRES 

ET LA LOI MOSAÏQUE 



Un animal pur, dans la Bible, est un animal que l'on tue et que 
Ton mange; un animal impur est un animal qu'on ne mange pas. 
Par analogie avec ce qu'on constate chez nombre de peuples mo- 
dernes, on pourrait ajouter que l'animal impur n'est pas plus tué 
qu'il n'est mangé (sauf, bien entendu, dans le cas de légitime dé- 
fense). Il est vrai que la Bible n'interdit pas de tuer les animaux 
impurs ; mais l'un des interlocuteurs des Questions Conviviales 
de Plutarque constate que les Juifs ne tuent pas les porcs et a con- 
sidèrent comme aussi défendu de les tuer que de les manger l ». 
De pareils témoignages ne sont pas sans valeur. Si la Bible nous 
fait connaître la législation écrite des Juifs, il est parfois légitime 
de recourir aux auteurs classiques pour être informés de leurs 
usages; c'est une source que l'on aurait tort de dédaigner. 

Ce simple rappel de faits suffit pour prouver, à la réflexion, 
que les idées de pureté et d'impureté n'ont rien de commun avec 
celles de bonté, de chasteté, d'utilité, d'une part, ni, de l'autre, 
avec celles de méchanceté, de lubricité, d'insalubrité. Ce que 
l'on ne tue pas et ce que l'on ne mange pas est précisément ce qui 
provoque le respect, l'abstention, le liands off: c'est donc, à pro- 
prement parler, ce qui est sacré : 

« Sacrés ils sont, car personne n'y touche. » 

Il est superflu d'accumuler ici de l'érudition, de parler de Ka- 
dosch et de Néfesch, ou même de Tabou et de Noâ comme les 
Polynésiens. Un animal pur est un animal inoffensif (au point de 

1 Plutarque, Quaest. Cotiviv. , IV, 5-6 (= Th. Reinach, Textes relatifs au ju- 
daïsme, 139.) 



NOTES ET MELANGES 145 

yue de la superstition); un animal impur est le contraire. Le pre- 
mier est tangible, le second intangible. Placer, à l'origine de ces 
distinctions, des considérations d'hygiène, c'est commettre un ana- 
chronisme palpable 1 ; et attribuer ces considérations à Moïse, c'est 
aller à rencontre du texte biblique lui-même. Il ne s'agit pas, en 
effet, de savoir si la rédaction que nous possédons des lois dites 
mosaïques est antérieure ou postérieure à la rédaction que nous 
possédons de la Genèse; l'essentiel est que les Hébreux ont cru que 
les faits relatés par la Genèse étaient plus anciens que leur légis- 
lation — et l'orthodoxie judéo-chrétienne le croit encore. Donc, 
en nous plaçant au point de vue môme de cette orthodoxie, nous 
pouvons affirmer que la distinction des animaux purs et impurs 
ne date pas plus de Moïse que l'habitude de célébrer le sabbat : 
dans l'opinion des rédacteurs mêmes de nos livres, tout cela était 
antérieur à Moïse. Car lorsque Noé s'embarque dans l'arche, Dieu 
lui prescrit de prendre avec lui deux couples de chaque espèce ani- 
male impure et sept couples de chaque espèce pure* ; or, il ne lui 
explique pas comment il doit les distinguer, ni ce que signifient ces 
épithètes. Donc cette distinction, dans l'opinion même du rédac- 
teur biblique, existait de temps immémorial. 

Que fait donc la loi mosaïque? Elle fait deux choses. D'une part, 
elle codifie des interdictions déjà anciennes en créant des catégories 
d'animaux défendus ; c'est un procédé analogue à celui des premiers 
grammairiens, qui ont formulé les règles du langage avec les excep- 
tions qu'elles comportent, mais n'ont créé ni les règles ni les excep- 
tions, qui sont l'œuvre de l'usage. D'autre part, la loi mosaïque 
paraît ajouter certaines interdictions par crainte de la contagion du 
paganisme ambiant 3 . Ceci ne veut pas dire, comme on le répète, 
que le législateur a voulu isoler les Hébreux des peuples voisins en 
leur défendant de manger ce que leurs voisins mangeaient; il est, 
au contraire, certain — du moins dans le cas du porc — que tous les 
peuples de la Syrie s'en abstenaient. Seulement — et c'est là qu'in- 
tervient l'admirable découverte de Robertson Smith — les ani- 
maux sacrés, dont les païens s'abstenaient d'ordinaire, étaient, 
de loin en loin, mangés rituellement, c'est-à-dire qu'ils faisaient 

1 Tout ce qu'on peut concéder, c'est que, parmi les interdictions alimentaires, celles 
qui ont paru, bien plus tard, conformes à l'hygiène ont eu plus de chances de se 
maintenir que les autres. 

1 Genèse, vu, 2. 

3 Ainsi, l'interdiction de cuire le chevreau dans le lait de sa mère ne dérive cer- 
tainement ni d'un préjugé d"hygiène, ni d'une idée sentimentale ; il semble plutôt 
que ce soit la condamnation d'un ancien rite superstitieux fort répandu, dont je crois 
trouver une trace dans le mot de passe des initiés de l'orphisme : « Chevreau, je suis 
tombé dans le lait. » (£9190; e; yaX' ejrexov, Corp. inscr. ltal. } n° 641). 

T. XLI, n° 81. lu 



146 REVUE DES ETUDES JUIVES 

les frais d'un repas de communion, conception très gënérale, 
presque universelle, qui est une conséquence du totémisme et que le 
christianisme romain a perpétuée jusqu'à nos jours. Ce sont ces 
repas exceptionnels, d'un caractère païen très marqué, que le lé- 
gislateur condamne et que condamnera non moins sévèrement le 
Prophète 1 . Pour en détourner les Hébreux, il faut que la défense 
de manger Yinterdit soit absolue, sans réserves, accompagnée 
de menaces terribles. Ainsi s'explique une des particularités de 
la législation mosaïque concernant les interdictions alimentaires. 
Depuis que l'étude du totémisme, en divers pays arriérés, a 
prouvé qu'il a pour résultat l'interdiction de manger le totem, 
quelques savants ont conclu imprudemment que les divers clans 
hébreux, avant leur réunion politique et religieuse, respectaient 
des totems différents, puis qu'ils ont fait un faisceau de leurs 
totems et des interdictions corrélatives le jour où ils se sont agré- 
gés. Cette manière de voir est certainement fausse, parce que 
l'état totémistique est bien plus ancien que la plus ancienne civili- 
sation hébraïque dont nous ayons connaissance. Dès l'époque où 
la tradition place Abraham, la religion en était aux teraphim, 
c'est-à-dire aux fétiches individuels, qui, historiquement et logi- 
quement, marquent une phase de beaucoup postérieure à la fin 
du totémisme strict. Dans les plus anciens groupes dont la réunion 
a formé le peuple juif, il ne pouvait y avoir, à l'aurore de l'histoire, 
que des survivances du totémisme. Les survivances de cette es- 
pèce sont les plus tenaces de toutes, puisqu'elles dominent encore 
les sociétés d'aujourd'hui. D'autre part, comme l'a montre Je- 
vons, la domestication des animaux, qui est un effet du toté- 
misme, tue le totémisme; et si loin que remontent les traditions, 
les Hébreux sont des pasteurs, non des chasseurs. Ils n'avaient 
même pas l'idée la plus obscure d'une période où l'agriculture 
était inconnue, témoin le récit de la Genèse où Adam, à peine 
expulsé du Paradis, devient, sans transition aucune, cultivateur, 
où Caïn cultive la terre en môme temps qu'Abel élève des mou- 
tons 2 . Donc, il est faux de dire que les clans hébreux, du 
temps de l'Exode ou du temps des Juges, ont mis en commun 
leurs totems; il y avait déjà des siècles que ces divers clans 
s'abstenaient, par tradition, de tels animaux et se nourris- 
saient de tels autres. Bien entendu, le totémisme est au fond de 
ces usages, mais ni plus ni moins que de notre répugnance ac- 
tuelle à manger du chien. La distance de la civilisation, de la 
quasi-civilisation même, au totémisme, est tellement énorme que 

1 Isaïe, livi, 17. 

1 Qenèse. ni, 17 ; iv, 2. 



NOTES ET MÉLANGES 147 

les trente siècles qui nous séparent des débuts de la Royauté juive 
sont, en comparaison, une durée presque insignifiante. 

Mais alors, dira-t-on, que faites-vous des peuples totémistes 
modernes? Je réponds que, par le fait même de leur totémisme, 
ces peuples sont pour nous ce que sont pour les géologues cer- 
tains affleurements des roches les plus anciennes qui ont cons- 
titué la croûte terrestre. On peut encore, à leur sujet, rappeler 
les marsupiaux australiens, seuls survivants de la faune mara- 
malogique tertiaire. Quelque ancien que soit le totémisme des 
peuples élus pour la civilisation, il ne remonte pas à l'époque 
tertiaire, qui est séparée de la nôtre par des centaines de mille, 
peut-être.par des millions d'années; donc, le phénomène de retard 
ou d'évolution lente, présenté par des tribus asiatiques, afri- 
caines, australiennes, n'est pas plus surprenant que celui de la 
faune de l'Australie. 

Je me suis abstenu à dessein, dans cette note, de tout appareil 
érudit. Il me semble que les idées que j'y expose sont trop simples 
et trop évidentes, bien qu'obstinément méconnues, pour qu'on 
les obscurcisse par des discussions de textes et des citations 
d'autorités. 

Salomon Reinach. 



UNE VERSION ARABE DU RÉCIT DE LA DESTRUCTION 
DE JÉRUSALEM 



M. Israël Lévi m'a envoyé deux feuilles provenant de la gue- 
niza du Caire, qui se suivent et paraissent avoir fait partie toutes 
deux d'un ensemble plus considérable. Écrites dans une cursive 
très nette, ces feuilles (21 X 16 cent.) portent chacune à la pre- 
mière page, en tête, les mots sao 'o. Elles contiennent le récit de 
la destruction de Jérusalem Cpnnïi ïiutftt) en arabe. Le récit, tel 
qu'il est rapporté dans ce fragment, est fait d'après la narration 
du Talmud de Babylone [Guitiin, 56 b) complétée d'après celle 
dî'Echa rabbali sur i, 5. La première feuille commence par l'épi- 
sode où Yohanan b. Zakkaï applique les deux versets de Pro- 
verbes, xv, 30, et xvn, 22. Viennent ensuite les requêtes qu'il 
adresse à Vespasien, d'après Guittin, 56 b. Puis suit le récit du 
transport de R. Çadok dans le camp romain, d'après Echa rab- 



148 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

bâti et dans la forme du texte que ce Midrasch présente dans la 
nouvelle édition de M. Buber. Car, à la fin de cet épisode on lit : 
•jwS rnDttta ï-itnN (b«pl =) 'pi m'm wba 'n Bjban Wfi n;'3i 
r^?3 bri» rnjoâ yin Db Nin *»b*nu itt* ^bi in vxy p<m 'n ^bai 
tzmr id£ ^aba 'ip ï-pd fc-jan r*ÔN ^3 mbi )M5. « Ensuite son 
fils R. Eléazarjura et dit : Aussi vrai que je tiens à assister à la 
consolation (de l'époque messianique), mon père R. Çadok vécut 
encore longtemps, mais son corps ne redevint pas ce qu'il avait 
été et il ne se remit pas. En lui s'accomplit la parole du prophète 
dans les Lamentations, iv, 8. » C'est là une paraphrase du pas- 
sage qu'on ne trouve que dans l'édition Buber (p. 69) : wb» *V'N 
snn&ja fcawïi ima ba r^aa* irrita d"*n piTonsa fwna prnt n"a 
ns* n73&«u) fin tzp^pb ï-nmo mas Tb*. ions nm »b iznpTsn r-pa 
...taw. *'e remarque pourtant que dans l'épisode de R. Çadok, 
notre récit a également emprunté quelques traits à Guittin, 56 ô. 
— On trouve ensuite dans notre fragment le récit de Guittin,blb 9 
concernant les quatre cents garçons et jeunes filles qui se sont 
précipités dans la mer pour échapper à une situation avilissante. 
Notre fragment se termine par le récit de la conduite scandaleuse 
de Titus dans le sanctuaire et de sa traversée. C'est la paraphrase 
exacte de Guittin, 56 & (. . .ôTDtft îTHTO bïK); elle s'arrête au dé- 
barquement de Titus. Je ne reproduirai ici que la paraphrase des 
mots ...bip na nn£">; elle est ainsi conçue : •nuff* lin mis ânàs 
vxmr\ ns-i^T n-iDDi rvo'j nsa ywnm w* btt 12a *ja *tzn to bip^i 
nnab» 173 Sp *baa t**3KB nnaba ^a t^b« rr-np73 ^b o^b in r-ibpi 
^pnawi TÛnb» 1?3 t=^m na ^ai^N viapi b57a E}*xa *pb* abo&o 
rpssi ^pata « Une voix sortit qui s'écria : impie !. . . tu as péché 
et nié, tu as outragé et blasphémé, tu disais que je n'étais puissant 
que sur mer. Je veux donc te faire débarquer de la mer et te 
mettre au pouvoir de la plus faible de mes créatures pour qu'elle 
te châtie et que tu cesses d'exister; je te ferai ainsi reconnaître 
ton impiété et tes négations. » 

En ce qui concerne la façon dont l'arabe est transcrit, je ferai 
remarquer que les points diacritiques s'y trouvent le plus souvent; 
à = £, n ou a = c. Je citerai aussi l'abréviation suivante qui 
est assez remarquable et qui sert à introduire un verset de la 
Bible : '*n 'nba 'p. Le n doit se lire probablement 173m; on aurait 
donc ■tbaon Ittrnba b«p. Ou le n serait-il la première lettre de 
tranba, l'Omniscient? Saadia désigne d'habitude Dieu par cranba*. 
Dans un autre passage encore de notre fragment, on lit : nanao 
rtsfiTOW *by nmm 'yr\ 'nbfl, « Dieu voulut le laisser dans son 
impiété. » 

En général, la paraphrase prouve une connaissance exacte des 



NOTES ET MÉLANGES 149 

textes utilisés. Mais l'auteur ne semble pas avoir possédé des no- 
tions exactes sur les Tannaïm et les Amoraïm, comme le montre 
la façon dont il a rendu ces mots de Guittin, 56 b : tpv a*! îrb* *np 
J..MHB a:rp? '1 afcwan. Voici l'arabe : î-rîn r-tfba s^» na^s 
'*n 'nbat i-«* 'p nb« in r-nrt nbap f-o^p* 'm tpv 'nb i^ibNOttbN 
'MTffi» û^n niiûtt : « Lorsque cette question fut portée à la con- 
naissance de R. Joseph et R. Akiba, ils dirent : C'est ce que Dieu 
a affirmé à son sujet »... (les mots d'Isaïe, xliv, 25). 

W. Bâcher. 

Budapest, mai 1900. 



notes hébraïques de comptabilité du xnr siècle 

Dans un exemplaire ms. de YHistoria scolastica de Pierre Co~ 
mestor, splendide in-folio sur vélin aux initiales enluminées 2 , se 
trouvent trois notes en hébreu d'une lecture difficile, fort sem- 
blables par la forme et le fond aux deux notes analogues tirées des 
mss. latins de Chartres et publiées ici 3 : Tune est écrite au bas 
d'une page blanche (f. 162 ô), les autres sont mises à la suite de la 
table des matières de YHistoria (f. 163 a). Pour faciliter le dé- 
chiffrement de l'hébreu nous copions d'abord la mention sui- 
vante inscrite sur cette dernière page, après ladite table : 

« Ego Rad [ulfus] debeo Uiuanti Judeo VIII libras IIII or solidis 
» minus in obptabis 4 rexurrectionis Domini s. (cilicet) pro catalio 
» et pro usura. » Et plus bas, d'une écriture semblable, mais plus 
menue : « Anno ab Incarnatione Domini M CC° XIII . » 

Passons aux textes hébreux : 

1* Celle des trois notes qui est peut-être la dernière en date est 
la plus facile à lire, ce qui nous dispense de la donner en fac- 
similé. Elle est ainsi conçue : ©Smd trnir:] 'a bios b^ *yiî '■« « dix 
deniers 5 [prêtés] sur ce livre 6 ecclésiastique, le lundi de la section 
Niçabim. . . » Nous ne traduisons pas encore le dernier groupe de 

1 Abréviation de b^D^ Ûn3H1. 

1 Ms. du fonds latin à la Bibliothèque nationale, n° 5097. 

» Revue, XXX, 289. 

4 Un des nombreux barbarismes du temps, pour Octava. 

5 C'est non le petit denier, mais le sou, ou 20 e partie de la livre. Voir, ibid., 
IX, 294. 

6 Littéralement : « impropre, non saint ». Ibid., XXX, 290, note 2. 




«0 REVUE DES ETUDES JUIVES 

quatre lettres. C'est peut-être Tannée qui est indiquée : cette fin de 
phrase contiendrait, non un chronogramme, 

r%> j». mais un mode singulier de datation, dont le 
^^ sens nous échappe. Il faudrait supposer une 
interversion bizarre de lettres, et lire : 'ob '3 'ia 
^J ~ « Fan 20 du (petit) comput » (= 1200). Mais 

^^^ ^ i— ^ outre qu'une telle inversion serait extraordi- 
naire, l'hypothèse ne tiendrait pas devant la 
mention latine citée plus haut qui porte en 
toutes lettres 1213 et non 1260. 

Il ne faut pas s'étonner de voir des ecclé- 
siastiques mettre de tels livres en gage, puis- 
qu'une ordonnance du roi Adolphe, en date 
du 7 août 1295, prescrit aux Dominicains de 
Berne de restituer à qui de droit les livres mis 
en gage chez des Juifs '. 

P%c> 2° Un texte en deux longues lignes, dont 

C%^> les caractères, qui ne sont plus franchement 
carrés, ne sont ni cursifs, ni même rabbi- 
«ft A^ niques, peut à la rigueur se lire ainsi : 

• fa "ÎbH npn 'N NID 5 'N 'lu 

/p « Raoul d'Evreus * ou Iehan, son serviteur, 

**% [doit] 20 deniers... » 
jf m La lecture de la première ligne est à peu 

«^ près aisée, et le nom propre français Raoul 

^\ correspond bien à la mention latine ; mais 

c'est le seul point commun entre les deux 
textes. Le montant du prêt n'est pas le même 
dans les deux. 
Une seule chose est certaine, c'est que deux 
^t dates sont ici placées côte à côte, la semaine 

de la parascha Nasso et celle de Houhhat ; le 

rK qui précède peut signifier le premier jour 
de ces deux semaines, mais c'est peu vraisem- 
€ + blable. Nous croirons plus volontiers que cette 

lettre indiquerait un chiffre, une fraction de 

1 V. Solothurner Wochenblatt, 1827, p. 444. 

8 Ce nom de ville, écrit en vieux français Evreues, est 
transcrit en hébreu d'une dizaine de façons citées par 
Gross, Gdllia judaica, 38 ; la forme la plus voisine de la 
nôtre estl2J"n3iN, et se trouve dans un ms. d'Halber6tam. 



NOTES ET MELANGES 151 

la somme due. Dans ce cas, le ia qui précède serait l'abréviation 
de snsna « qui paiera ». Quant à la fin de la ligne, nous renonçons 
à vouloir le déchiffrer. 

3° Le troisième texte est double : il se compose, d'une part, de 
deux lignes horizontales, plus un 

mot; d'autre part, de deux petites , ^\ V? %AV «* 

lignes verticales. Appelons A la lh7*Y? \\%y 

partie horizontale, et B, la partie *^\ ^ W^V ' TO 
verticale, en notant tout de suite ^ /'P*#j' 

que B paraît une répétition d'A, f~\ 

sauf qu'au commencement de B il *# jP^ 

y a une lacune par suite d'un trou «* f^ 

de ver dans le ms. : la lacune va *5*^ 

du s à la première ligne, et à la % Lri>^ 

deuxième ligne il manque le mot ^k^rx 

hw, deuxième mot de la deuxième £^"" ,^, 

ligne dans A. Il nous semble pou- wt^SC 

voir lire ainsi ces mots : b$ 'm b # 

npin *i . . .nn« b*n fiï « 20 deniers 

sur ce livre et pour intérêts (?) de retard. . . » Après le mot dou- 
teux "im, il y a peut-être ovVïï, transcription fautive de solidos 1 , 
puis, « vendredi de la section HoiiKhat ». 

C'est M. Léopold Delisle qui a découvert ces lignes et, le pre- 
mier, les a signalées 2 . Il nous apprend qu'un certain Raoul avait 
possédé une Historia scolastica, mise en gage chez un juif. Ce 
ms. entra au xur 3 siècle, dans la bibliothèque de l'abbaye de Bon- 
port (Normandie), ainsi qu'il appert du Catalogue de ce couvent, 
d'où il passa à la Bibliothèque Nationale. Les religieux de l'abbaye 
avaient peut-être racheté ce volume du juif Vivant, à qui cette 
Histoire était engagée pour une somme de 1 livres et 16 sous, 
selon une note latine dudit ms. (f. 163). Quoique le nom de Vivant 
(= Hayyim)ait été porté souvent, il est assez probable, dit M. De- 
lisle, que, dans cette note, il s'agit de Vivant, juif de Guillaume le 
Maréchal établi àChambois, en faveur duquel Jean-sans-Terre 
adressa des lettres patentes, les 6 et 10 décembre 1201, à Durand 
du Pin et à tous les baillis royaux de Normandie 3 . C'est sans doute 
le juif Vivant, ou l'un de ses associés, qui a tracé les notes hé- 
braïques qu'on lit dans ce ms. 

En présence du seul prénom latin Radulphus, il n'était pas pos- 

1 Dans une note analogue publiée par la Revue (XXX, 293), tirée du ms. latin 
1444 de la bibliothèque Mazarine, ce mot est écrit OTlbî. 
» Cabinet des Mss., I, 537-8. 
3 Selon les Rotuli litterarum patentiwn , p. 3, col. 2; Delisle, ibid. 



152 REVUS DES ETUDES JUIVES 

sible de savoir de quel Raoul, à cette époque, il s'agissait ; mais 
maintenant, grâce au texte hébreu, on le sait. Ce Raoul, d'abord 
doyen, puis évoque d'Evreux, nous est connu par deux actes 
de Philippe-Auguste 1 . Le premier ou n° 687 du Catalogue des 
Actes de ce roi, publié par M. Léop. Delisle (p. 160), spécifie 
que Raoul, doyen, et le chapitre d'Evreux reconnaissent à quelles 
conditions le roi leur a concédé un emplacement de moulin, daté 
de Vernon, le 1 er novembre 1201. Le second acte, n° 2033 du dit 
Catalogue (p. 451) est daté du mois de février 1221 ; le chapitre 
d'Evreux, ayant choisi Raoul, son doyen, pour évêque, prie le roi 
de lui délivrer la Régale de l'évêché. C'est donc entre ces deux 
dates que se place le prêt en question ici. 

Nous avons demandé à M. le rabbin N. Porgôs son avis sur les 
précédents fac-similés, sans lui dire nos conjectures pour ne pas 
influer sur sa façon de lire. De la réponse qu'il a bien voulu nous 
adresser, nous extrayons les points sur lesquels nous différons 
d'avis, en motivant au fur et à mesure chacune des divergences. 
M. Porgès s'exprime ainsi : « ...Je lis : 'n . ..'-Vb'd . ..Van 
» 'b'a'n npn. Le premier mot est peut-être Raoul, sans que j'ose 
» l'affirmer, car on ne rencontre guère ce nom (écrit ainsi) à une 
» époque aussi reculée. » Rassurons notre correspondant : cette 
forme existait dès le xin* siècle' 2 . 

Puis, « je voudrais compléter ce qui est barré, le joindre au ib 
» de la deuxième ligne, de façon à donner le montant de l'intérêt, 
» quelque chose comme [nvnjia 'ib (pour quatre semaines). Peut- 
» être cependant, les deux lettres barrées 'd'd, que l'on trouve 
» souvent dans le Livre de commerce édité par Isidore Loeb 
» (Revue, IX, 195), font-elles allusion à une sorte de monnaie dé- 
» préciée, altérée [mmn]D [û'^'rcjjs, à mettre sans doute en corré- 
» lation avec les III l or Solidis minus de la note latine. » Mais la 
barre à notre avis, qui a donné au n l'aspect d'un D, et les deux 
lettres barrées ne sauraient se lire 'd'd, car on n'aurait pas dit 
80 deniers, mais quatre fois la valeur de 20 deniers, soit 4 sols 
(pas plus qu'aujourd'hui on n'inscrirait 80 sous, au lieu de 4 
francs). C'est si vrai que le prêt spécifié en latin dit » VIII libras 
IUI or solidis minus », 8 livres moins 4 sous, alors qu'on dit en 
français : « VII livres et 16 sous ». Il faut ajouter que le latin 
emploie le mot minus (moins), et non minoribus (moind re8 ). 

Quant à la fin du premier fac-similé, « les trois dernières lettres 

1 Les originaux sout au Trésor des Chartes, section Eaux et Forêts, n* 10, J 731, . 

Reg. 31, I. 42 5, n 9 121, et I, 116, J 347 ; ils ont été publiés par M, Delisle, dans 
son Cartulaire normand, p. 12, n" (il, et p. 42, n° 180. 

1 Voir entre autres, le Livre de la taille de Pans, p. 7, 22, 28, 35, etc. 



NOTES ET MELANGES 153 

» donnent l'année et peuvent être lues Vn 'ïi ». On a vu quel est 
notre sentiment à ce sujet. 

Sur le deuxième fac-similé (petit texte), M. Porgès dit : « La 
partie A se lit : 

ûr» 22 b* nin 'Ya « Partie B : hv b$ 
. avb 's'* *ra bsn n? npn 'i ûvb 'd 'b nrm 

npn'i 

« Dans la partie A, — si je lis bien, — lan — Rad du latin. En 
» tous cas, ces lettres donnent le nom du débiteur. Du reste, A et 
» B se confondent bien. » C'est en raison de cet accord parfait que 
nous ne partageons pas l'avis de notre savant collaborateur, et 
voici pourquoi : après le 5 initial qui est complet en A, nul doute 
en B n'est possible sur le mot 'FI « denier », et il est logique de 
trouver la désignation d'une monnaie après le chiffre 20. La tache 
d'encre, ou rature, qui suitb? en A, fait hésiter sur la succession 
des lignes ; mais, la comparaison avec B montre qu'il faut con- 
tinuer la lecture en A au mot îiî, premier de la ligne 2, ou dernier 
de la ligne 1 en B. — Le premier mot de la ligne 2 en B, ou troi- 
sième mot de cette ligne 2 en A, nous paraît être, non "iritt (qui 
n'aurait guère de sens ici), mais Tia « arrérages d'intérêt ». On 
expliquerait ainsi la grande différence des sommes entre la note 
latine et la note hébraïque. S'il s'agissait du « lendemain », 
comment justifier un accroissement de dette, fût-il seulement de 
's '* « 10 sols » ou petits deniers? 

Malgré tous ces doutes, ces textes ont une valeur paléogra- 
phique, car l'écriture est d'un type assez rare. 

Moïse Schwab. 



yersion hébraïque d'un ouvrage médical perdu 

Parmi les savants juifs du Midi au xiv e siècle, on remarque un 
certain Benjamin b. Isaac, deCarcassonne, connu seulement pour 
avoir traduit du latin en hébreu un ouvrage « sur la corruption de 
l'air et de la peste », du médecin Jean de Bourgogne. On est bien 
aise d'avoir cette version 1 , car il n'existe que des traces de l'ori- 

1 Ms. de la Bibliothèque nationale de Paris, fonds hébreu, n° 1191, fol. 141 b 
à 194 a. 



154 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ginal, écrit peut-être en français. Ce traité « de l'espidimie, en 
prose, en un cayer », formait le n° 852 de la Librairie da Louvre 
ou bibliothèque personnelle du roi de France Charles V. C'est sans 
doute, dit M. Léopold Delisle 1 , l'opuscule dont il y a une copie à 
la fin du ms. français 13323, sous le titre suivant : « Le traité que 
» les raaistres de medicine et les astronamiens de Paris firent de 
» la pestilence, que (isique appelle epydimie en l'an de l'incarna- 
d tion de N. S. MCCCXLVIII », ou peut-être encore l'opuscule 
composé en 1365 par maître Jean de Bourgogne, surnommé à la 
Barbe, professeur de médecine et citoyen de Liège-. 

Grâce à cette note, on pourra mieux déterminer qu'autrefois 
la date au moins approximative de l'œuvre hébraïque : le second 
opuscule de Jean étant de 1365, Benjamin a pu le traduire 
quelques années plus tard, vers 1370, année très heureusement 
supposée par Steinschneider, dans ses Hebràische Uebersetzun- 
gen (p. 804). Le médecin Jean avait dit dans la Préface que déjà 
en l'an 22(=?), lors d'une première épidémie, il avait composé 
un traité analogue. Ce chiffre p"sb a"3, dit Steinschneider 3 , ne peut 
correspondre à 5022 (= 126.), la peste noire étant de 1348. Tou- 
tefois, le texte du ms. hébreu n'est pas douteux, et Renan (ou plu- 
tôt son collaborateur) dit à tort* : o Par erreur, l'auteur du Catal. 
des mss. hébr. de Paris a lu n"D, au lieu de '3'::'p>= 1362 ». Non, 
la lecture est exacte ; c'est l'interprétaiton qui ne l'est pas. 

M. Schwab. 



ENCORE L'INSCRIPTION D'ARLES 1 



Le n° 417 des mss. de la Bibliothèque de Nimes 6 contient une 
traduction française anonyme des lettres intéressant la région 
sud-est de la France, de A year's jonmey through France and 
any part of Spain, by Philip Thickenesse, esq. ; London, 1778. 
Cette traduction a été faite, non pas sur le texfe anglais, mais sur 

1 Cabinet des Mss. de la B. N. t t. III (1891), p. 153, note 1. 

* Observations sur plusieurs mss. de la collection liarrois, par M. L. Delisle, p. 55. 

* Zeitschrift d. dent, morgenl. Gesellschaft, XXIX, 105 (non 175, qu'a, par erreur, 
{'Histoire littéraire). 

* Histoire littéraire de la France, XXVII, 628 et 752; XXXI, 723. 

5 Le second des huit textes de cette ville déjà analysés, Bévue, XL, 74-80. 

6 Catal. de ces mss., t. II. 



NOTES ET MÉLANGES 155 

la traduction allemande : Philipp Thichenesse's Reisen nach 
Franhreich u. einen Theil von Catalonien, Leipzig, 1778. Le 
texte anglais (lettre 36), ainsi que la traduction allemande 
(lettre 35), mentionnent l'inscription d'Arles : Chodesch Elul 
chamescheth lamed vav nischlamou bedihoth Schadaï, exacte- 
ment dans les mêmes termes que Seguin. Le texte anglais traduit : 
« I. e. the say : in the month of August, fi ve thousand and thirty- 
six, the Visitation of God ceased », et il ajoute : « Perhaps the 
plague had visited them. » La traduction allemande est littérale ; 
mais, chose singulière, la traduction française ms. que j'ai sous les 
yeux, au lieu de transcrire l'inscription en caractères latins, la 
transcrit en caractères hébreux et donne le texte que voici : 

[sic) ^îa -(avec d) hipns îsabu» -ibo {sic) bib* tznn 

et traduit : « Au mois d'août de 5000, c'est-à-dire 36, ont cessé les 
châtiments du Tout-Puissant. » L'auteur de la traduction fran- 
çaise, ou celui de la traduction de l'inscription hébraïque, paraît 
donc avoir lu nnpD, au lieu de mpm, puisqu'il traduit par « châ- 
timents ». En adoptant sa version, il faudrait rétablir ainsi l'ins- 
cription : 

■ni» rrnpD nttbrai 'Vb'o biba umn 

« Au mois d'Eloul [50] 96 (= 4 336), ont cessé les châtiments de 
Dieu. » 

De quelle calamité s'agit-il? Peut-être cette nouvelle piste con- 
duira-t-elle à la découvrir. 

Joseph Simon. 



BIBLIOGRAPHIE 



IIkrmann Strack. Dus Rlut îm Cîlaiibcn und Abergluubeii der Mensch- 

heit. Mit besonderer Berucksichtigung der « Volksniedizin » und des « jù- 
dischen Blutritus ». Fûnlte bis siebente Aullage. Munich, Beck, 1000; in-8 - 
de xn-208 p. 



En rendant compte ici-même, en 4 892 (Revue, p. 461-180), de la 
4 e édition de ce livre, qui était intitulée Der Blutaberglaube, je 
n'avais pas ménagé les témoignages d'estime à la vaste érudition 
de l'auteur, à l'exactitude toute philologique de ses citations, à l'es- 
prit d'équité et de bonne foi dont on trouve la preuve à chaque page. 
Mais j'avais exprimé le regret qu'un aussi riche magasin de maté- 
riaux fût présenté au public sous une forme aussi rébarbative, que 
la composition en fût défectueuse et le style dépourvu de tout at- 
trait. Éloges et réserves sont encore de mise aujourd'hui et peuvent 
se formuler dans les mêmes termes. M. Strack appartient décidément 
à une génération de savants aux yeux desquels l'élégance de la 
forme est chose méprisable, qui ne savent pas distinguer entre le 
nécessaire et l'accessoire et pour qui, semblerait-il, le rôle du texte 
et celui des notes n'a jamais été clairement défini. Il suffit, cepen- 
dant, de lire les chefs-d'œuvre récents de la philologie allemande, 
par exemple la Psyché d'Erwin Rohde, pour s'apercevoir que l'Alle- 
magne elle-même commence à sentir le prix des qualités de clarté et 
de bonne ordonnance dont elle a trop longtemps laissé le privilège 
aux livres français. Au moment où paraîtra cette courte notice, notre 
public sera en possession d'une traduction du livre de M. Strack, 
où, soit dit en passant, toutes les additions de l'édition nouvelle 
n'ont pu être introduites à temps. En revisant cette traduction, 
j'ai senti plus vivement encore qu'à la lecture de l'original combien des 
livres ainsi disposés et composés sont contraire à toutes les traditions 
littéraires, fondées, non sur le désir de plaire, mais sur la raison. Il 
a fallu ramener une masse de matériaux dans les notes, pratiquer des 
coupes sombres dans le texte, introduire des douzaines d'alinéas, 
enfin se livrer à toute une cuisine dont le résultat est encore loin 



BIBLIOGRAPHIE 157 

d'être satisfaisant, la traduction que j'étais amené à relire ayant mal- 
heureusement été faite mot pour mot, c'est-à-dire sans intelligence 
réelle du sujet. Qu'on ne vienne pas parler de la diversité de génie 
des deux langues : la clarté est chose internationale et ce n'est pas 
seulement à gauche du Rhin qu'il convient de mettre chaque chose 
à sa place. Si j'insiste ainsi sur le défaut capital et persistant de 
l'ouvrage de M. Strack', c'est en raison même de la haute estime 
qu'il m'inspire. Un pareil monument de patience et de conscience 
devrait trouver des milliers de lecteurs ; sera-t-il lu, ou seulement 
consulté ? 

La nouvelle édition contient beaucoup de faits nouveaux, ce qui 
explique qu'elle compte 208 p. au lieu de 155. Au point de vue de 
l'ordonnance, il n'y a qu'une modification, d'ailleurs heureuse : le 
chapitre sur les sacrifices humains, qui était le treizième dans l'édi- 
tion précédente, est devenu ici le second. En vérité, cette question 
n'est pas traitée par M. Strack, mais seulement esquissée, avec une 
grande richesse de bibliographie. Je mô demande seulement à qui 
cette masse de références peut servir. Ainsi la thèse de J. Beckers, De 
hostiis humanis apud Grœcos, est misérable ; pourquoi la citer ? A quoi 
bon citer les manuels d'Hermann et de Stengel qui, par cela seul 
que ce sont des manuels, ne font guère eux-mêmes que renvoyer à 
d'autres livres? Il est étrange que le sujet des sacrifices humains 
chez les Grecs et les Romains n'ait jamais encore fait l'objet d'une 
monographie satisfaisante ; c'est encore dans les SsaMer de Chwol- 
sohn (ouvrage non cité par M. Strack) qu'on trouve, àce sujet, le plus 
d'indications utiles. Mais il y en a beaucoup aussi, et d'une grande 
valeur — puisqu'elles sont éclairées par des rapprochements ethno- 
graphiques — dans les ouvrages de l'école anglaise que M. Strack 
paraît ignorer, en particulier dans le Golden Bough de Frazer et le 
Mytli ofPerseus de Hartland. Et ceci m'amène à exprimer encore un 
regret. M. Strack, qui a fini cependant par se procurer le Blood-Co- 
venunt de Trumbull (il aurait eu intérêt à connaître aussi le Thres- 
hold-Covenant du même auteur), traite de questions qui ressortissent 
du folklore dans une disposition d'esprit qui n'est pas celle des folk- 
loristes, mais des philologues classiques de la vieille école. Ainsi, 
l'on se persuade aujourd'hui de plus en plus que la civilisation hu- 
maine est fondée, en grande partie, sur le fait essentiel du tabou 
du sang. Le sang du clan étant tabou, il ne faut pas le verser, fût-ce 
en déflorant une vierge (d'où les coutumes exogomiques et l'hor- 
reur de l'inceste) ; mais précisément parce qu'il est tabou, c'est-à-dire 
« sacré » à Un point que nos langues sont impuissantes à exprimer, 
il peut servir, exceptionnellement, à des rites magiques, ayant pour 
objet d'infuser une dose de sainteté nouvelle à ceux qui craignent de 
n'en être point assez pourvus. Cette conception n'explique sans doute 
pas tous les rites sanguinaires, mais elle rend compte — comme 
l'ont montré Robertson Smith, Frazer et bien d'autres — des plus 
invétérés et des plus répandus de ces usages. Il n'y a pas un mot 



158 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de tout cela chez M. Strack, pas un mot non plus de l'origine du sa- 
crifice de communion, si brillament mise en lumière par Robertson 
Smith. Puisque j'ai l'occasion d'écrire ici de nouveau ce nom vénéré, 
je veux encore exprimer ma surprise qu'un homme de génie comme 
celui-là, digue de prendre rang parmi les plus grands savants de 
tous les âges, continue à être presque ignoré en Allemagne 1 , alors 
que Français et Belges lui ont déjà plusieurs fois rendu hommage. 
Si ce compte rendu a pour résultat de faire lire à M. Strack et à 
quelques autres théologiens allemands la Religion of the Sémites, je 
n'aurai certes pas perdu ma peine en le rédigeant. 

Dans la seconde partie du livre, consacré à l'infâme accusation du 
meurtre rituel, M. Strack s'est donné une peine extrême pour com- 
pléter, jusqu'à nos jours, la liste des prétendus « cas » dont aucun n'a 
pu encore être juridiquement établi. Mais là encore, quelle singulière 
méthode ! Si jamais un « cas » a provoqué de l'émotion dans le monde 
et mis les savants (M. Strack tout le premier) en campagne, c'est 
celui de Tisza-Eszlar en 1882. Or, que lisons-nous dans le livre qui 
nous occupe (p. 151) : 

1882. Esther Solymosi. Comparez d'une part, Onody Desportes, 212-243; 
d'autre part, P. Nathan, Le procès de Tisza-Eszlar. Berlin, 1892 (416 p.)- 

Et c'est tout ! La plus célèbre des causes célèbres est ainsi expédiée 
au moyen de références bibliographiques. M. Strack a pensé sans 
doute que, le livre de M. Nathan étant très bon, il suffisait d'y ren- 
voyer sans le résumer; mais ce qui est tolérable dans une leçon d'U- 
niversité, où l'on s'adresse à de jeunes rats de bibliothèques, ne l'est 
pas dans un ouvrage d'ensemble qui doit être lu et consulté ailleurs 
que dans des villes bien pourvues de livres. Les quelques lignes con- 
sacrées à l'affaire de l'enfant de la Guardia comportent une observa- 
tion analogue : citer Loeb, Lea (dont le travail à été réimprimé, 
Religions history of Spain,y. 437) et Fidel Fita n'équivaut vraiment 
pas, pour le lecteur non spécialiste, à un récit bref de ce qui s'est 
passé, suivi de la conclusion, désormais hors de doute, que l'enfant 
de la Guardia n'a jamais existé. 

Si, comme je l'espère, M. Strack est amené à donner une nouvelle 
édition de son livre — indispensable, malgré ses défauts, à toute bi- 
bliothèque sérieuse — je voudrais qu'il recherchât dans la revue an- 
glaise The Month (1897 à 1899) les traces d'une polémique curieuse, 
au sujet du meurtre rituel, entre jésuites anglais et jésuites français. 
A rencontre de ces derniers, les Anglais ont récemment nié que 
l'accusation du meurtre rituel eût un fondement quelconque et se 
sont autorisés, à cet effet, de témoignages explicites de quelques 
théologiens en renom de l'Angleterre catholique. Je me souviens 
d'avoir lu dans cette Revue un article du R.-P. Smith, jésuite, qui, 
tout en tressant quelques couronnes à M. Drumont, reprochait vive- 

1 Je note pourtant avec plaisir qu'une traduction allemande de Religion of the 
Sémites a paru l'an dernier avec une préface de M. Kautsch. 



BIBLIOGRAPHIE 159 

ment à ce personnage d'avoir contribué à répandre la légende ab- 
surde du meurtre rituel. 

La persistance de cette légende au xix e siècle, encore attestée ré- 
cemment par l'horrible affaire de Polna, prête sans doute à de mé- 
lancoliques réflexions ; mais, à y regarder de près, il n'y a là que 
l'effet particulier d'un caractère beaucoup trop méconnu du siècle 
qui finit, et que Vfichelet, presque seul parmi les grands écrivains, 
a apprécié à son importancer C'est la réaction des idées de moyen âge 
contre celles du xvjip siècle. Et cette réaction s'explique par les évé- 
nements politiques de la fin du xviii» siècle et du commencement 
du xix« : des couches sociales qui, auparavant, comptaient peu ou 
ne comptaient pas sont arrivées à exercer une influence presque 
prépondérante et ont apporté, dans l'atmosphère intellectuelle, des 
préjugés, des crédulités, des ignorances que l'on croyait déjà fos- 
siles, mais qui, en vérité, vivaient et se propageaient dans ces 
basses couches. La révolution du xvm e siècle n'a éclairé qu'une aris- 
tocratie intellectuelle ; il appartiendra au xx e siècle de reprendre 
son œuvre et d'en faire bénéficier cette fois petits et grands. 

Salomon Reinagh. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



Tome XL, p. 75-76. — Dans la 7 e des « anciennes inscriptions hébraïques 
d'Arles », analysées par M. Schwab, figure « un nom propre mal lu » par 
le copiste du xvu" siècle. Après le premier nom Maître Salomon, il faut 
lire, a notre avis, Û^tl '3, ben Hayyim. — Rich. Gottheil. 

T. XL, p. 95 et suiv. — Johann Tclemaco Estella, comme le nomme 
M. Schwab, ou, pour l'appeler de son nom véritable, Jean Tileman Stella 
de Téry et Morimont, n'est pas un inconnu. Il était petit-fils du célèbre 
mathématicien de ce nom et agent d'affaires du cardinal Richelieu. Le 
cardinal l'employait pour «des affaires d'Etat très importantes», comme 
il le dit lui-môme, et aussi pour acheter des livres he'breux. Dans ce 
but, il se mit en rapport avec Jean Buxtorf, de Bâle, et avec David 
Cohen de Lara, qu'il chargea tous les deux de lui procurer un exem- 
plaire du Talmud. Buxtorf n'en trouva pas, mais de Lara re'ussit à lui 
fournir plusieurs traités de l'édition de Lublin 1618-1628, à ce que je sup- 
pose, ou de celle de Cracovie 1602-1605. De Lara envoya à Stella de Téry 
et Morimont 20 exemplaires de son Ir David, dont il fait mention dans sa 
lettre du 6 mai 1641. Le 12 octobre 1641, pendant son séjour momentané à 
BDle, Stella écrivait à Buxtorf : « En attendant, j'envoie à mon honoré 
maître les deux exemplaires du Lcxicon hebraeo-barbaro de R. David 
Cohen- Je n'ai pas encore appris si les autres vingt exemplaires sont arrivés 
de Hambourg à Paris. » — Le Nomenclator ou lexique du Talmud que 
de Lara mentionne dans une de ses lettres et dont il envoya un spe'cimen 
à Buxtorf resta ine'dit, ainsi que le recueil de proverbes rabbiniques qu'il 
appelle TH NCO dans une lettre à Buxtorf, alors que dans une lettre à 
Stella de Tory il intitule ce môme ouvrage ^btDtt '0. L'ouvrage De Fragi- 
litate mentionné dans la lettre du 6 mai est l'opuscule De Fragilitate 
humana de Menasse ben Israël. Les mots « huit voyages de Benjamin de 
Tudèle » de la troisième lettre sont incompre'hensibles. Il n'est pas vraisem- 
blable que de Lara ait envoyé huit exemplaires des m^OE ; peut-être le 
traducteur aura-t-il lu m^073 'n, au lieu de mTDti '0 — Le livre de 
Méir Gabbaï a pour titre Abodat ha-Kodesch, et non pas A. ha-Hodesch. — 
Sur David Cohen de Lara, qui naquit à Hambourg, voir mon article dans 
l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber, 2° section, t. XLII, p. 119. Sur Jean 
Tileman Stella, voir lie vue, VIII, 84 s. et XIII, 269 s. — M. Kayserling. 

T. XL, p. 199. Le texte de la deuxième controverse a été édité par 
M. Jaré, d'après deux mss., sous le titre !"Hinï1 mTI^3 by ÎT1D1 (Li- 
vourne, 3876). — A. Marx. 

T. XL, p. 262, note 4. — û'mïl b^TO signifie « de tontes les rangées ». 
On sait que devant le chef de l'Académie en Babylonie il y avait sept 
rangées de docteurs. Il en était probablement de même en Palestine. ÏD'HT 
est le pluriel de &m ; cf. mn am dans la Lettre de Scherira, Neubauer, 
Anecdota Oxon., I, 41. — A. Epstein. 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 



DE 

L'ORIGINE DES PRIÈRES POUR LES MORTS 1 



Fustel de Goulanges, au débat de la Cité antique, a montré par 
des citations probantes qu'aux yeux des Grecs, des Romains et 
des Indous les morts étaient des dieux à qui leurs descendants 
rendaient des devoirs et dont ils imploraient l'assistance dans 
leurs prières. Il suffit de rappeler ici l'invocation qu'Electre, dans 
les Choéphores d'Eschyle, adresse à son père Agamemnon, 
couché dans la tombe * : 

« Je t'implore, ô mon père ! Prends pitié de moi, de mon Oreste 
chéri, fais-le revenir en cette contrée. Aujourd'hui nous sommes 
errants, trahis par celle qui nous a mis au monde et qui pour 
époux a pris à ta place Égisthe, le complice de ta mort. Moi, je 
compte ici comme une esclave; Oreste a été chassé de ses biens, 
il vit dans l'exil ; mais eux, au sein des plaisirs, ils jouissent inso- 
lemment du fruit de tes travaux. Fais, je t'en supplie, qu'Oreste 
revienne triomphant en ces lieux. É:oute aussi, ô mon père ! mes 
vœux pour moi : donne-moi un cœur plus chaste que celui de ma 
mère, des mains plus pures ! » 

Cet exemple prouve suffisamment que les anciens priaient les 
morts, parce que les morts, dans leur opinion, étaient des dieux 
familiers. 

Le culte rendu par les païens à leurs morts, qu'ils aient été gens 
de bien ou non, leur est vivement reproché par saint Augustin, 
qui fait ressortir, par contraste, les honneurs discrets dont les 
chrétiens entourent leurs martyrs : 

« Nous n'avons, en l'honneur des martyrs, ni temples , ni 
prêtres, ni cérémonies, ni sacrifices, parce qu'ils ne sont pas des 
dieux pour nous et que nous n'avons pas d'autre Dieu que leur 

1 Une courte esquisse de ce mémoire a paru dans la Strena Helbigiana, Leipzig, 
1900, p. 245-247. 
i Eschyle, Choéph., v. 122-145 (irad. Pierron, p. 243). 

T. XLI, N° 82, 11 



162 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Dieu. Il est vrai que nous honorons leurs tombeaux comme ceux 
de fidèles serviteurs de Dieu. . . Mais qui d'entre les fidèles a ja- 
mais entendu un prêtre, debout devant l'autel consacré à Dieu 
sur les saintes reliques des martyrs, dire dans ses prières : 
« Pierre, Paul, ou Cyprien, je vous offre ce sacrifice? » — car ce 
sacrifice, offert sur le tombeau des martyrs, ne l'est qu'à Dieu 
seul, à ce Dieu qui les a faits hommes et martyrs et les a associés 
à la gloire céleste de ses anges ' . » 

Saint Augustin a raison de nier que les chrétiens offrent des sa- 
crifices aux martyrs; la messe célébrée sur leurs tombes, de- 
puis la fin du 11 e siècle, avait un tout autre caractère. Mais, dans 
ce passage, il ne parle pas des prières, car il sait que les chré- 
tiens adressent aux saints, considérés comme intercesseurs et mé- 
diateurs, les mêmes prières que les païens à leurs morts. Le culte 
des saints présente, à cet égard, d'étroites analogies avec le culte 
gréco-romain des morts ; seulement, dans les religions modernes, 
les seuls morts auxquels on adresse des prières sont les saints. . 

L'idée de l'intercession des morts héroïsés est étrangère au pa- 
ganisme ; mais l'opinion que des hommes particulièrement 
agréables à Dieu peuvent intercéder efficacement auprès de lui en 
faveur de leurs semblables se rencontre déjà dans l'Ancien Testa- 
ment 2 . Ainsi, dans la Genèse (xvm, 23), Abraham, instruit par les 
anges de la destruction prochaine de Sodome, prie l'Éternel de 
pardonner aux justes, de ne pas les faire périr avec les méchants. 
Dans Jérémie (xv, 1), l'Éternel lui-même dit au prophète qu'il 
ne se laisserait fléchir, dans sa juste colère, ni par Moïse, 
ni par Samuel : « Quand Moïse et Samuel se tiendraient de- 
vant moi, je n'aurais pourtant point d'affection pour ce peuple ; 
chasse-le de devant ma face. » Ce passage est très important, 
car, ici, il s'agit évidemment de Moïse et de Samuel conçus comme 
des morts héroïsés, comme des saints ayant accès au trône de 

l'Éternel. 

Ainsi l'Ancien Testament connaît l'intercession, il en admet la 
possibilité et l'efficacité : ce qu'on n'y rencontre point et ce qui est, 
au contraire, très fréquent dans le christianisme dès les premiers 
siècles, c'est qu'un vivant s'adresse à un mort illustre pour le prier 
d'intercéder pour lui auprès de Dieu. La prière des Hébreux monte 
directement vers l'Éternel ; celle des chrétiens réclame souvent un 
ambassadeur. 

Dans son traité De Corona, datant de l'an 200 environ, Tertul- 

1 Saint Augustin, La Cité de Dieu, VI, 27. 

* Des exemples, qui sont lom d'être tous explicites, sont cités au chap. vu du 

4° Esdras. 



DE L'ORIGINE DES PRIERES POUR LES MORTS 163 

lien énumère différentes pratiques chrétiennes qui ne peuvent 
s'appuyer sur aucun texte des Écritures 1 . L'une d'elles consiste 
dans les offrandes pour les morts, oblationes pro defunctis. 
« Certes, dit-il, cela n'est point prescrit par la loi écrite; mais la 
» tradition l'autorise, l'usage le confirme et la foi l'observe. La 
» raison vient à l'appui de la tradition, de l'usage et de la foi ; si 
» vous ne vous en assurez pas de vous-même, un autre, qui s'en 
» sera assuré, vous l'apprendra. » Cette phrase nous révèle plu- 
sieurs choses en peu de mots. La première, c'est que la pieuse cou- 
tume des offrandes pour les morts — Tertullien ne dit malheu- 
reusement pas en quoi elles consistent — était en vigueur dans les 
communautés chrétiennes, au 11 e siècle après J.-C. 2 ; la seconde, 
c'est qu'elle avait déjà suscité des objections de la part de ceux 
qui s'en tenaient volontiers à la lettre de la Loi et réclamaient 
des textes pour justifier les pratiques ; la troisième, c'est que Ter- 
tullien n'a pas de textes à citer, mais invoque, contre la tradition, 
la raison, ratio, dont les pasteurs des fidèles sont les interprètes 
autorisés. 

Le même auteur, en son traité de Monogamia *, parle d'une 
veuve qui prie pour Fâme de son mari, qui demande pour lui la 
béatitude, qui exprime l'espoir d'être réunie à lui dans la première 
résurrection et fait des oblations aux anniversaires de sa mort. 
Ces pratiques fournissent à Tertullien un argument contre les 
secondes noces. Car si un veuf s'est remarié, dit-il, il aura deux 
femmes, l'une en chair, l'autre en esprit ; ne priera-t-il pas pour 
Târne de la première, ne fera-t-il pas des oblations pour son salut 4 ? 
Donc, au jugement de Dieu, il aura commis le crime de bigamie. 
— On sait que l'Église, sur ce point comme sur d'autres, n'a pas 
admis la doctrine rigoureuse de Tertullien. 

L'évêque Aerius, vers 355, et le prêtre Vigilantius, vers 400, 
combattirent l'usage des prières pour les morts et l'appel à l'inter- 
cession des saints. Je ne m'occuperai pas ici de ces controverses, 
qui se sont perpétuées jusqu'à nos jours 5 . Les Réformateurs du 
xvi e siècle, après les hérétiques du xn e , reprirent la thèse de 

1 Tertullien, De Corona, IV. 

s II y a sans doute une allusion à la prière pour les morts dans l'épitaphe 
d'Abercius, découverte en Phrygie, qui est antérieure à l'an 216 (cf. H. Marucchi, 
Eléments d 'archéol. chrétienne, t. I, p. 296). Je continue à ne pas bien comprendre 
ce texte, mais je n'admets plus la théorie trop ingénieuse qu'a mise en avant 
M. Dieterich pour en démontrer le caractère païen (cl. Revue Crit., 14 dé- 
cembre 1896). 

3 Tertullien, De Monogamia, X. 

* Tertullien, De exhort. Castit., XI. 

5 Pour le IV e et le v e siècle, on trouve des citations nombreuses dans l'article de 
M. Isr. Lévisur la commémoration des âmes (Revue, 1894, t. XXIX, p. 55-56). 



, M REVUE DES ETUDES JUIVES 

Vi-Mlantius et la firent triompher dans les pays protestants; en 
revanche, les prières pour les morts sont restées en honneur dans 
les pays catholiques, ainsi que dans l'Eglise grecque orthodoxe et 
chez les Juifs'. • 

Donc, les païens priaient les morts, tandis que les Chrétiens 
prient pour les morts. Aux yeux des premiers, les morts 
étaient des dieux, tout au moins des demi-dieux ou des héros; 
aux yeux des seconds, les morts se trouvent dans une situation 
précaire, dangereuse; ils ont hesoin des prières que les survi- 
vants adressent à Dieu pour leur salut, des honnes œuvres par 
lesquelles on espère leur concilier la miséricorde divine. L on ne 
doit pas négliger de prier même pour les personnes quon a ju- 
gées les plus vertueuses; ainsi, plus de quinze ans après la mort 
de sa sainte mère Monique, saint Augustin nous apprend qu il 
priait encore pour elle*. , 

Un contraste si frappant entre deux conceptions relig.euses est 
bien digne de préoccuper les historiens. Il ne faut pas reserver 
l'étude de pareils problèmes aux théologiens, car notre tache est 
toute différente de la leur. Ils se proposent de combattre ou de dé- 
fendre une opinion ; nous devons chercher seulement à en démêler 
l'origine, sans préoccupation dogmatique, mais avec la conviction 
que la genèse des idées, comme celle des corps, obéit a la loi de 
l'évolution et que le monde intellectuel, comme le monde phy- 
sique, est dominé par la loi de continuité. 

Il y a d'abord, un fait incontestable, reconnu, dès 1 an 200, par 
Tertullien : ni l'Ancienne Loi ni la Nouvelle, ni la Bible, m les 
Évangiles, ne prescrivent ni ne mentionnent les prières pour les 
morts" Les récits de la mort de Lazare, non plus que ceux de la 
mort de Jésus lui-môme, n'y font aucune allusion. S. les saintes 
femmes vont au sépulcre, c'est pour y apporter des parfums , 
non pour prier ; selon Matthieu \ elles viennent simplement « pour 
voir le sépulcre ». D'ailleurs, tous les controversistes sont 
d'accord sur ce point ; les opinions ne diffèrent qu'au sujet de 
l'origine et de l'autorité de la tradition invoquée par Tertullien. 

Bossuet, qui, dans ses discussions avec les docteurs protestants, 
a plusieurs fois abordé la question de la prière pour les morts, 

. La preuve que celte pratique est indépendante de la croyance au ^rg«loire cesi 

nue les Grecs orllioloxes, qui n'admettent pas le Purgatoire, prient cependant pour 

s mor.Ï Ct. C ^ 1898, p. 156. En ce qui touche la . commemo- 

ration des âmes . chez les Juifs du moyen âge, voir l'étude déjà citée do M. Isr. W«. 

Bemu, 1894, t. XX.1X, p. 44 et suiv. 

• Saint Augustin, Confett., IX, 13. 

» Luc, xxiv, 1 ; Marc, XVI, t. 

» Mutin., «vin, 10. 



DE L'ORIGINE DES PRIÈRES POUR LES MORTS 165 

va nous fournir le type de l'argumentation catholique. Malgré le 
silence de la Bible — à un passage près — - et des Évangiles, il 
cherche dans le plus ancien fonds de la religion juive l'origine de 
cette coutume si vite et si généralement acceptée f . 

Deux protestants, MM. de la Roque et Blondel, avaient affirmé 
que la prière pour les morts était restée inconnue des Juifs jus- 
qu'au temps de leur docteur Akiba, qui vivait sous Hadrien, et 
que les chrétiens l'avaient empruntée non aux Juifs, mais aux 
Livres Sibyllins, forgés par un imposteur sous le règne d'Antonin 
le Pieux. A quoi Bossuet répond : 1° Que rien, dans le discours 
d'Akiba, ne marque que la prière pour les morts fût chose nou- 
velle ; 2° Qn'on la trouve, avant l'Évangile, dans le second livre 
des Macchabées. 

Il faut nous arrêter un instant sur ces deux témoignages, en pré- 
ciser la signification et la date. 

Voici la tradition relative à Akiba, telle que Bossuet l'a expo- 
sée d'après une traduction latine 2 : 

« Un jour, Rabbi Akiba se promenant rencontra un homme 
» chargé de bois ; et le fardeau était si pesant qu'il excédait la 
» charge d'un âne ou d'un cheval. Rabbi Akiba lui demanda s'il 
» était un homme ou un spectre; l'autre répondit qu'il était un 
» homme mort depuis quelque temps et qu'il était obligé de porter 
» tous les jours une pareille charge de bois en Purgatoire 3 , où il 
» était brûlé à cause des péchés qu'il avait commis en ce monde. 
» Rabbi Akiba lui demanda s'il n'avait point laissé d'enfants, le 
» nom de sa femme, de ses enfants et le lieu de leur demeure. 
» Après que le spectre eut répondu à toutes ces questions, Rabbi 
» Akiba alla chercher le fils du défunt, lui apprit la prière qui 
» commence par le mot Kadisch, c'est-à-dire saint, et qui se 
» trouve dans les rituels des Juifs, lui promettant que son père 
» serait délivré du Purgatoire s'il la récitait tous les jours. Au 
» bout de quelque temps, le défunt apparut en songe à Rabbi 
» Akiba, le remercia et lui dit que par ce moyen il avait été dé- 
» livré du Purgatoire et qu'il était dans le jardin d'Éden, c'est-à- 
» dire (ajoute Bossuet) dans le Paradis terrestre, où les Juifs sup- 
» posent que vont les âmes de leurs bienheureux 4 . » 

1 Bossuet, Défense de la tradition, éd. de 1846, t. VIII, p. 301. 

2 Bossuet cite t la Ge'mara du Talmud, au traité Calla «.Cette indication est exacte; 
ci. Hamburger, Real. Encyklop. fur Talmud; art. Kaddisch, p. 607. Mais ce traité 
ne fait pas partie du Talmud. — Pour les passages des talmudistes qui impliquent 
l'idée de l'intercession des vivants en faveurs des morts, je renvoie à l'article de 
M. Isr. Lévi dans cette Revue, 1894, t. XXIX, p. 51. 

3 M. Isr. Lévi veut bien m'apprGndre que celte expression n'est pas dans l'hébreu. 

4 Ibid., t. XII, p. 221-222. 



106 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Bossuet a raison de dire que cette histoire rfattribue pas à 
Akiba l'institution de la prière pour les morts, mais seulement 
l'emploi d'une certaine prière efficace pour la délivrance des 
âmes. Mais Bossuet a tort de ne pas avertir que la légende citée 
par lui date du moyen âge seulement et qu'il n'en est pas fait 
mention dans les témoignages anciens et autorisés que nous pos- 
sédons sur Akiba. Il a tort également de prétendre que la prière 
pour les morts « est constamment en usage, de temps immémo- 
rial, dans toutes les synagogues » ; c'est là une assertion gratuite 
et que le silence des livres bibliques suffit à réfuter. 

Arrivons à l'autre argument fondé sur un passage du second 
livre des Macchabées. Ce livre a été rejeté du canon biblique par 
les Juifs et n'a pas été admis sans difficulté par l'Église chrétienne. 
Vers 350, le concile de Laodicée l'écarta, tandis que le troisième 
concile de Cartilage l'accepta en 397. En 494, le concile de Rome, 
sous le pape Gélase, reçut les deux premiers livres des Macchabées 
dans le canon ; mais les Bibles protestantes les en ont exclus jusqu'à 
ce jour. « Il ne sert de rien de dire, observe Bossuet, que ce livre 
» n'est pas canonique, car il suffit qu'il soit non seulement plus 
» ancien qu'Akiba, mais encore que l'Évangile 1 . » Assurément; 
encore convient-il d'en peser l'autorité et de savoir si les doctrines 
qu'on y rencontre peuvent passer, comme Bossuet semble le 
croire, pour celles de toute la Synagogue pré-chrétienne. 

M. B. Niese paraît avoir établi, cette année même, à rencontre 
de certains hypercritiques, que le second livre des Macchabées, 
dont l'autorité historique n'est pas méprisable, date de l'an 124 av. 
J.-C. ; il a dû être rédigé en Egypte par un Juif appartenant à la 
secte des Pharisiens 2 . L'auteur lui-même dit qu'il résume l'ouvrage 
en cinq livres d'un autre Juif hellénisé d'Afrique, Jason de Cyrène 3 . 
Ce dernier a dû écrire vingt ans au moins après les événements 
qu'il raconte, non sans y mêler déjà des fables, et qui se placent 
entre 175 et 160 av. J.-C. 4 Mais si l'ouvrage que nous possédons 
est assez ancien, il n'a commencé que fort tard à exercer quelque 
influence sur la pensée juive. Le premier écrivain qui paraisse 
l'avoir connu est le juif égyptien Philon, lequel était âgé de trente 
ans environ lors de la naissance de Jésus. Josèphe, né l'an 37 de 
l'ère chrétienne, ne le connaît pas (du moins directement) et il 
ne s'en trouve aucune citation ni dans les Évangiles, ni dans les 

1 Bossuet, Œuvres, éd. de 1846, t. VIII, p. 301. 

* B. Niese, Kritik der beiden Makhabâerbûchcr, Berlin, 1900 (extr. de V Hermès, 
t. XXXV, p. 268, 453). 
» II Macch., 2, 23 ; cf. 2, 26, 28. 
k Schurer, Gesch. des jûdischen Volkes, t. II, p. 740. 



DE L'ORIGINE DES PRIÈRES POUR LES MORTS 167 

Actes, ni dans les Épitres authentiques. La première allusion à 
ce livre, dans la littérature chrétienne, se lit clans l'Épitre aux 
Hébreux, où l'on s'accorde à reconnaître l'œuvre d'un Paulinien 
d'Alexandrie, qui vivait vers l'an 80 de l'ère chrétienne 1 . Tous 
ces témoignages, remarquons-le, nous ramènent à l'Egypte et, 
en particulier, à Alexandrie. On ne se trompe donc guère en ad- 
mettant que l'opuscule en question-reflète, dans sa partie dogma- 
tique, non pas l'opinion générale du judaïsme, mais celle d'un 
petit cercle judéo-alexandrin. 

Le second livre des Macchabées raconte 2 que les soldats de 
Judas avaient dépouillé les cadavres de quelques-uns de leurs 
compagnons, tombés dans un combat contre Gorgias, gouverneur 
de Tldumée. Sous leurs tuniques, ils découvrirent des amulettes, 
choses interdites aux Juifs par la Loi. Alors Judas « pria pour 
que cette transgression fût effacée » et envoya à Jérusalem 
2,000 drachmes pour les employer à un sacrifice expiatoire. 
L'auteur du récit ajoute : « C'était une belle et louable action, en 
ce qu'il songeait à la résurrection; car s'il n'avait pas espéré que 
ceux qui avaient été tués ressusciteraient, il aurait été superflu et 
ridicule de prier pour les morts 3 . » 

Ce commentaire est évidemment tendancieux : c'est l'œuvre 
d'un homme qui croit'à la résurrection, à l'efficacité des prières 
pour les morts et qui veut prouver que Judas Macchabée profes- 
sait la même opinion. Mais l'argument qu'il allègue ne vaut rien 4 . 
Chez tous les peuples, la violation d'une loi religieuse par quelques- 
uns a été considérée comme dangereuse pour la communauté tout 
entière, comme exigeant une expiation ou une purification. Judas 
prie l'Éternel de pardonner à quelques soldats juifs un acte d'idolâ- 
trie et fait offrir un sacrifice afin de détourner de son armée la co- 
lère divine. Le sort de ses soldats dans l'autre monde ne l'occupe 
pas. Donc, cette histoire ne prouve point ce que l'auteur du résumé 
a cru y voir et prouve môme exactement le contraire — à savoir 
que vers 170 av. J.-C, époque de Judas Macchabée, on ne croyait 
en Palestine ni à la résurrection, ni à l'efficacité des prières pour 
les morts. Car si ces croyances avaient existé alors, notre ano- 
nyme n'en eût pas été réduit à une induction absurde pour en 
établir l'antiquité et les placer sous un illustre patronage. 

1 G. Kriiger, Gesck. der altchristl. Literatur, 1895, p. 11 ; A. Harnack, Die Chro- 
nologie, 1897, p. 479. 
» Macchab., II, 12, 43. 

3 Trad. Reuss, p. 192. 

4 Cette opinion est partagée par M. -Israël Lévi, Revue des Etudes juives, 1894, 
t. XXIX, p. 49. ' , ' 



108 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Bossuet n'a pas compris cela. « L'action do Judas, dit-il, Tait 
» voir qu'il *Uait dès lors établi, parmi les Juifs, qu'il restait une 
» expiation et des sacrifices pour Les morts*. » Beaucoup de com- 
mentateurs ont commis la même erreur, depuis Origène qui, le 
premier, a insisté sur ce passage au point de vue de la doctrine 
de l'intercession. La seule conclusion qu'il soit permis d'en tirer 
est que les Juifs du temps de Judas Macchabée ne croyaient pas 
encore à l'eflicacité des prières pour les morts, mais que, du 
temps du rédacteur de notre livre, vers L'an 120 av. J.-C., il y 
avait parmi eux une secte religieuse qui y croyait, non sans se 
heurter à l'opposition des autres. Cette secte devait être phari- 
sienne, puisque les Pharisiens, au témoignage de Josèphe, admet- 
taient la résurrection, alors que les Sadducéens la niaient 2 . Or, 
le plus ancien texte biblique où ridée de la résurrection soit clai- 
rement exprimée se trouve dans le livre de Daniel 3 , qu'on est 
maintenant d'accord pour placer à l'époque macchabéenne. vers 
Pan 165 av. J.-G. Il est évident que l'idée de la résurrection a dû 
d'abord gagner du terrain et se préciser avant que l'on songeât 
aux devoirs qu'imposait aux vivants la comparution plus ou 
moins lointaine des morts devant la justice divine. En somme, 
tout concorde à prouver que la coutume de prier pour les morts 
s'est introduite au premier siècle avant notre ère, dans certaines 
communautés juives, en particulier dans celles de l'Egypte, aux- 
quelles appartenait le rédacteur du second livre des Macchabées. 
Elle n'avait pas encore trouvé d'accueil en Palestine à l'époque de 
l'enseignement de Jésus, qui n'en parle jamais, bien qu'il soit très 
affirmatif sur la vie future et le jugement des âmes suivant leurs 
mérites. En Egypte même, où l'on en suit la trace, les résistances 
et les hésitations durent être nombreuses 4 . Rien ne prouve qu'à 
l'époque d'Akiba, vers 130 ap. J.-C., cette doctrine eût pénétré 
dans le rituel des synagogues ; mais rien non plus ne nous 
défend de l'admettre. C'est alors aussi, sans doute, qu'elle fut 
adoptée par les communautés chrétiennes naissantes, de sorte que 
Tertullien, en l'an 200, put en parler comme d'un usage établi. 

« Bossuet, éd. de 1846, t. VIII, p. 301. 

* Cf. Schurer, op. laud., t. II, p. 46(1. 
5 Daniel, xn, 2; cf. Schurer, ibid. 

* Dans le IV e Esdras, qui date probablement de 07 ap. J.-C. et qui est l'œuvre 
d'un juif alexandrin, la doctrine de l'intercession est mentionnée comme unenouveaute 
théotogique mal définie. . Seigneur, dit Esdras a l'ange, au jour du jugement, les 
justes pourront-ils intercéder pour les pécheurs aux yeux du lres-llaut . lit 
l'ange répond : - 11 n'y aura personne qui rejette son fardeau sur son semblable, 
car chacun subira ce qu'il mérite et sera responsable de ses actions. » (Trad. Basset, 
p. 04.) 



DE L'ORIGINE DES PRIERES POUR LES MORTS 169 

Ainsi Bossuet a eu raison de dire que la coutume de prier pour 
les morts a été transmise par la Synagogue à l'Église, bien qu'il 
se soit étrangement abusé sur l'ancienneté de cet usage et sur 
son universalité parmi les Juifs. Mais nous ne pouvons nous en te- 
nir à ce résultat. Nous devons nous demander comment l'idée de 
l'intercession des vivants pour les morts a pénétré dans la pensée 
juive au premier siècle avant notre ère, pour se répandre de là 
dans toutes les églises chrétiennes jusqu'à la Réforme. 

Comme le livre II des Macchabées est l'œuvre d'un Juif d'Alexan- 
drie, que les deux premiers auteurs qui le citent sont des Juifs 
alexandrins, il est naturel que nos regards se tournent d'abord 
vers l'Egypte — non pas vers la vieille Egypte des Pharaons con- 
temporains d'Abraham, mais vers l'Egypte hellénisée où les Juifs 
alexandrins ont vécu et dont ils ont subi l'influence. 

Or, nous possédons, à ce sujet, un texte très important de Dio- 
dore de Sicile, qui visita l'Egypte vers l'an 50 av. J.-G. l « Au mo- 
ment, dit-il, où la caisse qui contient le mort est placée sur la 
barque, les survivants invoquent les dieux infernaux et les sup- 
plient de V admettre dans la demeure réservée aux hommes pieux. 
La foule y joint ses acclamations accompagnées de vœux pour que 
le défunt jouisse dans VHadès de la vie éternelle, dans la société 
des bons. » Ce texte peut être rapproché de certaines prières 
qui font partie des rituels égyptiens et qui avaient pour but 
d'aider le mort dans son voyage vers le séjour des bienheu- 
reux 2 . « C'est le moment solennel, écrit M. Maspero, celui où le 
mort, quittant la ville où il a vécu, commence le voyage d'outre- 
tombe. La multitude assemblée sur les berges le salue de ses sou- 
haits : « Puisses-tu aborder en paix à l'Occident de Thèbes ! — 
En paix, en paix vers Abydos ! — Descends en paix vers Abydos, 
vers la mer de l'Ouest 3 ! » Si les textes égyptiens, du moins à ma 
connaissance, n'offrent pas l'équivalent exact de la prière rap- 
portée par Diodore, le dire de cet historien, témoin oculaire, n'en 
est pas moins très digne de foi. Il est d'ailleurs confirmé par toute 
une série d'épitaphes grecques d'Egypte, de l'époque impériale, 
mais païennes, où l'on trouve des formules comme celles-ci : « Sé- 
rapis ! donne-lui la victoire sur ses ennemis ! » (il s'agit des enne- 
mis que le mort pouvait rencontrer dans son voyage vers le pays 
de félicité). — « Fais-lui bon accueil, seigneur Sérapis 4 ! » M. Re- 
villout, qui s'est occupé de ces textes, a fort justement remarqué 

1 Diodore, I, 91 (irad. Hœfer, p. 107). 

2 Révillout, Revue Cgyptologique, 1885, p. 42. 

3 Maspero, Lectures historiques, p. 149. 
k Corpus inscr. grœc,, 4710, 4712 e. 



170 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

que, dans les épitaphes chrétiennes de l'Egypte, les prières des sur- 
vivants pour les morts sont beaucoup plus fréquentes que dans les 
épitaphes contemporaines des autres pays, comme si les chrétiens 
de la vallée du Nil avaient subi, à l'exemple des Juifs, ou par leur 
entremise, l'influence des traditions religieuses indigènes. Là où 
M. Révillout paraît faire erreur, c'est lorsqu'il écrit à ce propos * : 
« Les prières pour les morts. . . n'apparaissent chez les Juifs que 
lors de leurs grandes luttes avec les rois de Syrie sous les Mac- 
chabées et peut-être par une influence égyptienne. Il ne faut pas 
oublier, en effet, qu'à cette époque, les Ptolémées étaient certaine- 
ment les appuis secrets des Juifs contre les Séleucides, comme les 
Pharaons l'avaient été autrefois contre les gouverneurs assyriens. » 
J'estime, pour ma part, que les prières en questionne paraissent, 
chez les Juifs, qu'un demi-siècle environ après les Macchabées et 
que l'influence exercée à cet égard par l'Egypte est simplement 
due à l'existence d'une nombreuse colonie juive dans ce pays. La 
politique des Lagides n'y fut pour rien. A l'époque de la prédi- 
cation de Jésus, Philon estimait qu'il y avait un million de Juifs en 
l>ypte (contre 180,000 en Asie Mineure et 8,000 à Rome) et il nous 
apprend qu'ils peuplaient, à Alexandrie, deux quartiers sur cinq K 
Kien de surprenant à ce qu'une agglomération juive aussi consi- 
dérable ait rayonné au dehors et que ses idées, influencées par 
les spéculations gréco-égyptiennes, se soient répandues non seu- 
lement en Svrie, mais dans d'autres parties du monde hellénique. 
Je crois trouver une trace de cette propagande à Connthe, ville 
dont les relations commerciales avec Alexandrie étaient conti- 
nuelles et qui possédait une colonie juive importante. Saint Paul 
y constate l'usage de se faire baptiser pour les morts, c'est-a-dire 
afin d'assurer aux morts non baptisés le salut éternel 3 - pratique 
d'intercession qui rentre dans l'ordre de celles indiquées au se- 
cond livre des Macchabées. Ce baptême n'était d'ailleurs pas le 
baptême chrétien, mais celui que subissaient les Prosélytes*, 
Grecs qui se convertissaient au judaïsme et qui préparaient ainsi 
le terrain à la formation des communautés chrétiennes \ 

Comme conclusion de ce qui précède, nous pouvons admettre 
l'origine égyptienne de la prière pour les morts. Mais le chnstia- 

' Revue Snyptnl, 1885, p. 45. 

■ Phil., fajfai. 6 et 8. Cf. Th. Reinach, art. /rttf, dans le Dtct. des antxq . 
de SagUo, p. ( 22. 

3 Pau\, Epist. 1. Cor., 15, 29. 

« Schûrer, op. laud., II, p. 569. ..-■■#■ 

. Discuter en détail le baptême pour les morts m'entraînerait ^P/^-^f 6 '"^ 
marquer seulement qu'Épiphane attribue cette pratique (que samt Paul ne blâme 
pas) aux Cérintbiens ; or, Cérinthc paraît avoir été un Juit d bgyple. 



DE L'ORIGINE DES PRIERES POUR LES MORTS 171 

nisme s'est développé dans le monde hellénique plutôt qu'en 
Egypte et l'on a le droit de se demander si, dans ce monde même, 
il ne trouva pas certaines idées analogues qui purent favoriser 
l'éclosion de sa doctrine sur l'efficacité des prières pour les 
morts. 

Nous avons dit, en commençant, que l'antiquité classique igno- 
rait ces prières, parce que le mort, aux yeux des Grecs et des Ro- 
mains, était un dieu. Toutefois, à côté de cette conception primi- 
tive, on en constate une autre, qui se rapproche bien davantage de 
celle des modernes. Les morts sont soumis à un jugement, en rai- 
son delà conduite qu'ils ont tenue pendant leur vie ; les uns sont en- 
voyés ensuite aux Champs Élysées, séjour des bienheureux ; les 
autres sont précipités dans le Tartare. Il est même question, dans le 
VI e livre de Y Enéide, du Purgatoire et des Limbes, conceptions 
qui ont passé dans l'eschatologie chrétienne et y tiennent encore 
une grande place. Évidemment, entre cette manière de voir et 
celle que Fustel a retrouvée au fond des religions de la Grèce et de 
Rome, il y a incompatibilité absolue. Au lieu d'être un dieu ou un 
demi-dieu, le mort est un prévenu, menacé de peines plus ou 
moins longues, qui doit se justifier ou se purifier par la souffrance 
avant d'être admis dans le cercle des élus ; là même, il ne sera 
qu'un mort privilégié, non un dieu, bien différent de cet Aga- 
memnon d'Eschyle, auquel Electre demande, dans une prière, non 
seulement la réussite de ses projets, mais la vertu. 

Il est remarquable que la même dualité d'opinions se constate 
en Egypte, en Italie et en Gaule ; dans ces trois pays, comme en 
Grèce, le mort est censé tantôt habiter sa tombe, où il reçoit des 
hommages et rend même des oracles, tantôt émigrer vers une ré- 
gion lointaine, au prix d'un voyage semé de fatigues et de dan- 
gers. De ces deux conceptions, en Grèce du moins, la première 
paraît être celle de la religion officielle — la seconde, celle de la 
religion populaire. Avec le temps, la religion officielle dépérit, 
sous les atteintes de la science et de la conscience ; en revanche 
la religion populaire — qui n'est pas nécessairement la plus ré- 
cente, mais celle des classes inférieures — se développe, s'ha- 
bille de formules * philosophiques ou morales et tend à régner 
exclusivement sur les âmes qui ne sont pas encore détachées de 
toute religion. 

En Grèce et dans l'Italie méridionale, la religion populaire s'ap- 
pelle l'orphisme. Au vi e siècle, elle trouve un législateur en Py- 
thagore ; au v e , elle marque d'une empreinte profonde la pensée 
de Platon ; à l'époque de Jésus, elle inspire Virgile, qui, dans 
sa IV e Églogue, dans le VI e livre de Y Enéide, se fait Tinter- 



172 REVUE DES ETUDES JUIVES 

prête du messianisme et de l'eschatologie orphique. Un siècle 

plus tard, elle commence à exercer son influence sur la pen- 

chrétienne et cela, sans que les premiers chrétiens en 

fassent mystère. Le poète Orphée ligure, comme un précurseur 
de Jésus, sur les sarcophages chrétiens et sur les peintures des 
catacombes 1 . Tout le mysticisme du christianisme primitif, qu'on 
appelle la gnose, est pénétré d'éléments orphiques 2 . Le paga- 
nisme mourant ne cesse de s'en imprégner. Au 111 e siècle encore, 
l'empereur Alexandre Sévère, dévot éclectique, réunit, dans son 
oratoire impérial, les images d'Orphée, d'Apollonius de Tyane et 
de Jésus. 

Or, il y a toute apparence que l'orphisme populaire, sur lequel 
nous sommes malheureusement peu renseignés, connaissait les 
prières et les sacrifices pour les morts. Nous possédons, à ce sujet, 
deux textes, l'un de Platon , l'autre d'un poète orphique anonyme où 
il est question de cérémonies par lesquelles les hommes croyaient 
racheter les fautes ou les crimes de leurs aïeux. Ces textes pré'ent 
l'un et l'autre à contestation 3 et je crois inutile d'y insister ici. Ce 
qui, à mes yeux, est plus concluant, au point de vue du problème 
qui nous occupe, c'est le fait qu'Hérodote et Diodore ont signalé 
l'analogie entre les doctrines orphiques, pythagoriciennes et égyp- 
tiennes et que Diodore appuie particulièrement sur les emprunts 
faits par Orphée aux croyances des Égyptiens touchant la vie fu- 
ture 4 . « Au dire des Égyptiens, écrit-il 5 , Orphée a rapporté de son 
voyage les cérémonies et la plupart des rites mystiques célébrés 
en mémoire des courses de Cérès, ainsi que les mythes de Vén- 
fer. » Lorsque les anciens expliquent les analogies entre l'or- 
phisme et la théologie égyptienne par l'hypothèse d'un voyage 
d'Orphée en Egypte, nous pouvons n'attacher à cette explication 
aucune importance ; mais il n'en est pas de même des analogies 
elles-mêmes, constatées par des gens qui connaissaient beaucoup 
mieux que nous les rites et les doctrines qu'ils comparaient. Nous 
admettrons donc, non pas une influence égyptienne sur l'orphisme 
primitif — qui est possible, mais indémontrée — mais une res- 
semblance étroite entre les rites orphiques et les rites égyptiens. 
Sur un point, d'ailleurs, qui présente une importance considérable, 



1 Cf. A. Ileufsner, Die altchristlichen Orplwusflarsiellunr/en, Cassel, 1893. 

- Diète rich, Nckyia, Leipz ; ;/, 1893, p. 172 clpassim. 

3 l\ulon, p. 364 E-365 A ; Orphira, éd. Abc', p. 237. J'ai discuté ces passades 
rans la Revue de Philologie, 1899, p. 22K, répoodaat aux doutes exprimés par 

M. Tannery, ibid. t p. 120. 

« ll-rod., II, 81 ; Diod., I, 92. 

s Diod., I, 9G. 



DE L'ORIGINE DES PRIÈRES POUR LES MORTS 173 

nous sommes à même, depuis quelques années, de contrôler et de 
vérifier cette ressemblance. Dans plusieurs tombes du iu e et du 
ii c siècle av. J.-C, découvertes dans l'Italie méridionale et en Crète, 
on a trouvé les fragments d'un petit poème orphique, gravé sur 
des tablettes d'or, qui est comme un guide pour le défunt dans 
son voyage d'outre-tombe, destiné à le mettre en garde contre 
les périls surnaturels qui le menacent 1 . Or, ce guide est l'équiva- 
lent exact — avec la sobriété de la pensée grecque en plus — 
du Livre des Morts dont on plaçait des extraits dans les tombes 
égyptiennes et qui avait aussi pour but de soustraire le mort 
aux dangers qui l'entouraient dans son voyage vers le pays des 
bienheureux 2 . 

Nous croyons donc pouvoir conclure que l'idée des prières et 
des sacrifices pour les morts était à la fois égyptienne et orphique. 
Par 1 Egypte, elle a pénétré chez les Juifs alexandrins et dans le 
vaste domaine que sillonnait le commerce d'Alexandrie; par l'or- 
phisme, elle s'est répandue en Grèce, en Asie Mineure, en Italie. 
Le terrain était bien préparé, comme par un double labour, à 
cette révolution des croyances qui substitua au mort divinisé le 
mort tremblant de paraître devant son juge et à la prière que l'on 
adressait au mort celle qu'on adresse encore à Dieu pour qu'il 
accorde au mort la béatitude. 

Salomon Reinach. 

1 Inscriptiones grœcœ Italice, n 0ï 638, 641, 642; Bull, de Corresj). EelUn., 1S93, 
p. 121. 

* Ce rapprochement, indiqué d'abord par M. Dieterich (De hjmnis orphicis, Mar- 
hourg, 1891, p. 41), a été ingénieusement développé par M, Foucart dans son mé- 
moire sur les mystères d'Eleusis (Paris, 1895). 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 



I. Cachet d'Ouzziahou, fils de Harepii. 

Acquis en 1900 à Hébron, par M. Farb, administrateur de la 
colonie juive dePétah-Tikvah. Ellipsoïde percé longitudinalement, 
bombé assez fortement à la face inférieure ; chalcédoine. Lon- 
gueur : 18 mm. Le champ gravé est encadré d'un double trait. 
Les deux lignes de la légende sont séparées par un ornement sem- 
blable à celui d'un monument analogue publié par M. Clermont- 
Ganneau 1 , qui diffère du nôtre en ce que le petit cercle central 
est flanqué à droite et à gauche d'un seul trait vertical. Les mots 
sont séparés par des points. 




L'inscription se lit : 

Bpn la 
(Cachet appartenant) à 'Ouzziahou, fils de Hareph. 

Le premier nom est assez fréquemment mentionné dans la 
Bible ; le second ne se trouve qu'une fois (I Chroniques, il, 51). 

La forme des signes rapproche singulièrement le sceau d'Ouz- 
ziahou de l'inscription de Siloé. Les points placés derrière chacun 
des trois mots assignent également à ce sceau une date assez 
haute. C'est, en effet, là un trait caractéristique des grandes ins- 
criptions de Méscha, de Zindjirli et de Siloé, et il disparaît, en Sy- 

« Clermont-Ganneau, Sceaux et cachets, n° 42, ap. Journal asiatique, 18s:;. t. 1. 
p. 156. Cf. la planche, /. A., 1883, t. Il, p. 304. M. Clermont-Ganneau me hue a 
voir dans ce motif décoratif un « symbole, disque ailé conventionnel ou ioudre (?) » . 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 175 

rie, avec le vn e siècle; on ne le retrouve, à ma connaissance, que 
sur un seul cachet publié * . 



II. ymn et hbpz>. 

M. Philippe Berger, en publiant 2 l'intaille qu'il lisait umnb 
bbps p, écrivait « qu'il est possible, malgré l'étrangeté des noms 
qui n'ont rien de juif, que nous soyons en présence d'une pierre 
gravée hébraïque ». En effet, la forme du heth (à deux barres) est 
étranger à la Phénicie, et le double trait qui sépare les deux lignes 
de la légende 3 semble plus particulièrement propre aux monu- 
ments d'origine palestinienne. 

Le savant éditeur suspecte ou nie non seulement le caractère 
spécialement hébraïque des noms propres en question, mais en- 
core, d'une façon générale, leur sémitisme ; mais, quand même 
ces doutes seraient fondés — et nous allons voir que sans doute il 
n'en est rien — ils ne prouveraient rien contre l'origine juive 
du texte ; il faudrait penser seulement qu'une épigraphe hé- 
braïque nous a transmis des noms étrangers (dans l'espèce 
égyptiens). 

Pour le dernier mot, M. Berger, après avoir hésité entre une 
étymologie égyptienne et un rapprochement avec le NUînfi 
du livre d'Esdras, incline vers la dernière explication. Le dernier 
signe était douteux : M. Lidzbarski, en y reconnaissant un çadé*, 
a aidé à écarter définitivement l'idée d'un nom théophore com- 
posé avec Horus. ynn n'en est pas moins difficile à expli- 
quer : c'est, le plus vraisemblablement un nom composé com- 
mençant par (n)a, mais dont le second élément reste obscur *. 
Quant à bbps 6 , M. Berger y voit une transcription de Paq- 

1 Clermont-Ganneau, loc. cit., t. I, p. 132 (Sceaux, n° 4). 

2 Ph. Berger, Une nouvelle intaille à légende sémitique, dans Revue d'asc-yriolor/ie, 
t. IV, p. 57. 

3 Ce double trait a été signalé, depuis la publication de M. Berger, sur de nou- 
veaux cachets incontestablement hébraïques : Clermont-Ganneau, Recueil d'archéo- 
logie orientale, t. II, p. 252, et t. III, p. 155 ; Lidzbarski, JEphemeris Epigraph., 
I, p. 11, n° 4, et sans doute n° 2. 

*■ Lidzbarski, Handbuch der nordsemit. Epigrapkik, p. 504, s. v. yTflrï. 

5 Kerber, après avoir dressé la liste des noms de ce type (Religionsgeschicht. Bedeut. 
der hebr. Eigennamen, p. 61), déclare que « viele dieser Namen spotten bis jetzt noch 
jeder vernûnt'tigen Erklârung. » 

6 Lidzbarski (Handbuch, p, 504, s. v.) croit la lecture c nicbt ganz sicher »; il hé- 
site sans doute à croire le nom possible, car il ne me semble pas que, bien que 
l'avant-dernier signe soit légèrement détérioré, on puisse songer à un déchiffrement 
différent de celui de M. Berger. 



BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 
rou," « Ce nom, dit-il, n'a pas une allure sémitique; les qua- 
drillées y sont à peu près inconnus, et je ne lui trouve aucune 
analogie en hébreu ni en phénicien. «Les quadrilitères sont assu- 
rément relativement rares dans les langues sémitiques ; on en 
connaît cependant assez pour que la présence d'un mot nouveau 
de cette forme ne puisse paraître singulier. De plus, Paqloul n est 
pas un quadrihtère : c'est un trilitère à dernière radicale redou- 
blée • le aa»n d'une inscription araméenne du Corpus * est dans le 
même cas, et la transcription Hamalidu de ce mot montre que 
nous sommes en présence d'un mot de la l'orme fa'loul, compa- 
rable, pour ne citer que des noms propres, aux noms du roi hit- 
tite Sapaloul, du lexicographe syriaque {Bar) Bahloul. 

La racine paqal, il est vrai, est inconnue en hébreu ; mais 1 as- 
syrien la connaît. Paqloul en est un développement normal -, et 
signifie « le robuste, le vigoureux ». C'est un fait habituel que 
de°s racines abandonnées par l'usage et des formations archaïques 
se perpétuent dans les noms propres. 

Le sceau de imn appartient évidemment, par la langue, a 
l'épigraphie hébréo-phénicienne. Est-il hébraïque'? Les indices 
extrinsèques relevés par M. Berger peuvent le faire croire ; mais 
le classement de cette intaille parmi les pièces hébraïques ou 
plutôt palestiniennes reste, dans l'état de notre information pa- 
léographique, simplement possible. 

III. — A'.[as«; et IIy,-;*;. 

Vers la fin du règne de Hyrcan I, Antiochus IX le Cyzicène 
enleva au petit État juif les frontières maritimes péniblement 
acquises une vingtaine d'années auparavant : il coupait ainsi les 
communications de la Judée avec le monde méditerranéen, et 
notamment avec ses puissants protecteurs, les Romains. Ceux-ci 
intervinrent en faveur de leurs clients, et Josèphe nous a con- 
servé deux documents qui témoignent d'un bon vouloir d ailleurs 
resté platonique, et dont le sens et la portée ont été déterminés 

. M Bercer se fonde sur l'ambiguïté d» r-l égyptien ; mais il faut faire observer 

suivant la suggestion de M. Maspero [Berger, toc. ^mP.Ç.^"^™~ 
lement grenouille, nous sommes en présence du mot sémitique Tl pjj »J I , R» 
(qui^gnîne bailleurs plutôt crapaud que [grenouille ; Noeldeke, Z„Uchr. f«> A*yr. % 
IV. p. 267, et Halévy, Revue itmitique, III, p. 87). 

- Corp. inscr. Se»i., A.r. 38. 

^ Cf. sur cette formation Barth, Nominalbildung, p. 209 et suiv. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 



177 



ici même, d'une façon qui semble définitive, par M. Théodore 
Reinach l . 

L'une de ces pièces i (qui date de Tan 105 ou 106) nous informe 
du contenu d'une note adressée ensuite par décision du Sénat 
romain au Séleucide vainqueur, et qui l'invitait, entre autres, à 
évacuer les districts maritimes envahis, et à rendre aux Juifs 
Joppé, les Ports (AtjjiÉveç), Gazara et les Sources (n^yai). 

Joppé et Gazara sont des villes bien connues ; mais les deux 
autres noms sont 
tout à fait insolites. 
M. Reinach ne pro- 
pose aucune identi- 
fication pour rfriyai ; 
quant aux Ports, il 
suppose que ce sont 
« sans doute ceux 
de Joppé et de Jam- 
nia 3 ». Nous ver- 
rons que Jamnia est 
une des localités vi- 
sées; mais, à Joppé- 
Jaffa, le port est si 
immédiatement at- 
tenant à la ville 
qu'il est impossible 
d'admettre qu'après 
avoir fait de celle- 
ci une mention spé- 
ciale, on ait rangé 




'El. Min a 

O fMatoumaj 

Ghazzé 

v (Qaxa.) 



L JRedier. Paris 



celui-là sous une 
rubrique différente 
et générale. 

Par A-. uévsç, il 
faut, à mon avis, 
entendre les ports 
de l'ancienne côte philistine, de Jamnia à Gaza. Les villes mari- 
times de cette région présentent, en effet, un caractère particu- 
lier ; toutes ou presque toutes se composaient de deux parties : la 



Tmj^~Ù~ërT. 



1 Th. Reinach, Antiochus Cyzicène et les Juifs, dans Revue des Études juives, 
t. XXX VIII, p. 161. 

2 Josèphe, Antiquités, xiii, 2, 9 (§ 2o9-266). La date indiquée est celle qu'a sup- 
posée M. Reinach (loc. cit., p. 170). 

3 Tb. Reinach, loc. cit., p. 167, note 3. 



T. XLI, N° 82 



12 



1*78 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ville proprement dite, située à l'intérieur (à une distance de 4 à 
1 kilomètres du rivage), et une marine, le port proprement dit; 
on distinguait ainsi deux Jamnia, « .Jamnia} du;e, dit Pline, altéra 
intus ! », la ville propre et le Port (Xt|i,^v) des Jamnites, comme 
Ptolémée * nomme le faubourg ; deux Asdod , "A&dtoç nctçéXoç 
et "AÇo)tgç [Aeffdyeioç ou "Iwirivoç •"• ; deux Gaza, la ville et sa 
Maiouma 4 . Rien n'a changé depuis vingt siècles, et les cartes 
actuelles de la Palestine signalent, près d'Esdoûd , Minât-el 
Qala (l'ancienne Azotos paralos) , près de Yebna , Minât- 
Roûbin (la Jamnia maritime), et près de Ghazzê, l'embarca- 
dère El-Mina fixe l'emplacement de la Maiouma. Ces quartiers 
maritimes des centres urbains de la Philistée ont une fonction si 
fortement et si naturellement caractérisée que dans l'onomas- 
tique moderne ils ont uniformément reçu les noms d'El-Mina, 
c'est-à-dire de Port : Ël-Mina n'est autre chose que la transcrip- 
tion arabe de Aipjv 5 . Si l'on remarque que les Arabes ont reçu le 
mot des Araméens, qui les ont précédés en Syrie, que le Talmud 
déjà connaît le mot rtPttb °, évidemment emprunté à la population 
si fortement hellénisée de la côte, que, d'ailleurs, le mot limên 
est déjà appliqué, par Ptolémée, à l'une de ces escales, et que 
paralos et Maiouma expriment exactement la même idée, on 
est amené à penser que, dès l'époque à laquelle nous sommes 
ramenés, le langage populaire désignait couramment les diffé- 
rentes échelles philistines sous le nom qu'elles portent aujour- 
d'hui; de toute façon on était naturellement porté à les réunir 
sous le terme générique de A-.jj.evc;;. On peut supposer, d'ailleurs, 
que ce nom s'est étendu aux ports situés au nord de Joppé (la 
Tour de Straton et Apollonia) et au sud de Gaza (Raphia et Rhi- 
nocoloura), qui, ainsi que les précédents, furent reconquis par 
les Juifs avant la fin du règne du Cyzicène 7 . 
Il nous reste à déterminer les Ebiyai. Dans la région maritime de 

1 Pline, Hist. Nat., V, 13. 

2 Ptolémée, Geogr., V, 16. 

3 Georges de Cypre, 1020-21 (pp. 52 et 191 de l'éd. de Gelzer) ; Hieroclès, 718, 
b, 6. 

4 Clermont-Ganneau, Sur quelques localités de Palestine, dans Etudes d'archéologie 
orientale, t. II, p. 4. M. Clermont-Ganneau cherche à établir qu'une relation ana- 
logue a existé entre El-Medjdel, où il faudrait placer l'ancienne Ascalon, et T'Asqalan 
actuel, qui ne correspondrait qu'à Tancicnue Maiouma. 

Mina (Minât à l'état construit) est le même mot; l'arabe a décomposé El-Mina en 
un substantif précédé de l'article, de même que d"AXéÇocv8pOf il a fait Iskander. 

' Noir les références dans le Wôrterbuch de Levy, sub voce, et le Glossarium graeco- 
hebrneum de Fûrst, sub *p72^b- 

7 Jqsèphe, Ant., xm, 324. Césarée est mentionnée dans le Talmud de Jérusalem 
[Gitan, i. 5) sous le nom de ^0^3 b'w T^Z? • 



NOTES D'HISTOIHE ET P/ÉP1GRAPHIE 179 

la Palestine méridionale et centrale les sources n'abondent pas 
au point que le choix puisse donner grand embarras; or, ici il 
s'agit de sources assez nombreuses sur un territoire restreint 
pour justifier le nom de TL-t^vi (au pluriel) donné à la localité, et 
en même temps assez importantes pour caractériser un site. Notre 
choix se restreint d'autant plus que la mention du lieu dans le 
décret romain ne peut s'expliquer que si n^yai était soit une ville 
considérable (et ce n'est certainement pas le cas), soit un point stra- 
tégique remarquable. Les diverses conditions exigibles pour l'iden- 
tification ne sont, me semble-t-il, réunies que sur un point : les 
sources de T'Odjeh ». Cette rivière, qui est, après le Jourdain, la 
plus riche en eau de toute la Palestine 2 , naît près de Qaçr- 
Râs-el-'Ain, dans un marécage alimenté par plusieurs sources 3 
dont le débit est assez abondant pour que T'Odjeh puisse, presque 
à sa naissance, faire marcher un grand moulin. Au Râs-el-'Ain se 
coupent la route de Jaffa à Naplouse et celle de Jérusalem à 
Césarée 4 . Toutes les fois qu'un gouvernement a eu le souci 
d'assurer les communications entre l'intérieur et la côte, c'est là 
qu'il a établi la forteresse qui doit commander la brèche ouverte 
entre la source de l'Odjeh et la montagne. C'est au Ràs-el-'Ain 
qu'a dû s'élever l'Antipatris d'Hérode 5 ; là, la domination musul- 
mane éleva la citadelle dont les ruines pittoresques dominent 
encore la plaine. Et, de même que le nom de A'.tx^v s'est attaché 
aux hameaux maritimes de la côte méridionale, de même le fort 
qui garde la naissance de TOdjeh s'appelle Qaçr-Râs-el-'Ain, le 
château de la source. 

On peut même se demander si le nom de n^ou n'a pas survécu : 
peut-être est-ce lui que nous retrouvons dans Fedjé, village arabe 
distant de 3 à 4 kilomètres de la source. On peut rappeler que le 
nom d'el-Fîdjé, belle source de l'Antiliban dont les eaux viennent 
grossir le Barada, dérive vraisemblablement de nr^ 6 . Quoi qu'il 
en soit de ce rapprochement, il reste évidemment indépendant de 
l'assimilation, que j'estime certaine, de Ehr/orf avec la région du 
Râs-el-'Ain. 

Cette localisation permet de déterminer avec précision l'étendue 

1 Les cartes donnent la forme 'Aoudjeh. 

2 Baedeker [Socin], Palestine et Syrie, 2 e éJ. française, p. 12. 

3 Robinson, Neue biblische Forschungen, p. 179; Guérin, Samarie, t. II, p. 369. 
* C'est la route bien connue que suivit saint Paul prisonnier. 

5 Buhl [G-eo graphie d. alten Palaest., p. 199), résumant une abondante bibliographie, 
hésite, pour Antipatris, entre Râs-el-'Ain et Medjdel-Yaba : Antipatris ayant été 
bâtie dans la plaine et au voisinage immédiat d'eaux abondantes, il ne me semble pas 
qu'on puisse songer à Medjdel. 

6 Baedeker [Socin], loc. cit., v. 338 



I80 RKVUK DES ÉTUDES JU1VKS 

de l'invasion séleucide : maître de Gazara (Tell-Djezer) et de 
Pêgai (Ràs-el-'AirO, le Cyzicène s'était emparé de toute la plaine 
palestinienne, habitée en partie par des populations helléniques 
et polythéistes, et avait été arrêté par les montagnes défendues 
par les masses compactes du peuple juif. En lui prescrivant de 
restituer à leurs propriétaires antérieurs d'une part les ports et 
de l'autre les forteresses qui surveillaient, Tune, la route de Jé- 
rusalem à la Tour de Straton (Césarée), l'autre, celles qui mènent 
à JaffaetàCésarée, ca sont bien, si les identifications proposées 
sont exactes, les centres principaux du territoire en litige que les 
Romains onténumérés. 



IV*. — La mort de Yezdeoerd. 

Tabari et Firdousi racontent, au sujet de la mort de Yt zdegerd (I) 
le Méchant, une légende que Ton peut résumer en quelques mots 1 : 
le roi cruel est tué par une ruade d'un cheval fantastique qui 
disparaît l'exécution accomplie. Tabari rapporte qu'on dit : « C'est 
un ange que Dieu a envoyé pour nous délivrer. » Et le caractère 
fantastique et démoniaque de la bête apparaît encore mieux dans 
les contradictions de Firdousi, qui en parle successivement comme 
d'un cheval aux sabots de pierre, d'un crocodile et d'un dragon. 

Rappoportet M. Israël Lévi ont vu qu'à ce récit se rattache 
étroitement la tradition, rapportée par Scherira, de la mort de 
Yezdegerd IL Ce persécuteur des Juifs a, dans la légende juive, 
une lin funeste : sur la prière des docteurs Rab Sama, fils de Rabba 
et Mar bar R. Aschi, un dragon vint le dévorer dans sa chambre à 
coucher. La seule différence notable entre les deux versions 
consiste en ce que, dans l'épitre historique du gaon Scherira, le 
monstre dévore le roi. . 

M Israël Lévi a expliqué pour quelle raison c'est un roi dif- 
férent qui apparaît dans la légende juive et dans les récits mu- 
sulmans qui nous ont transmis la tradition persane : Yezdegerd 1 
fut hostile aux Juifs, alors que le principal crime de Yezdegerd 1 
semble être d'avoir résisté aux conseils des Mages ; et, suivant que 
la version est persane ou juive, c'est le premier ou le second des 
rois homonymes qui apparaît frappé de la vengeance divine. Mais 

. Tabari, Chroni^ Ira*. Zoteuberg, t. II, p. 103-4 ; Firdousi, ^«J^ftw 

::,,, jJ lexlcs sont traduits ou analysés en détail dans 1 article de M. Israël Um 
auquel nous lisons aliu.on plus loin : La mort de Yctdegerd *>«* la tradition jui,* % 
dans Revue des Eludes juives, t. XXX-N 1, p. 294. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPIIIE 181 

M. Lévi va plus loin, et, écartant les hypothèses inconsistantes et 
aventureuses de Rappoport, il suppose qu'il y a eu transposition 
de la légende de Yezdegerd I sur Yezdegerd II. 

En réalité, la tradition est antérieure aux deux rois; et la 
légende qui met en scène les deux Sassanides n'est qu'un reflet 
d'un mythe plus ancien. Dans un cas comme dans l'autre, nous 
sommes en présence d'une adaptation d'un récit mythologique 
iranien, celui de la mort de ïahmurath. Je l'emprunte à Dar- 
mesteter ! . 

« Le puissant Tahmurath, dit la légende persane, avait enchaîné 
Ahriman ; trente ans durant, il resta dans les liens, vil et méprisé; 
le glorieux souverain mettait sur lui la selle et en guise de cheval 
le montait... Chaque jour, par trois fois, couraient autour du 
monde le cheval et le héros. » 

Mais Tahmurath périt par l'indiscrétion de sa femme, à laquelle 
il a révélé que jamais il n'a peur de sa puissante et rapide mon- 
ture, si ce n'est au moment où il s'élance sur l'Alborz. Un matin, 
le roi selle sa bête, la monte, l'ait sa course, arrive à la haute 
montagne; alors le démon précipite le roi de sa selle, ouvre la 
gueule, l'avale, l'engloutit et s'enfuit rapide comme le vent. 

Il est inutile de démontrer l'identité fondamentale de cette lé- 
gende avec celles qui ont été signalées plus haut : elle explique les 
divergences des variantes dérivées. Le monstre avale le roi, 
comme dans le texte de Scherira, qui a fidèlement conservé ce 
trait primitif. Mais la brève narration juive n'attire pas l'attention 
sur la forme équestre de la Lête, simplement qualifiée de dragon. 
Dans Firdousi, la désignation de dragon alterne avec celle de 
« cheval aux sabots de pierre », alors que Tabari ne connaît plus 
que le cheval. C'est au rivaïet parsi que remonte cette conception 
ambiguë : bien qu'Ahriman y soit, expressément et à plusieurs 
reprises, désigné sous le nom de cheval, il ne semble pas qu'il en 
ait pris la forme animale, et le dieu malfaisant transparait sous la 
monstrueuse monture. 

Scherira déclare avoir appris des anciens et lu dans les chro- 
niques de ses devanciers ce qu'il sait de la mort du second Yezde- 
gerd; ces anciens sont vraisemblablement, comme l'a supposé 
M. Lévi, des gaonim qui ont dû ne le précéder que de peu de 
générations. Le récit juif remonte probablement plus haut que 
l'époque de Firdousi (né en 91*7), sans doute à celle de Tabari (né 
en 839) : en même temps qu'il survivait chez les Persans passés à 

1 Darmesieter, Ormazd et Ahriman, pp. 16S--170. Il cite Spiegel, Die traditionelU 
Litteratur der Parscn. r. 317. 



182 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Tlslam, arabisés ou non, le vieux thème mythologique iranien, dé- 
gradé en motif de folklore, s'était glissé dans la littérature des 
Juifs de Babylonie. 



V. — $iXoTi(i.fa« 

Le mot <piXoTijj.(a a éprouvé, dans la grécité de l'Asie impériale, 
une déviation tout à fait caractéristique des mœurs publiques. 
Devenu à peu près synonyme de XiToopyta il s'applique aux libé- 
ralités faites aux villes par les riches particuliers en échange et 
en rémunération des honneurs et des titres municipaux. Dans la 
décadence de la cité grecque, c'est l'aristocratie de fortune qui, 
par vanité ou par représentation, fait les frais des principaux 
chapitres du budget des dépenses. L'épigraphie de l'Asie Mineure 
nous a conservé les noms de bon nombre de bienfaiteurs publics 
loués pour s'être acquittés avec magnificence des phUolimies et 
liturgies ', pour avoir, par des ambassades, des chorégies, des 
constructions d'édifices et des philotimies -, donné la preuve de 
leur dévouement à l'intérêt général. Dans une lettre de Caracalla, 
le mot désigne une fonction particulière créée à l'occasion de l'at- 
tribution de la néocorie à la ville de Philadelphie, sans doute 
l'agonothésie 3 ou la grande prêtrise 4 , qui certainement était en 
relation avec des jeux publics, naturellement donnés aux frais du 
titulaire de la charge. 

De là à appliquer le nom aux cérémonies agonistiques payées 
par un particulier, il n'y avait qu'un pas. Un texte hébreu de 
l'époque talmudique nous apprend qu'il a été franchi. 

Une parabole de Y Exode rabba 5 met en scène un homme qui 
arrive dans une ville où il apprend qu'une philotimia (joe-j^d) 
va être donnée. Il va s'informer auprès du londar (XouSàptoç, 
ludarius), auquel il demande quand la philotimia aura lieu. Le 
loudar répond que la date en est éloignée; sur quoi l'homme se 
rend chez celui qui fait la philotimia («TOtnVvD TOWJ vnab), qui 
lui apprend que la cérémonie aura lieu immédiatement, et s'é- 
tonne de ce qu'il ait été chercher des renseignements chez le 
gladiateur à qui elle doit coûter la vie. 

i Ber. Akad. Berlin, 1888, p. 868. 
» Bull. Corr. lldl., X, p. 404. 

3 Bûchner, Wochensehr. fur cîass. Phdol, 1892, col. 22. 

* Buresch, Ans Lydien, p. 19. Buresch donne la liste des différente! mentions de 
la pi\oTi|ua. Cf. aussi Revue Et. gr., 1899, p. 265, n° 3. 

» Exode Rabba, 30. Le texte est reproduit daus le Wôrterbuch de Levy, s. v. ■yilP. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 183 

Ni les hommes ni les choses, dans ce petit récit, n'ont rien de 
juif: la fiction n'a, comme théâtre possible, que quelque ville hel- 
lénisée de Syrie. La signification spéciale donnée au mot ne 
saurait être le résultat d'une évolution accomplie par le mot après 
son introduction dans la langue talmudique ', mais il est difficile 
de déterminer jusqu'en quelle mesure <ptXoxt(i.ia doit être entendu, 
dans les textes épigraphiques grecs, dans le sens restreint de 
a libéralités agonistiques » . 



VI. — Les Juifs d'Asie Mineure et la prédication 
de saint Paul. 

M. Neubauer a cru découvrir la mention de la Phrygie dans un 
passage du Talmud 2 qu'il traduit ainsi 3 : « Le vin phrygien et 
les bains (de ce pays) ont séparé les dix tribus de leurs frères. » 
Rapprochant de ce texte l'histoire de Rabbi Méir (celui-ci s'étant 
rendu en Asie 4 , ne trouva chez les Juifs aucun exemplaire en 
langue hébraïque du livre d'Esther et le leur écrivit de mémoire 
afin qu'on pût en faire la lecture à la synagogue le jour de 
Pourim) 3 , il croit que les dix tribus représentent les communautés 
établies en Phrygie par les deux mille Juifs transportés dans le 
pays par Antiochus le Grand, et dont les membres, ayant désappris 
la langue hébraïque G , se sont, plus facilement que leurs frères de 
Palestine ou d'Egypte, convertis au christianisme. L'interpré- 
tation proposée par M. Neubauer, pour le premier des textes cités, 
a été ruinée par M. Halévy 7 , à la critique décisive duquel nous 
n'aurons à ajouter que peu d'arguments nouveaux, et il n'y aurait 
pas lieu de revenir sur la question, si M. Ramsay, l'historien avisé 
et informé du christianisme en Asie Mineure, n'avait récemment 
puisé dans la traduction et le commentaire de M. Neubauer une 

1 Krauss, Qriechische u. Lateinische Lehnwôrter im Talmud, t. I, p. 215. 

2 Talmud de Babylone, Sabbat, 147 b. 

3 Neubauer, Géographie du Talmud, p. 315. 

k Probablement la province d'Asie, bien que N^DN désigne aussi une ville. Neu- 
bauer, loc. cit., p. 310, croit qu'il s'agit de Sardes. 

5 Tosiïta Megilla, ch. n. Cf. Neubauer, loc. cit., p. 290. 

6 II semble certain que les Juifs d'Asie Mineure n'avaient qu'une faible connais- 
sance de l'hébreu ; mais l'épisode de R. Méir ne prouve rien à cet égard : si les Juifs 
d'Asie n'avaient pas su l'hébreu, ce serait en pure perte que le docteur aurait mis à 
leur disposition un exemplaire du livre d'Esther. La Tosifta dit simplement que ce 
livre leur était inconnu. 

7 J. Halévy, bfcatD"» y-|K "n? PIM bv nttNtt, dans les tomes III et IV de 
l'Annuaire D" , bti3"l fc "P ; pp. 40-43 du tirage à part publié sous le titre de Mémoire sur 
quelques noms géographiques de la Palestine. 



184 REVUE DES ETUDES JU1VKS 

conception nouvelle et, pensons-nous, erronée des résultats de 
l'apostolat de saint Paul en Asie Mineure l . 

Si un t'ait, dans l'histoire de Paul, pouvait sembler établi, c'est 
l'échec à peu près complet de sa prédication auprès des commu- 
nautés juives organisées de l'intérieur de la péninsule: le récit des 
Actes, sur le séjour de l'apôtre à Antioche de Pisidie et à Iconium, 
ne prête à aucun doute. M. Ramsay croit que l'auteur des Actes 
(et après lui tous les exégètes modernes) a été victime d'une 
illusion d'optique, et a accordé une importance excessive aux 
menus épisodes de la lutte contre les judaïsants. Transportant arbi- 
trairement au milieu du premier siècle la conversion des Juifs 
phrygiens (M. Neubauer n'avait aucunement indiqué pareille date, 
le texte cité étant du début du quatrième siècle), M. Ramsay 
incline à corriger au moyen du Talmud l'impression qui se dégage 
naturellement des Acles. Dès lors, les faits les plus précis et les 
plus incontestables lui semblent perdre de leur valeur. Dans le pas- 
sage des Acles (xiv, 1) où il est dit que Paul amena à croire *Iou- 
BatcovTexal 'EXXTQva>v7coXÙ7tX7J8oç(bon nombre de gens, juifs et grecs), 
il met en évidence la « multitude » des convertis. A Antioche, où 
l'accueil fut si hostile et eut un caractère si tranché d'animosité, il 
fait remarquer qu'il n'y eut en somme, entre les Juifs et Paul, 
qu'une dissidence portant, non sur les doctrines apportées par 
l'apôtre, mais sur l'égalité qu'il prétendait instituer entre Juifs et 
païens. Passant à la Macédoine, il attribue les succès de Paul à 
Philippes et àBersea à ce fait que les petites communautés de ces 
villes étaient d'origine phrygienne. Si les Juifs de Corinthe se mon- 
trèrent opposés à Paul, c'est qu'ils étaient, eux, en dehors de la 
sphère d'influence de la Phrygie, et qu'ils avaient des relations 
directes et étroites avec la Palestine et la Syrie. Thessalonique (si 
voisine des petites villes macédoniennes) ayant été hostile, M. Ra- 
msay conjecture que la situation y était la môme qu'à Corinii 3 . 

M. Ramsay, on le voit, met à haut prix l'autorité du Talmud 2 . 
Avant d'entrer dans le fond du débat, il est bon de faire observer 
que cette autorité, en ce qui concerne un pays aussi éloigné des 
centres talmudiques, est nulle. Pour les docteurs de Tibériade et 
de la Babylonie, la grande péninsule anatolienne est déjà une 
terra ignota. On peut contester l'interprétation de presque toutes 
les notices ;i où M. Neubauer a trouvé la mention de ces différentes 

1 W.-M. Ramsay, Saint Paul, tke Tfaocl'.cr ani the Roman citizen, traduit sur la 
: r . é 1. par Groschke, Paulus in der Aposleh/tschichte, p. 118 et suiv. 

' His wcighty authoritij (Uamsay, Cities ami Jtishoprics, t. I, 2, p. G7i, n. 4). 

3 A l'exception de celles qui concernent les régions cilicicnne et cappadocienûe, 
immédiatement attenantes à la Syrie. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 185 

provinces : La Galia (srki) n'est certainement pas la Galatie 1 , 
c'est un pays de langue sémitique 2 . Les Loudim 3 (û*>mb) n'ont, 
comme Jastrow Ta montré dans cette Revue*, rien de commun 
avec la Lydie. Les notions sur YAsia (êton) s sont si confuses que 
le nom désigne tantôt un pays, tantôt une ville que M. Neubauer 
se donne la peine bien inutile de chercher à identifier, Nous allons 
voir ce qu'il faut penser de Perougitha (Rn"»W)B) qu'il a rendu 
par « Phrygie ». 

Nous avons donné plus haut sa traduction du passage unique qui 
donne ce nom. Reproduisons le texte avec une version littérale : 

« Rabbi Helbo dit : le vin de Perougitha et l'eau de Demousil G 
(le bain; transcription du grec or^dcia) ont séparé les dix tribus 
d'Israël. » 

Perougitha serait une transcription insolite de Phrygia : en 
effet, Asia est rendu par êodk, Kilikia par *pbp, Kappadohia par 
ÊTpaisp, et nulle part le nom n'est défiguré par l'adjonction du 
suffixe féminin. D'un autre côté, si Demousil devait s'entendre des 
bains de Perougitha, le mot devrait nécessairement recevoir le pro- 
nom possessif; il est donc clair que Demousit est une localité parti- 
culière en connexité avec la première. Enfin, les colons militaires 
qu'Antiochus le Grand a pu envoyer de Babylonie en Phrygie ne 
peuvent, en aucune façon, représenter les « dix tribus », même si 
l'on donne à ce terme l'acception la plus restreinte : ce n'est pas 
un docteur du Talmud comme Rabbi Helbo, tout entier dominé 
par la tradition biblique, qui a pu oublier que le second Livre des 
Rois assigne comme lieu d'exil aux déportés de Samarie les rives 
des affluents septentrionaux de l'Euphrate, la Mésopotamie et la 
Médie, et que les Juifs babyloniens d'Antiochus ne pouvaient être 
que des Judéens, de vrais fils d' « Israël ». 

Pour ces seules raisons, nous devrions repousser l'identifica- 
tion de Perougitha avec la Phrygie. Mais cette conclusion s'im- 
pose plus fortement encore, si nous replaçons le texte litigieux 
dans l'ensemble auquel il appartient. 

Il fait, en effet, partie du commentaire d'une règle de la Mis- 

1 Neubauer, loc. cit., p. 317. 

a Menstrua s'y disait Galmouda (Talmud de Babylone, Rusch Haschana, 26 a). 
M. Halévy croit [Revue sémitique, 1894, p. 186) que Galia est l'équivalent araméen 
du nom de la ville syrienne d'Epiphanie, « la brillante, l'illustre ». 

3 Neubauer, loc. cit., p. 316. 

4 Jastrow, Les Ludim, dans Revue Et. juives, t. XVII, p. 308. 

5 Neubauer, loc. cit., pp. 309-11. 

6 A corriger en rPDTft'H'l ou plutôt nVDI/J^T Voir les exemples du mot cités 
par Furst, Glossarium graeco-hebvaeum, s. v. 



186 REVUE DES ÉTUDES 1UIVES 

Chna relative à l'usage des eaux de Tibériade : les thermes situés 

dans le voisinage de la ville, fréquentés dans l'antiquité, comme 

ils le sont encore aujourd'hui, par de nombreux: malades, portent 
précisément dans le Talmud le nom de Demousion, équivalent 
de l'ancien nom Hammata, qui signifie» bain chaud ». A la 
phrase citée, la Guemara ajoute : R. Eliézer ben Arakh s'y ren- 
dit (à Demousit), se laissa séduire par eux (par le vin et les bains, 
explique Raschi) et y perdit sa science talmudique 1 . Ce récit se 
retrouve, avec de faibles variantes, dans le Midrasch Koheleth * 
et dans les Aboth de Rabbi Nathan 3 , qui rapportent qu'après la 
mort de R. YohananbenZakkaï, son disciple Eliézer, au lieu d'aller 
avec les autres docteurs à Yabné, alla s'établir à Demousit, « lieu 
bon et dont les eaux sont bonnes » et qu'il y oublia ce qu'il avait 
appris près de son maître. Le lieu de la retraite de Rabbi Eliézer 
doit si évidemment être cherché en Palestine, que les Aboth 
substituent à Demousit le mot Emmaiis 4 . 

En rapprochant l'erreur d'Eliézer, coupable de s'être séparé 
des autres docteurs et de s'être laissé séduire par les délices de 
Perougitha et de Demousit, de la faute analogue des dix tribus, 
la Guemara circonscrit nettement la région où nous devons cher- 
cher les deux localités : il ne peut s'agir que de la Palestine du 
nord, du territoire des dix tribus qui se détachèrent du royaume 
de Juda et de la ville sainte, comme Eliézer s'écarta de l'étude 
de la Loi. Demousit représente les thermes de Tibériade, qui 
participaient de la défaveur qui frappait la ville voisine, fon- 
dation impure d'Hérode : la tradition en fit le théâtre de sus- 
pectes histoires de magie \ Perougitha ne peut être qu'une loca- 
lité galiléenne voisine de la précédente G . 

» Son ignorance devint telle qu'ayant à réciter un verset biblique, il lut, estropiant 
les mots de manière à produire un conlre-sens grotesque, D^b, mn Unnn au heu 
de tZ^b !~ÏTn tt^nrï. Voir l'explication du passage, Ilalevy, loc. cit., p. 41. 

* Midrasch Koheleth, XII, 7, 

s Aboth de Kahhi Nathan, ch. xiv. 

* C'est à tort que Graeiz, Geschichte dcr Juden, t. IV, p. 28, et Neubauer, loc. cit, 
p. 100, note, prennent Emmaiis pour le mot primitif, et Demousit pour une laute de 
copiste, 

s Talmud Jér., Sanhi'drin, 25 rf. 

e L'identification de cette localité est étrangère à notre sujet. Nous devons cepen- 
dant signaler l'hypothèse ingénieuse de M. Halévy Hoc. cit., p. 43). Remarquant que 



Perougitha rappelle de très près le mot nWlD, « oiseau ., il suppose que le nom 

désigne, par une sorte de jeu étymologique, la ville de Çippon dont le Talmud lait, 

„ effet, dériver le nom de mDiZ, oiseau, parce qu'elle se trouva.t sur le sommet de 



la montagne tel qu'un nid d'oiseau sur la cime de l'arbre [Talm. de Babyl., àfegrtlê, 

,;„• cf Neubauer loc. ctf., p. 192). Cette conjecture se rattache a une théorie, 
soutenue à diverses reprises par réminent savant, sur l'équivalence de certains 
noms géographiques synonymes, théorie à laquelle il a cherché d'autre* applica- 
tions dans son mémoire" sur V enterrement de Jacob d'après la Genèse (Sem.hc étudies 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 187 

Nous pensons qu'il est superflu d'insister : car, eût-il le sens 
qu'on lui a attribué par suite d'une erreur manifeste, il est impos- 
sible d'opposer au témoignage formel et presque contemporain des 
Actes un texte tardif, né dans un coin de cette Babylonie juive 
si lointaine et d'horizon si resserré. 

Pour en revenir aux Juifs d'Asie Mineure, rien n'indique que 
la prédication de saint Paul, ou même, plus généralement, la pre- 
mière propagande chrétienne, aient notablement influé sur les 
destinées de leurs communautés : si le judaïsme anatolien s'est 
dissous, c'est sous l'action du paganisme ambiant, hellénique et 
indigène, et dont les textes épigraphiques nous permettent de 
suivre les progrès. Sur une vingtaine d'inscriptions incontesta- 
blement juives, c'est à peine si cinq ou six renferment des noms 
hébraïques l ; les formules des pierres tombales sont celles de 
l'épigraphie courante : mesures prises pour assurer l'intégrité du 
tombeau, stipulation d'amendes en cas de transgression, assigna- 
tion d'une partie de l'emplacement à la sépulture des esclaves 2 . 
L'inscription de Tlos 3 montre à quel point les mœurs municipales 
de l'Asie avaient pénétré, dès le déclin du premier siècle, l'admi- 
nistration intérieure des petites colonies juives : c'est Vhonora- 

in memory of Kohut, p. 240 et Revue sémitique, t. V, p. 111); il propose l'iden- 
tification du Goren-Haatad de la Genèse (l, 9) avec le Samir du livre de Josué 
(xv, 48) : ICûfcttl l p3 signifie l'aire aux épines, -pfàlÊ épines ; et admet l'équi- 
valence de ïni^b (Isaïe, x, 30) avec ÏTT»B3 de T^)yM2 (Isaïe, x, 31) avec JTiDy 
ces deux groupes de doublets ayant respectivement le sens de « lionne » et de « pous- 
sière ». A l'appui de cette théorie, au premier abord aventureuse, sur l'équivalence de 
noms propres synonymes, on pourrait citer certains laits auxquels M. Halévy n'a pas 
songé : ainsi un texte égyptien (cité par Max Millier, Asien und Europa, p. 174) 
appelle Beth-Sepher (la maison du Livre), une ville qui semble identique au Qirlath- 
Sepher biblique (la cité du Livre). Une oasis arabe, caraclérisée, suivant un procédé 
habituel à l'onomastique sémitique, est appelée alternativement Dhal-el-Hadh et Dhat- 
el-Talh, du nom de deux végétaux synonymes (Lisân-el 'Arab, XIX, p. 149; 
Taral'a, II, 13). Malgré ces analogies, les équivalences proposées par M. Halévy pour 
l'antiquité biblique semblent sujettes à confirmation. Il en est autrement pour 
l'époque talmudique où des jeux comme celui que suppose l'équation Çïppori-Perou- 
githa sont fréquents : qu'on se rappelle, par exemple, le nom du Pharaon Nekao 
(interprété par la racine hébraïque Ï"D3) remplacé, dans le Targoum, par celui de 
Hegira. Cl. aussi Hildesheimer, Beitrage zur Géographie Palâstinas, p. 43, et supra, 
p. 185, note 2. 

1 Moussios (Moïse), fils de Jaïr, à Ephèse (Ancient gr. inscr. in the Brit. Mus. y 
III, n° 676) ; loudas, fils de José, à Tarse, et Jacob le Cappadocien [Sitzungsber. 
Berlin, 1885, p. 686, n° 87, et Palest. Explor. Fund, 1893, p. 290 : ces épitaphes 
trouvées à Jall'a sont sans doute celles de Juifs pieux, récemment émigrés, et revenus 
dans la Terre sainte pour y mourir) ; Jacob et Esther, à Germa [Revue Et. juives, X, 
77) ; Sanbatios en Bithynie [Revue, XXVI, p. 167) et Eusambatios à Korykos de Lycie 
[Revue, X, p. 76). 

2 Voir les textes cités par Schùrer, Geschichte des jûd. Volkes, 3 e éd., t. III, p. 11 
et suiv. 

3 Hula, dans Eranos Vindobonensis, p. 99. 



188 REVUE DES ÉTUDES ÏU1VES 

rinm d curionains que nous retrouvons dans la libéralité faite à 
ses coreligionnaires par Ptolémée, fils de Lucius, reconnaissant 
de l'honneur qu'ils ont fait à sa famille en nommant son fils leur 
«archonte »; l'inscription bien connue de Tation de Phocée » 
nous indique des habitudes d'esprit et des mœurs analogues. Une 
assimilation aussi complote sur le terrain de la langue, de l'orga- 
nisation intérieure des communautés, des formes extérieures de 
la vie devait nécessairement avoir sa répercussion sur le domaine 
religieux. Je considère comme Juifs, avec Schùrer- contre Ram- 
say a ,ce Publias Aelius Glykon d'IIiérapolis qui légua à deux 
corporations de la ville une somme dont les revenus devaient ser- 
vir à orner sa tombe, à la fête des azymes et à la Pentecôte ; et, 
avecRamsay 4 contre Schùrer 5 , Julia Severa, prêtresse du culte 
impérial et son groupe de bienfaiteurs de la synagogue d'Akmonia. 
L'idée d'entrer dans un cimetière, un jour de fête solennelle, pour 
y orner une tombe aurait certainement paru aussi sacrilège à un 
talmudiste orthodoxe que la pensée d'exercer le sacerdoce impé- 
ria\ A Lystra, le mariage d'une juive avec un païen indiquerait, 
pour une époque voisine du début de l'ère chrétienne, une décom- 
position religieuse déjà avancée. 

L'aventure de Rabbi Méir, trouvant les Juifs à'Asia assez déta- 
chés de la tradition pour ne pas posséder le livre d'Esther, n'a 
donc rien en elle-même d'invraisemblable. Le christianisme nais- 
sant a certainement pu recruter un certain nombre d'adhérents 
dans ce petit monde largement ouvert aux influences extérieures; 
mais la propagande des premiers chrétiens n'a certainement pas 
dépassé les limites restreintes que lui assignent les Actes des 
Apôtres . 



VII. Apion était-il Alexandrin? 

Suivant Josèphe, Apion était un Égyptien, né dans l'oasis 
d'Egypte 7 , et qui n'acquit le droit de cité alexandrin que par na- 
turalisation \ Ces affirmations n'ont été suspectées par personne, 



1 Revue, t. XII, p. 236. 

1 Schùrer, loc. cit., p. 14. 

a Hamsay, Cities and Bishoprics, L 2, p. 545, ad 411 et 412. 

4 Hamsay, loc. cil., pp. 037, 647, 0~3 et suiv. 

8 Schùrer, loc. cit., p. 16. 

,; Anes des Apôtres, xvi, 1. 

7 Josèphe, Contre Apion, II, 3 29). 

8 Josèphe, loc. cit., II, 3 (32 ; '. (41). 



NOTES D'HISTOIRE ET D'EPIGRAPHIE 189 

jusqu'au jour où Willrich a essayé de prouver que le fameux 
rhéteur était Grec, et Alexandrin de naissance 1 . Nous verrons 
que, si inégale que soit la valeur de ses arguments, il faudra adop- 
ter une bonne partie de ses conclusions. Un examen nouveau de ce 
petit problème peut se justifier, non par son importance propre, 
qui est minime, mais parce qu'il intéresse aussi bien quelques 
côtés de l'histoire intérieure d'Alexandrie que la question de la 
véracité de Josèphe : disons tout de suite que celui-ci, que l'on en 
reste aux conclusions de Willrich ou qu'on adopte celle que je pro- 
poserai, sortira assez diminué du débat. Menée avec la fougue ha- 
bituelle à l'auteur, la discussion de Willrich a une allure agressive 
qui rappelle quelque peu les procédés de Josèphe vis-à-vis de son 
adversaire. Il n'y a pas lieu d'être surpris de ce que les résultats 
en aient été écartés parla critique sagace, mais conservatrice, de 
Schùrer 2 ; mais, malgré l'autorité du livre magistral qui, suivant 
un mot heureux de Willrich 3 , est souvent « geradezu aïs Quelle 
behandelt », il sera impossible de revenir à l'opinion ancienne. 

Examinons les arguments élevés par Willrich contre le récit de 
Josèphe. 

Les mots ev 'Oàcrsc, dit-il, ne désignent aucune localité particu- 
lière; c'est là un simple équivalent des« contrées les plus reculées 
de l'Egypte », où l'historien place un peu plus loin 4 la patrie 
d'Apion, que Josèphe a voulu faire naître au sein de la plus profonde 
barbarie, « wie wir von Jemand sagen, er sei ans der Hundetùrkei 
oder Schoppenstedt oder Schilda ». — Il est évident que 1' « Oasis 
d'Egypte » ne correspond à aucune réalité géographique particu- 
lière, et c'est bien à tort qu'on a voulu l'identifier à la Grande Oasis. 
Mais cela prouve simplement que Josèphe était piètre géographe. 

Si Apion avait réellement pris, sans y avoir droit, la qualifi- 
cation de citoyen alexandrin, ses ennemis, et particulièrement 
Philon, n'auraient pas manqué de signaler son usurpation et de 
dévoiler son mensonge. — Mais nulle part ni Josèphe ni Philon ne 
mettent en doute la légitimité du titre de citoyen dont se pare 
Apion. Josèphe dit simplement que ce titre lui avait été 
concédé par les Alexandrins, qu'il remercia en menant cam- 
pagne contre leurs voisins juifs 5 . Apion est, pour lui, un na- 
turalisé, non un intrus; un tcoXittiç or^oizo^xoç, comme on eût 

1 Willrich, War Apion Aegypter? appendice à Jitden und Griechcn vor der makka- 
bâischen Erhebung (1895), pp. 172-176. 

* Schiirer, Creschichte des jûdischen Volkes, 3 fc éd., t, III, p. 40. 
8 Willrich, loc. cit., p. v. 

* Josèphe, loc. cit., II, 4 (41) : yvwrfîeU Y<*pi <*>$ irpoîiïtov, sv tw êaOurdaq) T7j; 
Slyvmov. 

5 Josèphe, loc. cit., II, 3 (32). 



190 REVUE DES KTUDES JUIVES 

dit dans une ville grecque de type normal 1 , non un •noLçiyyçctyoç. 

L'envoi d'Apion à Rome, comme ambassadeur, auprès de Caïus, 
aurait constitué une grossière inconvenance, si le rhéteur avait 
appartenu par sa naissance à la race méprisée des indigènes. — 
Au moment où il fut mis à la tête de la délégation alexandrine, 
c'était un orateur célèbre, une des illustrations de la rhétorique 
grecque ; il avait professé avec éclat à Rome même ; c'était un 
porte-parole fort présentable. 

Aulu-Gelle 1 qualifie Apion de grœcus homo ; Athénée 3 , 
d'AÀ£;avo:£A'. — Ces termes s'expliqueraient simplement par le fait 
seul qu'Alexandrie fut la résidence habituelle d'Apion, qu'il y vint 
de toute façon fort jeune, qu'il y fut le chef de l'école de rhétorique 
dont il fut au dehors le représentant le plus brillant ; à plus forte 
raison se justifient -ils si Apion avait acquis le droit de cité 
et avait représenté la ville auprès de l'Empereur. Aulu-Gelle ni 
Athénée n'ont vraisemblablement songé à caractériser Apion par 
le lieu de sa naissance. A le croire, on commettrait une erreur 
égale à celle qui consisterait à presser le sens de l'épithète d'Al- 
yuicTioç dont Suidas fait suivre le nom du personnage. 

Pour épuiser la liste des raisonnements discutables, signalons 
enfin l'analogie que Willrich a cru entrevoir entre le procédé et 
les mobiles de Josèphe et ceux de Philon : l'appellation d'Égyptien 
serait, sous la plume des écrivains juifs, une injure banale à l'a- 
dresse de leurs adversaires grecs. Je résume ici une page d'un 
ouvrage récent, où Willrich est revenu sur la question. Philon, 
parlant de la jalousie qui se fit jour chez les chefs de l'antisémi- 
tisme alexandrin à la nouvelle de l'arrivée du roi juif Agrippa, 
l'attribue à un trait de race : l'envie, dit-il, est un vice égyptien ». 

1 A Alexandrie, le peuple, qui n'avait aucun droit de réanion ou de vote, ne pou- 
vait conférer le droit de cité; la collation de la 7io),iTSia devait appartenir à Pun des 
quatre grands fonctionnaires nommés par PEmpcreur, sans aucun doute l'hypomné- 
matographe; Pliue, désirant faire accorder à un protégé la naturalisation alexan- 
drin*', s'adresse à l'Empereur, et Trajan ordonne à son préfet d'Egypte de faire don- 
ner suite a la demande : le préfet, en effet, ordonne à son subordonné l'hypomné- 
matographe de procéder à l'inscription demandée (Pline, Lettres à Trajan, v-vn, éd. 
Keil). On pourrait tirer un nouveau grief contre Josèphe de la façon dont il pré- 
sente ici les choses. Les Alexandrins, suivant lui, ont donné à Apion en salaire de 
ses libelles le droit de cité; or ils n'en disposaient pas. Mais l'hypomnématogYaphc, 
tout comme ses collègues les gymuasiarques, qui se mirent à différentes reprises a la 
tête de l'antisémitisme alexandrin, a pu partager les passions de la bourgeoisie 
grecque ou céder à son iulluence. D'ailleurs, la raison alléguée par Josèphe à la con- 
cession du droit de cité à Apion pourrait être inexacte sans que le fait lui-môme fût 
controuvé. 

» Aulu-Gclle, Nuits .Itti'/ues, VI, S. 

3 Athénée, 1, 10. 

* Philon, In Flacc. Éd, Mangey, II, 521. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPIGRAPHIE 191 

Ailleurs, il reproche aux Alexandrins de diviniser les ibis et les 
serpents venimeux 4 . Faisant allusion à l'entourage impérial, il 
traite les familiers de Caligula de bande de scélérats, dont l'âme 
est pénétrée du venin des serpents et des crocodiles de leurs pays -. 
Et Willrich ajoute : « Nous sommes donc en face d'un dilemme : Ou 
bien les Alexandrins ont choisi de préférence, pour leur confier les 
plus hautes fonctions dont ils disposaient, les Égyptiens de nais- 
sance ; l'orgueilleux Caligula avait, lui aussi, pour cette race mé- 
prisée, une affection assez particulière pour qu'il y choisît son en- 
tourage ; enfin, en ce qui concerne Lampon (le gymnasiarque), 
l'administration romaine s'écarte de son principe, mentionné par 
Josèphe lui-même, d'exclure des fonctions publiques tout Égyptien. 
Ou bien Philon, comme l'a fait de son côté Josèphe pour Apion, n'a 
qualifié les antisémites d'Égyptiens que dans le but de les ou- 
trager 3 . » Il est à peine besoin de faire remarquer à quel point le 
rapprochement est illégitime. Philon, entraîné par des haines à 
la fois religieuses 4 et politiques, assimile en bloc la plèbe grecque 
d'Alexandrie et ses chefs à la population méprisée de l'Egypte ; 
pour les déconsidérer, il leur attribue les vices et les basses su- 
perstitions des indigènes ; il ne conteste naturellement en aucune 
manière leur statut politique. Il exprime, avec plus d'animosité, 
une idée que Tite-Live avait exprimée aussi fortement 5 : « Màce- 
dones qui Alexandriam in iEgypto habent... in iEgyptios dege- 
nerarunt ». Josèphe, au contraire, sépare ce que Philon avait 
voulu confondre, et met à si haut prix le titre de citoyen alexan- 
drin natif qu'il veut rejeter Apion dans la classe inférieure des ha- 
bitants des nomes. 

Je passe à l'argument que Willrich semble considérer comme 
décisif, le seul que Schùrer ait cru devoir réfuter 6 . Il croit trouver 
dans Josèphe même l'aveu de la pureté de l'origine alexandrine 
à Apion. Je cite, d'après l'édition de Naber, le passage visé : l'his- 
torien reproche à Apion de n'avoir pas tenu compte des marques 
de bienveillance données aux Juifs par tous les Ptolémées ('A^ova 

oè cysobv iyeçr\ç 7ràvx£ç sXaôov oî tcov Trpoyovoov aùxoiï [Maxsoovoov] fiiaa'iXeïç 

oixecoTaxa 7ipoç 7][xaç SiaxeôéVrsç) 7 . Willrich entend qu'il s'agit des 

1 Philou, Legatio, II, 570. 
* Philon, Legatio, ib. 

3 Willrich, Judaica, pp. 128-9. 

4 II faut remarquer l'opposition entre le mépris dont il couvre les cultes thério- 
morplies de l'Egypte et leurs sectateurs, et le ton respectueux avec lequel il parle, 
plus haut, des nobles figures de l'Olympe grec. 

6 Tite-Live, XXXVIII, 17. 

6 Schurer, loe. cit., p. 407, n° 67. 

7 Josèphe, Contre Apion, II, îi (48). 



192 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

rois des ancêtres macédoniens du rhéteur, et conclut : « Joseph 
liât hier wieder einmal geschlafen und rein aus Versehen die 
Wahrheit gesagt ». 

Il est bien difficile d'admettre qu'à quelques lignes de distance 
Josèphe se soit contredit aussi formellement, étant donnée surtout 
l'importance qu'il attache à l'origine égyptienne de l'antisémite 
alexandrin : pour le croire, il faudrait que le sen3 du membre de 
phrase où Josèphe « aurait dit, par mégarde, la vérité » fût établi 
avec certitude. Il n'en est rien. Paret (approuvé avec une légère 
hésitation par Scbùrer) voit dans les tôv Ttpoydvwv kutov MocceBôvcov 
[JaffiXeïç les « rois macédoniens des ancêtres d'Apion », en rat- 
tachant MaxeSôvcov à ftaffiXeïç et non à Tcpoyovwv. Willrich riposte 1 : 
« Voilà une traduction qui assurément s'accorde à merveille avec 
l'opinion de Scbùrer, mais impliquerait que Josèphe était hors 
d'état d'exprimer en grec une idée très simple : c'est ce que nous 
ne pouvons croire de l'imitateur de Thucydide 2 » ; mais il ne s'a- 
perçoit pas que la phrase de Josèphe reste presque aussi boiteuse 
et aussi gauche dans sa traduction qu'elle l'est dans celle de Paret. 
Que vient faire ici la nationalité des aïeux d'Apion? Je ne puis 
voir (avec Naber) dans MaxeBdvwv qu'une glose introduite par un 
lecteur qui, jugeant la périphrase obscure, a voulu que personne 
ne pût méconnaître les Ptolémées 3 . 

Si Willrich n'avait mis en avant que les arguments que j'ai eu à 
combattre jusqu'à présent, rien sans doute ne devrait rester de sa 
thèse. Mais il faut tenir le plus grand compte d'observations justes 
ou fines, qui n'ont pas cependant toute la portée que leur attribue 
l'ingénieux critique. 

Voici les considérations qui me semblent infirmer l'opinion com- 
munément admise de l'origine égyptienne d'Apion. 

Josèphe, qui est notre source unique, est ici un témoin suspect : 
il a en effet un intérêt direct à refuser à Apion la qualité de Grec 
et d'Alexandrin. Willrich a montré quel lien unit au moins un des 
griefs de Josèphe aux accusations dirigées par Apion contre les 

1 Willrich, Judaica, p. 129, noie 1. 

1 Willrich fait trop d'honneur à Josèphe écrivain, dont M. Th. Reinach a juste- 
ment caractérisé le style pénible. 11 « apprit le grec tard et imparfaitement ; sa 
phrase longue et lourde, chargée d'incises, de redites, d'ornements vulgaires, sou- 
vent peu claire et mal construite, n'est pus toujours aisée à comprendre... » (Trad., 
de Josèphe, t. I. p. vil . 

3 Si l'on ne ne voulait pas admettre celle correction, qui rnc semble nécessaire, il 
ne resterait guère qu'à supposer que Josèphe ^'est embrouillé dans une périphrase : 
ce ne serait pus le seul tour que telle figure de rhétorique aurait joué aux ennemis 
du mot propre. Encore faudrait-il lui tenir compte de ce que le grec lui oifrait ma- 
laisément l'équivalent d'expressions modernes, telles que « dynastie des Plo'.émées » 
ou « rois Legides, » 



NOTES D'HISTOIRE ET D'EPIGRAPHIE 193 

Juifs. Apion avait expliqué l'origine du sabbat par le mal d'aine 
(sabbatôsis) dont auraient souffert les compagnons de Moïse, et il 
avait raillé la circoncision : Josèphe nous le montre mourant d'un 
mal honteux, et obligé de se soumettre à la circoncision qui ne 
devait pas le sauver *. Le récit de la mort du rhéteur, qui est vrai- 
semblablement une fable de circonstance, doit mettre en garde 
contre les renseignements fournis sur son origine. 

Apion avait été le publiciste et le porte-parole de cette bour- 
geoisie grecque qui, sous les règnes de Galigula et de Claude, 
s'efforça d'enlever aux Juifs d'Alexandrie la situation privilégiée 
qu'ils occupaient à côté des Grecs. Il prend ombrage, nous dit 
Josèphe, de ce que, alors qu'ils sont Juifs, ils aient pris le nom 
d'Alexandrins. En le faisant naître parmi les indigènes de l'Oasis, 
en le traitant d'Archi-Égyptien, naturalisé sur le tard, Josèphe 
retourne l'accusation contre l'adversaire. S'il conteste que la con- 
cession du droit de cité donne droit à la qualité d'Alexandrin, 
comment, ne possédant que la xaxà Sdc-tv TtoXixei'a, peut-il se qua- 
lifier encore d'AXefcvBpsùç? 

Nous n'avons donc pas devant nous un renseignement indiffé- 
rent, mais une allégation articulée à l'appui d'un argument ad ho- 
minem. Le soupçon éveillé par le caractère tendancieux de l'infor- 
mation se fortifie si l'on considère d'une part qu'Apion et son père 
Pleistonikès portent des noms ou purement helléniquesou de forme 
hellénique 2 , alors que l'onomastique indigène garde sous l'Empire, 
à de rares exceptions près, une physionomie nationale; de l'autre, 
que, si Apion avait été de souche égyptienne, sa brillante carrière de 

1 Willrich semble moins heureux dans ses autres rapprochements. Apion, dit- il, 
avait reproché aux Juifs de n'avoir fait faire aucun progrès aux sciences et aux arts ; 
Josèphe essaie de le faire passer pour un ignorant. Il avait fait de Moïse le chef d'un 
ramassis de vagabonds, Josèphe le traite d'ô^XocycoYÔç,. Il avait reproché aux Juifs 
d'être des Egyptiens schismatirjues; Josèphe en fait un renégat. — Il est certain qu'en 
traitant Apion d'Égyptien, Josèphe veut rendre injure pour injure à l'adver- 
saire qui ou; u,ioet xoù PouXetoci Xoiôopeïv, toutou; Aîyu7mouç xaXeî (loc. cit., II, 3 
(29). Mais l'accusation d'àiratoeuffi'a vise l'ignorance de textes ou de faits détermi- 
nés, et il n'y a aucune corrélation à établir entre Yochlagogie de Moïse et celle 
d'Apiou. Th. Reinach a justement rendu l'épithète d : oyïot.-(ôyyoç l appliquée à ce der- 
nier par t ameuteur de badauds » {Textes d'auteurs grecs, p. 124). 

2 'Atuwv est sans doute formé avec le nom du dieu indigène Apis, mais n'est pas 
de type égyptien : on le trouve porté par des grecs authentiques : 'Auicov 'IsiOéou, 
'Arciiov 'AXeÇàvSpow , 'Atucov Aiovuaiou, 'Axàpx; 'A7rîwvoç. (Bulletin Corr. Hell., 
XX, 184, 1. 63 ; 1.59, 66, 70). Quand les Égyptiens veulent donner à leurs noms 
une forme hellénique, ils substituent en général à leurs dieux nationaux les dieux 
grecs correspondants : on a ainsi les doubles noms Asklêpias et Senimouthis, Dio- 
nysios et Petosorapis, Paniskos et Peteminis, etc. Le nom donné par Pleistonikès à 
son fils n'implique pas nécessairement une dévotion particulière au dieu Apis. 
Josèphe a pu en juger autrement, et c'est peut-être une interprétation erronée de 
la valeur du mot qui l'a conduit à refuser au rhéteur la qualité d'Hellène. 

T. XLI, n° 82. 13 



194 REVUE DBS KTUDES JUIVES 

sophiste et de grammairien constituerait, dans l'histoire de L'Egypte 
ptolémaïque et romaine, une exception unique. Dans le monde 
ancien, aucune population ne se montra aussi impénétrable, aussi 
obstinément réfractaire à toute influence étrangère 1 , aussi exclu- 
sivement enfermée dans ses traditions et ses habitudes que la race 
morose, superstitieuse et bornée des riverains du Nil. Si Apion, 
avec sa basse rhétorique, sa recherche niaise, son amour du clin- 
quant, son mauvais goût, ne représente qu'une forme inférieure 
de la sophistique d'une Grèce en décadence, il n'en est pas moins 
aussi éloigné d'un Égyptien « qu'un créole a pu l'être d'un mu- 
lâtre 4 . » C'est un Levantin, non un Oriental. 

Mais — et c'est ici que nous nous séparons de Willrich — 
de ce qu'Apion ait été d'origine hellénique, il ne suit pas avec 
nécessité qu'il ait été de naissance Alexandrin et à plus forte 
raison citoyen alexandrin. Il y avait, en Egypte, non seulement 
d'autres villes helléniques qu'Alexandrie, mais une diaspore hel- 
lénique considérable, composée notamment de ces â7itxexpi[jivoi 
assimilés aux Alexandrins par leur privilège essentiel, l'exemption 
de ta XaoY?a<pta 3 ; à Alexandrie même il y avait certainement une 
population de même race et de même langue que les citoyens, 
mais non admise au droit de cité. Apion a pu appartenir à l'une 
de ces catégories. 

11 se donnait — et Josèphe le lui reproche comme une impos- 
ture — la qualification d'Alexandrin. Il pouvait l'employer légiti- 
mement du moment qu'il avait acquis la rcoXiTeia. Mais Josèphe 
entend que le rhéteur essayait de profiter d'une équivoque, en se 
donnant pour Alexandrin d'origine. 

Doit-on admettre que Josèphe ait menti impudemment en ac- 
cusant Apion de ce mensonge? Si grand que l'on suppose le cynisme 
du peu scrupuleux polémiste, il est permis d'en douter. 11 revient 
à plusieurs reprises sur cette idée que le droit de cité d' Apion ré- 
sulte d'une naturalisation formelle. Ce n'est pas ici, comme dans 
l'histoire de la mort du rhéteur, un racontar invérifiable, un tra- 
vestissement d'un fait tombé dans l'oubli et qui n'a jamais pu être 
connu que d'un petit nombre de gens. Josèphe invoque implici- 
tement le témoignage de ces actes publics, si soigneusement tenus 
et conservés dans la paperassière Egypte, et dont le témoignage 
pouvait être accablant pour sa thèse. N'est-ce point d'ailleurs le 

1 L'hellénisalion superficielle des métropoles, des centres urbains des nomes ne 
doit naturellement pas faire illusion. 

1 Willrich. Juden und Griechen, p. 174. 

3 Cf. la seconde partie de l'excellent livre de Paul M. Meyer, Heenoesen der Pto- 
lemàer und Rômev in Aegypten. 



NOTES D'HISTOIRE ET D'ÉPJGRAPHIE $% 

caractère de la polémique passionnée de s'emparer de faits véri- 
tables pour les dénaturer ? 

Je pense qu'Apion est réellement né en dehors de la grande 
ville, dans quelque coin de la diaspore hellénique. Un indice, à la 
vérité léger, me semble venir à l'appui de cette opinion. Suidas 
rapporte qu'Apion, Égyptien, fut l'élève des rhéteurs Euphranor 
et Apollonios, fils d'Archibios * et le threptos du grammairien 
Didyme. Le mot ôperc™? a différentes acceptions 2 , mais il ne 
signifie certainement pas, comme l'a voulu Gutschmid 3 , qu'Apion 
ait été acheté par Didyme, ni qu'il ait été son fils adoptif, car 
l'adoption entraîne des effets dont il n'y a chez Apion aucune trace. 
Une seule explication reste possible : Apion a été élevé dans la 
maison du rhéteur. A moins d'admettre des circonstances parti- 
culières que nous ignorons, il est invraisemblable que le jeune 
homme ait quitté la maison paternelle pour aller vivre sous le toit 
de Didyme. Le plus plausible est d'admettre que, venu à Alexandrie 
pour y faire ses études, le disciple est allé habiter la maison du 
professeur. — Il est évident que ces raisons n'ont pas une force 
décisive, et que les inexactitudes, volontaires ou non, dont Josèphe 
s'est rendu coupable, peuvent sembler autoriser la suspicion la 
plus radicale. 

Ce qui a été dit plus haut du sens de threptos permet d'écarter 
l'hypothèse que Gutschmid, avec son ingéniosité coutumière, a 
échafaudée sur ce mot. Estimant établie l'origine égyptienne 
d'Apion, et attribuant au terme l'acception d' « esclave domes- 
tique », il imagine qu'Apion enfant a été capturé à la suite de la 
révolte qui éclata dans la Thébaïde au début du principat d'Auguste 
et vendu à Didyme, qui, dans la suite, l'aurait affranchi. Il est inu- 
tile de s'arrêter à ce petit roman. 

Isidore Lévy. 



1 Cette indication doit reposer sur une erreur ou une confusion, car Apollonios, 
fils d'Archibios, semble postérieur à Apion. Cf. Pauly-Wissowa, Realencykiop . ,t. 11, 
p. 80. 

s Voir sur les différentes acceptions du mot, Ramsay, Cities and Bishopries t y.5tâ 
et suiv. 

3 Gutschmid, KUine Schriften ) t. IV, p. 357. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 1 



Le nifal est la forme verbale qui présente les significations les 
plus diverses. Tantôt il a conservé son acception primitive de ré- 
fléchi, et tantôt il est devenu un passif. Ensuite, il n'est pas seu- 
lement le réfléchi du qal, mais correspond aussi aux autres con- 
jugaisons actives, pièl et hifil, et leur sert tantôt de réfléchi, 
tantôt de passif. Enfin, on le rencontre quelquefois avec une si- 
gnification presque semblable à celle du qal, plus rarement à celle 
du pièl et du hifil. En outre, le nifal existe parfois dans des racines 
qui ne présentent aucune forme verbale active. Il nous a paru in- 
téressant de répartir les exemples de nifal d'après les différents 
emplois que nous venons d'indiquer, et, par la même occasion, 
d'examiner quelques questions grammaticales qui se rattachent à 
celle du nifal, notamment le passif du qal. 



I. Le nifal réfléchi du qal. 

Bien qu'il ne soit pas toujours facile de distinguer le sens ré- 
fléchi du passif, on peut ranger dans la catégorie du réfléchi du 
qal les verbes suivants exprimant une action accomplie par le 

1 Le présent article était terminé quand nous avons pu prendre connaissance d'un 
travail analogue de M. Ilalfmanu (Beitràge zur Syntax der hebrâischtn SpracAe, Wit- 
tenberg, 1885-1892). Outre des divergences de détail assez nombreuses, notre clas- 
sification n'est pas la même que celle de M. H., parce que nous avons lattaché au- 
tant que possible le nifal aux diverses formes actives, tandis que M. H. a considéré 
uniquement les significations du nifal pris en lui-même. Notre classement est peut- 
êire plus empirique que celui de M. II., mais il prête aussi moins à l'arbitraire. 
D'autre part, M. H. s'est efforcé de ranger les passages où se rencontre cbaque nifal 
d'après l'ancienneté qu'il accorde aux divers écrits bibliques. Nous avons trouvé 
préférable de ne pas faire intervenir daus notre étude les données de la critique mo- 
derne, encore hésitante en ce qui concerne la date des livres de la Bible. Touleiois 
ou pourrait arriver à des résultats intéressants en examinant l'emploi du nifal comme 
réfléchi et comme passif dans les divers écrits bibliques. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 197 

sujet sur lui-même ou indépendante d'un agent extérieur ou 
encore une action réciproque : 

aïiK (II Sam., i, 23), s'aimer récipr. * ;'— £pa, se joindre (Gen., 
xxv, 8, etc.); — b^a, se détacher (Ez., xlii, 6); — wa, s'édifier, 
c'est-à-dire se former une famille 2 (Gen., xvi, 2; xxx,3) ; — 3>pa 
se fendre, éclater (Ex., xiv, 21, etc.); — b&tt, se racheter (Lév., 
xxv, 49) ; bb}, se rouler (Is., xxxiv, 4; Amos, v, 24); — râ*to, 
s'agiter (Is., lvii, 20 ; Amos, vin, 8) ; — jqm, se presser (Esther, 
vi, 12; II Ghr., xxvi, 20); — "rn, se disputer récipr. (II Sam., 
xix, 10); — d?tfi, se troubler (I Sam., xiv, 5, etc.); — ^dît, se 
changer (Ex., vu, 15, etc.) ; — d-iïi, se démolir (Jér., xxxvi, 39 ; 
l, 15; Ez., xxx, 4, etc ) ; — bnn, s'engager (Prov., xm, 13); — 
ybn, s'équiper (Nombr., xxxi, 3; xxxn, 17, 20) ; — mm, se par- 
tager (il Rois, ir, 8, 14 ; Ez., xxxvn, 22 ; Dan., xi, 4) ; — 'jïï'j, se 
cacher (Is., u, 10); — sp^, s'ajouter (Ex., i, 10 ; Prov., xi, 24); — 
nan, se donner rendez-vous récipr. (Ex., xxv, 22, etc.); — y^, se 
conseiller, se consulter récipr. (I R., xn, 6, etc.); — tpD, se 
courber (Miellée, vi, 6) ; — ynb, se serrer (Nombres, xxn, 25) ; — 
'■Dft, se vendre (Ex., xxn, 2 ; Lév., xxv, 34, 39, 42, 47, 48, 50 ; 
Jér., xxiv, 14; Néh., v, 8); — *3£, se refuser (Nombr., xxn, 16, 
etc.); — 1012, se présenter (Nombr., xxxi, 8); — emo, s'épiler 
(Lév., xm, 40, 41) ; — ^uitt, se prolonger (Is., xm, 22; Ez., xu, 
25, 28); — Ï1U5, s'étendre (Nombr., xxiv, 6; Jér., vi, 4) 3 ; — râtt, 
se répandre (Juges, xv, 9; II Sam., v, 18, 22; Is., xvi, 8), se 
laisser aller (Is., xxxin. 23; Amos, v, 2) ; — ^3, se secouer 
(Juges, xvi, 20, etc.); — dpD, se venger (Juges, xv, 7, etc.) 4 ; 

— nù)3, s'élever (Is., n, 2, etc.); — pni, se détacher (Jos., iv, 8, 
etc.) ; — *p3D, s'appuyer (Juges, xvi, 29, etc.) ; — nsû, s'attacher 
(Is., xiv, 1); — 3£*, s'affliger (Gen., xlv, 5; I Sam., xx, 3, 
etc.); — my, s'arrêter (Nombr., xvu, 15; I Sam., xxi, 8, etc.); 

— to, se rencontrer récipr. (Ps., lxxxv, 11; Pr., xxn, 2; 
xxix, 13); — ma, se racheter (Lév., xix, 20) ; — npb, s'ouvrir 
(Gen., ni, 5,7 ; Is., xxxv, 8); — J'nD, se livrer au désordre (Prov , 
xxix, 18); — uns, se répandre (Ez., xvn, 21); — ■oins, se disperser 
(Ez., xxxiv, 12) ; — nnD, s'ouvrir (Gen., vu, 11 ; Is., v, 27, etc.) ; 

1 Ce sens paraît plus conforme au parallélisme que le passif. Il est possible que 
tTE 1 ^ ait été ajouté par un copiste. Le rythme du verset est meilleur, quand on 
retranche ce mot. 

* Le verbe n'est pas un dénominatif de *p, mais l'équivalent de l'expression ÏTIÎ3> 

rnn (Ex., i, 21). 

3 Dans Zach., i, 16, îlïaS" 1 peut être un passif. 

4 ûpj"\ dans Ex., xxi, 20, paraît signifier : il sera vengé; mais il est possibleque 
ce soit une faute pour ùpn qu'on trouve au verset 21 ; v. ci-dessous p. 204, note G. 



198 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

— yip, se rassembler (Gen., xlv, 2; I Sam., vu, 6, etc.); — tnp, 
se convoquer récipr. (Is., xxxi, 4j; — anp, se déchirer (Ex., 
xxxvill, 32, etc.) ; — b&w:, se demander, c'est-à-dire demander son 
congé (I Sam., xx, 6, 28; Néh., xiii, 6); — "flûré, se garder (Gen., 
xxiv, G, etc.) ; — n:ô, se répéter (Gen., xli, 32) ; — ^bib, s'épan- 
cher (I Rois, xiii, 3, 5 ; Ez., xvi, 36 ; Ps., xxn, 15 ; Lam., n, 11). 



II. Le nifal réfléchi du pièl. 

1° Verbes dont le qal existe : 

3>pn, éclore (Is., lix, 5; cf. !|*ga, ibid.); — ^pn, se bénir ré- 
cipr. (Gen., xn, 3; xvm, 18; xxvm, 29); — tû, se purifier 
(II Sam., xxn, 27; Ps., xvm, 27 ; Is., lu, 11) ; — i-fel, se mani- 
fester (Gen., xxxv, 7, etc.) ;— ybn, se délivrer (Ps., lx, 7; cvm, 7; 
Prov., xi, 9) * ; — n»î3, se souiller (Lév., xvm, 24, etc.) ; — ^os*, 
se glorifier, s'honorer (II Sam., vi, 20, 22; II Rois, xiv, 10 ; Is., 
xxvi, 15; Ez., xxvm,22 ;xxxix, 13 ; Hag., i, 8); — 'rro, se dérober 
(II Sam., xvm, 13 ; Ps., lxvi, 9); — abtt 3 , se remplir (Gen., vi, 11 ; 
Ex., i, 7; vu, 25; II Sam., xxm, 7, etc.) 4 ; — w, se pervertir 
(I Sam., xx, 30 ; Is., xxi, 3 ; Ps., xxxviii, 7 ; Prov. , xn, 8) ; — tins, 
se débarrasser de ses chaînes (Is., li, 14) ; — mp 5 , se sanctifier 
(Lév., xxn, 32; Nombr., xx, 13; Is., v, 16; Ez., xx, 41, etc.); 

— pn 6 se régler (I Sam., n, 3; Ez., xvm, 25, etc.). 
2° Verbes dont le qal ne se rencontre pas : 

bm, s'épouvanter, se précipiter (Juges, xx, 41; Ez., vu, 27, 
etc.); — *0,1, se parler les uns aux autres (Ez., xxxiii, 30; Mal., 
ni, 16; Ps., cxix, 23) ; — bbn, se profaner (Lév., xxi, 4, 9) ; râ*\ 
se désister (I Sam., xxvn, 1; Is., lvii, 10, etc.); — fD 7 , se pré- 
parer (Ex., xix, 11 ; I Rois, n, 46; Ez., xvi, 7, etc.); — tabtt, 
se sauver (Gen., xix, 7, etc.); — dns, se rétracter, se consoler 
(Gen., vi, 6, etc.); — rap*, se montrer fourbe (Prov., xxvm, 18); 

— nm3 s , se corrompre (Gen., vi, 11, 12 ; Jér., xm, 7; xvm, 4 ; 
Ez., xx, 44). 

1 Le qal de ce verbe signifie plutôt tirer. Dans les passages cités le sens nous pa- 
raît être plutôt rélléchi que passif. 

1 Le nifal de ^735 peut aussi être le réfléchi du hifil « s'appesantir ». 

3 Le qal transitif est bien plus rare que le pièl. 

k Nb73?1 (Nombr., xiv, 21) est difficile à expliquer. 

3 Le nifal peut aussi être le réfléchi du hifil. 

8 Le qal ne se rencontre qu'au participe (Prov., xvi, 2 ; xxi, 2 ; xxiv, 12). 

T Le nifal peut aussi être le réfléchi du hifil. 

8 Même remarque. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HEBREU 199 



III. Le NIFAL RÉFLÉCHI DU HIFIL. 

]° Verbes dont le qal existe : 

râw, se mettre en mauvaise odeur, se brouiller (I Sam., xm, 4 
II Sam., x, 6; xvi, 21); — "pt 1 , se purifier (Is., i, 6) ; — iût, se 
rappeler au souvenir de quelqu'un (Nombres, x, 9; Ez., xxi, 9) 

— p*t, se convoquer récipr. (Jos., vin, 16 ; Juges, vi, 34,35 
xvin, 22, 23 ; I Sam., xiv, 20); — yv, se faire connaître (Ex., vi 
3; Is., xix, 21; lvi, 16; Jér., xxxi, 18; Ez., xx, 5; xxi, 9; xxxv 
11 ; xxxvi, 32 2 ; xxxvin, 23; Ps., ix, 17; xlviit, 4; lxxiv, 5 (?) 
lxxvi, 2; lxxxiv, 10 ; Ruth, ni, 3) 3 ; — atttta, se faire trouver (Is. 
lv, 6 ; lxv, 1; Jér., xix, 14; I Chr., xxviii, 9); — yro, se mon 
trer violent (I Rois, n, 8; Michée, n, 10 ; Job, xvi, 25) ; — ms 
s'écarter (Deut., iv, 19, etc.); — mû, se retourner, se transporter 
(Gen.,XLii, 24; Nombr., xxxiv, 4, 5, etc.); — 'nao, s'enfermer 
(Nombr., xn, 14, 15 4 ; I Sam., xxni, 7; Ez., ni, 24); — *in*, se lais- 
ser supplier (Gen., xxv, 1, etc.); se multiplier (Prov., xxvn, 6) 

— p3% se convoquer récipr. (Juges, vu, 23, 24; x, 17; xn, 1 
I Sam., xm, 4 ; II Rois, ni, 21); — bbp, s'avilir (II Sam., vi, 22) 

— anp et i-np, se laisser rencontrer (Ex., v, 3, etc.; ib., in, 18, 
etc.) ; — ïi&O, se montrer, apparaître (Gen., i, etc.) 5 ; — *:n, se 
reposer (Jér., xlvii, 6). 

2° Verbes dont le qal ne se rencontre pas : 

*m, se montrer splendide (Ex., xv, 6, 11) ; — Vn, se séparer 
(Nombr., xvi, 21; Esd., vi, 21 ; ix, 1 ; Néh., rx,2; x, 29; I Chr., 
xn, 8); — ann. se cacher (Gen., ni, 10, etc.); — nû\ se dispu- 
ter récipr. (Is., i, 18; Job, xxiii, 7); — n£\ se placer Gen., xvin, 
2, etc.); — *», s'humilier (Lév., xxvi, 41 ; Juges, ni, 30, etc.) ; 
il», se changer (Jér., xlviii, 11) ; — oûtt, se fondre (Ex., xvi, 21, 
etc.); — TE, s'abstenir (Lév., xxn,2; Ez., xiv, 7; Zach., vu, 3), 
se vouer (Os., îx, 10) ; — b^3 6 , se sauver (Gen., xxxn, 11, etc.) ; 

— ptoa, s'allumer (Ps., lxxviii, 21); — "ino 7 , se cacher (Gen., iv, 
14, etc.) ; — ûbu>, se dérober (Lév., iv, 13, etc.) ; — kVd, être mer- 

4 

1 îl3-T!l est plutôt le nifal de "pf que le hitpael de ï"Oï. 
1 II faut lire sans doute ^Tltf. 

* Dans d'autres passages on peut hésiter entre le sens réfléchi et le sens passif. 

* Nous aimons mieux voir dans ces passages le réfléchi que le passif. 

5 II est souvent difficile de distinguer entre * se montrer » et « être vu ». 

6 Le hifil est beaucoup plus usité dans ce verbe que le pièl. 
T Même remarque. 



200 REVUE DES ETUDES JUIVES 

veilleux (Gen., xvin, 14, etc.); — IflMfc 1 s'attacher (Nombr., xxv, 
3, 5; Ps., cvi, 28) — bnp, s'assembler (Ex., xxxn, 1, etc.); — wtf, 
s'engager par serment, jurer (Gen., xxi, 23, etc.). 



IV. LE N1FAL RÉFLÉCHI D'UN FACTITIF INUSITÉ. 

L'acception réfléchie du nifal correspond parfois à un factitif 
qui ne se rencontre pas dans la Bible. Les verbes de cette caté- 
gorie sont : 

tthl, se laisser consulter (Is., lxv, 1 ; Ez., xiv, 3, etc.) ; — bïtt 2 , 
se faire circoncire (Gen., xvn, 10, etc.); — :^ 3 , se laisser frap- 
per (Jos., vin, 15) ; — asti, se faire juger, plaider (I Sam., xn, 7 ; 
Is., xliii,2G, etc.). 

Le nifal se rencontre dans quelques verbes comme réfléchi du 
factitif du piel : *iD"», se laisser châtier (Lév., xxvi, 2 et peut-être 
aussi Jér-, vi, 8; xxxi, 8; Ps., n, 10; Prov., xxix, 19); — im, se 
faire méconnaître (Prov., xxvi, 24). Il pourrait en être de même 
dans quelques exemples du nifal de isd et wp, tels que Lév., x, 3. 
— Le nifal est réfléchi du factitif du hifil dans "Tjt, se laisser avertir 
(Ez.,111,21, etc.). 



V. Le nifal comme passif et le passif du qal. 

La transformation du réfléchi en passif s'est produite de 
deux façons principales. Nous avons vu que le nifal est 
souvent le réfléchi d'un factitif; or, cette acception du nifal 
amène naturellement le sens passif, par exemple de l'idée de 
« se faire connaître » (J'ttttJ on passe facilement à celle de « être 
connu ». D'autre part, une action accomplie en réalité par un 
agent extérieur à l'objet est souvent attribuée à l'objet lui-même. 
Ainsi, dans "innss tpïïun maix on peut entendre à volonté « les 
écluses du ciel s'ouvrirent d'elles-mêmes » ou « furent ouvertes 
(par Dieu) ». Dans un grand nombre de verbes nifal il est permis 
d'hésiter sur le sens à adopter; et par là même on comprend que 
le nifal, de réfléchi, soit souvent devenu passif. 

1 Le hifil de ^fa^ se rencontre Ps,, l, 19, et le poual II Sam., xx, 8. 

s Le hifil deblW (Ps., cxvm, 10, 11, 12) a un autre sens. Dans Gen., xvn, 12, 
et Lév., xn, 3, on est porté à traduire « sera circoncis », mais d'autres passages et 
notamment Gen., xyiii, û't et 25 ("iblTSTIS avec suffixe suivi de PÉt} montrent que 
le vrai sens est t se faire circoncire •. Il se peut toutefois que le verbe ait flotté entre 
les deux sens. 

3 Le hilil signifie faire toucher ou atteindre. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 201 

Mais, avant de classer les nifal qui ont le sens du passif, il est 
utile d'étudier la forme que le nifal a supplantée, à savoir le pas- 
sif du qal, parce que cette forme elle-même paraît avoir été fré- 
quemment méconnue par la tradition massorétique et remplacée 
par le nifal ou le qal actif. 

L'arabe classique, comme on sait, possède un passif du qal. 
L'araméen l'a eu certainement ainsi que le prouvent les quelques 
formes qui en ont subsisté dans Daniel et Esdras. Pour l'hébreu 
Ibn Djanah {Louma, p. 161) a montré que certains passés poual 
sont, en réalité, des passif du qal, et Ibn Nagdela a considéré cer- 
tains futurs liofal également comme des passifs du qal l . Dans les 
temps modernes cette théorie a été remise en lumière par Bôtt- 
cher 2 et M. Barth 3 . 

Les exemples du passif du qal sont très nombreux. Voici 
d'abord les verbes où le poual apparent est un passif du qal : 

Aw» (Nah., i,10; Néh., n,3, 13) 4 ; — cjaan (Is., xxxiii,4; Zach., 
xiv, 4); nasai (Is.,xxiv,22; Os., x, 10); — na» et nox (Is.,xxn,3); 

— ms^Jér., l, 37) 5 ; — ipa&j (Gen., xl,15) g ; asai (Ex., xxn, 6 7 ) ; 

— VA (Ps., xxxvi, 13; — sojn (Ps., lxviii, 2) s ; — ttjh (II Sam., 
xx, 13, avec dbn, au lieu depnui et ia:rt) ;— inh (Is., xxvii, 7) ; wjrçh 
(Ps., xliv,23) 9 ; — î-i*it (Ez.,xvi,34) 10 ; — rrfï (Is., xxx, 24) pour 
rnr " ; — 3>nT (Is., xl, 24) ; — jp-nr (Nombr., xix, 13, 20); — nrâan 

1 Voir Bâcher, Abraham, ibn Esra als Grammatiker, p. 183. 

I Ausfûhrliches Lehrbuch der hebrâischen Grammatik, § 904 et 906. 
5 Festschrift mm Jtibilânm Hildesheimers, p. 145 et suiv. 

* ibSNF) mn (Is., i, 20) est douteux. On attendrait d^b^N'n. D'ailleurs, le 
passif du qal aurait été ^blDtfn. 

5 "Jtlh (Is., xxviii, 16, et Ez., xxi, 11) est considéré par quelques exégètes comme 
un verbe; en ce cas, ce serait un passif du qal. Mais le mot est milleêl dans Isaïe, 
c'est donc un nom ; dans Ezéchiel le sens est très obscur. 

6 L'infinitif 335 devrait se lire 334 , car il n'y a pas de véritable infinitif passif. 
Tous les infinitifs passifs sont une altération des infinitifs actifs ou de l'infinitif nifal, 
voir ci-dessous p. 204, note 6. 

7 Le pièl de ce verbe se rencontre, mais dans un sens différent (II Sam., xv, 6), 
tandis que les exemples que nous citons se rattachent au qal. 

8 Le même verbe se rencontre ponctué comme un qal dans H333H (Is., 
xliii, 17). 

9 ÎTlh (Job, iii,3) est vraisemblablement une faute de copiste pour H3Ï1. Le paral- 
lélisme exige un mot indiquant la naissance, et non la conception. Ensuite, ÏT~)Ï1 est 
un verbe qualificatif comme on le voit parle participe ï"Hïf. 11 est peu probable que 
ce verbe ait eu un passif. Dans i^h (Is., lix, 13) la ponctuation indique un hifil 
de tT-p (ra'c. *m), ou bien il faut lire r»"lïl 

10 Le vav de ïf3)"iT peut être une dittographie de Ji3Tr qui est au-dessous. Toutefois 
les exemples de vav devant le UJ^T sont assez nombreux dans Ezéchiel. 

II ^"|T, dans Is., i, 6, est peut-être un vrai poual ou vient de TiT- 



202 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

(Is., i, 6), rrcSart (Ez., xxx, 21)»; — ûro^n (Is., li, 1); -Cjnb 
(Gen., xxxvii,' 33; xliv, 28); — ib^ (Gen., iv, 26; x, 21, 25; 
xxxv, 26; xlvi, 22, 27; II Sam., xxi, 20; Is., ix, 5; Jér., xx, 15; 
Ps., lxxxvii, 4, 5, 6; Ruth, iv, 11; I Ghr., i, 19); nb; (Gen., xli, 
50); ^ (Juges, xvin, 29);^ (Job, v, 7) ; ït$; (Gen. , xxiv, 
15); ^rnb; (Jér., xx, 14) ; vrb; (Gen., vi, 1; xxxvi, 5; l, 23; 
II Sam., m, 5; xxi, 22); vj^ (Ps., xc, 2); ûrHb x (Jér., xxn, 26)*; 
— rns> (Ez., xvi, 4) ; rtrnà (Juges, vi, 28); — npb (Gen., m, 23; 
Juges, xxvn, 2; Is., lu, 5); npb (Is., lui, 8); rrgbn (Jér., xxix, 
22); nnpb (Gen., n, 23); nnpb (Ibid., m, 19); *nçb (Jér., xlviii, 
46);— Wjjfa(Ez., xxiii, 3) 3 ; T — p^:i (Lév., vi, 21); — ©fâj (Is., 
xxxii, 14);— nsj (Job, xx, 26); — yro (Juges, vi, 2S) A \ — nao 
(Is., xxiv, 10); naD (Jér., xm, 19) ; vnlon (Is., xxiv, 22; Eccl., 
xn, 4) 5 ; — bpo (l Rois, xxi, 14, 15j 6 ; — Ta* (Deut., xxi, 3; Is., 
xiv , 3); — nn; (Is., xxxn, 14); rtaw (Jér., xlix , 25); — l| rv , to 
(Ps.,cxxxix, 15); — "j££ (Ex., xxxviu, 21) 7 ; -^pE (Is., xxxvm, 
]0);— -cnE (Nombr., xv, 34) 8 ; — nsp (Gen., xxv, 10)°;— rj^ 
(Job, xxn, 16); — Nn'p (Is., xlviii, 8; lxvi, 1); coïp (Ez., x, 13; 
Nn'p-i (Is., Lvm, 12; lxi, 3; lxii, 2); — ^nsn'p (Job, xxxm, 6); — 
wi (Jfttf.,Y.21); — ryrn (Is., xvn, 13) 1 °; — V^n (Prov., xxx, 12 ; 
nyrn (Ez., xvi, 4); — t^ffi (Lév., x, 16); — Tnç (Is., xv, 1; 
xxiii, 1,14; Jér., xlviii, 15, 20; xlix, 10; Joël, i, 10; Zach., xi,13); 
nijiç (Jér., x, 20); trvrô (Jér., iv, 20; xlix, 3; Zach., xi, 3); 
tmA (Jér., xlviii, 1); wrô (z&., iv, 20); vwî (Zach., xi, 2); 

1 Le qal de ce verbe est plus usité que le pièl. ^rib*1t"!ïl (Juges, ix, 9, 11, 
13) ressemble à un passif du qal, mais le verbe bin est qualificatif. Il n'a de complé- 
ment direct que dans ce seul passage. — ïiUJDn (Lév., xix,20), cité par Bôttcher, 
est douteux, car on ne trouve de ce verbe ni le qal, ni le pièl. 

2 SHSIV (Ps., cxxxix, 16) est douteux, car on attendrait plutôt le futur. 

1 fm-!72 (Ez., xxi, 15, 16] pourrait être un vrai poual. puisqu'on rencontre £3*17353 
(I Rois', vu, 45), à côté de ÏTJinp (Ez., xxi, 14). 

4 Cf. yrP (Lév., xi, 35). Le qal de yni est beaucoup plus employé que le pièl, qui, 
en dehors des Chroniques, ne se rencontre que dans Deut., xn, 3, et Ez., xvi, 39. 
Dans ces deux passages, d'ailleurs, on pourrait lire le qal. 

5 Malgré le participe poual (Jos., vi, 2), les exemples que nous citons répondent 
au qal, carie pièl signifie « livrer » et non « fermer ». 

6 Le pièl de ce verbe ne se rencontre avec le sens de « lapider » que dans 11 Sam., 
xvi, 6 et 13, où l'on pourrait lire bpS""!. 

7 Le pièl (Is., xill, 4) signifie « passer en revue ». 

8 Le mot a le sens de "C'HDb (Lév., xxiv, 12), et non de li-lèTp [Néh., vin, 8). 

9 Le pièl de ce verbe veut dire i enterrer en masse ». 

i" Ce verbe est plutôt le passif du qal que le poual, car Isaïe emploie le qal, et le 
pièl exprime une nuance d'idée un peu diilérente. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 203 

Vffi (Jér., iv, 13; tx , 18) 1 ;— £|arâ-i (Lév., vi, 21); — nssrâ 
(Jér., ni, 2) 2 ;— ^siâ (Nombr., xxxv, 33); ■sp^i (Soph., i, 17) ; 

!DStÇ (PS., LXXIII, 2). 

A ces verbes nous croyons devoir ajouter : ijpbijïs., xxxiii, 9), 
bi>s (Hab., i, 5) et ppûJ (Is., xxxiii, 4), où le sens exige un passé 
passif. On peut supposer que le ^Sfc a été substitué au fins pour 
une raison phonétique ou qu'il y a une erreur dans la tradition 
massorétique. 

On remarque que, à part pas aucun verbe en noun ne fournit 
d'exemple du passé passif du qal. Gela tient sans doute à 
ce que ce temps pouvait, dans les verbes a"D, être transformé 
en nifal, par le simple changement de p^ni) en pnn. Il est donc 
probable que dans les verbes i"D où le nifal ne se rencontre pas 
en dehors du passé, le passé nifal, s'il a le sens du passif, doit être 
considéré comme un ancien passif du qal. Ces verbes sont : 

bn (I Sam., xm, 6; xiv,24 ; Is., lui, 7); ton (Is., m, 5) ; — :1213a 
(Is., xl, 24; cf. Wjfr); — ûnrrapi (Deut.,xxvni,63); — inso^Prov., 
vin, 23); — ^55 (Is., xxxviii, 12; Job, iv, 21);— n^ (Nombr., 
1, 17; Esd., vin, 20 ; I Chr., xu, 31, etc.) ; — N©p (II Sam., xiv, 
43) ; Niapi (Ex., xxv, 28; II Rois, xx, 17; Is., xxxix, 6; Amos, iv, 
2) ; — utrâ (Jér., iv, 26 ; Nah., 1, 6; cf. pna et yn; 3 ). 

En dehors des verbes a"s, lep*nû paraît avoir été remplacé par le 
pin dans quelques verbes, de sorte que le passif du qal est devenu 
un piel, à savoir dans i-orân (Jonas, 1, 4) 4 ; — nns (Job, xxx, 11, 
s'il ne faut pas lire inrç) ; rsnris (Is., xlvii, 8; cf. l, 5); wnsi 
(il)., lx, 11; cf. nias?). 

Dans un certain nombre de passages, il semble que le qal actif 
ait été substitué au passif du qal. Il est probable, en effet, que là 
où le verbe actif n'a pas de sujet, l'écrivain biblique avait employé 
le passif. Ces passages sont : -in (Hab., ni, 17); — r-en (Gen., 
xxvi, 18) ; — npVi (Lév., xiv, 14); — rnûtt (Nombr.-, xxxv, 25) ; — 
fiîin (Mich., 11, 4) ; — bu3Di (Deut., xix, 5); — fni (Lév., x, 17 ; 
I Rois, xviii, 26) ; — TO* (Gen., xxxiv, 7; I Rois, xvni, 26); — 
fcOp (Gen., xi, 9; xvi, 14; xxr, 31; xxv, 30 5 ; xxxi, 48; xxxiii, 

1 Le pièl ne se rencontre que dans Prov., xix, 26, et xxiv, 15. 

* C'est ce verbe qu'il faut citer d'après le qeré, et non bHIÊ, car le ketib ne prouve 
pas que ce verbe ait été usité au qal. 

3 II est probable que parfois *jrû a été mis pour *|ri5 ; cf. 'jri^. Mais comme le 
nifal de ce verbe se rencontre souvent, il est difficile de distinguer les exemples de 
vrai nifal de ceux où le nifal a été substitué au passif. 

* Voir Revue, t. XXXVII, p. 269. 

» Dans xxix, 34, il faut plutôt lire il&np. 



j,i, REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

17; Ex., xv, 23;Nombr., xm, 24;Deut., xy, 2) ; — tamh (Lév., 

xiv, 5) '. 

Le futur du passif du qal se rencontre dans plusieurs verbes 
irre'guliers, à savoir : 

*)Nïp (Nombr., xxn, G); — é'iv (Is., xxvm, 2*7); — bni-«rj (ib., 
lxvi, 8) ; — ftp (Prov., xxi, 10) 2 ; — siprpi (Job, xix, 23); — pttr 
(Lév., xxi, 10; Job, xxn, 16)»; — TSfcV (Is., liv, 17) 4 ; nS^ (Is., 
xxiv, 12; wï; (Mich., i, 7; Job., iv, 20) 5 ; — nç* (Gen., xvm, 
4); np^ (Is., xlix, 25; Job, xxvm, 2); np^_ (Is., xlix, 22; Ez., 
xv, 3) ; hJFn (Gen., xn, 15); — ûp^ (Gen., iv, 24 ; Ex., xxi, 21) ; 
ûp;_ (Gen., iv, 24) ; — jrn (Lév., xi, 38 ; Nombr., xxvi, 54; xxxir, 
5; II Sam., xxi, G, qerè ; I Rois, n, 21; II Rois, v, 17; Job, 
xxvm, 15); 'jn'i (II Sam., xvm , 9); — yrn (Lév., xi, 35); — 
rênrn(Ez., xix, 12); — ^o"" = ^"dt» (Ex., xxx, 32); — &?r< (Lam., 
iv, 1); — açvn (Gen., xxiv, 33); dte^i = ûbw (*&., l, 26); — 
Tév* (Os., x, 14); ittrtn (Is., xxm, 1); — lév (Is., xxvi, 1); — 
niri (Ex., xxi, 30). 

Il est probable qu'il faut ajouter ïtjw (Ex., xix, 13), qui doit se 
lire tt"P? = ttW car la racine de ce verbe est ^Tt; il aurait fallu 
au nifal r;nv et l'infinitif ïfp qui le précède montre que le verbe 
est au qal 6 . 

1 A ce propos, nous noterons quelques passés pièl et hifil qui ont été subs- 
titués au poual et auholal: *)tt (I Rois, xm, 22; -jai ib., v. 17, est aussi à chan- 
ger en n^); — nnnri (Jér., u, 56) ; — «3> (Lam., v, 11) ; — wy (Ez., xxm, 
3) ; cf. :D3>fa; — ÏTI3E (I Rois, xm, 9); — W13È (Lév., vin, 31, d'après la Sep- 
tante); — "l2"»p (Is-, xxi, 6); - TTÎm (Amos, m, 11); — 5"5Ï1 (Eslh., m, 7); 
nN"",n (Ex., xxvn, 8) # 

« bans Is., xxvi, 10, le même mot est douteux ; ou serait porté à lire Tn\ 

3 Le hol'ul p£"in ne se trouve que dans Ps., xi.v, 3, et est peut-être une forme 
analogique. Le hifil np£*1 et le participe p!£70 out une autre l'orme et un autre 

sens. 

4 ^p^" 1 a été laissé de côté, parce qu'il appartient peut-être au qal actif (Bartb, 

Z.D.M.G., 1894, p. 14). 

s Le hifil de nrO (Nombr., xiv, 45 ; Deut., i, 44), si toutefois SinS)*] est un hifil, 
a un autre sens, auquel on peut rattacher le hofal r\F3** dans Jér., xlvi, 5. 

6 L'infinitifabsoluse met rarement devant un autre verbe d'une conjugaison ; la plupart 
des exemples donnés par les grammairiens (Ges.-Kaulzsch, ^ 113 w) sont peu probants : 
biNttî (H Sam., xx, 18) peut aussi bien être un pièl que ïÔN'C? ; — VflV [Gen., 
xxvn, 33) précède £pa qui est un passif du qal. — Dans Gen., xlvi, 4, au lieu de 
"p^N, il 7 avait ptUt-Ôtre yn? nbjN d'après le parallélisme de ^fty TIN- — 
Dans Ex., xxi, 20, il y avait peut-être primitivement ÛS" 1 comme au verset 21. 
C'est peut-être 2p2 même qui a entraîné l'altération de Qp^ en Ûp5\ — Dans Is., 
xl, 30, au lieu de ib'CS" 1 il faut peut-être lire :T?\3D^ car le qal de ce verbe est 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 205 

Il est probable que les auteurs bibliques avaient employé le pas- 
sif du qal au futur aussi bien dans les verbes réguliers que dans 
les verbes irréguliers, car il n'y a pas de raison pour qu'on ait 
fait une différence entre ceux-ci et ceux-là, et que dans les verbes 
réguliers mômes on ait employé le passé et non le futur. Le fait 
que devant le futur nifal on trouve l'infinitif qal, est un indice que 
le nifal a été substitué au passif du qal, par exemple bps? b'po 
(Ex., xix, 3), bp£p bipuJ (Job., vi, 3). Nous pouvons donc croire 
que le futur nifal, employé comme passif, dans les verbes dont on 
trouve le passé passif est souvent une altération du passif du qal. 
Tels sont les verbes : sps 1 , -ion, n^, vil, *ib\ 'm, rar*, nap, «np, 
rpia, ssu:, ^du:. Toutefois il est à remarquer que quelques-uns de 
ces verbes ont aussi un nifal certain dans le sens passif, à sa- 
voir : :nT, ib*, 119, aï*, fiop. Il est donc difficile d'affirmer que 
tel ou tel futur du nifal a remplacé à tort le passif du qal, et 
cela même dans les verbes dont on ne trouve pas le nifal 
à un autre temps qu'au futur, comme spa, ^DK 2 , a35, nnp, 
tpia, nau5, ^su: 3 . La même incertitude existe, à plus forte raison, 
pour les verbes qui ne présentent pas de passif du qal : IttN (être 
élevé), naa, ^a, 'jm, nsa, batt (Lév., xxv, 20 ; xxvn, 20, 27), npi, 
ittî, aan, pbn (Nombr., xxvi, 53, 56), uhn (être labour^), aba, 
STO, Yta, î"«» (être compté), w (Job, xxvm, 13), *ttû (être 
fermé), idd, ^iso, ïto (être exaucé), nsb (être saisi), ^ps être rap- 
pelé) 4 , vpp, y**?* rcipi nn, oïïi, wto-, safirâ, ep5, -jdd (Ps., ix, 
20), Jinu3, ■fon, *pn s . 

Par contre, dans les verbes d"d qui présentent le futur actif là 
où le sens exigerait un passif, il paraît certain que le passif du qal 

aussi usité. — Dans Lév., xix, 20, il faut lire sans aucun doute ÏTlSïl ; ï"»;?^ 
ne se comprend pas et il ne peut pas y avoir, en réalité, d'infinitif passsif. — Il en 
est de même de ain!"! (II Rois, ni, 23), qui doit se lire a^ïlîl, — Dans I Sam., n, 
16, on peut lire , |!nap\ — Dans nbnn bnn!l (Ez., xvi, 4) il est probable que 
le J-j est en trop dans bnnn ou a été omis dans nbnn devant le n. — Dans Jé- 
rémie, x,5, on pourrait peut-être lire iSi'^5 et dans xlix, 12 : Hp5. Toutefois il n'est 
pas impossible qu'on ait fini par mettre l'infinitif qal devant le nifal, considéré 
comme passif du qal. Les seuls exemples sûrs d'infinitif devant un verbe d'une 
conjugaison différente se rencontrent dans Is., xxiv, 19, et dans la locution fré- 
quente nw nïTD. 

1 En dehors de Jér.. vin, 2 ; Ez., xxix, 5, le nifal de £pN est un réfléchi. 

2 Dans Gen., xlii, 16, "HON'H nous paraît une faute pour VlONn L'impératif eit 
peu admissible dans ce passage. 

3 Le passé ^DMJD est employé comme réiléchi. 

* Y^p ne se rencontre au sens passif que dans Ez., xxxix, 5, où il faut lire sans 
doute IDpn. 
5 J^FP dms Job, xvii, 3, devrait plutôt se lire 3>prP, 



20G REVUE DES ETUDES JUIVES 

avait été employé par les écrivains bibliques et que le p^in a été 
mis indûment à la place du pnui. Les exemples de ce genre sont : 
HT©} (Prov., Il, 22) ; — ?zp (Is., xxxm, 20); — «fe* (Is., VIII, 4; 
Mich., ii, 4); — bç"j (Deut., xxviii, 40) ; — pé] (Gen., xli, 40 ; 
Prov., xxiv, 26);— jwj (Prov., xm, 10; Job, m, 20); — flw 
(Is., # liii, 9) 1 . 

Dans les autres verbes qui sont au futur qal alor3 qu'on atten- 
drait le passif, on se heurte aux mêmes doutes que pour les 
verbes nifal cités plus haut, car le qal a pu être substitué au pas- 
sif du qal ou au nifal. Les exemples sont : nttâ*i (Gen., xlviii, 1); 

— nn*3 (ïb., vu, 23) ; — rvùiï\ (Lév., xvi, 32) ; Sibap (Is., xv, 5) * ; 

— rtteç (Jér., m, 16); — ip^ (Is., xxvn, 3) ; — VÇLp^ (Lév., x, 
6); — Nnp«3 (Gen., xxxv, 8; Ex., xvn, 1; Lév., i, l 3 ; II Rois, 
xvni, 4; Jér., xxxm, 16) ; — ri£-r (Nombr., xxxv, 30) ; — rpbn 
(Jér., xxxvm, 23); — naiç-i (ib., xix, 11); — unie": (Lév., iv, 33; 
xiv, 13); — t|b©^ (I Rois, xxn, 38). — ttinrn (Amos, vi, 12), 
malgré le vav, qui peut être une faute de copiste. — Dans Esther, 
m, 2, n*i est sûrement pour îjrn *. 



VI. Le nifal comme passif du qal. 

Si le nifal a pu être parfois substitué à tort par la Massora au 
passif du qal, il est néanmoins tout à fait certain que de bonne 

1 A cette occasion nous signalerons quelques verbes où le qal a été substitué au 
vrai hofal : fpp (il Sam., xiv, 14). Le qal ne se rencontre que dans mib (Deut., 
xx, 19) avec un autre sens. — n^ni (Is., ix, 17) ; ïiriât'] (Is., xxxm, 12; Jér., li, 
58) ; r^n^n (Jér., xlix, 2) ; — ^i (Deut., xxm, 20; cf. ïtân). 

s Même les verbes intransitifs ont pu avoir un passif impersonnel. 

3 Voir Wogue, Le Pentateuque. ad L 

* On trouve le pièl futur substitué au poual dans ■J^S"' (I Rois, xiv, 10) ; — 
£-p"n (Ex., x, 11. Le samaritain a Vinm ; — nV^P (Lév.,' viii, 33 ; xvi, 32); — 
"lato' 1 (Is-, xxxvm, 13). Le hitil est mis à la place du hofal dans ■"ibi^ (Jér., xxxn, 
5) ; peut-être dans ^p* 1 (Lév., xiv, 41) et ^p^2 (Gen., xxix, 2). — Notons à cette 
occasion d'autres substitutions d'une conjugaison a une autre : Le nifal est mis pour 
le hifil dans OTSP (Deut., xx, 8). bn**1 (Gen., vu, 12) doit se lire au piel bfT^I on 
est pour le hiûl bwi (cf. I, Sam., xm, 8); JlbniD (Ez., xix, 5) est douteux. — 
Le hiûl est mis pour le nifal dans p73H (Zacb., xiv, 12). Le hofal est mis pour le 
nifal dans rtlETi (Lév., xix, 20) et a*ïnï1 (II Hois, ni, 23). Le mot ^pn3!TI (Juges, 
xx, 31) doit sans aucun doute se lire ipn5*l ; Ip^Ti (Esd., m, 11) est évidem- 
ment pour TD^n. Sur les exemples de verbes où le nifal a été substitué au qal, tels 
que ni&nb v.Ges.-Kautzsch, § 51 l. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HEBREU 207 

heure le nifal a été employé avec le sens du passif, et on re- 
marque que ce sont les verbes les plus usuels qui paraissent 
avoir été les premiers employés de cette façon. Tels sont : nia*, 
•jna, npb, bien que ces deux derniers aient continué à être em- 
ployés au passif du qal. On notera également que plusieurs nifal 
passifs ne sont usités qu'au participe : 

baa, être mangé (Ex., xxn,5; Lév., vu, 18, xi, 47; xix, 7) ; — 
tin, maudit (participe, Mal., m, 9); — j-jîa, méprisable (Is., lui, 
3, etc.); — ftn, être pillé (Is., xxiv, 3; Am., ni, 11); — nna, être 
préférable (passé : Jér., vin, 3 ; participe : Prov., vin, 10, etc.); 

— i-rta, être bâti (Nombr., xm, 22, etc.) ; — 5i?a, être cherché 
(Ob., 6) *; — ppa, être dévasté (Is., xix, 3; xxiv, 3); — *na, être 
créé (Gen., n, 4; v, 2; Ex., xxxiv, 10; Is., xlviii, 7, etc.); — sna, 
être coupé (Is.. xiv, 12, etc.) 2 ; — m (?), être tranché (Nah., i, 
12); — btt, être enlevé (Prov., iv, 16); — tîji, être retranché (Is., 
lui, 8, etc.) ; — b*iï, être sevré (Gen., xxi, 8; I Sam., i, 22); — 
b:w, être souillé (II Sam., i, 21); — :na,être diminué (Ex., v, 11; 
Lév., xxvn, 18; Nombr., xxxvi, 3); — tan, être foulé (Is., xxv, 
10) ; — tzm, être recherché (Gen., xlii, 22; I Ghr., xxvi, 31); — 
mn, être respecté (Lam., v, 12) ; — ^dï-î, bouleversé (participe : Jo- 
nas, m, 4); — *Dï, rappelé (participe : Esth., ix, 28) 3 ; — ù*Y, être 
réprouvé (Prov., xxv, 23); — anT, être semé (Nombr., v, 28; Ps., 
xxxvi, 9); — TOn, désirable (participe : Gen., n, 9, etc.) ; — Dttfi, 
être violenté (Jér., xm, 22); — ïisn, couvert (part. : Ps., lxviii, 
14); — iosn, être fouillé (Ob., 6); — npn, être examiné (I Rois, vu, 
47; Jér., xxxi, 37; xlvi, 23); — ynn, décidé (part. : Is., x, 23; 
xxviii, 22; Dan., ix, 26, 27; xi, 36); — aien, être compté (Gen., 
xxxi, 15, etc.); — ûnn, être scellé (Esth., ni, 12; vin, 8) — mu, 
être enduit (Lév., xiv, 43, 48); — 3>T, être connu (Gen., xli, 21 ; 
Ex., ii, 14, etc.); — nb\ être enfanté (Gen., xxi, 3, 5; xlviii, 5 ; 
IRois, xliii, 2; Osée, n, 5, etc.); — w, être fondé (Ex., ix, 18; 
Is., xltv, 28); — tp\ être ajouté (Nombr., xxxvi, 3, 4; Is., xv, 9; 
Jér., xxxvi, 32); — *ït,\ être formé (Is., xliii, 10) ; — ittp^ être pris 
au piège (Is., vin, 15, etc.) ; — an\ redoutable (part. : Gen., xxvin, 

17, etc.) 4 ; — aio\ être habité (Jér., xi, 8, etc.; part.: Ex.,xvi,35); 

— laaa, être conquis (Nombr.,xxxn,22,29; Jos.,xviii,1; Néh.,v,5; 
IChr., xxn, 18); — nab, être pris (Josué, vu, 15, I Rois, xvi, 

18, etc.) ; — npb, être pris (I Sam., iv, 11, etc. ; xxi, 7 ; II Rois, n, 

1 Le sens de ÏTP35 dans Is., xxx, 13, est douteux. 
1 Dans Juges, xxi, 6, il vaudrait mieux lire 3>"")W. 

8 Les autres exemples (en dehors de Nombr., xx, 9, et Ez., xxi, 9, qui sont des 
réfléchis du hifil) peuvent être des passifs du qal. 
* Le futur nifal NTin, dans Ps., cxxx, 4, est obscur. 



208 REVUE DES ETUDES JUIVES 

9 ; Ez., xxxni, G; Esth., n, 8, 16); — oaw, être rejeté (Is., liv, 16 ; 
Jér., vi. 30; Ps., xv, 47; — bra, être circoncis (Gen., xvn, 22; 
Lév., xn, 3) ' ; — Sir», être effacé (Ez., vi, 6) ; — *D72, être vendu 
(Lév., xxvn, 27;Is.,l, 1; lu, 3;Ps., cv, 17; Esth , vu, 4); — 
iistt, être compté (Is., lui, 12)*; — fitttta, être trouvé (Gen., xix, 
15; xli, 38, etc.) ; — TXft, être exprimé (Lév., i, 15) ; — ma», être 
oint (Lév., vi, 13 ; Nombr., vu, 10, 81, 88 ; I Chr., xiv, 8); — tpa, 
être frappé (Nombr., xiv,42;Deut, i, 42; xxvm,7, 25; Juges, xx, 
32, etc.); — tp3, poussé (part. Lév., xxvi, 36; Is., xix, 7; xli, 2; 
Pr., xxi, 6; Job, xm, 25) 3 ; — rtûS, être incliné (Zach., i, 16) 4 ; 
— Nttfo, être porté (Is., xlix, 22; lxvi, 12; Jér., x, 5); — "jna, 
être donné (Ex., v, 16, 18, etc.) ; — ©n3, être arraché (Jér., xvm, 
14; xxxi, 40; Dan., xi, 4); — nbD, être pardonné (Lév., iv.20, 
etc.; Nombr., xv, 25, 26, 28) ; — ïidd, être anéanti (l Sam., xxvi, 
10; ls., xm, 15; Prov., xm, 23; I Car., xxi, 12) ; — W, être 
cultivé (Ez , xxxvi, 9, 34) ; — nr*, abandonné (part. : Is., xxvn, 
10; Ez., xxxvi, 4; Ps., xxxvn, 25) 5 ; — w, être aidé (Ps., 
xxvn, 7; II, Chr., xx'vi, 15); — XSS9, être puni (Prov., xxn, 3; 
xxvn, 12); — ÏTQ9, être fait (Lév.. vu, 9; xvm, 30 ; Nombr., xv, 
24; Deut., xm, 15; xvn, 4; Juges, xvi, 11, etc.); — Js», être ca- 
ché (Jér., xvi, 17; Job, xv, 20; xxiv, 1);— anp, être invoqué 
(Deut., xxv, 10, etc.) 6 ; — wn, être brisé (Prov., xi, 15;xm,20j; 
— KBn, être guéri (Lév., xm, 18, etc.; Deut.,xxvm, 27,25; Is., lui, 
5; Jér., xv, 18, etc.; Ez., xlvii, 15);— fflbn, troublé (part. : 
Prov., xxv, 26) ; — n^, être agréé (Lév., i, 4), être payé (Is., 
xl, 2) ; — mn, tué (part. : Juges, xx, 4) ; — ym, être broyé (Ez., 
xxix, 7; Eccl., xn, 6) ; — nan3, être fait captif (Gen., xiv, 4 ; Ex., 
xxii, 9, etc.); — *OXD, être brisé (Ex., xxn, 9, 13; I Rois, xxn, 49 ; 
Is., vin, 15, etc.); — TTCJ, être ravagé (Mich., n, 4); — rtWD, 
être oublié (Gen., xli, 30; Deut., xxxi, 21; Is., xxm, 15, etc.); 
— nbrâ, être envoyé (Esth., ni, 13); — JEUJ, être entendu 
(Gen., xlv, 16; Ex., xxm, 13, etc.) ; — *fnxÔ, être gardé (Os., 
xn, 14; Ps., xxxvii, 28); — DDE, être pillé (Zach., xiv, 2); — 
bpsJ, être pesé (Esd., vin, 33); — tibn, être pendu (Lam., v, 
12); — bsn, être attrapé (Nombr., v, 16; Jér., l, 24, etc. ; Ez., 
xn, 13, etc.). 

1 Voir ci-dessus. 

2 Dans Eccl., i, 15, nous serions porté à lire mbjaîlb de &bl2, ce verbe étant 
l'opposé de "iDn. Graelz corrige de même niinb (Ps., xc. 12) en mbttb. 

3 On trouve l'infinitif seulement dans Ps., lxviii, 33. 
* Pour Ûp3, voir ci-dessus p. 204, note G. 

1 ri373*2. Is-, LXH, 12, est peut-être aussi un participe, malgré le ton milleêl. 
8 Le nit'al de fl"n dans Lam., v, ;j, et Eccl., m, o, a peut-être le sens passif; 
mais la siijnitication de ce verbe dans les deux passages est obscure. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HÉBREU 209 



VII. LE NIFAL COMME PASSIF DU PIÈL. 

1° Verbes dont le qal existe : 

ybi, être troublé (Is., xxviii, 7; Os., vin, 8);— ïtvt, être dis- 
persé (Ez., vi, 8); — to, honoré (part. : Gen., xxxiv, 19, etc); 

— sbp, être glorifié (Ex., xxix, 43). 
2° Verbes dont le qal est inusité. 

!Tia, être désiré (Is., lu, 7 ; Jér., vi, 2; Ps., xxxn, 1, etc.) ; — 
n^a, être épouvanté (Esth., vu, 6 ; Dan., vin, 17; I Ghr.,xxi, 
30); — xcrù, être chassé (Jonas, n, 5) ; — ao^ et trpl, être écrasé 
(Is., lvii, 15; Ps., xxxvni, 9; li, 19)*; — bbn, être profané (Ez., 
vu, 24; xx, 9, etc.); —113, préparé (part. : Gen., xli, 32; Ex., 
vin, 22, etc.) 2 ; — nos, être couvert (Jér., li, 42; Ez., xxiv, 8); 

— ïip3, être acquitté (Gen., xxiv, 8, 41 ; Norabr., v, 28, etc.); — 
sjpa, être attiré dans un piège (Deut., xm, 30) 3 ; — m?, être 
vidé (Is., xxxn, 15); — û*d, être frappé (Gen., xli, 8; Ps., 
lxxvii, 5); — nno, être séduit (Jér., xx, 7 ; Job, xxxi, 9 ; — nrm5, 
être ruiné (Ex., vin, 20); — n:>n, être abhorré (Is., xiv, 19 ; Job, 
xv, 16; IChr., xxi, 6). 



VIII. Le NIFAL COMME PASSIF DU HIFIL. 

1° Verbes dont le qal existe : 

jps, être pris d'assaut 4 (II Rois, xxv, 4 ; Jér., lu, 7; Ez., xxx, 
16);— rr, être châtié (Jér., xxxi, 18; Prov., x, 9) ; — rro, être 
retranché (Gen., xvn, 14, etc.); — btètt, être comparé (Is., xiv, 
10; Ps., xxviii, 1; xlix, 13, 21; cxliii, 7); — ana, être secoué 
(Araos, ix, 9; Nah., m, 12); — p-jsr, être justifié (Dan., vin, 14) 
— nttit, être anéanti (Job. vi, 17; xxxm, 17) ». 

2° Verbes dont le qal est inusité : 

•p3N, être cru, être sûr (part. : Nombr., xn, 7; Deut., vu, 
9, etc. Verbe: Gen., xlii, 20 ; II Sam., vu, 16, etc.); — Vn, 

1 Le qal ne se trouve que dans le passage douteux, Ps., X, 10. 

2 Le passé se rencontre une fois dans Prov., xix, 29. 

3 ©pÎ3 (Ps., ix, 7) est le nifal de u3p", et non le participe de lÉp^. 

, * Le qal, dans le sens de prendre d'assaut, se rencontre seulement dans I Chro- 
niques, xxi, 17, et xxxn, 1, tandis que le hifîl se trouve dans Is., vu, 6, et le hofal 
dans Jérémie, xxxix, 2. 

3 Le qal se rencontre seulement dans Lam., m, 53, et le pièl dans Ps., cxix, 139. 
T. XLI, n° 82. 14 



.,,,, KK.VI'K DBS ÉTUDES JUIVES 

être séparé (Esd. . x, 8, 16 ; I Chr., xxm, 13)' ;-»<.ôtre chagriné 
(Lam., i, 4: Soph., m, 8)«; - »*. être aecouru (Nombr., x^>; 
b xlv 11 22; Jér., iv, 14; vin, '20; Ps., xxxm, 16);— ff, 
être laiasé, reater (Ex., x, 15, etc.); - rwa, être ailligé (Pa., cix, 
16- Dan., xi, 30); —a», être convaincu de mensonge (Prov., 
xxx 6; Job, xl, 1);— TtO, être exterminé (Ex., IX, 16; Zacli., 
» 9; Job, IV, 1; xv, 28 ; xxn, 20) ; -tftD, être couvert de honte 
(Nombr., xii, 14; 11 Sam., x, 5; xix, 4; ls.,xu, 11 .etc.) ; - «m. 
êtrefrappé(IISam.,x,,15); - S»», être aeduit (la., x.x, 13), 
- -m>, être laissé, rester (Gen., vu, 23, etc.) ; - TWi, être exter- 
miné (Gen., xxxiv, 30 ; Deut., iv,26, etc.). 

IX. Le nifal au même sens que d'autres formes. 

Le nifal présente parfois une signification identique ou analogue 
à celle du qal. En effet, le nifal étant souvent le réfléchi dune 
forme factitive peut indiquer que l'on s'oblige soi-même à faire 
un acte, et se rapproche ainsi du qal qui signifie simplement faire 
un acte. L'action exprimée parle qal est spontanée et celle qui est 
exprimée parle qal est plutôt due à un effort de volonté. La dis- 
tinction entre ces deux formes finit quelquefois par s'effacer dans 
l'usage au point même que, dans certains verbes, comme i*», .le 
oal est réservé à certains temps et le nifal à d'autres. Le plus 
souvent entre le qal et le nifal il y a des différences de nuances 
par exemple rfe, monter, rtwg, se retirer. Les verbes ou le mfal 
est synonyme du qal sont: 

,i gémir (Ez., ix, 4; xxiv, 11) • ; - m* (= M», être dé o é 
fJob i 18) 4 ; — -wa, êtresot (Is.,xix, 11 ; Jér., x, 14, 21 ; li, ni, 
_ rfe| disparaître (Is., xxxvni, 12) ; - V», attirer (la nourriture), 
ruminer (Lév., xi, 1); - ^n, se tarir (Job, vi, 11), - rrfl, se 
réaliser, devenir (Ex., xi, 6 ; Deut., iv, 32 ; xxvn, 9 ; Juges, xix, 
30 etc.) ;- nbrt, partir (Ps., cix, 23);- "vit, reculer (Is., 1,4; 
Ez ix 5) ; - nbn, s'affaiblir (Is., xxn, 11 ; Jér., x, 10, etc ; Ez., 
xxxiv, 4, 21 ; Amos, vi, 6 ; Nah., m, 19 ; Daniel, vm, 29); - BOT. 
s'échauffer (Is., lvii, 5); -ton, se précipiter (I Sam., xxm, b , 

. On pourrait lire le hofal à la place du nifal. De même dans certain, antre» 
■verbes. 

» Le pièl se trouve seulement dans Lam., III, 33. 

» Sur m«3, Ps., lmvi, 5, voir ci-dessous. 

* On remarque que beaucoup de ces verbes ne se rencontrent qu une fois dans la 
Bible au nifal, ce qui permet de supposer des fautes de texte. Quelques-uns ne se 
rencontrent aussi qu'au participe. 



L'EMPLOI DU NIFAL EN HEBREU 211 

Ps., xlviii, 6 ; liv, 7) ; — Tin, s'enflammer (Jér., vi, 29; Ez., xv, 
4; Ps., lix, 4; en, 4) »; — nnn(?), être effrayé (Mal., n, 5); — biiJD, 
trébucher (I Sam., n, 4; Is., xl, 30, etc.); — nb, pervers (part. : 
Is<, xxx, 12; Prov., n, 15; in, 32; xiv, 2) 2 ; -— ato, défaillir (Ex., 
xv, 15, etc.); — ttto, chanceler (Is., xl, 20; xli, 7; Ps.,x, 6, 
etc.) ; — rnz», tarir (ls., xix, 5); — ijo, être agité (II Rois, vi, 11); 

— nsy, troublant (part. : Ps., xxxix, 3; Prov., xv, 6); — fib?, 
se retirer (Ex., xl, 36, 37 ; Nombr., ni, 22, etc. ; II Sam., n, 27 ; 
Jér., xxxvn, 11 ; Ez., ix, 3; Esd., i, 11) ; être élevé (Ps., xlvii, 
10; xcvn, 9); — ob*, s'agiter (Job, xxxix, 13) ; — ïw, répondre 
(Ez., xiv, 7); — *m*, pressant (part. : Prov., vu, 6); — bbs, tin- 
ter (II Rois, xx[, 12 ; Jér., xix, 3) ; — bbp, être léger, peu impor- 
tant (I Sam., xviii, 23 ; I Rois, xvi, 31, etc.; Is., xxx, 16) ; — mp, 
(Ex., xxii, 7; Jos., vu, 14); — mi, vaste (part. : Is., xxx, 23); 

— Ù73T, être élevé (Nombr., xvn, 10; Ez., x, 15, 17, 19) 3 ; — twn, 
être ébranlé (Jér., l, 46). — Wi, relâché, paresseux (part. : Ex., 
v, 8, 17); — aab, être élevé (Is., n, 11, 17, etc.); — narâ, être 
orageux (Ps., l, 3) ; — narâ, cesser, chômer (Is., xvn, 3 ; Ez., vi, 
6; xxx, 18; xxxiii, 28); — ûtttà, être désolé (Lév., xxvi, 22; Is., 
xxxiii, 8, etc.); être étonné (Jér., iv, 9; Job, xviii, 20) ; — Jttt», 
obéir (II Sam., xxii, 45 = Ps., xviii, 45); — Iran, s'égarer (Is., 
xix, 14; Job, xv, 31). 

Le nifal est employé dans un sens analogue à celui du pièl dans 
le verbe raro, flatter (Deut., xxxiii, 29). Le nifal est synonyme 
du hifil dans les verbes suivants : *pn, être intelligent (Is., x, 13) ; 
le participe ^na est fréquent; — ï»b\ murmurer; le nifal se 
trouve dans Ex., xv, 24; xvi, 2 (qeré), 7 (ketib) ; Nombr., xiv, 
2, 36 (ketib) ; xvi, Il (ketib); xvn, 6; Josué ix, 18, et le hifil dans 
Ex., xvi, 2 (ketib), 7 (qeré), 8; xvn, 3; Nombr., xiv, 27 ; 36 (qeré), 
xvi, 11 (qeré) ; xvn, 20 ; — ïttt, se disputer (nifal : Ex., n, 13 ; xxi, 
22; Lév., xxiv, 10 ; Deut., xxv, 11 ; II Sam., xiv, 6 ; hifil : Nombr., 
xxvi, 9 et Ps., lx, 2 5 ) ; — b^D, agir sottement (nifal : I Sam., 
xni, 13 = I Chr., xxi, 8 ; II Sam., xxiv, 10 — II Ghr., xvi, 9. 
Hifil : Gen., xxxi, 28; I Sam., xxvi, 21); — rpui, regarder (nifal 



1 *irn (Ez., xv, 5, et "nrp, xxiv, 10) pourraient être du qal. 

* Le qal ne se rencontre que Prov., ni, 21. 

» Le qal se rencontre Job, xxii, 12, et xxiv, 24. 

4 Nous rattachons le verbe *libn et ■jbïl « murmurer » à l'arabe *pb « être doux ». 
Le mot hébreu a dû signifier à l'origine « parler à voix basse ».Le 1153*7 du lamed, 
qui est dû à une assimilation régressive du i ou b, se comprend mieux avec une 
racine *pb qu'avec *pb. De même nSïl nous paraît venir de i"P5» tandis que Î"n2 
est régulier comme les vertes Y'#. 

* Ce dernier passage est douteux. 



, u REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

dans Nombr., m, 20; nni, 28; Juges, v, 28, etc. ; hifll dans 
Gen..xviii,16;xix.28;xxvi,8;Ez M xiv,24; Deut., xxvi, 15; 

11 Sam., xxiv, 20, etc.). 



X. NlF.U. EMPLOYÉ PARTIELLEMENT. 

Dans plusieurs verbes on rencontre le nifal seulement à certains 
temps, tandis que pour les autres temps on emploie le qal. Dans les 
verbes qui sont rares on peut croire que le hasard a fait qu on 
trouve le nifal à tel temps et le qal à tel autre. Mais d'autres sont 
trop usités pour que cette explication soit admissible. Il est vrai- 
semblable qu'à l'origine le nifal et le qal avaient chacun leur 
acception spéciale, mais la différence de sens s'est effacée et 1 ana- 
logie de son a fait préférer les temps qui se ressemblent dans 
l'une et l'autre formes, comme »M et w. c ' est pourquoi la 
plupart de ces verbes sont employés au passé nifal et au futur 
qal. Dans quelques-uns on n'aperçoit pas la raison qui a fait pré- 
férer le qal ou le nifal pour les différents temps : 

bbi ', être pauvre : Qal passé (Is., xix, 16; xxxvm, 14(?) ; Ps., 
lxxix, 8; cxvi, 6 ; cxlii, 1 ; Job, xxvm.9); le participe est très usité 
comme adjectif. Nifal futur (Juges, vi, 6, et Is.,xvn,4). - Wi, être 
anéanti : Qal futur (Mr., xiv, 11 ; Lam., m, 49 »). Nifal passé (Is., 
vi, 5; xv, 1; Jér., xlyii, 5 ; Osée, iv, 6; x, 15; Ob., 5; Soph., 
i, 11) ; participe (Osée, x, 7) ; infinitif (Mi., 15). - tnn, se taire : 
Qal passé (Ps., xxxv, 15; Job, xxx, 21) ; impératif (Josué, x 12, 
etc ) Nifal futur avec voyelle o (Lév., x, 3; Jos., x, 13, etc.). 
np être brûlé, dévasté : Qal futur (Is., ix, 11; xxxn, 12; Jer., 
xlix 2-u, 58). Nifal passé (II Rois, xxii, 13, 11; Jér., il, 15; IX, 9, 
11 • xlvi, 19; Néh., i, 3 ; H, 11). - ne6. s'épuiser : Qal futur (Gen., 
xix, 11 ; Job, iv, 2, 5). Nifal passé (Ex., vu, 18; Is., i, 14, etc :.). - 
«M s'approcher: Qal futur (Gen., xvm, 23, etc.); impératif, ib., 
xix, 9, etc.); infinitif (Gen., xxxiii, 3,etc). Nifal passé (•&., xxxm, 
6, etc.); participe (Ex., xix, 12, etc.). -yo, se répandre : Qal futur 
(Jér.,XLii, 18, etc.). Nifal passé (Ex., ix, 33, etc.); participe (Jer 
VI , 20) — iw, s'éveiller : Qal impératif (Juges, v, 12; ls., Ll, y, 
etc.; partiel,* (Mal., u, 12; Cant., v, 2'). Nifal passé (Zach., .., 
11); futur (Jér., vi, 22, etc.). - ». languir: Qal futur (Gen., 

« Dans bVi am d»n plusieurs grammairiens considèrent les formes du futur 
JS^k •c.mmà app.rua.nl a» ,5 et éunt des aramaïsmes. Il nous para,! plu. 

naturel d'y voir des nifal. 

■ Le passé du qal nrWT, Osée, ir, 5, est plus que douteux. 
3 Le futur du qal se rencontre avec le sens actif dans Job, xli, 4. 



L'EMPLOI DU N1FAL EN HEBREU 213 

xlv, 26; Hab., i, 4; Ps., lxxyii, 3). Nifal passé (Ps., xxxviii, 
9). — yiD, se disperser : Qal futur (Gen., xi, 4, etc.) impératif 
(I Sam., xiv, 34). Nifal passé (Gen., x, 18, etc.) ; participe (Il Sam., 
xvm, 8; I Rois, xxn, 17 == II Chr., xvm, 16). — tnp, se dégoûter : 
Qal futur (Ps., xcv, 10). Nifal passé (Ez., vi, 9; xx, 43; 
xxxvi, 31 ; Job, x, 1). — î-jkiû, être désert : Qal passé (Is. t vi, 11). 
Nifal futur (ib., et xvn, 12, 13). — ûtoï-i, finir : Qal passé (Gen., 
xlvii, 18, etc.); infinitif (Lév., xxv, 29, etc.) ; le participe est usité 
comme adjectif. Nifal futur en o (Gen., xlvii, 15, etc.) et en a 
(Nombr., xiv, 35, etc.). 

Le verbe «yn, qui se rencontre au passé du qal dans Ps., xxxiv, 
11, et souvent comme participe (ISam., xvm, 23, etc.), a pour fu- 
tur le nifal du verbe tDT> (Gen., xlv, 11 ; Prov., xxx, 9). 

Le nifal de air* n'est employé qu'au passé (Gen., xxxvn, 7 etc.), 
et au participe (Gen., xxiv, 13, etc). Aux autres temps, on se sert 
du hitpael, qui ne se trouve au passé que dans Nombr., xi, 16, et 
II Chr.. xi, 13, et jamais au participe. — Le nifal de atta n'est 
usité qu'au passé (Lév.. xvm, 24, etc.) et au participe (Ez., xx, 
30, 31). Pour le futur on se sert du hitpael (Lév., xvm, 24). On 
rencontre toutefois au passé la forme anormale tttftean (Deut., 
xxiv, 4). 



XL Nifal isolé. 

Un grand nombre de verbes ne présentent que le nifal. Il se 
peut que dans quelques-uns l'absence d'une autre forme soit for- 
tuite, et il est aussi possible que quelques nifal soient dus à une 
altération du texte. Nous ne les avons pas répartis d'après leur 
signification probable, en réfléchis et en passifs, parce que les 
autres conjugaisons manquent pour servir de points de repère. 

Les verbes avec nifal seul sont : 

pna, lutter (Gen., xxxn, 25,26); — m», consentir (Gen., 
xxxiv, 15, 22, 34 ; II Rois, xn, 9) ; — nba, être gâté (Ps., xiv, 3 ; 
lui, 4 ; Job, xv, 16) ; — ûba, être muet (Is., lui, 7, etc.) ; — rttK, 
gémir (Ex., n, 23; Is., xxiv, 7, etc.); -— ©sa, tomber malade 
(II Sam., xn, 15); — rû, être retranché (Ps., xxxi, 23) ; — dm, 
être troublé (Jér., xiv, 9) ; — !rn, être frappé (Dan., n, 1; vm, 
27); — ";3>t, s'éteindre (Job, xvn, 1); — "pn, être emmagasiné (Is., 
xxm, 18); — bion, se traîner (Deut., xxv, 18); — bar (= bist), 
être insensé (Nombr., xn, 11 ; Is., xix, 13 ; Jér., v, 4 ; l, 36) ; — 
•joi (— 1-id), se concerter (Ps., n, 2; xxxi, 14) ; — }ib\ être vieux 



|{ ! HEVUE DES ETUDES JUIVES 

(Lêv XIII 11: xxvi, 10; Dent., .v, 25); -m, se brûler (la., 
«un'a- Prov vi 28) ; — i73=, <Hre brûlé, s'enflammer (Gen., 
euh! 30;] Bota.in,tt; 0sée,xi,8; Un., v, 10); — HS3, se ca- 
cher (II., xxx, -20) ; - Btt», être marqué (Jér., il, 82); - a*, ne- 
venir intelligent (Job, xi, 12)' ; - ttfc trébucher (Osée, mv, 14 , 
Prov x 8 11); — fflb, s'attacher (Gen., xxix, 34; Nombr., 
xvu i"" 4-Is xiv, 1, etc. *) ;-nnb, combattre (Kz.,i, 10, etc.) J ; 
_rt(=W, balbutier (Is., xxxm, 19) ;- ri», être usé (Is., li, 
6) • - rVn, être doux (Pi., cxix, 103) ; - pptt, se dissoudre, pour- 
rir (Lév., xxvn, 39 ;Is., xxxiv.4, etc.)'; -y-m, être violent (Job, 
xvi 3) • - «03, prophétiser (1 Sam., x, 11, etc.) ; - «05, respirer 
(Ex., xxin, 12; xxxi, 11; II Sam., xv,, 14); - po, être en danger 
Eccl x 9) • — 135 (= 153), être fermé (Gen., Vin, 2 ; Ps., lxiii, 
UlttKf.'être marqué (Is., xxviil, 26) ; - mo, se corrompre 
(Jér, xlix, 1); --n», manquer (I Sam., xxx, 19; II Sam.,xvii, 
22; Is., xxxiv, 16, etc.) » ; être sarclé (Is., v, 6 ; vu, 25 ') ; - *>, 
être paresseux (Juges, xviu, 9) ; - tn», s'amonceler (Ex. xv 8) ; 
_ on*, être obscurci (?) (Is., ix,. 18) ; - V», s'enlacer, être tor- 
tueux (Gen., xxx, 8; Prov., vu, 8; Job, v, 13); -m», être ra- 
vagé (Soph., m, 6); - ans, être brûlé (Ez., xxi 3) ;-Yip, s in- 
cliner (Gen., xxiv, 26, etc.);-mp, s'amasser (Gen., ., 9; Jer., 
,„ 11) --«m, dormir (Juges, iv, 21 ; Jonas, i, 5, 6; Ps., lxxvi, 
1;' Prov., x, 5; Dan., vin, 18; x, 9); - pe, s'appuyer (Gen., 
xvm,4, etc.). 

Mater. Lambert. 



i Le pièl de ce verbe signifie • charmer . ou . pétrir .. 

• Le qal se rencontre senlement Eccl., vin, 15, avec le sens de . s attacher ..Au- 
tremeut il signifie . emprunter .. 

. Le qal se trouve à l'impératif dans Ps., xxxv, 1, au participe, ,hd„ et lvi, 2, 

» Le hifil dans Ez., xiv, lit, paraît être une faute pour le nifal. 
. . Le pièl avec le sens de . laisser manquer ., se trouve dans I Rois, v, 7 

« 11 se peut que ce verbe se rattache au qal 11> ■ arranger • (I Uir., m. S S, i») 



NOUVELLES REMARQUES 



SUR 



LES MOTS r6lD ET fêS, ^PTjD ET VTS 



i. 



Les observations que M. Bùchler a publiées sur ces mots (XL, 
154 et s.) peuvent être complétées et rectifiées. Pour rfn's, il 
conclut des trois passages contenant ce terme ( Yelamdènou sur 
Lévit., v, 21; sur Deutér., vu, 17-26, et xn, 29) qu'il signifie 
« un fonctionnaire du palais » ou « un soldat romain », et il ter- 
mine ainsi : « Mais tout cela ne donne pas l'étymologie de fiViD, 
et j'attends des philologues de profession qu'ils établissent l'ori- 
gine du mot de racine araméenne que je ne m'explique pas bien. » 

Sans avoir la prétention d'être un « philologue de profession », 
je crois pouvoir donner l'explication désirée et confirmer en 
même temps l'opinion de M. Bùchler. C'est le syriaque d'Edesse 
qui aide à faire comprendre le sens de « soldat ». Brockelmann 
prouve par des exemples que *jnbD signifie miles et^snbs militaris. 
Mais la lexicographie néo-hébraïque, celle du Midrasch, du Tar- 
goum et du Talmud palestinien ne doit pas recourir en première 
ligne, pour faire ses comparaisons, au syriaque, bien moins 
encore à l'arabe ou au persan, mais à un dialecte dont elle ne 
s'est guère préoccupée jusqu'à présent et qui est apparenté 
et presque identique avec le judéo-palestinien, je veux dire l'ara- 
méen christiano- palestinien. On possède de ce dialecte des 
textes très importants, entre autres la plupart des Évangiles, 
en trois manuscrits, et de nombreux extraits de l'Ancien Tes- 
tament. Ce sont des morceaux traduits d'après le grec, et, par 
conséquent, il est possible d'établir avec certitude la significa- 
tion de presque tous les mots. Ces textes aident à comprendre 



216 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

des centaines de termes néo-hébraïques ou judéo-palestiniens 
qui en syriaque ne se rencontrent jamais ou se rencontrent ra- 
rement, ou s'y présentent avec des formes ou des sens diffé- 
rents. C'est ainsi qu'on rencontre fréquemment, dans ce dialecte, 
le mot nbs dans le sens de « servir comme soldat », par exemple : 
II Timothée.n, 3, su ouv )caxo7tet07j<rov u>ç xaXbç ffrpaTiwTirjç ^pt<rro\3 Itj(tou. 
oùBelç ffrpaTeu(Jji,evoç IjxitXéxexai taïç tou [J(ou Tcpay^otTetaiç l'va t<3 ffrpato- 
XoYTQffavTi ipéffyj. De ce texte du Nouveau Testament nous possédons 
deux traductions christiano-palestiniennes : 1° dans G. II. Gwil- 
liam, The Paleslinian Version of the Holy Scriplures, p. 1 ( .) ; 
(dans Anecdota Oxoniensia, Semitic Séries, l, 5, 1893) : b? œin 
n?D ribEî odk mb .arrtttt Dio*^ (1. «mbs) i-imbs yn Krnoia 
1 tidut» rtarûtfi "pb^ araban nrvraja ^narrai (i. inba); 2° dans 
A. Smith Lewis, A Paleslinian Syriac Leclionary (Slndia Slnai- 
tica, Londres, 1897), p. 21 : (I. anbD ou ambs) nnbD "psi 2 bD2 na 
K73"»bsn 3 ï-jnttprjn ^ *j"Dri53i m5s «in «b »5« .srr»»» oid'h ns-j 
îib ribâî "pnnb TB« *ïn b^nb. De même, dans Mathieu, xxn, 
7 : xal rAii'bx; xà TTpaT£u[i.ara kùtou, verset qui est rendu dans 
A. Smith Lewis, The Paleslinian Syriac Leclionary of the Gos- 
pels (Londres, 1899), p. 90 : "nnbD rvb&y A, nnbë G, inbo. Enfin, 

Luc, II, 13, xal l^«{cpV7|Ç èyévsTO cùv roi ayyi/.to -ây/Jo; cxpaT-.a; où- 

paviG-j ; ifovx, p. 254 : ftowi inboi iœna aoabfc d* tm finVio i»i. 
On a donc : nba « servir à l'armée », «niba ou NnbD, « soldat », 
et inbs « armée » 4 . Par conséquent, il est inutile de chercher 
une étymologie spéciale. C'est tout simplement l'araméen nbs, en 
hébreu in*, faire, travailler (et plus particulièrement, chez un 
peuple agricole comme les Hébreux et les Araméens, travailler la 
terre), servir, et surtout servir comme soldat. Ce dernier sens est 
devenu prépondérant sous la domination romaine, où nbfi a été 
employé pour rendre militare, terme qui ne signifie pas seule- 
ment « être soldat », mais aussi « remplir une fonction quel- 

1 Je transcris ici le christiano-palestinien en caractères hébreux, mais il est écrit 
en cursive eslranguélo, pour se distinguer mieux, à ce que croit M. Noeldeke 
(Z.D.M.G., XXII, 447j, de l'écriture employée par les Juifs pour cette langue. 

* Je ne comprends pas mieux ce mot que Nestlé. Peut-être est-ce un un cthpeél 
et faut-il lire p^ avec le mot suivant. 

* Nn£p*3 signifie très souvent « chose » : (213) Mathieu, xvin, 9 ; (218) l'J., xvi, 
18; (284) Land, 144 ; Lewis, Lect., 14, 118, Ilebr., n, 17 ; Land, 173, 23 ; 182,6; 
199, 19 ; 200, 6 et 10. Le mot Û"|pE a-t-il quelque part ce sens? Ou l'hébreu 

Dip'ï ? 

v La l'orme elhpei'l de celte racuie a parfois un sens que je n'ai jamais rencontré 
dans le judéo-palestinien : se servir d'une chose, avoir des rapports avec quelqu'un. 
Ainsi, dans Land. 194 : K"H!ï*Ka rP8U)^3 iTlbOTOBl V-" * .' ll)[) - " l : kN -. n 
nbon73 Npn 'pa'W (?) |nBp3: Lewis, I. 34 Jean, IV, 9): 'pr^DDE "13 lND 
"H73© C3> ^TUfV (avyxpûVTai) ; II, 56 (Job, \vi, 10 : ôpyr) xpV)a6u€Vo;, T3VP 

V2* nbcriN. 



NOUVELLES REMARQUES SUR CERTAINS MOTS HEBREUX 217 

conque ». Le verbe nbs est donc l'équivalent de mililare, avec 
cette différence que le mot araméen a perdu peu à peu son sens 
primitif pour désigner ensuite le fait d'être soldat, tandis que, 
dans la langue latine militaire, le verbe mililare signifiait dès 
l'origine « servir comme soldat ». Dans l'Allemagne militaire, le 
mot dienen, « servir », a absolument le même sens; « il sert » 
veut dire : il est soldat *. 

Mais, en réalité, le verbe latin mililare ne signifie pas seule- 
ment « être soldat», mais aussi, et particulièrement à l'époque 
impériale, occuper un emploi (surtout militaire) dans le palais de 
l'empereur. Ainsi, on lit dans Forcellini, s. v. miles : « Milites 
etiam dicti sunt qui in sacro Palatio in aliquo officio domus Au- 
gustae inserviebant. » Et cet auteur cite des preuves du code Théo- 
dose. Donc les mots de miles, mililia, mililare (nbs, ambs, mnbs) 
peuvent désigner toute fonction remplie à la cour. Il s'ensuit que 
le rédacteur de l'aggada sur Lévitique, v, 21, citée dans le Tan- 
houma, éd. Buber, a pu remplacer parfaitement le mot nbiD par 
■pabs p. 

2° C'est que •paba "p n'est pas, en effet, comme le croit M. Bùch- 
ler, la traduction littérale de domeslicus, mais le terme technique 
palalinus. M. Levy traduit ce mot : « dignitaire de la cour »; cela 
n'est pas tout à fait exact. Depuis les réformes militaires opérées 
par Constantin le Grand et même depuis Hadrien, les palatini 
sont les soldats de première classe, la garde impériale comman- 
dée par les praetoriani ; ils faisaient le service auprès de la per- 
sonne et dans le palais de l'empereur. On comprend ainsi très 
bien le passage du Tanhouma où le roi punit le "p'jbD p, parce 
que ce dernier aurait dû connaître les msbfcfi -ote^ *, et c'est avec 
juste raison que dans Nombres r., i, 12, les Lévites, et particu- 



1 Dans le christiano-palestinien, le mot qui désigne ordinairement le soldat est 
"^"H. C'est ainsi que sTpaxtooTT); est traduit dans Mathieu, vm, 9 (p. 72); xxvn, 27 
(201); xxviii, 12 (p. 216); Luc, vu, 8 (p. iOo); xxm, 36 (p. 205); Jean, xix, 2 
(p. 197), v. 32 et 34 (206, 208), arparsuôp-evoi dans Luc, m, 14 (264) ; ailleurs c'est 
nbc Si l'on examine bien les divers passages, l'on verra que ce n'est pas J"lbD, 
mais i53"n qui est employé pour désigner les vrais soldats du temps de Jésus. Déjà 
M. Noeldeke a remarqué que "^Tl, comme traduction de (TTpaTiwiY)?, est très carac- 
téristique pour indiquer l'époque et la région du dialecte : « Cet usage de traduire 
de cette façon, dit-il, a existé, en général, dans le pays araméen soumis à la domi- 
nation romaine, et se rencontre aussi dans les ouvrages syriaques originaires de ce 
pays, mais non dans ceux d'autres contrées. » Dans les écrits juifs non plus, "^31^ 
ne signifie pas toujours « Romain », mais parfois « soldat », par exemple dans j. 
JBerachot, 13 a, 1. 73, ij*73"n H3 "pj^D, et ailleurs. Dans le néo-syriaque, les gen- 
darmes s'appellent aujourd'hui Kemoyé, Rimoyé (Noeldeke, dans Z.D.M.G., XXXV, 
234 ; cf. Schwally, Idioticon, 88). 

1 Cette forme aussi ne se rencontre que dans le christiano-palestinien; en syriaque, 
c'est "JOliïD. 



218 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

librement les Korahi-des, qui étaient chargés de porter l'arche 
d'alliance, sont appelés prpb© 1 . Le mot ynabo "p n'est pas tout 
à fait identique avec *pabs p. 

3° En effet, fwoba CpnabD .ïTTpbfc) n'est pas, comme le croit 
M. Levy (avec Kohut), le terme "pubo auquel on a ajouté un -i. 
Déjà Fleischer a fait la remarque que « ce n'est pas "pabD avec 
l'intercalation de *i, c'est-à-dire palalium, mais prœtorium, avec 
un / au lieu du r ; eh syriaque l rm:nD ». Mais pour ce mot aussi, 
il vaut mieux établir une comparaison avec le terme christiano- 
palestinien, qui a également un b. Les Evangiles présentent pour 
le mot irpottToSpiov, dans les trois mss., les formes suivantes : 

Mathieu, xxvn, 27, p. 201 : A Vnia'jbDN, B vnrj^bE, G vm^bë 1 j 

Ibid., p. 210: A ïrntrbs», B ymtabDi G i^mta^Ë ; 

Marc, xv, 16, p. 201 : A = B ; B fnttrifc, G preVë ; 

Jean, xvm,28, p. 194 : ïmspbôrt; 

Ibid., p. 196 : A = B ; B ï-nntrbBn, G ïmrrbBbn [sic); 

Ibid., xvin, 33, p. 197 : A l'niï^bs, B 'pmtrbD, C Tmtrtfrj 

Ibid., xix, p. 198 : A = B ; B ïnwbD, G fhnBAm. 

Comme prœtorium désigne tout édifice de l'État, même dans 
les villes de province (car Trpaixwpiov, dans les passages cités, in- 
dique la demeure officielle du gouverneur Ponce Pilate à Jéru- 
salem), ynabD ne doit pas être confondu avec l^ûte, le palais 
impérial, bien qu'en réalité, on rencontre constamment cette 
confusion, par la faute des copistes, dans les écrits juifs. 

4° nvoïi. Dans une des deux traductions de II Timothée, n, 4, 
les mots to> rrpaxoXoy^ffavTi sont rendus par ïWOfiPT, au lieu de 
!-6 fpbô*». Ce radical de nns a probablement le même sens dans 
un texte christiano-palestinien cité par Land, Anecdota syriaca, 
IV, p. 182, bien qu'on n'ait pas encore établi avec certitude l'ori- 
ginal grec "iD^pb "pnE^N mrûN. On trouve aussi ce terme dans le 
judéo-araméen : pbtt? bu: KWûOfctt vm îrn aroiE (lire ara'iaOKb 

1 Dans Lactance, De morte persec, ch. xi (Migne, II, 212), je trouve l'un à côté 
de l'autre milites et palatini : • Satis esse si palatinos lantum ac milites ab ea re- 
ligione probiberet. » P. Baude, à la fin de la note qu'il y a ajoutée, et qui, du 
reste, est incomplète, dit : « Per palatinos denotari putamus et omnes Diocletiani do- 
mesticos tanquam totidem palatii incolas, et quotquot insuper dignitate aliqua ad 
palatium pertinente ornati erant. » 

' Par D j'indique le p inversittn, qui représente d'habitude le p et le iz du latin et 
du grec, mais souvent aussi le E non aspiré et même le 3. Des trois mss. cités ci- 
dessut, A contient le texte le plus récent, avec une vocalisation très complète et em- 
ployant constamment le même système de points ; il a été revu et écrit avec le plus 
grand soin. B a certainement le plus ancien texte, mais contient une masse de 
lautes de copie ; C a le plus souvent le texte de A, mais sans ses points-voyelles. 



NOUVELLES REMARQUES SUR CERTAINS MOTS HÉBREUX 219 

et non pas, comme le propose M. Buber, '»). On lit dans Tosefta 
Baba Batra, iv, 1 {= Talmud babli, 92 b, et passim) : si l'on vend 
à quelqu'un un domestique et que Ton découvre ensuite qu'il est 
zrabfcb nrûifc... » Raschi explique ces derniers mots ainsi: 
àTpb, « inscrit par le gouyernement comme condamné à mort », 
et Levy adopte cette explication. En réalité, cela veut dire : « dé- 
signé comme soldat ». Dans Genèse r., lxxxix, 7, les mots *ay 
•pTnpDa iroyn pu) ne sont pas clairs ; je suis d'avis avec Levy 
qu'il faut corriger en ■pTFbs. Dans Exode r., xv, 22, on lit : *nzn 
ITntt» tnop raiabb inp û^^ia û-mna l yvwiŒO ib sto» ûii 
s-tiûi* : 'N3tt3 pma I^ni» nbizî i •pÊrsnao rrnsn î-Y'apm "pî ^b:n 
mmi V3Nbï3. On voit par ces divers textes que le mot nnsa ou 
avûtt est le latin ascribere, conscribere, et que nroiB est cons- 
criptus, conscrit, désigné comme soldat. Dans le grec, et notam- 
ment chez Polybe, ce mot latin est rendu par xaxaypàcpeiv (qui a 
encore différentes autres significations), et l'araméen nn^K ou 
aTOrt est la traduction du mot grec ou du latin 2 . 

5° pD est naturellement le latin paganus. Ce mot a souvent la 
signification de « civil », par opposition à « militaire », principa- 
lement en vue de la position du civil vis-à-vis de la loi. Ainsi dans 
Pline, lettre 18 : « Apud me milites etpagani certatim ei testimo- 
nium retribuerunt. » Juvénal, XVI, 38, dit : « Tu trouveras plus 
facilement un faux témoin contre un paganus qu'un témoin véri- 
dique contre un soldat (armatus). » Dans le chapitre 21 de son re- 
marquable ouvrage, Gibbon a exposé dans une note (US) 3 , avec 
son érudition si sûre, un court historique des changements singu- 
liers qu'a éprouvés le sens de ce mot. Voici, selon lui, la troisième 
phase : « Le développement extraordinaire de la classe militaire 
nécessita une expression désignant une classe opposée (cf. Hume, 
Essays, I, p. 555), et tous ceux qui n'étaient pas attachés au 
service du prince furent désignés par le terme pagani (voir 
aussi Tacite , Historia , livre III , 24 , 43', 77 ; Juvénal , Sa- 
tire XVI; Tertullien, De Pallio, ch. iv). » Ce qui était arrivé 
pour miles s'est répété pour paganus : peu à peu , le sens 
s'en est étendu. Le premier terme avait fini par être appliqué à 
tout emploi et à toute fonction, le second finit par désigner toute 
occupation d'amateur, par exemple le savant sans fonctions offi- 

1 Je ue fais pas pourquoi Levy traduit 'pÙûVyiUO P ar « général », car axpà- 
Tiwxat désigne, en réalité, les simples soldats. 

2 Le mot !rmrû, contrat de mariage, est également une traduction. C'est le grec 
ypaçiQ. L'institution comme le mot ont été empruntés au droit égypto-grec, où Simon 
b. Schétali les a pris pour les introduire en Palestine. Il y aurait bien des observa- 
tions à faire à sujet. 

3 Dans la traduction allemande de Schreiter (Leipzig, 1805), V, p. 216. 



220 HKVUK DES ETUDES JUIVES 

cielles, l'artiste dilettante. Pag anus ne signifie donc pas « un 
homme grossier, rustique », mais, par opposition au fonctionnaire, 
militaire ou autre, qui est soumis à une règle, un homme qui vit 
en dilettante. 

6° WTp et i:T*sont identiques; seulement l'un est un terme hé- 
breu et l'autre est araméen. Ce sont les traductions des mots latins 
urbanus et municipalis, avec les diverses signilications de ces 
deux mots. A l'originp, urbanus désignait l'habitant de YUrbs, 
c'est-à-dire de Rome, et municipalis l'habitant d'un municipe ou 
ville de province. Quand on veut opposer la capitale à la pro- 
vince, XfT9 répond à municipalis, et urbanus est rendu par "ja 
FlJ*W3, ou, comme dans Mischna Dammaï, n, 4, on oppose ^:mp 
à ifcVtD'W». Comparé à urbanus, le mot municipalis désigne ce 
qui est de moindre importance, ce qui est médiocre, subalterne. 
Ainsi, dans Sidoine, iv, ép. 3 : « Municipales et cathedarii ora- 
tores », et ib., carm. ix, 310, « municipales poetae ». Le latin ré- 
pond ici très exactement au texte de la Pesihta, lHft, où l'on 
oppose le langage de Jérémie, comme étant celui d'un ^3T9 % au 
style d'Isaïe considéré comme un rOTîfl }a. 

Quand on ne veut pas les opposer l'un à l'autre, *y-p9 et ^mp 
sont tous les deux la traduction iïurbanus, et peut-être n'a-t-on 
donné à ces qualificatifs la terminaison ani (au lieu de direw *ja, 
ïmp *ja, comme Tes "ja) que pour les faire mieux ressembler par 
l'assonance finale à urbanus. Quintilien définit ainsi Yurbanus : 
« Urbanus homo erit cujus multa bene dicta responsaque erunt, 
et qui in sermonibus, circulis, conviviis item in concionibus omni 
denique loco ridicule commodeque dicet », c'est-à-dire un orateur 
disert, un convive agréable, un charmant causeur. C'est ce qu'ex- 
prime aussi le grec 7toXitixoç, sauf que ce dernier terme indique 
plutôt le rôle public que le rôle mondain du personnage. Dionys., 
De arte rhetorica, ch. i, distingue trois genres de discours : to 
kyOiaç, to <7£avoj^ to ttoXit'.xco;. A notre urbanus (ou jcoXitixôç) res- 
semble le wip du Tanhouma (éd. Buber, 2) qui se met en avant 
pour aller parler au roi ; c'est un personnage à la parole facile, 
qui est reçu par le souverain, tel le prophète Isaïe. 

Plus tard , urbanus eut un sens singulier : il désigna une 
sorte de jocrisse appelé à amuser les gens, le fou que les hauts 
personnages entretenaient pour distraire leurs hôtes. C'est ce 
sens qu'a *W9 dans Genèse r., xix, 6, cet homme qui brise les 
vases précieux d'un marchand de verreries, sans que celui-ci 
puisse songer à s'en faire dédommager, soit parce que celui qui 
lui a causé ce dommage est irresponsable ou parce qu'il a des 
maîtres puissants. 



NOUVELLES REMARQUES SUR CERTAINS xMOTS HEBREUX 221 

Les mots que nous venons d'étudier ici montrent clairement 
l'influence du latin sur le néo-hébreu, qui, pour les conceptions et 
les mots, est une des parties philologiques les plus compliquées. On 
appréciera encore mieux la grande influence du latin sur le néo- 
hébreu quand le Thésaurus sera terminé. 

B. Jacob. 

Goettingue, 15 août 1900. 



II. 



L'étymologie de l'expression rare nbis, dont M. Bùchler a parlé 
[Revue, XL, 156), s'explique sans difficulté par le syriaque. 
En cette langue, le mot Nttbs désigne celui qui est en service de 
guerre, qui fait du service militaire. Le sens général du mot 
« servir », qui est le sens du mot nbs eh araméen, se réduit ici au 
sens plus étroit de « servir dans l'armée », comme cela a lieu 
d'ailleurs aussi pour le mot en allemand et en français. En syriaque, 
ce sens particulier de nba est très fréquent. Payne-Smith, col. 
3148 et s., cite une foule d'exemples de ce mot comme verbe ou 
comme substantif verbal. Je ne citerai ici que quelques-uns de ces 
exemples. La Peschito traduit ?v« ôrpacTéfa) arpareiav (I Timoth., i, 
18) par amnbD mbsrtt; «paTicin^ (Actes des Apôtres, x, 7 ; II 
Timoth., ii, 3) par Ntibs. Npviy anbD sont des soldats vétérans; 
arro anbs « des soldats armés ». La juxtaposition du mot avec le 
mot grec correspondant est intéressante à noter : NirDDN Tibo 
sont des soldats qui se livrent à des exercices militaires, nbis n'est 
donc autre chose que la forme hébraïque du mot syriaque avec 
le sens spécial de « guerrier, soldat ». Ainsi le sens tiré par 
M. Bùchler du contenu des passages en question se trouve aussi 
justifié étymologiquement. On comprend aussi mieux maintenant 
comment les ■pDTWttD» "W dans la phrase de Josué b. Lévi {Tan- 
Jiowna, vnprn, au commencement) ont comme correspondants, 
dans le passage parallèle du Yelamdènou (cité par l'Arouch) 
phino ^tt). nb*iD est l'équivalent sémitique du grec arparitoTTiç. 

L'opposition entre ps, paganas (dans le sens de non-militaire), 
et nbiD se trouve aussi confirmée par le syriaque. Payne-Smith 
(col. 3031) cite, d'après un manuscrit de l'ouvrage des PaUum 
Vitœ, l'expression œ»anDûa Tib-Di rs» « des non-militaires et des 
militaires ». 

Gomme nb"iD est l'équivalent sémitique de cxpancoT^ç, le mot 
*pD, provenant du latin paganus , correspond au mot "^mp, par 



223 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lequel il est rendu dans Tanhouma, mpi, 6 (éd. Buber, 11). Ce 
mot est la tonne hébraïque de l'araméen ÏTHp, en syriaque NTHïp, 
qui désigne le villageois, le « paganus i, par opposition au « ci- 
tadin » et aussi l'habitant de petite ville, le provincial par oppo- 
sition à l'habitant de la capitale, l'habitant de la grande ville. Si, 
dans le passage cité de Tanhouma, Wip (ïmp) a le sens spécial de 
paganus, on ne peut pas également lui donner ce sens spécial dans 
les passages où la signification primitive de ce mot fournit un sens 
convenable. M. Buchler a donc raison en donnant dans Tanhouma, 
WKTt, 2, où ^:mp est opposé aux TtOTOTWlt, le sens spécial du 
mot, mais dans la sentence de R. Abin sur Gen., n, 22 {Gen. rabba, 
ch. xvin), il n'y a aucune raison de s'écarter du sens général du 
mot rrnp, d'autant plus que dans le passage parallèle {Tanhouma, 
éd. Buber, !TflD ^n, 3) ce mot est rendu par *vn*9. En effet, Wfl^ 
ou w, est en opposition avec Witt p, comme dans la compa- 
raison de R. Lévi l'agadiste citée par M. Buchler (p. 159) d'après 
la Pesihta, 11*7 6. Je rappellerai le principe établi par le même 
agadiste (voir DieAgada der palastinensischen Amoràer, II, 331), 
d'après lequel, dans la langue post-biblique, w signifie la ville 
de province, la petite ville, et nrntt la capitale ou la grande ville 
(Esther rabba, sur i, 1 ; Ruth rabba, sur i, 1). Dans la compa- 
raison de R. Lévi, l'origine du prophète Jérémie de la petite ville 
d'Anathoth fournit un prétexte pour le comparer à un habitant de 
petite ville ("^Ttf), qui, dans sa timidité, n'ose pas parler avec 
rudesse à la matrone et la traite avec douceur et ménagement. 
Par contre, Isaïe, qui était originaire de Jérusalem, a la hardiesse 
et le courage de l'habitant de la grande ville (rmn» p). Dans l'autre 
comparaison de R. Lévi {Gen. rabba, ch. l fin), ^rp* et nmttn p 
n'expriment pas l'opposition entre le « civil » et V « officier », 
comme M. Buchler le veut, mais lyvp désigne le patronus ne 
demeurant pas dans la capitale, qui, par conséquent, n'est pas 
présent quand le roi exerce la justice, tandis que le iïûmtn p, 
habitant la capitale, peut assister aux séances du tribunal. De 
cette manière seulement on parvient à comprendre la comparaison 
de R. Lévi. — Dans la troisième comparaison de R. Lévi, citée 
par M. Buchler (tirée de Lév. rabba, ch. îv ; de même dans Koh. 
rabba, sur vi, *7), ■rçm* signifie aussi l'habitant de la petite ville, 
qui épouse une princesse et qui ne peut satisfaire ses goûts, sym- 
bole de l'homme mortel chez qui l'âme, venue du ciel, ne trouve 
pas une satisfaction entière. Ici il suffit de songer à la situation 
étroite de l'habitant de la. petite ville, du provincial, chez lequel la 
noble fille de roi ne peut se plaire, même si on lui offre « toutes 
les jouissances mondaines ». Dans la sentence de Pesihta rabbali t 



NOUVELLES REMARQUES SUR CERTAINS MOTS HÉBREUX 223 

ch. xx (p. 95 #), les ù^d'-d "•sa et les tmso ^a ne sont autre chose 
que les wto "»5a et les d"OT* (ou trump), exprimant ainsi le con- 
traste entre les êtres divins et les êtres terrestres (les anges et les 
hommes). Au singulier, la même antithèse existe entre nsa }a et 
*pD p, par lesquels on exprime la différence entre Isaïe et Ezé- 
chiel [Haguiga, 13&), comme plus haut on exprime par ^T>* et 
Fï5*tt3n la la différence entre Isaïe et Jérémie (cf. û^did et ^a 
ttï^Kî-ï, Mischna Terournot, n, 5, pour désigner deux espèces 
d'oignons). — Enfin, la comparaison de Gen. rabba, ch. xix (sur 
Gen., m, 7), qu'un agadiste attribue à Yohanan b. Zakkaï et un 
autre agadiste à Akiba, s'explique aussi très bien si on prend 
•otto dans son sens ordinaire. L'habitant dé la petite ville ou du 
village ne connaît pas le prix des vases en verre précieux exposés 
dans une vitrine à la porte du magasin du marchand de verreries 
et, sans se douter du dommage considérable qu'il va causer, il 
frappe dessus avec son bâton et les brise. Un habitant d'une grande 
ville n'aurait pas agi de la sorte. Une tradition particulièrement 
caractéristique pour établir le sens de ^tt* est celle qui est con- 
servée dans Echa rabbati, sur iv, I, tradition sûrement ancienne, 
remontant à l'époque antérieure à la destruction de Jérusalem : 
rpsvrtf auttu: "^burm mttbujrr aum) wrw. Cf. l'exemple tiré de 
Bar Hebraeus, cité par Payne Smith, 844 et 3719 : awitt *tofi« 
îWipb « le citadin dit au villageois ». 

W. Bâcher. 

Budapest, septembre 1900. 



NOUVEAUX FRAGMENTS 
RELATIFS A BEN MÉIR 



Le fragment dont nous donnons plus loin le texte et la traduc- 
tion forme la contre-partie du fragment du Sèfer Moadim pu- 
blié par M. Harkavy, il y a quelques années, dans le Zïkaron 
Larischoni?n, et que M. Israël Lévi vient d'enrichir dans Pavant- 
dernier numéro de la Revue (voir Revue, XL, 261). La pièce de 
M. Harkavy, complétée par celle de M. Israël Lévi, nous a fait 
connaître les assertions de Ben Méïr, la nôtre nous fournit la ré- 
ponse faite à celui-ci par le collège de Sora. 

Certes, ce nouveau document n'ajoute pas grand chose à ce 
que nous savons du fond même de cette lutte ; nous sommes tou- 
jours dans l'ignorance la plus complète sur cette intrigue, qui, 
à en juger par la frayeur qu'elle inspira à l'exilarque, David ben 
Zaccaï, dut être d'une grande gravité ; nous ne savons même pas 
le nom de celui qu'on désigne simplement sous la dénomina- 
tion de « Ben Méïr », à cause de son excommunication. Nous 
voyons que Ben Méïr attaqua les règles du calendrier tradition- 
nel, avec une telle force qu'il fallut appeler Saadia en aide pour 
l'écraser. C'est ce qui donne à ce document, à notre avis, une 
grande valeur. Il nous explique, en effet, le mystère qui planait 
sur l'histoire de la nomination de Saadia au Gaonat de Sora. 

En effet, on ne peut s'expliquer comment l'exilarque, David 
ben Zaccaï, que 1 histoire nous représente comme un homme altier 
et peu scrupuleux 1 , se décida à appeler Saadia de l'Egypte au 
Gaonat de Sora, contrairement à l'usage établi d'attribuer ce haut 
poste à un Babylonien, et malgré l'avis de Nissi Naharwani, qui, 

1 Voir NI21T ûbïï TlO» Neubauer, Anecdota Oxoniemia, II, 79, 80. 



NOUVEAUX FRAGMENTS RELATIFS A BEN MÉIR 225 

connaissant la droiture et l'incorruptibilité de Saadia, le lui avait 
déconseillé ; en outre, le Gaon de Pumbedita de cette époque, 
Cohen Gédek, qui cherchait par tous les moyens à faire éclipser 
l'éclat de l'Académie de Sora au profit de la sienne, ne dut pas 
ménager ses efforts pour écarter ce concurrent redoutable. L'af- 
faire de Ben Méïr nous donne la clef de ce mystère. 

Il est évident, et M. Harkavy l'a déjà fait remarquer, que le but 
de Ben Méïr était de soustraire la Palestine à l'autorité de l'exi- 
larque de Babylonie et, à cet effet, il recourut, pour ainsi dire, au 
moyen classique. Sept cents ans auparavant, Hanania, le neveu de 
Josué, voulant diminuer le prestige du patriarche, Siméon ben 
Gamliel, commença à fixer lui-même, en Babylonie, l'époque des 
fêtes 1 . Ben Méïr, cherchant à battre en brèche l'autorité de l'exi- 
larque souleva, en Palestine, la question du calendrier. David ben 
Zaccaï, très jaloux de ses prérogatives, n'étant pas en état lui-même 
de démontrer l'inexactitude du calcul de Ben Méïr et ne trouvant 
personne autour de lui qui fût capable de le faire, s'adressa à Saa- 
dia, dont l'autorité était déjà bien établie, et celui-ci composa un 
ouvrage spécial pour réfuter les arguments de Ben Méïr. L'exi- 
larque, soit par gratitude envers Saadia pour le service rendu, 
soit par peur qu'une pareille aventure ne se reproduisît sur un 
autre terrain que celui du calendrier, qui était déjà une affaire 
jugée, voulut avoir à son service un homme comme Saadia et le 
nomma, malgré tout, Gaon de Sora. 

ûbmr Km œibïn ...[trn]Ntt na»b waitt unna laa n» nbo^i 

rrnab m« vttam viras Ta [iznhD» n»«b [?wn]pn ava bip naum 

ma na-n ^ns a-pa *ptfii[? ...v]m t^-ion ibaai iiiom» 

baa bami^ ba nam rnTtt p ...nm m» a?rr nb* r^bi la^nba S* 

p*ab p b* ûwbia fczp-ita ...n iot ^a ia«ri p ab imatiKn 

lurbœri 
"-nen*! trynaa -im ban^ ^a ba p saisis npnan uaraîaai : aa 

an?*:?. 
ïijib ipbn ïiram ca\5>\am m«53 raia i* ^a : a^n ^\sai "paiça -112*0 
Mavaan a^b?a vm 5i»bm buî^ai a^nan w vann rrb^ba naiiriK 

— T T — 

a-H^ûTi npina ïiama naft : a^atzn a^iabim hiN53 2tt3n ^m arï-irr 
jm iCNa wn Tara la^aa la^ma» lawniïi its» to taaï-pm^anb 
*p»bn a:> "pa» San û-mnan Sai a^ibam na^n ^N-n la^wa 
im ïib™ ïinn "rnrn !-ïiay nias narri nann na ^aaa a^aïa-pn 
Ynxiz b&w ^a nw ara i-inçna «b-i p s-imn Nb ^a tasnb 

Sp-iatM 

1 Voir j. 2VW., vi, j. Sanh., 1, et Ber., 63. 

T. XLI, n° 82. 15 



226 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

: CTiat îsntta Mb toanefe] "■-inen tanpn na™3 Dn-pn *ïab 

*]-n h« wnï-jb Mbn -pbM û-nso nbtD3i r-nns» arob ta^aann 

pinrr 
ta^aia d-hdd vb» mbwn tarra*^ : r^ii rwiaa ^biM -inaM *a 

ÎH3N Rbi 

nNT baai anaiob m» t»*bi rmoibtt û^do nnbia'n iv idwi jaiab 

nnab b* nMan nbiï "»a -inM imaatti p br : marnas &aw> a-an 

inbis D*n nm bM n;M : aniob iwtn imanna pnnn nsa rovaa anitt 

lairab n» t«rrci TW&âSi ^îana um t^b pab D-prtTnb mnaM 

îmâ Mb 
inbo *n^M Dnan p'ariD rnn : rpbam p"n ibno b* vb* J*« nttfin 

babi ^netbi ^paabi trnanrt ^Mnb ûibo bnn n ûnanr» taipaa -pb» 

j^b : nnba 
■»a 123b npao-i ma Mba in do n;aD ^a v»b* M3H *aipb laaaMn 

ï-na*a DM 
fca^abnn i» t^in «boa t^bn niMa "paa nmm : Min nasoa nain 

nay "«a 

naian naîÈnb dm : ta^nwai trttbtti ta^pbn î-wtawa bnaan nM n*ïi 

mu^ban nb^ba n^Ti::n p iroanfin a^naaa n*"ian n» naar p 

naion ^ama aav msd ->a njnan ns naan rmoibosi i-rrab pi 

■fw ^a -pan nra n^an ^a t|an TP*a naab ■pva rv bM 

: bfcni^ ba an -pa mnnp yvp bab n;^a ...wb* oim i«np bM ûinab 

toaiOT 
•pa^ nain mobi "»s nM mi»n dab t<b Tinan mai tim rna»ïi 
na«a biaan n a na«b im*a b? monb mb^br ton : bwatti 
*an» nwtw nnnai D"pa r-p^aion p inMi avança msa ©W tj> 

Verso. 

•nan ia^ba> 11^ rno^ caDiœ 12b nnnna in^biDa c^i ^«m nooa i^by iana^i 
r^n?3 br pn Ha spoT t<b a^nyffi ...nroa n»ia n»« D^awipn 

mav:n nr-a m» ba niwxbrb r-r: ...rt naina mn« oan : di^h 

c=^?n br yiab n;bn b« : tâopm ...n wjm rirn'in cdidd?: rra 

Sri ^crr n;inM miban n;aa bfini»"' mab nan ib^v t^b n»« 

caniaa 

Canba ^ iwS m^Ts: inbmn ibi^n pn pmb mai ht ^a ^2 •pa-rian'n 

b»i ^mnn« b« n:c : innawn la^ma» nnci b»ntt)^ ^m» ^ n« 

û^Ta-n ian« ^z w\ ■• û^ttbi^ n^ oban »bi œna^ nn^ dm "par bM 

n^T ^ba mn -nai pni^ Nim r<^anan 5m D^nson ><3t naba 



NOUVEAUX FRAGMENTS RELATIFS A BEN MÉIR 227 

r-nbnp b« ma^a tûn trraatt wi : vb« aaa-n aman» aaan 

a^pnn pn anna n-nsirn irpnim amba cnnpïV Saniai 

i*»^ p n-ny» ^a : bç* ^3>"i»n a*r nN isatfn nmnn tnan 

: ynxn tins baa amans m p ba» ia ia»n*n t«»»ïi a>72U3 

nia» rwnsai -ra>a nbN ba ba» i-mm naiaTa ^m 

ma ma Tibab rama aibtab ma» ta^ nN wn : i?7:ia a*rç)tt 

T^iorrart aia «b îtttïi nain irtN : p îiaam naosn mwm yna y« 

bprn vmnas nnnaa p >*b û^iai nam aw ï-rann na-nn 

t^b -ua» tmyu: rja*ana marn : ib maan •pnnNm ïiiaanin ma» 

ab ba» iba» xhi raoaa Di-m ***bi wiba a*i£ t^b bania^ *pa w 

N*£h n« -i*m rpâÊ rin hN aia-n rrÊnn in îhn cpbnfi : vnsn 

rra»;a a a irn ri^ia riinn nnm aai ^a>ia 

T T T 

Siaa ba ba> rpamb ^ann ■vjb na aao maa>ab : aâpii nnn fpi 

i^rr Nb : ppnbiaa nba u>bia «nay ^b n^ab a^pbn rriÊâ 

INirn -n^ss ba> b?an c^bi arai -npia îifinaa ba> ^-la^ib a^nba 

■mata» T»Ea»ii ba ^nba nss t^bi : nb aana niaN -p-ia^a w p 

na a^ortbn nii3 y-iDb-i a^an b^aanbn a* foanïrb inTaîTan 

tatt'nD'n "nma-iarma û"nnan n« ma* gpmi : «nsa* n« a*pabi ûiaa» 

nuîN ban visa -nan nrrn : aon baa bab -i»ni -pac* ba ^-na a-nana 

tsaaîi -ina*n b« tsa^nb vba a^na^n fca^bttïi "nana rj;aa* 

Ta t]Ni : ma^n wsib û^n nai isd ba* ta^aina 

Traduction. 

Et il (Ben Méïr) envoya son fils, le quatrième mois de Tannée 
1233 [de l'ère des Contrats]. Celui-ci arriva à Jérusalem et publia, 
un jour de lecture de la Loi, ce qui suit : « Dieu a expressément 
déclaré par ses prophètes et ses sages, comme un signe d'alliance, 
les mois de Heschwan et Kislew déficients. .. et il proféra des blas- 
phèmes contre notre Dieu. Cependant le peuple ne le suivit point ; 
mais, à la longue, il y eut des Juifs d'autres pays qui se trompèrent, 
parce que lui et ses ancêtres passaient pour des chefs pieux. Aussi 
les Juifs de l'Orient, de l'Occident, du Nord et des Iles établirent- 
ils, comme loi et comme règle, que jusqu'aux 695 parties de la der- 
nière heure de la nuit de mercredi les mois seraient défectueux, 
et qu'à partir de là ils seraient complets. Or, en cette année-là, qui 
était l'année 932 S le règlement des ordres des fêtes fut fixé selon la 
tradition transmise par nos ancêtres à leurs descendants. 

Lorsque le prince d'Israël, les chefs des académies, les docteurs, 
les savants et tous les membres du corps enseignant de Babylone 
eurent appris le mal que Ben Méïr avait fait, ils en furent effrayés et 
indignés, car rien de pareil ne s'était passé ni vu depuis que les Juifs 

1 11 faut probablement lire : 232 s= 921 de l'ère chrétienne. 



228 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sont sortis de l'Egypte : pendant tout le temps que les Juifs sont 
restés dans la Terre-Sainte et après leur dispurilion, leur calendrier 
,,'a jamais changé. Les savants décidèrent alors d'envoyer d« mes 
sages à lien Méïr : peut-être, disaient-ils, était-ce une inadvertance 
de sa part. Ils lui envoyèrent deux messages, mais il ne voulut 
rien entendre ; ils lui en envoyèrent encore un troisième, et il y resta 
également insensible ; bien mieux, il leur répondit chaque s fois par 
des grossièretés. Aussi ils l'excommunièrent, parce que, en dehors 
du péché qu'il avait commis dans sa folie, il s'obsl.na.t encore et ne 
voulait pas y renoncer. Puis ils adressèrent des lettres au peuple 
pour l'empêcher de se laisser égarer par les paroles du « rebelle ^ ». 
Les gens qui craignaient la langue de Ben Méir ne le çontrednenl 
pas, mais ceux qui ne portaient pas son joug comprirent et s amen- 
dèrent. Voici le texte du message que les savants lui adressèrent du 
lieu où ils s'étaient réunis, à Babylone : 

« Salut à toi, chef de la communauté, à tes fils, a tes frères et a tes 
compagnons 1 Nous n'avons pas cru à la nouvelle qui nous est par- 
venue que ton fils avait fixé la fête contrairement à la Loi i, et nous 
sommes sûrs que, s'il la fait, c'est par inadvertance En effet, il est 
clair, et même les écoliers ne l'ignorent pas, qu'il a dépassé la limite 
du temps de 237 parties ; dans Vannée suivante il la dépassera de 
SOI de la dixième heure de la nuit de mardi, de même dans la troi- 
sième année il la dépassera.. . . 

„ Qu'il ne te déplaise pas de dire : « je me suis trompe »» et encore 
moins que tes' fils ont commis une erreur. Lève tes yeux en haut, 
vers notre Saint, et aie pitié de tes ouailles pour qu'ils ne soient pas 
réparés de la majorité des Juifs. » Ben Méïr leur répondit : « Je suis 
dans le vrai et ma proclamation a été faile selon la Loi. Ce n'est pas 
à tous de me contredire et d'agir autrement que je ne le dis. » Et U 
chercha des prétextes pour masquer son erreur, a savoir que la 
limite pour le jour de samedi est à la 641* partie de la septième 
heure de la journée... . . . . 

Dans la seconde lettre et aussi dans la troisième ils lui écrivirent . 
« Choisissons un arbitre qui nous exposera les paroles que les an- 
ciens ont mises dans notre bouche, à savoir. . . ,,.,,, 

» Ne cherche pas des raisons qui ne peuvent pas servir. L exil des 
Israélites est long, la captivité dure, leur gloire est terme et ils sont 
dépouillés. Qui voudrait, de son autorité, changer une loi Celui-là 
serait déçu dans son attente, ou qui lutterait contre Dieu, 1 objet de 
la crainte d'Israël et celui de la vénération de nos ancêtres, et le vain- 
crait! Pense à ta vie future et non à ta vie terrestre : en subissant 
une honte maintenant, tu n'auras pas à rougir et à être confondu 
dans le monde à venir. » 

i Jeu de mois sur le nom de M(1r ; les points sur le premier mem appellent l'at- 
tention sur le calembour. 
2 IMutot : ton. 



NOUVEAUX FRAGMENTS RELATJFS A BEN MÉ1R 229 

Or, comme un ^emps assez long se passait ainsi en échange de 
lettres avec le Pécheur, celui-ci continuait à débiter des insanités, à 
voler des arguments aux savants et à se les attribuer. 

Les chefs des académies, s'adressant aux communautés israélites 
voisines et éloignées, leur recommandèrent les ordonnances et les 
règlements et les fortifièrent dans l'observance des fêtes de Dieu. Et 
parce qu'ils craignaient que ceux-ci, en apprenant l'affaire du rebelle 
ne se laissassent égarer, ils répandirent leurs écrits dans tous les 
coins de la terre. En effet, la confusion et la terreur régnaient dans 
la ville et le pays où son affaire était connue. Les savants lui ten- 
dirent encore une fois la main pour faire la paix, afin de ne pas le 
repousser et de causer par là une rupture. Mais, malgré cela, le pro- 
pagateur des ténèbres 1 n'abandonna pas sa mauvaise voie et se 
remit à composer des théories fausses ; les impertinences de ses 
premières lettres n'étaient rien en comparaison de celles qu'il accu- 
mulait dans ses dernières lettres. Et il établit quatre principes qui 
n'ont jamais existé parmi les Juifs, que Dieu n'a jamais ordonnés et 
auxquels les savants n'ont jamais pensé : il changea le... afin de 
tourner la chose et d'ajouter à chaque limite 641 parties, pour pou- 
voir soutenir que ces trois n'ont pas dépassé leur limite. Il ne crai- 
gnait pas Dieu pour attribuer des mensonges et des faussetés aux 
prophètes, et il n'avait pas pitié des jeunes brebis qui pouvaient être 
induites en erreur par les principes qu'il avait inventés : il n'avait à 
cœur que d'exécuter son projet et son intention de faire commettre 
au peuple des péchés, de faire tomber des multitudes, de démolir les 
enceintes, de briser ses pierres et de fendre les bois. Et il injuria 
encore les savants par ses insanités et les traita d'ignorants, selon 
l'habitude de tout orgueilleux, et appela chacun « sot ». Pour le reste 
/de ce qui concerne ses lettres et de ce qu'il fit en réponse à ce qu'on 
lui dit, tout cela est écrit dans le livre des Chroniques des Chefs des 
Académies. Et pareillement dans la main... 

Elkan N. Adler et J. Broydé. 



II 



Voici un autre document relatif à la lutte soulevée par Ben 
Méïr. Nous l'avons trouvé à l'Exposition chez un marchand d'an- 
tiquités du Caire : il provient sans le moindre doute de la gueniza 
de cette ville. Il est malheureusement en mauvais état, il se com- 
pose de deux feuillets tronqués de 19 cent, de largeur, mais dont il 
ne reste plus, d'un côté, qu'une longueur de 9 cent., alors que 

1 Autre jeu de mois sur Méïr, qui veut dire « éclairant ». 



„..,, REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

vraisemblablement la longueur ne devait pas être inférieure à la 
largeur. C'est une lettre rédigée contre Ben Méïr, et adressée à 
une communauté dont nous ignorons le nom. 

Comme on le voit par le document que publie M. Adler, des mis- 
sives furent envoyées de l'Irak conjurant les Israélites de ne pas 
tenir compte des calculs établis par Ben Méïr pour la fixation des 
fêtes D'après lui, celles-ci devaient tomber, en l'année 921, deux 
jours' avant la date établie par le comput traditionnel. Ben Méïr 
avait déjà lancé des lettres pour défendre ses prétentions et pour 
insulter les savants babyloniens. Nous avons pu en juger par les 
lignes que nous avons publiées'. Il prétendait, il est vrai, avoir été 
couvert de « fumier » par ses adversaires. Qu'il n'ait pas honte, 
dit notre lettre, de reconnaître son erreur, lui et ceux dont il est 
l'instrument. Toutes les communautés se sont déclarées contre lui, 
à l'Est comme à l'Ouest, excepté quelques localités voisines de 
celle à laquelle est destinée la présente missive. Que le rabbin qui 
la recevra réponde qu'il garde toujours ses bonnes dispositions et 
aioute-ainsi plus de considération encore à son nom. 

Ici s'arrête l'épltre. Qu'elle soit relative à la lutte engagée par 
Ben Méïr contre le gaonat, il n'y a pas le moindre doute. Il suffit, 
„our s'en convaincre, de comparer notre morceau avec le texte 
éditéparM.Harkavy, p. 211 et suiv. Les années prises comme 
exemples sont les mêmes, les principes mis en discussion iden- 

tio U.GS 

Ajoutons que cette lutte a déjà fait l'objet d'une étude intéres- 
sante de notre confrère M. S. Poznanski, dans MJewtsh <»«£** 
Review, X, p. 152, et que M. Ad. Neubauer a publié, en 1896 (/&., 
]X 37) un fragment provenant aussi de la gueniza du Caire sur 
cette affaire. L'auteur de la lettre contenue dans ce morceau dit 
nue l'été précédent, passant à Alep, il avait appris que Ben Méïr 
se proposait de faire proclamer ses calculs, c'est-à-dire que es 
mois de Uesclnvan et de Kialew suivants seraient déficients. Il lui 
avait écrit nombre de lettres pour lui démontrer son erreur, et il 
était retourné à Bagdad croyant que Ben Méïr avait renoncé a 
son dessein. Mais à Bagdad, la nouvelle était venue qu il avai 
passé outre, d'où grand effroi des chefs d'Académie Ils écrivirent 
à toutes les communautés qu'il y avait accord parfait entre tous 
les savants pour protester contre la prétention de Ben Mé.r; 
mais celui-ci ne voulut rien entendre et il n'en déc ara pas 
moins ces deux mois déficients. Là-dessus l'exilarque et les chefs 
des Académies proclamèrent ces mois pleins, c'est-a-dire de trente 

' Voir Revue, XL, p. 262, 



NOUVEAUX FRAGMENTS RELATIFS A BEN MÉIR 231 

jours. Deux mois après, l'auteur de la lettre avait envoyé la mis- 
sive de ces autorités jointe à la sienne aux destinataires, qu'il 
engageait à ne point commettre un pareil péché, car suivre le 
calendrier de Ben Méir, ce serait se condamner à manger du pain 
à Pâque et à travailler le jour de Kippour. 

Est-il certain que cet écrivain soit précisément Saadia ? Bien des 
indices semblent prouver le contraire. 

Israël Lévi. 



atanb tri»N*Ti tptt^n b&ou^b i-i^b mais t^nïi uni a-nrr n« 
t-npinn ^ by letton ^33 "nboai iniann» anapbn ï-iaab *7bi73 
rrtaittîD ïtauj b3 bv mnoïn r-rba ba irrnn tranaan p iba^p iujk 
.tapia^n vm pi ma^a mm?» s-iata ba ban aw i-naTan 
ï— T5U5 "pa "pa ênib "jvo frifi îin m'a nmoa Tnana ba->3 t|îo 
/pnoa t-nùTOBrt b3 -îaunaa &■*»■» !-7»an aba rrnioa î-jaiab 
awbia rmn nbpai VTori rrnana^n b3 ifintsa rrau m 3*1*73 ai 
■p'-Toa min r-ibas a:n /irpnvwm ^îrmtanttfi iaraian ba-o 
tona-ia n?3iNb "on .muTOsn 173 p-non rmm nT-ma^n pa 
-OT-ib tin ■otim btnw n« rrnrtb tap^a ia /a-opin:» r-iba 

....ni»b ib^BNi vby ■maTa*- bsnw b3 tun -m ...b b y:n 

vnm mi73n am ^d^ ^bi» tasnb 

n D">aia rii y-nsTab p-inn 

îânn rùtt 

r-iaïai .*o>ia , ia i-naïai "ny-rom ""parin naïai ."naiûa maïai nataa 
■matai '«a "n-iNa Sfchh naïai .■nz'nbiaa maïai -ni^Tana ri53nn 
niûibiaa âânn na^i ."uaiTam tonn naïai ,r-iataa ârin naïai "O'nBa 

2313 t<bN THaiS t3Ï13 pN ÈS^tt Hâ fÊO ITH .^M maïai 

rtb« b33 ^aï-ib ib ïrn -nan maia r^bia rnimjn sti tzpaia 
ï-ib^n («<•) ta-naan amsn p ba» .niaia bia* a^rn ^bi (sic) ba« 
•yw V 2 "^ ïrnbn mb^oan nbiNi nb naia riTan mva rs7a 
■^ti ib">DkNi d^as rua 13 t^bi ^ nNT s^bi !-!733n t^tbn min , xb7 
r-ia ■TOaJ'nb inaana s-irnïTO fa — 1731b ■— uaa"^ "-an îa pN p-ia 

-<3 t=!^733n "nai ta^pb &6i b^ba 115 Tî-na r-raNrr 

dï-!?3 s-m pinn pini 

rrcai© i^n ^3 tn'ûW "i^ons n^^ iTam ^sb ^b 

taauîb ^b^ i^a^Tsa i^ianTa ia^ b 

i-irraaT r;3 yyfy '-noN ^73 

nbra. 

im73^n ^mn3U5 t-ian 72-ib f bh dnb 3»73^ irrrina r-ii-n73Nn mir» 



232 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•ppbin "pa û«ïi bnb^n «■*« aip» Saai .' *naaa y^n tabia 
^naba am bv ^bîab ib*BKi 'm rianari fw i-TTaan f»« a'tt 21b maa 

i3Ty h D na ncwND arma» ynatt m ujnncbi nb^ 3 vâcn wiiMn ■ 
'ai î-TBin TKtDa *pb* "»a »ïki tm pi .•tamwnaa r\x fca"nbn 
na^n t:n ï-tth b-oon *a î^ôn to tsbi k '-n ^nab w*ïi Tina 
ïrbaa nai nnm fca^fcana VP Ktta r-rb«rr mij\xn ns 
*aa ^a l-ûïi ién ^nttSfiOi l^ttiN 13 tsatTOi fcartb "nen im^aia 
ittina b,Nv:o £*o bioa boisn ba lavnai wwbi . s "ht i-rbaa 
p b* tonb» tiD'wwN ba irman "nba iana ^a ^-hdk , 6 bois t^in 
■nai ^a *ianrs Kin p wi n»N ûrsn t-ia 0^0 ne»» br ésn 

7 ron inaa ^îiBKa a^iata te^rria îrman 

i Èac *iia»a tr-ma a^n torp-ifc&o, 

vb:n ^twi i?:i^ n»« r-ibaia». . . . 

pnn^rruj to^ba ^ 

nta»a ^man num p ^a na -mnbtt taia** bx ra&nn w ta» rjto 
min la^abn tii q^si .«tuée *<b naib îaia t^tb-i ...ïmn wi 
nb::'3 jriKn na imb*ïia tvftm baw bai a-nbm &anaïi "sea 
mm mn avp'wn a^»an ï-roai 9l " s n «b ï-MTOtnaab "»a Hîaa 
!>mfc«iB tonnai ^r^-i ï?a^n twïwî pns 21 nia* -hbèo n^cô 
lia* dki T»y»on n a niai ain 20 «b a an .'^-pa in m*o taa^asb 
bwN-'j" 1 ba *a "pnn laTOrt n» TOan ba s-rajnoa lUDMiii wn ns 
jmttipttïi a^E 172 yin naî b* r-ina ïittaoïi a-i*7aai rriTtta *itt« 
■*a ■as'»*nïw ainab rtiasn ^anaai v :-n nr^n aa^ma^ao *n©« 

b[yj *imy rrn» 

• . .oaiïi f<b ^tt^ûi n725 ^b ^n"»"n ^zro ïianoa t*<bi aia. . 

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1 Baba Mecia, 33 a. 
- Manque irpbTl, Jér., xxxvi, 2. : i. 
s II Chron., xi, 14. 
4 Ps„ lxix, 8-9. 
8 Isaïe, xxxii, 6. 
B Kiddouschin, ~{)a-h. 
7 Probablement Ps., cxx, k. 

H prrck Hatchalom et Aboi de Ji. Nathan, 2« version, p. 112 de l'éd. Sehechter. 
'■' 1 Chron., xv, 13. 
[" Eroulin, 16*. 



ISHAK IBN BAROUN 



ET 



SES COMPARAISONS DE L'HÉBREU AVEC L'ARABE 



Yona ibn Djanah porta à son apogée, dans ses œuvres, l'étude 
de la philologie hébraïque. Mais les semences répandues par ce 
maître produisirent encore des fruits abondants après sa mort sur 
le sol de ce pays d'Espagne si propice à ce genre de recherches. 
De l'époque qui va d'Ibn Djanah à Abraham ibn Ezra, qui marque 
déjà le commencement de la décadence, il nous reste un certain 
nombre d'ouvrages de valeur dont la philologie aujourd'hui encore 
peut faire son profit 1 . Abraham ibn Ezra nous a transmis les 
noms de quelques-uns de ces auteurs dans la liste des savants qu'il 
appelle iDTpïi )wh -opï et qui se trouve au commencement de son 
û^ïctta *ibd. Les œuvres de ces écrivains qu'on croyait perdues 
nous ont été révélées et rendues accessibles dans ces dernières an- 
nées, grâce au riche fonds de manuscrits de la Bodléienne d'Oxford 
et de la collection Firkowitsch de Saint-Pétersbourg 2 . Cependant 
un ouvrage très remarquable de cette époque ainsi que l'auteur 

1 Cf. l'appréciation de l'importance des philologues hébraïco-arabes, surtout d'Ibn 
Djanah, dans Renan, Nouvelles études d'histoire religieuse. 

* Nous devons à ces découvertes une partie de l'ouvrage Mouschtamil du Karaïte 
Abou'l Farag Haroun, qu'il a achevé à Jérusalem en l'an 1026 et qu'Abraham ibn 
Ezra, dans Momayim, désigne comme anonyme, "l^T tfb "•ftbUÎY"^ Û^n 
1EUJ. Voir à son sujet Bâcher, Revue, XXX, et Poznanski, ibid., XXX, p. 24-39 
et 197-219. Nous leur devons aussi les commentaires de Juda ibn Bal'âm sur la 
Bible. Un fragment de son ouvrage sur les verbes dénominatifs (û^b^D '0 
m!Qtt5!n \72 t^TT^Ïl) a été trouvé, il y a quelque temps, par Poznanski; cf. son 
article dans Bévue, XXXVI, p. 288-301. 11 s'en trouve aussi des fragments dans 
les additions au ms. d'Oxford du Dictionnaire d'Ibn Djanah. Cf. mes remarques dans 
Studien ilber Joseph Kimhi, Monatsschrift, XL, p. 370, note 3, et Poznanski, l. c. 
Harkavy a trouvé dans la collection Firkowitsch un fragment de l'ouvrage si vanté 
de Moïse ibn Chiquitilla, rmpai fcD"<"Dî '0 = *»S1 TO'înbH "îD nNn5 
r-pjNnbN; cf. sa note dans Revue, XXXI, p. 209. 



234 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

lui-même de cet ouvrage ont eu un destin bien immérité : nous vou- 
lons parler du fra^Vw Srwwbfci ftjfcb» fa HWKlttbK aarû 
« Livre de comparaison de la langue hébraïque et de la langue 
arabe », d'Abou Ibrahim Ishàk ibn Baroun, qu'a édité M. P. de Ko- 
kowzoff (Saint-Pétersbourg, 1889-1893), d'après un manuscrit de 
la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, avec une étude 
très détaillée en langue russe. 

Ouoique le regretté M. Derenbourg ait parlé de cette œuvre, 
dans la Revue, XXX, 156, et que M. Bâcher l'ait analysée plus 
lonjruempnt dans la Zeitschr. f. atttestam. Wissensch., de Stade, 
XIV, 2'23 249, nous avons voulu, en raison de l'importance de cet 
ouvrage , lui consacrer la présente étude, où nous traiterons à 
fond de l'auteur et de l'objet de son travail 1 . 



LA VIE D'IBN BAROUN ; SON ŒUVRE ET SES SOURCES. 

Nous ne savons presque rien des circonstances de la 
vie d'Abou Ibrahim ibn Baroun. Il était issu, paraît-il, d'une fa- 
mille très estimée dans le sud de l'Espagne 2 , dont nous con- 
naissons déjà un autre membre portant le même prénom 
et la môme koimia : « Abou Ibrahim Ishâk », mentionné dans le 
traité de Poétique et de Rhétorique de Moïse ibn Ezra, qui le pré- 
sente comme un contemporain des maîtres d'Ibn Djanah et habi- 
tant Lucena 5 . L'époque de sa vie ne peut être déterminée 
qu'approximativement : on sait qu'il n'était plus en vie en 1128, 
puisque l'ouvrage de Moïse ben Ezra, qui n'a pu être composé 
qu'après cette époque 4 , le mentionne comme étant déjà mort 5 . En 

. J'ai publié une étude sur l'ouvrage d'Ibn Baroun, avec un aperçu sur _ la ^ologie 
comparée hebraïco-arabe, dans le périodique de Fuchs et Gunzig, ^TODttl, 11, 
p. 198 etsuiv., Cracovie, 1899. . ff 

■Au sujet de divers membres de cette famille, voir la partie russe de kokowzoff, 
p. 17 note 28. D'après une indication de M. David de Gunzbourg, dans U*mvtoz 
année 5655, n" 152, p. 6, note 1, Ibn Baroun est aussi le nom d une famille arabe 
d'Espagne devenue célèbre par un poète émiuent. .__... .,,, ,,;j id- 

3 Pour cet auteur plus ancien, voir Bâcher, Leben und Wtrhe des AhUwahd (Bu- 
dapest, 1885), p. 19, note 105, et Kokowzoff, l. c, p. 10, note 16. 

* Cf. Graetz Gesch. i. Men, V», note 1. L'original arabe du passage d , la Ira- 

duction hébraïque édité par Graetz se trouve dans la copie du ms. d Oxtord (ms. or., 

i 31 o, appartenant à la Bibliothèque royale de Berlin. 

• Cf. la 1« partie de l'ouvrage publié par Kokowzoll dans 1- Comptes , rendus de 

La Société orientale de Saint-Pétersbourg (Saint-Pétersbourg, 189o), p. 215, MA et 

dans son étude, en russe, sur Ibn Baroun, p. 10. 



ISHAK IBN BAROUN 235 

tout cas, son ouvrage ne peut être antérieur à la fin du xi e siècle, 
puisqu'il cite Juda ibn Bal'àm comme un auteur déjà décédé *. Or, 
ce dernier écrivait encore entre 1080 et 1090 2 . L'activité scien- 
tifique d'Ibn Baroun correspond donc encore aux années de jeu- 
nesse d'Abraham ibn Ezra, qui ne le compte pourtant pas parmi 
les wrprt yipb ^pï, quoiqu'il range parmi eux Moïse ibn Ezra, qui 
était plus jeune. 

Quelques indications de Moïse ibn Ezra, qui a dédié à son ami 
Ibn Baroun sept poésies 3 , permettent de croire que notre auteur 
occupait une haute position sociale; il l'appelle, en effet, Taan 
pïW* 4 . La suscription d'un poème de Juda Hallévi, auquel il était 
également lié par une étroite amitié et auquel il envoya un jour 
de Malaga un panier de fruits, le désigne sous le titre de aott» 5 . 
Nous voyons, en outre, par les poésies de Moïse ibn Ezra, que 
l'ouvrage d'Ibn Baroun, qu'il a aussi chanté dans un poème spé- 
cial 6 , attira à son auteur beaucoup d'inimitiés 7 de la part de gens 
à l'esprit mesquin et, sans doute aussi, intolérants; le poète leur 
adresse des reproches véhéments et exalte en termes hyperbo- 
liques s la bienfaisance de cet ami si cher, qu'il représente comme 
étant bien au-dessus de toutes les attaques 9 . 

Le maître d'Ibn Baroun fut ce Lévi qui est aussi mentionné par 
Abraham ibn Ezra, ou, pour employer la hounia arabe, Abou'l 
Fahm ibn Al-Tabbân, que notre auteur désigne expressément 
comme tel, dans l'unique endroit où il le mentionne 10 . 

Le titre de l'ouvrage d'Ibn Baroun « la Balance », ou pour mieux 
dire, « la Pesée », qui a été souvent employé dans la littérature 
juive et arabe pour désigner des dissertations scientifiques 11 , de- 

1 Mouwâzana, p. 21, ligne 3 d'en bas. 

1 Cf. Fuchs, Studien iïber Abu Zakarja Jahja ibn Bal'àm, Berlin, 1893, p. 16-17. 

3 Cf. Brody, dans la Festsckrift publiée à l'occasion du 80 e anniversaire de 
M. Steinschneider (Leipzig, 1896), p. 31. M. Brody a publié deux de ces poésies dans 
la Monatsschrift , XL, p. 33-36. M. David de Gunzbourg a aussi publié cinq de ces 
poésies dans Hamêlitz, année 5655, n°» 152, 176, 225, 226 ; je n'ai pu me procurerque 
le l* r numéro. 

4 Cf. Hamêlitz, l. c., vers 14. 

5 Cf. Kokowzoff, l. c, p. 11, et note 19. 

6 Voir ce poème qui débute par les mots 213H 3*13* "JTÛîbE nVTlEn et a été pu- 
blié par Brody, dans Monatsschrift, l. c, p. 35-36. 

7 Cf. Hamêlitz, l. c, p. 7, vers 21 et suiv. 

8 Dans ce poème publié par Brody, dans le Hammaguid, 1900, n 08 1 et 2, surtout 
n° 2, p. 43, ligne 17, il dit quïl est plus rapide à accomplir des œuvres charitables 
que les roues d'un char. 

9 Cf. Hamêlitz, l. c, v. 22-23 : • Comment un agneau peut-il chasser un lion...? » 

10 Cf. Mouwâzana, p. 12, 1. 19, et Kokowzoff, p. 7, note 9. 

11 Cf. Bâcher, Abraham ibn Esra als Orammatiker, p. 3, note 7, et Steinschneider, 
Catalogue de la Bodléienne, p. 1000, et son travail intitulé « La Balance » dans le 
Jeschurun, de Kobak, vol. IX, p. 66-67. 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

vait surtout indiquerson système de philologie comparée. Le même 
terme se retrouve chez Juda ibu Koreïsch l et Moïse ibn Ezra *, 
qui l'emploient dans le môme sens. Le choix de ce mot comme 
titre de l'ouvrage montre que les philologues de cette époque écri- 
vaient et pensaient selon le mode arabe. Ce même nom a été 
choisi comme titre par l'écrivain arabe Hassan al-Amîd, au 
X e siècle, pour son ouvrage de philologie comparée 3 . Mentionnons 
encore ici les titres caractéristiques de quelques autres ouvrages 
de philologie hébraïco-arabe : le Dictionnaire de Haï Gaon ou 
■nanba* snps, c'est-à-dire « le Collectionneur », dont le tire cor- 
respond au Dictionnaire de Mouhammed ibn Doureïd (x 8 siècle) 
appelé Kilâb al-Gamarra*. Le nom de Kitâb al- Louma donné à 
la grammaire d'Ibn Djanah rappelle l'ouvrage grammatical d'Ibn 
Ginni : Al-Loumâ fi-l Nahw 5 . L'ouvrage de Moïse ibn Chiqui- 
tilla sur les masculins et les féminins est déjà comparé par Ibn 
Baroun avec l'ouvrage de même nom du grammairien arabe du 
x° siècle Abou Bekr ibn Al-Anbâri G . Le livre d'Ishak ibn 
Yaschousch sur les flexions du verbe, tpasnbai naro = ^ido 
dWrtBi, fait penser à son modèle arabe, également cité par Ibn 
Baroun, l'ouvrage d'Abou Ishak al-Zaggag du x° siècle sur la I re et 
la IV e formes du verbe : nbJDîo nb;>D naro 7 . Mentionnons encore 
l'ouvrage de Moïse ibn Ezra sur la Poétique et la Rhétorique qui 
doit être considéré tout à fait comme un produit de la littérature 
arabe consacrée à l'Adab s . 

Gomme véritables prototypes de l'œuvre de philologie compa- 
rée d'Ibn Baroun, il faut citer deux auteurs du x° siècle : Juda 
ibn Koreïsch, qui, chose remarquable, n'est cité nulle part par Ibn 
Baroun, et Dounasch ben Tamim de Kairouan . Le livre de ce 



1 Ri&ûle, éd. Barges et Goldberg, Paris, 1857, p. 84 ; cf. Kokowzoff, p. 19, note 32. 
* Cf. le chapitre publié par Kokowzoff, p. 221, 1. 21 : ^ppj ïïbnNttEbN 

îràibM irbaa t*«3ttrûïfcfittT 

» Cf. Kokowzoff, p. 19, note 32. 

4 11 semble que, pour rendre le mot "n^n en hébreu, on doit préférer la déno- 
mination debb"On '0 également usitée par Ilarkavy dans le 31^73731 mTfa?2, III, 
p. 94, à la dénomination de CpNTOn '0 employée par Ibn Ezra. Au sujet de la com- 
position de l'ouvrage de Haï, voir plus loin. 

5 Pour cet ouvrage, qui se trouve en ms. à Berlin, cf. Poznanski, Afose b. Samuel 
Hakhohen ibn Chiquitilla, Leipzig, 1895. p. 166-167. 

6 Cf. Moutvâzana, p. 7, et Poznanski, /. c , p. 20-21. 

7 Cf. Mouwâzana, p. 83, dernière ligne, et Kokowzoff, p. 144. 

8 Cf. l'étude de M. S~hreiner daus Revue, XXII. Happelons aussi l'influence des 
interprèles arabes du Coran sur l'exégèse des Juifs hispano-arabes. Cf. Pozaanski, 
/. c. y p. 196, et Schreiner, dans Monatsschnft, XXXIX, p. 270-271. 

■ Moïse ibn Ezra (éd. Kokowzoff. p. 215, 1. 17) dit de lui : ^fctWpbtf 
^tbS)\DbR!l TTQSfàbN- Le dernier mot semble Otrc une dénomination qu'il emploie 
généralement, et, d'après une hypothèse émise par M. Bâcher dans une lettre qu'il 



1SHAK 1BN BAROUN 237 

dernier, cité par Abraham ibn Ezra comme "iay "prab» awtt "iso 
a"un, n'est connu de nous que par des citations et ne paraît pas 
avoir obtenu, en général, un accueil favorable '. Mais ce sont les 
deux principaux ouvrages d'Ibn Djanah, le Kitab al-Louma et le 
Kitab al-Ousoul, où se trouvent de nombreuses comparaisons 
entre l'arabe et l'hébreu 2 , qui ont exercé une influence sur Ibn 
Baroun. 

m'a adressée, serait un mot berbère. L'oe ivre de Douuasch b. Tamim était exclusi- 
vement un ouvrage lexicologique, suivant l'indication de Moïse ibn Ezra, l. c., 1. 16- 
17, inabN 1^7 ITOfiÔ ï^ttbbN a-l^pn 1D, d'où il résulte qu'il ne contenait rien 
de grammatical. 

1 On connaît aujourd'hui de l'ouvrage de Dounasch b. Tamim une citation faite 
par Juda ibn Balam dans son Commentaire sur Deut., xxviii, 27, pour l'expli- 
cation du Kerê et du Ketib tpbs^ — D^TlflE* D'après lui, le texte biblique portait 
Û^bD^, mot qui aurait la même signification que l'arabe fîbs^, qui désigne une 
maladie des parties naturelles de la femme ; le Kerê et le Ketib réunis s'appliquent en 
même temps aux hommes et aux femmes (Cf. Fuchs, Studien. p. xx). La même ci- 
talion se trouve aussi chez Tanhoum de Jérusalem dans le commentaire sur I Samuel, 
v, 7 ; cf. Haarbriicker, R. Tanh. Hierosol. Comment, arab. ad libr. Sam. et Reg., 
Leipzig, 1844, p. 8 du texte arabe, et p. 9 du texte latin. Ibn Baroun cite encore 
deux fois cet auteur: dans Moutoâzana, p. 45, à propos de^fl, II Rois, xn, 10 (chez 
Kokowzolf, il y a faussement v. 6), où il compare ce mot avec un terme arabe « qu'il 
n'est pas convenable de citer» MÏTDÎ 101T ttb "Hbfi*, etibid., p. 67, où D. b. T. 
compare le sbo de Nombres, xm, 6, avec le nom Kelb usité chez des Arabes, qui est 
aussi employé comme nom de personne, ce qu'Ibn Baroun considère comme une re- 
marque superflue : C<Ï"T33> 13jPB. Moïse ibn Ezra dit de D. b. T., ibid., 1. 17-18, qu'il 
n'approche pas de beaucoup Ibn Baroun et que chacun peut le constater par l'examen 
de leurs ouvrages respectifs, ts*fc nOM ^ST\ bà"|bN Kifi ïïaN^N ait"" ûbl 
t^fàïTEnbNn !"J3>ba«3tt f-ilD 1?ab "na"> ; il cite une explication de lui sur 
"1D3H d'Isaïe, xi, 14 [ibid., p. 212, 1. 28), d'après laquelle ce mot devrait être comparé 
avec l'arabe ÏÏDN"^ « tirer un présage du vol des oiseaux » et il dit que cette com- 
paraison est pfiONI 122N « étrange et ridicule >. Abraham ibn Ezra le cite aussi 
une fois à propos de Genèse, xxxvin, 9, où il qualiBe son opinion de 11 y 5 II) ^D 
« folle • ; dans Kohélet, xn, 8, il réfute sa théorie sur les formes de diminutif. 

* Ces comparaisons sont très bien exposées dans l'ouvrage de Bâcher : Die hebr.- 
arab. Sprachverglcichung des Abulwalid Mervan ibn Ganach, Vienne, 1884. Qu'il me 
soit permis d'ajouter ici quelques comparaisons remarquables qui ont échappé à Bâ- 
cher, sans avoir moi-même la prétention d'être complet. Dans son Dictionnaire, 174, 
1. 13-15, Ibn Djanah compare lb!""in de Psaumes, lxxv, 5, à l'arabe b&OïlK « élever 
la voix ». D'après R. g., 74, ibid., il faut aussi expliquer ainsi le mot ibbl ïirP de 
Nah., ii, 5, et Jér., xlvi, 9. Cf.au sujet de ces derniers passages l'explication d'Ibn 
Djanah dans l'original arabe, qui manque dans la traduction hébraïque (éd. Bâcher, 
p. 119). Dans le Dictionnaire, 177, 1. 25, Ibn Djanah dit au sujet de "p^rs att 
Û"n^ (Genèse, xvn, 4) que *p72!l doit être comparé à l'arabe ishbïl (Les diction- 
naires connaissent aussi comme ayant ce sens ^ribiTI et Nrîb!Tî),et qui signifie « assem- 
blées d'hommes qui font retentir leur voix », de sorte que ce mot devrait plutôt être 
rapproché de O^IS 173!"î de Psaumes, xlvi, 47. Comme preuve en faveur de cette 
interprétation de ce dernier passage, on pourrait aussi invoquer Isaïe, xvn, 12; 
cf. aussi la traduction d'Ibn Tibbon, p. 121. Dans le Dictionnaire, 495, 1.20, il dit que 
"11)30 de Cant., n, 13, signifie la ileur de la vigne : DIObN T"Itf pD "lit, et il ajoute qu'en 



238 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

L'ouvrage d'Ibn Baroun n'a laissé dans la littérature hébraïque 
que des traces extrêmement rares. Il n'est cité nominativement que 
par Moïse ibn Ezra, dans son Traité de Poétique et de Rhétorique, 
où il rapporte aussi trois de ses explications l . Parmi ceux qui ont 
utilisé le travail d'Ibn Baroun, on peut nommer Joseph Kimhi, 
qui cite une de ses comparaisons, en s'en référant au r-wn 'o 
•m* "ptabb *na* yrcib*. L'auteur du Kitab al-Mouwâzana est 

arabe, c'est le mot -|fc03 ; ^ fait aussi remarquer que, par analogie avec l'expression 
hébraïque rm 13H3 TlttOm, les Arabes disent rrrmN Hmfin ttbl Mlbfitp. 
— [La prétendue traduction de Saadia chez Merx : Die Saadian. Uebers$t*ungdes Ho- 
henliedes im Arabischen, Heidelberg, 1882, p. 29, porte TMObsT., cf. les remarques 
de Merx, ibid., p. 5-8.] — Col. 698, 1. 28, il explique nbaD (Isaïe, xxvn, 12 ; Ps., lxix, 
3 et 16) par « abondance de l'eau », par analogie avec l'arabe blOll N72 dans le sens 
de -rrô • beaucoup »,ou par b55- - Cl. 766, 1. 17, à propos de "mStt nîmrD 
■^■v^ (Isaïe, xix, 14), il dit que ce mot doit s'entendre dans le sens de niDDnnn, 
mouvement en divers' sens, et non dans le sens de « errer comme un voyageur 
égaré », et il remarque à ce sujet que le mot arabe n&n-JSN, usité pour rendre ce 
terme, a le sens de « se mouvoir » ; c'est ainsi que les Arabes disent : aiûiSN 
bW ^nn NnrOnn Wn* MfcbN [t^730bN] • Dans le ciel l'eau est mue çà 
et là jusqu'à ce qu'elle tombe. » Dans la traduction de Juda ibn Tibbon, éd. Bâcher, 
p. 546, ce passage manque. Saadia le traduit par ^± (cf. éd. J. et H. Derenbourg, 
Pans, 1896, p. 28). 

1 Cf. à ce sujet Kokowzoff, p. 151, et ibid., note 398. 

* Cf le fragment du Comment, sur Job de Joseph Kimhi, sur W\T\, xxxix, 
23, dans Revue, XXXVII, p. 98 et ibid., note 8, où l'on renvoie à l'arabe 
t^H, et Mnuwâzana, p. 92, s. v. On trouve encore chez Joseph Kimhi les compa- 
raisons suivantes : l'explication de rpïT, Job, xxvn, 6, par l'arabe rprttN « se re- 
tirer » (cf. David Kimhi, Dictionnaire, s. v., et le commentaire de Joseph Kimhi 
dans Schwartz, «13» tllpH, P- 162, où il est dit : ^1315 ~,721N "Ol* VW*bai 
j. nn;72 tp^bita M1ÏTO), d'après Mouwâzana, p. 53, s. v. La même explication 
si trouve aussi' citée dans Maïmonide, More Neboukhim. I, 39, qui en rapproche 

mcb nonna nnsia (Uv., xix, w), ppb mwn PP» n " J13 n3 tD " rarn 

nr::N _.. c f Bâcher, Die Bibel'exer/ese Moses Maimùnis, p. 160, note 5, et 
Chwoison-Fcstschrift, p. 144, et ibid., note 1. Cette comparaison est aussi citée par 
Simon b. Céraah Durau dans son Commentaire sur Job, appelé E3DÏ372 3"1S, 
p. 134a : ^aH3> llWb» rP"J3 ?û""', et par Saadia ibn Danâu, dans l'appendice du 
Dict. d'Ibn Djanah, 787, 1. 9-10. Rappelons à ce sujet que, tandis qu'Ibn Baroun, 

ibid , rapproche n-|n « ûiver » du radical arabe ^' Moïse ibn Ezra ' danS SOn 
traité de Poétique (ras. Berl. or. 464, f. 128 a), où il cite également l'explication de 
tnn\ le l'ait dériver de ce mot, « parce qu'en hiver le soleil se retire de sa hauteur » 

^-■ï n p ï-pd o»i»b« t|finre«b rpn wx dO«b« N-ini -w 
toïrôya ■'fin ^b* ^abp tpnr »>*b \s w» -«aab rpm Kbi bnn. 

— Le rapprochement que fait Joseph Kimhi entre iTn de. Job, xxiv, i, et Tirt72 de 
Ps cvn 30 (d'après David Kimhi, Dict., 5. v.) avec l'arabe Tfitn ss trouve déjà dans 
Ibn'Baroun Mouw., p. 43-44; cf. mes Studien sur Joseph Kimhi, dans Monats- 
schnft, XL, p. 175, et XLI, p. 156 et 274. Cf. encore l'explication de *pn, 
Job, xl, 12, par l'arabe "jnn [Revue, l. c, p. 99, et ibid., note 5 = Ifetw., p. 24, 
1. 1) ; la comparaison entre rnnD, ibid., v. 17, et l'arabe TDD (#«*«, l. c, elibid., 
note 7, .l/o«/'\, p.86). 11 est a remarquer que tous ces emprunts faits à Ibn Baroun se 
trouvent dans' le commentaire sur Job que Joseph Kimhi a composé en Espagne. 



ISHAK IBN BAROUN 239 

encore cité par Abraham b. Salomon, du Yémen, qui vivait au 
x\ e siècle, dans sa compilation sur les Prophètes, et cela en quatre 
endroits \ et par un commentateur anonyme du More de Maïmo- 
nide, également du xv e siècle, dans un passage unique 2 . Nous 
émettons aussi l'hypothèse, mais sous toutes réserves, que l'ou- 
vrage dlbn Baroun a été connu et utilisé par Abraham ibn Ezra, 
qui l'aurait cité sous le nom de ifiSOft pWn, dans le commentaire 
sur les Psaumes, cxlvii, 3, à propos du mot ûrrnxjb, qu'on veut 
dériver de l'arabe 3 . Abraham ibn Ezra donne encore un certain 
nombre d'explications, c'est-à-dire de comparaisons, qu'on ne ren- 
contre en partie que chez Ibn Baroun 4 . Tanhoum de Jérusalem 
rapporte aussi des comparaisons avec l'arabe que nous ne pou- 
vons considérer que comme des emprunts faits à Ibn Baroun, 
puisqu'elles ne se rencontrent pas, que je sache, chez des au- 
teurs intermédiaires. Ainsi, par exemple, l'explication de ^ns , 
Osée, ni, 5, par « affluer » ou « se réfugier », par analogie 
avec l'arabe an*a 5 . Nous trouvons aussi chez Tanhoum une com- 

1 Cf. KokowzofF, introduction hébraïque au Mouwâzana, p. i, et l'étude en russe, 
p. 151, et ibid., note 401. 

* Cf. KokowzofF, l. c, et note 403. 

3 Ibn Ezra cite la même comparaison dans le commentaire sur Job, x, 5, pour "^13^ , 
au nom de EPttJHDfàïl "^T"! ; cf. Bâcher, Abr. Ibn Esra als Grammatiker, p. 169 et 
170. Elle peut fort bien avoir été empruntée au Mouwâzana d'Ibn Baroun ; en tout 
cas, cet article manque dans notre édition. La même comparaison se trouve aussi dans 
le commentaire de Simon b. Cémah Duran sur Job, 78 a : ù^inn "O t^'^T 

j^ito -1735 unpn "proba û^a^y lînpa mYurt anm mwrr "j? 3 ûwnr: 

yzy bîtyiy®^ \wbl, et dans le commentaire de Samuel ibn Masnûth sur Job, 

ta-<aa T^a (éd. Buber, p. 35) : n-nab impra bau^En ■jn'oab ■paa*» kiïto n"t 
2N£a>N. 

* Dans le Commentaire sur l'Ecclésiaste, x, 9, Ibn Ezra rapporte au nom de 
Ù^^Dfàin "O-H la comparaison de *pD"i avec l'arabe dans le sens de t chauffer », 
explication qu'ils proposent aussi pour riaD^O de 1 Rois, i, 2 ; mais il rejette cette 
explication. La comparaison, pour ce dernier passage, se trouve chez Ibn Baroun, 
p. 73 ; cf. aussi mon étude dans Monatsschrift , XLI, p. 167, note 3, et p. 277. 
(L'hypothèse émise par KokowzofF, p. 152, et ibid., note 404, que Tanhoum de Jéru- 
salem dans son commentaire sur I Rois, i, 2, éd. Haarbrucker, p. 62 du texte arabe, 
fait allusion à Ibn Baroun, s'explique par le fait que les citations de Tanhoum sont 
rapportées ici comme partout ailleurs d*après Ibn Ezra, ce qu'on peut constater sur- 
tout dans son Commentaire encore manuscrit sur l'Ecclésiaste, x, 9 ; cf. à ce sujet 
Monatsschr., I. c,p. 167, note 3). Dans le commentaire sur Osée, n, 17, pour ïin53H, 
Ibn Ezra cite une explication d'après laquelle ce mot aurait le sens de 1"|3>?2 « de- 
meure », explication qui ne se trouve que chez ibn Baroun, p. 77. D'après Ibn Ezra, 
ce commentateur expliquerait également ainsi "]^y"\ d'isaïe, xni, 22. Dans le commen- 
taire sur le Cantique, ni, 10, ÏISÎTN EllStl, I. E. dit que des commentateurs ex- 
pliquent ce mot comme signifiant « brûlant d'amour • ; c'est l'opinion dTbn Baroun, 
p. 94, qui l'explique par t»on ÛHlÊfa ; la même opinion est aussi citée par le Com- 
mentaire anonyme sur le Cantique, éd. Mathews, dans la Festschrift de Stein- 
schneider, p. 171. 

5 Cf. Mouwâzana, p. 86, et mon ouvrage : Aus dem Koheleth-Comm. des Tanh. 
Jerus. (Berlin, 1888), p. 15, et ibid,, note 6. 



240 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

paraison grammaticale donnée par Ibn I3aroun,à savoir que le 
hitpaèl hébreu, comme la V° forme du verbe arabe, désigne une 
action hypothétique f . Enlin, on rencontre de nombreux emprunts 
faits à Ibn Baroun dans les gloses du ms. de Rouen, qui contient 
le dictionnaire d'Ibn Djanah; ces gloses offrent, en général, beau- 
coup de matériaux pour la comparaison de l'hébreu avec l'arabe et 
se composent surtout d'extraits 2 . M. Kokowzoffa déjà signalé ces 
emprunts; toutefois il ne les a pas reconnus tous 3 . Ajoutons-y les 
indications complémentaires suivantes : Dict., col. 17, Rg. 12, sur 
-nu; col. 19, Rg. 04 (ïî&6tt), sur bsi* 4 ; col. 32, Rg. 17, sur n« ; col. 
66, Rg. 14, sur pD«; col. 169, Rg. 3, sur nïiN, Mouw., p. 29 ; col. 
220, Rg. 20, sur bDTM; col. 278,Rg. 81, sur W; col. 290, Rg. 18, 
sur ns^ ; ibid. t Rg. 19, sur y&; col. 313, Rg. 7, sur ira ; col. 502, 

1 Cf. Mou>'\, p. 10, avant-dernière ligne, avec les développements de Tanhoum 
dans le commentaire sur Josué, ix, 4, "ITS33fc^l (éd. Haarbrûcker, Berlin, 1862, p. 18), 

îbchm WEam ^b-is bonnw HibROnba ^ 3*i3?3bN iySo*» a-)*b»i 

« Les Arabes emploient la 5» forme de bO"), envoyer, pour désigner une fausse dé- 
claration d'envoi ». 

* Ces gloses sont empruntée?, en grande partie, à la traduction de la Bible de Saadia 
et à Risâlé d'Ibn Koreïscb (cf. Bâcher, Die hebr.-arab. Sprachvergleichung. ., p. 29, 
note 5).— Nous trouvons aussi en cinq endroits des citations de Moïse ibn Ezra tirées de 
son p32, et une fois, Dict. 565, n. 81, s. v. MID. on trouve l'explication de Moïse ibn 
Ezra, sur Cant., n, 17 (cf. aussi Kokowzoff, p. 92-93, et ibid., note 108). Des 
autres rapprochements faits dans ces gloses, mentionnons encore le suivant qui ne 
se retrouve nulle part ailleurs : Dictionnaire, col. 366, n. 93, sur bïl?3, il est dit, à 
propos d'isaïe, i, 22 : anaptt *p>23 bNp^D 3>É3p "h? HîT» ÙÊbbwN yTI?3 
31T7373 "W t>i?3bN3 ; d'après cette explication, bn?3, qui signifie « circoncire, 
fendre • , a de l'analogie, dans le sens de « mélanger », avec la langue arabe, qui 
désigne le mélange d'eau et de vin par ces mots : « le vin est fendu par de l'eau ». 
Il est vrai que le plus souvent les lexicographes arabes emploient dans ce sens le 
root 3ù3p ; cf. Gesenius, Thésaurus, p. 772 ; voir aussi ce que dit contre cette 
analogie Barth, Beitraege zur Erklaerunq des Bûches Jcsaja, dans le Jahresbc- 
richt des Rabbiner-Seminars zu Berlin, 1884, p. iv, Joseph Kimhi, cité par Da- 
vid Kimhi dans son Commentaire ad l., et dans le Dict. s. v , explique le mot 5"l!"!tt, 
d'après l'arabe brî73 et l'expression de la Mischna bttlîfl « su c du fruit ». Il faut en- 
cure mentionner l'explication de Moïse ibn Ezra dans sa Poétique (ms. Berl. or. 464, 
fol. 88 a) à propos de la ûgurc de rhétorique TNÏPtf : "03' C^à f 733 b")H?3l 

t^bi traob i-pri "jDpa ^y anniw H3N "nn r<?3N ■pânnb» S^ao 
E)bob« csifisnn tnabb» )i2 «rTKa ixe ^d rtaobba irirtb papnttK 
(•? t-vnbK) rnob» ^33> b^pn ^-DiPbN ai^ba i:y bttttban t^rpro 

« b^ïlîl3 est employé là dans le sens obscène, comme cela résulte du contexte ; il n'y 
pas moyen de donner l'étymologie du mot; en arabe on l'emploie dans le sens de 
H33*, troubler ». Une remarquable explication du mot a été donnée par un lexico- 
graphe anonyme (caraïte?), cité par Pinsker, Likkoute Kadmonioth, p. 228-229, 9WD12 
Dn73tfb3 "173, s'il est vrai que ces derniers mots, comme le veut Pinsker, ibid., 
p. 227, soient une allusion au langage de la Mischua. 

1 Cf. la partie russe, l. c. En reproduisant les comparaisons d'I. B., M. Kokowzoff 
les place entre parenthèses avec le signe Rg, 

4 Cf. Bâcher, Z. A. T., p. 244, note 1. A noter qu'il y a une explication sem- 
blable chez Salomon ibn Purhon dans son *p")3??1 mafTOj s. ç., qui l'explique 
comme m33»N, Exode, xxiv, 6, avec L'hypothèse de la transformation d'un ? en 3. 



1SHAK IBN BAROUN 241 

Rg. 80, sur b*?; col. 548, Rg. 48, sur m*; col. 564, Rg. 12, sur 
piD; col. 663, Rg., 24, sur ym; col. 668, Rg. 87, sur ïfm ; col. 
678, Rg. 86, sur -m ; col 689, Rg. 2, sur dp-). 

Les sources auxquelles IbnBaroun a puisé ont déjà été indiquées 
par MM. Kokowzoff 1 et Bâcher 2 , qui nous ont fourni tous les ren- 
seignements qu'ils ont pu trouver dans son ouvrage, malheureuse- 
ment incomplet. Ajoutons encore ici quelques observations com- 
plémentaires. La traduction et le commentaire de la Bible de Saadia 
ont sans doute fourni à IbnBaroun les remarques suivantes : l'ana- 
logie de b^, qui signifie à la fois « être triste et craintif » et « être 
ému joyeusement », avec l'arabe hltt, qui a aussi les deux sens op- 
posés ë ; l'explication de ^ût, Job, xvi, 11, par le met arabe ra-n, 
surtout le substantif ï"îï3*vi dans le sens de rpba, malheur, ruine 4 ; 
la traduction de ^332, Isaïe, lix, 5, et Job, vin, 14, par ni3332 ' ; 
la traduction de rniîE*, Ps., vi, 8, par nfiy « se flétrir 6 » ; la tra- 
duction demsn^i, Job, xvi, 12, par l'arabe *]£nû 7 , denoiD, Lév., 

1 Introduction hébraïque, p. il, et partie russe, p. 129 et suiv. 

* Z. A. T., I. c, p. 228. 

8 Cf. Moicw., p. 24, 1. 11-12, et le Commentaire de Saadia sur Ps., n, 11 (éd. 
Margulies, Brcslau, 1883, p. 3 de l'arabe ; cf. aussi p. 6, note 3). La même explica- 
tion, sans qu'il la rattache toutefois directement à l'arabe, est donnée par Ibn Dja- 
nah, 128, 13; la comparaison se trouve aussi chez Tanhoum sur Osée, x, 5; cf. Aus 
dem Koheleth Comment, des T., p. 15, et ibid., note 5. 

* Cf. Mouw., p. 63, s. v. B-T, où il est dit : Imbiba W îïttmbb 03Wtt 
ErnnD *173NbN 1S S-inamN Ipl "JND^bN S<T*B 2p"S et Saadia, ai. I. 
(éd. Cohn, p. 46, et dans le Commentaire, ibid.): I^ail "^ IfiÔS DNïbN Y^W 
ÏTbabtf l331 n D S"-jÏn ^N. De même, Saadia traduit ^-p de Nombres, xxn, 32, 
par ^nin (éd. Dérenbourg, 1893, p 229). Ibn Baroun en rapproche la troisième 
forme M&m « faire secrètement, tromper », et le traduit par 3H3, ïï^Vlb. Juda 
ibn Balam, sur Nombres, xxn, 32, l'explique, dans le sens de « se jeter aveuglément 

dans une entreprise » ÙNtiP^bNI JfcÙîbN TD2 "nS^B blDl MTinbNI (cf.Fuchs, 
Studien Hber Juda ibn Balam, appendice, p. x). Juda ibn Koreïsch {Risalè, 

p. 107, 1. 11) le rend dans les deux passages par bmn et bjTP « tomber dans la 
boue . et aussi « subir un malheur » ^bn"P "^"IV 1 "^'"P „,bmn îamn "IN 
ïnbnibN Mû'-nbft* V2D7\ 3*)2bN1. Mentionnons encore la remarque de Samuel 
ibn Masnûtb, dans le May an Gannim, p. 53 : ^"H btf273tt"> lliaba t^tSllbai 

^223 t^bN 157372 t-iNsb bi3^ i;\ni tman b2 t-wa riîDp ^nm 

bll!». Ibn Djanah , dans son Dictionnaire, col. 237, dit : tSTin D32iS. 

5 Cf. Mouw., p. 84, et Saadia, ad L, (éd. Dér., p. 88, éd. Cohn, p. 31), tandis 
qu'Ibn Djanah, DicL, 557, 2, a 3332. Le ms. d'Oxford, d'après la note 90, a 
D13332, de même note marginale, ibid., et Zerahia b. Schaltiel dans le commen- 
taire sur Job, ï3*i3n mpn, p. 213. 

6 Cf. Mouw ,p. 83, et Saadia, ad l. (éd. Margulies, p. 6, en arabe). 

7 Cf. Mouw., p. 85, et Saadia, ad l. (éd. Cohn, p. 46). La même comparaison est 
faite aussi par Zerahia b. Schaltiel {ibid., p. 232) : -fôlWD 13-|2ÏÏ p *M3 

r-naap nwnnb ^nnr^i 1532273 y£isn73m nmb -iDnem. 

T. XLI, n° 82. 1G 



242 REVUE DES ETUDES JUIVES 

xin, 1 et 12, par 'VBn^etde TVi, Isaïe, xiv, 3, par Tin dans le sens 
de « punition 2 ». Un certain nombre de comparaisons faites par Ibn 
Baroun sont peut-être empruntées au Risalè de Judaibn Koreïsch, 
quoiqu'il n'en fasse mention nulle part. Mais de même qu'Abraliam 
ibn Kzra, qui lui est postérieur, Ibn Baroun a dû connaître cet 
ouvrage. Nous notons ici les concordances suivantes : la compa- 
raison de rpbN Juges, xvn, 2, avec l'arabe ^bS (4° forme) « jurer », 
etrrbK (Lév., v, 1) avec mbN ou rnbà « serment 3 » ; le rapproche- 
ment de bin, bnm avec l'arabe bn « s'établir, se fixer », surtout en 
parlant du malheur 4 ; la traduction de 'pn, Prov., xxn, 6, par 
l'arabe *pn et de W3H, Genèse, xiv, 14, par irosn» « ses gens 
exercés par l'éducation et l'expérience » 5 ; la traduction de tpn 
(Prov., xxiii, 28) par l'arabe tpn,« mort » 6 ; de nsbbrr, Néhémie, m, 
15, par l'arabe bbâ « couvrir, recouvrir d'un toit» 7 ; denba, Isaïe, 
lxv, 25, par l'arabe aba « jeune brebis » 8 ; le raj)prochement de ïiart 
dans Genèse, xxix, 21, avec ntxn, et "OT, dans Ruth., ni, 15, avec 
■«natt d'après le principe du t]n^73 « l'hypothèse d'un faux changement 
de son 9 » ; de 3sr-» avec y^ « placer », d'après le même principe 10 ; 
la comparaison de ^ip"» avec l'arabe npi dans le sens de a pesant, 

1 Cf. Mouw., I. c, et Saadia, ai l. (éd. Dér., p. 160). 

1 Cf. Mouw., p. 88, et Saadia, ad l. (éd. Dér., p. 21). Cf. aussi l'indication dans le 
Eamous de Firuzabadi : 3N13>bN 1TÎ- Cependant, tandis qu'Ibn Baroun explique 
ainsi TJH de Job, III, 17, Saadia, ad L, le traduit par 12683^23 38 : « rébellion •. 

a Cf. Mouw., p. 35, tt Risalè, p. 61. 

* Cf. Mouw., p. 44, et Risalè, p. 39, et surtout p. 74 : bn 3155» bïpP 

rtw t-ibm m?a?N S-nb* bmi "^bnbs i-P33> 2m B^bab» na 

3^83£73b8. La même comparaison est faite aussi par Bartb, Etymidof/iS'he Stu- 
dten, lb93, p. 68. D'après Ibn Baroun, il faut aussi y rattacher rtblH Î13"l, de 
l'Ecclésiaste, v, 12 = nb^n. La même explication est encore donnée par Ion Ezra et 
Tanhourn, ad L ; cf. Ans dem Kuh. Comm.,p. 25. 

B Cf. Mouw., p. 50, et Risalè, p. "4. Chez Ibn Koreisch il y a nbrS?21 r"P!D -H, 73 
labNibN ^:n ^lysb *pn; chez Ibn Baroun : rHwN p'T'l IT3731 ï^ïDînbN *|73 

*-vi238b8 ana n-p -Hb8 'pnrrobsi 'prrabs bànbsi iroîffia wwi 

10581 na'lânbN nriD3m. Ce mot désigne donc l'homme instruit par Texpé- 
rience et le temps. La manière dont il en est parlé dans le Kamous est presque 
identique. 

6 Cf. Mouw., p. 55, et Risalè, p. 75. Ibn Barouu explique de même Dnrr. Job, 

-.1.) * ' 

ix, 12. par ^bl"P HIN h N « qui laisse disparaître ». 

w ... ,'", . 

7 Cf. Mouw., p. . : )7 : T,ZD *1B 53 3t31 Hbbï3 r i 1 avec Risalè, p. 23 : m^ODIYl 

Bppom b^bân- 

s Cf. Mouw., p. 57-58 : PTTOmbH PT"lp3b8 ibl im, avec Risalè, p. 16, sur 

Genèse, x\x. î : r<b:: !Ïbfir»b« nbi i»on a"iyb«v 

9 Cf. Mouw., p. 60, 5. p. an* 1 avec Risalè, p. 16, sur Genèse, xxx, 1 : ÏTVODm 

r-N-. 

10 Cf. Mouw.. p. 62, et Ri talé, p. 90-91. 



ISHAK 1BN BAROUN 243 

puissant » ' ; de *vy avec l'arabe w, dans le sens de « aider 1 », de 
in* dans Proverbes, xxiv,27, et dans Isaïe, x, 13, avec l'arabe m* 
dans le sens de nin « être présent », c'est-à-dire « des trésors 
qu'on conserve pour plus tard 3 »; l'explication de ms dans Cant., 
ii, 13, par l'arabe fis, dans le sens de « fruit non mûr 4 » ; la tra- 
duction de rrmn dans Nombres, xxxir, 14, par i-pnnn « éduca- 
tion » ou « élèves s » ; le rapprochement de un dans Job, xv, 12, 
avec l'arabe î*n « cligner des yeux pour désigner quelqu'un », 
grâce à l'admission d'une métathèse, comme cela arrive dans le 
langage de la Mischna 6 ; de tr»D£n de I Rois, xix, 6, avec Kjsn 
« charbon, pierre brûlante 7 ». 

Dans le dictionnaire de Haï Gaon, le Hâvi, outre les compa- 
raisons citées directement par Ibn Baroun s , nous trouvons encore 
les rapprochements suivants 9 : "laa, dans "laan ba de Ps., lxix, 
16, avec l'arabe l^a dans le sens de « comprendre, concevoir une 
chose » 10 ; m» ^bsn, Ps., xvm, 5, et cxvi, 3, avec l'arabe Vwan 

1 Cf. Mouw., p. 62-63, et Risalè, p. 23-24. D'après Ibn Koreïsch, le mot signi- 
fie c puissant » t^'PT^ E^Tp^ ÏTl^ODm, et surtout « lourd » ; c'est ainsi qu'il 
faut expliquer nip" 1 n3D (Isaïe, xxvin, 16) ; Saadia, ad L, éd. Dér., p. 40, tra- 
duitici par rTPT^- Le mot est donc identique à l'arabe *pï*"l. De même pour 'n 131 
Ip" 1 ÏT^Ïl, I Sam., m, 1, Ibn Baroun observe que le mot signifie aussi t resant », 
ce qui est un sens peu éloigné de celui de • puissance » : im "lNplbb ODÎÙ72 

^yn )y un*» Nb ^a^nbN i>rim nnbâa binbK r-npii Hrnsoba 
T^bN. 

* Cf. Mouw., p. 80, et Risalè, p. 78 ; tous deux citent le passage du Coran, 
Soura, vu, v. 156, mn^Sl !mï3>V 

» Cf. Mouw., p. 83, et Risalè, p. 46 et 79. lbid., p. 83, au sujet de Prov., xxiv, 
27, il est dit : fTiSKTl rHTI? 'j'On, et pour Isaïe, x, 3 : inbfi* ÛrTPîOT 
imbb ï^minyN ; chez Ibn Baroun, ûs-nruan dïnnJ. 

* Mouw., p. 84, et Risalè, p. 48 et 80 ; tous deux l'expliquent par fruit qui db 
à]^. Cf. aussi Ibn Ezra, ad l. ; c'est aussi ce que porte la prétendue traduction de 
Saadia, éd. Merx, p. 29. 

5 Cf. Homo., p. 87, et Risalè, p. 88. Saadia traduit aussi dans ce sens ad l. (éd. 
Dér., p. 244) : 'piBfcÔbH 0&»bN d^b^D ">b^ ; cf. ibid., note 5. 

6 Cf. Mouw., p. 90 : dNblD tsiba !TF*n aàWlbfiO Na^, et Risalè, p. 57 et 
83 : iD3>72bNn irnWZJLSb»- 

7 Cf. Mouw., p. 94 : ^SnbN ^b^." , nU5?2 tpiintt fcOU)"l, et Risalè, p. 91 : hklfi 
l>iiT>bj> m©73 6|il" 

8 Mouio., p. 27, s. v., H2N, où l'opinion attribuée à Haï appartient, en réalité, à 
Juda ibn Koreïsch, et p. 78, 5. v., y*\y. 

9 Je dois l'original des passages suivants empruntés au Hâwi à l'obligeance de 
M. Harkavy, qui a mis à ma disposition ces extraits du ms. de Saint-Pétersbourg. 
Je les indique ici avec quelques corrections de M. Harkavy placées entre parenthèses* 

10 Cf. Mouw., p. 33, y"ypr\ »>ïbi v\îiyr\ xb i« nuan i>«bi nsrjyn et u 

remarque de Haï : ^5N ni^bi* ÎTttbai S^bN )12 ÏT»B n&*a ^ HcûNn b«1 

[? ^«xjnb» in Jnbs&an nuwN t^no-* [? mïiroaba ^ba* *b* n&nbx 
pnuia. 



244 HEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mïïbtf, « lacet, c'est-à-dire instrument de mort 1 »; rrrariN dans 
Job, xvi, 4, avec l'arabe ^pann, dans le sens de rpban « aligner de 
beaux discours 2 » et enfin la comparaison de ITOWI, dans Ps., 
lxviii, 17, avec l'arabe un, « regarder quelqu'un de travers 3 ». 

Quant aux divers points de ressemblance entre Ibn Baroun et 
David ben Abraham 4 , en présence de l'incertitude où nous sommes 

1 Cf. Afowo., p. 42, s. v. ban, et le Dictionnaire de Haï, s. v. bm : tabsW 

r-n&b» attacn 1333a r-nttb» b*\xan ma -ôari i»on ai*b« fit. 

• Sache que les Arabes, par analogie avec notre expression r\V2 "'ban, ont l'ex- 
pression mftbtf b^Nan « lacets, c'e-t-à-dire instruments de mort ». (La traduc- 
tion de Kokowzoiï, p. 99 : • rets, pièges de mort » est inexacte.') Haï ajoute encore 

*p isban bian ir»n3 bipi nsosbs yn ^bn "pa ftùyi « Un autre sens 

de cette racine c'est * détruire, pécher » comme dans Néhémie, i, 7 : « nous avons 
péché contre toi •. 

1 Dans Mouw., I. c, 5. v. "ian, Ibn Baroun fait cette remarque : "im "lanN 

ï-ïûKBba *|Na ^iJKœbN hwp BpbfitnbK im ^-nannbb ziixin 

*lN*iaN Tann « Un poète arabe dit d'un beau discours que ses paroles 
produisent le même ell'et que la réunion de diverses couleurs. » Cf. le Dic- 
tionnaire de Haï, s. r., ^Ha : ^a? pDTi ïlb *F*A ÛNIobN B|bl **4iir 

(sic) ûiwhbai aâsbN pn ybni Da^by ttrarw bt*p e^pa Y"* 12 n2y 
i*<-pann Dbaba ^an "w^bN -s bNp" 1 t^wa [Sfcaèabit]. • *-nn 

désigne l'ordonnance d'un discours i , comme Job, xvi, 4, et surtout d'un beau dis- 
cours ; on emploie aussic ctte expressionen arabe >. Saadia, ad. L, entenda ussi le mot 
ainsi, puisqu'il traduit (éd. Cohn, p. 46) r<rpn£ ï^^^ba Da^b^ tp"lN n:ab 

• j'aurais tenu devant vous des discours bien tournés (dans un ms. d'Oxford, le der- 
nier mot manque ; cf. /. c, p. 108 sur chap. xvi, n° 4). 

3 Mouw., p. 94, s. v., *72£1, où la l re et la S' formes sont citées. Cf. Haï, qui 
est aussi cité d'ailleurs par David Kimhi dans son Dictionnaire, s. v. : *— lin 

■lit-ib» yn ^dd r^n anpN ï'Hsnn ï-î?ab ns-i .rnatbri nsTa b»*no»bn 
nbttjno» s-*E*ip ba i« t^s^ip npi isfcnajbïti w^ba snmittDjab 
'tfttiû 'm nan rpTi fm \ nb\a-n ^d ïin[-i] rrojoa is ûïibnp arteni Y 5 ^ 
■pn» t^EWn ï"H!n 1 7: T'-^ rrD© r^nsbn p ■pyfciB 'm 'n'a 
!-wba anab» ib* ïibinoi I3ii3« t**a?ab* i^ab^b t^an^*i 8*»nanb 
■pnabbat antfpna fcaïi!ab*b a^b&t. « Le radical n^l dontie lieu à trois 

lurme?, "7£""i dans Ps., lxviii, 17, dont la signiûcation la plus naturelle est 
« regarder de travers, guetter », sens qui existe à la fois en arabe et en hébreu. Nous 
avons déjà remarqué dans l'introduction que nos docteurs ont utilisé l'arabe et 
nous avons cité le passage de Genèse rabba, Wayischlah qui montre qu'ils 
cherchaient auprès de marchands arabes des preuves concernant des mots 
rares en arabe, la parenté entre les deux langues leur étant bien connue •. Harkavy 
renvoie, au sujet de cette déclaration de Haï, à une assertion semblable de ce 
dernier adressée à R. Maçliah et citée dans le Commentaire de Joseph ibn Aknin 
sur le Cantique ; cf. Journal asiatique, 5* série, vol. XX, p. 214. Du reste, 
cette citation contredit l'hypothèse généralement admise que Haï, selon la manière 
des lexicographes arabes, aurait raogé les mots dans son Hâvi 'd'après la lettre finale. 
Il s'ugit ici uniquement de la transposition des racines, telle qu'elle se rencontre 
pour la première fois chez le Caraïte Abou'l Faradj Haroun, l'anonyme de Jéru- 
salem, cité par Abraham ibn Ezra ; cf. Poznanski, dans Revue, XXXII, p. 26, et 
ibid., note 2. 

v Ces ressemblances sont signalées par M. Kokowzoll' aux eudroits où elles se 
rouveut. 



JSHAK )BN BAROUN 245 

au sujet de l'époque où ce dernier a vécu, il faut nous abstenir 
d'émettre une opinion. 

Au sujet des ouvrages de Samuel Hanaguid utilisés par Ibn Ba- 
roun, nous apprenons encore, en outre de ce qui a déjà été rap- 
porté en d'autres endroits, que Samuel a aussi composé un traité 
sur les infinitifs, dont Lévi ibn al-Tabbân parle aussi *. 

Ce sont les ouvrages d'Ibn Djanah qu'Ibn Baroun a le plus ex- 
ploités et qu'il cite le plus 2 . Nous citerons ici tous les passages non 
mentionnés par M. Kokowzoff où les deux auteurs se rencontrent. 
Il est vrai que tous ne peuvent être considérés comme des em- 
prunts directs faits à Ibn Djanah, puisque pour une comparaison 
qui se trouve bien chez Ibn Djanah, Ibn Baroun dit explicitement 
qu'il a emprunté l'équivalent arabe du mot au dictionnaire du 
lexicographe arabe Ibn Dureïd 3 . Les mots ou plutôt les racines 
où Ibn Baroun a utilisé Ibn Djanah sont les suivants : 

trba , (Isaïe, xxxiv, 14) b^tf, (Jérémie, xin, 20) ïtn 5 ta^î8 ,*na 
,t™ ,T£o mn ,cpn ,ù^d m-n« ,w»« ,hm ^aa ,re», (Isaïe, xix, 
8) naa mrcn [«r»i»n ==] wn^^nan ,y£nrr> ,r»fcn, (Il Sam., xxm, 
ll)mnb ,nno ,*^aio ,^na runi .rasa ,rbo ^ban .i-pnaûKû ,«bù 
,w-nii5n ,û^n ,r-ô:nft ,ûït»»b» .ï-ï^s»» .nMp^n .ta^bon ^20 

Conformément au but de son ouvrage, Ibn Baroun a utilisé na- 
turellement la littérature arabe dans toutes ses branches pour ses 
comparaisons. Aucun autre auteur ne Ta fait dans ces propor- 
tions 5 . Non seulement il cite le Coran, comme le firent avant lui 
Ibn Koreisch, Haï Gaon et Juda ibn Balam, mais aussi la littérature 
de la tradition. Il renvoie môme aux différents dialectes arabes c . 



II 

LES COMPARAISONS HÉBRAÏCO-ARABES D'iBN BAROUN. 

L'ouvrage de notre auteur, que nous ne possédons malheureuse- 
ment qu'à l'état fragmentaire 7 , se compose de deux parties, une 

» Cf. Momo., p. 14,. 1. 6-7. 

* Cf. l'introduction Mouwâzana, p. n, et la partie russe, p. 134. 
3 Mouw., p. 71-72, s. v. nnO ; cf. Ibn Djanah, Dict., 476, 5-6. 

* Ibn-Djanah rapporte cette comparaison au nom de Haï Gaon, Dict., 474, 31-32. 

5 Cf. l'introduction au Mouw., p. n-in, et la partie russe, p. 143-150. 

6 C'est ainsi que, p. 64, s. v. att}", il renvoie au dialecte himyarite ; une autre fois, 
il cite le dialecte de Hidjâz. 

T Cf. à ce sujet les remarques de Bâcher, Z.A.W., l. c.,p. 231-232. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 
partie grammaticale et une partie lexicographique. Dans la pre- 
mière il traite des similitudes de l'hébreu avec l'arabe en ce qui 
concerne les formes grammaticales et la syntaxe (p. 1-22). La se- 
conde partie, après un aperçu général des principes qui doivent 
régir la comparaison des racines et des mots (p. 23-25), donne un 
certain nombre de termes pour lesquels Tbn Baroun indique sim- 
plement l'équivalent arabe, ou dont il détermine le sens par une 
analogie lexicographique avec l'arabe»; naturellement il s'y trouve 
beaucoup de choses intéressantes pour l'exégèse biblique. C'est sur- 
tout cette seconde partie qui montre la haute valeur scientifique de 
l'auteur. Si étranges que puissent nous sembler certaines com- 
paraisons, celles-ci sont néanmoins conformes aux principes sui- 
vis par la science moderne. Nous jugerons nous-même ces com- 
paraisons lexicographiques d'après l'ouvrage si important de 
J Barth : Etymologische Sludien zum semiiischen beson- 
ders zum hebraeischen Lexicon, 1893), dont l'argumenta- 
tion se rapproche souvent de celle d'Ibn Baroun. Ibn Baroun 
emploie souvent les mômes mots arabes que le lexicographe 
arabe Firûzabâdî, auteur du Kamous ; il semble que tous deux, 
comme également Ibn Djanah 2 , aient utilisé le même ouvrage. 

Nous donnerons d'abord les comparaisons grammaticales, puis 
les rapprochements de mots 3 . 

A. — L'adjectif, en hébreu comme en arabe, est déterminé par le 
substantif*. Sans doute il y a des exceptions, comme, par exemple, 
V« w\ m (Ps., civ, 25), ou on ™r6 m (Josué, ix, 12). Dans ces 
deux endroits, les adjectifs sont à l'accusatif, dans le sens du hal 
arabe : cette mer, comme elle est grande 5 ! Dans le second pas- 
sa^e un est un accusatif -hâh dépendant dewasn 6 . Il faut 
au°ssi voir un accusatif de ce genre - hâl - dans le passage m 
Dmn dm» (Exode, xiv, 9) et m W tTBWl (II Rois, xxm, <*0) ; 
de même ûwd doit être considéré comme tel*. Par contre, p*n 

i Le système d'Ibn Baroun est traité d'une manière plus approfondie par M. Ko- 
kowzoff, p. 71-03, et M. Bâcher, l. c, p. 237-249. 

» Cf Bâcher, Die hebr.-arab. Sprachveryleichung des Ibn Ganah, p. 25, note 4. 

. Je'ne rapporterai pas ici les comparions dont ont P ar ^ Bac %^f re "^ 
l.c, et celles dont j'ai parlé moi-même dans mon étude sur Joseph Kimhl, Monats- 
tchrift, XLI, p. 222, cl dans les pages ci-dessus. 

* Mouw., p. 4, chapitre n^DN- _ 

» Pour le premier passade, Ibn Baroun cite comme exemple les mots du Loran, 
Soura, il, v. 85 : MpWQ £nb« 1H « cette loi, elle est juste .. 

• Cette explication des deux passages ci-dessus est aussi rapportée par Moïse ib* 
Ezra.dans sa Poétique (ms. Berlin, ll)9M10«; cf. kokowzoil p. 151 note 398). 

» Cf Vou,c, p 20, qui cite aussi les deux exemples précédents. D après Ibn 



1SHAK IBN BAROUN 247 

ïrb'na (Genèse, xxix, 2) doit être traduit : « la pierre était 
grande », comme on dit en arabe bpw bâ-ib&n, l'homme est sensé, 
bps* étant ici le -oS, l'énonciatif 1 . 

Les particules et autres signes d'invocation et d'exclamation 
(anaba) sont communs à l'hébreu et à l'arabe 2 . Ainsi *a (Isaïe, 
xviii, 1) est à comparer avec l'arabe n^n, étïi 3 . Des formes voca- 
tives, comme Tftrt (Jér., u, 31), s'expliquent aussi par analogie 
avec l'arabe, le rt étant ici assimilable au « arabe 4 ; de même il 
se rencontre en hébreu des vocatifs sans particule (Genèse, xlvi, 
2; Exode, ni, 4 ; Prov., vi, 6) comme en arabe 8 . 

Quelques remarques sur les particules appartiennent au do- 
maine des comparaisons grammaticales, quoiqu'Ibn Baroun les 
place dans la partie lexicographique : la, Lév., xxvi, 41, et Isaïe, 
xxvu, 5, a le sens de « jusqu'à », en arabe ^nn G , de même 
qu'en arabe i» a le sens de la ^ba ; ainsi, par exemple, ^pa-iiab 
tnpn in «je te battrai, jusqu'à ce que tu avances ». De même 
Imrou'l Kaïs , poète anté-islamique, dit : *pn Nb Nïib nbps 
NW3B nn^D in frob?: bisna nw'Sn ^w « je lui dis : ne pleure pas, 
nous chercherons encore à acquérir la propriété jusqu'à ce que 
nous mourions, dussions-nous nous mettre en danger de mort. » 

Djanah, DieL, 323, 26 et s., il y a aussi un accusatif-hâl dans Û53ÏT, Exode, vin, 
13, et dans Q3H, D'p^H. Tauhoum aussi considère "0125, dans ^3^5 "l^bil, Laraent., 
i, 5, comme un accusatif-hâl, par anaiogie avec l'arabe. Cf. mon travail Ans dem 
Kohel, Comm., p. 14. 

1 D'après ce que dit Abraham ibn Ezra sur Nombres, xxvm, 4, au nom de Moïse ibn 
Chiqu tilla, il faudrait, dans des cas semblables, compléter le substantif indéterminé. 

8 Mouw., p. 5, chapitre NlSbfi*. Cf. sur ce point mes Studien iiber Joseph Kimchi, 
dans Monatsschr., XLI, p. 164-65, et ibid., note 1, et p. 276-77. 

1 Saadia (éd. Dérenbourg, p. 26) : NÎT 1 ^ N" 1 - Dans les fragments du commen- 
taire de Saadia publiés par Dérenbaurg [l. c, p. 110-111), le Gaon explique que 
i"in a trois sens : 1° blâme et réprimande, comme b" 1 "! en arabe, dans Isaïe, v, 11 et 
18-, Amos, vi, 1 ; 2° cri de lamentation, comme en arabe fcO et ÎIÊOH, dans Jérémie, 
xxn, 8; 3o cri d'appel, comme Zach., n, 10, où il est employé comme appel d'en- 
couragement dans le sens de nn« : ">3,"lba ÏTHN VDnb tf^K n*mp ÎID 
"SlbDI- Au sujet de ÏTn$ comme cri d'appel — n"HFin *• 3272 13 — cf. aussi Ibn 
Koreïsch, Bisalè, p. 61, etMouw., p. 29, s. v. t nrtN, avec référence à II Rois, vi, 5. 

4 Ibn Baroun a en vue ici les particules d'innovation N ou Nf ; il s'en réfère à une 
remarque précédente, où il disait que le tl hébreu est l'équivalent du N arabe, 
mais cette remarque ne se trouve pas dans le fragment qui nous a été conservé. 

5 Cf. au sujet de l'arabe, E. Trumpp, Die Ajrumiyyah des Muhammad ben Daûd, 
Munich, 1876, p. 109. 

6 Mouto., p. 29, s. v. 1^. La même explication se trouve, pour Lév., xxvi, 41, dans 
le Dici. d'Ibn Djanah, 19, "ipn ^yi2'2t et d'une façon plus détaillée, avec applica- 
tion à Isaïe, xxvu, 5, chez Ali ibn Suleiman, dans l'appendice du Dict. d'Ibn Dja- 
nah, 775, 1-4 (cf. Kok., p. 136, note 342); voir aussi le Mouschtamil d'Abou'l Farag 
Haroun, d'après Poznanski, lïevue, XXXIII, p. 204, note 7. Saadia traduit Lévi- 
lique, xxvi, 41 (éd. Dér., p. 187) par "jtf "ibN ; par contre, dans Isaïe, xxvu, 5 (éd. 
Dér,, p. 38), il a simplement "ifc*. 



W 8 REVUE DES ÉTUDBS JUIVES 

rr«»*N a aussi le sens d'une exclamation admirative comme 
dans'v -jns Wil rt^(Jér., xm/20) '; à ce sujet, Tbn Baroun cite 
l'expression arabe : wnn p-o \s -nn c^;:k « vois, quel éclat ! » 
Lorsque, pour exprimer un souhait, la phrase commence par ib*, 
comme natfpïi nb (Isaïe, xlviii, 18), il ne faut pas de second 
membre de phrase; même règle pour des phrases qui, en arabe, 
commencent par rrb 3 . i:n dans EcoL, vi, 6, et Esther, vu, 4, ne 
doit pas être interprété comme une particule optative, ainsi que 
le croit Ibn Djanah 4 ; le mot ûa, qui est entré dans sa composi- 
tion, correspond plutôt au ï« de l'arabe, où l'on emploie aussi ïbï» 
dans le sens de « en tant que 5 »; ici ib indique l'impossibilité 
d'exprimer ce qui se trouve dans la première partie de la phrase, 
à cause de l'impossibilité de réaliser ce qui est exprimé dans la 
deuxième partie : rrra SWttab"^ swnttK. 

Ibn Baroun signale aussi certaines différences dans la gram- 
maire des deux langues. Ainsi il remarque que l'hébreu, contrai- 
rement à l'arabe, ne connaît pas la forme du diminutif . 

» Mouw p 31 s v. 1K. La même explication, toutefois sans comparaison avec 
l'arabe, se 'trouve aussi dans le Dict. d'ibn Djanah, 37-11-13 (irad hébr., éd. Bâ- 
cher, p. 23, lia) et Juda ibn Balarn dans son écrit sur les particules, ITprnN 
DWJÎI, éd. Fuchs, ^pinn, 1, P- 205. 

» Mou/o., p. 35. s. v. bN. 

» D'après Ibn Baroun, les phrases commençant par -|b n'ont besoin d'être complétées 
par un second membre de phrase que quand, comme dans Job, vi, 1, 1 impossibilité 
de ce qui est exprimé dans le second entraîne en même temps l'impossibilité de ce 
qu'exprime le premier membre. C'est ainsi qu'lbn Djanah, Dict., 347, 22-23, consi- 
dère la phrase d'Isaïe, xlviii, 8. ,,,j... j 

* Cf Ibn Djanah, 45, 12-13. Cependant il faut remarquer que dans 1 édition de 
Neubauer d'après le ms. de Rouen, il y a juste le contraire de ce qu Ibn Baroun 
indique ici que lb n'a pas ici le sens d'une particule optative, ■rçflnb» Tab WBC. 
Mais d'après une indication de Kokowzofl, p. 136, note 344, un ms. du Dict. 
d'I. Dj. de la deuxième collection de Firkovitsch à Saint-Pétersbourg a la leçon 
vjEnbN KfifcttJ» TIDN. Le ms. d'Oxford, suivant l'édition de Neubauer, l. c, n° 69, 
a" la leçon iîttnb», ce qui n'est peut-être qu'une faute do copiste. Dans la traduc- 
tion hébraï pie ( P . 29), ces mots manquent. Du reste, Ibn koreïsch, Eisalè, p. 6, 
interprète TbN <laus ces deux passages comme une particule optative, et invoque a 
ce sujet le Targoum Onkelos sur Nombres, xxn, 29, ou 13 est traduit par ^« ; il 

remarque encore NID! ÉTD V s3 ^ rtTODm- . 

8 Ibn Baroun invoque ici le Coran, Soura lxxii, v. IO, *53 8TD30 "l? ]«1 

' fjbSiw" p 4 1. 12. Abraham ibn Kzra, qui, dans le commentaire sur Ecclésiaste, 
m 5 réfute l'opinion de Dounasch b. Tamim d'après laquelle rt3T»3« serait un 
diminutif, est aussi de l'avis d'ibn Baroun. D'après son indication dans le com- 
' mentaire abrégé sur Exode xvi, 23, Saadia parait considérer le mot pnatt comme 
un diminutif [éd. Reggio, Prague, 1840, p. 39 : mïlD ttn3«« 1»N T*»™ 
naiï)73 ; cette opinion est aussi celle de Joseph Kimhi dans le commentaire sur les 
Prov.féd. Breslau, 1868, p. 28), au sujet des formes ^na», fWm Saadia ibn Da- 
nan de Grenade (lin du xv siècle considère, par comparaison avec arabe, des 
formes comme i^a l^mos, VII, i), *a*Tl 0*., nu, 14) comme des p.unels 
de diminutifs - TMtn 9»à —en rappelant les formes arabes nKTnà, DNp^pa 



1SHAK 1BN BAROUN 2i9 

En un endroit, Ibn Baroun réfute l'analogie établie par un de 
ses prédécesseurs entre l'hébreu et l'arab3 pour le 1 de Fflûfim 
(Genèse, xv, 12) et de îiaban (ibid., lTf), qui, d'après cet auteur, 
servirait à introduire un 11212 bvsE ' « un complément objectif de 
coexistence », comme, par exemple, le wav en arabe dans la 
phrase : raiBibai £«3bN -hpon « l'eau est au niveau du poteau de 
bois 2 »; il dit que cela n'est pas admissible, parce qu'alors les 
mots ïibD3 et ïrn seraient superflus 3 . 

S. Eppenstein. 
[A suivre.) 



(cf. Appendice du Dict. d'Ibn Dj., 777, 7). Donc, selon lui, le i, comme en arabe, 
est un élément de la forme du diminutif. D'après Barth, Die Nominalbildung, 
p. 313-4, il faut considérer comme des formes de diminutif dans l'ancien hébreu des 
formes telles que "jy^tf, d^nrHZJ, Juges, vin, 21 ; Isaïe, m, 18, et en hébreu 
moderne ÏITH-Q (Mischna Schebiit, vin, 6j. Donc, pour lui aussi, le ^ est un élé- 
ment de cette forme. 

1 Mouw., p. 21. L'opinion citée ici est peut-être celle de Samuel Hanaguid, dont 
notre auteur dit plus loin qu'il a réfuté comme erronée sa théorie du ^1212 blJ>D?2- 

2 Les grammairiens arabes originaux se servent aussi de cet exemple ; cf. Trumpp, 
ht., p. 113-114. 

3 D'après Trumpp, l. c, un « complément objectif » de ce genre avec le !"py73bN 'l 
ou ïi3>?aib&t 'l ne se rencontre qu'avec des substantifs. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE 

AU xvr SIÈCLE 

(fin ! ) 

N° 10. 

fcaanttb is^-i^t £*<btt ùnu^-vib ttvio n\DN p"-pn rraaon pn^rr iMn 
.rY'nbî -nriN abiBtt d^nn i^^b Y'-ia lûN^na "j m ^"nn^D abttn 

tz^bwS ©i ^n fca^pimrn û^mipn y-ian ■»»* ba pan l^ttb 
hiK^jm ï*a tssn naa .m» t-nbwDb mbiaa ûbtab bania^a 
tana n-iNsn *ip"> narra t^M 'n nfirm n**n n^^n mEibjn 
ît»ît niBN ûipEn ba nsbb ûnnai snas un tt>*N apan Yitttta 
,tD*TN ^:a iaa "ïamaon m* m::n r-rnay mayb rmrt i-na« 
t**in -iia&n 1731 ^d'ûst îEit* Fpnïi iwi-n ittiafcjna -173^ nancnVi 
■îava i^nnps narm riwx 122b ba innai iran p bs> .tanatrï ba qio 
taranpfi a^anab aiianb ûint tza^N lae 131*3 aia ^a litt* wai 
*aa ^a*n ba b? 137272 bw ïtapn m nrtïïa abœn nannb ni !-roi ton 
mm maaa D^a^n iabai vb* û^toid vaai nfnbt T*rra ma ba ^a ,ai« 
*wi la^a nn-> nabs nattaom ,ai« iaa mm ba» ma ^aa ba ba> "nm 
f-nm Nbï) .ûiNn ba ni ">d la^bN mD»n nan riNTa p"pn ba D»ai 
tobi*b '■'aNobio ttNtta pn '72^ Y'na nn nnra abon nann *p*a 
ï*nzran tan"» Dm im;72nm irnaana imfcnbi .dTKn nnn pnt 
toiaa dba N"npb k-iarc -n&tb b"i na ■ns'n mat btû ymb baa 

.û^p"i Titt barn ab-i? ba '- 

N° 11. 

r-nmnosi b? ia««5 ftbraKan "Wifi "^a* b* p"pn n»aon ocra 
.pr^mo^n l"»aa>b 

bar? ina wrrab natab îanjawa fcnbnm îanan ba mttan 
rTarna rwwyn jwïto irabwi -nat îa^nb» wtoiei na^a» t-on 

» Voir i?ct?M<;, t. XL, p. 206 et t. XLI, p. 98. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI* SIÈCLE 251 

TW3 'n ba û*nban nnmtt is^n ^ 33 * i:3n5N ^^ ûrn ^ û^i-i»» 
taw anpa nan na riDai nb" 1 " ^ n V ni ^ ^ û3r Wiavibftn 
ta^onTa? i^n ■rçm fiznaa ta^an a v iîaaa a^a7ana d^a-ia d^nabn 
ta^an na^b* û^my m an^n tan^ baan a^attn nn^ananN nnabna 
baa nnattt "pp b* nnatbn (!) anaab rcana "jnid ('•) ï&no ban d'Wtft 
^531 aw tsbi "jbnn .tannai ^nba ta* "»a^a ^anb W nna 
fpawn a^pnu^n naw tnyrç ^-nnb na-na ûto** na-npa nïa^ntt 
*pna nan-nann nam* &on s-wn ba ^m a^ara aa*w d*pa>n£ 
■ftoîi ban diantm d^anno ïiatp ian yn^n nsptt a*n ba nan-np 
•j\ai abn dna-> ab b&nœi 112W nna} b*» nnaa n^N 1* .nanaa 
nbnnb naj2">tain nannN nana?ab îibyîi it banan "paa b* am» 
mnnaTan nmnn nnTaian )wv uv ntn dn^na ynan anpa t^^ian 
p^b^b^anTan nTB£ n-nnasa a^aa?a nap^a ba?a nab 'Fi marna 
n?a* û* rvbann npn ywb nn^ba rniz3*b sobaTan t^iaan'n dttmrp 
na^b* ©npïi ma* nia 2* snaab DTomnn nanaan .n"iaaa bfin©i 
na^mnan nairapna nWfcn 'n nnnn nn?abnn s-npE tfnp t^taa qnaa 
•«anca ^anian a*aENan a^an^an rrniD t-nin nnp'* nnana nm nanana 
n-iiabn nnaa'Ui "inTa^b ûn-iTara b* p-nttiaa napa niaN nannnann nasna 
aba ina ttpaa in^a naban p^ar^anTan na^b^a unpn naabfca 
r-on niBN mnttœn baa nanna> naNb»n ba na na^n ïwi nn« 
n^pnb nb nnanma ^na*nn ma^nnnn r-nnan ^aa bab rrma nTann 
b*na aman naab ppmaan na-in^an .i-iTaTannbn nbabab nbn ba> 
i35a^p na7aaom na ta i7a* t^nab nm\nyn nmnn^Ta nhaaimn r-inany-ian 
riTait nannp ^nna rpnatnb pna-> ^b -iu:n y^a^n pm nopa nabapn 
nanbnn mra maion nnnan* nnnnnon baa *nap p^-iD pnnn a*ns 
■>ia a^rr naa T*b "jn^aba !n£a?ab n^naTan uma7a annan ^aa ban 
nan*^ naan nanan *7auî^ *)anu:n ban na^aTa C]na^ s^b anara 
na^a^p na7aao!i nb*7:b annan ba s .,.aar; nam 'jnaa b* nanTaaann 
"n^a û^nn (!) na^nnnann na^n^N na^b^ a^nban ba b*n na^b* nabapn 
taba nanna fauîn a^nan*n ba ba>n s^"*- 1 ^p^anb^u: v* na-rnbnn 
nanTaaona annan on^a^an ^aa a^ncn nw nanwaan ^ b* inna*^ 
yw *ty pmn y^ K ^^P 3 laptm iaa^p ï-rb*7ab annan ban .nNï 
nnn7ann baa ï-r^bnn !-tt tan^7a ta^b^nn73 ^an^n ta">a^ *-w}y 
ba ^ap* xanb t<ba ^nu;-» 10 "na n-nnan r-man ">&o nnb^n ïnnnnn 
aNiaa fan n^ rm d^uN^n d^iawn ban b^*b nn^Nn ba?a ■'anoja 
^-i^n bus nnumpn nn^npa a^ppnn7an nnbnso nnbba ^a ^aaaa 
na?a^pn na-na nan^ iidn man n^nu:nb n« m^n ynnab ">ia n^Tn 
tana nN na nirann 'n n^i* bnp7a d ,, b'nan7a n^n-« pnt nan7aaana 
mnNTaa nmN nnnN .rinnn nauj7a naa nnbbpn mba ba a^7a»npn7an 
tana^^n^ nnsb d^b^aaa n^n-» a^iab anan^nn r^nna "jn^b* b« ^a)a 
b"jn)ann an^nnan*-ia ta^b^^n d^^pwnn a->bn^a7ann 'an rnn-ittnnn 

1 BabaKamma % 62. 

* Lacune dans le texte qui exposait les détails. 



252 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

baai .y-usi d"»»Tl3 rtnp ytày iBE ^•na*' ai^pr; ^sa tomb* 
larwDn rm ï>*bttJ c"n: o"3pa iSEBDïi b"3fi maaoïim nnainn 
R"»3fc1ïtb 'T3ïi n:^2N;.r; 153*1 rv^aa J^a D^pD^nEH d"0»WîTl d^TOBn 
nra ba» \v212 û*io e^bi b"3n f-o^a is^e n?: ban "pan ditt 
nab p" , ba">b"»0"i5an buî m:^'^: aa 13 p^ba^'a^oia^ bffi ïianB 
ftbiafium 't:~ p^^a^oian •nia rnawb nwi dïib mm t^bi 
d'oiaatt ba îa'wirp 7177:1 a^an "onat in m ara naib '^bh '-:- 
'T:n p^bab^oiari wi nb^asaïi ^?:t fc-nraaa ipo3>m*B fca^afcwm 
ib^sa '7;- m*ana wi'p t***bœ "nfina rman ïwa*B ?ar: 
hiMattin *iaba 'T3fi p^iboian ba nbit ïibjai ihk ' pb ïiwt 
■wi nb^aN^n rvaaa cthibb ia d"waa n« û"HBioa ■nBamo 
bam nbit r>*b 'T3ï"i mjfana uns"» mMtinn ib« ^a p^a^oi»*! 
'm ï'nba» rt* mai* aa-n 'iNastn inb« bai ,'T3n imnainn bbas 
isaba liasuîi ismisa isb nbï)i nsbaab ma^rr iïw jym sot 
r<ai is^a» laibra r-iaio cnr a^m a^a* ■owi mTOjnas imbfifi 
n"a\a- 15*0 mab s"a a-p m mm Y'03« baoa bN-i©*' babi "j-pasb 

.a^pi 'pwaraa 

IS° 12. 

■fo'P Nbo m'WîTi narifi b* nanpïi n^aann aavj viKara m s-ian 

mabab anbiiab ■•p'wbîBb a^aa ûw 'a bnaaan ip"»3ib©a dfirannb 

aann T»a ainn aaiûr; mm d^iab dnaïab »bi mn« 

inaTin imaïi "orai iB&wnbH raia nnaa 

aina mTO T7:a 'TjH OBitaïi ■■nprtfîi p byi 

ma*a m» manb aia 

■pisai fc jV , a»5ai 'pa'nna 13N ynBiTp ""îaKaai ^pm* m-aa 
maman rmat» à'nna îaf 1 ppîn n^i 2 712721-5 ï^ i^bbpm l^nttTBîai 
^wb» bbptt rtbbpai .nn" 1 !^ nwN yiBim a-'nnn'o anna mnnîi ^aaa 
itt)3N imarratfln rxnttwai "nijab pna mnTauîn Nn-icai a^-i^:n n« 
jxinnb b«ptrp nn nmm 'n mnja»i t^nr-rai nbTwn masa 
rm^7o niB^suî ninnTBm ta^^^rn mbbpm m»nnn baai k vmy 
"■TOrt bwsa^j dttîa nwaat 'n b^nnaN aca .v^a;* i^i fi ni'n73 
,hrm« a'72 p ta©a .nanb a-nca "i«ipn lisbnso aaca bilan 
7-rriN d«a ,a^n ni< rstB» :npu; d«à .nraz n/nab nxnatt tatBa 
msas 'n a\aa .mmbïi by anaata ©msaïi a\a moa .s-ma itb« 
^a«bai cipr; m"»m d^siNi d^baba du)a .d^aman acv msaa: '^b» 

1 Aspre. 

2 = r<n:-; "jina anp7û7i nn b*. 

' ,1/wc^ Katar/, 16 fl. 

4 Kiddouschin, 70 a. 

5 = dlbttJH rbj» iaai nu;-: , 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE SALONIQUE AU XVI» SIÈCLE 253 

Siaa» twsn 1» "1121 tumviD baiiûi na in 'im^ ia ba .nnott 
r^in »b nrcai ^ii •pn a*» ^11 ya ">pi2ibttJ m* a^ao aw !-nabu3 
na in 'nra^ ia ms^^ ï**sbu5 'tan binrt bbaai nua ain» t<bi 
in mttï n*a in» ûiuj t^bi »i:i >*b sna in "na ûittb " — 112:-» 
t^in mi» ma»i i» k-^-p a»i .î-mabttb y-m "la^biî-ib n^» 
m» ïib-»ba, »in ni» tara »n ni» ittipa t^irr ni» naairaa 
Désira '•dm »irt ni» wmDttïi ata ^d?2 r<ir. ni» .yi»ai araraa niïi 
■frunasm îîibiDiDtt usa bab mmirr '^ib» b» .uîiprs nrm d->;di»t 
ifimran b» ïï-rraiars b» .liimian irca bab mmin '^ib» b» 
.i-iasn ira» baa t**i!i mi» .13 isu&i nban ^aabja ,i!ina»n b» 
,iuîin iw> »bï ï^ir» »b mmE tsttn mao»2 ira s a t^itn i-ibnaa 
.r-raïaujn mirnapi laba r^nn iain nmpai manqua au)!i iaa^ 
s-mpbpbrn ^îan "îaii w ïimi 'n ^b^i mi ^sb yuaa mm 
l^a n\a» muni *m »b n»i\a nnsian ."ïami 'Si ^»b»n 
ï-rpiiTToi lit imm>a*> .immr banal ^îan b» m»» liiaim .nabn 
.m* "Ha ba»^ 1152a ï-rbbp ttab-> ïinw* iiib nsan»! ma -rav i»n 
,t*<*in!i «"wa "in»Dpi 'n q» i^^-» t» ^a ib mbo 'n î-n»"> >*b 
r-inn?: 19212: n» 'n nnm mn isoa rmnaïi !-sb»n ba na i-isam 
rmian rmb» baa b»iuî-« iaaia ba?: ï-unb 'n ib-nam .ta^ttîïi 
taira aosm ï-r»bm mn a-nm2 û» ,n»T!i rmnn moa manan 
i» -nab ma?2"> i» m-o» -i» naa b\?b 'Taa fmabwn» rra» i» u^» 
r^a^ra mm> îïïi i» mi* anvE ^2 ba ainn bbaai 'na rmab 
'na a^paiïi tran»i .amasii b* 'ibrai ii-> D^ann ^sb n*^i 

/lai ^nau5 172 a-pri aaba a^n aa^rïb» 

b»i72\u | miai* d^n I p»2»awj b»i?2UJ | b»^ir b»i»ia 
*-nab ïi?2b^ | nsauî» ^ibn )mi \ ,ab "j t|DT^ I la^tûTOb» 
mia | .iib»-j»72 ^aii?2 1 b»i72U5 ia ap*-« | ^pia b»i72^: I *jTn 
n^72 | mna "; ap3>^ | ^oaa sjov | pab» prcsr I irattîiwb» 



N° 13. 

n)2aaïia mniiDTû nb">ba nbart n»»iim d^snm l*i^3'n rittaon osia 
.û^xd lus* ptb n'bn muîa rrnaim i'13 d^2anrî n»it* 

mbnp ii72»^u i^rr p»t i3ni»sn ^air yi» mnn "©bo nnn 

1 a ajouter : ?"d ^»3nb» 'û"v i"n72a dam n D3\na ">n»ïtt inn 
m» odtji nT i3™n m^7ûb d^innn id» : T"arr baiE3M in» 
.^Nsnb» aiu au: Ma is^mttiû i372nn m»ibi ria\n tin^n m»a 
aia du: m"n72a dbuju taann i-> j-avon ^npn^rr b^b 'T^n ba — 
.« i3"»3tt5i72b« nuî72 ivsn ^2» b^b 'TDa in^nna ^»2nb» 



8M REVUE DES ETUDES JUIVES 

toTOatt ba ttaaaÉP ^a îarrrtïi n? rrnati own W" p/:d r-ibnn 
Énbaa a^bai tnrwiab a^p:;* a^pittai mairna nriT ■'bai tpa ^baa 
©Tpn n« a»baa anïibi mbab mbai m&m îa'ow ^;a van d^to 
fc-i*a i:\sn naaata natta ma» nam T»an 13^; an«ap aa DnKac ûa 
r-naan nwaob obpi aa>b îaaawb nDin i:^n rtoinb nban no^aa 
■^ai fm»a naiana naabri tpetai ^ibn ma»iaatti bania^ maa «Hp 
ira^a*' Dm?n d^a^îi ttana baa bip rroan nb«a ïm« nafcrnpr 
aïs >>*3*:aai nbrw ttbnana ttbaa *iari ns ba nrmo nnwu: m«nb 
btt Tic ma»aai"n ttaïftaîn mNan mrw rnan nat .Sbnna a^att 
iaaa» na *iatt ba> i:irnN a^rai nnn D*n^«n bip a^an epjwd 
i-na fc-nBos 'n ana a^bana a^aap *»bantt ta^mm pa na©wa 
p ba» ^n lanbna ba> fcana rsbin pai a^baai r-vmaaa bmw 
naap imbab »nbnn *pa» nw laarwa tom ïRatn "n***» i:n\s 
ï-rapœ ttna nbbiars nanann a»n ima» TwN n» pnb Tna/nai 
fnbp nvwiwi ban nrtN r-ianb a^aaaia a^niô la^m "îanaaoïi 
anaa mainn ma^n maaart ©bta tjptr ba p« a^pb nmnm 
>>*bïO laaaan !-î2i^ni .maim a^aia nuîy faîb iint lanbaa n7a« 
nb^ba !tba»a mab nmaa nban 'pbniib abna»a *jdiwNi tj. aiioa ibav 
172a '—par: miaula t^bi nb^bfi nbnna >>*b nainb nna^a fata 
maan ûaïaaa t^a-nn ïw»a p^sa o awi na» Mrna vît» 
■^hba aav m«b tnanab a^iaaïi rtm« îaFbmD nb raan tnwaisi 
m:a «sain ba p2?a ^^n ai\a p2-> Nb^j nattaoïn n^affi .mpbn r-n-ia 
firiTaoa t^b nn^^n ^^^a naa nmuîb abi x"i?:t "»:t bai aairi 
forma ^n ^ottw rin^'oa Nbi nb^n rma nntttoa r^bi nbai "jnn 
ïmbnrraai a^aina s-naaa» a^ia: r^rasib tset* dn pn yin?2i n-«a?a 
Ninn (!)wNn->m r^-iwn i^r ûioa vw >*b D^na^n ^n ora mianr; 
mrcnrî TwN ^a ïinaïab mrKn ^ata t^bo ïrfma sb dn 't^a^aa 
irmD^btt .in^aa *-mo U3^« ba nwb man ba»a ba ^^a navta 
ibai^ Mb mwittasi ba bbaai "ipnab lawta nn« b^ffiart ba^ i27aaan 
■^bai t^aa ^ba mmrnai a^pitoa r^mn |rr^a ^nbna ^mb> t^^inb 
■pa nT^N, bai r-n^bana in maiy a^aa» in mNbwbwi a^aîa ar-iT 
^ma ï-rcwsr: ^aabn ^-invrt dni ynm ba» nnN na»ao nbiT y^n 
i:ab bN lirai i3\sn ïit ba ,nr,N':n n^aa p*i rt»Ba ziin baa rtrv»a 
iniN irnam i5?a^ ^aa nnn mbta Tannbi l^aa»nb niiaa»b "na^îb 
nnasn ■'na-i ba n« ia*«ba» ibapi la^p "in^ abai mrbïrp baa 
•w'n: a:p la^ba» iabap nrananb a^?:aai7a nsaab a^ainrin i:n:xi .ntttti 
r-iN m»i Tw\N ♦jy»KîTO y" 1 p"pn ba ibapo mnainn ^aa naba 
ai»*' na» nnN qrna T":n maaonïi baa nn« ba» -naa»b ira 
innaœ i^Ta ibnpa t^bi m^aa aras wNbi innawa betaa r<bi an:i 
ia^maai«a ïnbw irm aibo int srm inabio narcna zw* iy 
icab t' s 'a ar ïit im ,b*miz^ n» a»^ion?ib S«ian ^sban Ka^ t^ai 

1 Sota, 48 a; cf. Guittin, 7 a, et Schebet Yehouda, ch. vin. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE 255 

■taib* tabap m-ittnnin bai - .&ipn ^aibNta ns trr^b rton nata 

.d^pn lab na^naa s^bi a^pnnb tm&nïr nbap 

■n Sai^ta | ta->j" "| nta?a | -nbarpa ûïrp» | pasa-wa bannie 
I ta^ataiTaba nta» | i-f'nbï ^ibn t«» -i"-in?aaa "j^aa | na-^ntt 
-T'naa pnsr I cai^o 3>"a b&ottta -f'naa apan | ith mab nabtu 

.n"nbT "pan ntnB ->"-)n73aa bftpai 

N° 14. 

dva ftbdîrj naitim TditûH nataa tanroa nntayatu f-upan n^aon asira 

nanaata 1733 maa ma ûitaan d^ d^tda^n ipnb ibai abtai 

.srjnaim n^nnai 

fnanb û^aoi» tpfcan t^w^ia tanb tznma ■H naia»» ms 
ta^n *rrï3Nïi n"3>a i n'ân p->a rfi "nta-n ^p çha aapa mn nn« 
ïTna Snawa "pa -p^a^ca na ©•mTwawa n&naa'w intwb la w^a» 
ta-ib ïjvna B"ibtan ^ "îENb&tta -h nata "n ?wm b\N *w*i 
^0«a -*p "Hta-n taa-n 'iiiN taib pi .nain nb vj ©50*1 '-ma 
t=iuan "»p wdan pi ,nb"*ttn ta"n bd nr ^naî p b">a 
• "para y\p "na^iat ^«b^aa rrr&ns pT tartan tjbw ns 
3 ïi^Nn ^13 -h rrnn -iso nrô ta t^aia n«5^b ïktkib ia ^p pi 
ip^aibNta •»*! nsin -h rmai» l'wa "p "nu pi •rip^a»»» ip 
iKcaTD^iea'w fttkib i-pa^aa "o miNoa^ns ^a TiTHara ^a rïu-pB 
nawa n tampaa taib n N .ra Bissa ns-n nb -h f-nass bs rwn 
173T tairai pian ns ûitaa ta -p">aap'n "jamaoB i-raio^pB ï-nsaia 
8*nn m -in D*pa c^i- m-iwN S^b aman bd ba> 4 nan bai dbi^a 
fcnbizn ny-i73 min "nBoa naman ï-rba*n bd ia i-raa-n tib^ba 
Mb n"atan mata -n^b i"a 'i ût» orn 'Tan ba lanui to^-naan b^ 

.da-^pi ip-^aibNia 

^aam | n"nbT p^ir^-j^a b«i?3U5 -i"-irtttaa ap^-> i wawiïab» nuîw 
.n"nbî pan n-^nns -i"nni7aaa 

N° 15. 

naiïb nn-^n nai-in^a s-rn» n-iT rin^nan ^m iniN inv„i 
">ban ^ban ^bana nn« iiûn-j tu an mbpn pin^a !-iai3>73 nai^ 

1 = naitdN-i «an. 

2 Lire nû3dN (jusque). 

3 Voir page précédente, note 3. 

4 Lire nai?n. 



256 REVUE DKS KTUDES JUIVES 

î-naïi fca-oi ^i2wN *ia*i« i^s nrmna iiroira ip'^m ,n%viîa nY*n»n 
bidttn Sidïi a*ôbn a^an d»*< a?ar! ba*ipa fcaabi o^m bïaa iia^n 
-r-vrrc aa*nsa îair fcai»*iKb"i a*-*:* *ia*r *ia*i 'n ^a y*i« difctttt 
&i»tta att-n t^in nn« ûnbn ar.Ni arn Saa*««iB*i d3"»îi aai^aa 
na? fc-ma «non i-mara *wa ■- «Dab ndi -••ai yji muas 'n pntti 
rate ma w» ia Sbnna di»« ara Èttfcttai bbiti» n»» pirna pin 
nnw difctti yiNïi ba«n 'nb apa tmb ap7:;> ni aîa -nn r*nttb 
**3*nttib nw rr laatt fibriri nbiba vttatPtt wn r— int nw b* 
■p*n mwb a^an d*x« îan* nnp maima ï-iwfp pn yna ya 
Sa ttana s-iaDiia nabja i-nw .aman *]ina *-jï. na* Mb aanp 
&tti naKatai Sa ma iim»aata ik mbi«a man«i*i wuo marin 
ïna "to "naab nm &* i©n*i i»ib iatt**m 'fi *mhv nana 
■TWîb s-iaai anu a*Wb« *iaa îawi s-naana barwn ap?*» nottab 
attai n^n isnaaoîi r-rapia nna ^ttna aiabnnn iaa *-ia* b« 
pmai Mb bariiai c*» a*itttt iibnia i-ibiana nban anna wnbftp 
ipimbwa nv nain *pna pirrtt ia*<a la&na aitta Mbi t^nanpa 
*pstti 'n "oebi mm iras» ■ „.,yin • „„a *i* nabm !~it^ av»**ia 
annai anaa .*naa ^in *iba nba^sia *atti ibip farr n a .irne 
'ï-t ba ananas s— iia-is 'i ar avrt 'i-i nwrn nrn n*n rn^aaa 
*iïiai demain maa b*a !*naa a^îb» iasb dbv a"«y» n^© ■jttTpn" 
ipi^ mi ,bNi3n "f^baM .nriN^ Nbi n^ t^m nniai anai rro^rr 1 
zi ^-\b^r\ 'Tsn rtnaoftfTO rtîm ima .bÉnc ^nt Sa -ibbnn^-i 
.ïrpT 'Tan miaiwi naa û->-iDari7o yin n^b ynna 

1721 ntjt l Tibimo ûnnaN 1 pmEwa^MB banaio ^nvatïi •'as 
173-rn *ï»yxîi I mriTo i*i bNittia l «vi "j ïroa M^nan 
STT073 ppn narn | iTaa^N ï-i"nb" i*ibn *n\x72 "i"nr57:aa 
l Sws^ny rpv 1 »Nib« rrea 1 )in tniab nabio 1 ■iaia»nnb« 

• aiin n?a prop 



N° 16. 

aii< ûTia ©*ipi Nbo difcbian a^ûann nnwtD m^aoïin ddiu 
: n"ai»n natta î-ï*itta?a mnoa 

maa *na taiatma faiafisna ra^ay tzrn lan irrr wn ^ 
jïrô> 1ibba>ntti "jn^a iran^a r-n^72^J , m^iastm mnoan h©*» 
aain3îai dinioai V'n npona SwNic^ maa iNxaai fcaîib ittipnatt 
p b* ,tai^*in aîiitt^tt taupb ona t>i^i^a ^ram d^^i a^ny 
y^,Na *itt« dittiTpn npmawa naib» yntta *iaatt ri7û rannb wn 
ïnanai S^ntti dtta *itt« tt*« bab aa^nnbi mnab r^im r^rt 

1 Dans le ms. manquent quatre mots. 

1 Lacune dans le ms. d'environ sept lignes. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI* SIÈCLE 257 

r-ibi iimbra 11 b* t^bi rr b* *<h ï-nap in nbiîa mua ttip^a 
taits Y'n tz&o .imbia 11 b^ t^bi it b*> t^b ïT»a« *n S y 
ims ta^ia» lia "iiBajttn î-în3>^ îiî tann b^ nar S&niai na 
ins '-11231 "napa *opi t^bi mai bab m»: "nsa b*niiP ni* b*tt 
ï-ntam ïib^ba f<irs »vnK tara r^iïi mm* "pa "p" 1 i^i "ma no 
tmwinti bbam ï-\"y irai &-»©•$ rrnna i-rainaïi inb^î-i Sa ia 
ta^ir* i3^r\D û"h*ïi b* ibiri" 1 'wîi rvn»inïTi mbam r-nn»rom 
mt ba .niub B^bioB fcasîn 'nb tan "p-mN ma iai S* Wttb 
•rnn ^a to^biia ban^E mwa •pia'iipin tït r<b un "ja-p 
.tarpn ip^ibu: ns m^b rfa^ïi nau? "puînb 'i tara m stïti 

, n"nii»aa ap3>i | -win S&oeib n"aa pnsr I ï-mm: 11 Sêoei» 
"Y'nmaaa imba* I \m n^ab ïittbïï I i-i"nbî psttacraa bauûtfî 
.M"nbî "jï-iart mma "V'-iî-maa bfinai l miai* ta^n 

'îdï-î t^bian ta^ann batt b^b rwinn'm nTaWiti îroaott 
manbi 'nn nwnrta b^b ainaa rravia na^n m «a m» npmnrt 
vmki 13» rima inpn^ïi ainm *iBoa aina a^a-i taw npyi )ynh 



î-ït nttfcta wan b"i2£T ^bn n^ab prtif n"-irtfcaa rrttbtt *,»« 
tmia i»n a^ia taïia a^w tai-> MC3?a *naa a^nm maa up *ten 
-nattb tarnnantt dm tammai:nB snisb ta-p btfb *pNi ïia^pn 
lu** tzmsm taïrnTnafi in tammypnpi fcamna tanïi ta-nab 
mat inrpb n^a^ ypnprt q^a ib Tiafci bn t\aw yivïï ■»» ana 
bana^ nsei «b nriN irnin^b rrpTnrr ma^b ^^rr n^ni a^s-i npTrï-i 
r-nmia m n\aN B"»bnian tannin rrmaoîi ^sa wu mr:np->u: 
nnpb ^3M ï-iiri-i ir» ïit ^aai i-nn -isoa a^aina tasïi "ina3>ia 
s-Tïïaa ims uîsist ■«nn^b în^iia &oti mai iain i^nab yp-ipn 
2pnp imN r^b« ib i^n bantaim annn ib 3>nB^ aipmn t-nuî^a 
tao^a^i nn« ^iimb 3>p*ipn m^ immrrcî n^i^n n^^ nittN tato 
r-î^D a^-ipi tai»ia inb^i ainï-î "ji^-iBa iiab imn-» bn^j tavnttiN 
ta^an «511 iiab insTiaa ima "jabi nrt^ , nirt 1 ib jpi t^bu: 
iiain ainrt i^isa :>p-ipr; ib ima ■nimm D^ima a^ia^: a^ana 
ib n^^^ia -i3">i n« lovz ^in T»b«tt5 ib -i^ini nn^ aanb t<a 
irïn a^ttîfi baai ta^B^rj baa ib bw-tt rpnprj^a ïi-i^a?: ana 
taanrs a^ ^aia ^nnan inNttîïia- ir pBnc^^n J BDn73 ^aba nalîl 
ta^bua u37d\bt n^aio "•pan nsnon Y'na ^pn^ pn^ n"na ï-îb5>3ïi 

1 Ketoubot, 20 A. 

T. XLI, N° 82. 17 



258 REVUE DUS ÉTUDES JUIVES 

-iDion r»a* t-paa n?n n»an nanti n*n nabtt aneai 
S"t *pw fcamaa '-Vn»a "va» db-an tssnn ronm ^r»n 
i-rb ma n^vd ntt*» **a !t*n«a b"T Y*aKtt -ô nfc*n 
— iéw r**btt drwa ^:nn mm ■nab arçnp -or: srn rnïrrrD 
■nwb npmn ma»b ■nan ■«won mrtti ypnpa bba ^wb mat 
rm a-on ta^nrni d**wri srpa»H natta amai r-rcm mn nrw 
^■joa ama ntt« pnar n"na esnn ib pa ^«n "wann noia 
'Tan ta-nai»n nafcw -mariai b"n -nib ■nimn '-OTOtt ïtïowi 
■nwa 'T^r: monn mnn ibaa 'Tan rrronn 'Tan n:ipn mb 
'Tsn ta^nan mafcb nna \sm 'Tan ï-i2ipn bavtt pwa inwb 
rvna pb "pa ^i™ 1 D1K mp«a tsn^ajnb in ta-patonb in 
^n s^bi 'Tan ta-nai^n îbavtt ^ban rrna p îyùttb r 2 
rtaipn -nan na» 'Tan »naa oaaan ■mmn T>a rnraft &na 
s— isa miffl*i rnpTnn rrraaoïi rwoa ma to ron n« 'rçn 
pn n? dlffia mn« napm S-J»aon nr« na*aa in ip^bKtt 
■nawi na ba 'Tan naipn -nab 'Tan a-na-iTan r&aa -»»b abi*a 
mannan mpmn rn»aon «a 'Tan aviaa 'Tan d-na-rab tanb «rno 
îpbo nn*ai mrw napm n^Don vw tse in ip-wbtt ins 
bs b*a tons "«a roi th anai dTn Cfts? 'Tan d-»naran 
tanb S-nntt nwtoi na bafc amba mban ba b*»i 'Tan t=r»nan 
hira napm nwaon ns» ™ mpmh rn»aon izt: 'Tan dTiaa 
mai amatt pnar ^"nn ^b i7:n p n* Y'ai ■nnab m»a pnya 
COima maom yp~\?n b? man na ■nnrrb twm t**b aitt ««ann 
nba» la^N «nn» pt bD inpïn ^mn^r: i^od^ Mb® vn maaonmo 
vosnb n^n-i nih t=N bn.s ia»n pbnonbi in"«osnb natintt inan 
nattai maT ib nwo^ ^b« narnia n^^ ^aea "^cn ip^t nbawi 
bna^i û^Nb îa^T b"T û^eoto w D^nni n73D"i b^'^ r^b n?:b npîn 
i-n7a ^d» TtfttTDi iiTWi bas nT maTai it napna ^d\s \x nwib 
anro"n ^ab -man^tt ^d^«uî nb n?:iwN nabw ■ V'n: d^n Y-n^r» nnn 
pT "nn» npin- mat nb nw\-j3 n"s« m^aan no« ^nna nT \s:n 
^:^?3 yp-\? im« npîn np^ t^b vnrr« diiûttî »ia»b iT'a rncin ©^ 
tz-?:" 1 nns — .»y"b» nanm mpTrin mwaonn ns;: nmaT t**inc 
-pna ^aswttî b"an Via pm*» ^"na aann nb it:n ht inaroffl 
t^-,:": i->ana ^nai n"nbT nn-2w\ n"na ronn db«n nrnn ra« ^t:^ 
^"nnir bbian ann ^po^n \n\N fc , 3 b"Ti b"ibT ^apT anrt dœa ^pd-j 
■jma "|3 \n7im c^:pT- nx^i n7::'7:3 laïaaon b"Ti b"T ^bn n*»ab nnbc 
r^zD~ ^ npîn r^ ^ fwd diba ïtt r^ -nab np-n nattto bimOTï 
nx c:::ws bprm'b pl^ nnwoa npTnn pbi bawb «b» n^DOin «b 
b"a^ dia»a ^^ ma iman -inpTn^ pbnoa« pib^o tittb anaa natta 

» Sans doute Ilawim Sabbataï. Voir plus haut p. 103, s. *., Salomon Lévi II. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI e SIÈCLE 259 



N°18. 

ta^ïmaii mpTnn ^3 np?2 rtna na^an J-ian "O hrïib 
rianb a-naaars taiiaaarj rrma S? frmarm rn-istmi taman 
ta^an^ an-mai armsn amna mnapb ûîtw a^amai tabnaa 
mipTnn ">b^nb awia anma ï-ibia> ib^D *»*b ^a fcaaba tzpmaim 
nitt-npn m^aona ia-ns»a û'waiB ^atû ^ bj> npTnn ïvnia "m 
to"nai* 15 >bibss ïia> t*m "«a tamab a^ânsna fcamn* man» nai 
fcWDTai fcaman ^nn CH»-in ûnvrâ minaia yna*b rroa 
fcjawa ï-rb^bn lain imn t**b m»npn i-nttaam qan tobiaa 
ta^ara aa !-ran .inpm w p*nn»n tobi s^b\a ^a napn iapn 
Enna marab Sn»iûi ïw S-ntanb ^-n "p« ^a ï-tîïi pïai nbaîi 
a»a tii Sa* ■w» rtian ribia ^bin inpTfi ^idtû «naam rrmm 
rrsr-iDrj Tnab iaab ba* "j-ins-i na^an rsT na ♦rpatt yw yna*a nsi 
f<bn ï^a^pi NTiffl mrifta i-rcaaona maori nna>?ai narn 
ï^bi bar r<b rt«bm torriEia m» rraawïib t^b^i na nnnttb 
fnapb "jap w bna?ab rnûN Tan u^aoab Sanur» na m© witi 
^iain in ra ta 11a » 2 t^ï^ap7a in ^pbra man in ïam na* ma aiia 
rnnrmD '^sao tabisa pian i£ iiuja ana p*nroa -ina mm -naa* 
f-napb mmr t^bi bar n6 inpm *w iHpmrs ba>ab aninb 
Sai ♦abiya pian ts a-uaa man in nitn in ma im« fcnbajnrra 
*-ikt "ïamaaan Sa> maa>b ima nia»'! -hûn ma** in spNtt 
rmnrt naoa i-rainan ttbbpm s-rban Sa na ï-rxn-n ^"na -iaaia-> 
banta-' rna>» lûmsEï Snai» nrnabi û^Tatab ïmiaTan anm» îiw 
î-iana n^"^ nNT irnTaaon a^p^m j^"a^ u:npn mbnpa na-m 
l^i .a^pi ip^anbNttîa û"imrT Sibab a"" 1 'n ara ïit mm 'n n«72 
û^^y» ta^NTa^in lan 173a nan la^iu: la-rnaiya na^sn iw ya 
m7:aaïin S^ a^nai^n î-rmwa map taar^T niD^"iî?a rmap a^iri 
i^maN nbns7a pnn^r: Kt^inb a^iair ï-i7an ^ujn y-iïi nann ^ab» 
b"an î-i7aaanti anna biaa:: t^iri^ laba- ï-jsnpn^ n27aaarj p b* 
t^bn baT> Nb aai r-nan n« ^i^n in ma irn&oa mamb bar Nb 
oaa^b in "-na^ab pp im biia î-iuîn in uj^n ^im a*na snionr 
^it taan^a ManpM rima i-up'na msn in "nirn in r-na imsa 
b"art tara ï-it mm S"3^t azmriïi naa ban abira pT ca^ai 

.tn^att) a^p" 1 

*-!» I îi"nbr patNta^Nia b&n7att ^"nTaaa apy l rta^» -H bisiw^ 
rr^n-iD ^'"in^aa t]or I uî^jana p "in l pan rnabia na^i 

.b"T pan 

1 Patrimoine, en turc. 
* Acquis par adjudication. 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



N° 19. 



id? iTja na id\ni ^a \y* •far» p"p wtDE •jni: ^iœ i:n: 
TK» ïi'-br ïnb*ttai l»Ta nab '^npn '-7:b*:in '"^ann wraip 
r-irvr; iidh natt '12 a^aa r-7- namba lattÉO na^avalp î-td natapna 
■»ba*Ea ûmnabi nana *pia na*n Wtobi ^p-nnb ïimpt ar? 
bais ]r?:b fc-nwi maia r-n^aan waan bbiab b^annb pis 
canaai i*ba ta^n lïian n« b^s ïiTH*ba "iidk ïamba "psa nvrib 
im ïk» m t:n nïnanîifcn '"narrai r-npTnrra mpînn mESOïi 
îi:uj i»a ï»i nnan ,ïvb* wi* maatti bai ïeéw aip^a rr^-ipn 
noïi iidk 'N nsn ^in nna ma npin nap nasara '"»ttm 'ira r^m 
tiMSroi iab i:in ^-iizsn im a^rw toïi nawb ^a naBTaKpa na:: 
•naaTObtt iaom 'T3tt iipTna oaa^b» iTa irr^Ta d^aattimo ttbafe« 
imaïi t^bi imbjab nptnrj mas a^aia '3 ^t inrr "»ba r-rnn 
"»TW»i -nnab îiïïj«)2 itos? nm 'T2n '^m 'n ns !-ra paa*b 
■pia Kb©i ïipînn Taisn "jjttb '"«a» 'aîi yw* i? ■na-a na 
nanan na^ba pb ."^ba "p* înn iianaîa *pî nm» î-ir,pn ns^ 
ina \snbi '^sm 'nb man npîn trttnffl ■pttaa'tn nn??2 "lattSOiTi 
naa »bi bmw ab na awr ^ba7a '^eian '•'a» f a inaan i* 
ba m nar tk 'Tas a^aia '5 inïaab jp'n "jein^ ma r-n^am 
ix iiin*» p ûin a va rma mi^ "-mbk "^n ba ba« .tanpii 
ina ^«abi rua^p ïrb*ab npmn munie vain nvoittii "ire» 
■îaana taabisb ina "wai iranbi maîb '^m 'n l^a n^rtbl 
ï-TT«^b a"^n ^a^j ©mb '■»»•' n ai^ î-Jt ITrt ïts la^mttti) ia»nm 

.û-'pi ^n^itt bam 

t-i^ab annawx Tatîi 1 pNatta^ca rrjabttî -frwaa cjor "-ivatîi 
apy ^i^atîi | iiap t|ov "n^atn I ■'aNanba ^"o , — i^srn I im 
aannawS i"nwaa ap^-« T»yatM I baon* bsinio n^irn | ^hBist 

pttT "; r^iûtt i^isn l *aa 



N° 20. 

V'afci imsDi 1-11 i"nn *na vi^atia mt pas 

. 1 n^7û nyb NXMn )^ nmN \npnyrri 

w ,ni<i a^wi aw fia awi 'm t-nana p^ni iai«n .î-rb«a 

s^:t n?:np?û ibc ï-in^n ; T:n t-ipTnrt marre ^»ai ^Vttffl ni a V^T 
inr-i tprj *nay naa S":n mana vioaaaiDâ )y\»n a^©m 

1 Note marginale : ^a npTnn^j p^Tn^n c«<:>n -j^ai mmib pao 
•irpTn nas inna b^a p Miatia. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI* SIÈCLE 2C1 

nama oaaa abtt r^"3>"> ip^ibwea nn* fmiï-ttii nifcaoïin ^ea 

*nnv nayiu ï— iTrr nmn n^n n^Nia "pjEtt a^m Sba ^iït 1 
n^b Timairr ^nm: r**îba ^in* iha oaaa abu) a^aia (!)î-ntt*B 
nmriN niao ^m *-ia»E "i^nn lattnatt b^aun b"an marine 
S^"p aa iî^i •mfcbï >on ^npm SaN s— m "«mm >tb ^a^sbi 
•na^uî nriN , nato» S"an npmn la^ t^b^b b"an r-iaorr ïvfcwa 
.a^ian p iia-tti anN att^ abtt a^ia (!) îmtt*» h — imi 
napn s-n:n y-usa tûn tarttinp û^arnaatt r-iTaa jn .nanuîn 
r<b a^a\a 'a s-mae m:o*ntt inpïn p-nrwïi Toe-tt ts ^p^tt 

t35 : en marge) ima bJ3 NSfffl V 2 131£n» ^IIÏT?! >«tt^tt pa Ipbfi 

Jrran i« "nirnn 1722© Sa pa"? t^"w c\n S"^t ?5pï anrî?3 ppb 
Sn-uiî" 1 u^a Sa bia-> tratt 'a mise in t-papin mann in 
r-nan (!) ^r^tt i"pn tt"a r-nana in r-naa in ^-litna p^tnnb 
■pan pian mana s-iaïtt nunnn ï-rspnïi ^Da a^au; (!) i-nra? (!) ï-it 
Sarpau) wsn ■vatt TiEnm "nana /ipw Sba naa>a ûius ïi3>fcttb 

s-niaa îipïnn nwntt Hmn rtaYrpM ï-n7aaonu) ann ^-nia nai 
ia"a na p^nnb banur u^n Sa bia-» aa^au: 'a *nir na nn t**btt 
i»ytt ïisfàtt nnffi) nbatta t**att 1112 ^ea p^n j-maa j-rn* 
bitte *nann pb ta^att ('•) ï-nu^a ^-îrvn iiiït ibaxj marri 
nvnbi bba i-wta naaa ïi*?attb ib ■pai inpma S"an }ai&n ï-raTtt 
,!-i"nbï ^amN barau: Yaa pn^ T^irn ^aa* ^n7ann ïn7aa*n 
aa*a an^nwnn vnam i-i"nbî D^aa^n ttq Tïprwi a^-mn -iba* 

,l"ia ^ibn rr«ab pn^ n"nn73aa i-i7abu) ppm nvatrt 



N° 21 



pNttNta'wa ap3>^ a^as t^ittai abuîn tDanma n>:^ ian t-ivnb 
sn^în wa 'rt t|itt lia» rtiiaïi ïid-imjîi ^n«tt la-'asb pa V'na 
tt^nsen nstn SwNnuj^a ta^Dab s^npan ^^na t^in p^nrr 
rin^ la ipnnïTtt ttinnNaaNpn nirnb ^iToort "î^nn r^in^ 
TN73 Hiittâ nptn S"aïi n:sm p^Tnn tstim d^iiîtp tt^na 
î-raa br B^^arn a^inN ta^iîr^b 'Tan n^nn ^na 11^ ba> Tattïn 
SiNtt pai .nbwN i^nai baa ï-ia7jNa r-nii> l'ii^rn n^a^Na fn* 
^iït» aitt Sia-» a« ^e^?aïi na^i 'Tan tabu:r: aann ianwa b^\a 
^inaia a^caTa ia aaa^bi b"an ^nitna ïsin» ïfny p^tnrib ^-imn 
^ 'Tan nisnn ^inn 'tan abujn aann t^at-i tnto a^aia tn?aa i-ia^ 
m?aa lannn a^iïr^ f-iv^i ^ba?a ^iae 'Tan -i^nn *v2$v ";va la^^N 
ïbatt n»ab ^iae 'Tan ^jatm i»y Nbuj "jn^a NTab^ in .mpTn ^r^Nn^a ta^aia 
na^n ii^n nbnna n>awN nam «inpTn naN «b m^iNn n^tti a^in-» n^^ 



1 Cette feuille 41 manque dans mon ms. 



262 REVUE DES ETUDES JUIVES 

•n:s nfcrtn ï-pîTio inptn patron laanttb pva \n naia trpBioE 
n-p-is ■nae n^^cn p^aa^ as -in maiiéi n«OTi fca^wna "nttab 

t]ov n"nm73 bnsn ann-û v* 1 P 5 - îa^b rta 'm nab tzp-nm 
p^Tn?:n nafiriab \i*ym "p" 771 paa ia tcn rfnbt pmtMD^Kta 
D^œ ©bw mttnNîn "jfiwwoi B'it.ïto "njaab *"i:a nLrnn i-rmo mpm 
■p-in S? ï3Ti»aDii S-itapttJ r-iro 't3H ^i paan ^a S? pan 
Via p«stKtr«t3 ap;^ — f-in^a CabWi taanmo rMaKfl S*i 
S":n — latrii-no nu Sa S"3n ^irnrt nptn tobîi r<b 'tan 
V:t m?:\sn n*w5i to^ntr n-m ^ba» ■n»ab fCB n^? t>*b 
tabia pTn irwnp Itpïto l^ra r*in rww ittai û^att «bio 
V:t *i3>ap\a i^Ta "pin «in la PTO'rtpïi ï-ï^aam "•sa ta^tt 
r-pir© pwi rwnnKtt rroaona twi ^an i*ap n»« û^att l»j 
ta*»3ffl n^r ■paTa ba mm»îi twwdi a^irrTa "nïaab "nas natrti 
pinbano S^c^n i-rattÉW i^nn pbn .inpm -pvrvnn na&rob 
i-ittaanr: fEta n»a> 'Tan natnïria t^^?:^ «bttJ ti* Sac lanipaoïi 
Sa rtannafl i-j^aann jHïai û "^ ^btû T* 573 ba "nas i-mwiii 
-raan «b mBiHtt nwa»i a^Tirr» ■*■»;& "nas a*aia to* ■pwo 
*7?:^^ Nin wptna aonn n^nn "nfn inpTn 'nn taabcn aann 
taanïrb dï»^ nia» *iy laina asab vrw t^naa aitab mien pan 
T3> "Dîna a:ab mïr a va piid-iv» t<b înwi ^ba^n 'Tan abujh 
a:ab "mm arc pwv »b imïïi *>bai 'Tan abtDtt ûannb a^a- 1 n©» 
n73N nai manbi nnwi ban ï"Hfi ba» bVia»a idi&o ts avaa vaina 
a"n;an naia nafi cnnb 't 'a d*p an^n îid la^mtjw isïanm naana 

.a^pi 5p-3ib»a i-n^^b 

qav | Tirana p nn I ^bn n-»ab nnb© l ï-ia^n *i Sni73« 
rmiB n"nnraa bNi73C l ï— i"nbî pan n^nna ta -i"nr;?:aa 
,n"nbT (!) b^-T^ t]av n"-in73aa rmrp I in"nbt pan 

n^aann?: îïnapnjîTD Y'ns a^bcn a^ttann n^aan asia iïit 
c:t« n^^nna b":n û^bç a^7ûan nc^n na a^inn t*ïto ■ ïn?:L:y 

,ï-TD irm7au5 i:7:nn n^nbn rm^bi 



N° 22. 

ï-ir^n ^bittîa a^innïi i"^ Ji^^w !-wibN .Trinr: ^3an 
na^ntti ïntasap n^aïib ^a ,^»n vb «auj^uî n"b*n ^sb a^annn 
b'caT: itt^nn aina a^pbi arpra ^nna a-bc nTtibi v^ 'M a^7: 
r-pin }?i a^nan npTn in ï-i:npn a» nnpîrm v : " ba» isnnvi 'isi 
in rpan rjnna n::irn narjb p finattt nan Nr'T ira o-> nTnati 
npTnb ^i7:a !-ipTfi ib »■» n»N pcb p mn*D«a 'T:n rnsnsi 
taa^i n^372 mabîa nan ^*;i: ,, aibcm nttKtt nart» jyabi nnar:^ 
taab ri^îr nnx qbiD531 nn« rrnn i-mnn ^aa ysc»n *j"»n pixn 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI- SIECLE 263 

iû ta^nyatt)7ab d*nort tzss^ibM) *is-m dN3 ^aaind -tttt ^3bn 
S? ûndum s-rons û^anin bNiuî'' Sabi nab S-pït dd73-ibuid 

♦rrjab y-iNii 
mptnn rr^api "«a-ni ^buiNa N^bn Nnb73 Wi n^n .ï-im^n 
"-unnî-tta -in "naïra -naïab p^tnab te-na s-natin rv^ap NbN ï3">n 
mrr 173b !-in n-i£73 nai to^ 12 "pan »d"d73iri dna r-iTVdun 
r>n733d i^^nizî i-wai 3 73"72 ba>a a-in anau: iTaa'i r^aïauîTa pi73 
•parc) aiaai «"arans-n û"373nn mim** N1273 nai N3^ ïia mb N3"iauî73 
Sa» aaa>b bia^ Srnbjaïi pN *p î-nbfctt ba> aaa>b bia^ ^Tan ba»a 
riTai ^13^73 nrtN'b in n*73ii pb imiz) Tissab nm un s-rnon ba>a 
^-iTanN Nana baa Ni£73 lai N3^ na mb NnaaidTa 'Taaa T-iTaNU) 
t-pbi &"a73-in and ">aYU bdd Nnaauî7373 naba mmarau) ppd a"Ni 
u^ nwci 4 S"t ^'Nin ■ndiâ N^Taa ^d îaam ans» nai Na-^ s-ia 
p prrra npibm S-rrçnîi rba* «narra Érarmn sixn nm n3"h p-d 
larta pbi tt5"Nnn3 Nnabm j-tn-i t^anb -iitTarr ba»d ban î-ryinîi 
^-qi wn pnb «bus i-rarr ynNd ^ujn û^mp is^idni wmai 
ta — î^iï-r vby -iana>73 dN pa npibn ira a'p'-iprT d^m» NbN Nnx» 
ma a p-nnarr pa^rr vba» nanara un pd mmdidd ^D733n maria in maa 
taw Tia baa N^Taa r^bn (!j rnaTaan mab in manb ■yiao mana in 
ihn T'a dn ^a Nnittt ia*T c^a-n paa>n ma prrua ^73 nNïn ma>a iidn 
tït"muî ■"•anpsi laa-i û^-nTan mapa>a ndbb laanaTai isnan *p iaN da 
p*o piia pin pn natad n-i^7û nai N3">i pa^n rira 'pin i3N i^ni 
.laândttî i73d i-rann vhy nnsnT: N^stittîi ï^mian*! Nnmbd Nd"Ni 
V'iri ta^bNittîïi d->-i^a^!i mi^b maana ï-initpn nan^^ hnt 
ta ,, Nb'iD7ûn d^N^an inbyn ^ay ,'ï-ib unp dmn ^mnsa ta^nmdTjn 
!-7?3bïï3 -)"-raaa g|D"ii ^i^sn i"it"> d^bNi^n SibYtoîn ribnnn Tsa 

♦pNiTNa^NCa 

inri s-nntt db^ïi ddnïi tas» p^i T^nuj N^dis> iniM ^^a 
tabai ï-it i^sya n^n ^an ba ^nsapi s — it i^ya \a"N-in n^ia 
b"T a'^Tû^in n^na nvynb nabn ^a p^iri ijpdd tni ^n^^b i73->aoïi 
.•»ai573ia ^T^^bN iftuî dmm ^n ^i^» »^it bjn 
ta^ttYrpM laviia*! n^riaii: ^no» t^p "rnam im» ^ana^i •'b^N 
c^n^tt na^i ns^t na n^bT nvraïi pa^a d"d73 ta irsd 1-17351 ynNd nu5N 
13N td^-i 5vb a^irr Tdîï-na J-r^a b^a\da ^n^i s — ït ppn ^n d^ 
ppn aanb3»73 la» un: ^«n rrnn ©ian bNT di©73 tondra 

.bN^TIJ» 5N173U: 

"n^a rtbiia npibria ï^bss nNîn ï-ibNUin bi>u5 N-»n p ï-i73Nïi 
taa^pDis rn a"mrn ^na d^nn d^biarr tzi^anrn n"^^ nNïn 
poiD ï-r^rj b"T i-iT^N'n^ "PN73 n"nn73d dbon aanm b"T &"373nna 

1 Bèça, 27 a. 

» Yad-ha-Hataka, (d^dUi 'ïl), ch. xn (8). 

3 =i-OT73 ^373. 

4 Tour Hoschén-Mischpat, ch. crvi(2), et Schoulhan Arouch, ib., ch. clxxv (53). 



26 i REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

■DT»»a rtrbi p b*ai p cy - fcawtt r*i inn* Tan tarai «"anna 
■nran lia ■patt)"' >ia nn« ^1 a-aanb wip r:*v : d3tt«?i r»Y»pbmj 

it ï-TOSOïl rv-ri B"att"!fia .v,n:b wasr; aa^:irnr; -ni» TO» 
aanbr?:b Wia nfcK -m b* &"naft3?i -nai a^pb ■*»« T^nn n»aOTtt 

•im rpab dirn» 
mnn "nan nso ïwaTOna !-i"ttbt 'anilM pror n w nm»a mm 
t^nat» nm r^^n ï-ra mb s-rptm b^b atnan baa pas ^"l: »oa 

.a© fwun b"2n î-wmnn ->dd 



N° 23. 



ipiyiVraa ma a p"pa i-mn "«arma ta^abiatt a^aann ni an a 
Mbto waDïi j&VDnnb a^i&n m Nb\a a^a^ nra io^diïtid k"^ 
viba fcabva s-n^na ana D^bnïib bama^ ^:aft inat arc imam 1 ' 
ï-7t b? navrti /far» mbnpa î-nin rsrwaa n"n mata nitan 
triais ûiwtîoïtd *7ab?2 ama* la^ai- 1 a** taan /»maa Knr» 
s^b i^ati n aiiaia itn r-nna la^-ina i^a /msa to^biaaai 
■»nba tzrbtanb îum*» «b o-'s'inb ib^nnn un am ^ms mp"> 
tnpaa nn 1 » tp*»aaoia w»ia tmttifn 'tan n"n marc nr:i 
'n av m ïtïti waa nït m b^ nau>m ,tamm airoi irma 

»û"anni 'ta bibab î-nta* 

faînaM I pKasKta^ara mabta Y'iîmaaa tpv | *ai*a»afi w»b» 
.^nsni: apan | nniaba* Sisi?:ta l n^b»5«p ï-r»b© I "pn r-pab 

N° 24. 

•toidn ribtt ïa*»aa Vnnaa ana» nii^a aanîib isanatt ttaaort nais 
.miai aip7:a im« iaaa*»»a aan ia bab i-iaita n*»ïti ir'nbt 

î-in&n 1 rtbtt N*»aoaH b* nnnn rtmnïi niNsn nno* np*« ba |n 
wn iTiïi maan Sa n« s-ib pm ■O'otk *-ï*ata ir^* 
^3iN^ ^a-i rtTon a^nstaîn a^nn V ni< a i»m a^b-na ta^b^wsrr 
S? imr m"^i ^anbwa na tanaa©» p"^ tïi *i©« tobnj 
Sn rtab^ai nan n^anrj m^-nn r-n»nb« nraian n:m ,amaa»73 
nonn r**arn rnsanbi maab izn rtbin t|a rtnaa nw» aip?:r; 
tti» ms^îi y^ yatM 'n bwN a^ffiMîi d'notip »wîp m»b©n m73»Ti 
ïnirti mnbi Sy np\âb a^n^b vm a^po biaa'n aa^baima 
rni?:n rïrab n^poa a">bwS ^:d tojb ia wyî t:n m t^bn av ai^ 
can373 n"r!7:a 'n nan^i rjrii n?3an nvoib^n mmat^m ma mrr 
.a^aïaa ^n di^rt wi* a:7:N uni n"rtbT ^nbîn V 2 ^ 2 n"nm72aa 

1 jffaJrt Mccidy 80 a. 



LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE SALONIQUE AU XVI» SIÈCLE 265 

rmaa»!n ban inwrt n?a> a^atai a^aa fca^apt aa>a in iaw to:m3 
piaam nïïNr: ntt'ni ruanparc nan baa rniabn TOa>b 'pai-n iiki 
•nana» rtabna rwiaittft maïaa rrnba» oin^a an?art îos» nruo 
î^s-np •»*» ittîN an^ian nip^ n-fttt n-pD^b ï-m?au:i n>aa 
Tnntt rmynbi ï-mnb a^ ittaa t=abia^5a nu:« û'maaïi t-rnn 
tsrrnn ^-na mwa ■«T'atp nb«3^ hbx* 1 vra in yam ta'Wipft 
t-iam snaan ^bna "nsia San mba rrna nb?a t=^ 19 
•by ^arm Nnbna ainsb nan»ai na^aTaa lan^aa p ba> /rmpa'p 
mnrrj m-i^N ûa»n na rrmï-ibn 'panb 'na b^an nuîaai "na&n 
nïïNn ban ■pnii ba> pv "p-r ^T *"W ^ba» rtmoh TïibN Ta 
tausai •îtto ni-jet ab «ïw ïip-im min rtpnsb tom»n ^nsa 
-pj 3 Yva»b ïTTiaTa t^in ^n ib mnaam -inp^ 2ia*>7aa snpi misa 
n>a> ï^omm r^wjo * vwr»pi ■psaaa pas* ib s-rm *i^np 
lana-^a na?anm naana Jn^&nbn a^a> nTNtt î-na ïrnntt ^a 
p"ab mbat» t^a yiai naia laab-» ianp ^a naina manaa maî 

.•^anb»!» ï-id 

1 ^aôa Mecia, 85 a. 
» Daniel, iv, 32. 

3 Moëi Katan, 16 a. 

4 Daniel, iv, 10. 

5 Kiddouschin } 6 a. 



NOTES ET MÉLANGES 



QUELQUES NOTES SUR LA MEG1IJLLAT TAANIT 

M. A. Marx de Konigsberg, après avoir lu notre notice sur la 
Megliillat Taanit parue dans les Mémoires du XI e Congrès des 
Orientalistes', a eu l'obligeance de nous transmettre les re- 
marques qu'il a faites à ce sujet. Qu'il nous soit permis de publier 
ici les plus importantes des observations de M. Marx. 

P. 3, note 4. Le ms. hébreu d'Oxford, n° 2421, 10 &, ne contient 
pas seulement les « jours de jeûne », dont l'énumération complète 
forme notre § IV ou Appendice 2 , mais aussi une partie du chap. xn, 
ou le mois d'Adar, qui dans notre tableau d'ensemble (p. 12) con- 
stitue les journées 28 à 35. Et puisqu'il a été question des mss. qui 
contiennent cette curieuse série d'anniversaires historiques, il est 
bon d'ajouter qu'on la retrouve également dans le ms. de Parme, 
n° 111, partie 4, et dans celui de M.Epstein (jadis Goronel-Halber- 
stam), dont Joël Mùller a fait connaître un certain nombre de va- 
riantes, en 1875, dans la Monatsschrift. — De même, selon le ca- 
talogue d'Assemani, les mss. hébreux n 08 285 et 299 du Vatican 
contiennent notre Meghilla. Enfin, grâce à une communication 
de M. Freimann, nous savons qu'il y a aussi un fragment de cette 
chronique à la bibliothèque municipale de Francfort-sur-Mein, 
provenant de la gueniza du Caire. 

Môme page, note 5. Après avoir cité l'édition princeps : Man- 

» Tirage à part, Paris, 1898, gr. m-8«. C'est la pagination de cet ouvrage qui a 
été indiquée ici. 

» La bibliographie de cette petite section finale est aussi a compléter :^ on trouve 
cette série de jours réimprimée dans le Kolbo, n° 63; dans ^llî TXTtt V, i, 8, 
daus le Siddour de Rab Amram, édit. Varsovie, p. 79 a, édit. Hildesheimer, 
p. 1<J3 ; dans les Ilalakhot Guedolot, f- 34, et dans le Mahsov Vitry f 22J. Un 
verra par la suite pourquoi il importe de mentionner ces diverses éditions : elles 
ont de l'intérêt pour les variantes dont il sera question plus loin. 



NOTES ET MÉLANGES 267 

toue, 1514, in-4°, il faut mentionner la 2 e édition : Venise, 1545, 
et ajouter que le texte seul, accompagné de la collection des va- 
riantes connues, a été donné par G. Dalmann dans ses Ara- 
màische Dialecfproben (p. 1-3), et qu'il a été expliqué (p. 32-34) 
par le même auteur. 

P. 9 à 12. Nous avons publié le texte et la traduction de la Me- 
ghilla d'après Graetz et J. Derenbourg. Mais il ne faut pas 
omettre les divergences notables, qui sont plus que de simples 
variantes, qu'offre l'édition du yrh ïTj£ (V, i, 8). Ce sont, non seu- 
lement des différences dans les dates, mais encore dans les com- 
mentaires ou gloses expliquant les solennités, sans compter l'omis- 
sion de deux dates, celle du 27 Iyar et celle du 12 Adar. Voici les 
différences remarquables qu'offre cette édition : 

Au lieu du 7 Iyar, c'est le 17 (le ms. de Parme a : 5) ; 

Au lieu du 17 Siwan, c'est le 14 (de même mss. de Parme, 
Oxford, Epstein); 

Au lieu du 25 Siwan : 21 ; 

Au lieu du 14 Tamouz : 7 (Parme et Epstein : 4 ; Oxford : 10) ; 

Au lieu du 7 Eloui : 4 (de même Parme, Oxford, Epstein) ; 

Au lieu du 23 Heschwan : 22. 

A la date du 23 Iyar, au lieu des « fils de l'Acra », le copiste fait 
intervenir les ^D 'fla « les Sicaires ». — Pour la journée du 15 Ab, 
le glossateur dit qu'en ce jour l'épidémie qui sévissait sur Israël 
dans le désert cessa ses ravages, et que, plus tard, on cessa en ce 
jour de couper du bois pour alimenter la combustion des sacri- 
fices sur les autels du Temple : krrabfc dépens Tïn *mn ti£ iba 
ï-D^ttb û^*. C'est d'ailleurs le texte du Talmud. 

Enfin, ce texte offre la mention supplémentaire qui suit : « Le 
» 22 Adar, après une période de sécheresse de trois ans, Dieu eut 
» pitié de la terre ; il exauça les prières et fit pleuvoir. » 

Aucune de ces divergences ne nous révèle un seul fait nouveau, 
pas plus qu'elle n'aide à rendre compte de l'origine, soit du texte, 
soit des gloses ; ce sont toutes de simples variantes provenant de 
la négligence ou de l'ignorance de certains copistes, qui n'ont pas 
traité ces textes avec un scrupule religieux. 

P. 15. Selon M. Brann, le scoliaste de la Meghilla a surtout 
utilisé le Midrasch Bereschit Rabba et, par conséquent, la scolie 
ne serait pas antérieure au vn e siècle de l'ère vulgaire. En face 
de cette théorie, il faut rappeler, pour être impartial, que selon 
I. H. Weiss, dans son -Wim W TH (II, 2 e éd., f° 226), les gloses 
seraient d'origine tannaïque, donc bien antérieures à la période 
supposée par M. Brann. 

P. 22. En expliquant la « journée de Nicanor », ou du 13 Adar, 



$8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le commentateur, comme on sait, méconnaissait le sens du mot 
■ps'Hp [char de guerre) dans le récit du Talraud de Jérusalem, il a 
pensé qu'il s'agit des parents du général syrien et a écrit ■pavip. 
M. A. Marx est d'axis de mettre cette confusion sur le compte 
d'un copiste postérieur à la rédaction de la glose, car cette faute 
se trouve seulement dans l'édition yrinceps et dans le ms. Ep- 
stein, dont les textes paraissent très apparentés, tandis qu'elle ne 
se trouve ni dans le ms. de Parme, ni dans ceux d'Oxford, qui pa- 
raissent indépendants les uns des autres. 

P. 26 : « le 22 Eloul est le jour de l'extermination des impies ». 
A l'appui du mot ÈPTODfc que Gassel traduit « les apostats » ïvo|xot, 
au lieu d' « hellénisants », il faut noter que les mss. de Parme et 
de M. Epstein lisent ainsi ce mot, et non fcp^ttn. 

P. 28, note. Au sujet de la journée du 21 Kislew, qui célèbre la 
destruction du temple samaritain, on a observé que le Talmud 
(Yoma, 69 a) rapporte le fait au 25 Tébet, mais Dalmann remarque 
que le ms. du Talmud de Munich a bien in&o û*nia:n (21), sans 
mois, tandis que le mot nacaa est une addition faite postérieure- 
ment dans les éditions. 

P. 50. La journée du 12 Adar commence le ïwa ûv. Au lieu de 
voir dans ce nom celui de Trajan, M. Dalmann a proposé 1 d'y 
voir la transcription de ÔTjptSv ou OY^ouay-a (combat contre les 
botes fauves), dont parle tout le chap. vi du livre Iïl des Mac- 
chabées. 

Malheureusement tout le monde sait, et M. Dalmann mieux 
qu'un autre, que le 111° livre des Macchabées est un roman. 

Moïse Schwab. 



FRAGMENT DU LEXIQUE DE SAADIA 1BN DANAN 

Un feuilet (14 + 10 centim.) de la guenxza du Caire que mon 
ami M. Israël Lévi a mis à ma disposition contient quelques 
articles (bzn fin jusqu'à nsn) d'un dictionnaire hébraïco-arabe au- 
quel appartenait ce fragment. J'ai pu reconnaître par le premier 
et le dernier de ces articles qu'il s'agit du dictionnaire de Saadia 
ibn Danan, caries deux articles ûon et nsn contiennent des parti- 

1 Monatssch,-i[t, 1896, p. 32G. 



NOTES ET iMEL ANGES 269 

cularités qui se retrouvent dans les extraits de ce dictionnaire 
cités par M. Neubauer à la fin de son édition du Kitàb al-Ousoul 
d'Aboul-Walid. Comme rien n'a encore été publié de l'ouvrage 
de Saadia ibn Danan, en dehors des extraits donnés par M. Neu- 
bauer d'après le ms. d'Oxford, il me paraît intéressant de faire 
connaître le contenu du fragment de la gueniza, même après la 
notice que M. Neubauer a publiée sur ce dictionnaire dans le 
Journal asiatique, 1862, II, p. 256. On verra par ces articles que, 
malgré son désir d'être bref et concis, désir qu'il indique dans le 
titre môme de l'ouvrage (rroanajba ïiabb» ^d TYHib», le néces- 
saire sur la langue hébraïque; cf. Neubauer, Catalogue ofhebr. 
mss. in ihe Bodleian Lïbrary, n° 1492), Saadia ibn Danan s'efforce 
de condenser d'abondants matériaux dans l'étroit cadre de ses 
articles et qu'en ce qui concerne particulièrement l'énumération 
successive des sens, il visait à se montrer original. Dans l'article 
Ton, il cite David Kimhi, que M. Neubauer a omis de nommer 
parmi les autorités mentionnées par S. i. D. Dans le même article, 
il cite la préface à son lexique (Mouqaddama), qui est consacrée 
à la grammaire et se trouve, le commencement excepté, dans le 
ms. d'Oxford. Le chapitre sur la métrique hébraïque contenu dans 
cette préface a été publié par M. Neubauer 1 . 

L'écriture du ms. est de la cursive, avec quelques particula- 
rités. Ainsi t| est toujours écrit d. Les mots arabes ont peu de 
points diacritiques ; ^ est transcrit par a et £ par a ou à. Souvent 
les voyelles brèves de l'arabe sont transcrites en hébreu par des 
voyelles longues (a, \ ■»). Le alèf k la fin de la troisième personne 
du pluriel du parfait est toujours indiqué, ce qui est rare dans les 
mss. judéo-arabes. Les fins de phrase, dans les articles, ainsi 
que la fin de l'article sont marqués par deux traits ( ||); je les 
remplace par deux points (:). Les mots expliqués sont écrits en 
tête de chaque article en grands caractères carrés. 

Voici le texte : 

•dNiïn iby in {sic) rpyiV»B î-nms nbon niob» in rt«na 

tais is bw **un irt danban dann -nia dionn ab QDn 
torwapn d^di^n *in ï»**i nuoim 'm : bdao Nbi mob mnbN 
1"no^ vna&oba "jn S^pi *m*b« "fc dortba wn i» nadnba p 
: biNbN 135^73 Sna t^rr^n^ 'pOTm abb toridiSKi driansN 

1 '""Ptiîïn Pdbw, Francfort. — Dernièrement a paru une dissertation très bien faite, 
en hongrois, sur la vie et les œuvres de S. ibn Danân par Naftali Blumgrund, 
Szâ'dja ibn Danân, élete es miivei, Pozsony, 1900. 

* Ce passage se trouve aussi dans Neubauer, Kitab ai-Ousouî, col. 786, ligne 12. 



270 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

1-1:1720^ brn V1D373 TOb* jarobN mi*:b iionn ï-nîn *pn 
: *np m pon ^i?20 ^ 'ai : (««) nnNipi nnabatb rnna *nom ion 
ÉWD«î5fctt KnbKB wn ion bo n» 'm : ft» ïorr ^bi nattr t^b 'si 

: rnpbws ^2*72 \a r«<nboi 
1» to*t b"T "«mapb» nn ,ta n l^p-" 1 tob nai mon t**b "Dn 
S-iW iio^o ma ■*« -ot«p in SatKbfit anh ]?3 t^oo brc bo 
wam^a pioba ae-on ipi aiovi ^722» bn» 131 mon r*ô bo isnon 
: oatmbKa ttTyna bacoa (tfc) ann Jki (***) ttmKpfcbK ^o 
■wi mo-i? mena «*?< 'ai : nnaoi (««] yo72 vb? non HDn 
•■OlfcbN 00^ tpnb 'si : D"wn*bK ïtb nno:^ "Hb» pbb (sic) rrrao 
bna*o Vpi namba* \y ire nnoari ia* {sic peoba rro lion -nb» 
ï-iDDin !TON bt t|bob« b^p i?2 (sic) iisobwN fp» "12m "nba* irtab» 
: aiaib» 172 cn«tt»i ipa "tt» qn 'n • a<noan tatBfcri ^ nva 
nnrna ^bn ion 172H ■rçsi 'ai : imS» ■'ion ib taam "BH 
'n : ïwtw oht man n« t]n"n 'ai : i-irwi (««) ï-rai b**pi "paob 

{sic) nÉpafcobfifâ h»b^i ïibba ïr>*a* ^b? fcoom nie* bân» 1 ' "»aa irbtpi 

: Nen iNon^i batm 
: TOînbsn nanoba im tenb» iiîona oi:b rrrona ÎEH 
t^ibip^i b3>D ns72 aiban-n Sr tjbobNi irasn towi r<b72 ICI"! 

:rpsaa spi \x isn 
bîç*nDKa (**0 aooin- 1 ioït yon^ 'ai : t&dk ap2>-> ma yen "»o ^£i"l 

: yrça trn^ bn» 
•pan bo na* nonb 'ai : na*on y72ia nom "rnon 'O "ICn 
icnb 'ni : ->TO:n ttaabfi nism 'ai : iNsnbao ©nKBbai Nïransb 
: ' m-i^o nonb b^pi no^io apn^ n^aa 1» tu oon (sic) mrs 

Traduction *. 

[bon, dans Deutér., xxvnr, 38. On emploie ce verbe pour désigner 
la fin de la] Parascha ou du Sèder : 'o nuîna nbon « le chapitre tel et 
tel est terminé 3 ». 

Don, dans Deutér., xxix, 4. conn, en arabe O^nn *. Dans l'arabe, 
0?n 5 est un appareil qu'on met à la bouche du bœuf pour la fermer 
et empêcher l'animal de manger. — 2. Ezéchiel, xxxix, 11, n720im 
(la vallée) les coupe de l'entrée, de la même racine arabe ûon, 
couper, retrancher 6 . On explique aussi de cette façon : ceux qui 

1 Voir la suite de l'article dans le Kitab-al-Ousoul, col. 786, 1. 1 i. 
* Dans les notes, je cite, pour comparer, les lexiques d'Aboul-Walid et de David 
Kimhi. 
3 De môme dans D. Kimhi, d'après Aboul-Walid. 
1 C'est ainsi que traduit Aboul-Walid, qui s'écarte de Saadia. 

5 Aboul-Walid dit plus exactement : DNSn, muselière. 

6 C'est là la première explication de D. Kimhi (ibDV Nb'15 D"nai?n n72Din 
majpb), mais avec une nouvelle étymologie, tirée de l'arabe. 



NOTES ET MELANGES 271 

entrent (dans la vallée) ferment leur bouche et leur nez pour ne pas 
en sentir la puanteur. Ce serait alors comme le premier sens '. 

•jon, dans Isaïe, i, 31, *pDrtïi, le lin non affiné, que nos docteurs 
[Mischna Schabdat, n, 1) appellent jon 2 . On le désigne aussi sous le 
nom arabe de tprû, à cause de sa dureté et de sa fermeté. —2. V^D., 
dans Ps., lxxxix, 9, « fort ». — 3. 10rr ? dans Isaïe, xxm, 18, en 
arabe Trba\ « il sera conservé, mis dans un trésor* ». — 4. "jon ? 
dans Jérémie, xx, 5, les biens, les trésors de la ville. Tous ces sens 
répondent à la signification de « force ». 

non. mon a*b, dans Deut., ir, 7, « il ne te manquait pas », en arabe 
^Utpï' 1 db\ R. David Kimhi prétend que chaque forme verbale légère 
(kal) de cette racine est intransitive 5 . Donc, d'après lui, mon (Jéré- 
mie, xliv, 18) et mon (Deut., I. c.) seraient des verbes comme aœi 
et TE*. Mais nous avons établi la différence entre ces verbes dans 
l'introduction \ 

ïjsn. Cjan^ dans Deut., xxxiii, 12, « protégeant et cachant 7 ». — 
2. insnTD, dans Ps., xix, 6, en arabe tto*i*. Ce mot désigne la chambre* 
où se cachent les nouveaux mariés. — 3. tpn, dans Genèse, xlix, 13, 
le port où se trouvent les navires ou dans lequel ils se mettent à 
l'abri contre les tempêtes 9 . On traduit aussi : bord de la mer contre 
lequel se frottent les navires 10 , de la racine de nos anciens [Nidda, 
68a), nsBin fiiON, « elle se peigne "». — 4. r\r\ f dans Job, xxxiii, 9, 
pur et « peigné » des péchés ". 

ïisn, dans Samuel, xv, 30, "nsn, « couvert ». — 2. 1DÏ1, dans Esther, 

1 C'est la seconde explication de D. Kimhi, conforme à celle d'Aboul-Walid. 
Notre lexicographe rapporte en partie littéralement l'explication d'Aboul-Walid. 

2 C'est ainsi qu'explique Maïmonide dans son commentaire de la Mischna (d'après 

mon ms. de l'original : ^"12373 "P^bN "JNn^bN), d'après Sehabèat, 20 b : fettrft3 
^DS 5<bl p^Tl- L'identité du mot biblique avec le mot de la Mischna est ac- 
ceptée comme naturelle par le Talmud. Les lexicographes et les commentateurs ne 
prennent pas en considération cette opinion du Talmud quand ils expliquent Isaïe, 
i, 31. 

3 Saadia traduit *li£N^, à ce même endroit, par "|Tbn. Notre lexicographe emploie 
incorrectement la septième forme du verbe arabe pour mieux rendre le niphal 
hébreu. 

* Saadia traduit autrement. 

5 Voici le texte de D. Kimhi : nriN "pan D">Ym Û!"5 bpH ■pSaffiQ DTO ûblS 
^Dl? Ûïtte- Le terme arabe *"|!£î<p pour rendre l'hébreu ^TH ne m'est pas connu; 
le sens propre de ce terme serait « défectueux », c'est-à-dire limité à lui-même. 

6 Je ne comprends pas bien l'observation qui suit : Tl^yr\72 bN2DN T\lH "JNT 
U3N")"lbN!3, parce que dans la syntaxe arabe U3N1 est un terme qui ne peut pas 
être usité ici. 

7 inNO"l p73. Dans Aboul-Walid : ïnriO'n ÎT3D" 1 . 

8 Au lieu de "pbb, le ms. a "pbb, qui ne donne aucun sens. Aboul-Walid dit : 

nsn a«rùb ^ wia* pb« doki. 

9 D'après Aboul-Walid. 

10 D. Kimhi dit : m^SOtt ÛlO "p-m^U) ^sb. 

11 Cette explication, qui vient également d'Aboul-Walid, est donnée ici avec la 
modification qu'y a apportée D. Kimhi. 

12 D. Kimhi : maiJtt nplittl T1M. 



272 REVUE DES ETUDES JUIVES 

VU, 8, son visage était baissé vers la terre. Ou bien : On voila son 
visage '. — 3. t|rm, dans II Cbron., m, 7, il couvrit (la maison;. — 
4. WDTP1, Il Hois, xvn, 9, ils voilèrent et couvrirent la prévoyance de 
Dieu et sa connaissance des événements*. La racine de ce dernier 
verbe est KEn. 

TDn, dans II Samuel, iv, 4, ttTDfD, et dans Deut., xvi, 3, "pïsm ; 
en arabe tdH 3 , « bute, empressement ». 

I^n, dans Lévil., xvi, 12, TODH; en arabe . ïrsstt '. Les anciens ont 
formé 5 avec ce nom un verbe "jcn (Mischna Yoma,v, 1), cil en a pris 
les deux mains pleines 6 ». 

yen, dans Genèse, xxxiv, 19, ytri « il voulut 7 ». — 2. yzrr dans 
Job, xl, 17, il remue (la queue) rapidement, comme TSfP avec T\ 

nsn, dans Genèse, xxi, 30, ^men ; dans Ecclésiaste, x, 8, nDin ; en 
arabe nen, creuser. — 2. *iDnb, dans Josué, n, 2, pour explorer (le 
pays ; celui qui explore est comme celui qui creuse 9 . — 3. msm, 
dans Isaïe, xxiv, 24, « elle a honte », en arabe "nbsn. — 4. -icnb 
miD, dans Isaïe, n, 20, nom d'un oiseau qui a pour habitude" de 
percer les fruits 10 . D'autres expliquent.,. "'. 

AV. Bâcher. 



UN DOCUMENT BOURGUIGNON AYEC INSCRIPTION HÉBRAÏQUE 

Le document que nous publions ci-après nous a été commu- 
niqué par l'éminent directeur de l'École des Chartes, M. Paul 
Meyer, et nous lui exprimons ici notre reconnaissance. Il est em- 

1 Les deux explications sont dans Kimhi. Au lieu de NI33, lire N1^3- 

* Au lieu de nÉWNSbfifâ, lire nN^&obcO. Kimhi dit : Iny^rn ÏTOOÏl 
tCïtfn 172 D^ttbyS DTN % ^33 "WM ^D VI73N1 Èm^ïT». 

I Saadia traduit *pîDn dans Deut., xvi, 3, et Isaïe, lu, 12, par la même racine 
arabe TDH. 

k Ainsi traduit Saadia. 

5 Le mot NlVsnT signifie littéralement « improviser ». Le ms, a par erreur j 
au lieu de 3,. 

8 Ni Aboul-Walid ni Kimhi ne mentionnent ce verbe néo-hébreu. 
7 Saadia emploie le participe: ^173. 

* D'après Aboul-Walid. Au lieu de N"Din\ lire FfSirn. 

9 Au lieu de -îNQnbfiO, lire IDKHbîO. Kimhi dit : inS "Din ©DIT»?! ^ 

10 D'après Aboul-Walid. 

II Dans l'extrait rapporté par M. Neuhauer, on trouve ici l'explication donnée par 
I). Kimhi en second lieu. 



NOTES ET MÉLANGES 273 

prunté à un recueil de pièces relatives à la Bourgogne 1 . Si nous 
le publions ici, c'est uniquement pour solliciter le bienveillant 
concours des lecteurs, qui, plus heureux que nous, sauront peut- 
être déchiffrer le rébus qu'il présente. 

Je Huguenius de Truney 2 ffais savoir a touz que je, lou lundi 
après la Saint Johan Baptiste, l'an mil deux cenz octante et six ai 
ahui et recehu par la main Hugonet de Gevrey', baillif en Bour- 
gogne quarante livres de bons tornois que l'an me davoit pour la 
vandue d'un mien cheval que messires Hudes de Fonvanz avoit 
achater de moi pour mattre au char madame la comtesse de Bour- 
gogne. En tesmoignage j'ai requis et fait mattre en ces lettres lou 
seel de la vicairie de Dole, et je Guis, vicaires de Doule, a la requeste 
dou dit Hugonet ai mis lou seel de la dite vicarie en ces letres. A 
Dole, au dit jor. 

On peut retourner dans tous les sens cette quittance, on n'y 
découvre pas la moindre trace de l'intervention d'un Juif dans 
l'affaire qui a fait écrire cette reconnaissance. Un chrétien, Huge- 
nius de Truney, déclare avoir reçu d'un autre chrétien, Hugonet 
de Gevrey, baillif en Bourgogne, 40 livres tournois. Cette somme 
lui était due pour un cheval qu'il avait vendu à Hugues de Fon- 
vanz, un chrétien également, à destination de la comtesse de 
Bourgogne. Guis, vicaire de Dôle, un chrétien également sans le 
moindre doute, a mis le sceau sur cette reconnaissance, à la de- 
mande de Hugonet. C'est donc ce dernier qui devait garder cet 
acte, sa décharge. 

Or, au dos de la pièce on lit : 

Truney 

Lettres Hug. de Truney 

de xl. lb. torn. 



et au-dessous 






« Reçu (littéralement : paiement) de 40 livres tournois de Hu- 
genis de Tuerney le bachelier 4 . » 
Il va sans dire que ce n'est pas un chrétien qui a écrit ces deux 

1 Bibliothèque nationale, nouv. acq. franc., 6499, deuxième pièce du feuillet 18. 

2 Trugny (Côte-d'Or) ? Note de M. P. M. 

3 Gevrey (Côte-d'Or). Même observation. 

* •lina est un titre qui revient fréquemment dans lés Deut livres de Commerce 
de Dijon. Voir Loeb, Revue, t. IX, p. 45. 

T. XLI, n° 82. 18 



REVUE DES I.TUDES JUIVES 

lignes d'hébreu. Était-ce un intermédiaire entre Ilugenius de 
Truney et lludes de Fonvanz ' ? 

Israël Lévi. 



LA COMMUNAUTE JUIVE DE FOUCALOUIER 



Il ne sera pas possible de sitôt de dresser la nomenclature com- 
plète des communautés juives en France au moyen âge. Le travail 
magistral de M. Gross, qui est le fruit d'un labeur prodigieux, est 
loin d'avoir épuisé la matière; mais, pour le reprendre, il faudra 
la collaboration de nombreux savants... et d'heureux hasards. 
Nous avons vu récemment, par le registre d'un marchand dra- 
pier 2 , qu'il existait à Forcalquier une communauté importante de 
Juifs dans la première moitié du xiv e siècle ; l'existence en était, 
du reste, attestée déjà par divers documents non-juifs. Mais jus- 
qu'ici le nom n'en avait pas encore été rencontré dans aucun texte 
hébreu, et c'est pourquoi M. Gross n'a consacré, dans sa Gallia 
judaica, aucune notice à cette localité. 

Le ms. du British Muséum (n° Add. 22.089), que M. Neubauer 
a décrit ici {Revue, XII, p. 81 et suiv.), permet de combler cette 
lacune 3 . Au feuillet 32 d il est parlé du procès engagé par un cer- 
tain Tobia, fils du savant R. Juda, au sujet de sa sœur, nommée 
!T"aat, et de la fille de celle-ci httbn. (Le procès n'offre aucun inté- 
rêt historique.) Une décision avait été rendue par R. Samson fils 
de l'honorable R. Benjamin. La consultation qui nous rapporte ces 
détails est signée par Isaac mb*n fils -de R. Juda Haccohen 4 . Puis 
apparaissent les noms de Samson de Forcalquier (T»pbpio), de R. 
Yedidia de Reillane («asb^a est sûrement une faute pour «MtV*i 5 , 
Relhana), de R. Samson de Digne (sn et KW), de Baruch de 

1 Un petit-ûls de messire Eudes de Fonvent était eu relations d'affaires avec Hé- 
liot de Vesoul ; voir Loeb, ibid. 

x Revue, XXXVII, p. 259 et suiv. 

1 Les différentes pièces dont la mention suit ont échappé à l'attention de notre 
savant collaborateur. 

4 C'est Isaac Cohen de Manosque (voir Gross, Gallia, p. 3G2). Il signe de la 
même façon une consultation du ms. de la Bodléienne, n» 2j50 du Catalogue Neu- 
bauer), qui est le complément de celui du British Muséum. Voir Revue, XII, p. 89. 

* Ce nom manque aussi dans la Gallia judaica. 



NOTES ET MÉLANGES 275 

Forcalquier, qui est vraisemblablement le même que Benditz 
(Jpnaa) du journal du drapier l . 

La pièce qui contient ces noms est datée : mercredi, 25 Tébet 
86 (= 2 janvier 1326), castel de Forcalquier : W3D3 tvrm tm 
oisb D^Tauîi "rc ro«3 naa snnb dv a-majn r^p^na nauja xnaro 
"J^pbpiD bn:Ea -roion ^ban. Elle est signée par Tobia fils de Mar- 
dochée, Samuel fils de Joseph, Isaac fils de Samuel et Ahimaaç 2 , 
fils de Méir b^n ura . 

La remise du document est datée de Forcalquier, 28 Adar 
(4 mars) 1326, et signée : Salomon fils de Benjamin et Isaac Méir 
$ Allemagne : T:>a ïid i-nanb ib tyttrh Tra -i::n:i ■oanm variai 
S|b«n ansb ©toi dvwd nao tw ta-mb riDîatDi d'Hic* ûtti T^pbpia 
3 rr*Mabfiri n^N» pnxj V'st fla^a '-n mabis TODn. 

La communauté de Forcalquier comptait donc un nombre assez 
important de membres en 1326, ce qui s'accorde fort bien avec les 
renseignements que nous fournit le journal de Maître Ugo Teral. 

Israël Lévi. 



* Revue, XXXVII, 261. 

• Ce nom est très rare en France, si même on l'y rencontre, tandis qu'il se voit en 
Italie. On connaît la Chronique d'Ahimaaç, éditée par M. Neubauer [cf. Revue, 
XXXII, p. 144 etsuiv). 

3 J'ignore si ce terme est employé même par exception pour désigner l'Allemagne. 



BIBLIOGRAPHIE 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 

4° TRIMESTRE 1899 ET ANNÉE 1900. 

(Les indications en français qui suivent les titres hébreux ne sont pas de V auteur du livre, 
mais de V auteur de la bibliographie^ à moins qu'elles ne soient entre guillemets.) 



1. Ouvrages hêbreuoù. 

"l!5fcY*ï1 ma ^33N '0, l re partie. Épitaphes des pierres tumulaires du cime- 
tière de Presbourg ; 2 e partie, sous le titre de D^nn T13D, biographie des 
rabbins célèbres enterrés dans ce cimetière. Pachs, impr. Rosenbaum, 
1900; in-8°de 114-86 ff. 

p"*Ttt)b m^SN '0. Epistolre ad Scladal [Samuel David Luzzatto] a nonnul- 
lis viris clarissimis eiusdem œtatis et temporis missœ et scripta de va- 
riis rébus. . . recognovit et edidit Victorius Castiglioni. Trieste [Cracovie, 
impr. Fischer;, 1900 ; in-8° de 96 p. 

SNT»^ *HK. Livre de morale et de religion, par Israël Libkin de Salant, 
édit. avec diverses additions par Isaac Blaser. Wilna, impr. Metz, 1900 ; 
in-4° de 184 p. 

rnirr rP3 'O. Explication de quelques aggadot difficiles du Talmud, par 
J.-II. Gelbard. Munkacs, impr. Kohn et Klein, 1900; in-8° de ô5 p. 

b«n»^ W -Haï 'O. Geschichte der Juden von D r II. Graetz in*s He- 
briiische ùbertragen von P. Rabinowitz mit Noten von D r A. Ilarkavy. 
6 u -8 e parties. Varsovie, impr, Schuldberg et C ie , 1897-1900; in-8° de 
496 -f- 24 (additions d'IIarkavy à la 6° partie) 4- 468 + vi + 674 p. 

Il manque encore les additions de M. Ilarkavy au I e et au 8' volumes 
pour que l'ouvrage soit complet. M. R. arrête à la un du xvni» siècle sa 
traduction, estimant que depuis cette époque l'histoire de Graelz a besoin 
d'être reprise en so as-œuvre, principalement dans les chapitres relatifs aux 
Juifs de Russie. M, P. Rabinowitz se propose de procéder lui-même à ce 
travail, qui, dans sa pensée, comportera trois volumes. — Aujourd'hui qu'il 
nous est possible de jeter un coup d'oeil d'ensemble sur l'œuvre accomplie 



BIBLIOGRAPHIE 277 

par M.R., nous ne pouvons que le féliciter du plan qu'il a suivi et de l'intel- 
ligence qui a présidé aux remaniements et aux corrections. — Grâce à lui, 
l'histoire juive est entrée, en Russie et dans les pays où se lit l'hébreu, dans 
le cercle des études et des lectures de milliers d'Israélites, et si Graetz a voulu 
faire de son ouvrage un instrument de régénération morale pour ses coreli- 
gionnaires, c'est à son traducteur qu'il devra d'avoir réalisé ses espérances. 

d^pTi^ d^^lt. Materialien zur Geschichte der Juden in Polen, insbeson- 
dere in Krakau, von F. -H. Wetstein. Cracovie, Faust, 1900 ; in-8° de 
34 p. 

NpM"lp3 ">^::2il DIDTiTï. Geschichte der hebr. Typographie in Krakau von 
1530 bis auf die Gegenwart, von B. Friedberg. Cracovie, impr. Fischer, 
1900; in-8° de 48 p. 

*n*I rnab maTûT. Re'cits historiques, par A. -S. Friedberg. 4 e partie: 
Sabbataï Cevi. Varsovie, impr. Schuldberg, 1899 ; pet. in-8° de 176 p. 
(Éditions de la Société Achiasaf.) 

dbl3> "^n 'O. Novelles talmudiques par Guedalia Galik, e'd. par Menahem 
Mendel. Er-Mihalyfalva, Adolf Beck, 1899; in-4° de 6 + 99 ff. 

NrPTtt Nd!2 Nttbn. Réponse à une brochure dirigée contre Hertzl, le chef 
du mouvement sioniste, par Josephzon. Paris, impr. Bernas, 1900 ; 
24 p. 

d^ïl ^pH. Manuel de morale et de pie'té destiné à la jeunesse et composé 
d'après le Mischné Tora de Maïmonide, par Simon Kahan. Varsovie, 
impr. Schuldberg, 1900 ; in-8° de 132 p. 

pttî?^ 31Î3 'O. Novelles sur la Mischna, par Eliézer Kroiner. Jérusalem, 
impr. Zuckermann, 1900 ; in-8° de 30 ff. 

Tl?3!?nï1 N"nWD. Die jùdische Tradition. Reihenfolge der jùdischen Lehrer 
und Weisen vom Urbeginn der jùdischen Lehre bis 1650 der gew. Zeit- 
rechnung zusammengestellt von Morilz Poppelaucr. Berlin, M. Pop~ 
pelauer, 1900; in-8° de vi + 46 4- vi p. 
Œuvre de jeunesse, dit le titre hébreu. 

*pS*"il *J3*"lfàb. Dissertations sur l'éducation des Juifs et le Sionisme, par 
N. Sokolow. Varsovie, impr. Sokolowa, 1901 ; gr. in-8° de 144p. 

d^VOtt "p^b. Remarques sur le Séfer Hasidim et l'édition de cet ouvrage 
parla Société des Mekizè Nirdamim et biographie de JudaHasid. Jérusa- 
lem, chez l'auteur, 1899 ; in-16 de 50 p. 

d^W 1^212 112812. Ouvrage cabbalistique de Menahem Azaria di Fano, éd. 
par Pinhas Cohen Friedmann. Munkacs, impr. Kohn et Klein, 1900; 
in-4° de 46 ff. 

U5S3 a^Eîto driw72 '0. Novelles talmudiques par Munisch Heilpern. Lemberg, 
impr. Rohatyn, 1900 ; in-f° de 122 ff. 

*pdri"n mb^tt. Généalogie d'Ephraïm Zalmann Margoliouth de Brody jus- 
qu'à Raschi, éd. par A.-B. Krochmal avec diverses additions. Lemberg, 
Krochmal, 1900 ; in-8> de 83 p. 

n^b r\yi2. Revue périodique — dont la périodicité n'est pas indiquée — 
dirigée par Salomon Judisohn et P. -H. Turberg, 1 er numéro, Tischri 5661 
(septembre 1900). Paraît à New-York, chez les éditeurs. 



278 HEVUE DES ETUDES JUIVES 

1ÛUDM tt*npt). Mikra ki-Phosehutô. Scholien u. kritische Bemerkungen zu 
den heiligen Schriften der Hebrfter. II. Theil : Die prosaischen Schriften, 
von Arnold B. Bhliich. Berlin, Poppelauer, 1900; gr. in-8° de xl + 
Hl p. 

ÏTErt-1 K1Î3> wl":^. Ezra und Nehemia, kritisch erliiutort von L. Griin- 
lml. I. Tbeil. Einleitung nebst Anmerkungen von S.-.I. Ilalberstam. 
Jérusalem [en commission chez Kauffmann, à Francfort], 1899 ; in-8° 
de 98 p. 

D^T'wn "PO IDI'VD. Commentaire du Cantique des Cantiques, par Abig- 
dor Cohen Cédek, éd. ])our la l r8 fois par Jacob Bamberger. Francfort, 
J. Kautï'mann, 1899 ; in-8° de 39 p. 

O^Dfï. Revue mensuelle dirigée par E. Rabinowitsch, de Poltawa. 1 er nu- 
méro. Berlin, impr. Itzkowski, 1900; in-8°. 

fmon nns. Prières composées par Gabriel b. Josué lors des persécutions 
de 1648-1649, édit. d'abord à Amsterdam, rééd. avec des notes par 
Kaim Pollak. Cracovie, Faust, 1900 ; in-8° de 56 p. 

T hy Y^p. Recueil de documents publié par la Société Mekizé Nirdamim, 
15 e année, 1899. Berlin [en commission chez J. Kauffmann, à Francfort], 

1899 ; in-8° de vi +29 + 11+8 + 55 p. 

Contient : Documents pour servir à l'histoire des Juifs de Prague, 2« par- 
tie, bî<l?30 pbikîO, éd. par A. Freimann ; — Documents pour servira l'his- 
toire de Sabbataï Cevi, éd. par S. Bernfeld ; — Élégie sur la mort d'Abraham, 
fils de Maïmonide, et d'autres pièces analogues, éd. par S.-J. Halberstam ; 
— D^ïfljïl mSlïSn 'O, ouvrage de polémique, de Benjamin b. Moïse de 
Rome (réponses aux arguments tirés de la Bible en laveur du Christia- 
nisme). 

Û^Tttî nî£!lp. Recueil de poésies, par Seinwel Roth. Drohobycz, impr. Zup- 
nik, 1900 ; in-8° de iv + 80 + 84 p. 

T^y* ïmPDI CHIJjlp 'O. Sur les conversions au Judaïsme, par Salamon 
Kutna. Pachs, impr. Rosenbaum, 1899; in-8° de 20+ 49 ff. 

3123 DO bs>3 bfcHlD' 1 'O'I. Biographie dTsraél Bescht, par Abraham Kahna. 
Zitomir, impr. Kselman et Feinberg, 1900; in-8° de iv + 117 p. 

ÏT3tt5lTI '0. Annuaire pour l'année 1900. l re année, dirigé par N. Sokolow. 
Varsovie, impr. N. Sokolowa, 1900; gr. in-8° de 336 + 52 p. 

yiNM n"iN*Dn. « Tebuoth Ha-Arez, par Rabbi Joseph Schwarz, explo- 
rateur de la Terre-Sainte. Nouvelle édition avec nombreuses notes et 
observations par A. M. Luncz. » Jérusalem, impr. Luncz, 1900; in- 8° de 
xxx + 542 p. (Collection d'ouvrages sur la Palestine. IL). 

lÙNpOï» rmrp '") 'aï! nnbin 'O. Biographie des R. Jehuda Moscato, 
Rabbiner in Mantua, von Abe Apfelbaum. Drohobycz, impr. Zupnik, 

1900 ; in-8° de T3 p. 

wt:n PYflH "ppn 'p. Traité de morale de Salomon ibn Gabirol, nouv. 
éd. faite d'après les mss. par Hayvim Pollak. Budapest, chez l'auteur 
(impr. Alkalaï, à Presbourg), 1900 ; in-8° de 56 p. 

T>W lipn '3. Homélies savantes pour les fêtes et sabbats, par Moïse 
Pollak, éd. par Abraham Pollak. 5 e partie. Pachs, impr. Rosenbaum, 
1899 ; in-8° de 192 ff. 



BIBLIOGRAPHIE 279 



2. Ouvrages en langues modernes. 

Actes du 11 e Congrès international des Orientalistes. Paris, 1897. Paris, 
Ernest Leroux, 1898-1899, in-4°. 

3 e section : langues et archéologie musulmanes; Danon, Une secte judéo- 
musulmane en Turquie. — J. Schwarzstein, Zoologie der Bibel nach der 
arabischen interprétation des Rabbi Saadia Hagaon u. anderer Interpreten. 

4° section : hébreu-phénicien-araméen-éthiopien-assyrien : Eb. Nestlé, 
Schin-Sin. Ein Beitrag zur spâteren Geschichte des hebr. Alphabets. — 
Moïse Schwab, La Meghillath Taanith ou • Aniversaires historiques •. — 
D. H. Mûller, Der Aufbau des Debora-Liedes. 

5 e , 6 8 et 7 e sections : Egypte et langues africaines — Orient — Grèce, 
Byzance — Ethnographie et folklore de l'Ouest: Danon, Les superstitions 
des Juifs ottomans. — Germer-Durand, L'âge de pierre en Palestine. 

Adams (Herbert-B.). Summer schools and university extension. (Depart- 
ment of éducation for the United States Commission to the Paris Expo- 
sition of 1900. Monographs on éducation in the United States, 16.) 

Complète les renseignements fournis par M. Ch. S. Bernheimer dans son 
article paru dans V 'American monthly review of review (avril 1897) sur le 
National Jewish cducational work, marque la place tenue par la Jewish 
Chautauqua dans le curieux mouvement qui s'est créé à Chautauqua (État 
de New- York). Chaque été, cette petite station devient un centre intellectuel 
où toute une série d'associations organisent des cours publics et des confé- 
rences populaires et où affluent, pour la saison, des auditeurs de tous ordres. 
La Jewish Chautauqua fait faire ainsi des leçons sur des questions bibliques 
ou juives par d'éminents professeurs, juifs ou non. MM. Gottheil, Jastrow, 
etc., prêtent leur concours à cette œuvre. En 1899, M. Léon-H. Vincent a 
pris pour sujet : Heine, et M. Bamberger, principal de la Jewish training 
school à Chicago, a traité de * l'éducation religieuse au point de vue de la 
pédagogie ». — P. Hildenfinger. 

Adler. Judaism and war. A sermon preached at the North London Syna- 
gogue on Sabbat, November 4th 1899. Londres, A.-J. Isaacs and sons 
[1899] ; 15 p. (The North London Pulpit, n° 12.) 

Aguilar (Grâce). Les femmes d'Israël. Esquisses et caractères d'après la 
Bible et l'histoire post-biblique. Adapté de l'anglais par M me A. Mars- 
den. Paris, Léopold Cerf, 1900 ; in-18 de ix -f 423 p. 

Amitaï (L.-K.). Assimilation. Bruxelles, impr. Van Dantzig, 1900 ; in-8° 
de 50 p. 

Apokryphen (Die) nnd Pseudepigraphen des Alten Testaments... ùber- 
setzt u. herausgegeben von Kautzsch. Erster Band : Die Apokryphen des 
Alten Testaments ; Zweiter Band : Die Pseudepigraphen des Alten Tes- 
taments. Tubingue, Fribourg-en-Brisgau et Leipzig, Mohr, 1900 ; gr. 
in-8° de xxxn -f- 508 p. + vu -f- 540 p. 

Nous avons déjà dit le bien que nous pensons de cette publication ; nous 
n'avons rien à retrancher aux éloges que nous lui avons adressés, main- 
tenant qu'elle est arrivée à son terme. A notre avis, c'est une des œuvres 
les plus remarquables parues dans ces vingt dernières années ; le public 
savant est désormais en possession d'un instrument de travail presque par- 



280 KEVUE DKS ETUDES JUIVES 

fait. Nous remercions les auteurs d'avoir bien voulu tenir compte des obser- 
vations que nous avions présentées lors de l'apparition de la première livrai- 
son ; leurs réponses ne m'ont pas toujours convaincu. Je ne vois toujours 
pas pourquoi est entré daûs ce recueil le Testament de Nephtali hébreu. 
Il faudra dans la seconde édition remplacer ce texle par le fragment ara- 
méen du Testament de Lévi que vient de retrouver M. Pass et qu'il a éJité 
dans la Jewish Quartedy Review, numéro de juillet 1900. Cet extrait est 
malheureusement eu mauvais état et trop court. Les arguments de M. Fuchs 
ne m'ont pas encore persuadé de l'origine juive de la Vie d'Adam. Encore 
une lois, disons que c'est un enfantillage de ciltr un « livre d'Adam » qui 
aurait été connu des Juifs. Il ne faut jurer ni par Schùrer — qui reproduit 
seulement les affirmations d'autrui — ni par Fi'irst, qui ne s'est pas tou- 
jours distingué par son sens critique. Le livre d'Adam connu dans le 
Talmud serait un livre où était dit ceci : que H. Nathan et R. Juda le 
saint seraient les derniers Tannaïm, que Samuel ne serait pas appelé 
Hab, et que Kabbina et que Kab Aschi seraient les derniers docteurs (voir 
le compte rendu de Strack, Einleitung). Or, si c'était vraiment un ouvrage, 
cet ouvrage devait être conçu sur le plan de ce midrascb bien connu : 
A propos de ces mots de la Genèse : t Voici le livre des générations 
d'Adam », le Midrasch dit que Dieu montra à Adam toutes les généra- 
tions qui descendraient de lui, ot, comme on le devine bien, en particulier 
les docteurs d'Israël. C'est aiusi qu'il vit l'histoire d'Akiba. Suf cette don- 
née, on échafauda peut-être une histoire — sous forme de vision — des 
docteurs jusqu'à H. Aschi. Quel rapport y a-t-il entre ce livre — supposé 
— et la Vie d'Adam ? — Pour la traduction et le commentaire de l'Ecclé- 
siastique, œuvre de M. Kyssel que nous avons étudiée avec le plus grand 
soin, nous déclarons avec empressemeut que c'est un excellent travail. M. Rys- 
sel, d'ailleurs, complète et rectilie en ce moment ce travail d'après les nou- 
veaux fragments de l'Ecclésiastique récemment découverts. Les notes qu'il 
a publiées sur ce sujet dans les Theoloyische Studien und Kritiken (1900) 
sont généralement très judicieuses. Nous les discutons quand il y a lieu 
dans notre édition de cet Apocryphe, qui est en ce moment sous presse. 
Il serait fastidieux ou tout au moins inopportun de consigner ici les points 
sur lesquels nous sommes en désaccord avec lui. Il y a, d'ailleurs, quelque 
chose d'impertinent et de naïf à vouloir condamner au nom de la science des 
hypothèses qui n'ont pas l'heur de vous plaire, alors qu'on est persuadé du 
caractère conjectural de ses propres opinions. La plupart des critiques que 
font ceux qui se sont attaqués au même problème expriment simplement une 
divergence de sentiment, à moins que ce ne soit leur mauvaise humeur : la 
science, qui est censément le temple de la sérénité, est trop souvent celui 
des plus étroites passions. 

Arditi (R.). Maïmonide, l'apôtre de la tolérance. Confe'rence. Tunis, impr. 
internationale, 1900 ; 10 p. 

Se lit avec plaisir; mais c'est peut-être forcer la note que de faire de 
Maïmonide l'apôtre de la tolérance. Qu'il ait montré un libéralisme d'esprit 
remarquable pour son temps, qu'il ait parlé du rôle du christianisme avec 
une hauteur de vues qui étonne à cette époque, nous le concédons; 
mais il ne faut pas, dans l'intérêt de la cause que l'on défend, si juste 
qu'elle soit, lui chercher des ancêtres qui ne s'attendaient pas à pareil 
honneur. 

Aristeae ad Philocratem epislula cum céleris de origine versionis LXX 
interpretum testimoniis, Ludovici Mendelssohn schedis usus éd. P. Wend- 
land. Leipzig, Toubner, 1900 ; in-8° de xxxn -f- 129 p. 

Bâcher (Wilbelin). Ein hebraïsch-persisches Wôrtcrbuch aus dem viei- 
zehnten Jahrhundert, voir Jahresbericht (XXI1I-). 



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1899 ; in-8° de 329 p. 

Barnes (W.-E.). The book of Chronicles, with notes and introduction, 
New-York, Macmillan, 1899 ; in-8° de xxxvi -j- 303 p., avec cartes. 

Barthauer (W.). Optimismus u. Pessimisraus ira Bûche Koheleth (Thèse). 
Halle, 1900 ; in-8° de 93 p. 

Benjamin (Emil). Rabbi Israël Lipkin Salant. SeinLeben und Wirken. Ber- 
lin, impr- Itzkowski, 1899 ; in-8° de 35 + 2 p. 

Benzinqer (J.). Die Bûcher der Kônige erklârt. Mit neun Abbildungen im 
Text, einem Plan des alten Jérusalem u. einer Geschichlstabelle. Fri- 
bourg-en-Brisgau, Mohr, 1899; gr. in-8° de xxni + 216 p. (Kurzer Hand- 
kommentar zum Alten Testament, hrsgg. von Karl Marti. Abth. IX.) 

Berger (Samuel). Les Bibles castillanes, avec un appendice sur les Bibles 
portugaises, par M me C. Michaëlis de Vasconcellos et S. Berger. Paris, 
1899 ; in-8° de 109 p. (Extrait de la Romania, t. XXVIII.) 

Bericht (Achtzehnter) ùber die Lehranstalt fur die Wissenschaft des Juden- 
thums in Berlin. Mit einer wissensch. Beilage von D r Martin Schreiner : 
Studien ùber Jeschu'a ben Jehuda. Berlin, impr. Itzkowski, 1900; in-8° 
de 90 -j- xxvin (texte hébreu) -f- 15 p. 

Berliner (A.). Aus dem Leben der deutschen Juden im Mittelalter. Berlin, 
Poppelauer, 1900; in-8° de v + 142 p. 
Réimpression qui sera la bienvenue. 

Bernfeld (S.). Der Talmud, sein Wesen, seine Bedeutung und seine Ge- 
schichte. Berlin, Calvary, 1900; in-8° de 120 p. 
Bon exposé. 

Bertholet (A.). Deuteronomium. Fribourg-en-Brisgau, Mohr, 1899 ; gr. 
in-8° de xxx +'119 p. (Kurzer Handkommentar zum Alten Testament 
hrsgg. von K. Marti). 

Bigart (Jacques). L'Alliance israélite ; son action éducatrice. Conférence. 
Paris, impr. Maréchal et Montorier, 1900; in-8° de 42 p. 

Bisghoff (E.). Kritische Geschichte der Thalmud-Uebersetzungen aller 
Zeiten u. Zungen. Francfort, J. KauSmann, 1899 ; in-8° de 111 p. 
Voiri?«»««, XL, p. 112. 

Boscawen (W. St-Ch.). L'a Bible et les monuments. Paris, Fischbacher, 
1899; in-8° de 196 p. 

Budde(K.). Der Kanon des Alten Testaments. Ein Abriss. Giessen, Ricker, 
1900; in-8° de vin + 80 p. 

Budde (K.). Die Religion des Volkes Israël bis zur Verbannung. Giessen, 
Ricker, 1899 ; gr. in-8° de xv + 208 p. 

Budde (K.). Die sogenannten Ebed-Jahwe-Lieder u. die Bedeutung des 
« Knechtes Jahwes » in Jes. 40-55. Ein Minoritatsvotum. Giessen, Ricker, 
1899; gr. in-8° de xv + 208 p. 

Bullinger (E.-W.). Figures of speech used in the Bible. Londres, Eyre et 
Spotteswoode, 1899 ; iu-8° de xlviii + 1104 p. v 



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in-8° de 63 p. 

Ca.rleba.ch (S') Geschichtc der Juden in Liïbeck und Moisling. S. 1. n. d. 
[1899] ; in-8" de 8 4- 208 -4- XVIII p. 

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version arranged in its constituent documents. Londres, Longmans, 1900; 
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Israël, in .ludaism, and in Christianity, or hebrew, jewish and Christian 
eschatology from pre-prophetic times till the close of the New Testament 
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Anglican prayer-book. Londres, Isbester, 1899 ; in-8° de 274 p. 

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tionary of literary, political and religious history, archaeology, geography 
and natural history of Ihe Bible. Vol. I. Londres, Black, 1899; gr. in-8° 
de 600 p. 

Cohen (Hermann). Liebe und Gerechtigkeit in den Begriflen Gott und 
Mensch. S. 1. n. d. (Sonderdruck aus dem Jahrbuch fur jùdische Ge- 
schichte u. Literatur.) 

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Timothy and Aquila. Oxford, Clarendon Press !898 ; in-4° de lix + 104 p. 
(Anecdota Oxoniensia, Classical séries. Part vin.) 

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Paris, Lethielleux, 1899; in-8° de vin +463 p. 

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Person und Zeit, seine Aufgabe und Sendung. Trad. allem. du norwégien 
par W. Wendebourg. Berlin, Warneck, 1899; gr. in-8° de xv -\- 145 p. 

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zum Prophelen Jesaia. Londres, Williams et Norgate, 1899; in-8° de 
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Deuteronomic reformation in ccntury vu. Londres, Black, 1900; in-8° de 
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Uebersetzung in den Versmassen der Urschrift. IL Die Psalmen. Fribourg- 
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kritische Studie. Leipzig, Deichert, 1900; gr. in-8° de v + 154 p. 

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Freudenthal (Max). Aus der Heimat Mendelssohns. Berlin, Lederer, 
1900; gr. iD-8° de vin -4- 304 p. 

Histoire des Juifs de Dessau depuis Moïse Isserles. 

Friedlaender (M.). Aus Galizien. I. Reise-Erinnerungen. Vienne et 
Leipzig, Breitenstein, 1900; in-16 de 74 p. 

Fullkrug (G.). Der Gottesknecht des Deuterojesaja. Gottingue, 
Vandenhœck et Ruprecht, 1899; gr. in-8° de vu + 119 p. 

Gautier (Lucien). Autour de la mer Morte. Genève, Eggimann, 1901; in-8° 
de 137 p. avec 34 illustrations et une carte. 

Récit de voyage très captivant, descriptions pittoresques et toujours 
instructives. L'auteur a fait le tour de la mer Morte, s'arrêtant à la source 
d'Enguédi,à Massada,au Ghor-es-Safiyeh, poussant à l'est à Kérak et jusqu'à 
Ledjoun, puis remontant par Rabba, Diban, Madeba, faisant ici un angle 
droit pour visiter, à Test, Meschetta (dont les photographies sont excellentes), 
enfin, après un pèlerinage au mont Nebo, reprenant la vallée du Jourdain. 
Ce qui fait le charme de cette relation, c'est qu'au talent de l'écrivain se 
joignent une connaissance profonde de l'Écriture et un sens très judicieux. 
Les illustrations, faites d'après les photographies de l'auteur, sont très 
réussies et permettent de voir vraiment la mer Morte et ses rives. 

GErGER (A.). Judaism and Islam, translated from German. Londres, 
Sompkin, 1899 ; in-8° de 182 p. 

Gerson (M. -A.). Les Juifs en Champagne. Extrait littéraire (sic). Troyes, 
impr. Paul Nouol, 1900 ; in-8° de 90 p. 

Giesebrecht (F.). Die Geschichtlichkeit des Sinaibundes untersucht. 
Kœnigsberg, Beyer, 1900; gr. in-8° de m + 65 p. 

Ginsburg (C.-D.). On the relalionship of the so-called codex babylonicus 
of A. D. 916 to the eastern recension of ihe hebrew text. Berlin, Calvary, 
1899; in-8° de 40 p. 

Goodspeed (G. -S.). Israel's messianic hope to the time of Jésus: a study in 
the historical development of the foreshadowings of the Christ in the Old 
Testament and beyond. New-York, Macmillan, 1900; in-12 de x 4-315 p. 

Gounon (L.). Essai sur l'unité religieuse de la Bible. Thèse. Paris, Pedone, 
1900;in-8° de 55 p. 



284 REVUE DES KTUDES JUIVES 

Grassmànn (R.). Die wissenschaftliche Feststellung von Ort und Zcit fur 
die biblische Gcschichte des Alleu Testamentes. Stettiu, Grassinann, 
1900; in-8* de iv -f 54 -f- 10 p. 

Grassmànn (H.)- Biblische Geschichte nach den Ergebnissen der streng 
wissenschafllichen Forschung. Stettin, Grassiuann, 1900, in-8° de 
vi -f- 114 p. -f- 4 cartes en couleurs. 

Gray (G. -H.). Divine discipline of Israël. Address and three lectures on 
growth of ideas in Old Testament. Londres, Black, 1900; in-8° de 128 p. 

Grunkisen (C.\ Der Ahnenkultus und die Urreligion Israels. Halle, 
Niemeyer, 1899; gr. in-8° de xv -f- 287 p. 

Grunthal (J.j. Die syrisebe Uebersetzung zum Bûche Estber. Breslau, 
1900; in-8° de 55 p. 

Gunkel (IL). Der Propbet Esra (IV Esra) ùbersetzt. Tubingue, Mohr, 1900 ; 
gr. in-8 de xxxn -f- 100 p. 

Guthe (IL). Geschichte des Volkes Israël. Fribourg-en-Brisgau, Mohr, 
1899; gr. in-8° de xn -f 326 p. (Grundriss der theolog. Wissenschaften). 

Haguenauer (P.). Notions sur le calendrier juif. Paris, Durlacher [1900]; 
in-8° de 31 p. 

Happel (O.). Der Psalm Xahum (Nahum I), kritisch unlersucht. Wùrz- 
bourg, Gôbel, 1900; in-8° de 34 p. 

IIirsch (J.). Fragment einer arabiseben Pentateuch-Uebersetzung. Leipzig, 
Harrassowilz, 1900; in-8° de xxxvn -f- *79 p. 

IIirsch (M.). Die 12 Propheten, ùbersetzt u-erlàulert (en allemand et en 
hébreu). Francfort, Ilofmann, 1900; in-8° dev + 536 p. 

IIoberg (G.). Die Genesis nach dem Lileralsinn erkliirt. Fribourg-en- 
Brisgau, Herder, 1899; gr. in-8° de xlix + 415 p. 

Hoekstra (H.). Salomo's Hooglied-Zestien leerredenen over de eerste drie 
hoofdstukkcn. Utrecht, Fischer, 1899; gr. in-8° de 212 p. 

IIolzhey (C). Das Buch der Kônige (Reg. III. IV.). Untersuchung seiner 
Bestandlheile u. seines literarischen u. geschichtlichen Charakters. 
Munich, Lentner, 1899; gr. in-8° de 63 p. 

IIolzinger (IL). Exodus erklart. Mit 8 Abbildungen. Tubingue, Mohr, 
1900; gr. in-8° dexx-f 155 p. (Ilandkommentar zum Alteu Testament, 
hrsgg. von K. Marti). 

IIuhn (F.). Die messianischen Weissagungen des israelitisch-jùdischen 
Volkes. IL Theil. Die alttestamentlichen Citate u. Reminisceuzen im 
Neuen Testamente. Tubingue, Mohr, 1900; in-8° de xi + 300 p. 

Hummelauer (F. de ). Commentarius in Numéros. Paris, Lethiclleux, 
1899; in-8°de 393 p. 

Jahresbericht (VII.) der isiaclitisch-theologiscben Lehranstalt in Wien fur 
das Schuljalir 1S99-1900. Voran geht : Seder Eliahu rabba und Seder 
Eliahu Zuta (Tanna d'be Eliahu) nach eincm vaticanischen Ms. ediert, 
kritisch bearbeitet u. commentiert von Lector M. Fiiedmaun. .Vienne, 
Israel-Theol. -Lehranstalt, 1900; in-8°, x -f 219 p. 

M. Fr., ignorant que M. Chaîna Horowiiz avait déjà réédité ce texte d'après 



BIBLIOGRAPHIE 285 

le ms. du Vatican, ne s'est pas douté qu'il venait un peu tard. L'édition est 
précédée d'une introduction qui retarda également : c'est de la science d'avant 
Zunz. 

Jahresbericht des jûd.-theologischon Seminars Frânckel'scher Sttftung. 
Voran geht : Die Psychologie bei den jiidiscben Religionspbilosophen 
des Mittelalters von Saadia bis Maimuni. — Heft II : Die Psychologie 
der jùdischen Neuplatoniker : A. Die Psychologie Ibn Gabirols, von 
S. Horowitz. Breslau, impr. Schatzky, 19U0 ; in-8° de p. 77-146 + 12 p. 
Voir Revue, XL, p. 118. 

Jahresbericht (XXIII.) der Landes - Rabbinerschule fur das Schuljahr 
1899-1900. Vorangeht : Ein hebiâisch-persisches Wôrterbuch aus dem 
vierzehnten Jahrhundert, von Prof. D r Wilhelm Bâcher. Budapest, 1900 ; 
in-8° de 135 + 76 + 43 p. 

Jeffreys (L. D.). The unity of the book of Isaiah : linguistic and other 
évidence of the undivided authorship. Cambridge, Bell, 1899; in-8°. 

[Josèphe]. Œuvres complètes de Flavius Josèphe traduites en français 
sous la direction de Théodore Reinach. T. I er . Antiquités judaïques, 
livres i-v, traduction de Julien Weill. Paris, Ernest Leroux, 1900; gr. 
in-8° de vin -}- 369 p. -j- une carte de la Palestine et des pays voisins. 

Josephus, jùdische Altertûmer, ùbersetzt u. mit Einleitung u. Anmer- 
kungen versehen von H. Clementz. 2. Bd. Buch xi-xx nebst Namenre- 
gister. Halle, Hendel, 1900; in-8° de 724 p., avec une carte et deux 
tableaux généalogiques. 

Juden (Die) in Russland. Urkunden u. Zeugnisse russischer Behôrden u. 
Autoritâten. Aus dem Russischen ùbersetzt von August Scholz. Berlin, 
Goncordia deutsche Verlags-Anstalt, 1900; in-8° de 248 p. 

Kaufmann (David). Studien ùber Salomon ibn Gabirol. Budapest, 1899; 
in-8°de 124 p. 

Voir plus loin, p. 309. 

Kautzsch (K.). Das sogenannte Volksbuch von Hiob u. der Ursprung von 
Hiob, cap. i, H, xlii, 7-17. Ein Beitrag zur Frage nach der Integritàt 
des Bûches Hiob. Tubingue, Mohr, 1900; in-8° de v + 88 p. 

Kayserling (M..). Die Juden von Toledo. Ein Vortrag. Leipzig, Kauf- 
mann, 1900; in-8° de 23 p. 

Kessler (H.). Die Psalmen. 2 e éd. Munich, Beck, 1899; gr. in-8° de 
xx -j- 302 p. (Kurzgefasster Kommentarzu den heilig. Schriften, hrsgg. 
von Strack u. Zoekler.) 

Kittel (R.). Die Bûcher der Kœnige, ùbersetzt u. erklârt. Gottingue, 
Vandenhoeck et Ruprecht, 1899; gr. in-8° de xvi -j- 312 p. (Handkom- 
mentar zum Alten Testament, hrsgg. v. W. Nowack.) 

Knopping-Roubin. Islam und Judaismus. (Popular-wissensch. Koranstu- 
dien.)I. Heft. Leipzig, Kaufmann, 1900; in-8° de 54 p. 

Kôberle (J.). Die Tempelsànger im Alten Testament. Ein Versuch zur is- 
raelit. u. jùd. Cultusgeschichte. Erlangen, Junge, 1899; gr. in-8° devin 
+ 205 p. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Kok (J.). Salomo's Prcdiker, gerangschikt en verklaara. I. en II. Kumpcn, 
Kok, Mohr, L899, in-8° de x-\ 345 p. 

Konig (E.). Die Originalitàt des mMiliehentdeckteuhebraischen Sirachtextes. 
Textkritisch, exegetisch u. sprachgeschicbtlich untersucht. Fribourg-en- 
Brisgau, 1899; gr. in-8° de vil -4- 113 p. 

Kraetzschmar (K-). Das Buch Ezecbiel iibersetzt und erklart. Gottingue, 
Vandenhoeck et Huprecht, 1900; gr. in-8° de XV -f 302 p. (Haudkom- 
ruentar zum Allen Testamant, lirsgg. von W. Nowack.) 

Kuenen (A.), J. Hooykaas, W.-H. Kosteks en H. Oort. Het oude Testa- 
ment, opnieuw. uit den grondtekst overgezet en van inleidengen en aan- 
teekeningen voorzien. iDeel 1 (Genesis-Ester). Leyde, Brill, 1900; in-8° 
de xvi + 1102 p. 

Lambert (Mayer). Premiers éléments de grammairo hébraïque. Paris, Durla- 
cber, 1900; in-8° de 116 p. 

Petite grammaire à l'usage des débutants qui rendra des services; le plan 
en est méthodique, les déliuitions sont généralement claires, les exemples 
bien choisis. Nous regrettons seulement que les tableaux des déclinaisons et 
des conjugaisons ne se détachent pas assez nettement du contexte et que 
l'auteur ait cru devoir désigner les termes techniques de ponctuation ou 
d'accentuation par les expressions hébraïques non ponctuées. Quelques-unes, 
il est vrai, sont pourvues d'abord de points-voyelles, mais d'autres ne le 
sont jamais. Comment les étudiants, sans Taide d'un professeur, se tire- 
ront-ils d'aflaire ? 

Latimer (E.-W.). Judea from Cyrus to Titus, 537 B. C- — 70 A. D. Chi- 
cago, Mac. Clurg, 1899 ; in-8° de 382 p. 

Laue. Das Buch Koheleth und die Interpolationshypotbese Siegfrieds. Wit- 
temberg, Wunscbmann, 1900; in-8° de 33 p. 

Làzarus (M.)- Was beisst und zu welchem Ende studirt man jùdische Ge- 
schichte und Literatur? Francfort, Kauffmann, 1899; in-8° de 41 p. 
(Populàr-wissench. Vortràge ùber Juden und Judentum, n° 1.) 

Levin (M-)- Lehrbuch der jùdischen Geschichte und Literatur. 3. umgear- 
beite Ausgabe. Berlin, Calvary, 1900 ; in-8° de v + 39( > P- 

Lidzbarski (M.). Handbuch der nordsemitiscben Epigraphik nebst aus- 
gewàblten Inscbriften. I. Text. II. Tafeln. Weimar, Felber, 1898; gr. in-8° 
de xiv + 508 -f- vi p. -+- x LV i planches. 
Manuel indispensable. 

Die literariscben Beziehungen der Esramemoiren iusbesondere zur Chronik 
und den hexateuchiscben Quellschriflen. Programm. Chemnitz, 1899; 
in-4° de 46 p. 

Littman (E.). Ueber die Abfassuugszeit des Tritojesaia. Fribourg-cn- 
Brisgau, Mohr, 1899 ; gr. in-8° de vu -f 52 p. 

Loiir (M.)- Geschichte des Volkes Israël, in 8 Vortriigen dargestellt. Stras- 
bourg, Trùbner, 1900; in-8° vu -+- 168 p. -4- 4 cartes. 

Lôw (Leopold). Gesammelte Schriften, hrsgg. von Immanuel Lôw. V. Band. 
Szegedin, Engel, 1900.; in-8» de 261 -f- xxiv p. 

Magmillan (IL). Gleanings in Iloly fields. Londres et New-York, Macmil- 
lan, 1899 ; in-8° de vin + 232 p. 



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Misnah an Nominal-und Verbal-Stâmmen. I. Theil. N-tt. Posen, Rzes- 
zewski, 1899 ; gr. in-8° de 55 p. 

Marcus (D r J.). Étude médico-légale du meurtre rituel. Paris, impr. Boyer, 
1900 ; in-8° de 105 p. 

Marti (K.). Das Buch Jesaja erklàrt. Tubingue, Mohr, 1900 ; in-8° de xxvi 
-f- 428 p. (Kurzer Handkommentar zum Allen Testament, hrsgg. von K. 
Marti.) 

Mayer (Michel). Le Monothéisme ou la ve'rite' religieuse. Confe'rences. 
Paris, Durlacher, 1900 ; gr. in-8° de xi -f - 553 p. 

Mitteilungen der Gesellschaft fur jùdische Volkskunde, hrsgg. von M. Grun- 
wald. Helft IV. Hambourg, à la Société, 1899, in-8°de p. 91 -f- 154. 

Mitteilungen der Gesellschaft fur jùdische Volkskunde, hrsgg. von M. Grun- 
wald. Helft V. Hambourg, à la Société, 1900 ; in-8° de 95 p. 

L'article principal est intitulé : Aus Hausapotheke und Hexenkiiche. Ce 
sont des recettes populaires. Nous sommes étonné que l'auteur n'ait pas 
utilisé, entre autres, le S. Amtahat Binyamin. 

Môller (W.) Historisch-krilisches Bedenken gegen die Graf-Wellhau- 
sensche Hypothèse von einem fruheren Anhânger. Gùtersloh, Bertels- 
mann, 1899; gr. in-8° de xn +126 p. 

Moor (F. de). L'égyptologie et la Bible. Arras et Paris, Sueur-Charruey, 
1899 ; in-8° de 41 p. 

Moore (G. -F.). The Book of Judges. Critical édition of the hebrew text 
printed in colours, exhibiting the composite structure of the book; with 
notes. Leipzig, Hinrichs, 1900; in-8° de 72 p. (collection Haupt.) 

Mozkin (L.). Die Juden in Palàstina. Berlin, Friedlaender, 1899 ; in-8° de 
45. p. 

Nekel (J.). Die Wiederherstellung des jùd. Gemeinwesens nach dem 
babyl. Exil. Fribourg-en Brisgau, Herder, 1900 ; in-8° de xv -f- 228 p. 
(Biblische Studien, hrsgg. von O, Bardenhewer.) 

Neumann (J.). Der Pentateuch-Commentar des Joseph Bechor Schor zum 
Bûche Numeri Gap. 1-15. Nach dem ms. n° 52 der kgl.Hof-und Staats- 
bibliotek in Mûnchen hrsgg. ; sowie mit Quellenangaben und Anmer- 
kungen versehen. Francfort, Kauffmann, 1900, in-8° de vm -f- 36 p. 

Nobel (Josef). Thabor. Betrachtungen ùber die Haftaras vom ganzen 
Jahre. Francfort, J. Kauffmann, 1899 ; in-8° de vin + 352 p. 

Palmer (A. -S.). Jacob at Bethel, vision, stone, annointing. Essay in com- 
parative religion. Londres, Nutt, 1899 ; in-8° de 187 p. 

Passigli (D r Ugo). La vila sessuale presso gli Ebrei. Bologne, Societa 
coop. tip. Azzoguidi, 1899; in-8° de 125 p. 

Perowne (T.-T.). Proverbs, with introduction and notes. New-York, 
Macmillan, 1899; in-8° de 196 p. 

Peters (N.). Beitrâge zur Text-u. Literarkritik sowie zur Erklârung der 
Bûcher Samuel. Fribourg-en-Brisgau, Herder, 1899; gr. in«8° de xi + 
235 p. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVKS 

Piolbt (A. -P.)- Essai sur le développement de l'attente messianique chei 
les Israélites depuis les origines jusque vers l'époque de Jésus-Christ. 

Cahors, imp. Coueslant, 18 ( J ( J ; in-8° do 96 p. 

Prick (J. M.)« The monuments and the Old Testament; évidence from 
ancient records. Chicago, Christ Culture Presse, 1900; in-12 de ni 
+ 321 p. 

Publications of the American jewish historical Society, n° 7. Baltimore, 
impr. Friedenwald, 1899 ; gr. in-8° de vin -f- 131 p. 

Trial of Gabriel de Granada by the Inquisition iu Mexico (1642-1645) 
translated from the original by David Fergusson, éd. wiih notes by Cyrus 
Adler. 

Publications of the American jewish historical Society, n° 8. [Baltimore] 
1900 ; in-8° de xi -f 168 p. 

Contient, entre autres : Léon Hiihner, Asser Levy, a noted jewish 
burgher of New Amsterdam; — Albion Morris Dyer, Site of the (irst 
synagogue of the Congrégation Shearith Israël of New-York; — David 
Philipson, The jewish pioueers of the Ohio Valley ; — Henry Cohen, A 
brave frontiersman ; — Max J. Kohler, Some early american Zionist projects ; 
— W. Willner, Ezra stiles and the Jews ; — Gustavus N. Ilart, Notes on 
Myer Hart and other Jews of Easton, Pennsylvania; — Elvira N. Solis, 
Some références to early jewish cemeteries in New-York City; — Jacob 
Ezechiel, Persécutions of the Jews in 1840. 

Rabbiner (Z.). Beitrage zur hebr. Synonymik in Talmud u. Midrasch. Die 
in den Talmuden u. Midraschim zerstreuten Erklârungen ùber bibl. 
Synonyma zum ersten Maie vollstândig gesammelt u. geordnet. I. Th. : 
Synonyma Nomina. Francfort, Kauffmann, 1899 ; in-8° de xxvm 
+ 72. 

Sera très utile. 

Rambaud (E.). Le premier Esaïe, étude d'histoire et de théologie bibliques 
(thèse). Cahors, impr. Coueslant, 1900; in-8° de 116 p. 

Rapaport (M.-W.). Der Talmud und sein Recht. Stuttgart, impr. de PUnion 
Deutsche Verlagsgesellschaft, 1900; in-8° de 148 p. (Sonderabdruck aus 
« Zeitschrift fur vergleichende Rechtswissenschaft, » XIV.) 

Rawicz (M.). Der Tractât Kethuboth, unter steter Berùcksichtigung der 
franz. Uebersetzung von Rabbinowicz ins Deutsche ûbertragen und kom- 
mentirt. II. Teil. Fol. 54 b bis Ende. Francfort, J. Kauffmann, 1900 ; in-8° 
de 335 -f- iv p. 

La première partie a paru en 1898 chez le même éditeur. 

Renkema (W.-B.). Het boek Job, voor de gemeente verklaard. Leyde, 
Donner, 1899; gr. in-8° de xn + 303 p. 

Riggs (L.-S.). Ilistory of the Jewish people during the Maccabean and Ro- 
man periods. New- York, Scribner, 1900 ; in-12 de xxi -f- 320 p. 

Robert (Ulysse). Ileptateuchi partis posterioris versio latina antiquissima 
e codice Lugdunensi. Avec un fac-similé, des observations paleogra- 
phiques et philologiques sur l'origine et la valeur de ce texte. Lyon, 
Rey, 1900 ; in-l° de xxxvi + 163 p. 

Rodkinson (M.-L.). New édition of the Babylonian Talmud, original text 



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edited, corrected, formulated and translated into English. Section juris- 
prudence. Tracts Aboth, with Abot of R. Nathan, Derech Eretz Rabba 
and Zuta. Vol. I (IX). New-York, New Talmud publishing Company 
[1900] ; gr. in-8° de xx + 144 + 33 p. 

Rodkinson (M.-L.). New Edition of the Babylonian Talmud ; original text, 
edited, corrected, formulated and translated into English. Section Ju- 
risprudence. Tracts Baka Kama. Volume II. (X.). New-York, New Tal- 
mud publishing Cy, 1900 ; gr. in-8° de xv + 210 p. 

Rosenfeld (M.). Der Midrasch Deuteronomium rabba Par. IX u. XI, 2-10 
ùber den Tod Moses verglichen mit der Assumptio Mosis, kritisch 
behandelt, ùbersetzt u. erklàrt. Berlin (Vienne, C-D. Lippe), 1899 ; gr. 
in-8° de 96 p. 

Rothstein (J.-W.). Der Gottesglaube im alten Israël u. die religions- 
geschichtliche Kiïtik. Ein Vortrag. Halle, Mùller, 1900 ; in-8° de VI 
+ 49 p. 

Schaefer (R.). Das Passah-Mazzoth-Fest, nach seinem Ursprunge, seiner 
Bedeutung u. seiner innerpentateuchischen Entwickolung im Zusam- 
menhange mit der israel. Kulturgeschichte untersucht. Gùtersloh, Ber- 
telsmann, 1900 ; in-8° de vu + 348 p. 

Scheinhaus (L.). Die alte Geschichte der russischen u. polnischen Juden. 
Berlin, 1900; in-8° de 41 p. 

Sghlessinger (Gustav). Die altfranzôsischen Wôrter im Machsor Vitry. 
Mayence, impr. Worth [en commission chez J. Kauffmann, à Francfort], 
1899; in-8°del04 p. 

Schloegl (N.). De re metrica veterum Hebraeorum. Vienne, Mayer, 1899; 
gr. in-4° de vin + 53 + 25 p. 

Schmidt (G.). Die Entwickelung der alttestamentl. Opferidee. Programm. 
Breslau, 1899; in-4<> de 29 p. 

Schnedermann (G-). Das Judenthum in dem Evangelium. Eine Ein- 
fûhrung in das geschichtl. Verslândniss der Lehre Jésus. 2. Ausgabe. 
Leipzig, Hinrichs, 1900 ; in-8° de x + 282 p. ■ 

Schreiner (Martin). Studien ùber Jeschu'a ben Jehuda. Berlin, impr. Ilz- 
kowski, 1900; in-8° de 90 + xxvm (texte hébreu) p. 

Schwab (M.). Salomon Munk. Paris, Ernest Leroux, 1900 ; in-18 de 
236 p. 

Ce n'est pas une biographie de l'illustre savant, ce sont plutôt des notes 
pouvant servir à l'écrire. Notre excellent confrère, M. Moïse Schwab, avec 
sa modestie habituelle, s'est effacé autant qu'il a pu, laissant la parole aux 
témoignages qu'il invoquait. 11 s'est contenté de relier entre eux les docu- 
ments divers qui nous éclairent sur la vie, le caractère, les travaux de 
celui dont il a eu l'honneur d'être le secrétaire. Les pièces les plus intéres- 
santes sont assurément les lettres de Munk adressées à sa famille, lettres 
publiées en allemand par M. Brann. Elles nous montrent le savant à ses 
débuts, puis accompagnant en Orient Crémieux et Montefiore lors de l'af- 
faire de Damas en 1840. Les remarques qu'il fait en passant sur ses deux 
compagnons ne manquent pas de piquant, ni de fondement sans doute. Ce 
livre, fait ainsi de pièces et de morceaux, laisse une impression profonde : un 
sentiment d'admiration pour celui qui Ta inspiré et dont le caractère a été 
T. XLI, N° 82. 19 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

à la hauteur de la science. Avons-nous besoin d'ajouter qu'à ce sentiment 
se joint une vive reconnaissance pour celui qui nous a rendu accessibles tous 
ces traits de l'existence d'un homme dont nous déplorons encore la perte et 
qui n'a pas été remplacé ? 

Schwab (Moïse). Répertoire des articles relatifs à l'histoire et à la littéra- 
ture juives parus daus les périodiques de 1783 à 1898. II-I1I. Tables des 
matières. Paris, Durlacber, 1900; in-8° de p. 409-602 (Autographie). 

Simpson (W.). The Jonah legend, a suggestion of interprétation. Londres, 
Richards, 1899; in-8° de 186 p. 

Sinker (R.)- Higher criticism. Londres, Nisbet, 1899; in-8° de 194 p. 

Smit (Gérard). De profetie van Ilabakuk. Utrecht, Ilussel, 1900; gr. in-8° 
de vi + 114 p. 

Socin (A). Die Siloahinschrift zum Gebrauch bei akadem. Vorlesungen. 
Neu gezeichnel u. hrsgg. Fribourg-en-Brisgau et Tubingue, Mohr, 1899; 
gr. in-8° de 4 p. + 1 planche. (Tirage à part de la Zeitschrift d. Deutsch. 
Palâstina-Vereins.) 

Staerk (W.)« Studien zur Religions -und Sprachgeschichte des alten Tes- 
taments. 2. lleft. I. Prolegomena zu einer Geschichte der israelit. Vâter- 
sage. — Die Gestalten der Jacobsage, Kuitusstàtten und Ortsnamen. — 
11. Zur Geschichte der hebr. Volksnamen. Berlin, Reimer, 1899 ; gr. in-8° 
de vi 4~ 8 5 P- 

Stein (Leopold). Untersuchungen ùber Proverbios morales von Santob de 
Carrion mit besonderem Hinweis auf die Quellen und Parallelen. Berlin, 
Mayer et Mûller, 1900; in-8° de 109 p. 
Bon travail. 

Steuernagel (G.). Allgemeine Einleitung in den Hexateuch. Gotlingue, 
Vandenhoeck et Ruprecht, 1900; gr. in-8° de iv + 37 p. (Handkom- 
mentar zum Alten Testament, hrsgg. von W. Nowack.) 

Storjohann (J.). Kônig David, sein Leben und seine Psalmen. I. Bd. 
Trad. allemande du norvégien par A. Gleiss. Gùtersloh, Bertelsmann, 
1899; gr. in-8° de xl -f- 260 p. 

Stosch (G.). Alttestamentliche Studien. IV. Theil : Israels Heldenzeit. 
Gùtersloh, Bertelsmann, 1899; in-8° de III -j- 206 p. 

Stra.ce (Hi-L.). Das Blut im Glauben und Aberglauben der Menschheit. 
Mit besonderer Berûcksichtigung der « Volksmedizin » und des 
«jùdischen Blutritus ». 5. bis 7. Auflage. Munich, Beck, 1900; in-8° de 
xii -f - 208 p. (Schriften des Institutum judaicum in Berlin, n° 14.) 
Voir plus haut, p. 156. 

Strack (H.-L.). Le sang et la fausse accusation du meurtre rituel. Paris, 
Société française d'éditions d'art L. -Henry May [1900]; in-18 de lv -f- 
410 p. 

Adaptation de l'ouvrage allemand. 
Strack (II. -L.). Eiuleilung in den Thalmud. 3° édition. Leipzig, Hinrichs, 
1900; in-8° de vi + 136 p. 

M. S. a eu raison de rééditer ce petit manuel, qui reste la meilleure intro- 
duction à l'étude du Talmud ; l'empressement du public savent à se servir 
de cet instrument de travail est un garant, d'ailleurs, de son utilité. Les 



BIBLIOGRAPHIE 291 

divisions en sont méthodiques. I. D'abord définition des termes : Mischna, 
Baraïta, Tosefta, Guemara (M. S. renonce, avec raison, à l'ancienne expli- 
cation f achèvement », pour adopter la seule qui soit exacte: « enseignement 
traditionnel », le mot n'étant pas hébreu, mais araméen), Talmud, Mi- 
drasch, Halacha, Haggada. — IL Divisions de la Mischna, leurs titras 
anciens et récents, noms des traités, leur succession, leur mode de clas- 
sement. — ■ Ce sujet est étudié avec beaucoup de soin et d'après les meil- 
leures autorités. — Ensuite vient le tableau des traités dans la Mischna, le 
Talmud et la Tossefta selon le Talmud de Babylone, éd. de 1697 et suiv., 
la Mischna, 1606 et suiv., Maïmonide, le ms. du Talmud de Munich, la 
Mischna éd. Lowe (celle du Talmud palestinien), le Talmud palestinien, 
la Tossefta, ms. de Vienne et ms. d'Erfurt, enfin la Mischna éd. de 1559. 
— III. Contenu des soixante-trois traités de la Mischna, analyse som- 
maire des matières (P. 29, note. Cette note sur UT! "H aurait besoin d'être 
mise au point; M. Strack ne paraît pas connaître les travaux qui ont été 
consacrés en ces derniers temps à cette question). — IV. Les traités extra- 
canoniques. L'auteur désigne ainsi les petits traités qui sont joints d'ordi- 
naire au Talmud de Babylone. C'est un des chapitres les moins réussis de 
l'ouvrage. M. S. se contente de renvoyer aux travaux dont ils ont été l'objet. 
Il n'eût pas été mauvais d'en décrire plus longuement le contenu et d'ex- 
primer une opinion sur leur âge probable. M. S. a fait entrer sous la même 
rubrique les autres petits traités, représentés principalement par ceux qu'a 
édités Kirchheim. — V. Histoire du Talmud : § 1. Naissance et premier 
développement de la loi traditionnelle. § 2. La défense de mettre par écrit 
la tradition. L'auteur réunit et discute les textes qui traitent de la ma- 
tière, cite les écrits dont parle le Talmud lui-même, comme la Meguillat 
Taanit, la Meguillat Youhasin, certains Targoumim, la Meguillat Seta- 
rim et les tablettes dont il est quelquefois parlé, des mischnayot que cer- 
tains docteurs ont apportées dans leurs mains. Ce qu'on proscrivait, à 
son sens, c'était la rédaction des halachot devant servir à un usage public, 
usage qui eût entamé l'unité du judaïsme. Il nous semble que les rabbins 
hostiles à cette innovation sentaient aussi que la tradition se cristallisait 
ainsi et perdait de son élasticité. L'auteur examine ensuite les di- 
verses opinions qui ont eu cours touchant la rédaction de la Mischna 
et des deux Talmud. § 3. Les Midraschim halachiques. Ici M. S. se 
montre encore trop discret ; il se borne à s'en référer aux auteurs qui 
ont étudié ces ouvrages. § 4. La Tcsefta. § b. Histoire de la loi orale 
jusqu'à la rédaction de la Mischna par Rabbi. Ce chapitre est très complet. 
§ 6. Le Talmud palestinien, époque de sa rédaction, son contenu primitif. 
§ 7. Le Talmud babylonien. M. S. répète ce qui se dit communément et 
ce que, pour notre part, nous contestons. Quand le Sifra de Adam (Baba 
Mecia, 86 a) déclare que Rabbina et Rab Aschi sont Ï1NT1?! £]"ID, de 
quel droit prétendre que ce Rabbina soit celui qui a vécu à la fin du 
v» siècle ? N'est-il pas plus vraisemblable qu'il parle du docteur dont 
l'activité est toujours associée à celle de R. Aschi, son contemporain ? 
Voilà pourquoi, d'ailleurs, son nom précède celui de son collègue, qui lui 
survécut. Ce qui prouve bien, au reste, que ces mots ne font pas allusion à 
la rédaction du Talmud, c'est qu'on a jugé nécessaire de donner un moyen 
mnémotechnique de retenir les noms de Rabbina et de R. Aschi : ces sima- 
nim sont évidemment antérieurs à la rédaction de l'ouvrage. D'un autre 
côté, dans quelle mesure R. Aschi a-t-il participé, sinon à la rédaction, 
du moins à la coordination des matières qui ont constitué le Talmud ? 
A ce propos on invoque le passage de Baba Batra, 157 b : « Rabbina 
dit : A sa première revision N?2p NTlIrifa, R. Aschi s'est prononcé dans 
tel sens; à la seconde, il a déclaré le contraire. » Que signifie ce mot 
t revision » ? Assurément il ne s'agit pas d'une revision d'un texte écrit, 
mais d'un enseignement oral ; revision veut dire : examen et discussion 
des sujets traités dans la Mischna (le commentaire de Raschi, B. M., 
86 a, est très judicieux sous ce rapport). A ce propos, Raschi cite une Con- 



292 REVUE DES ETUDES JUIVES 

sultation de Haï cl le commentaire de R. Ilananel — il aurait pu renvoyer 
aussi a Scherira,qui dit la même chose — portant que R. Aschi, ayant vécu 
(lire : présidé l'école) soixante ans (lire près de soixante aus), a, dans les 
tiente première! années, vu tout le contenu du Talmud et dans les trente 
autres repris le même enseignement On veut évidemment dire que ce 
rabbin, ayant été chef de l'école de Sora pendant cinquante-deux ans (375- 
427 , a eu l'occasion de voir deux fois les mêmes matières. Mais qui prouve 
qu'il ait eu la pensée de commencer la rédaction de cet enseignement ? 
C'est une hypothèse gratuite, à moins qu'on ne prenne le mot N"TTin?3 
dans le sens moderne d' « édition », ce que personne assurément ne sou- 
tiendra. Ce qu'on a voulu dire, vraisemblablement, par les mots nN-HÏT C|10, 
c'est que ces deux chefs d'école, Rabbina et R. Aschi, ont été les derniers 
à enseigner ex-professo et qu'après eux on s'est appliqué à mettre en ordre et 
à écrire leur enseignement, et de fait, Rabbina et R. Aschi sont les doc- 
teurs dont les décisions ou les opinions terminent généralement les discus- 
sions. La rédaction du Talmud est une œuvre collective et, par conséquent, 
anonyme des écoles babyloniennes, qui a pris fin, comme le dit Scherira, 
du temps de R. Yosé. lequel fut chef d'école après R. Sama, après 476 : 
NTlttbri D'VTlDiSI ïiamn tps ÏTW3T. Voilà tout ce que l'on sait. 
Enfin, quant à la date de 499, qui est généralement admise pour celle de 
la rédaction du Talmud, elle provient du dire de Scherira que le Rabbina 
qui fut Ï1NT1Ï1 tpO est celui qui mourut en 499. Ce renseignement per- 
mettrait tout au plus de conclure que le travail a été terminé avant cette 
date, car pourquoi eût-il été achevé justement l'année de la mort de ce 
docteur ? Mais nous doutons que Scherira ait ici raison, car que signifierait 
une déclaration ainsi formulée : X. mort en 427 et Z. mort en 499 ont été 
les derniers...? Un tel renseignement ne peut viser que des contempo- 
rains. Or, précisément, dans cette fameuse chronique révélée à Samuel — 
au m 6 siècle! — il est dit, de la même façon, que Rabbi et R. Nathan 
furent «la un de la Mischna » : ces deux docteurs sont dans la même rela- 
tion que R. Aschi et Rabbina 1. $ 8. Histoire du texte talmudique : mss. 
et éditions de la Mischna et des deux Talmud (M. S. ne connaît pas l'éd. 
de Keritout faite par M. Schechter, d'après un ms. daté de 1145); la 
censure. — VI. Ordre chronologique des docteurs (nous n'en voulons pas 
à M. S. d'ignorer notre note sur Hillel), les Tannaïm, les Amoraïm. Comme 
on le devine, ce chapitre n'est qu'une nomenclature avec l'indication, incom- 
plète, des monographies qui ont été consacrées à certains d'entre eux. — 
Vil. Caractéristique du Talmud. § 1. Ses apologistes et ses détracteurs: il 
faut le considérer dans son milieu et dans son temps, ce n'est pas un code, 
mais un compte rendu. £ 2. L'herméneutique du Talmud, § 3. Extraits 
divers qui montrent le mode de composition de cette collection. — VIII. La 
littérature, c'est-à-dire la bibliographie. § 1. Introduction au Talmud ; $ 2. 
Traductions;?; 3. Commentaires; S 4. Instruments pour l'intelligence delà 
langue ; S 5. Ouvrages sur la Halacha (partie très faible, ; £ 6. sur la Hag- 
gada (même observation) ; S 7. Autres monographies. — L'auteur a ajouté 
à la précédente édition quelques notes et indications de travaux récents sur 
les chapitres dont il est traité dans son ouvrage. Ces additions auraient 
besoin d'être complétées. Somme toute, ce Manuel est encore le meilleur 
qu'on puisse recommander ; il témoigne de patientes études, d'une sérieuse 
connaissance du sujet ; il est composé avec beaucoup d'art et il est appelé 
à rendre de sérieux services, non seulement aux débutants, mais même aux 
spécialistes, en leur fournissant un mémento commode. Ce dont il faut louer 
sans réserve M. S., dans ce travail comme dans tous ceux qu'il a consacrés 
au Judaïsme, c'est la haute impartialité dont il y fait preuve : M. S. est 
avant tout un ami de la vérité. 

Strack (II. -L.). Sind die Juden Verbrecber von Religionswegen. Leip- 
zig, llitiiicbs, 1 ( .)U0; in-8° de 38 p. (Tirage à part de « Nathanael », 
1900. 



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Streane (A.-W.). Age of the Maccabees; with spécial référence to 
religious literalure of the period. Londres, Eyre, 1899; in-8° de 290 p.' 

Streane (A.-W.)- Ecclesiastes. Londres, Methuen, 1899; in-8° de 131 p. 

Swete (H.-B.). The Psalms of Solomon with the Greek fragments of the 
Book of Enoch. New- York, Macmillan, 1899;in-12 de vu -\- 50 p. 

Talraud (Lo) de Babylone. Texte complet conforme à ledition de Venise 
(1520), revu par Lorya, Sirques et Wilna avec les variantes tirées des 
divers mss.... accompagne' des principaux commentaires et synthéti- 
quement traduit par J. de Pavly. Orléans, 1899; in-4° d'environ 4200 p. 
Ce que ne dit pas ce long titre, c'est qu'en réalité, cette édition est tout 
bonnement celle de Berditchef, en un volume. M. de Pavly s'est borné à 
enlever la page du titre et à interfolier au commencement de chaque traité 
un court sommaire des matières. Pourquoi ce déguisement? Nous ne parve- 
nons pas à le deviner. L'édition n'est utile, d'ailleurs, qu'à ceux qui ont 
l'habitude de lire la loupe à la main. 

Taylor (G.). An appendix to sayings of the Jewish fathers, containing a 
catalogue of Ms. and notes on the text of Aboth. New-York, Macmillan, 
1900; in-8°de vi + 183 p. 

M. T. pourra compléter son travail quand auront été classés les divers 
fragments qui proviennent de la gueniza du Caire : nous avons trouvé, dans 
ceux qui sont à Paris, un assez grand nombre de ces mss. du Pirkè Abot. 

Tobar (Le P. Jérôme). Inscriptions juives de K'ai-Fong-Fou. Chang-Hai, 
impr. de la Mission catholique, 1900; in-8 3 de vi -f- 112 p. -|- plusieurs 
planches. (Variétés sinologiques, n° 17.) 

Publication intéressante sur laquelle nous reviendrons. Il est inexact de 
dire que les Juifs de Kai-Fong-Fou aient disparu. 

Toy (G. -H). The book of the Prophet Ezechiel. Critical édition of the hebrew 
text with notes. Leipzig, Hinrichs, 1899; in-8° de iv -f- 116 p. (The 
sacred books of the Old Testament. A critical édition of the hebrew text 
printed in colours, with notes ... éd. by Paul Haupt.) 

Turner (M. -M.). The Bible God. Bible teachings and sélections from the 
wrilings of scientists. New-York, Eckler, 1899; in-8° de 139 pp. 

Twenty-sixth annual report of American hebrew congrégations. Cincin- 
nati, impr. Rosenlhal, 1900 ; in-8° de xvn + p. 4039-4150. 

Urquhart (J.). Die neueren Entdeckungen und die Bibel-Uebersetzung. 
Stuttgart, Kielmann, 1900; in-8° de xiv + 333 p. 

Vienney (A..-B.). Amos de Tekoa, son époque et son livre. Thèse. Mon- 
tauban, impr. Granie', 1899 ; in-8° de 55 p. 

Vigouroux (M.). La Bible polyglotte. I. Pentateuque. Paris, Roger, 1899; 
in 8° de 1062 p. 

C'est, si nous ne nous trompons, une sorte d'édition française de celle de 
Stieret Theile : elle reproduit l'hébreu, le grec et le latin de celle-ci, mais 
remplace l'allemand par une traduction française. Des notes et même des 
illustrations accompagnent le texte. 

Visser (J.-Th. de). Hebreeuwsche archaeologie. Utrecht, Kemink/ 1899; 
in-8° de 466 -f 292 p. 

Walter (F.). Die Propheten in ihrem sozialen Beruf und das Wirtschafts- 



294 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

leben ibrer Zeit. Ein Beitrag zur Gescbichte der Sozialetbik. Fribourg- 
en-Brisgau, Herder, 11)00; gr. in-8° de xvi -f 288 p. 

WBILL (Emmanuel). Juda Maccabe'e, suivi de Habbi AUiba. Paris, 
Durlacber, [1900] ; in-18 de 273 p. 

Livre de lecture et d'édification, écrit dans une langue colorée, qui n'af- 
fiche aucune prétention scientifique. L/auteur a inséré dans son récit des 
scènes de mœurs, des usages religieux dont le Taltnud nous a conservé le 
souvenir et qui remontent à une haute antiquité, telle, par exemple, la céré- 
monie du jeûne public. 11 ne nous appartient pas de discuter le plan de 
ce joli petit volume ; il nous semble pourtant que, pour l'objet même pour- 
suivi par l'auteur, mieux eût valu résumer et réduire les différents épisodes 
des luttes de Juda Macchabée après le retour à Jérusalem. Le détail en est 
un peu fatigant et disperse l'intérêt. 
Weinstein (N.-L). Zur Genesis der Agada. Beitrag zur Entstebungs-u. 
Entwickelungs-Gescbicbte des talmudiscben Scbriftthums. II. Tbeil. Die 
Alexandriniscbe Agada. Francfort, Kauffmann, 1900; in-8° de 2*75 p. 
Wessel (S.). Das Targum zum Bucbe Rutb. Tbèse. Berne, 1899; in-8° de 

48 p. 
Willrigh (H.). Judaica. Forscbungen zur bellen.-jùd. Gecbicbte u. Litera- 
tur. Gottingue, Vandenboeek et Ruprecbt, 1900; in-8° de xn -f 184 p. 
Winckler(H.). Vôlker und Staaten des alten Orients. 3. Gescbicbte 
Israels in Einzeldarstellungen. 2. Tbeil. Die Légende. Leipzig, Pfeiffer, 
1900 ; in-8° de VIII + 300 P- 
WiTTMANN(Micbael). Die Stellung des bl. Tbomas von Aquin zu Avence- 
brol ( Ibn Gebiroi). Munster, Ascbendorffscben Bucbbdlg, 1900; in-8° 
de 79 p. (Beitrâge zur Gescbicbte der Pbilosopbiedes Mittelalters, brsgg. 
von Clemens Baeumker u. G. F. von Hertling. Bd. III., Ileft m.) 
Voir plus loin, p. 311. 
Wobersin (F.). Die Ecbtbeit der Bilamsprùcbe Num. 22-24. Gùterslob, 

Bertelsmann, 1900; in-8° de 80 p. 
Wolff (Mathieu). Variétés bomilétiques sur le Pentateuque tirées du Mi- 

draseb. Paris, Durlacber, 1900; in-18 de ix + 255 p. 
Wood (IL). Hebrew monareby, its bistory and purpose. 2 d éd. Londres, 

Eyre, 1900; in-8° de 776 p. 
Zettersteen (K.-V.). Verzeicbniss der bebr. u. aram. Hds. der Kgl. Uni- 

versitâtsbibliotbek zu Upsala. Lund, Môller, 1900; in-8° de 22 p. 
Ziegler (J.). Die Gescbicbte des Judentbums von dem babylon. Exile bis 
auf die Gegemvart. Prague et Breslau, Brandus, 1900, in-8° de vin + 
221 p. 
Zimmermann (II.). Elohim. Eine Studie zur Israël. Religions u. Literatur- 
gesebiebte. Berlin, Mayer et Mùller, 1900 ; in-8° de vin + 83 p. 

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The British Muséum fragments ; — W. Bâcher : Notes on the Cambridge 
fragments. — M. Berlin: Notes on généalogies of the tribe of Levi in I 
Chron. xxiii-xxvi. — D.-H. Mùller: Strophic forms in Isaiah xlvii. — 
T.-K. Cheyne : Canticles v. 13 and vu. 1. == = N° 47, avril. = = Grey 
Hubert Skipwith: The origins of the religion of Israël. — S. Schechter: 
Some rabbihic parallels to the New Testament. — B. Jacob: A study in 
biblical exegesis pn "NON). — Arthur et Nina Davis: Ben Asher's rhymes 
on the hebrew accents. — S. Schechter: A further fragment of Ben Sira. 

— Elkan Nathan Adler : Some missing chapters of Ben Sira. — 
D.-S. Margoliouth: The Sefer Ha-Galuy. — A. Harkavy : The fragment 
of the «Sefer Ha-Galuy». — T.-K. Cheyne: Note on Sirach, L. 9. — 
Thomas Tyler: Ecclesiasticus, the retranslation hypothesis. = = N° 48, 
juillet. = = Julia Richman : The jewish Sunday school movement in the 
United States. — H. Léonard Pass et J. Arendzen : Fragment of an 
aramaic (en caractères hébraïques) text of the Testament of Levi. — 
H.-S.-Q. Henriques : Jews and the English law. — E.-N. Adler : 
Karaitica. — M. Gaster: A new fragment of Ben Sira. — W. Bâcher, 
D.-S. Margoliouth et A. Harkavy : The Sefer Ha-Galuy. —M. Kayserling: 
The Jews in Jamaica and Daniel Israël LopezLaguna. — Samuel Krauss ; 
Eine jùdische Légende von der Auffindung des Kreuzes, — M. Berlin : 
Note ou NblD and Note on Josippon. — H. -P. Chajes: Bemerkungen zu 
den Proverbien. — Critical notices. = = Vol. XIII, 1900. = = N° 49. — 
Israël Le'vi : Notes sur les ch. vu. 29 — xn, 1 de Ben Sira édite's par 
M. Elkan N. Adler. — Marcus N. Adler: ChineseJews. — Morris Jastrow: 
The fourteenth chapter of Genesis and récent research. — E.-N. Adler et 
I. Broydé: An ancient bookseller's catalogue. — H.-P. Chajes: Etwas 

J uber die Pesita zu den Proverbien. — F.-C. Conybeare : The Testament 



296 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

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nymos ben Kalonymos, a thirteenih-century safirist. — IIopo \Y. iiogg: 
The Ephraim genealogy. — D.-S. Margoliouth: Notes on tbe Sefer Ha- 
Galuy controversy. — I. Abraham* : A version of En Kelobenu. 

MoiistCsschrift I ii r Gcscliirhte und \Vissen\oliaft des Jiidcntlituns 

(Berlin). = = 43 e année, 1809. = = N° 8, août. Moritz Peritz : Zwei 
alte arabiscbe Uebersetzungen des Bnebes Rutb [suite et fin, n 0s 9-10). — 
YV. Bâcher : Zur Gescbicble der Schulen Palâstinas im 3. und 4. Jahrhun- 
dert. — Ad. Frankl-Grùn : Das Landesrabbinat in Kremsier {fin, n° 'J . 

— A. Feilcbenfeld : Die atteste Gescbicbte der deutscben Juden in 
Ilamburg (fin). = = N° 9, septembre. Ilermann Cohen : Das Problem 
der jùdischen Sittenlebre. Eine Kritik von Lazarus 1 Ethik des Juden- 
tbums (fin, n°10).— Louis Ginzberg: Die Haggada bei den Kirchenvatern 
und in der apokrypbiscben Literatur [suite et fin, n os 10-12). — Moritz 
Steinscbneider : Die italieniscbe Literatur der Juden [suite et fin, n 0s 10- 
12; 1900, n os 2 et 5-6 J. — David Kaufmann : D r . med. Vitalis Félix. 
= — N° 10, octobre. S. Frânkel : Miscellen zu Saadia's Bibeliïberselzung. 

— David Kaufmann : Ist Saul, ein Sobn R. Abrabam Broda's, wirklich 
ans dem Judentbum ausgetreten? = = N° 11, novembre. Siegmund 
Frânkel : Zur Sprache des bebràiscben Siracb. — J. Bergmann : Einige 
Bemerkungen zu Eusebius' Onomasticon. — M. Scbreiner : Nacbtriige 
u. Bericbtigungen. — Siegmund Frânkel: "OT n^n ÛWH ■»13 É T. — B. 
Badt : Weitere Bericbtigungen zur Mandelkern'scben Concordauz. = = 
N° 12, décembre. Ludwig Blau : Jocbanan ben Zakkai in christlicber 
Beleucbtung. == 44 e année, 1900. == 1S° 1, janvier. M. Ginsburger : 
Verbotene Tbargumim. — S. II. Margulies : Zwei autograpbiscbe Urkuu- 
den von Moses und Abrabam Maimuni. — M. Brann : Josepb Sambari's 
Nacbricbten ùber das Gescblecht der Maimoniden. — L. Biick : Zur 
Gharakterislik des Levi ben Abrabam ben Chajjim (suite, n 08 2, 4, 8). 

— Alb. Wolf : Die Portraits des Jacob Jebuda Leone. == N° 2, février. 
Zuckermandel : Eine Worterklârung (V5pin372N, 1"»bpY13N). — A. 
Epstein : Likkule Pardes. — W. Bâcher : Einige Bemerkungen zu R. 
Tam's Sepber Ha-jaschar. — B. Friedberg : Das Rabbinats-Diplom des 
Rabbi Isaak ha-Goben in Pinczow. — Emanuel Baumgarten : Maria 
Tberesia's Ernennungsdecret fur den mabrischen Landesrabbiner Gerson 
b. Abrabam Chajes. = = N° 3, mars. P. Asmussen : Das Adlergesicbt, 
im vierten Esrabucbe. — I. Kracauer : Actenstùcke zur Gescbicbte der 
Confiscation der bebr. Scbriften in Frankfurt a. M. (suite et fin, 4-6). — 
L. Lewin : Materialien zu einer Biographie Wolf Ileideuheims. — M. 
Brann : Zur Généalogie der Maimoniden. — Eppenstein : Zu Saadia's 
Uebersetzung von Jcs. 44, 16. = = N° 4, avril. Max Maas : Die Macca- 
bâer als cbristlicbe Heilige. — J. Krengel : Die engliscbe Intervention zu 
Gunsten der bohmischen Juden im Jahre 1744 (fin, n° 5-6). — I. LÔW : 
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etbiseben Anscbauungen in Abrabam b. Cbijja's Ilegjon ha-Nefesch. — 
A. Kaminka : Alcharisi's Orientreise, Nathan bajulus und Jonathan ba- 
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Joseph Ibn Plat und der Pardes. — Jakob Simon : Urkundliches Material 
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=- — N° 8, août. B. Friedberg : Neue auf dem jùdischen Friedhof in 
Krakau aufgefandene Grabschriften. 

Bévue biblique internationale (Paris, trimestrielle) = — 8 e antie'e, 

1899. = — N° 4, octobre. Albert Gondamin : Etudes sur l'Ecclésiaste 
{suite, 1900, n 08 1 et 3). — Emmanuel Cosquin : Encore 1' « histoire du 
sage Ahikar » : vraies et fausses infiltrations d' « Ahikar » dans la Bible. 

— Lagrange : Deux chants de guerre : le cantique de Moïse après le 
passage de la mer Rouge et la chanson d'Hésébon. — Parisot : Signifi- 
cation musicale de Sélah-Diapsalma. = = 9 e année, 1900 = == N° 1, 
janvier. M. Touzard . Nouveaux fragments hébreux de l'Ecclésiastique 
{suite et fin, n° 4. Nous remercions l'auteur du bienveillant intérêt qu'il a 
accordé à nos essais.) — Lagrange : L'itinéraire des Israélites du pays de 
Gessen aux bords du Jourdain [suite et fin, n os 2 et 3). — M. Levesque : 
Notes sur quelques mots hébreux (^03, ib"^, TlTatl). Hypogée judéo-grec 
découvert au Scopus (on y lit : N^niS "D "pïTlïT, ÏIOTPD, ou ïlGTP^Û, 
itonroç, irptoTaç epavrpiou) . = = N° 2, avril. Lagrange : Débora (Juges : récit 
en prose, ch. iv; cantique, ch. v). = = N° 3, juillet. Hubert Grimme : 
Mètres et strophes dans les fragments du manuscrit parchemin (sic) du 
Siracide (tous les fragments proviennent de manuscrits en papier). — 
Lagrange : Projet d'un commentaire complet de l'Écriture sainte. — 
Scheil : Un préfet assyrien de Samarie. = — N° 4, octobre. Nivard 
Schlœgl : Etudes métriques et critiques sur le livre des Proverbes. — 
Ilackspill : Etudes sur le milieu religieux et intellectuel contemporain du 
Nouveau Testament. — Ph. Virey : Note sur le Pharaon Ménephtah et 
les temps de l'Exode. — Gondamin : Le prétendu fil à plomb de la vision 
d'Amos. — G. Marmier : La campagne de Sisara contre Baracq. — Emile 
Lefranc : Notes exégétiques : deux notes sur les oracles de Balaam. — 
Chronique : El-Ya Qoubiyeh ; — une nécropole gréco-romaine à Jéru- 
salem. 

Zeitschrift fur die alttestamentliche Wissenseliaft (Giessen, semes- 
triel). = == 20 e année, 1900. = = N a 1 . W. J. Moulton : Ueber die 
Ueberlieferung und den textkritischen Werth des dritten Esrabuches. — 
Ign. Goldziher : Zu Schaatnez (l'explication que Maïmonide donne de la 
défense, d'après un usage attesté par les livrés sabéens, reçoit une con- 
firmation d'un auteur musulman qui décrit un pareil usage : le sorcier 
mélange du coton avec de la laine pour accomplir ses pratiques). — 
Samuel Krauss : Zur Zahl der biblischen Vôlkerschaften. — Friedrich 
Schwally : Eine Bemerkung zum Bûche Hiob. — B. Jacob : Beitrâge 
zu einer Einleitung in die Psalmen (suite). — Th. Nôldeke : Bemerkungen 
zum hebrâischen Ben Sira. — Julius Ley : Zur Erklârung von Jesaia 7, 25. 

— Ad. Bûchler : Zur Geschichte der Tempelmusik u. der Tempelpsalmen 
(fin). — D. W. Bousset : Das chronologische System der bibl. Geschichts- 
bùcher. — Diettrich : Einige grammatische Beobachtungen zu drei im 
British Muséum befindliehen jemenitischen Hds. des Onqelostargum. 

N. Herz : Some difficult passages in Job. — E. Nestlé : Miscellen, 
1. Joël 1, 17; 2. Der Mamzer von Asdod; 3. Das Lied Habakkuks und 
der Psalter. 4. Neue Stoffe zu Doctorarbeiten. 5. Ein neues Wort fur 
das hebr. Wôrterbuch ppH). — Mandelkern : Facta loquuntur.— Eberhard 
Baumann : Die Verwendbarkeit der Peschita zum Bûche Job fur die 
Textkritik (fin, n° 2). = = N° 2. Charles Torrey : Die Briefe 2 Makk. 



>98 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

I, l-II, 18. — Max Lohr : Alexandrinus und Sinaiticus zum Bûche Tobit. 
— W. Riedel : Miseellen: I. Die Reihenfolge der Sprùche im Segen Mosis 
Deut., 33; II. Ps., 45, 18; III. Ps., LO, 9, 10; IV. Baba Bathra fol. 14 f. 
— correction bien amusante : il est «lit, dans cetto laineuse page, que jus- 
qu'aux derniers versets du Deutéronome, qui parlent de la mort de Moïse, 
Dieu dictait et Moïse écrivait, et que pour les derniers versets Moïse écri- 
vait au milieu des larmes ?%ft3 ou m^?:l3. Comme certains mss., pour 
la première proposition, portent : et Moïse disait et écrivait, ce qui est 
probablement une faute, la deuxième proposition doit signifier que Moïse 
écrivait les derniers versets en silence ""ftia ou ÏTJ7313. Et voilà de la 
haute critique ! — V. flOD — doit être rapproché du copte poseh « ré- 
colte », qui a pu donner son nom à une fête, laquelle a été empruntée aux 
Egyptiens par les Hébreux 1 — VI. 7VN2TI PNSS3 ; VIL Amos, 9, 10. — 
B. Stade : Nachwort des Herausgebers zu Lie. W. Riedel's 5. Miscelle : 
nos (exécution en règle de la méthode tout au moins naïve dont nous 
venons de voir les produits). — Israël Kahan : Zur Beleuchtung der 
« Facta » Dr. Mandelkerns. 



4. Publications pouvant servir à l'histoire des Juifs en France. 

Albanès (J.-H.). Gallia christiana,novissima, par feu le chanoine J.-H. 
Albanès, complétée par le chanoine Ulysse Chevalier. Marseille (Valence, 
1899, in-4 ). N° 036. Procès-verbal dressé contre un Juif qui ne porte 
pas la rouelle (4 février 1398). — N° 1182. Composition entre les Juifs 
de Marseille et le prévôt de l'église Saint- Martin et Saint-Jacques sur 
les taxes payées par eux (-1 avril 1240). 

Bardon (A.). Un Registre de M Eustache de Nîmes, notaire à Nîmes 
(1380-1388). Nîmes, A. Chastanier, 1900 ; in-8°. 

L'analyse de ce registre mentionne : un prêt de 50 fl. d'or fait par les Juifs 
Bonnize Rocel et Sime de Capista à la veuve de Pierre Boufils, 2 août 1386 
(p. 33) ; — un acte rédigé pour Astruque, veuve de Bonnaci Astruc de Mon- 
teils, habitaut Montpellier, 13 décembre 1386 (p. 36). 

Blanc (Alphonse). Le livre de comptes de Jacme Olivier, marchand narbon- 
nais au xiv e siècle. Tome second, Impartie. Paris, Picard, 1899; in-8°. 
Ce volume comprend le texte du livre des comptes et une série de pièces 
justificatives. Le t. I comprendra l'introduction, et la 2 e partie du t. II la 
lin des pièces et les tables. Parmi les soixante-huit pièces — extraites des 
archives de Narbonne — un certain nombre intéressent les Juifs de Nar- 
bonne et de Béziers. N° 54, 6 décembre 1305. Les consuls de Narbonne 
requièrent, en vertu de lettres de Philippe IV du 19 mars 1305, le juge 
royal de Béziers de ne pas comprendre dans le dénombrement des feux de 
la cité les clercs, les pauvres et les Juifs dont ils dressent une liste (environ 
centsoixante-dix Juifs et Juives nommés). — N° 55, l 8r juin 1306. Statuts des 
boulangers de Narbonne (promettent de ne pas cuire les viandes des Juifs). 
— N° 65, 17 janvier 1311. Philippe IV prescrit d'appliquer, suivant la cou- 
tume de Narbonne, la prescription décennale aux créances des Juifs. — 
N° 57, 1306 et 1311. Quittances données par le receveur des dettes des 
Juifs aux consuls du bourg de Narbonne débiteurs de deux Juifs. — N" 58, 
1307-1317. Vente des biens des Juifs expulsés. — Ce travail étant en 
cours de publication dans le Bulletin de la commission archéolo'jique de 
Narbonne, on peut indiquer tout de suite certains textes qui seront publiés 
dans la 2 e partie. — N" 87, 1318. Vidimus des lettres de Philippe V révo- 



BIBLIOGRAPHIE 299 

quant, sauf deux, les commissaires nommés pour le fait des Juifs et char- 
geant de leurs affaires les sénéchaux de Toulouse et de Carcassonne. — 
N° 90, 1319-1321. Trois pièces sur le recouvrement des dettes des Juifs. — 
N° 92, 20 mars 1326. Le commissaire royal, à la requête d'un groupe d'ha- 
bitants de Béziers, se déclare prêt à cesser le recouvrement des dettes des 
Juifs antérieures à la première confiscation. 

Brutails (J.-A ). L'archéologie du moyen âge et ses méthodes. Paris, Pi- 
card, 1900. 

Il ne semble pas, à première vue, que ce livre se rattache à nos études ; 
mais l'auteur consacre deux chapitres à discuter les théories de Gourajod 
[Leçons professées à V École du Louvre, t. 1. Paris, 1899, 8°), et l'on sait 
quelle part d'influence le professeur du Louvre attribuait à l'art oriental 
(néo-grec et syrien) dans la formation de l'art mérovingien et carolingien. Il 
tirait notamment argument de certains motifs d'ornementation, comme 
l'étoile à six rais (Leçons, I, pp. 322-324 et 336-339) qu'il retrouvait à la fois 
sur des ossuaires juifs et sur des monuments occidentaux. Tout en recon- 
naissant qu'il y a lieu de tenir compte de cette influence, M. B. déclare les 
conclusions de Courajod inexactes en ce qui concerne la partie architectu- 
rale et exagérées en ce qui concerne l'ornementation. 11 n'en reste pas 
moins vrai que certains motifs ont été introduits dans l'ornementation par 
des ivoires ou des coffrets orientaux, et l'on devine quelle part les com- 
merçants juifs de Bordeaux ou de Marseille ont pu avoir dans cette impor- 
tation. 

Chartier (F.-L.). Un document inédit sur Mirabeau (Requête du sieur 
Moyse, juif Avignonnois. .. contre M. Honoré de Riquet, comte de Mi- 
rabeau), dans Revue des études historiques. T. II, n° 2 (mars-av. 1900). 

Dreyfus (Ferdinand). Comment les Juifs sont devenus citoyens français, 
dans Revue politique et parlementaire, 10 septembre 1900. 

Petit (Joseph), Gavrilovitch, Maury et Theodoru. Essai de restitution 
des plus anciens mémoriaux de la Chambre des comptes de Paris. (Uni- 
versité de Paris, Bibliothèque de la Faculté des lettres, t. VII.) Paris, 
Alcan, 1899 ; in-8°. 

Comprend : 1°) l'analyse des textes ayant figuré dans ces recueils : une 
quinzaine de n os relatifs aux Juifs (21-25, 28, 30, etc.), d'ailleurs presque 
tous connus ; — 2°) la publication intégrale de quelques pièces : le 
n° XXXIII, série des décisions prises par Jean Pasté et Hugues de Vis- 
sac, commissaires réformateurs délégués au début du règne de Charles IV 
en Navarre, règle quelques points intéressant les Juifs : résidence dans les 
anciennes juiveries d'Olite, Vianna, etc. et reconstruction d'une juiverie à 
Pampelune, avec boucherie et four (la clôture en sera payée avec l'amende 
due pour le fait de Samuel Abbadian) ; difficultés pour le paiement d'un 
don de joyeux avènement de 15.000 1. t.; taxes spécialement payées par 
Ezmel d'Ablitas, banquier de Tudèle ; obligation de recourir aux moulins 
royaux ; exécution des obligations dues aux Juifs. 

Pilot de Thorey. Société de statistique des sciences naturelles et des 
arts industriels du département de l'Isère. Catalogue des actes du dauphin 
Louis II, devenu le roi de France Louis XI, relatifs à l'administration du 
Dauphiné. T. I et II. Grenoble, 1899 ; 2 vol. in-8°. 

On sait parle travail de M. Prudhomme l'intérêt que le futur Louis XI atta- 
cha au maintien des communautés juives dans ses Etats. Ce Catalogue en ap- 
porte quelques preuves de plus. En 1451 (16 juin), le dauphin, à la requête 
de Jacolet d'Arles, de Mosse Avisan et d'Azariel de Bâle, confirme et étend 
les privilèges précédemment accordés aux Juifs du Dauphiné (n° 879). En 



300 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

[21 janvier), il répond aux Trois-Ktats de Dauphiné, assemblés à 
Romans, et qui lui demandaient, entre autres choses, l'expulsion des Juifs 
installés depuis peu à Briançon, qu'il entend laisser aux Juifs la liberté de 
s'établir où ils voudraient (u° \00S bis). Le 14 mars 1416, sur la • supplica- 
tion du peuple juif des villes de Valence, Vienne, Monlélimar », il leur 
accorde de nouvelles lettres de sauvegarde nécessitées, semble-t-il, par des 
excès et pillages récents (o 1646 . Mali cet intérêt du dauphin est surtout 
fiscal. Le 2 juillet 1463, ù Valence, quatorze Juifs de Valence, dont une 
femme, et Bonnefoy Astruc, de Montélimar, B'engagent à payer à Jean Fa- 
vrot, commissaire royal, une somme de lbu<> écus d'or « pour avoir commis 
des usures excessives, mal parlé de Sa Majesté pendant qu'elle était en 
Flandre et fréquenté ses ennemis » ,u° 1937). 

Stein (II.). Les Juifs de Montereau au moyen fige, dans Annales de la 
Société historique et archéologique du Gâlinais, t. XVII, pp. 54-G1 (Fon- 
tainebleau, 1899, in-8°). 

Publie trois pièces, dont les lettres de rémission accordées par Charles VI 
à Jean d'Ecuelles et Jean Bietrix, habitants de Montereau qui avaient, en 
1381, pillé la demeure de Benion de Salins et Sausset de Baumes, Juifs de 
cette ville. 

Paul Hildenfinger. 



5. Notes et extraits divers. 

-■=. Doublé (E.). Notes sur V Islam Ma gliribin [Revue de l'histoire des religions, 
t. XLI, p. 63). « 11 arrive parfois que certains marabouts, d'origine vrai- 
semblablement musulmane mais portant un nom biblique, sont vénérés 
à la fois par les Juifs et les musulmans. Chez les Israélites de Tlemcen 
on entend couramment des gens du commun qui soutiennent que Sidi 
Yaqoub, santon fameux, enterre' aux portes de la ville, fut un Juif. Et 
défait, les Juives visitent ce marabout et y font des sacrifices tout 
comme les musulmanes : seulement la plupart du temps elles ont soin de 
s'habiller comme ces dernières. A Tunis aussi un saint est également vi- 
sité par les Juifs et les musulmans (Latapie, Civilisations tunisiennes, 
p. 251). Chénier raconte qu'à quelque distance de Fez, dans une mon- 
tagne qu'il appelle « Askrou », il y a un saint que les Berbères et les Juifs 
réclament avec la mômedévotion ; l'opinion commune est que c'est un Juif 
qui fut enterré dans cette partie de l'Afrique, longtemps avant le ma- 
hométisme. Les femmes des Berbères et des Juifs qui désirent avoir des 
enfants ont la dévotion d'aller à pied au haut de celte montagne, où 
est l'hospice du saint (Chénier, Recherches historiques sur les Maures et 
V histoire de l'empire de Maroc, Paris, 1787, t. III, p. 151-155 . C'est exac- 
tement ce qui se passe à Sidi-Yaqoub de Tlemcen. — D'autre part, il 
paraîtrait qu'à Fez « les Marocains rendent une sorte de culte à la mé- 
moire de « Sol Achouel » , juive de Tanger, qui mourut de notre 
temps dans des supplices atroces plutôt que d'abjurer la loi de Moïse, 
ou de renouveler une abjuration qu'elle avait faite en cédant aux séduc- 
tions de l'amour » (Abbé Godard, Description et histoire du Maroc, I, 
83-84). 

Israël Lévi. 



BIBLIOGRAPHIE 301 



Catalogue of Hebrew and Samaritan Dfanuscripts in the British 
Muséum, by G. Margoliouth. Part I. Londres, 1899 ; in-4° de (8) + 283 pp. 
-f- IX planches. 

Il y a peu d'années, M. Hartwig Derenbourg exprimait, dans cette 
Revue (t. XXIII, p. 99), le regret que les nombreux et importants mss. 
hébreux etjudéo arabes du British Muséum ne fussent point catalo- 
gués et que, par suite, ils ne fussent guère, sinon pas du tout, utili- 
sables. Pour combler la lacune, il donnait une courte nomenclature des 
récentes acquisitions de 4867 à 1890. Mais ce sommaire, ainsi que la 
liste provisoire parue depuis 1 , n'ont fait qu'accroître le désir d'un 
catalogue détaillé. Nous sommes donc heureux d'annoncer que ce 
catalogue est en voie de publication et que M. Margoliouth en est l'au- 
teur aussi consciencieux que compétent. Le premier volume, que 
nous avons sous les yeux, contient la description de textes, traduc- 
tions et commentaires bibliques. Le deuxième volume comprendra 
le Midrasch, le Talmud, la Halakha et la liturgie ; le troisième les 
autres matières ainsi qu'une introduction détaillée et les index. 

Le Br. Mus. possède cent soixante et un numéros de mss. de la 
Bible et de traductions, dont cinquante et un en rouleaux (1-24 Pen- 
tateuque, 25-51 parties des cinq rouleaux), et le reste sous forme de 
livres. Parmi les premiers, le n° 6 est particulièrement remarquable. 
Il a été écrit pour la communauté juive de Kaï-Fang-Fou, dont il est 
tant question en ce moment, et, comme tous les écrits juifs que cette 
communauté a possédés, il vient de Perse (cf. Jeio. Quart. Rev., VIII, 
127; X, 624). Des mss. bibliques, la plus grande et la plus im- 
portante partie a été longuement décrite par Gh. D. Ginsburg 
{Introduction io the... Hebreiv Bible, Londres, 1897, p. 469-474, 477- 
728). Il faut signaler spécialement le n° 64 (ms. or. 4445), qui contient 
le Pentateuque accompagné de ponctuation, d'accentuation et de 
notes massorétiques. Ce ms. ressemble à celui du cod. Petropolitanus 
(cependant la ponctuation est celle du système ordinaire); toutefois 
certains indices feraient supposer qu'il est plus ancien. Ginsburg 
place notre ms. au ix e siècle, et Margoliouth est de son avis. Mais 
l'on sait que la paléographie hébraïque en est à ses débuts, de sorte 
qu'un jugement définitif est impossible. En tous cas, cems. est très 
important et M. Ginsburg aussi bien que M. Margoliouth en ont re- 
produit une page en fac-simiie. A remarquer que sur le fol. 1 a de ce 
ms. se trouve une liste de livres persans ajoutée plus tard, où N-no "D 
est mentionné. Peut-être s'agit-il du Sirach hébreu (voir Bâcher, 
J. Q. R., XI, 344, et Ein hebr.-persisckes Wœrterbuch, Budapest, 1900, 
p. 38). — Les n os 103-104 présentent une autre particularité. Il y a là 

1 Descriptive List of the Hebrew and Samaritan Mss. in the British Muséum, by 
G. Margoliouth, Londres, 1893. Cf. Steinschneider-Festschrift, p. 197, note 1. 



302 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

des fragments du Penlateuque écrits en lettres arabes, où les voyelles 
«înt remplacées par des lettres (ce n'est que plus tard qu'on ajouta 
des voyelles et des accents). Iloerning [Brifish Muséum Karaite Mas., 
Londres, 1889) a reproduit en fac-similé tout le deuxième ms., qui 
embrasse Ex., i, 1 à vin, 6 (une page se trouve aussi dans notre 
Catalogue). Iloerning décrit encore cinq mss, semblables ; mais le 
Br. Mus. en possède encore un plus grand nombre de contenu divers ; 
tous paraissent d'origine karaïte (cf. ma notice dans Semitic Studies 
de Kohut, p. 439). Ils sont tous de date assez ancienne et offrent de 
précieux matériaux pour l'histoire de la prononciation de l'hébreu, 
beaucoup plus que les écrivains mahométans, dont M. Schreiner a 
en partie réuni les indications {Zeitschrift f. alttest. Wissensch., 1886, 
p. 243-255). — Dans cette collection non plus les choses curieuses ne 
manquent pas; ainsi le n° 158 renferme des fragments de Psaumes 
en lettres éthiopiennes. 

Faisons encore sur ce chapitre les remarques suivantes : La forme 
ONilE (n° 52) est une déviation du nom l&mtt (voir Steinschneider, 
/. Q. R.,Xl, 147). — Le n° 54 contient quatre listes de livres d'Italie, 
du xm e siècle, sur des œuvres théologiques et profanes, qui devraient 
être publiées. De telles listes ont un intérêt pour l'histoire de la cul- 
ture, comme on en peut juger par celles que Modona a publiées dans 
cette Revue (t. XX, p. 117 et suiv.). — Le n° 55 renferme une liste de 
chapitres des prophètes et des hagiographes (les Chroniques excep- 
tées) pour les sabbats de toute l'année, avec l'inscription riNDNîttbN 
(= tpULâJU ?). Cette liste vient de Syracuse (rmnnba avinn in "HNrr 
noipiD :>np, et non pas de Saragosse, comme le suppose M. Gins- 
burg, p. 614), et, comme elle est écrite en arabe, elle doit être 
assez ancienne. Syracuse est probablement la plus ancienne commu- 
nauté juive de Sicile (cf. Zunz, Zur Geschichte, p. 506) et semble 
avoir eu maintes particularités dans le rite. La liste est imprimée 
complètement dans la Massore de Ginsburg (vol. II, 474-475). — 
Au n° 73, il est question d'un pTOMTHB "ppail pbî '"i qui n'est 
pas mentionné par Zunz. — Au n° 88, il faut probablement corriger 
"*mnDbN en imnsbN (voir Sujuti, De nominibus relativisas, v.). — Le 
n° 92 est écrit en 1483 à Kum en Perse. — Sur le n° 99, qui renferme 
le Targoum du Pentateuque dit selon Jonathan, cf. Dalman, Mo- 
natsschr., XLI, 454-456. — Aux n° 146-147, la traduction des cinq rou- 
leaux n'est guère celle de Saadia. Celle de Ruth est sans doute iden- 
tique à celle qui a été éditée récemment par Perltz (cf. ma recension 
dans Zeilschr. f. hebr. Biblioçr., vol. IV, n° 6, où l'on trouve aussi des 
remarques sur les notes midraschiques annexées à la traduction). — 
Les n» 159-160 ont une traduction persane des Psaumes, faite, vers 
1470, par Baba b. Nouriel h Ispahan, sur l'ordre de Nadir Schah, 
qui fit également traduire l'Evaugile et le Coran. — Les n° s 162-165 
contiennent des traductions hébraïques des diverses parties de 
l'Évangile. 

Les commentaires bibliques sont divisés en deux sections : en rab- 



BIBLIOGRAPHIE 303 

biniques (n os 166-249) et karaïtes (n os 250-339). Parmi les premiers, il y 
a quelques unica. Citons en première ligne un commentaire arabe 
sur II Samuel d'Isaac b. Samuel ha-Sefardi (n° 167), qui, à l'origine, 
embrassait tout le livre de Samuel. Ce commentaire est particulière- 
ment important à cause de ses nombreuses citations delà littérature 
ancienne (voir la description détaillée de Margoliouth dans /. Q. £., 
X, 385-403) ; il y a des citations d'ouvrages perdus, tels que le com- 
mentaire de Saadia sur le Pentateuque, le n^NnbN'i '■pS'inbtf SNnrj 
d'Ibn Chiquitilla et l'original arabe d'Ibn Balâm sur les homonymes 1 . 
Ibn Bal'âm et Nathan b. Yehiel sont les auteurs les plus récents que 
cite cet écrit ; par conséquent, il appartient vraisemblablement au 
xn e siècle, et l'auteur est sans doute identique au Dayian qui a 
signé au bas d'un document du Caire de l'an 1115, comme l'admet 
M. Margoliouth. Notre auteur connaissait l'Orient, mais il était appa- 
remment venu d'Espagne, comme le démontrent son nom et le com- 
mentaire, qui porte toutes les marques de la florissante période espa- 
gnole ; à ce titre il mériterait d'être publié. Isaac signale encore ses 
commentaires sur Josué et les Juges; d'autre part, Abr. b. Salomon 
du Yémen en cite un de lui sur les Rois (voir Steinschneider, Eebr. 
Bibliogr.y XX, 10, 63, qui place Isaac au xiv e siècle). —Un autre uni- 
cum intéressant est le commentaire sur le Pentateuque de l'inconnu 
Meyouhas b. Elia (n° 201), qui paraît lui aussi appartenir au 
xii e siècle. L'auteur vivait en Grèce, attendu qu'il emploie des termes 
grecs ; de plus, l'exemplaire présent a été copié en 1469 à Nicopolis 
par un certain Elia b. Elkana. Le commentaire renferme beaucoup 
d'observations grammaticales. L'apocope est appelé y^iptt, l'infini- 
tif Tiati». Ce mot n'est pas une corruption de l'arabe *V7SSX), comme 
le dit M. Margoliouth, mais il en est imité et se retrouve dans un 
petit écrit grammatical anonyme, le "pan iso, sous la forme de 
TT2Bfl (cf. J, Q. R., VIII, 500 : ^imbl "Oîb -138 bsb bDlitt) Y12873 
Dnbin TrubÇ Parmi les auteurs cités, il y a, entre autres, un 
Isaac b. Samuel qui peut-être est identique à celui dont nous 
parlions plus haut; lbn Ezra y est cité indirectement 2 . Du pre- 
mier il n'est rapporté que des comparaisons avec l'araméen. De 
ses propres écrits, l'auteur nomme un m»n "ido. — Un autre 
unicum semble être le commentaire de Joseph Hayioûn sur Jérémie 

1 05É«»b&n P3NÏ3735N ^B !lb tpban 15 ÏTTIÎT '-I bKp, cf. Bévue, 
XXXVI, 298. Sur vi, 13, Isaac mentionne encore un autre écrit perdu d'Ibn Bal- 
'âm fcnp^bN r03, en ces termes : c^Sn *3 rûU «3 nTlIT '"1 bttp Tpl 
■jbiN *"IDObN, ce qui se retrouve littéralement dans le commentaire d'Ibn Bal'âm 
ad loc. Peut-être le commentaire sur les Prophètes portait-il encore ce titre spécial 
comme le commentaire sur le Pentateuque s'appelait encore fpinnbN 3NDD ? 

1 i^a^a Nirj -iso 'i&tb NiT3> p ûna« tara ^n?73U) lanm 
'■di b — i72n im» fmpi pïn Nim ia 'priai r-iBT '72a N^im. 

Le mot "|N3 est au-dessus de la ligne et est corrompu. Il s'agit d'Ibn Ezra sur 
Gen., xr, 3, dans les deux recensions; cf. Bâcher, Abr. ibn Esra als Grammatiker, 
p. 166. 



304 REVUE DES ETUDES JUIVES 

(o°228). Hayioûii paraît avoir commenté toute la Bible (voir Con- 
forte, éd. Cassel, fol. il b, et Benjacob, Thésaurus, p. 324, n°1106; 
cf. aussi Steinschneider, Cal. Bodl., s.v.)\ seul le commentaire des 
Psaumes est imprimé. — Rares, et en partie u/ùca, sont un cer- 
tain nombre de commentaires des Tossafistes de la France du nord : 
1° un commentaire sur Raschi (n° 173] , où est cité un Epr» 'n 
•^rnDXD. D'après Gross (Gallia Judaica, p. 116), il s'agirait de Joseph 
de Baugency; 2° une compilation sur le Peutateuque, intitulée p 
DVV?n (n° 190), dans la manière du rmm priSE de Juda b. Eliézer 
(Neubauer l'a décrite en détail dans la Mi. Zeltschr., de Geiger, IX, 
230) ; 3° une autre compilation sur le Pentateuque intitulée : "iso 
V'T û^ttOTpb miflhBil b'J '->pDD nbs Kim -no *nM (n° 2i3). Ici évi- 
demment Ti'J) n"D3 est le titre du livre et non pas de l'auteur 
(cf. J. Neumann, Der Pentateuch- Comm. des Joseph Bechor Schor, 
Fr. a. M., 1900, p. vi). L'auteur cite son grand-père et l'appelle 
une fois : *ifcm» wpT "i^m, et une autre fois n"in Tpt "m» 
■jniDna ; c'est donc Gerson de Joigny (n'est pas cité par Gross, 
p. 251-253). En outre il cite un btt ittN TJN «S'wVmïlH ÛïrnK n"n 
ûisna "i"rr "OpT "H"!» « Abraham d'Orléans, frère de la mère de mon 
aïeul R. Gerson». S'il était identique à Abraham b. Joseph d'Orléans 
(cf. Gross, p. 37), notre auteur aurait vécu dans la première moitié du 
xiiF siècle. — A la France du nord appartient encore un commen- 
taire anonyme sur Esther (n° 175, 2); cf. Gâtai, des Mss. de Cam- 
bridge de Schiller-Szinessy, p. 240, où il est question encore d'autres 
manuscrits de ce comm. — A la Provence appartient entre autres 
un commentaire sur les premiers Prophètes (n° 249), car l'auteur 
anonyme appelle son père T3W1 (cf. Gross, p. 360) ; puis le com- 
mentaire sur Jérémie et Ezéchiel de Menahem b, Simon de Pos- 
quières, élève de Joseph Kimhi (n° 2376) l . De ce commentaire (rédigé 
en 1191), qui, sous beaucoup de rapports, mérite l'attention, il n'existe 
un autre ms. qu'à Paris. 

Pour ce qui est des commentaires déjà imprimés, signalons un 
certain nombre de mss. de Raschi (n 0s 168-89), parmi lesquels 
un (n° 168) de l'an 1273 et un autre (n° 179), où les Haftarot 
sont ponctuées par un *a:n3ttN han^ttïl "pOEïT) Vlp3M WM3 
(Amendant est un nom assez commun chez les Juifs de France). 
Puis les mss. des commentaires d'Ibn Ezra (n° 8 191-194 ; les n° s 195- 
200 contiennent des supercommentaires) , David Kimhi ( n 08 202- 
205), Nahmamide (n°* 208-21 3; au n° 208, fol. 346-357 : mDDinïl ibN 
irra invï-sa rsî pi-pan V't mn tpoimJ , cf. Neubauer, Cat. Bodl., 
2253, 12), Gersonide (n° 219-223; cf. aussi Zeltschr. f. hebr. Bi- 
bliogr., IV, 153), etc. — Je citerai encore le n° 166, qui renferme 
une partie des llagiographes avec traduction et commentaire 
arabes (principalement de Saadia) et dont M. Peritz a récemment 

1 En général, ce ms. est intéressant sous bien des rapports. M. Margolioulh n'a 
(as indiqué que les collectanées de 3"NT ont été éditées pour la plupart; voir 
Letlerbode, IV, 1- 43 ; VII, 32-37, 70-75, 133-161. 



BIBLIOGRAPHIE 305 

édité le fragment sur Ruth (voir plus haut); le commentaire de 
Tanhoum Yerouschalmi sur Kohélet (u° 207; cf. Revue, XL, 129, 
note 5, où il faut corriger 5064 en 5063) ; le commentaire sur le Pen- 
tateuque, ma TTDT, de Nathan b. Samuel (n° 215; cf. Schiller-Szi- 
nessy, /. c, p. 185 et suiv.); un autographe du v *) r\nzu de Norzi 
(n° 231); des fragments d'un commentaire persan sur la Bible 
(q 09 245-246; une page est reproduite en fac-similé sur la pi. IV); 
et, enfin, un commentaire arabe sur les Haflarot de l'Exode et 
des Nombres (n os 247-248). Ce commentaire vient d'Egypte (Nn32 
nstfca) ; il est peut-être identique à d'autres qui se trouvent à Saint- 
Pétersbourg et à Oxford et qu'on attribue à Tanhoum ; voir Revue, 
XLI,p. 48, note 3. 

Plus importants et plus substantiels sont les commentaires ka- 
raïtes qui, pour la plupart, ont été recueillis par le fameux Scha- 
pira. Presque tous les grands exégètes karaïtes sont représentés; 
je les passerai en revue successivement. De Qirqisâni, contempo- 
rain de Saadia, il y a une partie du commentaire sur la Genèse 
(d os 250, 1 et 251 ; cf. Zeitsc/ir. f. hebr.Bibliogr., II, 99-100). D'un autre 
contemporain plus jeune de Saadia, Salmon b. Yerouham, il y a le 
commentaire sur Echa (n 0s 252-253; des fragments au n° 328, 18-25) 
et Kohélet (n° 254). C'est, comme l'on sait, Munk qui, le premier, a 
apporté ces commentaires de l'Orient à Paris; mais il les attribuait 
à tort à Yéfet. Pinsker avait reconnu que Salmon en était l'auteur, 
néanmoins Steinschneider émettait encore à ce sujet quelques doutes 
(Hebr. Bibliogr., XIII, 103). On peut les considérer comme définitive- 
ment écartés, puisque le nom de Salmon est mentionné expressément 
dans les mss. du British Muséum. Nous avons encore ici le fragment 
d'un commentaire sur le Cantique (u° 328, 12), sur lequel j'ai le 
premier appelé l'attention '. 

D'Abou-Saïd(?) David b. Boaz, le prince (O^nbN, Tobia l'appelle 
toujours simplement fcOiZttïï), il y a un fragment sur l'Exode (n° 304) '. 
Ce ms., comme beaucoup d'autres, est entièrement écrit en lettres 
arabes. Un WD "DK o^nbN apparait aussi comme auteur d'un com- 
mentaire sur la section de OHjD (n° 305, 2); M. Margoliouth penche 
à voir en lui également David b. Boaz, attendu que Lévi b. Yéfet, 
qui porte aussi la kounia Abou-Saïd, est généralement désigné 
comme ûb^ttbtf (le maître, en hébreu ixjbaïi) ; cette supposition est 
très plausible. Or, ce commentaire est identique à un autre sur 

1 Cf. /. Q. i?., VIII, 688, note 4. M. Margoliouth se demande si le passade 'p 

1?a "psc à by nbNpttbN rnn *«b •'MTsbN nos npb ûtd p yiîabo 

*"ïbN NtûbbN n'est pas simplement une citation de Salmon ; cette question n'a pas 
Heu de se poser, vu que tout le fragment, qui traite du calcul de l'année de déli- 
vrance, est presque littéralement identique au commentaire de Salmon sur Ps., en, 
14 (cf. Pinsker, p. 81). J'ai eu l'occasion d'analyser à fond ce passage dans la 
Monatsschrift, XLIV, p. 405 et suiv. 

* Sou commentaire sur le Lév. et sur la dernière moitié <iu Deut. se trouve à Saint- 
Pétersbourg ; voir Z. A. T. W. t 1, 157. 

T. XLI, n° 82. 20 



Ri: VUE DKS ÉTUDES JUIVES 

Nombres et Deut. (n° 307, il n'en reste que des fragments), et à ce- 
lui-ci ressemble le fragment d'une traduction sur Deut. (n° 333,2); 
en sorte qu'ils pourraient être également de David. M. Margoliouth 
lui attribuerait encore volontiers des fragments d'un commentaire 
sur le Lé vl tique ji" s 305, I, et 306) et sur Ecba et Kohélet (n°299, 2); 
mais ici la démonstration n'est pas convaincante. En tous cas, le 
n° 306 (sur Lév., xi, 1-xv, 25] est très ancien et très intéressant, 
surtout à cause de la polémique avec Saadia, par où nous appre- 
nons à connaître indirectement les parties du commeutaire de Saadia 
sur le Lévitique. En debors de ce dernier, ce commentaire ne cite 
qu'Anan et très souvent les talmudistes CpaNmbN, 'pbiNbtf). 

C'est Yéfet qui est représenté par le plus d'exemplaires. De ses com- 
mentaires très détaillés il y a ici des parties sur presque tous les 
livres bibliques (à l'exception de Rois, Echa, Kohélet et Esther) : sur 
la Genèse, Josué, les derniers Prophètes, les Proverbes, Job, le Can- 
tique et Ruth totalement ou presque, sur Exode, Nombres et Deut., 
de très importants fragments, et des morceaux des autres livres. Cer- 
taines parties, comme les n° s 279, 301, 303, datent du commencement 
du xi e siècle et auraient été dédiés par Lévi, le fils de l'auteur (?), 
à la communauté karaïte (m? b« y": ^"ibn n^ 13 "nbrr <nb ivmpsi 
N"ip7: -os). Remarquons, en outre, que d'autres pièces offrent des ana- 
logies avec Yéfet, mais en même temps des divergences. J'y verrais 
une deuxième recension du commentaire biblique de Yéfet. Celui-ci 
en signale lui-même une pareille sur le Pentateuque, sur Ex., xxxiv, 
18 (cf. J . Q. R., X, 249) ; il y en a quelques passages dans n° 326, 6-16 
(probablement aussi dans le n° 330, 3) l . Mais Yéfet a dû rédiger une 
deuxième version aussi sur d'autres écrits bibliques, par exemple 
sur les Psaumes (voir n cs 290, 4; 327, 12). De la sorte peut-être on 
s'expliquerait pourquoi l'on ne retrouve pas dans Y r éfet tant de cita- 
tions qu'Ibn Ezra signale en son nom. — Du fils de Yéfet, Lévi, on ne 
connaissait jusqu'ici qu'une partie d'un commentaire sur la Genèse, 
qui se trouve à Saint-Pétersbourg, et encore doutait-on qu'il en fût 
l'auteur (voir Harkavy, Z. A. T. W., I, 158). Ici nous avons des frag- 
ments sur Josué (no 308, 1 ; 330, 11), sur les Juges (n<> 330, 12) et peut- 
être aussi sur les Psaumes (n° 336). Du premier ms., qui, à l'origine, 
s'étendait sur tous les premiers Prophètes, nous apprenons que le 
commentaire de Lévi était intitulé roa ; il est probable qu'à ce com- 
mentaire est empruntée une citation dans un commentaire anonyme 
sur l'Exode (n°332, fol. 28#) \ Peut-être faut-il attribuera notre auteur 

1 Peut-être la traduction arabe du Pentateuque au n° 101, qui, d'après M. Margo- 
liouth, repose sur Yéfet, n'est-elle simplement qu'une deuxième recension. 

1 Ce passage intéressant est ainsi conçu : "O ]ft r053 mb^733 "lOD Tp") 

£rot*»bM Sn rnatJtta *innbntt nsen pnp anpn Nb w* b*?3 br^n 

*pN (1. *p!3T) *jrn3T m-1* nbi:i '"M ^bia ^On ^p. Cette explication, 
comme on sait, vient de Ben Zouta et. Monatsschr ., XLI, 211) ; cependant l'auteur 
anonyme a pu la trouver chez Lévi. Sur le titre Z"03 pour un commentaire bi- 
blique, voir plus haut et Fuchs, Studien ûber ibn Bal'âm, p. xxix-xxx. 



BIBLIOGRAPHIE 307 

les citations au nom de "nb 'n dans Ibn Ezra sur Gen., i, 11 (éd. Fried- 
laender, p. 28) et sur Ps., vit, 10 et xxxv, 13, et non à Lévi ibn at- 
Tabbân, comme l'admet M. Bâcher {Air. Ibn Esra als Grarnmatiker, 
p. 187). Nous rencontrons encore le fragment de l'original arabe du 
mXEÏI 'o de Lévi (n° 309, 2) ; c'est le seul que nous connaissions 
jusqu'ici. De cette manière est tranchée la question relative à la 
langue originale de cet ouvrage, que Steinschneider a soulevée dans 
Heàr. Uebers., p. 945. Le n° 308, 2, renferme un fragment de cet au- 
teur sur des prières, qui peut-être n'est qu'une partie du livre pré- 
cédent ». Ce fragment serait copié sur l'autographe de l'auteur. — Nous 
avons encore un fragment du ÙNsb^bN mttî d'Aboulfaradj Haroûn 
sur Gen., xlix, 28, jusqu'à Juges, vin, 13 (n° 276, 1 ; d'après cela, il 
faut corriger mes indications dans Revue, XXXIII, 21 4) et un lam- 
beau peu important du bïûntlîttbtf 3Nn3 (n°305, 5; voir il?., p. 25-26).— 
Il y a beaucoup d'écrits de Yeschoua b. Juda, appelé Aboulfaradj 
Fourkân ibn Asad ; mais son nom n'est cité qu'en partie. Il y a ici des 
parties de sa traduction du Pentateuque (n° 93, 1), de son commen- 
taire abrégé (n° 310-317; 329,1 et 330, 10) et du long commentaire 
(n 03 318, 2). Dans une étude particulière^. Q. R-, XI, 187-215), 
M. Margoliouth a établi que l'auteur de ces mss. était Yeschoua. 
Cependant pour le n° 31 4, 3, fragment d'un mSM 'O en arabe, il ne me 
semble pas prouvé qu'il soit dû à cet auteur — D'Ali b. Souleimân, 
qui, probablement, est du xn e siècle, nous avons ici des fragments 
sur Nombres et Deut. (n° 309, 1). D'après une épigraphe conser- 
vée, Ali a compilé son commentaire au moyen de celui du D^nbfc* 
T^D 12N b^bàbN et du compendium d'Aboulfaradj Haroûn sur le com- 
mentaire de Joseph b. Noé. Dans le premier il faut sans doute 
voir David b. Boaz (il y aurait dès lors à corriger Revue, XXXIII, 
215, note 2). On pourrait supposer que le commentaire de David 
mentionné plus haut sur la section de oMjD provient peut-être de 
notre Ali (b"T rrabia ja ->b* b^uî^n im« »*iptt). 

Des commentaires anonymes semblent appartenir à une époque 
plus ancienne, un fragment sur Lév., xvm, 6 (n° 250, 2), un autre 
sur Lév., i, 1-v, 26 (n° 318, 1), et un commentaire sur les livres des 
Rois (n° 335 ; peut-être est-il d'origine rabbinique ; ici l'on cite le 
îiSttYi nb^babN a«ro). —Je note deux auteurs du xiv e siècle : 1° un 
commentaire anonyme surDeut.de l'an 1352 (n° 334), qui contient 
beaucoup de citations précieuses. Il cite, entre autres, le "im nsia 
d'Isaac b. Eléazar Halévi (la seule citation jusqu'ici connue de ce livre, 
voir Monatsschr., XXXIX, 251 et suiv.) et un commentaire sur le Séfer 
Yeçira d'un 'art tpirp p ï]D"P 'la par: ïmïT "n ; 2° des fragments 
du commentaire sur le Pentateuque de Samuel Magrebi et une par- 
tie de la natnpTQ y relative (n°s 321-325; peut-être aussi 333, 1). Ce 
commentaire a une forme érotématique (aNiibïO iibNOtobtf p"HU ^b^); 

1 En fait, le livre des Lois de Lévi traite des prières ; c'est ainsi que le ms. d'Ox- 
ford de la traduction hébraïque (Cat. Neub., n* 857) renferme un passage avec la 
suscription : fibcnï! Éptt ï"ltt 5* main (S* 74 a). 



HE VUE DES ÉTUDES JUIVES 
ci'. Steiuschueider, Cal. Berlin, II, n° 202. Le fragment 326, 11, appar- 
tient au Mourchid du môme auteur, et non à un commentaire sur Lév. 
(cf. Revue, XXXIII, 216). — Enfin, je signalerai encore du xv siècle 
un commentaire sur Esther de Juda Méir Taurisi (n° 25i, 2) . A re- 
marquer son attitude aimable envers les rabbanites et son observa- 
lion sur leur mauvaise prononciation de l'hébreu [paamb» &»3N"ÛN.„ 
ùeb bn» -îâsr» ruin wipn j-nDba rrfiopba rrnKass ibraaa *"ib* 
*jb« T5D»KbNl linbMi â51D»bN)« — Des commentaires karaïtes en 
langue hébraïque il n'y a que ceux, déjà imprimés, des deux Aron, le 
ITOBtt '0 (u° 319) et le îmn -iro (n° 320). Du dernier, Kosegarten n'a 
imprime que l'introduction et quelques parties de la Genèse. Le tout 
a paru à Eupaloria de 1806 à 1867. 

Parmi les ouvrages de contenu non exégétique, qui accidentelle- 
ment sont décrits dans ce volume, il y a, outre ceux qui ont été men- 
tionnés plus haut, la Chronique d'Ibn al-Hiti (n° 292, fol. 188^-190 #), 
que M. Margoliouth a publiée naguère (/. Q. R., IX, 429-443 et sépa- 
rément ; cf. ma recension dans Zeitschr. f. hebr. Bibliogr., II, 78). A la 
fin du ms. se trouve la copie d'une fetwâ mahométane sur la doctrine 
du fatum, adressée à un Juif fmai \tz nnpfcbj» ^ Nina rrtâi n^\nt 
N3WT1 ^"nho^a csaby )12 NîibNOi mab« "laba ï» b"T *nin 
^bN NttDX*n}- Puis un fragment du m£»rî '0 eu arabe de Yéfet b. 
Sagîr (n° 326, 12 ; pour la citation du rTOBSba SKrO d'Abr. Maï- 
moûni, cf. Steinschneioer-Festschrift, p. 213), etc. 

Gomme on le voit, la collection des mss. karaïtes du British Mu- 
séum est des plus riches ; remarquons, en passant, que les écrits 
exégétiques dont il est ici question ne forment qu'une partie de la 
collection. Assurément il se pourrait que quelque écrit rabbinique 
s'y trouvât mêlé; ainsi, outre le n° 202 signalé plus haut, le n° 327, 5 
et probablement encore quelques autres. 

Le Catalogue renferme un appendice (p. 273-277), où est décrit et 
publié un fragment du Siracide hébreu (une page en est reproduite en 
fac-similé, planche II. M. Margoliouth avait déjà publié ce fragment 
dans./. Q. i?., XII, l et suiv., avec traduction et commentaire, voir 
Revue, XXXIX, 177 et suiv. ; il l'a publié aussi séparément). A la 
fin, il y a un registre des numéros décrits dans le volume et neuf 
planches reproduisant des fac-similés de différents mss. 

Nous terminons en remerciant l'auteur ainsi que l'administration 
du British Muséum, qui a pris soin de rendre la forme extérieure 
parfaitement attrayante. Mais nous exprimons le vœu que dans les 
volumes suivants, qui, nous l'espérons, paraîtront bientôt, les mss. 
rares et importants soient décrits plus en détail. 

Samuel Poznanski. 

Varsovie. 



BIBLIOGRAPHIE 309 



Kaufmann (D.). Stiitlien iiber Salomon ibn Gabirol, dans Jahresbericht der 
Landesrabbiuerschule in Budapest fur das Schuljabr 1898-1899. Budapest, 1899, 
iu-8« de 123 p. 

La philosophie d'Ibn Gabriol semble de nouveau à l'ordre du jour. 
A la suite de l'édition critique du Fons vita publiée par Beeumker, 
plusieurs travaux approfondis sont venus compléter les études de 
Munk et de Guttmann sur le philosophe juif de Malaga. Rappelons 
l'article consacré par M. Lœwé dans cette Revue à la pt^sique d'Ibn 
Gabirol et l'étude de Horowitz sur sa psychologie. Voici un dernier 
travail sur Ibn Gabirol, qui est malheureusement aussi le dernier 
écrit du regretté D. Kaufmann. La mort est venue surprendre l'auteur 
pendant qu'il en corrigeait les dernières épreuves. Il restait à donner 
un titre à ces pages et, comme il s'agissait de dissertations à peu près 
indépendantes, les éditeurs ont donné à l'ouvrage le titre général de : 
Studien iiber Salomon Ibn Gabirol. Ces dissertations ou chapitres sont 
au nombre de cinq : 1° Pseudo-Empédocle, source de Salomon ibn 
Gabirol ; 2° l'exégèse allégorique et philosophique de S. ibn G. ; 3° les 
critiques dirigées par Abraham ibn Daûd contre 1Tb Mekor Hayyim ;4°le 
Mekor dans la littérature juive après Ibn Daûd ; 5° une poésie philo- 
sophique de S. ibn G. Le plus important de ces chapitres est le pre- 
mier, dans lequel Kaufmann apporte un document nouveau, à savoir 
des fragments de l'ouvrage du Pseudo-Empédocle sur les « cinq 
substances », ouvrage cité par Ibn Falaquera comme la seule source 
utilisée par Ibn Gabirol pour son Mekor. Il était intéressant de con- 
naître cette source ; Kaufmann en a retrouvé des fragments d'abord 
dans deux mss. indépendants: le cod. 607 de la bibliothèque du baron 
de Gunzburg à Saint-Pétersbourg (les fragments du Ps.-Empédocle y 
sont annexés, comme citations, à un ouvrage théosophique, le Yesod 
Olam d'Elhanan ben Abraham, de la première moitié du xiv° siècle 
environ); le cod. 849 de la Bibl. nationale de Paris, lequel, bien que 
décrit dans le catalogue des mss. hébreux et samaritains de la Bibl. 
impériale, n'a pas été compulsé même par S. Munk. Enfin, il y a encore 
un écho du Pseudo-Empédocle dans les œuvres de Johanan Alemanno, 
maître de Pic de la Mirandole (fin du xv e siècle). K. a publié côte à 
côte les deux fragments et des extraits de Johanan Alemanno renfer- 
mant des citations du Pseudo-Empédocle. Ces trois documents, qui, 
en l'absence de l'original arabe, ne sont que des matériaux pour l'éta- 
blissement de la version exacte, sont intéressants en eux-mêmes ; ils 
témoignent du succès des écrits du Ps.-Empédocle (introduits chez les 
Arabes par Ibn Masarra depuis le xi° siècle), et, en particulier, de ce 
livre des Cinq substances qui a joué son rôle dans la constitution de la 
Kabbale; mais, de l'aveu même de Kaufmann, cette publication ne 
permet guère de contrôler l'assertion d'Ibn Falaquera, qui rattache à 
Ben Daklis (déformation populaire du nom d'Empédocle) la doctrine 
fondamentale d'Ibn Gabirol sur la matière et la forme. Il faut croire, 



310 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

d'après K, que les fragments trouvés De sont qu'une partie acces- 
soire du livre des Cinq substances. Quoi qu'il en Boit, K. s'attache à 
montrer les ressemblances de détail qu'on peut trouver entre les frag- 
ments publiés et le Mehor, Il note aussi des ressemblances de forme 
qui l'inclinent à croire que l'auteur de la traduction hébraïque de ces 
extraits du Pseudo-Empédocle n'est autre qu'Ibn Falaquera lui-même. 

Les autres chapitres de l'ouvrage apportent moins de nouveau. 
K. s'est demande, après Munk et Geiger, si Ihn Gabriol a composé 
un commentaire allégorique sur la Bible? Il se montre sur ce point 
plus affirmatif que ses devanciers, sans alléguer de pièces nouvelles 
pour appuyer sou assertion. K. a seulement examiné à nouveau les 
fameuses explications allégoriques du paradis et de l'échelle de Jacob 
attribuées par Abraham ibn Ezra, dans son commentaire sur le Pen- 
tateuque, à Ibn Gabirol, mais sans mention d'aucuu titre d'ouvrage, et 
il croit pouvoir affirmer que ce sont bien là, non des souvenirs d'ex- 
plications orales, mais de véritables citations d'un ouvrage perdu : 
dans tous ces passages, la conformité d'idées et d'expressions avec la 
pensée et le style de l'auteur du Mehor lui parait très concluante. 
Nous pensons cependant qu'en l'absence de toute mention positive de 
cet ouvrage de Gabirol, l'existence continuera d'en paraître un peu 
problématique. 

Dans le chapitre suivant, K. défend Ibn Gabirol des reproches et 
des critiques que lui a prodigués son adversaire le plus acharné, 
Abraham ibn Daûd. On sait que ce dernier, pour combattre l'inûuence 
du Mehor, qu'il jugeait pernicieuse, porta la lutte sur le terrain phi- 
losophique et entreprit de démontrer surtout que Ibn Gabirol avait 
été un piètre logicien. Dans une discussion où nous ne le suivrons 
pas, K. essaie de prouver que ces critiques sont sans fondement et 
que la dialectique d'Ibn Gabirol, quoi qu'on pense de la thèse fon- 
damentale, est parfaitement correcte. Après avoir ainsi vengé la répu- 
tation philosophique de l'auteur du Mehor, K. recherche les traces 
de l'influence exercée par ses doctrines; il estime, contrairement a 
Munk et Guttmann, que les attaques d'Abraham ibn Daûd ne les ont 
pas discréditées. Si l'orthodoxie juive a fait plus de cas du Mibhar 
Peniuim que du Mehor, l'influence du Mehor s'est néanmoins fait sentir 
chez les philosophes, d'une part, et de l'autre, chez les théosophes et 
les cabbalistes depuis la seconde moitié du xm e siècle (auparavant la 
persécution des Almohades avait entravé ces études) jusque long- 
temps après l'expulsion des Juifs d'Espagne. Le Mehor d'Ibn Gabirol 
est encore nommé en 1630 dans l'essai de lexique bibliographique de 
Jacob Roman (c'est l'exemplaire de ce dernier qui est entré à la Biblio- 
thèque nationale). Le livre de K. se termine par le commentaire et 
la traduction d'un petit poème philosophique d'Ibn Gabirol, — publié 
pour la première fois, il y a vingt-cinq ans, par Senior Sachs, où se 
retrouvent, exprimées sous une forme concrète, les idées du Mehor 
sur les rapports entre le monde créé et le Créateur. 

J. ^EILL. 



BIBLIOGRAPHIE 311 



Wittmann (Michael). Die Stellung des lil. Thomas von Aquin zn 

Avencebrol (Ibn Gabirol . Munster, Aschendorf, 1900; in-8° de 79 p. 



Dans cet ouvrage M. Wittmann s'est proposé d'étudier les rapports 
de saint Thomas d'Aquin avec Ibn Gabirol ; la question paraît des 
plus intéressantes si Ton considère, d'une part, l'importance acquise 
et conservée par le thomisme, et, d'autre part, l'influence que les 
idéesalexandrines ont exercée, parle double intermédiaire des Arabes 
et des Juifs, sur la pensée du moyen âge. Avant tout, il convenait de 
résumer la philosophie d'Ibn Gabirol, en renvoyant aux ouvrages de 
ce philosophe et à la littérature qui le concerne. Puis, M. Wittmann 
montre très justement que son système est en rapports étroits avec 
ceux de Proclus et de Plotin, tout en conservant une originalité dont 
les titres sont les suivants : nombreux arguments tendant à prouver 
l'universalité de la matière -, — théorie de la « substance des neuf 
catégories » ; — importance donnée à la relation universelle de ma- 
tière à forme; — rigueur et persévérance dans le réalisme intellec- 
tualiste; — théorie qui attribue une matière et une forme même aux 
substances spirituelles; — théorie de !a multiplicité des formes dans 
l'individu. Toutes ces idées, fait observer M. Wittmann, relèvent de 
ce dogme fondamental qu'on peut considérer comme la clef de voûte 
du système : l'identité des rapports réels avec les rapports intelli- 
gibles. Certes, la conception n'est pas nouvelle, puisque c'est la thèse 
qui constitue le réalisme platonicien ; mais Ibn Gabirol en fait un 
usage parfaitement systématique. De même, M. Wittmann pourrait 
rappeler que la substance des neuf catégories n'est autre chose que 
le monde d'Aristote, que les idées de matière et de forme appar- 
tiennent encore à ce dernier ; mais il faudrait ajouter que les catégo- 
ries sont entendues dans un sens nouveau et conforme au platonisme, 
et que les idées de matière et de forme prennent une signification 
substantielle qu'elles n'avaient pas dans le système d'Aristote. En 
somme, Ibn Gabirol interprète en réaliste platonicien les conceptions 
d'Aristote; en cela il poursuit et achève la synthèse alexandrine. 

C'est précisément la raison qui devait rendre suspecte la philoso- 
phie du Fons Vitœ aux yeux perspicaces de saint Thomas. Sans doute 
entre les théories alexandrines et les dogmes catholiques les rapports 
sont assez visibles : entre les hypostases de Plotin et la Trinité, entre 
l'extase et la révélation un rapprochement peut légitimement s'opé- 
rer. Mais si le réalisme que la philosophie de Platon avait légué au 
néo-platonisme est propice au développement d'une théologie théiste, 
du moins ne peut-on le pousser à l'extrême sans risquer de tomber 
dans le panthéisme. Or, le réalisme rigoureux d'Ibn Gabirol n'avait 
que trop de tendances à fonder l'hérésie si souvent séductrice 
du panthéisme, pour n'attirer point les foudres du grand docteur 
catholique. 



112 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Ce n'est doDc pas sans raison théorique que saint Thomas com- 
battit la philosophie d'Ibn Gabirol. Ce n'est pas davantage sans motif 
d'opportunité, car les idées d'Ibn Gabirol s'étaient effectivement répan- 
dues dans le monde chrétien. Dominique Goudisalvi admet que toute 
substance est composée de forme et de matière, d'une unité et d'une 
multiplicité. Guillaume d'Auvergne loue Avicembron, qui seul a 
compris le verbe de Dieu; il le prend, d'ailleurs, pour un chrétien; 
mais il n'admet pas le caractère complexe des esprits. Alexandre 
de Ilalès et Bonaventure paraissent moins répugner à cette théorie. 
Guillaume de Lamarre l'accepte franchement. Enfin, le grand Fran- 
ciscain, Duns Scot, affirme que l'unité pensée prouve l'unité réelle ; 
qu'il existe une matière première universelle, racine unique qui a 
pour branches le corps et l'esprit : ainsi la substance spirituelle se 
trouve faire partie de la Nature au même titre que la corporelle, et, 
dès lors, le concept d'un monde surnaturel ou transcendant se trouve 
compromis par l'excès même du réalisme. D'une manière générale, 
l'école franciscaine subit l'influence d'Ibn Gabirol, quelquefois accrue 
de l'influence platonicienne de saint Augustiu. Mais l'école domini- 
caine n'y fut pas tout entière rebelle, puisque Albert le Grand recon- 
naît que la doctrine de la matière universelle eut des partisans dans 
son Ordre. Lui-même il accepte d'Ibn Gabirol la théorie de la Vo- 
lonté, tout en répugnant à la plupart de ses autres points de vue. 

Il était donné à saint Thomas d'opposer au réalisme intempéré 
d'Ibn Gabirol un réalisme plus modéré, mitigé de péripatétisme. 
Du même coup, il frappe les Franciscains, rapprochés de Platon par 
saint Augustin, et Avicembron, dont les ouvrages ont propagé un 
réalisme dangereux. A chacune des thèses de sod adversaire, il oppo- 
sera une antithèse appuyée sur la pensée d'Aristote. Sa vie durant, 
cette lutte se poursuivra sous diverses formes; d'abord il attaquera 
Avicembron lui-même, nommé comme )'auteur de la théorie qui 
attribue une matière aux substances spirituelles; plus tard, il fera 
remonter la théorie incriminée jusqu'à saint Augustin, jusqu'aux 
philosophes grecs, et la poursuivra dans les écrits de Hugues de 
Saint-Victor et de Pierre Lombard. A toutes les époques de sa vie, sa 
polémique sera dirigée, parfois en des écrits spéciaux, contre l'exa- 
gération du réalisme et les conséquences qui en découlent. 

M. Wittmann signale les points principaux sur lesquels porte la 
lutte. Ils sont importants. Au contraire, c'est sur une question secon- 
daire que se fait, par exception, un accord entre les deux adver- 
saires : un semblant d'accord, faudrait-il dire; si, en effet, saint 
Thomas accepte l'opinion d'Avicembrou relative à la « forme de la 
corporéité », c'est après l'avoir travestie. 

Dans le traité intitulé De substantiis separatU, saint Thomas s'op- 
pose à la théorie qui institue l'universalité de la matière première. 
C'est parce que l'auteur du Fous Vittc étend le concept de puissance 
a toutes les classes d'êtres, sans distinction aucune, qu'il arrive à 
poser l'existence d'une matière première universelle. 



BIBLIOGRAPHIE 313 

Un autre débat s'engage à propos de la multiplicité des formes 
substantielles dans l'individu. Fidèle à la tradition platonicienne, 
Ibn Gabirol admet que l'individu « participe » de plusieurs Idées ou 
substances supra-sensibles ; ou bien, si l'on traduit cette conception 
académique en langage du Lycée, qu'elle peut être revêtue simulta- 
nément de diverses formes. Or, rien n'est plus contraire à la peDsée 
d'Aristote. Pour Platon, chaque sensible manifeste plusieurs Types 
éternels qu'il copie, affaiblit et rassemble en lui, de sorte qu'il y a 
une parenté substantielle entre ce sensible et tout sensible qui imite 
également l'un de ces prototypes, et finalement une parenté univer- 
selle entre tous les êtres parce qu'ils participent tous de l'Idée su- 
prême du Bien ; au contraire, pour Aristote, chaque individu réalise, 
en passant de la puissance à l'acte, une forme unique et qui lui est 
propre : chaque individu est un individu absolu, et ce n'est pas une 
parenté consubstantielle, mais une relation purement logique qui 
unit les êtres aux êtres. L'individu reste soi, sans plus, et ne va pas 
se perdre dans l'essence suprême en qui Platon absorbe toute réalité. 
Autant la doctrine de Platon prête au panthéisme, autant y répugne 
l'irréductible individualisme de son successeur. On conçoit donc que 
saint Thomas, ici encore, se soit rangé au parti d'Aristote et qu'il ait 
combattu le propagateur de l'opinion platonicienne. Cependant, fait 
observer M. Wittmanu, ce n'est pas Ibn Gabirol qui doit être rendu 
seul responsable de la diffusion de cette doctrine : plus d'un écrivain 
chrétien l'a soutenue, qui ne l'avait pas empruntée au philosophe 
juif. Mais c'est bien à lui que la doit le plus éminent des docteurs 
franciscains, Duns Scot. 

C'est encore dans un écrit polémique, De ente et essentia, que saint 
Thomas attaque une autre théorie d'Avicembron dont la vogue fut 
grande dans les écoles : celle qui attribue une matière même aux 
esprits considérés en soi. Non seulement, selon Ibn Gabirol, un corps 
est composé d'une matière et d'une forme, mais une âme même n'est 
pas simple et rassemble en elle ces deux éléments. Certes une pro- 
position peut nous surprendre, qui affirme, en dehors de tout maté- 
rialisme, que l'âme est matière, fût-ce pour une part. Mais justement 
c'est à la victoire de saint Thomas sur ce point que nous sommes 
redevables de cet étonnement, puisqu'elle eut pour effet de donner 
au mot « matière » un sens qu'il n'avait pas pieinement jusqu'alors, 
en le faisant, d'abord presque, puis tout à fait, le synonyme de 
« substance corporelle ». Pour la philosophie antique et pour Ibn 
Gabirol, la matière est l'état d'indétermination par où commence 
d'exister un être quelconque. Il fallut que saint Thomas démontrât 
que tout ce qui est âme, substance spirituelle, est toujours détermi- 
nation parfaite, ou pure forme (Aristote n'appelait-il pas l'âme « la 
forme du corps»?) pour que s'établît une séparation entre l'idée de 
la substance spirituelle et l'idée de la matière. Celle-ci, reléguée dans 
les régions corporelles, iinira par se confondre avec les corps, et la 
limite de cette confusion, l'identification des corps et de la matière 



3r, REVUS bÉS ÉttJDES JUIVES 

sera atteinte le jour où Descartes distinguera deux substances abso- 
lument hétérogènes : l'étendue, substance des corps, — la pensée, 
substance des esprits. Sur ce point encore, c'est le recul des teudances 
panthéistiques qu'il faut signaler : comme l'individualisme d'Aristote 
était propre à sauvegarder la personne divine en rendant, si l'on peut 
dire, inabsorbables en Dieu les personnes des créatures, de même 
la séparation définitive des corps, composés d'une matière et d'une 
forme, et des esprits, essentiellement simples, aura pour résultat de 
creuser un abîme entre le monde créé et l'Esprit à jamais transcen- 
dant au monde. 

Reste encore une controverse relative à l'activité de l'essence cor- 
porelle. Saint Thomas accorde aux sensibles une activité propre, ce 
qui est encore conforme au péripatétisme. Avicembron refuse toute 
activité aux sensibles : de même que Dieu est purement actif, ils sont 
purement passifs et reçoivent l'action hiérarchique des diverses 
substances spirituelles sans la trausmettre à une substance infé- 
rieure. Faut-il déjà penser à l'occasionalisme de Malebrauche, qui 
remet toute action à Dieu? Sans doute, l'analogie peut séduire; et 
Malebranche s'aventure précisément dans cette voie du panthéisme 
où saint Thomas répugne tant à s'engager. 

En résumé, la lecture de l'ouvrage précis et consciencieux de 
M. Wittmann nous laisse ce sentiment : que la lutte de saint Thomas 
contre Ibn Gabirol fut effective, importante; qu'elle fut une phase de 
ses combats contre l'ordre des Franciscains, qui avaient adopté un réa- 
lisme inquiétant par ses conséquences; que saint Thomas l'emporta 
parce qu'il attaquait des tendances panthéistiques qui ont toujours 

fait horreur au catholicisme. 

Maurice Loewe. 



Galle (A. -F.). Daniel avec Commentaires de R. Saatlia, Aben-Ezra, 
Raschi, etc. et variantes des versions arabe et syriaque. Paris, Ernest Leroux, 

1900 ; in-8° de vu + 160 p. 

M. G. dit, à la fin de son introduction : « îsous terminerons en 
nous excusant d'avoir donné ce premier coup de hache dans la forêt 
des commentaires rabbiniques. Cette tâche doit être départie à la 
jeune pléiade d'hébraïsants qui, nous l'espérons, enrichira un jour 
les bibliothèques françaises de ces traductions indispensables à 
l'étude de la Bible. » C'est avec plaisir que nous enregistrons cette 
bonne promesse ; plus confiants même que l'auteur en la jeunesse 
française, nous espérons qu'il se trouvera plus de sept hébraïsants 
pour" donner de ces hardis coups de hache. Le mouvement inauguré 
par M. G., élève de l'École du Louvre, mérite d'être encouragé et 
nous félicitons notre confrère de son entreprise. A mesure qu'il 
avancera dans ses travaux, il ne manquera pas d'acquérir l'érudition 
nécessaire à ces sortes de travaux, et cette érudition le mettra en 



BIBLIOGRAPHIE 315 

garde contre les jugemeuts hâtifs et les généralisations trop pressées. 

Nous savons les obstacles qui obstruent la route des chercheurs 
qui n'ont pas, dès leur enfance, été nourris de la littérature hé- 
braïque : un des dangers qui les guettent, c'est de ne pas savoir 
la valeur relative des écrits qu'ils rencontrent. Ainsi, M. G. nous ap- 
prend qu'aujourd'hui encore « les zélateurs disent, résignés : Nous ne 
savons quand viendra le Messie : muifa torro wv* Mb ». Il est vrai- 
semblable que M. G. a lu quelque part ces lignes; pour nous, nous 
avouons ignorer quels sont ces zélateurs et qui l'on désigne par ces 
mots ; nous ignorons également lequel de ces zélateurs s'exprime dans 
un hébreu aussi incorrect : frns-O est un solécisme dont il n'y a pro- 
bablement pas beaucoup d'exemples dans la littérature tant moderne 
qu'ancienne. — M. G. n'a certainement pas été victime de son ima- 
gination en écrivant les mots qui suivent : « Aujourd'hui encore l'iso- 
lement et l'attitude des Juifs rappellent assez la figure symbolique 
décrite dans leur livre rituel : Il est un ange au firmament, et son nom 
est Israël. Sur ses côlés est écrit, sur le premier : grâce, sur le se- 
cond : fidélité. » Quel est ce livre rituel? Ce n'est évidemment pas 
le rituel ordinaire des prières. C'est vraisemblablement quelque 
livre d'oraisons, à teinte cabbalistique; en tout cas, peu d'Israélites 
le manient. Mais comment s'aviser qu'un ouvrage écrit en hébreu 
ne soit pas lu par l'universalité des Juis? Un Indien qui aurait ap- 
pris le français et à qui tomberait sous les yeux un numéro de La 
Vérité ou de V Univers croira volontiers que tous les Français se 
nourrissent quotidiennement de la lecture de ces feuilles. 

Que M. G. croie encore que Raschi a parcouru presque toute l'Eu- 
rope, il est excusable : il n'est pas pas forcé d'avoir lu Zunz ; mais 
qu'il traduise, avec l'intention qu'on devine, Vauîn y-i^rr iiinns 
bÊnuS" 1 « La terre fut créée au profit d'Israël », cela nous inquiète 
quelque peu, car il ne faut pas une grande érudition pour savoir 
que braiûs ne veut pas dire « au profit de », mais à cause de. Que les 
Israélites aient cru que la Révélation est le complément de la créa- 
tion et que, seuls ayant accepté cette Révélation, ils aient ainsi 
donné un sens à la création, on peut discuter sur la légitimité de 
cette conception — qui est celle de Bossuet —, mais avant de leur 
attribuer des desseins monstrueux, encore faudrait-il comprendre 
les textes qu'on invoque. C'est une obligation qui s'impose en parti- 
culier à qui, en traduisant des commentaires, affirme par là com- 
prendre au moins les termes de la langue qu'il étudie. 

Faute d'érudition, on s'expose à d'autres déconvenues : M. G. ne 
s'est pas douté que le commentaire de Saadia sur Daniel n'est pas, en 
réalité, de Saadia. C'est ce que Rapoport avait déjà démontré {Bikkouré 
Haïttim, 4829) et, s'il pouvait rester le. moindre doute sur ce point, 
noire excellent collaborateur, M. S. Poznanski vient de le lever (Hago- 
ren, 1900, p. 92-103). Non seulement certains auteurs du moyen âge 
citent du commentaire de Saadia sur Daniel des opinions qui sont 
contraires à celles du commentaire imprimé sous son nom, mais ce 



310 REVUE DES ETUDES JUIVES 

dernier commentaire a sûrement été écrit originairement en hébreu, 
tandis que celui de Saadia est en arabe. Ce texte arabe n'est pas 
perdu, d'ailleurs ; il se trouve à Oxford et il eu a été publié des 
extraits. Eu revanche, l'arabe s'accorde avec les explications qui sont 
rapportées au nom de Saadia. 

Mais quel est l'auteur de ce commentaire attribué faussement au 
Gaon ? Pour M. PozuaDski, c'est vraisemblablement un autre 
Saadia, et c'est l'analogie des noms qui a provoqué la confusion. 
Rapoport croyait que c'était un Français, contemporain de Raschi, 
mais il ne donnait cette hypothèse que sous toutes réserves. 
M. Porgès a montré que cette conjecture est insoutenable. L'au- 
teur était-il Italien, comme l'établit ingénieusement M. Porgès, ou 
de l'Afrique du Nord, comme l'admet M. Poznanski, il importe peu, 
puisque nous ignorons même la date de la composition du commen- 
taire. En tout cas, ce qui reste démontré, depuis l'étude de M. Ma- 
thews, c'est que ce Saadia inconnu est également l'auteur des com- 
mentaires sur Ezra et Néhémie dont son homonyme leGaon a encore 
endossé la paternité. M. G. ignorait probablement ces divers travaux. 

Israël Lévi. 



« Catalogne des livres paréniiologiques composant la Bibliothèque 
de Ignace ISenistein. Varsovie, de l'imprimerie Drugulia à Leipsick, 
MDCCCG »; 2 vol. gr. in-4° de xx + 560 -f GoO p. (Eo russe.) 

M. Ignace Bcrnstein n'est pas seulement un collectionneur, c'est un 
savant distingué qui s'est voué à l'étude des proverbes. Il a déjà pu- 
blié un recueil de proverbes et dictons (en jargon) des Juifs de Russie; 
il possède en manuscrit la matière de quatre volumes sur la même 
question qui, nous l'espérons, verront bientôt le jour. Si nous en ju- 
geons par l'ouvrage que nous avons sous les yeux, ce travail ne man- 
quera pas d'être conçu suivant un plan très méthodique et avec une 
richesse d'information peu commune. Le Catalogue dont nous ren- 
dons compte est tout d'abord un chef-d'œuvre typographique; nous ne 
croyons pas que jamais publication analogue l'ait surpassé en beauté. 
Imprimé sur uu magnifique papier velin, avec des marges faites 
pour plaire aux bibliophiles, des caractères admirables proveuant de 
la maison Drugulin de Leipzig, il est, en outre, illustré de nom- 
breuses reproductions des titres, frontispices et autres ornements 
des éditions les plus anciennes; beaucoup de ces illustrations sont 
môme tirées en couleurs. Tant de soins montrent l'amour de l'auteur 
pour les livres qu'il possède. Mais ce qui frappera davantage, c'est 
le plan adopté après mûres rétlexions par M. B. « Fallait-il classer 
les proverbes par langues, comme l'a l'ait Duplessis, ou suivant 
l'ordre chronologique, comme Nopitsch,ou, enfin, suivant Tordre 
alphabétique, comme Stirling, Pitre et autres bibliographes mo- 



BIBLIOGRAPHIE 317 

dernes? » A cette question l'auteur a répondu en s'arrêtant à l'ordre 
alphabétique. Pour les ouvrages anonymes, il les a classés suivant 
le mot principal du titre. Que si le nom de Fauteur est en deux 
mots, chacun de ces mots se trouve à sa place alphabétique. Mais 
comment ranger les titres rédigés en langues étrangères et surtout 
en langues orientales ? Avec raison, l'auteur les a transcrits en 
lettres latines. Pour concilier tous les systèmes, et c'est ici que 
M. B. a été bien inspiré, il a composé un index par langues : cette 
liste permet d'embrasser immédiatement, pour une littérature don- 
née, toutes les publications renfermées dans sa bibliothèque. C'est 
ainsi que le chercheur qui veut, par exemple, étudier les proverbes 
et sentences hébraïques ou juives trouvera sans peine la statistique 
des ouvrages nécessaires à ses travaux. Il y rencontrera quantité 
d'ouvrages dont il ne soupçonnait pas l'existence, parce que ces 
proverbes et sentences figurent dans des recueils généraux et qui 
ne sont pas uniquement hébreux ou juifs. Nous ne parlons pas, bien 
entendu, des nombreux ouvrages dont l'existence nous est révélée 
et que nous ignorions, entre autres ceux qui sont sortis des presses 
de Russie : la plupart de ceux-ci sont inconnus en Occident. 

Ce qui ajoute au prix de ce Catalogue, c'est que l'auteur ne s'est 
pas borné aux recueils traitant spécialement du sujet qui l'inté- 
resse : il a fait entrer dans sa bibliothèque tous les livres qui, ne 
fût-ce qu'incidemment ou accessoirement, renferment quelques pro- 
verbes, de même que « les collections d'apophtegmes et de sentences 
qui, sans avoir été à l'origine des proverbes, le sont devenus à la 
longue chez beaucoup de peuples ». 

Enfin, car nous ne pouvons tout dire, M. B. a fait suivre chaque 
titre, quand il y avait lieu, de notes intéressantes signalant le nombre 
des proverbes contenus dans l'ouvrage, et indiquant s'ils sont écrits 
dans la langue originale ou traduits. 

Pour ce travail considérable, M. B. a fait appel au concours de 
notre excellent collaborateur M. S. Poznanski : c'est dire que nous 
pouvons accepter de confiance tous les renseignements relatifs aux 
textes hébreux et arabes. 

M. B. s'excuse, dans sa préface, rédigée, comme le titre, en fran- 
çais et en russe, des lacunes qui peuvent déparer sa collection, la- 
quelle lui a coûté trente-cinq années de recherches. C'est de la co- 
quetterie : si nous en jugeons d'après le département hébreu, que 
nous avons pu apprécier en connaissance de cause, la bibliothèque 
parémiologique de M. B. est une des plus riches du monde — elle ne 
renferme pas moins de 4761 numéros. Quant au Catalogue, ce n'est pas 
seulement une merveille artistique, c'est un instrument de travail 
précieux qui vaudra à M. B. la reconnaissance de tous les amateurs 
de proverbes, « ces perles de sagesse et de vérité, d'esprit et d'humour 
qui représentent par surcroît l'image la plus fidèle de la vie, de la façon 
de penser et du caractère de la nation qui leur a donné naissance ». 

Israël Lévi. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



Tome XL, p. 171, n° 2, lire mSITTJÎI mna. — P. 172, 24 = 179, 
XXIV semble être t|D3 *pwn. — Ibid., 31 =180, XXXI paraît être «TTO 
nbïip.— Ibid.,42 — ISO, XLII, je lis, Perus dauotzara, !Ttt miar OTTO. 
— P. 173, 6ô= 181, LXV,jelis, Perus diou, rwin OTPfc. — P. 174, 103 
(175,124) = 183, CIII (185, CXXIVjest peut-être ymi Kia», l'ouvrage do 
médecine de Honein. —P. 172, 15 et 18= 179, XV et XVIII, Quitep 
elaym et Quitep elagui semblent être le môme ouvrage, TINbN SttrtS, un 
écrit sur Dieu. — P. 175, 108, 128, 138, Moresch ou Molesch semble être la 
môme chose que ÎT11E, comme More, n 08 9 et 123. — Le n° 149 que 
M. Steinschneider n'identifie pas = CXLIX Etdusim dauotzara, 6PWW 
T"JH, cf. n° XLII. — Poruès. 

lb., p. 253, dernière ligne. — M. Bâcher a partagé mon opinion 
(p. 17) que h ]" , 72n dans l'Ecclésiastique, 37, 10, ne peut pas signifier « ton 
beau-père », car ce mot ne s'emploie que pour le beau-pere de la femme : 
« il commence seulement dans la Mischna à designer aussi le beau-père 
du mari ». Or, justement dans un texte de Ben Sira qui nous a été con- 
serve' uniquement par le Talmud, le même terme est employé avec le sens 
de beau-père du mari. On lit, en eflfet, dans Baba Batra, 98 6 : avons 
r»ttn n^aa un frin ...an^O p nsoa. — Israël Lévi. 

Ib., 254, sur le verset 17. — M Bâcher dit au sujet de la phrase "lp^ 
ms"* trErrma y ni» aab mbiann « Le premier hémistiche ne peut 
pas être traduit « le tronc des pensées, c'est le cœur », mais « le tronc des 
pensées du coeur », mbiann egt à l'état construit. » A quoi j'ai répondu 
que je ne découvrais pas la raison pour laquelle ce mot est nécessairement 
à l'état construit. Aujourd'hui je puis affirmer que ma traduction est la 
seule bonne, car elle est confirmée par l'auteur lui-même. En effet, au 
ch. i, 18, on lit un verset presque identique qui ne laisse place à aucune 
équivoque : p(£a so-fÉaç <fo6eïj8ai tôv xûpiov, xal ai x^iôoi x'j-ct^ (laxpoTj^psjjiç 
« La racine de la sagesse, c'est de craindre le Seigneur, et ses branches 
sont une longue vie. » Le traducteur a lu *lp3f, en quoi il peut avoir eu 
raison; il avait aussi Û^a^ti), comme en notre texte du ch. xxxvn (S. a 
également ce mot, d'ailleurs, N")Z3in). — Israël Lévi. 

Ib., p. 263, ligne 20. La forme 1731 m bip est la bonne, car le pluriel 
est toujours l'H^'im 'pbip et celle de bp, au lieu de bp, ne peut pas être 
primitive. La forme primitive de ce nom était nécessairement b'p, comme 
pri, et c'est peut-être pour éviter une confusion avec bip « voix » qu'on a 
pris la forme de V adjectif. — Porgès. 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 



TABLE DES MATIERES 



REVUE. 



ARTICLES DE FOND. 

Adler (Elkan-N.) et Broydé (J.). Nouveaux fragments relatifs 

à Ben Méïr 224 

Bâcher (W.). Nouvelles remarques sur les mots nb"iD et *pD, 

■^mp et w* 221 

Danon (Abraham). La Communauté juive de Salonique au 

xvi e siècle {suite et fin) 98 et 250 

Eppenstein (S.). Ishak ibn Baroun et ses comparaisons de l'hé- 
breu avec l'arabe 233 

Ginsburger (M.). Les Mémoriaux alsaciens [fin) 118 

Hildenfinqer (P.). Documents relatifs aux Juifs d'Arles 62 

Jacob (B.). Nouvelles remarques sur les mots nbns et ps, 

■wnp et w»3>- 21 5 

Krauss (S.). David Kaufmann. 1 

Lambert (Mayer). L'emploi du nifal en hébreu 196 

Lévi (Israël). Nouveaux fragments relatifs à Ben Méïr 229 

Lévy (Isidore). Notes d'histoire et d'épigraphie 174 

Mendelsohn (S.). Akabia et sa génération 31 

Poznanski (S.). Tanhoura Yerouschalmi (fin) 45 

Reinach (Salomon). De l'origine des prières pour les morts — 161 

NOTES ET MÉLANGES. 

Bâcher (W.) I. Une version arabe du récit de la destruction de 

Jérusalem 1 47 

II. Fragment du lexique de Saadia ibn Danan 268 

Lévi (Israël). I. Un document bourguignon avec inscription 

hébraïque 272 

II. La Communauté juive de Forcalquier 274 

Reinach (Salomon). Les interdictions alimentaires et la loi mo- 
saïque 144 



320 REVUE DES KTUDES JUIVES 

SCHWAB (Moïse). I. Notes hébraïques de comptabilité au 

xin° siècle 1 49 

II. Version hébraïque d'un ouvrage médical perdu I.'iii 

III. Quelques notes sur la Meghillai Taanit 266 

Simon (Joseph). Encore l'inscription d'Arles 154 

BIBLIOGRAPHIE. 

Lévi (Israël). I. Revue bibliographique, 4 e trimestre 1899 et an- 
née 1 900 276 

II. Daniel avec commentaires de R. Saadia, Aben Ezra, 
Raschi, etc. par A. -F. Galle 315 

III. Catalogue des livres parémiologiques composant la 
Bibliothèque de Ignace Bernstein 316 

Lœwé (M.). Die Stellung des ni. Thomas von Aquin zu A^ence- 

brol (Ibn Gabirol), par Michael Wittmann 311 

Poznanski (S.). Catalog of Hebrew and Samaritan Manus- 

cripts in the British Muséum, par G. Margoliouth 301 

Reinach (Salomon). Das Blut im Glauben u. Aberglauben der 

Menscheit, par H.-L. Strack 156 

Weill (J.). Sludien ùber Salomon ibn Gabirol, par D. Kauf- 

MANN 309 

Additions et rectifications 1 60 et 31 8 

Table des matières : 31 9 



ACTES ET CONFÉRENCES. 

Statuts de la Société i 

Liste des membres de la Société pendant l'année 1900 v 

Procès-verbaux des séances du Conseil xv 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESS1S. 



SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

RECONNUE D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET EN DATE DU G DÉCEMBRE 1896 



STATUTS 



TITRE PREMIER. — But de la Société. 

Article premier. — La Société des Études juives, fondée en 1880, 
a pour objet de favoriser le développement des études relatives à 
l'histoire et à la littérature juives, et principalement à l'histoire et 
à la littérature des Juifs en France. 

Elle a son siège à Paris. 

Art. 2. — La Société poursuit son but : 1° par la publication 
d'une Revue périodique ; 2° par la publication d'ouvrages relatifs 
aux études juives et par des subventions ou des prix accordés aux 
ouvrages de ce genre; 3° par des conférences et lectures. 

TITRE II. — Composition de la Société. 

Art. 3. — La Société se compose : 1° de membres actifs qui 
doivent être Français et jouir de leurs droits civils et politiques ; 
2° d'associés étrangers. Les uns et les autres peuvent être : A : 
membres fondateurs ; B : membres perpétuels ; C : membres sous- 
cripteurs. 

Art. 4. — Les membres souscripteurs sont ceux qui payent une 
Cotisation annuelle d'au moins 25 francs. Les membres perpétuels 
sont ceux qui versent en une seule fois la somme de 400 francs au 
moins. Les membres fondateurs sont ceux qui versent en une seule 
fois la somme de 1,000 francs au moins. 

Art. 5. — Les membres nouveaux sont nommés par le Conseil 
sur la présentation de deux membres de la Société. 

Art. 6. — La qualité de membre de la Société se perd : 1° par 
démission ; 2° par la radiation prononcée par le Conseil pour motifs 
graves, le membre intéressé ayant été préalablement appelé à four- 
Agt. et conf. a 



Il STATUTS DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

air des explications, sauf recours à l'Assemblée générale; 3° pour 
[es membres titulaires, par défaut de payement de la cotisation 
annuelle. 

TITRE III. — Administration et fonctionnement. 

Art. 7. — La Société est dirigée par un Conseil composé d'au 
moins vingt et un membres. 

Art. 8. — Les membres du Conseil sont élus pour trois ans par 
l'Assemblée générale parmi les membres actifs. Le Conseil est re- 
nouvelé annuellement par tiers. Les membres sortants sont rééli- 
gibles. 

Le vote par correspondance est admis. 

Art. 9. — Le bureau du Conseil, qui est on même temps le bu- 
reau de la Société, se compose d'un président, de deux vice-pré- 
sidents, de deux secrétaires et d'un trésorier. 

Art. 10. — Le président est choisi parmi les membres du Con- 
seil et nommé pour un an par l'Assemblée générale. Le président 
n'est pas rééligible immédiatement. 

Le vote par correspondance est admis. 

Art. 11. — Le Conseil élit dans son sein les autres membres du 
bureau. 

Art. 12. — Le Conseil se réunit au moins six fois par an. 

Art. 13. — Le trésorier représente la Société en justice et dans 
tous les actes civils. 

Art. 14. — Toutes les fonctions de membre du Conseil d'admi- 
nistration sont gratuites. 

Art. 15. — L'Assemblée générale se compose des membres actifs 
de la Société ; elle se réunit au moins une fois par an. 

Art. 1G. — L'ordre du jour de l'Assemblée générale est réglé par 
le Conseil. Toute proposition signée de vingt-cinq membres de la 
Société est inscrite de droit à cet ordre du jour. Elle devra être 
notifiée au Conseil un mois avant la réunion de l'Assemblée gé- 
nérale. 

Art. 11. — L'Assemblée générale entend, une fois par an, un 
compte rendu de la situation financière et morale de la Société, 
approuve les comptes de l'exercice, pourvoit au renouvellement 



STATUTS DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES III 

des membres du Conseil et à la nomination du président; elle vote 
sur la modification des statuts dont il est question au titre VI, et 
sur la dissolution de la Société dont il est question au titre VIL 

Art. 18. — Le compte rendu annuel de la situation financière et 
morale est publié par le Conseil et adressé à tous les membres et 
aux Ministres de l'Instruction publique et de l'Intérieur. 

Art. 19. — Les délibérations du Conseil d'administration rela- 
tives à l'acceptation de dons et legs, les délibérations de l'Assemblée 
générale relatives aux acquisitions et échanges d'immeubles, alié- 
nations de biens dépendant des fonds de réserve et prêts hypothé- 
caires ne sont valables qu'après l'approbation du Gouvernement. 

TITRE IV. — Ressources de la Société. 

Art. 21. — Les ressources annuelles de la Société se composent : 
1° des cotisations annuelles des membres titulaires; des versements 
des membres perpétuels et fondateurs ; 2° des subventions qui 
peuvent lui être accordées ; 3° du produit de la vente de la Revue 
et autres publications de la Société ; 4° du revenu de ses biens et 
valeurs de toute nature. 

Art. 23. — Le fonds de réserve est placé en rentes nominatives 
sur l'État ou en obligations nominatives de chemins de fer, dont le 
minimum d'intérêt est garanti par l'État. Il peut être également 
employé en acquisition d'immeubles, pourvu que ces immeubles 
soient nécessaires au fonctionnement de la Société, ou en prêts hy- 
pothécaires, pourvu que le montant de ces prêts réuni aux sommes 
garanties par les autres inscriptions ou privilèges qui grèvent l'im- 
meuble ne dépasse pas les 2/3 de sa valeur estimative. 

TITRE V. — Modification des Statuts. 

Art. 24. — Les présents statuts ne peuvent être modifiés que 
par l'Assemblée générale, sur la proposition du Conseil ou de vingt- 
cinq membres de la Société. 

Art. 25. — L'Assemblée générale ne peut modifier les statuts 
qu'à la majorité des deux tiers des votants. 

Le vote par correspondance est admis. 



STATUTS DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



ART. 20. — Les modifications des statuts votées par l'Assemblée 
générale sont soumises à l'approbation du gouvernement. 

TITRE VI. — Dissolution de la Société. 

Art. 27. — La dissolution de la Société peut être prononcée par 
une Assemblée générale convoquée spécialement à cet effet sur l'ini- 
tiative du Conseil ou sur la demande du quart des membres de la 
Société. 

Art. 28. — La dissolution ne pourra être prononcée que si elle 
est votée par au moins les deux tiers des membres de la Société 
présents à l'assemblée ou votants par correspondance. Le vote par 
correspondance est admis. Ce vote sera soumis à l'approbation du 
gouvernement. 

Art. 29. — En cas de dissolution ou en cas de retrait de la re- 
connaissance de l'association comme établissement d'utilité publique, 
l'Assemblée générale désigne un ou plusieurs commissaires chargés 
de la liquidation des biens de l'association. Elle attribue l'actif net 
à un ou plusieurs établissements analogues publies ou reconnus 
d'utilité publique. Cette délibération est soumise à l'approbation 
du gouvernement. Dans le cas où l'Assemblée générale n'ayant pas 
pris les mesures indiquées, un décret interviendrait pour y pour- 
voir, les détenteurs des fonds, titres, livres et archives apparte- 
nant à l'Association s'en dessaisiront valablement entre les mains du 
commissaire liquidateur désigné par ledit décret. 

TITRE VII. — Règlement intérieur. 

Art. 30. — Un règlement adopté par l'Assemblée générale et 
approuvé par le Ministre de l'Intérieur, après avis du Ministre de 
l'Instruction publique, arrête les conditions de détail propres à 
assurer l'exécution des présents statuts. Il peut toujours être mo- 
difié dans la même forme. 



LISTE DES MEMBRES 



DE LA 



SOCIETE DES ETUDES JUIVES 

PENDANT L'ANNÉE 1900. 



Membres fondateurs '. 

Càmondo (feu le comte A. de). 

Camondo (feu le comte N. de). 

Gunzbourg (le baron David de), l rc ligne, n° 4, Saint-Pétersbourg. 

Gunzbourg (le baron Horace de), l re ligne, n° 4, Saint-Pétersbourg. 

Lévy-Crémieux (feu). 

Poliacoff (feu Samuel de). 

Rothschild (feu la baronne douairière de). 

Rothschild (le baron Henri de), faubourg Saint-Honoré, 33. 

Rothschild (feu le baron James de). 

Membres perpétuels *. 

Albert (feu E.-J.). 

Bardac (Noël), rue de Provence, 43 3 . 

Bischoffsheim (Raphaël), député, rue Taitbout, 3. 

Cahbn d'Anvers (feu le comte). 

Camondo (le comte Moïse de), avenue de l'Aima, 63. 

Dreyfus (feu Nestor). 

1 Les Membres fondateurs ont versé un minimum de 1,000 francs. 
* Les Membres perpétuels ont versé 400 'francs une fois pour toutes. 
3 Les Sociétaires dont ie nom n'est pas §uiyi d.e la mention d'une ville de- 
meurent à Paris. 



VI LISTE DKS MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ETUDES JUIVES 

Friedland (feu). 

GOLDSCHMIDT (fou S. -II .). 

*I1ahkayy (Albert), bibliothécaire, Gr. Pouchkarskaya, 47, Saint- 
Pétersbourg. 
IIecht (feu Etienne). 
IIirsch (feu le baron Lucien de). 
Kann feu Jacques-Edmond). 
Kohn (feu Edouard). 
Lazard (A.), boulevard Poissonnière, 17. 
Lévy (feu Calmann). 

Montefiore (Claude), Portman Square, 18, Londres. 
Oppenheim (feu Josepli). 
Penha (Immanuel delà), avenue cTEylau, 15. 
Penha (feu M. de la). 
Ratisbonne (Fernand), rue Rabelais, 2. 
Reinach (feu Ilermann-Joseph). 
Rothschild (feu le baron Adolphe de). 
Troteux (Léon), rue de Mexico, 1, le Havre. 

Membres souscripteurs *. 

*Adler (Rev. D r Ilermann), Chief Rabbi, 6 Craven Hill, Ilyde 

Park, Londres. 
Albert-Lévy, professeur à l'École municipale de chimie et de 

physique, rue de Vaugirard, 16. 
*Allatini (MM.), Salonique. 
Alliance Israélite universelle, 35, rue de Trévise (175 fr.). 

* Allianz (Israelitische), I. "Weihburggasse , 10, Vienne, Au- 

triche. 

* Arditi, rabbin des Écoles de l'Alliance israélite, Tunis. 

* Bâcher (Wilhelm), professeur au Séminaire israélite, Erzsebet- 

kornt, 26, Budapest. 

1 La cotisation des Membres souscripteurs est de 25 francs par an, sauf pour 
ceux dont le nom est suivi d'une indication spéciale. L'astérisque indique les 
associés étranger.-. 



PENDANT L'ANNEE 1900 Vil 

*Balitzer (S. -A.), chef d'institution, boul. Plainpalais, 4, Genève. 

Basch, rue Rodier, 62. 

Bauee (J.), rabbin, Avignon. 

Bechmann (E.-G.), place de l'Aima, 1. 

Becker (Henri), docteur es lettres, rue de la Victoire, 47. 

* Bergmann (J.), rabbin, Friedek, Silésie d'Autriche. 
Bickart-Sée, rue de Lisbonne, 30. 

* Bibliothèque bodléienne, Oxford. 

* Bibliothèque Esra, Dietelsgasse, Cracovie. 

* Bibliothèque de la communauté de Breslau. 

* Bibliothèque de la communauté de Kœnigsberg. 
*Blau (Ludwig), professeur au Séminaire rabbinique, Budapest. 
Bloch (Abraham), grand rabbin d'Alger. 

Bloch (Armand), grand rabbin de Belgique, Bruxelles. 
Bloch (Camille), archiviste du département, Orléans. 
Bloch (Emmanuel), rue des Petites-Écuries, 55. 
Bloch (Isaac), grand rabbin, Nancy. 
Bloch (Maurice), boulevard Bourdon, 13. 
Bloch (Moïse), rabbin,' Versailles. 

* Bloch (Philippe), rabbin, Posen. 
Blocq (Mathieu), Toul. 

Blum (Victor), le Havre. 

*Blumenstein, rabbin, Luxembourg, Luxembourg. 

Bruhl (David), rue de Châteaudun, 57. 

Bruhl (Paul), rue de Châteaudun, 57. 

Brunschwicg (Léon), avocat, 18, rue Lafayette, Nantes. 

Bùchler (Ad.), professeur au Séminaire, Rudolfsplatz, 1, Vienne. 

Cahen (Abraham), grand rabbin, rue Vauquelin, 9. 
Cahen (Albert), rue Condorcet, 53. 
Cahen (Gustave), avoué, rue des Petits-Champs, 61. 
Cahen d'Anvers (Albert), rue de Grenelle, 118. 
Cahen d'Anvers (Louis), rue Bassano, 2. 
Cattaui (Elie), rue Lafayette, 14. 

* Cattaui-Bey (Joseph-Aslan), ingénieur, le Caire. 
Cerf (Hippolyte), rue Française, 8. 



Vlll LISTE l>LS MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ETUDES JUIVES 

CERF (Léopold), éditeur, ruo Duplessis, 59, Versailles. 
Cerf (Louis), rue Française, 8. 

* Ohajes (II. -P.), Vienne. 

* Cldb Concordia, Corfou. 

*Ch\volson (Daniel), professeur de langues orientales, rueWassil. 

Ostrov, 7, ligne 12, Saint-Pétersbourg, 
Consistoire central des Israélites de France, rue de la 

Victoire, 44. 

* Consistoire Israélite de Belgique, r. du Manège, 12, Bruxelles. 
Consistoire Israélite de Bordeaux, rue Honoré-Tessier, 7, Bor- 
deaux. 

* Consistoire Israélite de Lorraine, Metz. 
Consistoire Israélite de Marseille. 

Consistoire Israélite de Paris, rue Saint-Georges, 17 (200 fr.). 

* Covo (Mercado), Séres, Turquie. 

Dalsace (Gobert), rue Rougemont, 6. 

Daltrof, rue de Cléry, 17. 

*Danon (Abraham), directeur du Séminaire Israélite, Constanti- 
nople. 

Debré (Simon), rabbin, avenue Philippe-le-Boucher, 5 bis, Neuilly- 
sur-Seine. 

Delvaille (D r Camille), Bayonne. 

Derenbourg (Hartwig), membre de l'Institut, avenue Henri- 
Martin, 30. 

Dreyfus (Abraham), à Saint-Nom-la-Bretèche. 

Dreyfus (Anatole), rue Grange-Batelière, 10. 

Dreyfus (L.), avenue des Champs-Elysées, 77. 

Dreyfus (René), rue de Monceau, 81. 

Dreyfus (Tony), rue de Berry, 6. 

Dreyfuss (Jacques-H.), grand-rabbin de Paris, rue Taitbout, 95. 

Duval (Hubens), professeur au collège de France, r. deSontay,ll. 

Eichthal (Eugène d'), boulevard Malesherbes, 144. 
Engelmann, rue de Chàteaudun, 9. 
EpHRUSSl Mules), place des États-Unis, 2. 



PENDANT L'ANNÉE 1900 IX 



*Epstein, Grillparzerstr., 11, Vienne. 

* Errera (Léo), professeur à l'Université, rue de la Loi, 38, 

Bruxelles. 
Essling (prince d'), rue Jean-Goujon, 8 (100 fr\). 

*Fernandez (Isaac), à la Société générale de l'Empire Ottoman, 

Constantinople. 
*Fita (Rév. P. Fidel), membre de l'Académie royale d'histoire, 

Galle Isabella la Catholica, Madrid. 

* Franco (M.), directeur de l'Ecole de l'Alliance israélite, Choumla, 

Bulgarie. 

* Friedlaender (M.), Schwarzenbergplatz, 4, Vienne. 

Gaster (Rev. D r ), Maida Vale, 39, Londres, W. 

* Gautier (Lucien), route de Chêne, 88, Genève. 
Gerson (feu M. -A.). 

Ginsburger, rabbin, Soultz, Haute-Alsace. 

* Goeje (J. de), professeur à l'Université, Leyde. 
Goldschmidt (Edouard de), boulevard Haussmann, 157. 
Gommes (Armand), rue Thiers, 9, Bayonne. 

* Gratz Collège, 336 N, 3d str., Philadelphie. 
*Gross (D'* Heinrich), rabbin, Ausbourg. 
Grunebaum (Paul), avenue Malakoff, 83. 

* Grunbaum (H.), I. Franzensring, 18, Vienne. 
Gubbay, avenue du Bois de Boulogne, 34. 
Gubbay (M mc ), boulevard Malesherbes, 165. 

* Gudemann (D r ), grand rabbin, Heinrichstr., 3, Vienne. 
*Gunzbourg (baron Alfred de), Millionaia, 16, Saint-Pétersbourg, 

Hadamard (David), rue de Châteaudun, 53. 

Haguenau (David), rabbin, rue d'Hauteville, 23. 

Haguenauer (P.), rabbin, Remiremont. 

Halévy (Ludovic), membre de l'Académie française, r. de Douai, 22. 

* Hammerschlag, H. Ferdinandstr., 23, Vienne. 
Hayem (Julien), avenue de Villiers, 63 (40 fr.). 

* Heller (Bernard), professeur, II, Ker. realiskola, Budapest. 



X LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

IIerrmann (Joseph), rabbin, Reims. 
*IIerzog (D.), rabbin, Smichow-Tempel, Prague. 
HsRZOG (Henri), ingénieur des ponts et chaussées, Dieppe. 
IIildenfinger (Paul), avenue de Villiers, 34. 
IIirsch (Joseph), ingénieur en chef des ponts et chaussées, rue de 
Castiglione, 1. 

* Israelitisch-tiieol. Lehranstalt, Vienne. 

* Istituto superiore, sezione di iilologia e filosofia, Florence. 

Jourda, directeur de l'Orphelinat de Rothschild, rue Lamblardie, 7. 

Kahn (Salomon), boulevard Baile, 172, Marseille. 

Kahn (Zadoc), grand rabbin du .Consistoire central des Israélites 

de France, rue Saint-Georges, 17. 
Kann (M me ), avenue du Bois de Boulogne, 58. 
Kaoua (Jules Aron N'), Alger. 

* Katserling (M.), grand rabbin, Budapest. 
Kinsbourg (Paul), rue de Cléry, 5. 
Klotz (Victor), rue de Tilsitt, 9. 

Kohn (Georges), rue Ampère, 30. 
*Komitet Synagogi na Tlomackiem, Varsovie. 
*Kokovtsoff (Paul de), rota 3 Ismailowsky 11, log. 10, Saint- 
Pétersbourg. 

* Krauss (Samuel), Kiralyutcza, 88, Budapest. 

Lambert (Eliézer), avocat, faubourg Poissonnière, 130. 

Lambert (Mayer), professeur au Séminaire israélite,r. Condorcet,53. 

Lassudrie, rue Laffitte, 21. 

Lazard (Lucien), archiviste-paléographe, rue Rochechouart, 49. 

Lebhar (Samuel), rue de Chartres, 13, Alger. 

Lehmanx\ (Joseph), grand rabbin, directeur du Séminaire israélite, 

rue Vauquelin, 9. 
Lehmann (Mathias), rue Taitbout, 29. 
Lkhmann (Samuel), rue de Provence, 23. 
Léon (Xavier), rue des Mathurins, 39. 
Léon d'Isaac Jaïs, rue Henri-Martin, 17, Alger. 



PENDANT L'ANNÉE 1900 XI 

LéoNiNO (Baron Emmanuel), rue de Presbourg, 8. 

Leven (Emile), rue de la Pépinière, 16. 

Lkven (Léon), rue de Trévise, 37. 

Leven (Louis), rue de Phalsbourg, 18. 

Leven (D r Manuel), avenue des Champs-Elysées, 26. 

Leven (Narcisse), avocat, rue d'Aumale, 9. 

Leven (Stanislas), rue Miromesnil, 18. 

LÉvi (Israël), rabbin, professeur au Séminaire Israélite et à l'École 

des Hautes-Etudes, rue Condorcet, 60. 
LÉvi (Sylvain), professeur au Collège de France, rue Guy de la 
Brosse, 9. 

*Levias (C), professeur au Hebrew Union Collège, Cincinnati. 

Lévy (Alfred), grand rabbin, Lyon. 

Lévy (Charles), Colmar. 

Lévy (Emile), grand rabbin, Bayonne. 

Lévy (Aron-Emmanuel), rue Vauquelin, 15. 

Lévy (Jacques), grand rabbin, Constantine. 

Lévy (Léon), rue Logelbach, 2. 

Lévy (Raphaël), rabbin, rue du Pas de la Mule, 6. 

Lévy (Ruben), instituteur de l'Alliance israélite, à Damas. 

Lévy-Bruhl (Lucien), professeur à la Sorbonne, rue Monta- 
livet, 8. 

Lévylier, ancien sous-préfet, rue Vignon, 9. 

Lœwenstein (MM.), rue Lepeletier, 24. 

* Lœvy (A.), Acol road, W. E. Lane, Londres. 

* Lœw (Dr Immanuel), rabbin, Szegedin. 

Lyon-Caen (Charles), membre de l'Institut, professeur à la Faculté 
de droit, rue Soufflot, 13. 

Mannheim (Charles-Léon), rue Saint-Georges, 7. 
*Marcus (Saniel), Srayrne. 
Marmier (général), Bizerte. 

*Matthews (H.-J.), Upper Rock Gardens, 45, Brighton. 
*May (M me Jules), place de l'Industrie, 22, Bruxelles. 
Mayer (Gaston), avocat à la Cour de Cassation, avenue Mon- 
taigne, 3. 



XII LISTE DES MEMBRES DK LA SOCIETE DES ETUDES JUIVES 

Maybr (Henri), professeur, faubourg Saint-llonoré, 201. 

Mayer (Michel), rabbin, place des Vosges, 14. 

Mayrargues (M me ), place Malesherbes, 5. 

Meiss, rabbin, Nice. 

Mendelsohn (S.), Wilmington, N. C, États-Unis. 

Muter (D r Edouard), boulevard Ilaussmann, 73. 

* Mocatta (Frédéric-D.), Connaught Place, 9, Londres (50 fr.). 

* Munk (Mayer), professeur, Kopernika, Lemberg. 

* Navon, directeur de l'École de l'Alliance israélite, Galata, Constan- 

tinople. 
Netter (D r Arnold), professeur agrégé de médecine, boulevard 

Saint-Germain, 129. 
Neymarck (Alfred), rue Vignon, 18. 

Ochs (Alphonse), rue Lafayette, 26. 

Oppenheimer (Joseph-Maurice), rue Lepeletier, 7. 

Oppert (Jules), membre de l'Institut, professeur au Collège de 

France, rue de Sfax, 2. 
Ouverleaux (Emile), conservateur honoraire de la Bibliothèque 

royale de Bruxelles, rue Cortambert, 13. 

Pkreire (Gabriel), rue Maubec, 38, Bayonne. 
Péreire (Gustave), rue de la Victoire, 69. 

* Perles (Félix), rabbin, Kœnigsberg. 

* Philipson (David), rabbin, Lincoln Avenue, 126, Cincinnati. 

* Poliakoff (Lazare de), boulevard Tver, Moscou (100 fr.). 
Porgès (Charles), rue de Berry, 25 (40 fr.). 

* Poznanpki (Adolphe), rabbin, Pilsen, Bohème. 

* Poznanski (S.), rabbin, Tlomackie, 7, Varsovie. 
Propper (S.), rue Pierre Charron, 64. 

Ragosny, à la Compagnie générale, rue Taitbout, 62. 
Reinacii (Joseph), avenue Van Dyck, 6. 

Reinach (Salomon), membre de l'Institut, rue de Lisbonne, 33. 
Reinach (Théodore'], docteur en droit et es lettres, rueMurillo, 26. 



PENDANT L'ANNEE 1900 Xlll 

*Rosenthal (le baron de), Heerengracht, 500, Amsterdam. 
Rothschild (le baron Alphonse de), membre de l'Institut, rue 

Saint-Florentin, 2 (400 ft\). 
Rothschild (le baron Arthur de), avenue Montaigne, 57 (400 fr.). 
Rothschild (le baron Edmond de), rue du Faubourg- Saint - 

Honoré, 41 (400 fr.). 
Rothschild (le baron Gustave de), avenue Marigny, 23 (400 fr.). 
Rothschild (la baronne James de), avenue Friedland, 38 (50 fr.). 
Rothschild (le baron Edouard de), 2, rue Saint - Florentin 

(150 fr.). 
*Rozelaar (Lévie- Abraham), Sarfatistraat, 30, Amsterdam. 
214 Ruff, rabbin, Verdun. 

*Sack (Israël), Kaiserstr., 3, Heidelberg. 

Saint-Paul (Georges), maître des requêtes au Conseil d'État, place 

des États-Unis, 8. 
*Schreiner (Martin), rabbin, Lindenstr., 48, Berlin. 
Schuhl (Moïse), grand rabbin, Vesoul. 
Schuhl (Moïse), rue Mayran, 8. 
Schwab (Moïse), bibliothécaire de la Bibliothèque nationale, rue 

de Provence, 29. 

* Schwartz (D r ), Rector der israel.-theol. Lehranstalt, II, Tem- 

pelgasse, 3, Vienne. 
Sèches, rabbin, Saint-Étienne. 

Sée (Camille), conseiller d'État, avenue des Champs-Elysées, 65. 
Sée, ancien préfet, boulevard Malesherbes, 101. 
Simon (Joseph), instituteur, conservateur de la bibliothèque, Nîmes. 

* Simonsen, grand rabbin, Copenhague. 
Sonnenfeld (D r ), rue Pasquier, 2. 
Stern (René), rue Paul Baudry, 12. 

Straus (Emile), avocat à la Cour d'appel, rue Miromesnil, 104. 
*Sulzberger, Chestnut Street, Philadelphie. 

Taub, rue Lafayette, 10. 

Ulmann (Emile), rue de la Trémoille, 6. 
*Uri, grand rabbin, rue des Juifs, Strasbourg. 



XIV LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 

YkUK.iN fur Eorderung d. jiïd. Geschichte u. Literatur, Munich. 
Vernes (Maurice), directeur-adjoint à l'École des Hautes-Études 

rue Boissonade, 3. 
Vidal-Naquet, président du Consistoire israélite, Marseille. 

* Vogeltsein (I) r ), rabbin, Kœnigsberg. 

Weill (D r Anselme), rue Saint-Lazare, 101. 
Weill (Emmanuel), rue Taitbout, 8. 
Weill (Emmanuel), rabbin, rue Condorcet, 53. 
Weill (Georges), rue des Francs-Bourgeois, 13. 
Weill (Vite), rue de Lancry, 17. 
Weill-Martignan, avenue Montaigne, 43. 
Weiller (Lazare), rue de la Bienfaisance, 36. 
Werthbimer, grand rabbin, Genève. 

* Wilmersdœrfer (Max), consul général de Saxe, Munich. 
Winter (David), avenue Velasquez, 3. 

Wolf (J.), rabbin, La Chaux-de-Fonds, Suisse. 
*Woskhod (Le), Theaterplatz, 2, Saint-Pétersbouag. 



MEMBRES DU CONSEIL 

pendant l'année 1900. 

Président d'honneur : M. le baron Alphonse de Rothschild; 

Président h : M. Maurice Bloch; 

Vice-prés idents : MM. J.-H. Dreyfuss et Sylvain Lévi; 

Trésorier : M . Moïse Schwab ; 

Secrétaires : MM. Majer Lambert et Lucien Lazard; 

MM. Albert-Lévy, Bickart-Sée, Abraham Cahbn, Albert 
Cahen, Léopold Cerf, llartwig Derenbourg, Rubens Duval, 
Edouard de Goldschmidt, Zadoc Kahn, Mayer Lambert, Joseph 
Lehmann, Israël Lévi, Michel Mayer, Jules Oppert, Salomon 
Reinach, Théodore Reinach, baron Henri de Rothschild, 
Maurice Vernes. 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES DU CONSEIL 



SEANCE DU 31 MARS 1900. 

Présidence de M. Maurice' Bloch, président. 

11 est procédé à la nomination du bureau. Sont élus : 

MM. J.-H. Dretfuss et Sylvain Lévi, vice-présidents ; 
Lucien Lazard et Mayer Lambert, secrétaires ; 
Moïse Schwab, trésorier. 

Le Comité de publication est maintenu en fonctions. 

M. Théodore Reinach donne des renseignements sur la réunion 
des inscriptions juives dont il a été parlé dans une précédente 
séance. Sur sa proposition, le crédit de 300 francs destiné à des 
recherches à faire dans ce but en Italie est porté à 400 francs. 



SÉANCE DU 26 AVRIL 1900. 

Présidence de M. Albert Cahen. 

La séance est consacrée à l'examen et à la discussion du projet 
de budget pour l'année 1900. Les propositions du trésorier sont 
adoptées. 



SÉANCE DU 28 JUIN 1900. 
Présidence de M. Maurice Bloch, président. 
M. Théodore Reinach annonce que M. de Ricci, chargé de 



XVI ACTES et confiances 

recueillir les inscriptions juives d'Italie, a obtenu de l'exécuteur 
testamentaire de M. de Rossi l'autorisation de copier et d'utiliser 
les fiches du regretté savant italien sur les inscriptions juives. Il a 
également pu prendre copie d'inscriptions disséminées dans les 
musées de Rome et de celles de Porto. A Rome il a appris que 
M. Millier, de Berlin, était sur le point de publier un Corpus des 
inscriptions juives d'Italie jusqu'au xv e siècle. Il n'y avait donc 
plus lieu d'aller à Venosa, dont les catacombes ont été explorées 
avec le plus grand soin par M. Millier. 

Le Comité de publication a décidé de ne rien changer au plan du 
Corpus inscriptionum judaicctrum qu'il avait adopté, attendu que le 
travail de M. Millier n'embrasse qu'une région; on pourra se dis- 
penser de reproduire les fac-similés des textes publiés par M. Mùller 
en renvoyant à son ouvrage. M. de Ricci est autorisé à faire pa- 
raître dans la Revue dès à présent quelques pièces inédites et un 
compte rendu des papiers de M. de Rossi. 

Le Conseil ratifie ces décisions du Comité de publication. 
M. Th. Reinach présente un projet de carte géographique à 
dresser pour être jointe au premier volume des Antiquités de 
Josèphe. 

M. Schwab communique le fac-similé d'inscriptions hébraïques 
tirées de manuscrits latins et relatives à des prêts d'argent. 



Le gérant, 

Israël Lévi. 



VERSAILLES, IMPRIMKRIKS CKRP, 59, RUE DUPLKS8I8. 



PU, 




DS 
101 
R45 
t. Al 



Revue des études juives; 
historia judaica 



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